DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Bonjour à tous !
J'ai pu constater que la mise hors jeu d'Olivier a contenté tout le monde ! Place maintenant aux deux chapitres sans doute les plus "fluffy" de toute la fiction.
Si vous avez l'occasion d'écouter le titre "Still loving you" des Scorpions, je vous le conseille...
Bonne lecture !
Chapitre 34 – Still loving you
« Try, baby try
To trust in my love again
I will be there, I will be there »
(Scorpions)
5 juin 2015 – Chemin de Traverse, Londres Sorcier
« Prison à perpétuité pour le dernier des frères Lestrange.
A l'issue de quatre jours d'un procès qui s'est déroulé à huis-clos, le Magenmagot a condamné le Mangemort Dagolitus Little à la prison à perpétuité.
Le porte-parole du Magenmagot a précisé que cette peine était incompressible. Dagolitus Little finira donc ses jours entre les murs de la prison d'Azkaban.
Pour rappel, Dagolitus Little, le fils illégitime d'Isidore Lestrange et Imogène Rosier, était jugé pour le meurtre d'une famille entière, les Molkins, et d'Ornella Prewett, sa fiancée. Le meurtre est survenu en 1978 mais n'a été découvert que récemment, suite aux révélations de Narcissa Malefoy.
Cette dernière avait été longuement interrogée par le Bureau des Aurors mais aucune charge n'avait été retenue contre elle, les éléments du dossier ayant démontré qu'elle était sous l'emprise d'un serment inviolable et que seul son mari, le Mangemort Lucius Malefoy, aujourd'hui décédé, était intervenu afin de couvrir le crime de Little.
Dans notre édition d'hier, nous avons relaté comment ce sinistre individu avait vécu sous la fausse identité d'une de ses victimes, à savoir Filibert Molkins et comment il était parvenu à… ».
Harry referma le journal d'un coup sec. Il n'avait pas envie de relire pour la vingtième fois le détail des crimes de Lestrange. Cette ordure avait pris la perpétuité, c'était tout ce qui lui importait. Il eut une pensée pour Ginny qui allait enfin pouvoir tourner la page.
Contrairement à lui, à Draco ou aux autres membres de la famille Weasley pour lesquels le Magenmagot s'était contenté de leurs dépositions écrites, Ginny avait été tenue de comparaître à l'audience et d'expliquer en détails les circonstances de sa rencontre avec Lestrange, leur vie commune mais surtout la découverte de ce qu'il était réellement.
Nul doute que ce dut être un moment pénible et douloureux pour elle, tout comme pour Narcissa Malefoy dont l'audition avait pris presque deux jours entiers, tant les questions du tribunal étaient nombreuses.
Harry replia le journal, le poussa plus loin sur la table et reporta son attention sur l'agitation de la rue. La journée était ensoleillée et il n'était pas désagréable de profiter du beau temps, assis à la terrasse d'un café. Il but une gorgée de son thé avant de consulter rapidement sa montre. Il ne devrait plus tarder, se dit-il.
Et au moment où il se faisait cette réflexion, la haute silhouette de Blaise Zabini se matérialisa devant lui.
-Bonjour Harry, dit-il en s'asseyant et en faisant signe au serveur. Désolé d'être en retard, mais j'ai eu un peu de mal à me défaire d'une patiente…
Harry haussa un sourcil et lui fit un sourire en coin.
-Elle a soixante ans et ne se remet pas de la mort de son chat, crut bon de préciser Blaise.
- Oh mais je ne te demandais pas de détails, ricana Harry.
Blaise leva les yeux au ciel, se retenant de répliquer. A la place, il avisa le journal posé sur la table.
-Tu as lu le Daily Prophet ?
- Seulement le début de l'article. Rien que je ne sache déjà.
- Tu parles… Ces journalistes ressassent la même merde depuis des semaines !
Il s'interrompit, le temps pour le serveur de déposé son café devant lui. Blaise en but une gorgée avec un plaisir évident.
-Hm… il est parfait.
- Tout comme mon thé, approuva Harry. Mais je suppose que tu ne m'as pas donné rendez-vous ici pour une dégustation ou pour parler du procès de Lestrange. Si ?
Blaise reposa sa tasse. Harry ne voyait pas ses yeux derrière ses lunettes de soleil mais il était certain que le métis était en train de le fixer.
-Tu sais quel jour nous sommes, n'est-ce pas ?
- Oui, commenta laconiquement Harry.
- Il est en Angleterre. Il est arrivé ce matin.
- Hm.
- Il passe la journée avec sa mère et ce soir, nous nous retrouvons chez Finnigan's, ajouta Blaise.
Le silence de Harry lui arracha une grimace d'agacement.
-Il s'attend à ce que tu viennes.
- Ce ne serait pas une bonne idée…
- Oh, bon sang Potter ! s'énerva-t-il. Ça fait quoi ? Trois semaines ?
- Je lui ai dit que j'avais besoin de temps.
- Je sais ! C'est ce qu'il m'a dit et il respecte ta décision. Mais… merde ! Pourquoi tu agis comme ça, Harry ? C'est toi qui voulait te remettre avec lui alors qu'il était dans le coma !
- C'était avant de savoir qu'il m'a repoussé uniquement parce qu'Olivier Dubois le lui avait demandé.
Blaise n'eut aucune réaction.
-J'aurais dû m'en douter, dit Harry avec un rire désabusé. Tu savais.
- Bien sûr que je savais. Et avant que tu ne poses la question, Hermione n'était pas au courant. Je ne lui ai rien dit.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit à moi ? J'étais le premier concerné !
- Ce n'était pas à moi de le faire. Et puis, j'avais donné ma parole à Draco.
Harry eut un reniflement méprisant.
-La belle excuse.
- C'est injuste que tu sois en colère contre Draco. Il a fait pour toi ce qu'il n'avait jamais fait pour personne auparavant.
Devant l'air de profonde incompréhension de Harry, Blaise émit un grognement agacé.
-Je n'arrive pas à croire que tu ne t'en sois pas rendu compte tout seul, Potter… Draco est égoïste. Il ne se préoccupe jamais des sentiments des autres. Si tu étais prêt à te remettre avec lui, rien n'aurait pu l'empêcher de profiter d'une bonne partie de jambes en l'air avec toi. Et certainement pas le petit laïus de Dubois. Sauf qu'il tient à toi, Harry ! Il tient tellement à toi qu'il a été capable d'arrêter de se regarder le nombril pour mettre dans la balance ton bonheur et ses propres désirs. Et devine quoi… il a choisi de te rendre heureux.
- En… me laissant… à Olivier…
- Oui. Parce qu'il est persuadé qu'il est incapable de t'aimer correctement.
Harry soupira doucement.
-Je n'ai pas besoin qu'il m'aime correctement, souffla-t-il.
- Ce n'est pas ce que tu lui as dit lorsque tu l'as quitté en décembre dernier.
- Je sais, admit-il piteusement. Je me suis trompé. J'ai…
Il s'interrompit et se pinça l'arête du nez, soulevant légèrement ses lunettes avant de les remonter d'un doigt.
-J'ai cru vouloir des choses. Des choses normales. Simples. La réalité, c'est que je veux Draco.
- Avec ses blessures, ses tourments, ses craintes ? demanda Blaise.
- Ouais… avec tout ça.
Blaise prit le temps de considérer Harry quelques instants. Il disait la vérité, il en était sûr. Personne ne pouvait être aussi bon comédien, surtout pas Potter.
-Je vais te raconter quelque chose, annonça Blaise. Draco m'avait fait promettre de ne jamais en parler à qui que ce soit mais… cette fois, je vais faire une entorse à ma loyauté envers lui. Car je pense que tu dois savoir.
- De quoi s'agit-il ? demanda Harry avec anxiété.
- Après ton accident de Quidditch, quand tu étais dans le coma, Draco est venu te voir.
- Quoi ? Mais… comment…
- Il a pris le premier portoloin pour Londres sitôt qu'il a appris la nouvelle. Il a tambouriné à ma porte au milieu de la nuit et m'a demandé de l'emmener te voir. Ce que j'ai fait. Il n'a pas pu rester près de toi très longtemps. Dix minutes à peine. Mais quand il est ressorti, ses yeux étaient rougis. Je l'ai raccompagné au Terminal des portoloins. Il est reparti en me faisant promettre de me taire. Plus tard, quand tu es sorti du coma, je lui ai juste envoyé l'article de la Gazette du Sorcier, avec une note indiquant que tu étais hors de danger. Et nous n'avons plus jamais reparlé de cette nuit-là.
Harry était tellement chamboulé qu'il était incapable de prononcer le moindre mot. Il se souvenait d'avoir vu la coupure de journal que Draco conservait dans un classeur avec tous les autres articles le concernant. Il se souvenait aussi de la petite note manuscrite qui y était accrochée. Il est hors de danger. Il n'avait pas reconnu l'écriture mais il avait été étonné que Draco ait pris de ses nouvelles. En fait, il avait fait bien plus que ça…
-Je vais y aller, dit Blaise en se levant. J'ai un patient à aller voir à Sainte-Mangouste. J'espère sincèrement que tu viendras ce soir. 21 heures, chez Finnigan's.
Sans attendre de réponse, Blaise s'éloigna un peu de la terrasse du café et transplana. Le craquement permit à Harry de reprendre quelque peu ses esprits. Comme un automate, il se leva à son tour, laissa quelques mornilles sur la table et se mêla à la foule.
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En remontant la rue commerçante, Harry se disait vaguement que s'il se rendait à la soirée d'anniversaire de Draco, il valait mieux ne pas arriver les mains vides.
Bon, techniquement, il avait déjà un cadeau. Celui qu'il comptait lui offrir à Noël s'ils l'avaient passé ensemble. Harry avait dû s'y prendre longtemps à l'avance pour obtenir des places pour un pareil événement et sur le moment, ça lui avait semblé une excellente idée. Mais avec le recul, il n'était plus trop sûr de lui… Peut-être que Draco le prendrait mal…
Il tergiversa encore quelques instants avant de se décider à acheter un cadeau supplémentaire. Quelque chose de plus conventionnel. Au pire, il ferait passer l'autre pour une plaisanterie. Satisfait de son initiative, Harry examina les vitrines et les enseignes, à la recherche du cadeau idéal.
Chose qui s'avéra plus difficile que prévu. Draco avait tout ou presque. Et il ne se contenterait pas de quelque chose de banal.
Harry s'arrêta devant le magasin du parfumeur. Un flacon de parfum était toujours un cadeau efficace. Sauf que Draco sentait déjà divinement bon… Inutile donc.
Il allait passer son chemin quand son regard se porta sur l'affiche qui occupait une large partie de la vitrine. Sable Noir. Le nouveau parfum pour homme par Mathieu Saint-Martin.
Harry fut presque choqué de se reconnaître sur le papier glacé. Certes, il avait vu les épreuves que Saint-Martin lui avait envoyées peu après le shooting, et il les avait trouvées très belles. Mais voir le résultat final… c'était autre chose. Il s'agissait d'une image noir et blanc sur laquelle il posait de face, la tête légèrement baissée et tournée vers la droite. La moitié gauche de son visage était surexposée, mettant en valeur ses yeux, le dessin de son nez droit et la courbe de sa mâchoire. La partie droite était totalement dans l'ombre, excepté un point de lumière sur l'œil, et s'estompait en milliers de grains de sable qui semblaient emportés par le vent.
Il devait bien admettre que cette photo était magnifique. Le photographe de Saint-Martin avait fait un travail remarquable.
Le tintement de la porte d'entrée le fit sursauter. Il s'éclaircit la gorge et s'éloigna rapidement de la vitrine, ne voulant pas être pris en flagrant délit de narcissisme.
La devanture suivante était celle d'un bijoutier. Les présentoirs regorgeaient de pièces plus belles les unes que les autres, depuis des montres à gousset, en passant par des anneaux, des bracelets et des pendentifs. Harry élimina ceux-ci immédiatement. Trop efféminés. Les anneaux étaient trop personnels et bien trop synonymes d'engagement. Les montres étaient magnifiques mais Draco en possédait déjà une, à laquelle il tenait manifestement beaucoup. Il restait les bracelets. Harry évaluait l'intérêt d'un cordon en cuir noir muni d'un fermoir en argent richement travaillé quand son regard fut attiré par une petite boîte, coincée dans un recoin de la vitrine.
Elle contenait des boutons de manchettes en or, en forme de nœuds celtiques, avec en leur centre, une petite émeraude ronde. Ils étaient à la fois raffinés et peu communs. Exactement comme Draco.
Son choix était fait. Il entra dans la boutique d'un pas déterminé.
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Pub Finnigan's, Londres Sorcier
Harry ne s'était plus senti aussi empoté depuis son rendez-vous désastreux avec Cho Chang, au salon de thé de Madame Pieddodu. Agacé par son propre comportement, il se passa nerveusement la main dans les cheveux et accéléra le pas. Il était en retard.
Il faut dire qu'il avait changé pas moins de trois fois de vêtements avant de trouver quelque chose qui convenait. Il avait commencé par une robe de sorcier, beaucoup trop distinguée pour une soirée dans un pub. Il avait ensuite choisi un costume trois pièces, magnifique mais qui lui donnait l'air de celui qui va conclure une affaire à un million de gallions. Désespéré, il avait enfilé un jeans et un t-shirt, lui donnant une dégaine d'étudiant attardé.
Finalement, il avait opté pour une chemise rayée multicolore, signée Paul Smith, qu'il portait par-dessus un pantalon de toile beige, avec un blaser couleur taupe. Classe et décontracté.
Quand il poussa la porte du pub, il fut accueilli par une ambiance survoltée. Declan O'Neil, le cousin de Seamus, s'occupait du bar.
-Salut Declan !
- Salut Harry ! dit-il joyeusement. Ils sont tous là-bas ! ajouta-t-il en faisant un geste du pouce vers le fond de la salle.
Harry hocha la tête et se dirigea vers l'endroit indiqué et d'où provenait une musique endiablée. Et pour cause, Seamus se tenait sur une estrade, grattant férocement une guitare électrique, tandis que deux autres jeunes hommes que Harry connaissait seulement de vue, se déchaînaient, l'un à la batterie, l'autre à la guitare basse. Mais le plus surprenant était sans doute de voir Justin Finch-Fletchey s'époumoner sur Smells like teen spirit de Nirvana.
Harry n'était apparemment pas le seul à être surpris s'il en croyait les visages des personnes assises à la table voisine : Draco, Hermione et Blaise regardaient Justin bouche bée, tandis que Théo était proprement extatique devant la performance de son compagnon.
Le morceau se termina sur un vibrant accord de guitare électrique et tout le pub explosa en applaudissement. Théo se jeta au cou de Justin, l'embrassant passionnément.
-Harry ! s'exclama Hermione, qui remarqua la première la présence de son ami. Tu en as mis du temps !
- Hm… oui… désolé… deux trois trucs à régler…
- Mais… tu es parti du bureau avant moi !
Avant que Harry n'ait pu trouver une excuse plus acceptable, Seamus lui administra une vigoureuse tape dans le dos.
-Salut Harry ! Je suis content de te voir !
- Moi aussi ! Dis… tu nous avais caché ton talent de guitariste !
- Oh, fit Seamus, faussement gêné, je me débrouille…
- Tu fais mieux que ça… pareil pour toi, Justin…
- Qui aurait cru que derrière ta dégaine de premier de classe, se cachait une bête de scène, ironisa Draco.
- Pas seulement de scène, précisa Théo d'un air suggestif.
Draco fit une moue parfaitement scandalisée qui fit rire tout le monde, avant de se tourner vers Harry.
-Hm… dit-il en passant ses phalanges sur la joue de Harry, en une caresse légère. Je croyais que c'était trop d'entretien…
- Ouais… pas tant que ça, en fait…
Depuis deux semaines, il s'était remis à porter une barbe de quelques jours.
-C'est bien que tu sois venu, dit Draco simplement.
- Eh bien, je… hm… oui. Bon anniversaire, Draco.
Disant cela, Harry avait sorti de la poche intérieure de sa veste une boîte rectangulaire et plate. Il avait à peine tendu le présent à Draco qu'il regretta l'impulsivité de son geste. Il aurait mieux valu qu'il lui offre d'abord les boutons de manchettes. Inconscient de la nervosité de Harry et du débat intérieur qui l'agitait, Draco posa sa bouteille de bière sur la table pour s'en emparer et l'ouvrir avec précaution.
-Deux billets de portoloin pour… Palm Springs ? dit-il en fronçant les sourcils. Et… deux billets pour…
Il s'interrompit, fixant les deux cartons en bristol blanc et liseré doré, les yeux écarquillés. En le voyant complètement tétanisé, Harry aurait bien voulu creuser le sol mains nues et s'enterrer vivant.
-C'est quoi ? insista Théo.
- Deux… deux billets VIP pour la White Party de Palm Springs, souffla Draco.
Hermione regarda Harry avec des yeux ronds, l'air de dire « comment as-tu pu oser lui offrir un truc pareil ? ». Blaise semblait considérer qu'il était bon pour l'asile, tandis que Théo et Justin arboraient un petit sourire gêné.
-C'est quoi la White Party ? demanda Seamus, mettant les pieds dans le plat.
- C'est le rassemblement le plus sélecte de tous les plus beaux spécimens gays du monde entier, expliqua Justin.
- On boit, on danse et on baise le plus de mecs qu'on peut. C'est une sorte d'orgie à ciel ouvert, résuma efficacement Théo. Tout le monde est obligé de s'habiller en blanc… d'où le terme White Party…
- Et aussi parce qu'on y consomme de la cocaïne, précisa Hermione d'un ton réprobateur.
Malefoy, lui, ne disait toujours rien.
-Ecoute, Draco, commença Harry, je…
Il ne put achever sa phrase car deux bras vinrent lui entourer les épaules avec ferveur.
-Comment as-tu fait pour obtenir ces billets ? demanda Draco. C'est quasi impossible…
- Oh… l'ami d'un ami… tu sais ce que c'est…
- Non, je ne sais pas, dit Draco en se reculant. Même moi, avec toutes les relations que j'avais à New-York, je n'ai jamais pu m'en procurer !
- Un ancien coéquipier qui entraine maintenant les Rockets de Los Angeles et qui me devait un service. J'espère que ça te fait plaisir.
- Me faire plaisir ? s'exclama Draco, incrédule. Bordel, Potter ! Après ça, je peux mourir en paix ! C'est… merde… c'est le cadeau le plus extraordinaire que tu pouvais me faire ! Merci !
- Pas de quoi.
Draco serra Harry dans ses bras une nouvelle fois et murmura à son oreille :
-Tu m'accompagneras ?
- Quoi ?
- Les billets… il y en a deux… Je voudrais que tu viennes avec moi…
- Oh… je… je ne sais pas…
- S'il te plait. Il n'y a qu'avec toi que j'ai envie de vivre ça.
- Je… je vais y penser…
Draco relâcha Harry et rangea précautionneusement les tickets dans la boîte. Harry, lui, était encore un peu étourdi par ce qui venait de se passer.
-Qu'est-ce que tu veux boire ?
- Pardon ? dit-il en clignant des paupières.
- Je te demandais ce que tu voulais boire, répéta Théo comme s'il parlait à un demeuré.
- Heu…
Harry regarda autour de lui. Hermione buvait un mojito, Blaise un gin tonic, Théo et Justin une Guinness, et Malefoy un whisky.
-Un whisky, ce sera bien.
Théo hocha la tête et partit vers le comptoir.
-Vous vous êtes réconciliés ? demanda Harry à Draco.
- Ouais… ça n'a pas été sans mal. On s'est dit des trucs plutôt rudes mais… c'était nécessaire. Maintenant, ça va.
- Tant mieux.
- Et nous ?
Harry tourna la tête vers Draco. Jamais ses yeux n'avaient été aussi intensément gris.
-Je…
- MALEFOY !
L'exclamation de Seamus les fit sursauter tous les deux. Il était à nouveau sur la petite scène improvisée, sa guitare à la main.
-AMENE TES FESSES ! cria-t-il. Un pari est un pari et tu as perdu !
Draco maugréa quelque chose de peu sympathique sur les irlandais et sur l'endroit où il pouvait se mettre son pari.
-De quoi parle-t-il ? demanda Harry.
- Rien. Une connerie.
- Malefoy et Finnigan ont parié sur… peu importe, dit Blaise en voyant le regard noir de Draco. Si Draco perdait son pari, il devait monter sur scène chanter une chanson. Or, il se fait qu'il a perdu.
- J'aurais dû parier de l'argent, marmonna Draco.
- Vu ta fortune, ça n'aurait eu aucun intérêt, rigola Théo.
Draco soupira avec exaspération mais finit par rejoindre Seamus sur la scène. Ils discutèrent quelques instants avec le batteur. Seamus hocha positivement la tête et passa la sangle de sa guitare sur son épaule.
Curieux et intrigué, Harry se glissa sur la banquette à côté d'Hermione. Draco Malefoy qui pousse la chansonnette, c'était quelque chose de suffisamment improbable pour ne pas en perdre une miette.
Entretemps, Théo lui avait ramené son whisky dont il but directement une gorgée. La chaleur de l'alcool lui fit du bien. Beaucoup plus détendu qu'à son arrivée, il s'installa plus confortablement sur la banquette et sourit largement à l'idée de s'amuser un peu aux dépens de ce cher Draco.
Le batteur donna un rythme et Seamus embraya avec les accords d'une mélodie bien connue du groupe Scorpions. Après quelques secondes, la voix chaude et douce de Malefoy résonna dans le micro.
Time, it needs time
(Du temps, il faut du temps)
To win back your love again
(Pour reconquérir ton amour)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
Pour le coup, Harry n'avait plus du tout l'envie de rire. Draco chantait juste et objectivement, sa voix était très belle.
Love, only love
(L'amour, seul l'amour)
Can bring back your love someday
(Peut ramener ton amour un jour)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
Complètement sous le charme de ce timbre grave et un peu rauque, Harry n'avait pas tout de suite pris conscience des paroles de la chanson. Quand il y prêta attention, son cœur accéléra brutalement.
I'll fight, babe, I'll fight
(Je lutterai, bébé, je lutterai)
To win back your love again
(Pour reconquérir ton amour)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
Love, only love
(L'amour, seul l'amour)
Can break down the wall someday
(Peut mettre à bas le mur un jour)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
La guitare basse se fit soudain plus insistante, plus nerveuse et la batterie beaucoup plus présente. Par-dessus, la voix de Draco se fit plus forte et plus intense.
If we'd go again
(Si toutefois nous recommencions)
All the way from the start
(Toute notre histoire depuis le début)
I would try to change
(J'essaierais de changer)
The things that killed our love
(Les choses qui ont tué notre amour)
My pride has built a wall, so strong
(Ma fierté a bâti un mur, si solide)
That I can't get through
(Que je ne peux pas passer à travers)
Is there really no chance
(N'y a-t-il vraiment aucune chance)
To start once again
(De recommencer)
Machinalement, Harry avait serré le poing contre sa bouche pour l'empêcher de trembler. Il ne pouvait pas croire que Draco soit en train de chanter… ça. Et alors qu'il avait encore du mal à assimiler ce qu'il entendait, la guitare et la batterie se turent.
I'm loving you
(Je t'aime)
La musique repartit. Harry aurait désespérément voulu croiser le regard de Draco mais celui-ci avait les yeux fermés. Il tenait le micro à deux mains et d'un air concentré, il reprit :
Try, baby try
(Essaie, bébé, essaie)
To trust in my love again
(De croire encore en mon amour)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
Love, our love
(L'amour, notre amour)
Just shouldn't be thrown away
(Ne devrait pas être jeté au loin)
I will be there, I will be there
(Je serai là, je serai là)
If we'd go again
(Si toutefois nous recommencions)
All the way from the start
(Toute notre histoire depuis le début)
I would try to change
(J'essaierais de changer)
The things that killed our love
(Les choses qui ont tué notre amour)
La guitare reprit de plus belle, toujours soutenue par la batterie, alors que la voix de Draco se faisait plus vibrante encore.
Yes, I've hurt your pride, and I know
(Oui, j'ai heurté ta fierté, et je sais)
What you've been through
(Ce que tu as enduré)
You should give me a chance
(Tu devrais me donner une chance)
This can't be the end
(Ca ne peut pas être la fin)
Cette dernière phrase, qui sonnait comme une supplique, provoqua un long frisson sur la colonne vertébrale de Harry, mais pas autant que les derniers mots de la chanson.
I'm still loving you
(Je t'aime encore)
Le morceau se termina sur quelques accords de guitare très doux. Malefoy rouvrit les yeux pour les porter instantanément sur le fond de la salle. De nombreux applaudissements retentirent de tous les côtés. Il fit un signe de la main comme s'il était habitué à ce genre de performance et surtout au succès qui en résultait. Très content de lui, il sauta en bas de l'estrade pour rejoindre ses amis.
Harry tressaillit quand une main se posa sur son bras.
-Ça va Harry ? demanda Hermione, inquiète. Tu as l'air bizarre…
- Je… non… ça va… c'était… c'était…
- Fantastique ? s'exclama la jeune femme avec enthousiasme. Oh, ça oui ! Il ne pouvait pas te faire plus belle déclaration, n'est-ce pas ?
Il n'eut pas le temps de répondre car Draco se retrouva devant leur table.
-Bordel, chanter ça donne soif ! dit-il en prenant le gin tonic de Blaise et en le sifflant d'un coup.
- Hé ! protesta le métis. T'es pas gêné !
- Ça va… je vais aller t'en recommander un autre.
Alors qu'il allait partir vers le bar, Harry le retint par le bras.
-Draco… je voulais te dire… cette chanson, c'était…
- C'était juste une chanson, Potter, coupa-t-il. Celle-là où une autre, quelle importance ?
Harry eut un mouvement de recul face au ton sec de Draco. Celui-ci ne s'aperçut de rien car il s'était déjà détourné pour rejoindre le comptoir.
Autour de la table, les mines étaient stupéfaites. Excepté Blaise qui était plutôt contrarié.
-Il me soûle quand il est comme ça, marmonna-t-il.
- Je ne le comprends pas, soupira Hermione. C'est évident qu'il a chanté cette chanson pour toi !
- Il ne va pas s'en tirer comme ça, dit Harry en se levant brusquement.
Sans laisser aux autres le temps de réagir, il se dirigea à son tour vers le comptoir. Draco attendait toujours qu'on s'occupe de lui. Il haussa un sourcil en voyant Harry à côté de lui.
-Hermione veut un autre mojito, dit Harry en réponse à la question muette.
- Ah. Ok.
Ils restèrent silencieux l'un et l'autre durant quelques instants, jusqu'à ce qu'Harry ne dise :
-Une chose est sûre, on sait maintenant d'où vient le talent de Scorpius pour le chant…
- Hm… possible, répondit Draco en haussant les épaules.
- Tu as vraiment une très belle voix.
- Merci.
Draco tapota nerveusement ses doigts sur le comptoir. Il n'avait manifestement pas envie de parler de ça.
-Tu n'as jamais pensé à prendre des cours ? insista-t-il.
- C'est un peu tard, tu ne crois pas ?
- Non.
Draco ne put faire autrement que de fixer Harry. Ses yeux verts vibraient d'une telle intensité qu'il en fut déstabilisé.
-Il n'est pas trop tard, dit Harry.
- Tu le penses vraiment ?
C'était juste un murmure. Et Harry eut la certitude que Draco ne parlait pas d'hypothétiques cours de chant.
-Oui. Je le pense vraiment.
Il poussa sur le comptoir une petite boîte carrée en cuir matelassé.
-Ton vrai cadeau, dit-il. Je n'avais pas envie de te le donner devant les autres.
Draco fronça les sourcils. L'espace d'un instant, Harry crut voir une lueur de panique dans ses yeux à l'idée de ce que la boîte pouvait contenir. Il la prit néanmoins et souleva le couvercle.
-Whaou… Ils sont magnifiques, souffla-t-il avec une évidente sincérité.
Il caressa du bout du doigt l'or finement ouvragé et la minuscule petite pierre verte au centre du bouton.
-Ce sont des nœuds celtiques, précisa Harry.
- Symbole d'éternité.
- C'est bien ce que tu as dit, non ? Entre nous, c'est éternel.
Draco leva les yeux vers lui. Et pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, Harry put y lire comme dans un livre ouvert. Du soulagement. De la joie.
De l'amour.
-Je veux nous donner une seconde chance, Draco. Ça ne peut pas finir comme ça.
Les joues de Draco rosirent légèrement d'entendre cette référence explicite à la chanson qu'il venait d'interpréter. Mais il se reprit rapidement.
-Tu as vraiment décidé de m'embarrasser jusqu'au bout, n'est-ce pas ? ricana-t-il.
- Putain, oui. T'embarrasser est définitivement le but de mon existence, chuchota Harry. Et tu n'as pas idée de toutes les choses embarrassantes que je pourrais te faire faire…
Imperceptiblement, ils s'étaient penchés l'un vers l'autre. Encore quelques centimètres, juste quelques tous petits centimètres, et…
-Bon, je vous sers quoi les gars ?
Ils sursautèrent comme deux adolescents pris en faute avant d'éclater franchement de rire, sous le regard un peu inquiet du barman.
-Potter ? dit Draco après avoir passé la commande. Tu crois que les autres nous en voudrons si on les laisse en plan ?
- Hm, dit Harry en haussant les épaules. C'est ton anniversaire. Tu fais ce que tu veux, non ?
- Exactement.
- Ceci dit, ils risquent d'être déçus. Regarde-les… Je crois qu'ils s'attendent à quelque chose de… spectaculaire et de très érotique.
Draco se tourna vers la table où quatre visages les regardaient avec avidité.
-Oh… comme moi, en train de te baiser sur ce bar jusqu'à ce que tu oublies ton propre nom ?
- Par exemple.
- Qu'ils aillent se faire foutre, décida-t-il.
Il attrapa fermement le bras de Harry et il les fit transplaner.
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Appartement de Draco Malefoy, Pimlico, Londres
Légèrement étourdi par ce transplanage soudain, Harry eut un peu de mal à comprendre où il se trouvait. Il lui fallut quelques secondes pour recouvrer ses esprits et reconnaître l'endroit.
-On est à Pimlico ? demanda-t-il néanmoins.
- Oui… Tu pensais que je nous avais fait transplaner jusque Milan ?
- Non… quoi que, je suis curieux de savoir à quoi ressemble ton appartement là-bas.
- Je peux t'y emmener quand tu veux, dit Draco avec un sourire suggestif.
Il se débarrassa de ses chaussures et de sa veste qu'il jeta négligemment sur une chaise.
-Mets-toi à l'aise, dit-il en se dirigeant vers la cuisine.
Harry ressentit une brusque flambée de désir alors qu'il le regardait s'éloigner d'un pas souple, ses longues jambes et ses fesses mises en valeur par un jeans délavé, et les muscles de son dos roulant doucement sous le fin coton de son t-shirt. Sans parler de la manière terriblement sensuelle qu'il avait de fouler le parquet de ses pieds nus.
-Je te sers quelque chose à boire ? lui demanda Draco, le sortant de sa rêverie.
-Pourquoi pas, dit Harry sans conviction.
Il était légèrement déçu et frustré de se trouver au milieu de ce séjour, encore tout habillé.
Après leur échange au pub et la façon dont Draco l'avait agrippé pour le faire transplaner, Harry avait espéré qu'il finirait nu en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, épinglé sur le sol, un canapé, un matelas ou toute autre surface, peu lui importait. Mais manifestement, Draco en avait décidé autrement et préférait jouer les parfaits hommes d'intérieur.
-Cognac ? Whisky pur feu ? Ou bien un verre de vin ? énuméra-t-il en montrant une bouteille de shiraz australien de la Vallée de Mudgee.
Harry sourit en reconnaissant l'étiquette. C'était leur vin.
-Un verre de vin sera parfait.
Quelques instants plus tard, Draco revenait au salon avec deux larges verres à pied remplis au tiers, dont un qu'il tendit à Harry. Puis il s'empara d'une petite télécommande avec laquelle il actionna le lecteur MP3. Aussitôt, le son langoureux d'un piano et d'une trompette de jazz s'éleva dans la pièce, lui donnant instantanément une atmosphère beaucoup plus intime.
-A quoi buvons-nous ? demanda Harry.
- A mon anniversaire, évidemment, sourit Draco.
- Evidemment.
Ils choquèrent leurs verres l'un contre l'autre et burent le délicieux breuvage en s'observant mutuellement. Un silence un peu gêné s'était soudain installé entre eux que Harry décida de briser au plus vite.
-Je me demandais… est-ce que tu…
Il ne put cependant achever sa phrase car Draco venait de lui prendre le verre des mains pour le poser sur la table basse avec le sien.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Pour toute réponse, Draco s'approcha de lui. Il prit sa main dans la sienne tandis qu'il posait l'autre autour de sa taille. Puis, il se mit à bouger lentement.
-Est-ce que… nous sommes en train de… danser ? souffla Harry.
- Je crois bien que c'est ce qu'on fait, oui, murmura Draco.
Son souffle tiède effleura sa joue et son oreille, envoyant un long frisson parcourir son corps.
Ils n'avaient jamais dansé ensemble. Les soirées passées en boîte de nuit, à se déhancher comme des fous sur de la musique techno ne comptaient pas. Ce soir, ils dansaient. Réellement. L'un contre l'autre. L'un avec l'autre.
-C'est la première fois, dit Harry.
- Je sais. Ça te plaît ?
- J'adore ça.
Harry se serra plus étroitement contre Draco et ils continuèrent à danser, le son du piano et de la trompette accompagnant parfaitement chacun de leurs mouvements.
A la fin du morceau, Draco se recula légèrement, son regard se noyant dans celui de Harry. Il eut l'impression que son cœur allait exploser. Il posa alors la main sur sa joue qu'il caressa avec une infinie tendresse, avant de se pencher, lentement, très lentement, jusqu'à ce que ses lèvres effleurent celles de Harry.
Harry ferma les yeux. Confusément, il avait l'impression qu'il était en train de recevoir son premier baiser. Cette idée le fit sourire. Il n'y avait que Draco pour lui faire ressentir des sensations pareilles.
Draco l'embrassait avec douceur, presque avec pudeur, une main posée sur sa nuque, l'autre sur sa hanche. Avec un soupir de pur bonheur Harry entrouvrit les lèvres et sentit immédiatement la langue de Draco s'enrouler autour de la sienne. A cet instant, leur retenue s'envola. Le baiser devint avide, sauvage, tempétueux.
Harry se pressait avec ferveur contre Draco, caressant le creux de ses reins, puis remontant le long de son dos, jusqu'à plonger les mains dans ses cheveux. Tout son corps était chaud, brûlant même. Il pencha la tête de côté pour approfondir le baiser et exhala un gémissement qui attisa encore le désir de Draco.
Ils se dévoraient sans jamais sembler être rassasiés l'un de l'autre, ne se séparant que pour respirer.
Un feu dévastateur couraient dans les veines de Draco, Un feu qui ne trouverait son apaisement que dans la communion de leurs corps et de leurs âmes. Il reprit le visage de Harry en coupe, aussi délicatement que possible, et obligea leurs bouches à se séparer. Les yeux fermés, il posa son front contre le sien. Jamais son cœur n'avait battu aussi vite et Draco savait parfaitement que ce n'était pas seulement à cause de l'intensité de leur baiser.
Il était amoureux. Irrévocablement et totalement amoureux.
-Harry… Je…
- Oui ?
Il ferma les yeux plus forts. Il était si proche de pouvoir enfin se guérir, de pouvoir enfin s'autoriser à être heureux.
-Je…
Mais il n'y arrivait pas. Il étouffa un sanglot rageur et resserra sa prise autour du visage de Harry.
-J'ai envie de toi, haleta-t-il. Par Merlin, je pourrais en crever tellement j'ai envie de te faire l'amour…
C'était la stricte vérité. Et c'était aussi la seule manière pour lui de faire savoir à Harry combien il l'aimait. Celui-ci s'en rendit compte car il lui sourit tendrement.
-Qu'est-ce que tu attends ? susurra-t-il.
Draco ne se le fit pas dire deux fois. Trop impatient pour grimper les escaliers, il entoura Harry de ses bras et transplana à l'étage, directement dans sa chambre. Harry tressaillit légèrement en fixant le lit. Les images des corps emmêlés de Théo et Draco s'imposèrent à son esprit.
Draco prit conscience de son malaise et se fustigea pour sa connerie.
-On va aller dans la chambre d'amis, dit-il très doucement.
- Non, dit Harry calmement mais fermement. On reste ici.
Comme pour affirmer sa décision, il commença à déboutonner sa chemise. Quand ce fut fait, il la fit glisser de ses épaules et elle s'échoua au sol sans bruit. Il dégrafa ensuite son pantalon, qu'il abaissa en même temps que son boxer. Il enjamba les deux pièces de tissus et les repoussa d'un mouvement négligent du pied.
Draco le regardait faire, la bouche entrouverte et le souffle court. Souffle qui se fit erratique quand Harry, complètement nu, prit place au bord du lit. Il s'appuya sur un bras, écarta les jambes et se mit à caresser paresseusement son sexe volumineux.
-Tu ne portes pas de sous-vêtements, n'est-ce pas ?
C'était une question purement rhétorique. Il savait que Draco aimait être nu sous son jeans. Un hochement de tête le lui confirma toutefois.
-Déshabille-toi, ordonna-t-il.
Il hésita à demander à Draco de se retourner. Il ne savait pas ce qu'il préférait : voir le jeans glisser lentement sur ses fesses nues et pâles ou voir son sexe se déployer au fur et à mesure que les boutons seraient défaits. Sa décision fut prise à l'instant où Draco fit passer son t-shirt par-dessus sa tête, ébouriffant ses cheveux au passage. Il saliva littéralement en voyant le bout du sexe dressé de Draco dépasser de la ceinture de son pantalon, en même temps que le dragon chinois qui était tatoué sur son aine.
-Attends ! dit-il alors que Draco allait défaire le premier bouton. Viens ici.
Docile, Draco s'approcha. Harry délaissa son membre pour poser ses mains sur la peau si douce qui se présentait devant lui. Avec une sorte de dévotion, il caressa les pectoraux, puis les flancs. Il embrassa le ventre qui se contracta violemment, et darda la pointe de sa langue dans le nombril, avant de lécher la ligne de fins poils blonds qui descendait vers le pubis. Du bout du doigt, il retraça le dessin du dragon ondulant sur sa peau.
Puis il posa ses lèvres sur le gland rouge et velouté, un peu comme on embrasse une icône ou un objet sacré. Il se mit à le suçoter avec gourmandise, arrachant des gémissements rauques à son partenaire.
Il défit le premier bouton et enfouit son nez dans la toison blonde, douce et dense, respirant à pleins poumons l'odeur de musc et de savon qui s'en dégageait.
L'ouverture du deuxième bouton laissa plus de latitude à la verge pour se déployer et rapidement, les autres boutons cédèrent sous son volume impressionnant. Harry ne put retenir un soupir d'envie quand les pans du jeans furent largement écartés et que la queue chaude et vibrante de Draco se dressa fièrement devant lui.
Il avait vu un nombre suffisant de sexes d'hommes dans sa vie pour pouvoir les comparer et apprécier un spécimen comme celui de Draco. Il était parfait. Long. Epais mais pas trop. Surmonté d'un gland large mais idéalement proportionné par rapport à sa taille.
Sans plus pouvoir attendre, il prit le sexe tout entier dans sa bouche et le suça avidement, creusant les joues, la main fermement enroulée à sa base. Il salivait tellement qu'il produisait des bruits humides qui auraient pu paraître obscènes mais qui excitaient Draco à un point difficilement supportable.
-Harry… merde… ta bouche… elle… Oh Merlin… elle est si chaude… je vais…
Harry cessa sa caresse buccale, au grand désarroi de Draco qui grogna de frustration.
-Non, dit-il sur un ton toujours aussi calme mais autoritaire.
Il retira sa main et recula un peu plus au milieu du lit. Puis il se plaça à quatre pattes, les fesses indécemment tendues vers Draco.
-Remplis-moi, Draco. Remplis-moi de toi.
- Oh putain de merde… marmonna Draco que cette vision affolait complètement.
Il s'agenouilla sur le lit, son torse surplombant le dos de Harry. Il parsema de baisers sa nuque, ses épaules et sa colonne vertébrale jusqu'au creux de ses reins. Il fit le chemin inverse, prenant soin de frotter son érection entre les fesses de Harry.
-Draco, implora Harry.
- Chuuuuuut…
Il reprit sa torture, cette fois en utilisant sa langue. Il traça un sillon humide tout le long du dos, sillon qui se refroidissait à l'air, occasionnant des frissons sur toute la peau hâlée.
Draco embrassa ensuite ses fesses, les caressant et les malaxant, avant de les écarter avec douceur et de souffler sur le petit œillet rosé qu'elles dissimulaient. Aussitôt, Harry se tendit, cambrant les reins encore davantage.
Draco lécha avec une insupportable lenteur l'anus ainsi offert, sans jamais le pénétrer.
-Bordel, Draco… plus… j'en veux plus…
Un sourire en coin étira les lèvres de Draco. Il reprit sa caresse, toujours aussi lentement, maintenant fermement de ses mains les hanches de Harry, qui se tortillait en gémissant.
Finalement décidé à passer à la vitesse supérieure, il durcit sa langue et la glissa délicatement à l'intérieur. Ce n'était que quelques millimètres mais Harry cria son plaisir à s'en déchirer les cordes vocales. Draco allait et venait avec sa langue comme il l'aurait fait avec son sexe, s'assurant que le petit muscle pénètre aussi profondément que possible.
Harry, lui, avait l'impression d'être ravagé par un feudeymon. Il donnait des coups de reins contre cette bouche merveilleuse, en voulant désespérément plus.
Au bout de longues minutes, Draco se retira, laissant un Harry pantelant de désir et de besoin d'être pris. Besoin qu'il ne tarda pas à verbaliser.
-Baise-moi, Draco. Par pitié, baise-moi. Je veux ta queue en moi maintenant… ça fait si longtemps que je le veux…
Draco se redressa et se pencha à l'oreille de Harry pour en lécher le lobe et le pavillon.
-5 mois et 30 jours, murmura-t-il.
- Quoi ?
- Ça fait 5 mois et 30 jours que ma queue ne s'est plus retrouvée à l'intérieur de toi. 181 putains de jours durant lesquels je n'ai pas arrêté de penser à ton cul si serré. A ta bouche qui me suce mieux que personne… A toi, acheva-t-il dans un souffle.
Submergé par l'émotion, il posa le front entre les omoplates de Harry.
-Tu m'as tellement manqué. J'étais tellement… vide sans toi…
Cet aveu à peine murmuré déchira le cœur de Harry.
-Je t'aime Draco, lâcha-t-il sans pouvoir s'en empêcher. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Et maintenant, je suis là. Je suis à toi, Draco.
- A moi, répéta l'autre homme.
Animé d'une nouvelle détermination, Draco se sépara momentanément du corps de son amant pour prendre du lubrifiant dans le tiroir de la table de chevet. Il en enduisit généreusement ses doigts avant d'entamer une lente et profonde pénétration. Harry ondulait lentement sous lui, l'esprit un peu engourdi.
-Tu es si étroit, commenta Draco. Tu n'as pas… je veux dire… tu
- Pas depuis toi, coupa Harry.
- C'est vrai ?
- Oui. Ils n'avaient pas assez d'importance pour que je les laisse me toucher de cette manière-là.
- Les ?
- Oui.
Harry avait donc trompé Olivier. Draco ne put empêcher un sourire satisfait de fleurir sur ses lèvres en sachant cela. C'était puéril et idiot, mais il s'en fichait.
-S'il te plaît, soupira Harry en bougeant langoureusement au rythme de ses doigts.
Draco eut le souffle coupé, son sexe tressautant brusquement contre son ventre. Il se demanda si Harry avait conscience de l'érotisme qu'il dégageait à se cambrer de la sorte devant lui.
Il reprit du lubrifiant et en couvrit son érection à plusieurs reprises, d'un mouvement ample et souple, avant de finalement pousser son gland contre l'entrée de Harry. Lorsque ce dernier se sentit enfin pénétré, il poussa un soupir de soulagement. Il eut tout à coup, l'absolue certitude que Draco était la personne qu'il avait cherchée pratiquement toute sa vie d'adulte, et cette certitude s'imposa à lui avec la force d'un cognard.
Au même moment, Draco le pénétra plus profondément d'une ample poussée. Harry vint à sa rencontre en basculant le bassin. Chaque parcelle de son corps criait son désir d'être possédé avec violence. Il en fut choqué car il n'avait jamais pris conscience que l'on pouvait désirer quelque chose aussi fort.
Mais Draco ne semblait pas décidé à augmenter sa cadence. Il lui faisait l'amour avec passion et volupté. Alors Harry s'abandonna à cette étreinte bienfaisante, laissant le plaisir envahir tout son être, s'insinuer dans les moindres recoins de son esprit. Ils bougeaient tous les deux en parfaite osmose, sans effort, se délectant de toutes ces sensations exceptionnelles qu'ils n'avaient plus partagées depuis trop longtemps.
Quand il sentit Draco faire glisser ses mains de le long de son corps, Harry se redressa sur les genoux. Il colla son dos au torse de Draco, appréciant le contact de leur peau, rendue moite par l'effort et l'excitation. Il tendit les bras vers l'arrière, caressant les cuisses de Draco, puis ses fesses, sur lesquelles il pressa les mains pour approfondir encore la pénétration.
-C'est tellement bon de t'avoir en moi, dit-il avec une sorte de vénération dans la voix.
- Pas autant que d'être en toi, souffla Draco tout contre son cou.
Il fit remonter ses mains de sa taille vers son torse, caressant la peau de Harry d'un geste aérien, avant de s'attarder sur ses tétons qu'il tordit du bout des doigts.
Harry s'arcbouta en gémissant, mordant sa lèvre inférieure pour s'empêcher de crier plus fort. Il releva les bras pour entourer la nuque de Draco de ses mains, la tête renversée sur son épaule, complètement abandonné à cette verge dure et brûlante qui s'enfonçait en lui sans faiblir. Son propre sexe palpitait et tressautait à chacun de ses mouvements, prêt à la délivrance.
-Touche-moi, Draco, supplia-t-il. Fais-moi jouir.
- Pas tout de suite, dit-il d'une voix suggestive.
Il poussa Harry légèrement vers l'avant et se retira de lui avec douceur, ignorant la plainte réprobatrice de son amant.
-Ne t'inquiète pas, petit lion vorace… je n'en ai pas fini avec toi…
Il l'invita à s'allonger sur le dos.
-Je veux seulement te voir… j'en ai besoin, admit-il comme s'il s'excusait. Je veux être sûr que tout cela est bien réel.
- Oh…
Harry n'eut pas le loisir de réfléchir aux paroles de Draco car celui-ci s'était emparé dans la table de nuit, d'un petit tube de cinq centimètres de long, bleu électrique, qu'Harry connaissait bien. Le même ustensile lui avait valu une mémorable séance de sexe par téléphone avec Draco quelques mois auparavant.
Sans attendre, Draco glissa le dildo dans l'anus de Harry et le mit en marche au moyen du boîtier de télécommande. Aussitôt, il se mit à vibrer et à se dilater au maximum, arrachant un cri rauque à Harry.
-Draco… qu'est-ce que tu…
- Je te promets que tu vas jouir comme tu ne l'as jamais fait auparavant.
Toujours à genoux, Draco s'avança au-dessus des cuisses de Harry. Avant que ce dernier n'ait pu se rendre compte de ce qui se passait, Draco s'empala sur son membre dressé.
La sensation fut indescriptible pour Harry. D'un côté, il était stimulé par le dildo qui vibrait avec force dans son cul, et de l'autre, sa queue était prisonnière du canal le plus divinement étroit qu'il ait jamais connu.
Il n'avait plus aucun self-control. Ses hanches bougèrent à un rythme effréné, s'enfonçant en Draco le plus qu'il le pouvait. L'entrechoquement de leurs corps produisait un son mat, couvert par les cris qui s'échappaient de la gorge de Draco. Des cris débordant de luxure et de passion.
Ils étaient littéralement consumés par le plaisir. Draco se pencha sur Harry et écrasa sa bouche contre la sienne, aspirant à la source ses gémissements de plaisir et le pénétrant férocement de sa langue comme il l'était en ce moment par son sexe.
Harry convulsa au moment où le plaisir jaillit de son corps. Tout devint blanc autour de lui et il eut l'impression que sa jouissance explosait de partout. Ses râles incontrôlés eurent raison de Draco qui se libéra à son tour, maculant le ventre de son amant de longues traînées blanchâtres.
Il s'écroula sur Harry, les muscles tremblants, complètement dévasté par l'orgasme.
Ils restèrent allongés, reprenant leur souffle tant bien que mal. Finalement, c'est Harry qui rompit le silence.
-Putain de bordel de merde, résuma-t-il. C'est la première fois qu'un truc pareil m'arrive.
- Quoi ? rigola Draco. De jouir de la queue et du cul en même temps ? Il était temps que je fasse ton éducation, Potter.
Harry rit à son tour, trop fatigué pour faire autre chose.
Il fallut encore une bonne minute à Draco pour retrouver assez d'énergie et soulever son bassin. Le sexe de Harry se délogea de lui dans un bruit humide, entrainant avec lui une quantité considérable de sperme encore tiède.
-Tu as ta baguette ? demanda Harry, pressé de mettre fin à l'inconfort de Draco.
- Non. Elle est restée en bas.
- Oh…
- C'est bon… je me disais qu'on pourrait prendre une douche.
- J'y comptais bien, assura Harry avec un sourire lubrique.
- Tu n'en as jamais assez, hein, Potter ?
Harry se redressa sur un coude et l'embrassa avec douceur.
-On a 181 jours de baise à rattraper.
- Hm… autant ne pas perdre de temps, alors.
Ils se sourirent avec de recommencer à s'embrasser.
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7 juin 2015 – Terminal des Portoloins, Londres Sorcier
Bien qu'ils y aient mis toute leur énergie, Harry et Draco n'étaient pas parvenus à rattraper en un weekend, 5 mois et 30 jours de séparation. C'est donc avec un sentiment d'inachevé et le cœur lourd qu'ils se retrouvèrent au terminal des portoloins de Londres, à attendre le couvercle de poubelle qui devait ramener Draco à Milan.
Ils s'installèrent sur un banc de la salle d'attente, au milieu d'une foule hétéroclite.
Harry se demanda vaguement si leur vie se résumerait toujours à ça : se retrouver et se séparer dans des halls de départ ou d'arrivée d'un terminal de portoloins.
-Je sais ce que tu penses, dit Draco en posant une main chaude sur sa cuisse. Mais ça pourrait être pire, non ?
- C'est-à-dire ?
- On pourrait être des moldus. Devoir prendre des trains, des avions… perdre des heures dans les transports.
- Tu as raison, dit Harry avec un sourire.
Draco passa son bras autour de ses épaules et l'attira à lui.
-Je m'arrangerai pour revenir le weekend.
- Je pourrais venir à Milan, de temps à autre.
- J'y compte bien, dit Draco en posant un baiser dans ses cheveux.
Ils restèrent silencieux quelques instants, serrés l'un contre l'autre, avant qu'Harry ne demande :
-Que fait-on de nos règles ? Je veux dire… est-ce que…
- Je ne sais pas, coupa Draco. Ça dépend de toi.
Harry prit une longue inspiration.
-Les billets que je t'ai offerts pour la White Party, ce n'est pas un canular, tu sais.
- Quel est le rapport ?
- En fait… ce devait être ton cadeau de Noël. Tu m'en avais tellement parlé à l'époque, tu avais l'air d'en avoir tellement envie, que… ça m'a semblé normal de te faire ce cadeau. Puis on a… j'ai rompu avec toi et je me suis dit que je n'aurais jamais l'occasion de te l'offrir. Jusqu'à hier.
-Tu ne regrettes pas ? demanda Draco, comprenant où Harry voulait en venir.
- Non. Absolument pas.
- Tu sais que certains trouveraient ça dingue d'offrir à leur mecs un laissez-passer pour trois soirs de pure débauche ?
- Je sais.
Il tourna la tête vers Draco pour le regarder bien en face.
-Nous n'avons pas besoin de règles, dit-il fermement.
- Tu en es sûr ?
- Oui. Pas toi ?
- Je n'ai pas changé, tu sais…
C'était faux. Quoi que Draco en dise, il avait changé. Harry en était persuadé. Mais il n'était pas prêt à l'admettre.
-Ça n'a aucune importance, dit Harry calmement.
- Tu dis ça maintenant… mais qu'en sera-t-il la prochaine fois qu'un Olivier Dubois viendra te parler de vie à deux, d'engagements ? Qu'il te fera des promesses que je ne pourrai jamais te faire ? Qu'il te dira les mots que je ne pourrai jamais te dire !
- D'une certaine manière, tu les as dits…
- Oh, Harry… je n'ai fait que répéter les paroles d'une stupide chanson…
- Peut-être… mais pourquoi avoir choisi cette chanson-là, alors ?
Draco resta silencieux. Répondre était bien trop dangereux. Alors, il biaisa.
-N'essaye pas de détourner la conversation, Harry. Tu n'as pas répondu à ma question.
Harry ferma les yeux et soupira. Quand il les rouvrit, ils brillaient d'une farouche détermination.
-S'il y a bien quelque chose que ces cinq mois m'ont appris, c'est que je ne suis pas meilleur que toi, Draco. J'ai trompé Olivier. De bien des façons. J'ai couché avec d'autres hommes. Très peu, mais quand même… Je l'ai trompé toutes les fois où je pensais à toi quand nous faisions l'amour. Et je l'ai surtout trompé en lui faisant croire que nous avions un avenir ensemble.
- Mais… tu l'aimais, non ?
- Oui, je l'aimais.
- Alors… pourquoi...
- Parce qu'il n'était pas toi. C'est toi que je veux, Draco. C'est de toi dont j'ai besoin. Toi et tes souffrances, ton passé, tes rêves, tes envies. Depuis le premier jour où j'ai appris que j'étais un sorcier, tu as fait partie de ma vie... et… et tu as raison de dire que nous n'oublierons jamais. Ni le bon, ni le mauvais. Mais c'est une bonne chose ! Je veux pouvoir me souvenir de nos luttes, de nos affrontements, car c'est ce qui me permet de chérir les moments que nous vivons aujourd'hui… D'une certaine manière, tu m'as toujours poussé à me dépasser, à être meilleur. Rien n'a jamais été acquis avec toi, Draco. Et rien ne le sera jamais… C'est ce qui me plaît chez toi, et qui rend aussi notre relation compliquée… Mais je sais que nous pouvons être heureux. Laisse-moi te prouver que j'ai raison.
Sa tirade avait laissé Harry légèrement essoufflé. En face de lui, Draco clignait des yeux comme s'ils étaient humides. Enfin, c'est ce qu'Harry voulait croire car, au fond de lui, il s'attendait à une remarque caustique.
Mais tout ce que fit Draco, ce fut de le serrer contre lui à l'étouffer.
-Harry… tu as bien conscience que je ne suis pas celui qu'il te faut…
- C'est vrai. Tu n'es pas celui qu'il me faut. Et c'est exactement pour ça que je t'aime.
Draco émit un drôle de son, à mi-chemin entre le rire et le sanglot.
-Toi non plus… tu n'es pas… celui qu'il me faut, murmura-t-il dans son cou.
Terriblement ému, Harry referma plus fort ses bras dans le dos de Draco. Ce n'était pas encore une déclaration en bonne et due forme mais elle était pleine de promesses.
Et pour cette raison, c'était la plus belle.
A suivre...
