DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.

Rating : M

Genre : romance / slash / Yaoi


C'est avec beaucoup d'émotion que je poste l'épilogue de cette histoire. Et quelle meilleure date pour le faire qu'un 5 juin ? ;-)

Bonne lecture à tous !


Epilogue – Nothing Else Matters

« Never opened myself this way

Life is ours, we live it our way

All these words I don't just say

And nothing else matters »

(Metallica)

Quatorze ans plus tard

5 mars 2030 – Potter Corp., La City, Londres

Peggy raccrocha, visiblement inquiète, en jetant un coup d'œil à la porte de la salle de réunion.

Son patron détestait être dérangé pendant qu'il était en réunion mais elle n'avait pas le choix. Elle ne tergiversa pas plus longtemps et quitta son bureau.

O°O°O°O°O°O°O

-… tournant pour la société. Jusqu'à présent, nos balais étaient exclusivement destinés aux professionnels, joueurs de Quidditch ou pilotes de course. Avec le Super Nova, nous avons la possibilité de faire entrer Potter Corp. dans le secteur des balais de transport de luxe. C'est pourquoi il est fondamental que nous soyons présents au Salon du Balai de Paris en novembre prochain. Nous allons…

- Monsieur Potter ? l'interrompit Peggy en entrant dans la pièce.

- Peggy, je vous ai déjà dit que…

- Je sais, coupa-t-elle. Mais c'est important. Il s'agit de votre femme.

- Ma femme ?

Peggy fit un petit signe de la tête pour confirmer son propos, tout en regardant ostensiblement les autres personnes présentes autour de la table.

-Je suggère qu'on remette cette réunion à plus tard, dit Susan Hudson, la responsable de l'équipe commerciale. Hermione Zabini est à Paris pour le moment. Je vais la contacter pour convenir d'une rencontre avec les organisateurs du Salon.

Sur ces mots, elle se leva et les autres collaborateurs en firent autant. Quand la salle fut vide, Peggy poursuivit :

-Votre femme vient d'être admise à Ste Mangouste, Monsieur Potter. Le travail a commencé. Elle a essayé de vous appeler mais…

- Oh Merlin ! Mon portable était coupé… Peggy, annulez tous mes rendez-vous pour aujourd'hui…

- Il serait plus prudent que j'annule tout pour le reste de la semaine, vous ne croyez pas ?

- Si… bien sûr. Vous avez raison.

- Ça va aller, Monsieur Potter ? Vous avez besoin de quelque chose ?

- Je… non, ça ira. Merci Peggy.

La secrétaire sortit de la salle de réunion. Sur le seuil, elle se retourna et adressa à son patron un sourire encourageant.

-Tout va bien se passer, Monsieur Potter.

Il sourit avant de prendre son portable et de composer un numéro de téléphone. Comme les sonneries s'égrainaient sans que personne ne réponde, il fronça les sourcils avant de se rappeler qu'il était seulement cinq heures du matin à New-York.

-Allô ? fit finalement une voix ensommeillée à l'autre du bout du fil.

- Papa ? C'est James. Je suis désolé de t'appeler si tôt mais…

- James, que se passe-t-il ?

- C'est Amanda. Les bébés arrivent.

- Quoi ?

L'exclamation fut suivie d'une succession de bruits sourds et d'injures diverses.

- Elle va bien ? demanda Harry.

- Je ne sais pas… je suis toujours au bureau. J'étais en réunion. C'est Peggy qui…

- MAIS BORDEL QU'EST-CE QUE TU FICHES ENCORE LA ?

James eut un petit rire nerveux.

-J'ai peur, dit-il d'une voix un peu tremblante.

- Je sais, mon grand, dit Harry, immédiatement radouci. Crois-moi, je le sais. Mais tout va bien se passer. Va à l'hôpital soutenir Amanda. Je vais prévenir ta mère.

- Ok. Papa ? Est-ce que… est-ce que tu vas venir ?

- Bien sûr que je vais venir ! Je prends le premier portoloin et je suis là.

- Merci.

James raccrocha. Il prit une grande inspiration avant de sortir du bureau et de courir vers la cheminée.

Il allait être papa.

O°O°O°O°O°O°O

Central Park West, New-York

Assis sur son lit, Harry retira ses lunettes et se frotta les yeux. Il venait de raccrocher avec Ginny.

Il l'avait prévenue que son portoloin arriverait à Londres un peu avant midi et qu'il se rendrait directement à Ste Mangouste depuis le terminal. Ginny se chargeait d'envoyer un hibou à Poudlard afin de prévenir Albus.

Il se passa la main dans les cheveux et se laissa retomber sur l'oreiller.

Par Merlin, il allait être grand-père ! Il avait pourtant l'impression que c'était hier que James faisait sa première rentrée à Poudlard.

Mais son fils aîné venait d'avoir 30 ans. Il était marié depuis 8 ans avec Amanda Parks, son amour d'adolescent et dirigeait Potter Corp. depuis 5 ans.

Après avoir obtenu son diplôme à Poudlard, James avait souhaité commencer à travailler directement dans l'entreprise paternelle. Harry avait accepté, à condition qu'il commence au bas de l'échelle comme n'importe quel autre employé de la société. Le jeune homme se conforma à la volonté de son père et se montra appliqué dans son travail et déterminé. Ses qualités et ses compétences furent remarquées dans tous les départements dans lesquels il passait, si bien que personne ne fut étonné ou ne critiqua la décision de Harry d'en faire son bras-droit cinq ans à peine après son arrivée.

James passa deux ans aux côtés de son père et d'Hermione, durant lesquels il se forma à la lourde responsabilité de diriger une entreprise comme Potter Corp.

Quand il eut 25 ans, Harry estima qu'il était prêt à prendre sa place. Ne voulant toutefois pas abandonner sa société, Harry trouva avec son fils un arrangement satisfaisant. Potter Corp. était dorénavant divisée en deux entités : la première, établie à Londres, regroupait toutes les activités liées à la fabrication des balais et à la gestion des équipes de Quidditch; tandis que la deuxième, établie à New-York, était en charge de l'organisation des grands prix de Formule Balai. Harry dirigeait la succursale de New-York, tout en restant PDG du groupe. Hermione était toujours vice-présidente et restait à Londres pour seconder James, tout comme elle l'avait fait pour Harry autrefois.

James s'avérait être un Directeur général compétent, attentif à ses employés et résolument tourné vers l'avenir. Grâce à des investissements audacieux et un élargissement de leurs produits, les années passaient et Potter Corp. restait toujours une entreprise de pointe en matière de balais volants.

Harry soupira avant de se ressaisir. Il ne devait plus tarder à préparer ses affaires, sans quoi il allait rater son portoloin. Il se redressa en position assise, et machinalement, passa la main sur la place vide à côté de lui. Les draps étaient froids.

Il se leva et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche, ignorant délibérément la douleur qui lui enserrait le cœur.

O°O°O°O°O°O°O

Draco regagna l'appartement vers cinq heures trente du matin. Il ôta ses chaussures dans l'entrée afin de ne pas faire de bruit et de ne pas réveiller Harry. Ce dernier ne se levait pas avant sept heures, de sorte qu'il ne remarquerait pas son absence.

Mais ses prévisions furent déjouées quand il vit Harry, tout habillé, debout devant le lit, en train de ranger des vêtements dans une valise.

-Qu'est-ce que tu fais ? demanda Draco, la bouche sèche et le cœur battant.

- Je pense que ça se voit, répliqua Harry d'un ton très calme. Je fais ma valise.

- Harry… Est-ce que… est-ce que tu es en train… de me quitter ?

- Cela ferait une différence ?

La panique gagna Draco.

-Ecoute… si c'est à propos d'hier soir…

- Ce n'est pas à propos d'hier soir, dit Harry sur le même ton monocorde. Encore que je suis curieux d'entendre tes explications... Encore un dossier urgent à boucler, comme avant-hier ? Ou un client important à rassurer, comme il y a trois jours ?

- J'ai énormément de travail pour le moment, je te l'ai dit…

- Oui, Draco. Tu es un homme occupé, très occupé. Contrairement à moi qui suis presque… un rentier, depuis que j'ai laissé ma société à mon fils. C'est ce que tu m'as dit, non ?

- Harry, je suis désolé… j'étais en colère. Je n'en pensais pas un mot ! C'est juste que, pour le moment, j'ai un tas de choses à régler au cabinet et que…

- Des choses qui t'empêchent même de passer la nuit ici ? demanda Harry âprement.

Draco ne répondit pas. Il enleva sa veste et la jeta sur un fauteuil tout proche.

-Harry, arrête avec cette valise. Prenons le temps d'en parler.

- Je n'ai pas le temps de parler. Mon portoloin part dans deux heures.

- Ton portoloin ? s'étonna Draco. Mais où vas-tu ?

- A Londres.

- A Londres ?

Cette fois, ce n'était pas seulement de la panique que Draco ressentit mais de la terreur à l'état pur. Si Harry partait à Londres, il ne le reverrait plus.

-Harry, je t'en prie, ne pars pas… Ce n'est pas ce que tu crois !

Harry eut un petit rire moqueur.

-Alors là, tu vois, je crois que… c'est exactement ce que je crois !

- Non ! Tu te trompes ! Je… j'ai travaillé jusqu'au milieu de la nuit et je me suis endormi dans mon bureau !

- Draco, ne me prends pas pour un con…

- Je te jure que c'est la vérité ! Tu peux demander au garde de sécurité, c'est lui qui m'a réveillé en faisant sa tournée à cinq heures du matin !

Il y avait quelque chose de désespéré dans la voix de Draco, quelque chose d'inhabituel qui fit dire à Harry qu'il disait la vérité.

Il soupira avant de ranger une dernière chemise dans la valise et de la refermer.

-Je ne te quitte pas, Draco. Je rentre à Londres parce que James m'a appelé il y a une heure. Amanda va accoucher.

- Quoi ? Mais… ce n'était prévu que dans un mois !

- Je sais.

- Est-ce que je peux venir avec toi ?

Harry haussa un sourcil.

-Et ton travail ? Tu viens de dire que…

- Peu importe ! s'écria Draco. Je considère James comme mon fils, tu le sais bien ! Je veux être là pour lui !

Draco s'interrompit et fit quelques pas jusqu'à se retrouver tout près de Harry.

-Et je veux être là pour toi aussi, dit-il plus bas.

Les résistances de Harry s'écroulèrent à l'instant où il sentit la chaleur du corps de Draco contre le sien et où il sentit son odeur l'envelopper. Comme s'il était attiré par un aimant, il se réfugia dans ses bras.

Draco l'y accueillit avec bonheur et soulagement, en le serrant contre lui le plus fort qu'il pouvait.

-Je sais ce que tu penses, chuchota-t-il, mais, Harry, je te jure que je n'étais pas avec un autre. Je te jure que je ne te trompe pas. Il n'y a que toi… seulement toi depuis…

-Je sais, coupa Harry. Je sais.

Il ne voulait pas parler du passé.

O°O°O°O°O°O°O

Après que Draco soit retourné à New-York en janvier 2016, Harry et lui firent de leur mieux pour gérer leur relation à distance. Ils se retrouvaient le plus souvent possible, tantôt à Londres, tantôt à New-York.

Mais la passion et l'exaltation des premiers mois furent rapidement impactées par leurs responsabilités professionnelles. Les dossiers à boucler, les déplacements à l'étranger, les réunions incontournables se multipliaient et leurs moments ensemble commencèrent à s'espacer dangereusement.

Heureusement, il y avait leurs enfants. Malgré leurs emplois du temps chargés, aucun des deux ne transigeait sur les vacances scolaires et le temps passé avec leurs fils. Ces semaines étaient donc propices à des retrouvailles, à la fois passionnées mais aussi sereines, car elles les confortaient dans leur conviction que leurs sentiments l'un pour l'autre restaient absolument intacts.

Bien sûr, il y eut des écarts. Aussi bien de la part de Draco que de Harry. Ils le savaient tous les deux mais n'en parlaient pas. Non pas que le sujet était tabou. Il était juste inutile car l'un comme l'autre savait que ces relations ne présentaient aucune importance.

Cette situation dura à peu près huit ans. Huit années d'une vie de couple particulière, non-conformiste, mais qui les satisfaisait pleinement, malgré les difficultés.

Jusqu'en septembre 2023.

A cette date, la santé de Harry se dégrada d'un coup. Les potions qu'il prenait ne faisaient plus d'effet, et suite à une mauvaise chute, il se retrouva cloué dans un lit d'hôpital, pratiquement paralysé. Draco rentra de New-York en catastrophe, accompagné d'un guérisseur du General Wizzard Hospital de Boston, spécialisé dans ce type de pathologie.

Andrew Coltrane, le guérisseur attitré de Harry, accueillit son confrère avec soulagement, comprenant bien qu'il y allait de l'intérêt de son patient de recevoir un deuxième diagnostic. A deux, ils travaillèrent jour et nuit pour mettre au point une nouvelle potion, ainsi qu'un sort agissant comme une sorte de gaine de myéline magique.

Après deux semaines d'angoisse, le rétablissement de Harry fut complet. Tellement complet qu'il commença à se comporter comme s'il avait à nouveau 20 ans. Il disait à qui voulait l'entendre qu'il comptait profiter de la vie. Résultat, il se mit à sortir, à boire et à forniquer à tout va, exactement comme quand il était au faîte de sa gloire de joueur de Quidditch et où il brûlait la chandelle par les deux bouts.

Les premières semaines, Draco avait mis ce comportement sur une stupide crise de la quarantaine. Mais c'était avant que Harry finisse par s'amouracher d'un jeune homme de 19 ans rencontré dans un bar.

Le coup était rude. Draco, qui à 45 ans était toujours obsédé par son physique et ses prouesses sexuelles, se retrouva confronté au pire de ses cauchemars : être délaissé par l'homme qu'il aimait plus que tout, au profit d'un gamin qui faisait moins de la moitié de son âge.

Autour d'eux, leurs amis se sentaient totalement impuissants. Même Blaise n'était pas parvenu à trouver les mots pour rassurer Draco ou le faire réagir. Il restait là sans rien faire et sans rien dire, comme s'il était complètement éteint.

Voyant arriver la catastrophe, James, qui travaillait pour Potter Corp. depuis 4 ans, déboula dans le bureau de son père pour lui dire sa façon de penser. Le ton monta dangereusement. Harry dit à son fils de se mêler de ses affaires. James le traita de vieux con pathétique.

Ce qui ramena Harry à la réalité et lui fit prendre conscience de ce qu'il était en train de perdre, fut de trouver Scorpius un soir, devant la porte de son appartement. Il lui tendit une enveloppe et partit sans avoir prononcé le moindre mot.

L'enveloppe contenait un courrier de Draco à son fils, lui expliquant qu'il rentrait à New-York car il n'avait plus rien à faire à Londres. Il lui disait également combien il avait été heureux ces huit dernières années avec Harry, que même si leur couple n'était pas parfait, il n'avait pas cessé de se battre pour lui, pour qu'il survive malgré les épreuves, mais que, là, il était au bout de ce qu'il pouvait donner, même à Harry. Même à l'homme qui était toute sa vie, depuis toujours.

Le soir-même, Harry prenait un portoloin pour New-York.

Récupérer Draco fut loin d'être facile. La discussion fut houleuse. Il y eut de mots durs, des coups de colère et des larmes. Mais ce fut nécessaire.

Trois jours plus tard, Harry prit une décision radicale : il venait s'installer définitivement à New-York. Avec Draco. Il ne voulait plus vivre loin de lui et prendre le risque de le perdre encore une fois.

L'idée lui trottait dans la tête depuis quelques mois de créer une succursale aux Etats-Unis et de laisser la direction de la société à Londres à James. Il était temps de concrétiser ce projet.

Il fallut à peine quelques jours à Harry pour organiser son déménagement et seulement quelques mois pour que Potter Racing Ltd soit opérationnelle. Pendant ce temps, la transition de pouvoir s'opérait doucement à Londres. Hermione dirigeait le conseil d'administration en sa qualité de vice-présidente, tout en déléguant de plus en plus de tâches à James.

Harry était installé à New-York depuis un an et demi quand James Sirius Potter fut officiellement nommé Directeur Général de Potter Corp.

Depuis lors, Harry et Draco ne s'étaient plus quittés. Plus rien n'était venu entacher leur bonheur… jusqu'à ces derniers jours.

Draco rentrait tard, restait évasif sur ce qu'il faisait. La semaine précédente, il avait même disparu pendant une journée entière sans rien dire à personne.

Harry était inquiet. Il avait l'impression que la vie de couple merveilleusement épanouissante qu'il vivait depuis cinq ans, était en train de lui filer entre les doigts.

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Hôpital Ste Mangouste, Londres Sorcier

-Bon sang ! Pourquoi ça prend tant de temps ? maugréa Harry pour la cinquième fois.

Il arpentait le couloir depuis dix bonnes minutes, sursautant à chaque bruit.

-Harry, putain, assieds-toi ! exigea Draco. Faire les cents pas n'aidera pas ces gamins à venir plus vite !

Ginny approuva avec reluctance. Elle détestait l'admettre mais Malefoy avait raison et Harry commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.

-Mais ça fait 6 heures qu'ils sont là-dedans !

- Pour James, ça a pris 10 heures, lui rappela Ginny. Mais je suppose que tu ne t'en souviens pas, vu que tu n'étais pas là.

L'acidité de la remarque n'échappa pas à Draco. Il faillit lui répondre mais une main apaisante se posa sur sa cuisse. Harry s'était rassis et le suppliait du regard de ne pas créer d'incident.

Harry s'était fait une raison : son compagnon et son ex-femme ne s'entendraient jamais.

-Je vais rejoindre les parents d'Amanda à la cafétéria, dit-elle en se levant.

-Ok. Je te préviens sitôt qu'il y a du nouveau.

A peine eut-elle disparu à l'angle du couloir que Draco soupira ostensiblement.

-Draco, dit Harry d'un ton fatigué. Arrête.

- Elle m'énerve, dit-il.

- Elle a raison, contra Harry. J'aurais dû être là.

- C'était il y a 30 ans ! Elle me gave à toujours te faire les mêmes reproches !

- Elle m'en fait beaucoup moins qu'avant. Honnêtement, je trouve même qu'elle fait beaucoup d'efforts. Y compris avec toi.

Draco eut un petit reniflement méprisant.

-Elle me supporte uniquement pour faire plaisir à James et Albus, dit-il.

- Pareil pour toi. Parce que tu aimes mes fils autant qu'ils t'aiment, toi.

Harry sourit de l'air faussement revêche que Draco se donnait quand il était à court d'argument.

Une porte s'ouvrit un peu plus loin, faisant presque bondir Harry hors de son siège. Mais c'était juste deux infirmières qui sortaient d'une pièce en papotant gaiement.

Il se laissa tomber sur la chaise avec un soupir.

-Harry, tu ne dois pas t'inquiéter…

- Les bébés sont prématurés ! Bien sûr que je m'inquiète !

- J'étais un enfant prématuré, observa Draco. De six semaines. Et regarde l'homme exceptionnel et magnifique que je suis devenu.

Harry leva les yeux au ciel.

-Tu es la personne la plus prétentieuse que je connaisse, se lamenta-t-il.

- Prétentieuse… et exceptionnelle. Et magnifique. Tu ne peux pas prétendre le contraire.

En effet. A presque 50 ans, Draco était encore plus beau qu'avant. Il n'avait pas pris une ride. Ou plutôt si. Quelques-unes autour des yeux, qui adoucissaient considérablement son regard, le rendant plus rieur. Mais pour le reste, il n'avait absolument rien à envier à un homme de 30 ans.

Harry n'était pas en reste non plus, bien que contrairement à Draco, il ait davantage de cheveux gris, surtout sur les tempes. Mais ça ne lui posait aucun problème car Draco aimait ça, tout comme il aimait le reste de sa personne, à en juger par la passion qui animait toujours leurs ébats.

Cette pensée rassura Harry. Il se sentit soudain bien bête de douter de l'amour que Draco éprouvait toujours pour lui. Son comportement de ces dernières semaines pouvait parfaitement s'expliquer par une surcharge de travail, comme il le prétendait.

Harry fut sorti de ses réflexions par un bruit de pas. Un homme arrivait depuis le fond du couloir. De taille moyenne, les cheveux foncés frôlant ses épaules, il avançait d'un pas rapide, ses longues robes noires flottant autour de lui comme les ailes d'un corbeau.

Comme à chaque fois, Harry dut faire un effort pour se souvenir qu'il s'agissait de son fils et non d'un fantôme surgi du passé.

-Bonjour Papa, bonjour Draco, dit Albus en serrant les deux hommes dans ses bras.

- Tu es venu directement de Poudlard ? demanda Harry.

- Comment as-tu deviné ? se moqua son fils.

- Tu pourrais au moins te couper les cheveux, maugréa Harry.

- Pourquoi ? Severus trouve que ça me va très bien…

Albus rigola devant l'air mortifié de son père. Depuis trois ans, il enseignait les Potions à Poudlard. Il avait été soutenu dans son choix par feu Severus Rogue, ancien Maître des Potions et actuel gardien de l'entrée de la salle commune des Serpentards.

Au cours de sa troisième année à Poudlard, Albus s'était lié d'amitié avec l'homme revêche du portrait. Cet homme qu'il ne connaissait pas mais dont il portait pourtant le prénom. Rogue n'avait jamais voulu en parler avec lui, préférant répondre sur un ton bourru que son père était un idiot sentimental.

S'il ne voulait jamais parler de la guerre ou de Harry, Rogue acceptait bien volontiers de partager sa passion pour les potions et pour la magie en général. Albus avait énormément appris à son contact, et encore aujourd'hui, il lui demandait très souvent conseil.

-Alors ? demanda Albus. Quelles sont les nouvelles ?

- On ne sait encore rien pour le moment, dit Draco. Amanda est en salle de travail depuis un peu plus de 6 heures maintenant. Ton frère est avec elle.

- Les bébés se présentent par le siège, ajouta Harry.

- Hm. Mandy est une jeune femme en bonne santé, dit Albus. Il n'y a pas de raison que ça se passe mal.

- C'est ce que je me tue à dire à ton père, marmonna Draco.

- Ce sont mes premiers petits-enfants ! protesta Harry. J'attends de voir ta tête quand ce sera ton tour !

Draco fit une grimace éloquente qu'Harry ne vit pas car il s'était tourné vers son fils.

-Au fait, quelqu'un a prévenu Scorpius ? demanda-t-il.

- Je ne suis pas parvenu à le joindre, dit Draco.

- Hm. Il est sans doute sur une mission extrêmement importante et inutilement dangereuse, jeta Albus sèchement. Une de plus. Maman est là ? demanda-t-il ensuite.

- A la cafétéria, avec Madeleine et Adam.

- Je vais aller la voir. A tout à l'heure.

Et il partit dans une envolée de cape noire.

-Ça n'a pas l'air de s'arranger avec Scorpius, commenta Harry.

- Non. Et j'avoue que je ne sais pas quoi faire, dit Draco. Ils prétendent tous les deux que tout va très bien, mais c'est évident que ce n'est pas le cas.

-Quand ils étaient adolescents et qu'ils se disputaient, on savait que c'était généralement pour une histoire de filles, soupira Harry, mais là…

Il s'interrompit, pensant soudainement à quelque chose.

- Tu crois que c'est parce que Scorpius est marié et pas lui ?

- Non, dit Draco. Albus ne veut pas se marier. Il préfère collectionner les filles.

Harry émit un petit grognement désapprobateur. Il n'aimait pas l'idée que son fils était un séducteur patenté. Il faut dire qu'il était très bel homme. Il avait hérité du physique de son père, en un peu plus grand et avec un côté ténébreux qui les faisaient toutes succomber. Et Albus en profitait plutôt largement. Un peu trop au goût de Harry.

- J'ai de plus en plus l'impression que ça tient au fait que Scorpius est devenu Auror, dit Draco, interrompant les pensées de Harry.

- Tu crois ? Il était un des premiers à l'avoir soutenu pourtant…

Juste après la fin de ses études à Poudlard, alors que tout le monde pensait qu'il allait se spécialiser dans l'étude des potions, comme Albus, Scorpius avait créé la surprise en annonçant sa décision de devenir Auror. Personne n'avait cependant discuté son choix, et certainement pas Albus. Au contraire, celui-ci était très enthousiaste, un peu comme s'il savait quelque chose que les autres ignoraient.

Et de fait. Ce que personne ne savait, excepté Albus, c'est qu'il s'agissait d'un plan longuement et mûrement réfléchi par Scorpius. Il s'était inscrit à l'académie des Aurors avec la ferme intention de devenir le meilleur aspirant de sa promotion. Ce qui le fut le cas : il obtint son brevet avec la mention « exceptionnel ».

Puis, peu avant d'être officiellement nommé, il se rendit à New-York pour voir son père et pour lui annoncer qu'il voulait désormais porter le nom de Malefoy. Il lui expliqua que sa décision était mûrement réfléchie, qu'il en avait parlé avec ses parents et qu'ils ne s'opposeraient pas à son choix. Archibald avait été très meurtri et vexé par cette décision mais il avait parfaitement compris que son fils ne changerait pas d'avis.

Draco emmena donc Scorpius au Ministère de la Magie. Devant le Sorcier de l'état civil, il fit exactement le même geste que son père avait fait le jour de sa naissance : il posa sa baguette sur le front de son fils et le déclara comme son premier-né, en énonçant à voix haute son nom complet. Aussitôt, une lumière bleutée enveloppa Scorpius et tous les registres de l'état civil le concernant furent modifiés pour être désormais régis par les Lois Anciennes et les Lois des Vingt-Huit.

Narcissa, qui n'était au courant de rien, fondit en larmes le jour où, devant le Magenmagot au grand complet, Scorpius Draco Archibald Hypérion Malefoy, et non Scorpius Miller, prêta le serment des Aurors.

Après plus de quarante années au cours desquelles le nom des Malefoy avait été associé à celui du Seigneur des Ténèbres, Scorpius venait de le réhabiliter.

Et ce n'était que le début.

Un soir de novembre 2024, après plus de dix jours de traque épuisante, Scorpius parvint, au péril de sa vie, à capturer Antonin Dolohov, le dernier mangemort encore en fuite.

Ce fut un déchaînement d'émotions dans le pays. Neville Londubat, devenu entre-temps Ministre de la Magie, lui remit la Médaille du Mérite et de l'Honneur.

Plus personne n'envisageait désormais de diffamer le nom des Malefoy.

-Papa ?

Harry se retourna brusquement. James venait d'apparaître à l'angle du couloir. Il avait un large sourire et les yeux brillants d'émotion.

-Viens faire connaissance avec tes deux petits-fils.

- Oh Merlin !

Pendant que Harry se précipitait vers son fils aîné, Draco sortit sa baguette et invoqua un patronus afin qu'il prévienne Albus et Ginny que les jumeaux étaient nés.

Il dicta son message au grand cerf argenté et le regarda partir en trottinant.

O°O°O°O°O°O°O

31 juillet 2030 – Spring Vale, Ile de Wight

-Harry ?

Les mains tremblantes, Harry replia le morceau de parchemin et le replaça là où il l'avait trouvé, dans la poche du pantalon que Draco avait laissé sur le lit. C'était un mot, apparemment rédigé à la hâte, d'une écriture qu'il ne reconnaissait pas.

« Tout est réglé. Si c'est toujours ce que tu veux. »

Qui avait écrit ce mot ? Le jeune homme avec qui Draco avait déjeuné la semaine dernière ?

Harry les avait surpris ensemble un jour où il se rendait au cabinet de Draco, dans l'idée de l'inviter au restaurant. Il était passé devant une trattoria et il les avait vu, bavardant, se souriant mutuellement, tout en partageant une assiette d'antipasti et une bouteille de vin.

Il inspira un grand coup. C'était son cinquantième anniversaire aujourd'hui. Il le fêtait en commun avec celui de Draco, car il était toujours compliqué de parvenir à réunir leur famille et leurs amis. Ils attendaient donc pas moins de 18 personnes et il était hors de question pour Harry de gâcher cette réunion.

Il se composa donc un visage serein et s'apprêta à sortir de la chambre quand Draco apparut sur le seuil.

-Harry ? Atticus demande ce qu'il doit préparer pour les jumeaux. Une purée de légumes certainement, mais à quoi ?

- Ah oui… James dit que William est dans une phase « carottes » mais Henry déteste ça, il préfère les petits pois…

- Bon. Je lui dis de préparer les deux.

Draco allait s'en aller quand il se ravisa.

-Harry, ça va ? Tu as l'air… bizarre.

- Non, tout va bien. Je suis juste un peu fatigué.

- Sûrement, répondit Draco avec un sourire goguenard. Il faut dire que je ne t'ai pas beaucoup laissé dormir cette nuit.

-Il semble que ma résistance s'amoindrit avec l'âge, dit Harry en se forçant à plaisanter. Il serait peut-être temps que tu me remplaces par un homme plus jeune et plus fringant…

Le sourire de Draco s'effaça instantanément. L'espace d'un instant, Harry crut qu'il allait lui annoncer que c'était déjà fait. Au lieu de quoi, il s'avança et le prit dans ses bras.

-Ne dis plus jamais une chose pareille, chuchota-t-il.

O°O°O°O°O°O°O

-James et Amanda arriveront par cheminée ? demanda Draco en vérifiant une fois de plus que tout était prêt pour accueillir leurs invités.

Ils avaient décidé d'organiser la fête dans leur propriété de l'Ile de Wight, une villa immense, entourée d'un jardin de plusieurs hectares, perchée au sommet d'une colline et qui offrait une vue époustouflante sur le large.

C'est Draco qui, quatre ans auparavant, avait découvert ce petit coin de paradis et proposé à Harry d'en faire leur résidence secondaire quand ils séjournaient en Angleterre, ce qu'il avait immédiatement accepté.

Harry aimait particulièrement cette maison. Pas à cause de sa taille ou de son emplacement, mais parce que Draco et lui l'avaient achetée à deux. C'était leur maison.

-Oui, confirma Harry. Le médicomage dit que les jumeaux sont en parfaite santé et que maintenant qu'ils ont presque 5 mois, ils sont en mesure de supporter le trajet par cheminée.

-Bien. Voyons voir si je n'ai oublié personne, dit Draco en recomptant le nombre d'assiettes. Blaise, Hermione et Victor. Pansy, Jérémy, Sarah et Esther. Théo, Justin et Samuel. Scorpius et Rose. Albus. James et Amanda. Je ne compte pas les jumeaux puisqu'ils sont trop petits pour être à table… Tante Andromeda. Et ma mère et Kingsley. C'est bon.

- Alors, c'est Kingsley maintenant ? se moqua Harry tout en réarrangeant les bouquets de fleurs. Ce n'est plus « l'autre », « Shacklebolt » ou bien « le coureur de veuve » ?

Draco leva les yeux au ciel en secouant la tête.

-C'est ma mère, Harry. Elle est riche et encore très belle. C'est normal que je m'inquiète de ses fréquentations.

- Tu as conscience que ça fait presque cinq ans que tu t'en inquiètes ?

- Je devais m'assurer qu'il était sérieux dans ses intentions envers elle.

Ce fut au tour de Harry de lever les yeux au ciel.

-Tu crois qu'elle a attendu ta permission pour coucher avec lui ?

- Potter, je refuse de parler de la vie sexuelle de ma mère ! s'offusqua Draco.

- En tout cas, même s'il est plus jeune qu'elle, je trouve qu'ils forment un très beau couple. C'est formidable qu'elle ait pu refaire sa vie.

- Mon père doit se retourner dans sa tombe, ironisa Draco. Tu imagines ? Un ancien membre de l'Ordre du Phénix, ancien Auror et actuel Professeur de Défense contre les forces du Mal… Il cumule toutes les tares.

- C'est aussi ce que tu penses ?

- Bien sûr que non. Ma mère est heureuse, c'est tout ce qui m'importe. Et j'admets que Kingsley est un homme respectable.

Ils ne purent continuer cette discussion car un grand rouf se fit entendre depuis le salon, suivit du vagissement à l'unisson de deux petits humains miniatures, manifestement très contrariés.

Draco ferma les yeux en soupirant. Heureusement, il avait renouvelé la veille son stock de potions contre les maux de tête.

O°O°O°O°O°O°O

Après le repas, tous les invités avaient migré sur la terrasse. Le temps était splendide, l'ambiance détendue et conviviale. Les jumeaux faisaient la sieste à l'intérieur, sous la surveillance d'Atticus. Les autres enfants disputaient une partie de Quidditch dans le jardin.

Harry contemplait tout ce petit monde, son petit monde, un peu mélancolique. D'aussi loin qu'il se souvenait, son rêve le plus cher avait toujours été d'avoir une famille. C'était en partie pour ça qu'il s'était autant accroché à Ginny. Pour que son rêve devienne réalité. Jusqu'à ce que son divorce et son coming-out fassent tout voler en éclat.

A l'époque, il n'aurait jamais cru pouvoir un jour reconstruire quelque chose. Et pourtant, il l'avait fait. Grâce à Draco.

Evidemment, on était loin du happy end des films romantiques et des histoires à l'eau de rose, où les ex deviennent les meilleurs amis du monde et où leurs nouveaux compagnons s'entendent merveilleusement bien. Mais chacun semblait avoir retrouvé la paix, et après tout ce qu'ils avaient vécu, rien que cela, c'était déjà un miracle.

Depuis que ses fils étaient devenus adultes et autonomes, Harry voyait beaucoup moins Ginny. Peut-être cinq ou six fois par an, à l'occasion des anniversaires, des fêtes de fin d'année ou des mariages. Elle ne s'était pas remariée mais vivait en couple avec Dean Thomas.

Il ne voyait pas davantage les autres membres de la famille Weasley. Bien que ses relations avec Ron se soient franchement améliorées, ils n'avaient jamais pu retrouver l'amitié qui les avait autrefois liés.

Machinalement, son regard se porta sur Albus et Scorpius qui se trouvaient à quelques mètres de là, accoudés à la balustrade qui surplombait la plage. Leur discussion ne semblait pas plaisante. Avec un pincement au cœur, Harry se demanda si leur amitié à eux était elle aussi, en train de s'étioler.

O°O°O°O°O°O°O

-Alors ? C'est vrai ce qu'on raconte ? demanda Albus.

- Et qu'est-ce qu'on raconte ? soupira Scorpius.

- Que Neville veut te nommer Chef des Aurors ?

Scorpius soupira derechef.

-Oui, c'est vrai. Mais je n'ai pas encore accepté.

- Pourquoi ?

- Ce n'est pas forcément ce que je veux.

- Quoi ? Bien sûr que si, c'est ce que tu veux ! Depuis le début, tu veux réhabiliter le nom des Malefoy ! Tu imagines ? Un Malefoy nommé Chef des Aurors ? Narcissa va en faire une syncope !

Scorpius ne put s'empêcher de sourire en imaginant la réaction de sa grand-mère. Elle était tellement fière de lui.

- Je ne sais pas, dit-il. Je n'ai pas envie de terminer dans un bureau à distribuer des ordres. J'aime mon boulot. J'aime être sur le terrain.

- Et risquer ta vie ? jeta sèchement Albus.

- S'il te plait, ne commence pas…

Albus serra les poings, tentant de réprimer la vague de colère qui était en train de le submerger.

-Tu n'as pas idée de ce que c'est, dit-il d'une voix sourde. Après la capture de Dolohov, tu es resté dans le coma pendant cinq jours. Les guérisseurs ne savaient pas si tu allais t'en tirer. Par Merlin, si tu étais mort… je…

- Hé, tout va bien, dit doucement Scorpius. Je m'en suis sorti.

- Ce jour-là, oui. Mais la prochaine fois ?

- Albus, la plupart des missions ne sont jamais aussi dangereuses. Et puis, j'ai un instinct survie, moi. Je ne suis pas un foutu Gryffondor.

- Parfois, je me le demande, maugréa Albus.

Scorpius inspira brièvement, contrarié.

-De toute façon, je ne vois pas pourquoi je discute de ça avec toi. Tu ne m'as pas demandé mon avis quand tu as accepté le poste de Maître des Potions à Poudlard.

- J'ai accepté ce poste parce que j'aimais ça ! Depuis toujours.

- Tu voulais devenir apothicaire ! Tu voulais qu'on tienne une boutique tous les deux, sur le Chemin de Traverse !

- Non, Scorpius. Ça c'était ton rêve à toi.

Scorpius balaya l'argument d'une main.

-Peu importe ! Tu aurais pu devenir potionniste à Ste Mangouste ou dans un laboratoire privé ! Tu n'étais pas obligé de passer toute l'année dans un vieux château au fin fond de l'Ecosse, où je ne peux te joindre que par hibou et d'où tu ne reviens que deux fois par an !

- Au moins, je ne risque pas ma vie !

- NON MAIS TU ES LOIN DE MOI !

Albus ne répondit pas. Il se contenta de fixer l'océan au loin.

-Par Merlin, continua Scorpius. C'est pour ça ? Tu as pris ce poste pour… pour être loin de moi ?

- Je te l'ai dit : j'ai pris ce poste parce que j'aimais ça. Et parce que c'était la meilleure chose à faire après ce qui c'était passé.

- La meilleure chose… mais… tu veux dire…

Scorpius posa sa main sur l'épaule de son ami pour l'obliger à lui faire face. Albus se dégagea brutalement et le regarda droit dans les yeux.

-Oui, Scorpius. Tu as bien compris ! siffla Albus, d'un ton aigre. Je sais que pour toi, c'était juste un truc marrant que tu as voulu essayer parce que t'étais complètement bourré, et que j'étais d'accord… sauf que moi, après… c'était… putain de merde…

Il se passa la main dans les cheveux, en colère et complètement submergé par des sentiments qu'il retenait depuis trop longtemps.

-Moi aussi, j'ai un instinct de survie, Scorpius.

Albus s'apprêtait à s'en aller mais il fut retenu par une poigne ferme autour de son bras.

-Albus, attends !

Les deux hommes s'affrontèrent du regard un moment.

-J'ai besoin de savoir, dit Scorpius. Est-ce que tu es amoureux de moi ?

Albus soupira lourdement.

- Ça te ferait flipper si je te répondais oui ?

- Pas vraiment.

- Et toi ?

Scorpius prit du temps pour choisir ses mots.

-Tu sais, dit-il, ça fait longtemps que je me suis rendu compte qu'une relation comme la nôtre n'est pas vraiment habituelle. Entre nous, ça a toujours tellement fusionnel…

Il eut un sourire tendre et un peu nostalgique.

- Je t'aime, Albus. Je t'aime plus que ma propre vie. Alors oui, je peux comprendre ce que tu as ressenti quand j'ai été blessé en mission… parce que… Merlin, si je devais te perdre, je n'y survivrais pas.

- Mais ?

- Mais j'aime ma femme. Je l'aime vraiment.

- Tu es en train de dire que tu nous aimes tous les deux ?

- En quelque sorte, oui. Différemment.

Albus hocha la tête. Il pouvait le comprendre. Il n'était pas jaloux de Rose. Au contraire, il était heureux du couple qu'ils formaient.

-Tu regrettes qu'on ait couché ensemble ? demanda-t-il.

- Non. Je crois que c'est quelque chose que nous devions partager. Quelque chose d'inévitable. Même si j'ai eu très peur que ça fiche notre amitié en l'air.

- Moi aussi, j'ai eu peur. C'est pour ça que partir à Poudlard était nécessaire. Je devais m'éloigner, et réfléchir à… ce que nous avions fait.

- Nous n'aurions jamais dû attendre tant de temps avant d'en parler.

- Peu importe. Tant que je sais que je ne t'ai pas perdu.

- Tu ne m'as pas perdu, affirma Scorpius. Tu ne me perdras jamais.

Ils s'accoudèrent tous les deux à la balustrade, côte à côte, épaule contre épaule. Scorpius prit la main d'Albus et enlaça ses doigts aux siens.

-Tu sais, dit Albus, après quelques minutes de silence, j'ai aimé ce qu'on a fait. C'était fort et… incroyable. Mais…

- Mais tu préfères faire l'amour avec des filles, acheva Scorpius en riant. Je comprends. Moi aussi, tu sais.

- Alors, tu vas arrêter de critiquer les filles avec qui je sors ?

- Jamais de la vie. Il n'y en a aucune qui est assez bien pour toi.

- Tu es impossible ! râla Albus. Toi, tu t'es marié avec ma cousine ! La seule fille que je ne pourrai jamais critiquer.

- La seule fille qui sait ce que je ressens pour toi et qui l'accepte.

Albus demeura sans voix. Scorpius le regarda et lui sourit. Ce qu'Albus pouvait voir dans ses yeux ne nécessitait aucune explication.

O°O°O°O°O°O°O

Depuis la terrasse, Rose regardait Scorpius et Albus avec un sourire satisfait.

-On dirait que ces deux-là se sont rabibochés, dit Harry en se plaçant à ses côtés.

- Il était temps. Je n'aimais pas les savoir en froid.

- Moi non plus. C'était quoi le problème ?

- Oh… des choses qu'ils avaient sur le cœur et qu'ils n'ont jamais pris le temps de se dire. Maintenant, ils vont pouvoir avancer.

Harry regarda Rose, un air perplexe sur le visage, ne sachant que penser de cette réponse sibylline.

-Tu sais si Scorpius va accepter le poste de Chef des Aurors ? demanda-t-il à la place.

Rose haussa un sourcil.

-J'aurais dû me douter que tu étais au courant, rigola-t-elle.

- Hé ! Je suis le Garçon-qui-a-survécu, l'Elu, ma petite demoiselle, railla Harry. On ne peut rien me cacher !

- Tu en as parlé à Draco ?

- Non, dit-il plus sérieusement. C'est à Scorpius de le faire.

Rose hocha la tête, satisfaite.

-Il va accepter le poste, dit-elle avec conviction.

- Ce sera une telle fierté pour Draco et sa mère, approuva Harry.

Et un tel soulagement pour Albus de ne plus le savoir sur le terrain, acheva Rose dans sa tête.

-Et toi ? demanda Harry. Un nouveau voyage en perspective ?

- Je pars en Indonésie dans trois jours. Mission diplomatique auprès des Torajas du Sulawesi.

A 26 ans à peine, Rose était Directrice du Département de la Coopération Magique Internationale. Sa connaissance des langues étrangères et son sens de la diplomatie faisait des merveilles auprès de tous les dirigeants sorciers qu'elle avait rencontré. Son influence au Ministère était telle qu'on en parlait déjà comme une candidate sérieuse au poste de Ministre de la Magie.

-Parrain, est-ce que tu vas bien ? demanda Rose. Tu m'as l'air un peu absent depuis tout à l'heure.

- Non, tout va bien, ma chérie. C'est juste que… arrivé à un certain âge, les anniversaires n'ont plus la même saveur.

- Non, ça n'a rien à voir. Tu es inquiet. Je le vois bien. C'est à propos de Draco ?

- Tu ressembles beaucoup trop à ta mère, Rosie. C'est effrayant par moment, tu sais…

- Ne change pas de sujet. Dis-moi ce que…

Elle n'eut pas l'occasion d'achever sa phrase car Atticus venait d'apparaître en faisant léviter un énorme gâteau d'anniversaire garni de cinquante bougies magiques, perpétuelles, garanties sans coulure et sans fumée. Tout le monde l'applaudit.

-LES ENFANTS ! cria Blaise. SI VOUS NE VENEZ PAS TOUT DE SUITE, ON NE VA PAS VOUS ATTENDRE !

Aussitôt, les balais se posèrent au sol et les adolescents arrivèrent en courant. Amanda alla chercher les jumeaux qui avaient terminé leur sieste. Puis, tout le monde se regroupa autour de Harry et Draco, tandis que Théo programmait l'appareil photo.

-Atticus, où vas-tu ? demanda Draco alors que l'elfe repartait à l'intérieur de la maison.

- Préparer le thé, Monsieur.

- Ça peut attendre. Viens donc ici, dit-il en se décalant légèrement.

L'elfe regarda son employeur comme s'il était devenu fou.

-Mais Monsieur…

- Tu fais partie de la famille, Atticus, dit Harry.

L'elfe ne dit rien mais ses gros yeux globuleux devinrent soudain très humides. Il redressa le menton, remonta son pantalon et avec fierté, il vint prendre place entre Harry et Draco.

Le retardateur se mit en marche, laissant le temps à Théo de rejoindre le groupe aux côtés de Justin et de Samuel, leur fils adoptif. Tout le monde dit « cheeeeese ! » et le moment fut immortalisé.

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Un peu plus tard, quand les dernières miettes du gâteau eurent disparu, Draco demanda à Atticus d'amener le champagne. Il servit une coupe à tous ses invités, avant d'en tendre une à Harry.

-A nos cinquante ans, que nous ne faisons pas ! dit Draco en choquant doucement son verre contre le sien. Et j'interdis à quiconque de dire le contraire !

- Bon anniversaire ! clamèrent tous les autres en chœur.

- Bon anniversaire, mon amour, murmura Draco à l'oreille de Harry.

Harry sentit un frisson lui parcourir l'échine. Le temps n'avait décidément aucune prise sur ce que Draco parvenait à lui faire ressentir.

-Je t'aime, Draco, lui dit-il en le regardant dans les yeux.

- Je t'aime aussi. Et c'est pour ça, que je voulais t'offrir… ceci.

Il tendit à Harry une large enveloppe rectangulaire, assez épaisse.

-C'est un cadeau que je nous fais à tous les deux, ajouta Draco. En espérant que tu acceptes.

Intrigué, Harry s'empressa de faire sauter la pastille de cire qui couvrait le rabat. Il en sortit ce qui semblait être des billets de portoloin et des réservations d'hôtels, accompagné d'un bristol simple mais élégant.

« L'agence de voyages Evanesco vous remercie pour votre confiance et espère que vous profiterez pleinement de votre séjour autour du monde ».

-Un… un voyage autour du monde ? s'exclama Harry.

- Oui. Pendant un an.

Harry écarquilla les yeux. Il avait dû mal comprendre.

-Ça fait presque quinze ans qu'on est ensemble, dit Draco. Et après tout ce qu'on a vécu, je crois qu'on a bien mérité du temps pour nous. Juste toi et moi.

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour la société, dit Hermione avant que Harry n'objecte. Je m'en occuperai. Blaise et moi venons nous installer à New-York pendant un an.

- Quoi ? Mais Blaise… ta clientèle…

-Je compte me réorienter. Grâce à Jérémy, je vais pouvoir suivre le programme de formation en psychomagie criminelle dispensée par le Macusa. Neville Londubat m'a déjà fait savoir que ces nouvelles compétences seraient très appréciées par le Bureau des Aurors lorsque je reviendrai.

- Et Victor ? demanda Harry.

- Nous lui avons proposé de l'inscrire à Ilvermorny, expliqua Hermione. Mais il préfère rester à Poudlard.

- Amanda et moi, nous nous en occuperons, intervint James.

- Et puis, je suis là pour le surveiller durant l'année, précisa Albus.

- Tout comme nous, dit Kingsley de sa voix grave et profonde, en entourant les épaules de Narcissa de son bras.

Victor poussa un soupir à fendre l'âme.

-C'est vraiment la misère d'avoir autant de membres de sa famille qui enseignent à Poudlard !

La remarque du jeune garçon fit rire tout le monde.

-Draco, reprit Harry. Et ton cabinet ?

- Tout est réglé. J'ai bossé comme un elfe de maison ces six derniers mois pour être sûr de terminer les dossiers les plus importants. Hier soir, Richard m'a confirmé que la toute dernière négociation que j'ai supervisée avait abouti. J'ai également formé celui qui va me remplacer pendant un an. Il est un peu jeune mais très brillant. Je suis certain qu'il va s'en sortir.

- Mais… tu n'as pas peur qu'il… je ne sais pas… qu'il te prenne tes clients ? s'inquiéta Harry.

- Oh, ça ne risque pas, affirma Pansy. J'apprendrai à ce petit morveux à rester à sa place.

- Mais même si ça arrivait, dit Draco… sincèrement, je m'en moque. Tout ce qui compte, c'est nous.

Incroyablement touché, Harry prit Draco dans ses bras et le serra avec force.

-Alors, toutes ces soirées où tu rentrais tard, ces nuits que tu passais dehors…

- Je préparais notre départ.

- Merlin, j'ai… j'ai cru que c'était ton départ que tu préparais…

- Je suis désolé, Harry. Je sais que j'ai joué avec le feu, mais je voulais vraiment te faire la surprise.

- Tu es incroyable, Draco.

- Je sais.

- Mais tu es vraiment sûr de toi ? Je veux dire…

- Harry, coupa Draco. Quand vas-tu comprendre que je suis capable de tout pour toi ? Un mot de toi, et je suis prêt à tout laisser tomber, tellement je t'aime.

- Moi aussi, je t'aime.

- Alors, tu acceptes ?

- Evidemment que j'accepte !

Comme pour confirmer ses dires, il embrassa Draco avec toute la passion dont il était capable.

Autour d'eux, leur famille, leurs amis partageaient pleinement leur bonheur.

O°O°O°O°O°O°O

Le soir tombait doucement sur l'Ile de Wight, rafraîchissant légèrement l'atmosphère.

James, Amanda et les jumeaux étaient repartis. Tout comme Justin, Théo, Samuel, Pansy, Jérémy et leurs deux filles. Rose discutait avec sa mère, Narcissa, Kingsley et Scorpius, tandis que Draco jouait une partie d'échecs avec son filleul, Victor.

Harry s'était éloigné, pour profiter d'un peu de calme après cette journée trépidante.

Blaise s'approcha et lui tendit un verre de whisky pur feu. Ils restèrent silencieux un moment, avant que Harry ne dise :

-J'ai cru qu'il allait me quitter.

- Je sais. Tu lui en veux ?

- Non. Je m'en veux à moi.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il a m'a dit la vérité. Et moi, je ne le croyais pas… Je pensais que pendant tout ce temps, il était avec un autre.

Blaise posa la main sur son épaule en un geste réconfortant.

-A ta décharge, vous avez toujours eu une relation compliquée tous les deux.

- Oui. Et malgré ça, il n'y a rien que je voudrais changer.

Avec un indescriptible sentiment de bonheur au cœur, Harry ferma les yeux, offrant son visage à la brise de mer qui emportait avec elle les tourments révolus.

O°O°O°O°O°O°O

Un an plus tard - 31 juillet 2031 – Agra, Inde

L'année sabbatique de Harry et Draco touchait à sa fin.

Durant leur voyage, ils avaient visité les plus beaux endroits du monde, depuis la Baie Ensanada en Terre de Feu, jusqu'aux sources chaudes de l'île de Kyushu. Ils avaient admiré les aurores boréales en Laponie et le lever de soleil sur les temples d'Angkor au Cambodge. Ils avaient fêté le Carnaval à La Nouvelle-Orléans et la Fête des Lanternes à Nankin. Ils avaient même mis leurs vies en danger, comme lorsqu'ils s'étaient embrassés en visitant les Jardins de Babur en Afghanistan, inconscients que l'homosexualité était toujours considérée comme un crime dans ce pays, et passible de la peine de mort.

Leur périple s'achevait à Agra, en Inde.

Draco était réveillé depuis longtemps. Il contemplait Harry, toujours profondément endormi, allongé à côté de lui dans le lit immense de leur luxueuse suite. Il était couché sur le ventre, un bras replié sous l'oreiller. Le drap le recouvrait à peine à mi-cuisse, laissant admirer son corps toujours aussi désirable.

Draco se rappelait, comme si c'était hier, de la première fois où ils avaient fait l'amour. Un 31 juillet. Cette nuit-là, tout ce qu'il voulait, c'était en profiter au maximum car il était persuadé que tout se terminerait au matin. Il s'était d'ailleurs assuré que Potter le comprenne bien ainsi, lorsqu'il l'avait raccompagné au terminal le lendemain.

« -Salut Potter. Fais bon voyage.

- Merci. Si… si jamais tu viens à Londres, tu…

- Par Salazar, qu'est-ce que j'irais foutre à Londres ?

- Je ne sais pas, dit Harry, embarrassé… mais si c'est le cas…

- Potter… je t'aurai oublié sitôt que tu auras franchi cette porte. Et je te conseille d'en faire autant ».

Mais quand il avait vu Harry lui sourire crânement, en lui répondant que c'était déjà fait, pour ensuite s'en aller vers la porte d'embarquement, il n'avait pas pu faire autrement que de le rattraper.

Ça avait été le début de tout. Le début d'une histoire impossible, entre deux garçons ennemis d'enfance, devenus deux hommes meurtris d'amour l'un pour l'autre.

Ils en avaient bavé tous les deux, ils avaient souffert plus qu'il était humainement possible.

« -Olivier m'aime, Draco. Il m'aime comme toi tu ne pourras jamais m'aimer !

-C'est vrai. Je ne t'aimerai jamais de cette façon-là.

- Même si je le savais, ça fait un putain de mal de chien de te l'entendre dire...

- Je suis désolé. Je ne veux pas te faire souffrir. Je ne l'ai jamais voulu.

- Pourtant, tu y arrives très bien.

- Alors, que fais-tu encore ici ? ».

Draco ferma douloureusement les yeux, comme à chaque fois qu'il repensait à tout le mal qu'ils s'étaient fait.

« -Mais quel être abject es-tu pour faire autant de mal autour de toi ? s'emporta Théo, agacé par l'impassibilité de Draco. Pourquoi as-tu fait une chose pareille ?

- C'était la seule solution, dit Draco en contemplant le bout rougeoyant de sa cigarette.

- La seule solution pour quoi ?

- Pour qu'il me lâche définitivement ».

Ils avaient vécu en enfer, par amour.

Jusqu'à ce qu'ils rendent les armes.

« Je t'aime ».

Harry bougea légèrement. Ses yeux papillonnèrent et il lui fallut quelques instants pour faire le point sur ce qui l'entourait. Il devina plus qu'il ne vit Draco et il sourit.

Comme à chaque fois, le cœur de Draco chancela. Il n'y avait rien de plus beau que le premier sourire de Harry le matin.

-Tu es réveillé depuis longtemps ? demanda Harry d'une voix encore endormie.

-Suffisamment pour que j'aie eu le temps de détailler tous les endroits où j'ai envie de t'embrasser et imaginer toutes les positions dans lesquelles on fera l'amour d'ici à ce qu'il soit midi.

- Huuum… fit Harry en s'étirant paresseusement et en roulant sur le dos, laissant Draco l'admirer de face cette fois.

Draco se mordit les lèvres, avec un regard de prédateur prêt à bondir sur sa proie. Il n'en eut pas l'occasion, car Harry s'esquiva.

-Tes fantasmes attendront Malefoy ! Je dois d'abord répondre à l'appel de la nature et me brosser les dents.

Il sortit du lit et traversa lentement la chambre, en s'étirant encore et en faisant doucement rouler les muscles de son dos.

- Tu es un enfoiré d'allumeur, Potter, murmura Draco.

Harry lui fit un clin d'œil et s'enferma dans la salle de bain. Draco ne put s'empêcher de rire. Merlin ce qu'il aimait cet homme.

Il se leva et alla vers l'armoire où étaient rangées ses affaires. De sous une pile de t-shirt, il sortit une petite boîte carrée en velours noir. Il l'ouvrit. A l'intérieur, brillantes et intactes, les deux alliances qu'il avait achetées en 2015 attendaient sagement que le moment soit venu. Il les caressa du bout du doigt, se rappelant de ce qu'il avait dit ce jour-là, au terminal des portoloins.

« -Je n'ai pas rendu les alliances.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas. J'étais à la bijouterie… j'avais posé la boîte sur le comptoir… et, je n'ai pas pu les rendre. Je n'ai pas pu.

- Tu regrettes qu'on ait décidé de ne pas se marier ?

- Non. Parce que ça ne nous ressemble pas. Même si j'en suis venu à le souhaiter, on ne sera jamais un couple ordinaire. Ce qui nous lie, c'est bien plus qu'un simple anneau ou qu'un serment. Ça a toujours été beaucoup plus que ça. L'amour que j'ai pour toi ne peut tout simplement pas être contenu dans quelque chose d'aussi banal qu'un serment de mariage ».

C'était toujours vrai. Et pourtant…

Cet après-midi, Harry et lui allaient visiter le Taj Mahal. Un endroit ridiculement romantique. Parfait pour une demande ridiculement romantique.

Le sourire aux lèvres, Draco referma la boîte et la tint serrée dans sa main.

FIN

Pour Laureen.

"Les rencontres dans la vie sont comme le vent. Certaines t'effleurent. D'autres te renversent".


Voilà. Après un peu moins d'un an d'écriture et cinq mois de publication, je mets un point final à cette histoire. J'ai aimé l'écrire et j'ai surtout aimé la partager avec vous. Votre enthousiasme a été sans précédent.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont suivi cette histoire depuis son commencement et tous ceux qui ont laissé des commentaires. C'était un vrai bonheur de partager ces moments avec vous. Et même si je n'ai pas toujours eu l'occasion de répondre à tout le monde, j'ai lu chacune de vos reviews avec la plus grande joie.

Un merci très spécial à Mery-Alice, Hakuronchu, Mamilys, Kelewan, Miss de Lune, Brigitte26, Hildegarde et YummiYaoiGirl.

Vous avez été nombreux à vanter la qualité de l'écriture, de l'orthographe, la fluidité du texte. Tout cela je le dois à mes deux bêtas qui corrigent inlassablement mes textes. Victoria Malefoy, tout d'abord, la première confidente de mes idées, de mes scénarios tordus et de mes prises de tête. Je la remercie pour sa patience et son enthousiasme qui ne faiblit jamais. Corylus ensuite, l'impitoyable critique qui me fait parfois réécrire des passages entiers, qui subit ma mauvaise humeur sans sourciller mais qui me soutient à chaque minute. Il est la meilleure part de moi-même.

Enfin, je ne peux pas terminer cette note sans évoquer Line M., NathanaelleS. et Ewimonde93. Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire ce qu'on a partagé pendant cinq mois. Merci à vous trois. Pour m'avoir fait rire, pour m'avoir fait pleurer, pour m'avoir fait me sentir aussi exceptionnelle, alors que c'est vous qui l'êtes. Vraiment.

Concernant la suite de mes projets, il faudra être patient. Je suis actuellement occupée à la rédaction d'un OS et j'en ai quelques autres en tête. Mais mon principal projet est une fic longue UA, dont l'histoire se déroule avant la première guerre mondiale. Changement radical d'atmosphère en perspective !

Je n'ai aucune idée du temps que je vais mettre à finaliser ces différentes histoires mais j'ai bon espoir de pouvoir au moins poster un OS à la rentrée de septembre.

J'ai hâte de vous retrouver.

Je vous embrasse. A très bientôt.

Rose