Salut les d'jeunes,

Je sais, je ne publie pas beaucoup... mais je travaille, je réfléchis, ne vous inquiétez pas ! Je suis d'ailleurs en train de me débattre avec les 2 chapitres suivants, pas facile... Pas évident non plus de tenir une ligne cohérente quand on n'avait pas de plan au départ ! Alors je fais de mon mieux pour vous divertir, et d'après vos commentaires, cela semble réussir, ce qui me réjouit.

D'ailleurs, j'aimerai lancer un petit sondage : beaucoup de reviews disent, en substance : "j'adore cette fic elle est géniale, encore encore!". Je m'incline respectueusement devant l'hommage, soyez-en sûrs. Mais j'aimerai avoir vos avis sur une simple question :

"Qu'est-ce qui vous plaît dans cette histoire ? Pourquoi la trouvez-vous géniale ?"

Voilà, c'est tout simple, alors n'hésitez pas à me donner vos impressions, m'expliquer ce qui vous touche, c'est important et très instructif pour moi!

Merci à tous, et à très vite !

L'Amazone


Les yeux fixes, le menton appuyé sur ses genoux, Panorea avait repris sa contemplation marine. Mais dans son esprit tournoyaient sans cesse les dernières choses que son maître lui avait dites. Il l'avait plantée là aussi rapidement qu'il lui était apparu quelques instants plus tôt. Il n'était resté que très peu de temps, mais en deux phrases, il avait été plus loin encore qu'avec sa longue description de la mort de Troie. Deux phrases pour lui ouvrir une porte fermée, après toutes ces années où « il » avait sombré dans l'oubli : la porte du monde extérieur...

Demain on part... demain on part... Hors d'ici. Dans le vrai monde. Et seule avec lui.

« Tu n'es pas heureuse ici, Panorea ? »

Elle leva les yeux aux ciel : « Tu ne me lâcheras donc jamais hein... »

Kiki se laissa tomber à côté d'elle, la chute le faisant presque basculer en arrière : « Eh bien non, tu le sais bien, je suis un gros pot-de-colle, la preuve ! »

Elle le regarda, et ils éclatèrent de rire ensemble.

« J'ai entendu tes pensées. Désolée c'est une sale habitude que j'ai... Maître Mû n'arrête pas de me dire d'arrêter d'espionner les autres. C'est pourtant très instructif...»

Panorea perdit son sourire, et le scruta intensément. « J'envie ton pouvoir. J'aimerai avoir le même en ce moment, ça me servirait bien. »

« Pour en user sur qui ? »

Elle se releva en époussetant sa tunique. « Ca ne te regarde pas. »

« Tu pars déjà ? Moi qui ai attendu si longtemps que ton maître s'en aille pour te rejoindre. Qu'avait-il de si long à te raconter, c'était interminable... »

« Si tu lis les pensées des autres, tu devrais le savoir, non ? »

Kiki soupira avec un pauvre sourire : « En fait j'étais trop occupé à vous observer pour vous écouter. Crois-le ou non. »

« Et alors, ça t'a instruit ton espionnage ? »

Elle croisa son regard, deux émeraudes belles d'innocence et de respect. Il la regarda un moment sans rien dire, et haussa les épaules : « A vrai dire... ça m'a fait plus mal qu'autre chose. »

Panorea voulut répondre, mais les mots ne vinrent pas. Elle resta stupide. Kiki sourit : « Ne dis rien va. Ce n'est pas de ta faute si je t'aime, que tu le sais, et que ce n'est pas réciproque. Je ne te demande rien. De toute façon, cela nous est interdit. Mais moi non plus je ne suis pas responsable de mes sentiments... »

Il jouait depuis un moment avec le sable, en prenant des poignées, qu'il laissait filer lentement entre ses doigts. Attendrie, Panorea se rassit à côté de lui, et lui passa la main dans les cheveux. Il ferma les yeux sous la douceur de son geste. Enfants, elle faisait cela instinctivement, parce qu'elle l'aimait bien, qu'elle aimait la délicatesse de ses cheveux, et il avait toujours adoré ça.

« Tu es tellement beau Kikieon, pourquoi perds-tu ton temps avec moi ? »

« Mais... parce que, précisément, tu es tellement belle... »

Ils se dévisagèrent longuement, mais Panorea ne put soutenir son regard. Kikieon savait faire passer ses sentiments, quels qu'ils soient, dans ses yeux, et en cet instant, tout cet amour qu'elle y lisait l'impressionnait, d'autant plus qu'elle ne se sentait pas l'envie d'y répondre.

« Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas amoureuse de toi, tu sais. Ne m'en veux pas. Je t'aime à ma façon, mais je... je ne ressens pas les mêmes choses que toi. Tu as pourtant tout ce qu'une fille peut désirer, tu es beau, sage, intelligent, gentil et drôle... »

« Mais quand tu me vois, tu vois ton frère, et puis... je ne sais pas l'art de séduire dangereusement, comme certains. », dit-il avec un clin d'oeil.

Elle lui lança une poignée de sable avec un air courroucé, dont il arrêta la course d'un simple geste de la main. En souriant, il fit léviter le sable un moment, puis s'amusa à le faire tournoyer lentement, ses doigts dansant autour des grains pour les élever dans l'air. Puis soudain, comme pris d'une pensée, toute gaieté le quitta, et les grains s'effondrèrent tandis que sa main s'abaissait avec lassitude. Il soupira :

« Si un jour tu te sens seule, souviens-toi de moi. Si tu n'as plus personne sur qui compter, moi je serai toujours là pour toi. Et pas seulement parce que je t'aime et que je voudrais te plaire. Mais parce que je t'estime, et je te respecte. Oublie tout le poison qu'Ashkara t'a balancé. S'il y a une personne digne d'estime parmi nous, c'est bien toi. »

« Pourquoi ? »

« Eh bien... ah. Je ne sais pas. Tu sais, je sens les gens. Pas comme Shaka, de façon plus intuitive. Je n'ai pas besoin de sonder leur cœur. Je crois que je perçois leur âme, l'aura qui les entoure. Je vais te dire, franchement. La tienne est... resplendissante, et pas seulement quand tu te bats. Tout le temps. Tu possèdes un charme Panorea, c'est l'une de tes armes les plus puissantes. Tu sais attirer les autres à toi, et sans être artificielle. Ton charme, c'est ta pureté, ton naturel. On dirait un animal habillé... »

Panorea ne disait rien, le regard perdu dans le vague. « Personne ne m'en a jamais autant dit. »

« Pas même ton maître ? »

Elle haussa les épaules. « Et pourquoi mon maître me dirait de telles choses? »

Kiki lui fit un pauvre sourire et dodelina de la tête : « Oh, Panorea, pitié... pas à moi. »

« Je ne suis pas comme toi, moi. Je ne lis pas l'âme des gens. Et je ne sais pas ce que mon maître pense réellement de moi. Je ne sais que ce qu'il m'en dit. »

« Alors, pars avec lui. Vas-y. Si si, ne me regarde pas comme ça. Si tu doutes encore, c'est que tu as beaucoup à apprendre. Et moi... pas tant que ça finalement », soupira t-il en se levant.

Il marcha jusqu'à ce que ses pieds atteignent l'eau. Elle sentait qu'il était triste, et cela lui fendait le cœur : « Kiki... Je t'en prie, ne me fais pas la tête. Je ne veux pas qu'on se quitte fâchés. »

Il se retourna : « Qui a dit que je l'étais? »

Son sourire était si confiant, si éclatant, qu'elle se précipita dans ses bras. Il la serra contre lui, et l'embrassa dans le cou. Une envie de pleurer la prit, qu'elle cacha en enfouissant son visage dans ses cheveux de feu.

« Il n'y a qu'une chose que je voudrais te demander avant que tu ne partes. »

« Dis-moi. »

Il l'enlaça plus tendrement encore, et murmura à son oreille : « Ne m'oublie pas. »

« Jamais ».

Ils s'étreignirent si fort que Panorea ne savait plus si c'était son cœur, ou bien le sien, qui battait dans sa poitrine.