Et voilà, de retour de mes petites vacances plus ou moins ensoleillées, je vous poste un petit chapitre donc, comme on disait dans l'bon temps...

ENJOY !


Lexique :

-Delacour/Weasley : Victoire (24 ans, ex-Serdaigle, blonde, yeux gris et très gentille, vélane et médicomage) ; Dominique (21 ans, ex-Gryffondor, rousse aux yeux bleus, arrogante et intransigeante, honnête et libertine, vélane et mannequin ) et Louis (18 ans, ex-Serdaigle, blond aux yeux bleus, doux et intelligent, à l'écoute et observateur, très calme, étudiant en Histoire de la magie). Claire Delacour est leur grand-mère.

-Ted Lupin : 26 ans. Métamorphomage, porte ses cheveux bleus comme habitude. D'un naturel jaloux et amer, rongé par la perte de ses parents qu'il trouve injustifiée. Ex-Gryffondor.

-Granger/Weasley : Rose (18 ans, ex-Gryffondor, auburn aux yeux bleus, fougueuse et impulsive, colérique et garçon manqué, étudie pour devenir Auror ) et Hugo (16 ans, Gryffondor, roux aux yeux bleus -avec une tâche brune dans celui de droit- gentil et ne se prend pas la tête, aime tout le monde et réciproquement).

-Jonhson/Weasley : Fred II (22 ans, ex-Poufsouffle, métisse aux yeux bruns, rabat-joie et ronchon, déteste qu'on le compare à son défunt oncle ) et Roxanne (21 ans et ex-Serpentard, belle métisse, heureuse et optimiste, rigolote mais autoritaire, aime prendre soin des autres et est très curieuse, professeur de Divination à Poudlard )

-Scorpius Malefoy : 17 ans, vient de terminer Poudlard où il était à Serpentard. Beau blond aux yeux bleu-verts. Très intelligent, pragmatique et plutôt calme, studieux, un peu arrogant.

-Weasley/Potter : James (20 ans, ex-Gryffondor, très beau au cheveux noirs et aux yeux bleus, charmeur et coureur de jupon, bout-en-train, pas très futé mais très gentil, joueur pro de Quidditch ), Albus (18 ans, ex-Poufsouffle, très grand et costaud aux cheveux noirs et aux yeux verts, derrière des lunettes, gentil, réservé et susceptible, étudie pour devenir Auror ) et Lily (16 ans, Serpentard, jolie rousse aux yeux noisettes, capricieuse et extravertie, colérique et insupportable ).

-Lovegood/Scamander : les jumeaux Lorcan (ex-Poufsouffle, se mêle de tout mais gentil) et Lysander (ex-Serpentard, sarcastique et moqueur, rancunier, mauvais et calculateur ). 21 ans et assez moche, cheveux hâtain foncé et terne -que Lorcan porte en queue de cheval-, yeux marron et mâchoire trop carrée -que Lorcan a globuleux. Ils se détestent mutuellement.

-Percy Weasley/Audrey : Lucy ( 23 ans, ex-Serdaigle, cheveux roux clairs et yeux marrons, ultra-féministe, indépendante et ambitieuse, politicienne ) et Molly (15 ans, Gryffondor, cheveux châtain qu'elle s'est teinte en roux et yeux gris, pas très belle, littérale catastrophe ambulante, maladroite et malchanceuse, très émotionelle ).

-Ferra/Rodriguiz : Barnabé (25 ans, très beau brun aux yeux marrons très foncé, tatoué et peau mat, aventurier et voyageur, insouciant et impulsif, aime s'amuser, égoïste, barman ) et Gaston ( 19 ans, sérieux, ambitieux et rancunier, solitaire, étudie le droit en France ). Ils sont nés à Ilerrante, leurs parents venant d'Espagne et ils ont étudiés à Beauxbâtons.


Chapitre 5 : Merlin, c'est culotté !


L'énorme horloge en corail n'indiquait que huit heures treize du matin quand les perles nacrées du rideau de la porte d'entrée se mirent à chanter de leur voix claire Barnabé Léon Rodriguiz est à la porte.

Deux personnes étaient déjà debout. Molly, en pyjama, qui était assise dans l'un des grands et nombreux canapés, en peau de serpent de mer – de gigantesques bêtes à tête de cheval et au corps de serpent que l'on voit onduler au gré des vagues de la Méditerranée et qui sont tout à fait inoffensifs-, de l'ancien Hall d'hôtel. Elle mangeait son bol de céréales, devant la télévision plasma moldue que la propriétaire des lieux avait bien voulu faire installer pour faire plaisir à ses six petits enfants ; les enfants de Fleur mais aussi ceux de Gabrielle, sa seconde fille, qui avait une fille et deux garçons. Claire se serait bien passée de la technologie moldue chez elle mais il se trouvait que, en ces années 2000, la jeune société sorcière portait de plus en plus d'intérêt pour celle moldue. Ainsi, les foyers sorciers s'équipaient en télévision, réfrigérateurs et autres objets qui, tout compte fait, pouvaient avoir leur petite utilité. C'était donc ainsi que Molly pouvait prendre son petit-déjeuner, en regardant un feuilleton à l'eau de rose dont la première saison se diffusait en ce début d'été 2024.

La deuxième âme matinale et vagabonde était Victoire qui se servait de sa baguette pour faire un peu de ménage. Sa tante Hermione avait depuis bien des années déjà parvenue à rendre prohibé l'activité des anciens elfes-de-maison, qu'on se devait d'appeler tout simplement elfes, sous peine d'une amende pour insulte. Ils étaient maintenant libres et étaient rémunérés… mais ils avaient toujours un problème avec les compliments…

Ce fut donc Victoire qui, déjà fraiche comme une rose, se précipita joyeusement pour aller recevoir leur invité. A son approche, les perles ensorcelées libérèrent le passage et Victoire put sauter dans les bras d'un beau brun à l'allure athlétique. Il était irréfutablement d'origine espagnole, chacun de ses traits en démontrait et ses yeux bruns étaient perçants. Une barbe de quelques jours s'étendaient sur ses joues Il était bien assez grand et costaud pour soulever la blonde du sol, sans le moindre effort, et la reposa en souriant.

Sa moto volante était garée à quelques mètres, derrière lui, sur la plage et elle était encore fumante, et poussiéreuse.

-Alors, tu es rentré ! Oh, Merlin, Barney, huit mois, qu'est-ce que c'est long ! s'écria la blonde, ne pouvant cessé de sourire. T'es vraiment obligé de toujours partir à l'autre bout du monde ?!

Elle lui donna un coup à l'épaule en riant et il passa une main dans son épaisse tignasse brune très foncée, pour en faire tomber les grains de sable. Il avait encore sa veste en cuir sur le dos et il l'ouvrit. Il faisait chaud et il avait hâte d'ôter ses bottes, en cuir elle aussi et à la semelle profonde, mais si celles-ci pouvaient parler, elles auraient bien des récits d'aventures à raconter…

-Qui croyait franchement que je passerais toute ma putain de vie sur cette île ? dit-il sur le ton de la plaisanterie, bien qu'il n'aurait pas pu être plus franc.

Victoire lui lança un regard mi-sévère, mi-amusée. Barney était un natif d'Ilerrante, c'était ici qu'il était né et qu'il avait grandi, là que sa famille s'était établie, il y a une cinquantaine d'années, après avoir quitté l'Espagne. Il était ainsi un grand ami d'enfance des petits enfants de Claire Delacour, qui était très proche des Rodriguiz, les connaissant depuis leur arrivée sur l'île. Il était toujours fourré avec eux, plus particulièrement avec Victoire, n'ayant qu'un an de plus qu'elle, quand la famille venait ici pour les vacances ou que les enfants étaient confiés à leur grand-mère, c'est-à-dire au minimum la moitié de l'année. Jusqu'à l'entrée à Beauxbâtons pour Barney, et à Poudlard pour Victoire. Ils s'étaient alors vus bien moins souvent mais ils étaient restés proches. A chaque fois qu'ils se revoyaient, les deux adolescents n'avaient alors que plus de choses à se raconter. Et maintenant que Barney avait vingt-cinq ans et Victoire, vingt-quatre, leur complicité n'avait pas faibli. Victoire était d'ailleurs la seule à le supporter dans ses envies et rêves vagabonds d'aventures le plus loin possible d'Ilerrante qu'il avait mis à exécution dés ses dix-huit ans. Sa vie était à présent rythmée par ses voyages au bout du monde et les quelques mois –souvent en été- pour lesquels il revenait sur l'île, travaillant en tant que barman au pub que tenait son père. Les Fleurs des Mers.

-Allez, entre, c'est climatisé à l'intérieur et passe-moi ta veste !
-Merlin soit loué, Vic, j'suis en train de crever !

Il ôta sa veste, révélant des tatouages nombreux et divers sur ses bras, ses épaules, le haut de son torse et de son dos, et une partie de son cou, et des bracelets en cuir, et en argent pendant à ses poignés. Vestiges et souvenirs qu'il avait décidé de porter à même le corps, et qui l'aidait grandement à séduire ses conquêtes.

Victoire fit s'envoler sa veste d'un coup de baguette sur le porte-manteau. Ils firent quelques pas dans la pièce et Molly leva quelques secondes le regard vers Barney pour le saluer rapidement, retournant à son feuilleton et à son petit-déjeuner.

-Salut, la môme ! répondit-il. Et ben, ça pousse !
-Barney ! rit Vic. Tu veux boire quelque chose ?
-Un vodka-coco serait pas de refus, ma grande !
-Désolée mais je suis pas barman, moi ! plaisanta-t-elle en entrant dans la cuisine. Un jus de citrouille t'ira bien, non ?
-Quelle aventure ! ironisa-t-il en s'appuyant sur la table centrale.

Victoire lui lança un regard critique.

-Tout n'est pas aventure, tu sais, Barney, dans la vie ?
-C'est ce qu'ils veulent te faire croire ! assura-t-il.
-Qui ça, ils ?
-Ceux qui répandent le dicton « amis, une p'tite nana, mariage, maison et gosses ».

Elle rit à son air faussement sombre et porteur de malédiction, et elle lui tendit un verre plein du liquide orange bien célèbre du Monde sorcier. Il en but quelques gorgées et dût admettre que ça faisait quand même du bien.

-Elle est où, la gamine ? demanda-t-il alors. Et le gamin ?
-Dominique a vingt-et-un ans, maintenant, et Louis en a dix-huit, lui rappela-t-elle. Et elle dort encore. Louis est pas encore arrivé.
-Je sais quel âge ils ont, Vic, dit-il en levant les yeux au ciel.
-Tu n'as toujours pas écrit.
-Quoi ? s'étonna-t-il. Je t'ai coquiphoné tous les mois !
-Je te parle pas de ça, soupira-t-elle en lançant un coup d'œil au coquillage qui pend de son cou.

Le Coquiphone était un coquillage ensorcelé qui permettait les mêmes avantages que le téléphone moldu, un moyen de communication très à la mode chez les jeunes sorciers du Sud de la France.

-Tu n'as pas écrit à Dom alors que je t'ai dit je-sais-pas combien de fois de le faire.
-Et je t'ai répondue à chaque fois que je lui écrirais pas pour la simple et bonne raison que j'aime pas écrire et que si elle veut me parler, alors, elle achète un coquiphone !
-Pourquoi tu lui écris pas ?
-Pourquoi elle me coquiphone pas ?
-Vous êtes vraiment de gros gamins têtus et capricieux ! Et crois-moi qu'elle t'en veut.
-C'est elle la gamine têtue et capricieuse, et elle en veut tout le temps à tout le monde, pour n'importe quoi ! établit-il.
-C'est faux.
-Mais elle m'a écrit pour me dire que t'étais plus avec ce beau connard, lui apprit-il en posant le verre sur la table et s'avançant vers son amie en souriant. J'ai de grandes envies de lui péter la gueule pour ce qu'il a fait mais je suis heureux que tu l'aies enfin jeté !

Victoire le laissa la prendre dans ses bras mais elle répondit vaguement. Il se recula et posa ses deux larges mains sur ses épaules, avant de lui soulever le menton d'un doigt et de lui sourire.

-Allez, ma grande, ça va aller, t'as bien fait, la réconforta-t-il. Et tonton Barney est fier de toi !
-Tu nous as manquées, Barney.
-Vous aussi, mes bébés brrritiches !
-Arrête, Barn' ! Tu fais vraiment trop bien Mamie, c'est effrayant !

xOxOxO

-Elle a osé le ramener ici ?! Cette espèce de petite pute ! s'enflamma Rose. Je jure que je vais les…
-Rose, enfin ! rit nerveusement Victoire, en caressant gentiment le bras de sa cousine pour essayer de la calmer. Dis pas des choses que tu pourrais regretter… ou euh, faire des choses que tu pourrais regretter…

Que Dominique traduisit ainsi : « Ne commets pas d'homicide volontaire en la personne de ton ex-copain et de la sale petite traîtresse qui te l'a piquée, et qui te sert aussi de cousine. »

Mais, dans ce genre de situation, toute appartenance à la famille devint accessoire et secondaire, et Dominique le savait très bien. Une traîtresse qui te volait ton petit-ami restait une traîtresse qui te volait ton petite-ami, cousine ou pas cousine. Ou alors, dans le meilleur des cas, ça ne faisait qu'empirer la situation. Et Rose en faisait les frais, depuis quelques mois déjà.

Rose Weasley venait d'arriver en port-o-loin avec Louis, le frère de Victoire et Dominique, et Albus, celui de James et Lily.

L'ainée des Weasley était une jolie brune de taille moyenne aux yeux bleus mais son père Ronald ne manquait pas de s'irriter à chaque fois qu'on la décrivait en ces mots. Selon lui, sa fille n'était pas brune mais auburn, un détail lourd de sens et qu'il ne fallait pas négliger. Et, en effet, le soleil de cet après-midi n'échouait pas à révéler les reflets rouges de sa chevelure, aux mèches rebelles. Reflets qui semblaient encore intensifiés par la colère de la jeune fille.

Louis était grand et mince. La ressemblance entre lui et sa plus grande sœur était frappante, autant par les traits doux et sans défauts de son visage, que par la couleur dorée de ses cheveux mais ses yeux azurés étaient bien ceux de Dominique, et donc ceux de Bill Weasley.

Pour finir, Albus était un grand et baraqué jeune homme, aux épaules carrées. Il était d'ailleurs bien plus imposant que son grand frère, James, mais aussi bien moins beau et charmeur. Sa mâchoire était plus marquée, son nez était cassé –par de nombreux cognards et chutes au Quidditch, à son poste de gardien, durant ses années Poudlard- et il avait surtout hérité des traits de son père. Il portait d'ailleurs des lunettes, derrière lesquelles brillaient ses yeux émeraude. Mais les deux Potter avaient bien hérité de leur père sa chevelure de geais indomptable. Albus pourrait passer pour une brute épaisse s'il se défaisait de son sourire sympathique habituel.

Ils étaient tous les trois en vacances, suivant des études supérieures dans la même école, Verbossu –il y avait une seule grande école supérieure sorcière qui regroupait toutes les branches d'étude. Rose et Albus voulaient devenir Auror, Louis étudiait l'Histoire Sorcière. Ils étaient tous trois inséparables, plus encore depuis qu'ils étaient entrés la même année à Poudlard. Aucun d'eux n'étant très bons pour tisser des liens avec des inconnus, le fait d'être envoyés dans trois maisons différentes n'avait été pas la moindre contrainte à leur amitié qui demeurait inaltérée, voir encore davantage soudée, maintenant qu'ils avaient dix-huit ans, chacun.

-Oh, t'inquiète pas pour ça, Vic, je risque pas de regretter de leur refaire le portrait, à ces trolls !
-Ma sœur a raison, Rosie, ça servirait à rien…, intervint Louis.

Dominique leva les yeux vers Louis qu'elle tenait par la taille, la joue plaquée contre son torse. Il avait ce petit sourire contrit qui montrait à Rose combien il la soutenait et qu'il savait à quel point c'était dur pour elle mais qu'il devait être là pour l'arrêter avant qu'elle fasse ces choses qui, peu importait ce qu'elle disait, maintenant, elle regretterait.

Rose était tout feu, tout flamme –et pourtant, elle n'avait pas hérité de la rousseur des Weasley, rendant impossible toute métaphore. Elle partait au quart de tour, retroussant les manches et prête pour se battre. A mains nues ou à coup de baguette, l'un comme l'autre ne lui posait aucun problème. Ce n'était certainement pas la perspective de tomber de son balai, de se rouler dans la boue ou de ruiner sonbrushing qui allait l'arrêter et c'était ce qui faisait que certains l'adoraient, et que d'autres la détestaient. Et elle réfléchissait généralement après avoir agi, ce qui rendait folle sa mère Hermione qui lui répètait de penser plus à ses actes, après qu'elle ait encore reçu une lettre de Poudlard ou Verbossu disant que sa fille avait été au cœur d'un énième duel ou d'une autre baston. Mais, mis à part cela, Rose n'avait jamais posé de problème de comportement et, bien qu'elle n'était pas assidue en cours, auxquels il lui était arrivé plus d'une fois de s'endormir d'ennui, elle n'en avait jamais perturbé aucun, ni montré d'impertinence. Sauf dans les cas où elle s'était sentie agressée par un professeur. Rose n'avait jamais toléré toute forme d'agression, peu importe quelle en était l'origine.

Ni la trahison.

-Ca sert à rien ? reprit Rose, la voix étranglée par la fureur et la douleur. Tu crois vraiment que ça m'importe ? Ils ont osé… comment peuvent-ils venir ici, après ce qu'ils m'ont fait ? Comment peuvent-ils oser se montrer devant moi ?

Albus et Louis échangèrent un regard triste, et Victoire et Roxanne eurent le même réflexe de prendre Rose dans leurs bras. Seulement, celle-ci les repoussa gentiment, le menton haut. Dominique sourit, fière de sa petite cousine. Elle était certainement la fille avec qui elle s'entendait le mieux. Toutes les deux, malgré leurs trois ans de différence, s'étaient toujours comprises, s'étaient toujours ressemblé. Oui, Rose était garçon manqué, là où Dominique ne pouvait être plus féminine. Oui, Rose s'avachissait là où Dominique s'asseyait gracieusement. Oui, Rose jouait au Quidditch quand Dominique faisait du shopping. Mais il y avait la même force dans leurs regards, la même fierté dans leurs cœurs et la même hargne qui rythmait leurs pouls. Même quand elles étaient au plus bas, leur orgueil était toujours là pour les rappeler de rester digne.

Surtout quand elles étaient au plus bas.

-Rosie…, murmura Victoire.
-Ca va, Vic, claqua-t-elle. Tout va très bien. Je suis passée à autre chose, depuis bien longtemps déjà, de toute façon. C'est juste leur comportement de harpies prostituées qui me rend… malade !

Ils lui sourirent tous affectueusement, chacun parfaitement conscient de l'immense mensonge qu'elle était en train de leur servir par volonté de garder la face mais déterminés à faire comme si ils y croyaient dur comme fer. Bien sûr, Rose Weasley avait complètement tourné cette page sur laquelle on ne peut lire que le nom de Scorpius Malefoy. Bien sûr.

-Bref ! Et si on rentrait ? Le trajet dans le Verbossu Express m'a crevé !
-On doit attendre Freddy, Lorcan et Jamesy, Al, s'agaça Dominique, elle-même impatientée par leur retard.

Il était convenu 14h, pile, pour tout le monde. Albus, Rose et Louis avaient déjà eu un quart d'heure de retard mais ce n'était rien à côté des autres retardataires ; Il était maintenant 15h05. Cela faisait maintenant trois quarts d'heure que Victoire, Roxanne, Dominique, Albus, Rose et Louis discutaient sur la place, en les attendant. C'était d'ailleurs ainsi que Roxanne avait laissé échapper que Lily avait emmené Scorpius avec elle et avait lancé la tornade Rose sur Ilerrante. Dominique se promit qu'ils allaient l'entendre quand ils allaient arriver.

-Teddy et Lucy ne viennent pas ? s'étonna Albus.

Dominique échangea un bref regard avec Victoire, qui se mordilla la lèvre, mal à l'aise. Ca faisait deux semaines que Victoire avait rompu avec Ted mais ça ne changeait rien, à la simple mention de son nom, elle devenait rouge pivoine. Et ce n'était pas un secret pour Dominique que sa grande sœur ne pensait qu'à lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, depuis. Réalité qui agaçait beaucoup Dominique. Mais elle se rassurait en se disant que ça finirait bien par passer, que Victoire finirait bien par tourner la page, une fois pour toutes.

-Non, répondit simplement Dominique.
-Oh, d'accord… c'est dommage.
-Oh oui, très...

L'ironie dans sa réponse pouvait bien sûr n'être perçue que par Victoire qui se garda bien d'exprimer son propre avis sur l'absence de ces deux-là. Ce n'était pas que Teddy et Lucy n'étaient pas invités. Ils devaient surement être au courant que ceux qui pouvaient se permettre de prendre des vacances étaient conviés à les passer chez Claire Delacour mais, dans l'esprit des deux sœurs, il était certain qu'ils auraient la présence d'esprit de ne pas même y penser.

-Tu pourrais apprendre à ton fiancé à être à l'heure, quand même…, bougonna Rose à Roxanne.
-Pas moyen ! Ca me rend d'ailleurs folle !
-Oh, t'inquiète, t'as pas besoin de ça…, la rassura Dominique.
-Vraiment pas besoin de ça, l'appuya Albus.
-Vraiment vraiment pas besoin de ça.
-Vraiment vraiment vrai-ment pas besoin de ça…
-Vraiment vraiment vrai-ment VRAIMENT pas besoin de ça.

Le-Calme-Louis, La-Patiente-Victoire et La-Joyeuse-Roxanne les regardaient poursuivre leur petit jeu, en silence, quand ils entendirent le fracas de l'atterrissage de navigateurs de port-o-loin sur les dalles, derrière eux, les faisant se retourner comme un seul homme. Dominique qui s'attendait à accueillir trois guignols, quel fut son ravissement d'en compter quatre !

-Bah j'croyais que tu devais pas venir ! s'exclama Albus.
-Ah oui, je devais pas venir ? minauda l'intrus aux cheveux bleus. Et selon qui ?
-Ben…, hésita Albus en regardant Dominique.

Mais celle-ci écumait trop de rage pour tenir beaucoup d'importance à cette conversation stupide. En effet, Ted avait bien partagé le port-o-loin avec Lorcan, James et Fred, jusqu'ici. Ce qui n'était étonnant pour personne à part Victoire et Dominique puisque toute la famille Potter-Wealsey et son entourage avaient toujours adoré le métamorphomage et il était donc parfaitement normal qu'il se joigne à eux pour ce petit séjour au soleil. Mais Dominique ne pensait pas de la même façon…

« Il a osé ! Je le pensais pas assez bête pour se permettre l'affront de venir mais, visiblement, mon opinion le concernait était encore clémente comparé à la triste réalité ; ce mec est un vrai, pur et dur abruti ! » fulminait-elle.

Ted Lupin se tenait, là, dans une posture désinvolte et paraissant très fier de lui, juste devant les deux sœurs. « Juste devant Victoire ! Oh, je vais le tuer ! », pensa Dominique, avant de se tourner vers Victoire. Celle-ci était complètement figée, les yeux exorbités par l'horreur et blanche comme un linge. Sa sœur redoutait même qu'elle tombe dans les pommes et, prévenant cette possibilité, elle fit un pas vers elle, prête à l'attraper avant qu'elle ne s'éclate la tête contre les dalles de la place.

Les autres n'avaient bien sûr rien remarqué de l'atmosphère pesante et ils étaient bien plus préoccupés par les retrouvailles, sous ce soleil de plomb et les trente-cinq degrés à l'ombre. Roxanne avait bondi dans les bras de Lorcan Scamander, son fiancé, qui la souleva du sol, les brèves secondes que ses bras maigrichons lui permettaient. Un peu plus loin, les deux frères Potter, Albus et James, discutaient déjà du cadeau d'anniversaire groupé qu'ils voulaient offrir à leurs parents, cette année, Harry et Ginny Potter n'étant nés qu'à dix jours d'intervalle –le 31 juillet et le 11 août. Rose, juste à côté, levait les yeux d'exaspération aux propositions stupides et abracadabranques que lançait James avec énergie, à la pelle, passant du tapis-aspirateur-de-poussière à la citrouille-chien-de-garde au réveil-matin en forme de mini-choixpeau. Fred, quant à lui, n'écoutait pas les élucubrations douteuses de son petit cousin, il était bien plus occupé à essayer de stupéfixer, électrocuté, brûlé ou geler les mouches qui bourdonnaient autour de lui, pendant que Louis vérifiait rapidement qu'il n'avait rien oublié d'essentiel dans sa valise.

Et Ted, lui, fixait sans aucune pudeur Victoire, qui n'avait pas bougé d'un orteil et Dominique avait envie de lui arracher les yeux qui étaient, aujourd'hui, marron chocolat.

-Salut, Vic, dit-il de sa voix rauque.
-Euh, bon-bonjour, Teddy, bafouilla Victoire, en lançant des coups d'œil affolés à sa sœur.

Trop choquée par son culot, Dominique ne savait même pas comment réagir quand il s'avança vers Victoire, comme s'il ne s'était rien passé, comme s'il n'avait pas commis d'adultère avec la charmante Lucy pendant des semaines et que Victoire ne l'avait pas découvert, comme s'ils n'avaient jamais rompu. Ce pourquoi Dominique, décontenancée, croyait être victime d'une hallucination. Ce n'était pas possible qu'il ose faire ça.

Victoire faisait bien un pas maladroit en arrière mais elle était si fébrile et captivée par son approche –parfois, Dominique se demandait qui d'elle ou de lui est la vénale, dans ce couple- pour que sa tentative de fuite soit d'une efficacité quelconque. Il l'attrapa agilement par la taille d'un bras et l'attira sans ménagement vers lui. Victoire lâcha un hoquet de surprise et, juste à côté, la mâchoire en tomba à Dominique. Avant que celle-ci ait vraiment interprété ce qui se passait sous mon nez, il avait déjà plaqué ses lèvres contre celles de sa sœur pour l'embrasser sans la moindre gêne.

-Espèce de…, ragea enfin Dominique.

Son premier réflex fut de dégainer sa baguette pour lui jeter un experliamus bien senti mais elle se rendit compte que, étant donnée la façon dont il tenait sa sœur contre lui, elle avait toutes les chances de la toucher elle aussi. Dominique le poussa de toute la colère qu'il lui inspirait donc à mains nues et il lâcha Victoire, trébuchant bien assez en arrière pour la rouquine puisse s'intercaler entre les deux anciens amants. Dominique entendait la respiration haletante de Victoire, dans son dos, et ça lui donnait des envies de meurtre. Elle pointa sa baguette sur lui quand il fit mine de vouloir atteindre sa sœur à nouveau.

-WOW ! exulta James, tout excité.
-Tu te prends pour qui, Lupin ?! hurla Dominique.
-Toi, tu te prends pour qui ? eut-il l'impudence de lui rétorquer, énervé –et frustré.
-Dom ! s'exclamèrent Louis, Lorcan et Albus en même temps.
-Mais, enfin, Domino ! intervint Roxanne, se ruant vers eux. Qu'est-ce qui te prend ?
-Faut toujours que cette famille se fasse remarquer…, rouspèta Fred.
-Ya un triangle amoureux dont j'étais pas au courant ?! Rouky, j'suis ton best friend forever, t'aurais pu me le dire, quand même !

Dominique lança un regard agacé en direction de James. Celui-ci avait beau avoir vingt ans, il était toujours le même petit plaisantin, fouille-bouse-de-dragon et fouteur de merde qu'elle avait supporté tout Poudlard ! Et cette manie qu'il avait de l'appeler Rouky depuis que leur tante Hermionne avait eu la bonne idée, quand ils avaient dix-onze ans, de leur faire regarder Rox et Rouky, un dessin-animé moldu. Il avait bien sûr fait le rapprochement entre Roxanne et la petite rousse qui étaient déjà inséparables, le surnom Rox de la première et la couleur de cheveux de la deuxième.

C'était bien pour ça que Dominique l'adore, d'ailleurs. James était celui qui arrivait le mieux à la faire rire, même quand tout allait mal et c'était ainsi toujours vers l'aîné des Potter qu'elle se rendait quand elle avait les idées noires.

Cependant, il abusait quelques fois bien trop de ce trait de caractère. Comme en ce moment précis où, ses yeux bleus pétillant d'intérêt, il faisait apparaître un pot de Chocogrenouilles.

-James ! s'indigna Lorcan. Tu crois que c'est vraiment le moment ?!
-Quel meilleur moment ? T'en veux, frérot ?

Albus sembla réfléchir un instant avant de hausser ses larges épaules et de plonger la main dans le pot de friandises. Dominique leva les yeux au ciel, tandis que Rose colla une claque derrière les têtes d'Albus et James. Mais qui leur avait flanqué une famille pareille ?

-Dominique Apolline Weasley ! la rappela Roxanne à l'ordre. Tu vas me baisser cette baguette, tout de suite !

Dominique s'exécuta de mauvaise grâce, en une exclamation frustrée. Elle détestait quand Roxanne jouait la carte de l'autorité professorale avec elle ! Depuis qu'elle était professeure de Divination à Poudlard, elle avait vraiment cette mauvaise manie de les prendre tous un peu pour ses élèves, même ceux qui étaient de son âge ou plus encore ! Teddy la narguait, haussant malicieusement des sourcils, satisfait que l'une de ses cousines prenne sa défense devant Dominique Weasley.

-Tu payes rien pour attendre, sale troll !
-DOMINO ! Je peux savoir c'est quoi ton foutu problème ?! Teddy a quand même le droit d'embrasser Vic quand il veut !
-Non, Rox, il n'en a absolument pas le droit !
-Jamesy a raison ! s'exclama Roxanne avec ahurissement. T'es jalouse ou quoi ?!
-Déballe la citrouille pourrie, cousine !
-La ferme, Potter ! s'énerva Dominique. Bien sûr que NON, je ne suis pas jalouse ! J'ai jamais pu voir cette bouse de dragon en tapisserie !
-JUCHTEMENT ! appuya James, la bouche pleine. CH'EST LOUCHE !
-Jamesy…, commença-t-elle avant de faire la grimace. Argh, Potter, avale-moi ça ! Et reculez tous un peu, vous nous étouffez là ! C'est bon, je l'ai baissé, cette maudite baguette !

En effet, ils étaient tous autour de Teddy et elle, collés à eux. Le seul qui n'était pas à moins d'un mètre d'eux était Fred qui tapait du pied, les bras croisés, marmonnant dans sa barbe qu'il rentrerait bien tout seul, les laissant à leur cirque, s'il savait quelle direction prendre. Le sens de l'orientation n'avait jamais été son fort. Quant à James, il était si proche que Dominique ne sentait plus que l'odeur des Chocogrenouille et le bruit de mastication qu'il faisait parasite totalement son ouïe. Elle le poussa d'une main irritée.

-HE, Rouky, tout doux ! lui reprocha James. J'ai failli m'étouffer avec une pate !
-Crétin, commenta Rose.
-Bon, Dom ! Tu t'expliques ! s'impatienta Lorcan.
-Toi, déjà, tu vas arrêter de te prendre pour un Weasley ! s'énerva celle-ci. T'as pas encore épousé ton emmerdeuse de fiancée et tu vas surement être ravi d'apprendre que ton jumeau est là !
-Pardon ?!
-Je ne suis pas une emmerdeuse, Domino !
-Ca va d'intéressant à encore plus intéressant, confia James à Albus, en s'enfournant une autre poignée

Dominique offrit un sourire hypocrite à Lorcan avant que Roxanne, qui se moquait éperdument que sa meilleure amie venait de balancer à son fiancé qu'elle avait invité son ex-copain de frère jumeau qu'il ne supportait pas en vacances avec eux, l'attrapa par le bras.

-Domino ! Qu'est-ce qui se passe, à la fin ?!
-Vic a plaqué cet abruti !
-QUOI ?!