Tout d'abord, merci infiniment à tous ceux qui m'ont lu jusqu'à présent et encore bieeen plus à ceux qui m'ont laissé d'adorables reviews, c'est toujours un plaisir, et c'est réellement encourageant !
Sur ce, bonne lecture, bien sûr !
Chapitre 7 :
-Un Etoile d'été, Barney, pour moi.
-Ya des choses qui changent pas, gamine, s'amusa son barman préféré. Et pour ta cousine et… ton autre cousine ?
Barney, ou Barnabé pour les mieux documentés –car ce n'était pas lui qui révèlerait son prénom entier -, ne s'était jamais tout à fait souvenu que des prénoms de Louis, Victoire et Dominique. Personne ne savait vraiment s'il le faisait exprès, s'il avait vraiment une mémoire de troll ou s'en fichait complètement. Dominique dirait que c'était surement un peu des trois. Il fallait aussi dire qu'il connait ces trois-là bien plus que les autres. Leurs cousins et cousines ne venaient pas ici, à toutes les vacances, contrairement aux petits enfants de Claire. Les trois le connaissaient ainsi depuis quasiment toujours, particulièrement Victoire qui n'était pas loin d'être sa meilleure amie, et ça devait donc grandement faciliter la mémorisation des prénoms. Il était une espèce de grand frère pour Dominique, n'ayant jamais pu être un vrai camarade de jeu comme il l'avait été pour Victoire. Pour des enfants, quatre ans de différence, c'est pire qu'un fossé. Dominique jouait donc avec le petit frère de Barney, Gaston, qui avait deux ans de moins qu'elle, et Louis, et Victoire et Barney partaient à la découverte de l'île, de leur côté, la majorité du temps.
En cet été 2024, Gaston était étudiant en droit sorcier, en France métropolitaine, et Barnabé avait vingt-cinq ans et était donc Barman dans l'un des bars du bord de la plage, tenu par son père, les Fleurs de Mer. Il était parti deux ans faire le tour du Monde sur sa moto volante, après Beauxbâtons, suite à une violente dispute avec son père. Et ça a brisé le cœur de Dominique, comme à chaque fois qu'il repart pour ses aventures. Il n'avait même pas écrit une seule lettre pendant ces deux années. Et puis, finalement, il était retourné au bercail, sur Ilerrante, s'était réconcilié avec son père, s'était fait gifler puis enlacer par sa mère et, bien sûr, s'était pris l'un des chauve-souris les plus réussis de Dominique, en gage de sa rancœur. Sa tante Ginny était décidément une très bonne préceptrice !
Mais aucun de ses traitements n'avait dissuadé Barney de repartir chaque année pendant six à huit mois. Sa famille désapprouvait cela mais avait fini par rendre les armes. Pas Dominique.
Rose ne se retourna même pas à la demande de Barney. Elle ne l'avait d'ailleurs certainement pas entendu. Adossée au comptoir, elle fixait Scorpius qui, au loin, dans l'eau chaude, portait une Lily gloussante pour la jeter plus loin, éclaboussant au passage Hugo et Molly qui se baignaient juste à côté. Et l'émotion qu'elle ressentait était parfaitement traduite par sa mâchoire crispée et ses bras raides qui se terminaient en deux mains profondément enfoncées dans les poches de son bermuda kaki. La colère la faisait droite comme un i et brillait dans ses yeux bleus.
Roxanne, cependant, était sur le qui-vive, étant d'après les vingt minutes pendant lesquelles elle avait enquiquiné ses deux cousines, assoiffée.
-Ce sera une limonade des sirènes, pour moi, beau-gosse, fit Roxanne avec un clin d'œil enjôleur.
Roxanne avait toujours eu ce petit côté dragueur que personne ne lui devinait, aux premiers abords. Et ce, célibataire ou non. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, même si ce n'était jamais très sérieux. Ca avait toujours amusé Dominique et James. Les Scamander, l'un comme l'autre, beaucoup moins, cela dit.
Barney lui rendit son clin d'œil, malicieux, en attrapant trois verres. Ce n'était pas ce Méditerranéen, incapable de se poser ou de résister à une aventure –que ce soit un voyage ou une fille-, qui allait cracher sur une belle métisse qui lui faisait des avances ! Dominique leva les yeux au ciel, franchement irritée. Qu'elle se le cache plus ou moins à elle-même et le démente au premier qui ose faire une remarque, ça ne changeait rien, elle avait depuis ses quinze ans eu un béguin pour Barney qui n'avait eu de cesse de grandir. Mais à quoi bon l'avouer franchement et en payer les frais ? Il n'y avait qu'à voir qu'il continuait à l'appeler gamine –ou poupée, dans ses bons jours-, alors qu'elle avait vingt-et-un ans et se comportait avec elle, comme il se comportait avec Gaston ou Louis.
-Et pour toi, Rosie ? s'enquit Roxanne en tournant la tête vers leur petite cousine.
-Prends-lui une bière-au-beur, suggéra Dominique.
-ROSIE ! préféra crier la métisse.
-Quoi ? s'énerva celle-ci.
Elle tourna vers les deux jeunes femmes deux prunelles bleues si meurtrières que c'était à se demander si le rayon lumineux d'un avada kedvra était bien vert.
-Tu veux quoi, trésor ?
-Une bière-au-beurre ! Et m'appelle pas trésor, Roxie !
-Je te l'avais dit, Rox, s'agaça Dominique.
Roxanne haussa des épaules et se retourna vers Barney qui observait la scène avec son sourire en coin habituel. Barney agita donc sa baguette pour faire voler les verres et y ajouter les liqueurs, et ingrédients requis.
-Vic va mieux ? questionna-t-il Dominique.
-Elle va très bien, s'irrita-t-elle, préférant ne pas savoir pour quelle raison cette question l'énervait. T'es rentré, depuis combien de temps ?
-Avant-hier. L'Australie, c'est le pied !
-Toujours aussi allergique à la plume ? ne plaisanta-t-elle qu'à moitié, tandis que Roxanne parle à Rose, à côté.
Il remarqua néanmoins le reproche qui se cachait dans sa remarque. Dominique avait beau lui demander à chaque fois de lui écrire, se doutant qu'il n'allait pas le faire, il ne la décevait jamais ; jamais aucune nouvelle de lui. Elle savait qu'il n'aimait pas écrire mais il pourrait faire un effort, pour elle.
-Gamine…, soupira-t-il avec lassitude, en répondant furtivement au sourire d'une de ses collègues qui passait derrière lui pour servir un client.
Dominique ne put s'empêcher de la fusiller du regard.
-Vos trucs bien anglais de piaf-facteurs, c'est pas mon truc, d'accord ? Le jour où t'auras un coquiphone, on en reparlera ! fit-il.
Dominqiue toisa du regard le minuscule coquillage brun qui pendait au bout d'un collier, contre son marcel blanc qui ne cachait rien de sa musculature bronzée, ni à ses tatouages. Bien sûr les français eux aussi utilisaient la poste volatile mais les jeunes d'Ilerrante, ou même de Beauxbâtons, trouvaient ça ringard depuis des années. Ils communiquaient par ses coquillages que la jeune femme trouvait débiles –qui prenaient même les messages ! Ne se rendaient-ils pas compte à quel point ils avaient l'air abruti à causer à un coquillage ?
-Compte là-dessus, claqua-t-elle, en partant furieuse.
-Ton verre, poupée ! la rappela-t-il, moqueur.
Elle fit la sourde oreille, lui présentant son majeur par-dessus son épaule, sans se retourner. Son rire salé retentit derrière elle. Elle détestait quand il faisait le beau, comme ça, devant elle ! Elle était Dominique, la fille qu'il considérait comme sa petite-sœur, pas l'une de ces greluches qui papillonnaient des cils pendant qu'il racontait ses aventures ! Il ne pourrait pas se bouger un peu le derrière et lui envoyer une lettre de temps en temps ?! Non, ça ne le gênait pas de passer des mois sans avoir la moindre communication avec elle ! Qu'il aille au diable, tiens ! se dit-elle.
Roxanne, qui tenait leurs deux verres, la rattrapa avec Rose juste avant qu'elles ne sortent du bar.
-Il a pas changé, ton prince charmant, remarqua Roxanne en riant.
-Oui, toujours aussi chiant !
-J'allais dire toujours aussi sexy, mais oui, ça aussi ! pouffa-t-elle.
-Et je préférerais me pendre à ce qu'il soit mon prince charmant !
-Bon, vous avez bientôt fini de parler de mecs ? J'en ai vraiment ma claque ! Dom, tu vaux vraiment mieux que ce crétin, il met toujours dix fois trop de glaçons et sait pas retenir trois noms ! Et passe-moi ma bière-au-beurre, Roxie !
-On n'est même pas encore retourné à nos hamacs, Rosie !
-Je m'en balance le vif d'or, passe-moi ma bière !
Roxanne céda aux ronchonneries de Rose et lui tendit son verre, tandis qu'elles marchaient dans le sable, pieds-nus pour Dominique et Rose.
-Ce que j'aime bien chez les français, c'est qu'ils mettent des pailles partout mais surtout de l'alcool ! s'exclama Rose en jetant sa paille par-dessus l'épaule pour se mettre à boire à grandes gorgées sa boisson.
Et, en effet, la bière-au-beurre française était alcoolisée. Dominique échangea un regard avec Roxanne qui fit cette petite moue sévère qui n'était pas sans rappeler étrangement McGonnagall.
-J'y crois pas que cette fille s'appelle Rose…
Dominique ne pouvait qu'être d'accord avec Roxanne. Pour une fille comme Rose, s'appeler comme l'allégorie du romantisme, du glamour et de la féminité, c'était presque une immense farce. Quand elles arrivèrent à leurs hamacs, le verre de Rose était déjà terminé et elle s'en alla à peine quelques minutes plus tard, pour aller s'en chercher un autre. Dominique lui demanda d'insulter Barney de véracrasse de sa part, au passage, et elle accepta à grande joie, heureuse de pouvoir s'acharner sur quelqu'un.
-Je suis pas sûre que c'est la meilleure méthode pour le faire crouler dans tes bras, Domino, l'informa Roxanne en se balançant dans son hamac. Pour une vélane…
-Oh, la ferme, Weasley !
Roxanne gloussa. Dominique se refusait à user de ses capacités avec Barney. D'ailleurs, elle n'avait jamais dit qu'elle voulait sortir, ou quoique ce soit d'autre, avec ce crétin. Ok, il lui plaisait mais elle savait bien où ce genre de choses menaient… à la situation de Vic, de Rosie ou même celle de Lysander Scamander ! Et elle, Dominique Apolline Wealsey, vivante ? Jamais !
-Je supporte juste pas qu'il soit pas foutu de m'écrire, une fois de temps en temps ! C'est juste un abruti, comme tous les mecs !
-Sauf ton Jamesy adoré, tu veux dire ?
Presque instantanément après l'intervention de cette voix masculine, James sauta littéralement dans son hamac pour se coucher à ses côtés, manquant de le faire se renverser. Dominique s'accrocha au cordage, lançant un regard ennuyé à son meilleur ami et à son sourire dix fois trop large pour son beau visage de tombeur. Il passa un bras autour de ses épaules et elle accepta de s'en faire un oreiller.
-T'es trempé en plus ! grommela-t-elle
-Bah oui –HAN- on est sur une île, Rouky ! rétorqua-t-il en roulant des yeux.
Il s'empara du même coup de la paille du verre de Dominique avec ses lèvres pour en aspirer une bonne dose.
-HE ! fit-elle en le frappant au torse et éloignant son verre. Pas touche, la mouche ! Va te chercher à boire toi-même !
A côté, Roxanne se disputait avec Lorcan qui se tenait devant son hamac, lui faisant de l'ombre, au passage. A vrai dire, c'était plutôt le jeune homme qui passait un savon à sa fiancée qui avait l'air profondément décontenancé.
-Tu l'aimes encore ou quoi, pour l'inviter à venir ici ?! Dis-moi la vérité, par Merlin !
-Mais bien sûr que non, je l'aime plus ! Ca fait des siècles, mon canard ! assura Roxanne.
-Ouais, bah, va lui dire ! Parce qu'il a l'air sûr du contraire et s'il continue à me répéter que tu l'as amené ici parce que tu rêves qu'il te fasse crier son nom sur la plage, je vais vraiment faire un jumeaucide !
-Mais Canard…, s'alarma Roxanne.
-C'est vraiment pas le moment pour les « canards » !
Et Lorcan partit, furieux. Roxanne tourna son regard hébété vers Dominique, ne comprenant visiblement pas ce qui venait de se passer.
-Et c'est elle qui me donne des conseils sentimentaux… Rosie a raison, dans la famille, l'amour est vraiment une cause perdue !
-Parlez pour vous ! s'exclama son compagnon de hamac. James Sirius Potter n'a pas fini de faire des ravages !
Elle prit la difficile décision de sacrifier son rafraîchissement pour la bonne cause et renversa le contenu de son verre sur James.
-HAAAN, ROUKY ! MES CHEVEUX ! Ils vont être tout poisseux, c'est malin…
xOxOxO
-Les Bronzés font d'la reprise ? lit Dominique, sceptique. Quand j'ai demandé si on pouvait sortir, je voulais pas dire aller voir un concert ringard d'une bande de nazes barbus et retraités… ils ont quoi, soixante-dix piges ?
Roxanne soupira profondément en lui arrachant le prospectus des mains. Dominique croisa les bras sur sa poitrine, ennuyée. Il fallait toujours que Roxanne sorte ces idées farfelues d'on-ne-savait-où alors que Dominique ne voulait simplement que sortir en discothèque, aller à une fête sur la plage ou faire la tournée des bars. Bref, des vraies soirées, quoi, pas ce genre d'événements pourris. Dominique avait même déjà sorti sa robe la plus moulante, bon sang !
-On est déjà sorti, tous les autres soirs ! T'abuses, sérieux ! T'as quand même pas besoin de draguer, tout le temps !
-SI ! Je compte bien attraper encore un autre beau touriste, dans mes filets, ce soir, et alors, ça te défrise ?! s'énerva Dominique. J'ai pas un petit-copain qui attend dans mon lit pour satisfaire mes besoins naturels, moi ! Les filles casées sont toutes des putains d'égoïstes !
-On peut parfaitement bien conclure à un concert !
-Ca, articula la rouquine en pointant un doigt accusateur sur les barbes des musiciens qui se dandinent en souriant, sur le prospectus. C'est absolument pas un concert, c'est un divertissement pour maison de retraite !
-C'est Molly qui a ramassé ça, par terre, quand je suis allée lui acheter une glace, cet après-midi ! Et elle veut absolument y aller, t'aurais vu comme elle était toute excitée…
-Qu'est-ce qu'elle faisait encore par terre, celle-là ?
-Dominique Apolline Wealsey ! la gronda-t-elle. Faut bien un peu sortir les gosses ! Leurs parents interdisent à Hugo, Lily et Molly de sortir le soir, sans nous ! Et on peut pas les emmener en boîtes ou dans les bars…
-Bien sûr que si, on le faisait bien à leurs âges…
-Oui, on faisait le mur ! lui rappela Roxanne avec véhémence.
-Ah oui, c'est juste.
-Ce dont je soupçonne Lily et Scorpius de faire, depuis le début, lui confia-t-elle avec un air pincé de professeur. On devrait instaurer un système de points, ici, aussi…
-S'ils font le mur, à quoi bon les sortir ? Ils se débrouillent très bien, tous seuls.
-Je me demande sérieusement où tu caches ton instinct maternel.
-Nulle part, je suis une vélane, dit-elle en haussant les épaules.
-Peu importe, balaya-t-elle le sujet avec impatience. Tonton serait pas du tout content qu'on laisse sa fille sortir toute seule, la nuit, de plus, Hugo et Molly, pendant ce temps…
-Elle est pas toute seule, elle est avec Scorpius !
-… ils restent à la maison, comme des malheureux, c'est injuste ! plaida-t-elle avec force. Pense à ton petit Hugo chéri, tout triste dans sa chambre, à rêver de pouvoir sortir, rencontrer de jolies filles, peut-être la femme de sa vie… avec ses petites boucles rousses et ses grands yeux brillants qui fixent les étoiles, en soupirant d'ennui… ses beaux yeux bleus, avec cette tâche brune dans celui de droite qui t'a toujours faite craquer… Tu le vois ?
-Rho, bon, d'accord ! s'écria Dominique, n'y tenant plus.
Hugo avait toujours été son petit chouchou. Il était tellement petit pour ses seize ans, et il avait toujours ce sourire si trognon, même quand tout le monde autour était de mauvaise humeur. Même quand il râlait, Dominique le trouvait trop mignon et, pourtant, elle était allergique aux gosses, voir biologiquement incompatible, surtout aux adolescents, mais… avec Hugo, c'était plus fort qu'elle. Quand tout le monde passait tout à Lily, Dominique ne pouvait pas résister à son petit Hugo. Enfin, dans la limite du raisonnable, bien sûr, elle n'est pas une cruche, non plus ! Il restait un sale mioche… mais bon sang, c'était vrai que ses yeux étaient quelque chose !
-Vaut mieux pour toi que j'arrive à serrer, ce soir…, grommela-t-elle.
-HI !
Roxanne l'attrapa par le bras avec euphorie, la dirigeant vers la plage où tous les autres étaient au bord de l'eau, à se disputer des paquets de friandises et à écouter de la musique, pendant que le soleil se couchait devant eux.
-Considère ça comme un défi pour la redoutable prédatrice que tu es, Dominique Appoline Weasley !
-Rox ? Juste la ferme, d'accord ?
Quand elles arrivèrent, Scorpius et Lily se roulaient des galoches qui, selon Dominique, mériteraient qu'on leur placarde un « -18 ans », sur leurs fronts d'ados gavés aux hormones. C'était dingue comme lui dire qu'elle devait aller voir un concert d'abrutis poilus les lui rendait encore plus insupportables. A côté, Hugo et Albus discutaient au sujet d'une bande-dessinée sorcière qui défiait tous les records d'imbécilité, tandis que Molly regardait avec un petit sourire rêveur l'échange baveux de sa cousine et de son blondinet. C'était Lysander qui s'occupait de la musique, avec le tourne-disque enchanté, ce qui expliquait que ce soit un tube des Bizarr'Sisters, un vieux groupe des années avant-guerre qui était complètement démodé et que Dominique détestait de tout son cœur. Les Magyar Riders étaient tellement plus terribles –et canons ! Sérieusement, est-ce que les fans des Bizarr'Sisters avaient déjà vu la dégaine de leur chanteur ? Dominique en doutait sérieusement.
Mais bon, Lysander avait toujours été un naze, pour Dominique. La preuve était qu'il avait tellement plu à Roxanne qu'après l'avoir plaqué, elle n'avait pas trouvé mieux que de sortir avec son frère jumeau. Et sa meilleure amie avait vraiment des goûts discutables, questions garçons. Encore, Victoire, Lily et Rose étaient pardonnables… D'accord, c'étaient des salopards mais Scorpius et Teddy étaient fournis, rayon sex appeal, même Dominique se devait de l'admettre. En revanche, les Scamander, entre leurs cheveux châtains tout à fait ternes et leurs mâchoires vraiment trop avancées, n'étaient pas des dieux grecs. En plus, à défaut de prendre le plus con, Roxanne s'était décidé sur celui qui avait hérité les yeux globuleux de sa mère et qui avait eu l'étrange idée de se laisser pousser les cheveux si longs qu'il les portait en queue-de-cheval. C'était bien simple, Lorcan était coiffé comme son père, sauf qu'à Bill Weasley, ça lui allait.
Aux parfaites extrémités du groupe assis en ligne sur la plage, se trouvaient Teddy et Victoire, de sorte qu'il y avait Scorpius/Lily –étant donnée la manière dont ils étaient collés l'un à l'autre, pour Dominique, ils n'étaient pas loin de ne plus être qu'un seul et même corps-, Molly, Hugo, Albus et Lysander, entre eux deux. Et Dominique préférait mieux ça. Elle connaissait bien les mains baladeuses de Teddy, se croyant en terrain conquis sur les cuisses de sa sœur !
-Bah, où sont les autres ? s'étonna Roxanne.
-Can you dance the hippogriff? Mamama¸ chantait Lysander avec un talent qui étonnait d'ailleurs la majorité des gens présents, avant de répondre vite fait, S'en branle d'où ils sont, Flyin' off from a cliff, mamamama…
-Andou, enfin !
-Fred est allé lire à l'intérieur, les informa Molly.
-Et les autres sont allés en boîtes avec Rosie, compléta Victoire. Nous, ça nous disait pas trop.
-Mamamama…
-Même Lorcan ? s'indigna Rox.
-Et Potter ?! s'offusqua Dominique
-SANS NOUS ! finirent-elles d'une même voix.
-On se demanda bien pourquoi…
-Ahah, Teddy, très drôle ! le félicita ironiquement Roxanne.
Quant à Dominique, elle envoya d'un coup de pied une vague de sable dans ses cheveux bleus de frimeur. C'était vraiment pas le moment de l'énerver. James Potter, son présumé meilleur ami, l'avait lâchée pour aller en boîte, comme un traître, alors qu'elle allait devoir se coltiner les plus emmerdants de la famille, pour un concert tout aussi emmerdant.
Teddy se retourna pour la foudroyer de ses yeux qui passaient du gris au rouge, en moins d'une seconde.
-Tu m'impressionnes, Lupin, c'est fou.
-Ta gueule, Nicky.
-Appelle-moi encore une fois comme ça et je te jure que je m'occuperais si personnellement de ton cas que t'arriveras pas à redresser ton immonde petit nez, même avec tes dons débiles !
-Tu m'impressionnes, Nicky, c'est fou.
Dominique sortait déjà sa baguette mais Roxanne intervint avant que celle-ci n'ait le temps de mettre ses menaces à exécution.
-Ok, on se calme, vous deux ! Et je suis aussi furieuse que toi, Domino mais…
-Mais ils ont même embarqué Louis ! remarqua alors Dominique, son irritation ne faisant qu'augmenter.
-Les scélérats ! Sycophantes ! s'écria Roxanne.
-Wheel around and around and around and around, mamama…
-Mais on est là, nous. Venez vous assoir avec nous !
-Oooh, c'est gentil, Hugo ! C'est pas pour rien que t'es mon chouchou !
Dominique allait s'assoir entre Molly et Hugo qui se décalaient pour lui faire une place quand Roxanne lui attrapa le poignée, lui décochant un regard menaçant avant de brandir son prospectus du diable. Et telle la queue pointue de Satan, Dominique vit l'ongle vernis de Roxanne s'abattre sur le papier.
-C'est ici que nous, on va ! déclara-t-elle fermement. Et croyez-moi qu'ils vont regretter d'être allés sottement en boîte, quand on leur racontera le bon temps qu'on a passé en famille, tous ensemble !
-… again and again! Get it on like an angry specter…
-Euh, en fait, on n'est plus là, rectifia Hugo.
-Ouais, clairement sans moi, certifia Albus.
-Ahah. Même pas en rêve, mes p'tites, ricana Teddy.
-C'est très gentil de proposer mais, très franchement, ça ne me dit pas grand…
La réponse de Victoire fut coupée par un hurlement des plus terrifiants, tout prêt des oreilles de Dominique :
-FERMEZ-LA ET DEBOUUUUUT !
Cet hurlement réussit même à éloigner la langue de Lily des amygdales de Scorpius, c'est dire, ayant craint certainement une attaque de sirènes-hurlantes tout droit sorties des eaux pour dévorer les hommes avec leurs dents monstrueuses.
Mais, non. Ce n'était que Roxanne Margareth Wealsey.
