Bieeen le bonjour à tous et à toutes !

Comme je te l'ai promis, voilà ton cadeau de noël, Devil of Slytherin ! Je n'ai pas oublié, comme quoi les miracles existent encore ! C'est la magie de Noël XD.

Bonne lecture et bonnes fêtes à tous ! :)


Chapitre 17 : Telle soeur, telle soeur.


Dominique se retourna sur le dos dans le lit, emmêlant ses jambes nues dans les draps noirs. Elle ne connut pas ce moment de latence comme les héroïnes des films qui se réveillait dans un lit autre que le leur et qui se retrouvait, un instant, dépaysée, déboussolée, à se poser toute une ribambelle de questions. Même si elle n'avait pas encore trouvé l'énergie d'ouvrir les yeux, elle savait où elle était. Elle n'avait pas beaucoup dormi, s'était réveillée énormément de fois et l'avait senti se lever, dans un demi-sommeil. Elle pensait qu'il allait revenir mais ça faisait un bon bout de temps, maintenant, et il n'était toujours pas de retour. C'est comme ça qu'elle savait très bien qu'elle était toute seule dans le lit de Barney.

Elle ouvrit les yeux, promena son regard sur le plafond en lattes de bois clair. La pièce était baignée par une chaude lumière bleutée, du fait du soleil qui transperçait les épais rideaux bleu marine tirés. Elle resta quelques minutes ainsi, immobile, à écouter les oiseaux chanter dehors. Un coup d'oeil au réveil sur la table de chevet lui fit savoir qu'il était onze heures passé. Elle se redressa, rejeta les draps défaits et s'assit sur le rebord du lit. Elle se retrouva face à face avec son reflet, dans le large miroir de la penderie. Ses cheveux roux paraissaient bruns et ils étaient dans tous les sens, et ses yeux étaient encore fatigués. En se voyant dans l'un des t-shirt de Barney qu'il avait acheté à un concert de reggae français du coin, elle posa la main sur le tissu abîmé mais doux, baissant le regard sur ses genoux nus.

Ils s'étaient embrassés, hier. Et c'était lui qui avait mis le feu au poudre. Elle s'en rappelait parfaitement, il ne pourra pas fuir, cette fois. C'était lui qui l'avait entraîné dans sa chambre à lui, plutôt que dans celle vacante de son petit frère absent. C'était aussi lui qui l'avait mené jusqu'au lit et lui avait enlevé sa robe. Puis, ils s'étaient retrouvé, l'un au-dessus de l'autre, comme déchaînés, en sous-vêtements et, pour elle-ne-sait-quelle raison, il avait arrêté de l'embrasser et de la déshabiller, et lui avait proposé de lui prêter un t-shirt pour faire office de pyjama. Elle avait accepté bêtement, le dévisageant comme s'il était fou. Même elle n'avait jamais fait ça à un homme ! L'emmener dans sa chambre, le jeter dans son lit et lui arracher ses vêtements pour lui sortir " hey, mec, parlons pyjama, c'est important ! Jogging ou caleçon ? ". Ca rimait à quoi ? Elle n'avait rien dit, lui avait arraché son fichu t-shirt des mains et s'était couchée en lui faisant franchement la tronche, se sentant non seulement frustrée mais humiliée, profondément offensée.

A ce souvenir, elle se retint d'attraper le réveil et l'envoyer se briser contre le miroir de rage. A la place, elle se contenta de repêcher sa robe et le soutien-gorge qu'elle avait elle-même été, détestant plus que tout dormir avec, et se rhabilla. Elle ramassa ses escarpins d'une main et sa pochette de l'autre, vérifiant brièvement qu'il ne manquait ni son portefeuille, ni sa baguette, et sortit. Elle descendit les escaliers et entendit des bruits provenant de la cuisine, la porte y menant entr'ouverte. Elle espéra naïvement que c'était Barney mais c'est seulement sa mère, Marisol, qu'elle y trouva, aux fourneaux. Ca sentait bon le poisson cuisiné et la noix de coco. Le coquillage-radio projetait la voix incroyable d'Edith Piaf dans la cuisine, reprise par celle tout aussi convaincante de Marisol :

"Padaaam, Padaaam, Padaaaam, il arrive en courant derrière moiii... Padaaam, Padaam, Padaaaaam, il me fait le coup du souviens-toi...
-Salut, Mari. Tu cuisines déjà ?
-OHH !" se retourna-t-elle en sursautant. " Tu m'as fait une de ces peurs, ma puce ! "

La rouquine sourit et alla faire la bise à Marisol. Marisol était un petit bout de femme, débordant de joie de vivre. Elle approchait de la cinquantaine et pourtant, il n'y avait pas un seul cheveu blanc à l'horizon dans sa tignasse brune qui allait à merveille avec son teint hâlé et ses rondeurs assumées. Elle assurait qu'elle n'avait recours à aucune teinture magique pour conserver sa chevelure naturelle mais Dominique ne l'avait jamais vraiment cru...

Elle enferma Dominique dans ses bras, l'enlaçant comme une Maman Ours. Dominique en rit et accepta l'étreinte.

" Ah mais attends voir, t'aurais pas un peu bronzé, toi ? plaisanta Marisol.
-J'pense pas, non, rétorqua Dominique. Et je t'ai déjà dit, quand une carotte brunit, c'est qu'elle pourrit...
-C'est juste que j'adore te l'entendre dire ! Alors, bien dormi ? "

Dominique se sentit rougir épouvantablement et se pencha par-dessus la poêle qui reposait sur le feu, pour cacher son embarras évident. Elle considérait Marisol comme une tante et c'était clair que la réciprocité était de mise. Que dirait Marisol si elle apprenait qu'elle avait sauté sur son fils plus d'une fois ? Et qu'ils avaient passé un bout de la nuit de façon douteuse ? Marisol n'était pas étroite d'esprit, conservatrice ou puritaine, loin de là, mais il s'agissait là de son fils. Et tout le monde savait comment étaient les mama espagnols avec leur fils.

" Euh... oui, j'ai.. euhm dormi ici parce que...
-Parce que c'était l'enterrement de jeune-fille de Roxanne, oui, je sais, ma puce, t'en fais pas, t'es ici chez toi, l'interrompit Marisol gentiment. Barnabé m'a dit que tu étais là avant de partir. D'ailleurs, je m'excuse pour lui, je lui ai dit combien c'était mal élevé de s'enfuir comme ça sans te prévenir mais, apparemment, tu dormais encore et il avait un truc urgent à faire avec ses amis... enfin, bon, tu sais comment il est... plus borné qu'un hippogriffe, quand il a quelque chose dans le crane, il l'a pas ailleurs ! "

Dominique regarda le saumon cuir dans la poêle. Quelque chose d'urgent à faire avec ses amis... bien sûr. Si Marisol avait utilisé le terme s'enfuir, ce n'était pas pour rien. Il avait bel et bien pris les jambes à son cou.

" Tu l'as dit, approuva Dominique.
-Mais je suis tellement contente qu'on t'ait avec nous aujourd'hui ! "

Ecarquillant les yeux, Dominique se tourna vers Marisol.

" Quoi, tu comptais pas filer à l'anglaise, toi aussi ? Tu manges avec nous, ce midi ! J'ai déjà coquiphoné Claire, elle est au courant ! Leon va être super content quand il va revenir !
-Bien sûr que non, Mari, voyons, je voulais pas filer à l'anglaise ! rit Dominique en roulant des yeux. J'allais me taper l'incruste, d'ailleurs, je montais même un plan diabolique dans ma tête... tu sais à quel point je suis dingue de ta bouffe ! "

Le rire puissant de Marisol résonna dans toute la cuisine et fit presque danser le saumon dans sa poêle. Dominique savait de toute manière qu'il y avait bien peu de chance pour que Barney ne revienne manger chez ses parents. Il passait tout son temps, dehors, quand il ne travaillait pas dans le bar. Elle passa une main dans les cheveux de Dominique avant de lui dire :

" Allez, va prendre une bonne douche, ma fille, je sais que la nuit a été courte ! J'achève ce saumon, pendant ce temps ! "

xOxOxO

Victoire se réveilla elle aussi tard, très tard dans la matinée, et elle aussi était toute seule dans un lit bien trop grand pour une seule personne. Mais elle était dans la chambre qui était la sienne alors, rien ne clochait véritablement. Aucune trace de Dominique mais elle pouvait très bien s'être déjà levée, même si la coutume voulait que Victoire se lève largement plus tôt que sa cadette. Elle nota ensuite qu'elle était encore habillée. D'une petite robe fleurie qui lui renvoya tout un tas de souvenir en pleine figure. Elle se redressa pour s'assoir contre la tête de lit et observa la chambre autour d'elle. Les rideaux étaient fermés, étrangement. Elle et sa soeur préféraient pourtant dormir la fenêtre grande ouverte, sans rideaux pour cacher ni la lueur de la lune, ni celle du soleil. Elle porta une main à sa tête qui cognait en fronçant les sourcils. Hier, c'était l'enterrement de vie de jeune fille de Roxanne, ça, elle s'en rappelait.

Elles étaient allées à une boîte de strip-tease, avait déambulé longtemps dans les rues, s'étaient rendues dans un bar... Elle avait même croisé Barney et puis... une fourrure d'un violet vif et agressif lui accrocha le regard. Ebahie, elle attrapa une paire de menottes coquines sur sa table de chevet. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Elles lui disaient atrocement quelque chose...

Des pas se firent entendre alors dans le couloir et s'arrêtèrent devant la porte. Elle la regarda s'ouvrir sans même que la personne ne frappe pour demander l'autorisation. Avant même de voir ses cheveux bleus, elle savait que c'était lui. Il entra avec un plateau sur lequel reposait un bol fumant, un grand verre remplit de liquide orange et des gauffres. Il lui sourit de cette façon qui fit son coeur tanguer et elle se tendit contre la tête de lit.

" Bonjour, rayon de soleil ! Pas trop la tête dans le brouillard ?
-Comme jamais, répondit-elle, la voix rauque.
-T'as passé la nuit à chanter, lui apprit-il en s'avançant pour poser le plateau sur le lit. A te bourrer la gueule, aussi, mais surtout à chanter ! Don't say no,no,no,no... just say yeah, yeah, yeah... ça te rappelles quelque chose ?"

En effet, ça lui disait vaguement quelque chose. Et c'était étonnant parce qu'elle avait une voix atroce et qu'elle ne le savait que trop bien, jamais, ô grand jamais, elle ne s'aventurerait à chanter en public. Elle devint pivoine à cette idée.

" Oh non..., se lamenta-t-elle.
-C'était pas si terrible que ça en a l'air ! "

Son ton moqueur réduisait à néant tout réconfort qu'aurait pu véhiculer ses mots. Il vint s'assoir à côté d'elle en souriant. Et elle ne savait que faire. Lui demander de s'en aller, exiger plus d'information sur la veille ? Pourquoi l'atmosphère était-elle plus légère que les jours précédents ? Pourquoi lui avait-il apporté le petit-déjeuner au lit ?

Mais le cours de ses pensées fut renversé joyeusement quand il porta sa main à sa joue pour tenir son visage en place tandis qu'il embrassait son autre joue. Sa respiration fut bloquée pendant de longues et douloureuses secondes.

" Louis t'a préparé de la potion anti-gueule-de-bois, l'informa-t-il. Si ça te dit mais je pense que ça te dit !
-Oui... "

Elle se tourna vers lui qui lui offrait ce regard déstabilisant d'intensité, d'assurance et de défiance. Alors, semblait-il dire, qu'est-ce que tu comptes faire avec moi, maintenant ? Je sais que t'as pleins d'idées intéressantes, la narguait-il.

" Je ne sais pas si je veux vraiment le savoir mais... qu'est-ce que c'est que ces menottes ? "

Pour toute réponse, Teddy éclata dans un grand rire.

xOxOxO

"Le mariage est dans trois jours.
-Ca fait belle lurette que j'ai pas été à un mariage, dis donc ! dit Leon
-Et le nôtre remonte à vingt-quatre ans, ça nous rajeunit pas ! ajouta Marisol en rajoutant deux glaçons à son eau. Barney avait un an, à l'époque...
-Déjà un emmerdeur... "

Dominique rit à la réflexion de Leon et au regard entendu qu'il lui décocha. Ah ça, ce ne serait pas elle qui viendrait le contredire. Barney était un emmerdeur de compétition. Ils étaient sur la table de la terrasse, dans le jardin, derrière le bar. Un large parasol lévitait au-dessus d'eux, les prévenant du soleil qui cognait fort. Leon avait une bouteille de vin rouge pour sa consommation personnelle et le bon pain français était encore chaud, au centre de la table rectangulaire. Dominique se régalait déjà alors qu'il n'était qu'à la salade. Les français étaient déjà de bons cuisiniers mais si c'était des français d'origine espagnol, alors, ça battait tous les records. Malheureusement pour les papilles gustatives de Dominique, sa mère comptait parmi les françaises qui étaient nulles en cuisine et qui, en plus, n'aimaient pas manger, et n'essayaient donc même pas de s'améliorer.

" D'ailleurs, Gaston va venir pour l'occasion ! apprit Leon avec gaieté. Il va rester un peu... ah, il m'a manqué mon fiston ! Notre p'tit génie d'la famille !
-C'est vrai ? se réjouit Dominique. Mais c'est génial ! Ca fait tellement longtemps que je ne l'ai pas vu !
-Et il va nous ramener une fille ! renchérit Marisol. Je sais lire entre les lignes !
-Ce s'rait temps que nos gars se casent, faut dire, ou on aura jamais de p'tits enfants, nous ! Et si faut attendre après ce saligaud de Barnabé, on va être séniles avant qu'ça arrive...
-Dis pas ça, chéri ! Moi, je sais que Barney attend juste la bonne fille pour nous faire les plus beaux bébés du monde ! "

Marisol regarda Dominique avec une malice si marquée qu'il fallait être décérébré pour ne pas cerner le sous-entendu. Elle fronça les sourcils, prise au dépourvu, ce qui fit rire Marisol qui se pencha vers elle pour poser une main sur son épaule avec complicité.

" L'intuition féminine est imbattable, Dominique !
-C'est quoi ce charabia ? Vous me traduisez, les filles ? " s'enquit le chef de famille.

Mais au même moment, Barnabé passa par la porte de la cuisine pour les rejoindre sur la terrasse. Dominique le regarda arriver avec désarroi et étonnement, elle espérait pour une fois qu'elle pourrait profiter de son allergie du cocon familial mais le voilà qui déboulait comme une fleur. Marisol, au contraire, accueillit son fils avec une joie éclatante et lui intima de venir l'embrasser, sous les rires de son mari.

" Tu crois que c'est Noël pour nous faire l'honneur de v'nir manger avec nous, fiston ?
-Arrête, P'pa ! répliqua Barney en prenant place à droite de Dominique. T'as pas fini de me faire passer pour le fils ingrat devant tout le monde ?
-C'est pas comme si la p'tite te connaissait pas par coeur, se moqua le père. Elle sait quel ingrat tu es ! "

Barney, qui se servait de la salade, fit une pause presque imperceptible et lança un coup d'oeil à Dominique qui ne perdit pas un instant pour lui faire comprendre combien elle était d'accord avec son père. Oui, elle le connaissait par coeur. Et oui, elle savait combien il pouvait être un enfoiré ingrat. Qui la laissait comme une gourde dans son lit pour partir Merlin-sait-où.

" J'me demande d'ailleurs comment elle peut accepter encore de te supporter !
-Les femmes ont été faites pour supporter les hommes, philosopha Marisol avec un sourire en coin.
-Et les hommes ont appris à supporter les femmes !
-Et les humains les plus intelligents sont devenus homosexuels, " acheva Dominique.