Chapitre 19 : Les mariages de princesse
" Walter Simon, enchanté. "
Dominique étudia le brun en face d'elle qui lui présentait sa main avec le plus grand sérieux. Il était grand -très grand- et maigre -très maigre-, c'était à se demander comment le vent n'arrivait pas à l'emporter. Il était vêtu d'un costume trois pièces vert bouteille qui allait plutôt bien avec sa peau mate. Il était plutôt laid, son visage était anguleux, découpé avec dureté, et ses yeux bruns n'avaient rien de particulier, mais il avait l'air d'être un type bien. Et d'être aussi particulièrement intimidé par Dominique et ça, ça avait le mérite de lui plaire beaucoup.
" Salut, Walty ! fit-elle avec un sourire en coin. Désolée, on sert pas la main, ici, c'est la France, lui indiqua-t-elle en posant une main sur son épaule pour l'inciter à se baisser, on se fait la bise...
-Oh... "
Docile, il laissa Dominique lui faire la bise en se penchant et Louis observait la scène, les mains jointes derrière son dos et un grand sourire plaqué au visage. Walter venait d'arriver sur la place, en port-o-loin, expliquant qu'il avait un congrès sur la protection des Hippogriffes et qu'il n'avait pas pu se libérer plus tôt. Dominique lui avait gracieusement appris qu'il n'avait pas loupé grand-chose et Walter avait reçu la remarque, mi-figue, mi-raisin.
" Tiens, poussin, lui dit Louis en lui montrant une bague. Mets-la...
-Je... euh, Loulou, tu me demandes pas en mariage, pas vrai ? s'inquiéta Walter avec des sueurs froides évidentes. Parce que ça fait seulement cinq mois, je...
-Mais non ! rit Louis, en se saisissant de l'une des mains de son compagnon. C'est une bague magique, elle te permettra de parler français aussi facilement que tu parles anglais.
-Notre grand-mère est une tyran un brin... xénophobe..., expliqua Dominique. Et elle déteste tout particulièrement les anglais !
-Je vois... "
Louis était grand, mesurant un bon mètre quatre-vingt-cinq, mais il était presque ridicule à côté de Walter qui mesurait clairement deux mètres. Ils formaient un couple vraiment peu conventionnel. Louis, blond aux yeux bleus, beau à tomber avec son visage angélique et son corps mince bien proportionné et son Walter, immense et dégingandé, des lunettes de vue, les cheveux bruns et tenant plus du vilain canard que du cygne. Et pourtant, ça collait d'une façon assez étrange mais irréfutable. Dominique sourit en regardant Louis lui passer la bague au doigt, juste à côté de la fontaine enchantée qui berçait la place bien occupée, en cette fin d'après-midi, d'un petit bruit de ruisseau.
" Je suis vraiment honoré de faire votre connaissance, Dominique, lui dit Walter. Louis parle énormément de ses sœurs. "
Un regard et un sourire échangés entre Louis et Dominique plus tard, celle-ci retourna le sentiment et ajouta :
" Et va pas me vouvoyer, je ne sais même pas si je suis pas plus jeune que toi !
-J'ai vingt ans, admit-il avec un sourire. Seulement un an de moins que... toi.
-Je vois que quelqu'un a bien appris ses leçons."
Semblant se détendre, Walter haussa les épaules avec le premier véritable sourire. Il avait un certain charme quand il souriait de cette façon.
xOxOxOx
L'arrivée de Walter avait été plus discrète que ne l'aurait présagé Dominique et les réactions furent emmêlées les unes avec les autres. Les émotions avaient dévalé les visages de leur famille et de leurs connaissances si rapidement et de façon tellement désordonnée qu'il avait été difficile de les distingués avec justesse. La surprise et le choc, bien sûr, avait été quasiment systématique. Dominique s'était tenue avec Victoire aux côtés de Louis quand il avait fait les présentations et annoncé son homosexualité à leurs parents, ayant pris le soin de se mettre à l'écart pour plus d'intimité. Fleur n'avait pas voulu y croire, au début, puis elle s'était laissé tomber dans les bras de Bill avec fébrilité. Ce n'est pas possible, enfin Louis, avait-elle répété,Tu ne peux pas être gay, réfléchis. Louis lui avait souri tristement. Si, Maman, si...
Bill était lui aussi au comble de l'étonnement mais s'était repris le plus rapidement possible, et il avait engagé la conversation avec Walter sous les yeux anéantis de Fleur. C'était assez ardue de rebondir sur une conversation avec un début pareil et une épouse à la limite de l'apoplexie mais c'était Bill Weasley dont on parlait, et Bill Weasley avait déjà vécu bien pire ! Et il maîtrisa la situation comme un chef.
Et le reste avait été un jeu d'enfant. D'ailleurs, le coming out de Louis était loin d'être le sujet favori qui remuait les lèvres des convives car, pendant l'absence de Louis et Dominique quand ils avaient été réceptionnés Walter sur la place où il avait atterri en port-o-loin, un véritable orage avait éclaté entre Lily et Scorpius. Les raisons de leur dispute avaient été floues pour tout le monde mais des insultes avaient fusées, une gifle avait ricoché contre la joue de Scorpius et la seconde d'après, Lily déclarait que leur couple appartenait au passé. Le blondinet était depuis assis à une table en train de ruminer des idées noires tout en procédant, assidu, de vider une carafe toute entière de la très bonne sangria de Marisol, la mère de Barney, et son ancienne enseignante de Divination, nouvelle épouse de Lorcan Scamander, passait régulièrement le voir pour essayer de le décrocher de sa mauvaise humeur. Mais il ne prêtait attention ni à ses tentatives pour l'amadouer, ni à ses leçons de morales, et encore moins à ses injonctions autoritaires.
De son côté, Dominique s'en fichait comme d'une guigne. Un couple emmerdant en moins, se disait-elle. Les invités avaient quitté leur petit bout de plage et, après avoir paradé dans le village en chantant et diffusant la bonne humeur des festivités, avaient marché jusqu'à la villa de Claire. Beaucoup étaient aussi rentrés chez eux, après le repas de midi qui s'était étiré jusqu'à seize heures. Mais une bonne soixantaine était toujours présente et comptaient bien poursuivre les réjouissances. Ils étaient désormais éparpillés sur l'immense terrasse de l'ancien hôtel, profitant de la longue table recouverte de plats et de boissons, qui donnait directement sur la plage quasiment inoccupée, sur ce côté de l'île. Le soleil était encore haut dans le ciel, malgré les dix-huit heures qui venaient de sonner, et il faisait toujours très chaud, et quelques invités étaient descendus jusqu'à la mer pour se rafraîchir les jambes dans l'eau, quitte à mouiller un peu leurs robes et leurs pantalons en toile. Une douce musique émanait des baffles magiques qu'avait loué Lorcan et installé sur la terrasse, avec l'autorisation de Claire, bien sûr. Celle-ci veillait au grain, surveillant ces "britiiiiches" qui avaient parfois la présomption bien arrogante de se croire chez eux, partout.
Rose apparut alors à droite de Dominique qui se servait un verre de champagne des elfes, auquel elle ajoutait, la main lourde, une bonne dose de liqueur de framboise. Sa cousine avait un air sombre sur son visage, au nez et pommettes recouverts de taches de rousseur, et ses cheveux bruns étaient déjà décoiffés. Mais c'était surement dû à l'épisode du lancer de bouquet, quoique Rose n'était pas de celles à se laisser pousser.
"Qu'est-ce qu'ya, Weasley ?" lui demanda Dominique avant de goûter sa boisson.
Elle fit la moue. Décidément pas assez sucré. Elle reprit la bouteille de liqueur et en rajouta. Rose s'appuyait à la table d'une main, passant une main sur sa longue robe jaune.
"Je savais que ça allait pas durer, leur couple, dit-elle en regardant du côté de Scorpius qui ignorait une fois de plus les remontrances de Roxane. Mais que ça casse le jour du mariage... c'est tellement du Lily tout craché, ça...
-Hum, " fit Dominique en buvant une seconde fois son kir des elfes. Elle sourit avec satisfaction et le rabaissa pour répondre à Rose : " Les mariages, c'est une vraie merde, y'a toujours une tonne de couples qui déraillent...
-Et les mecs courent tous après les demoiselles d'honneur.
-Boarf, pas plus de d'habitude," répliqua la vélane avec un sourire carnassier et suffisant.
En réponse de quoi, Rose secoua la tête en riant mais Dominique voyait bien qu'elle était préoccupe, et que c'était évidemment lié à la rupture entre son ex et Lily. Dominique ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie mais elle était persuadée que ce n'était rien qu'une querelle d'amoureux, que le caractère de sale capricieuse de Lily avait provoqué suite à une jalousie quelconque causée par le mariage. Pour Dominique, le couple se réconcilierait tandis qu'ils danseraient leur première danse puisque Scorpius l'avait gagné à ce jeu stupide. Ce n'était donc plus qu'une question de minutes.
Quelqu'un percuta alors la table dans le dos de Dominique et elle se retourna avec surprise, et tomba sur un spectacle qui l'affligea et l'inquiéta. Sa mère avec précipitation et fébrilité se servait un verre de... whisky-pur-feu ? Ok, ça n'annonçait rien de bon. Barnabé lui avait rappelé, avec raison, le soir de l'enterrement de vie de jeune-fille de Roxanne que ce n'était pas son alcool de prédilection quand Dominique lui avait commandé un verre de whisky-pur-feu, mais si Dominique n'en prenait que rarement, sa mère n'en buvait jamais. Fleur Weasley n'avait jamais consommé un alcool excédent les 20° et la voilà qui se jetait sur du whisky-pur-feu...
Ayant elle aussi été témoin de l'arrivée en fanfare de Fleur, Rose fit une grimace et fit comprendre à Dominique qu'elle la laissait gérer la situation avant de déguerpir. La rousse s'approcha de sa mère pour poser une main sur son épaule et Fleur leva sur sa fille un regard ravagé.
" Maman...
-Ah, Dominique, trésor ! lâcha-t-elle, au bord de l'hystérie, tentant de se servir un verre. N'est-ce pas un mariage tout à fait enchantant ?! Tout ce bonheur, tout cet amour ! Le mariage de princesse ! Avec son prince...
- Maman ! Donne-moi ça !"
Elle arracha à sa mère la bouteille qu'elle remuait dans tous les sens mais cette dernière n'en avait que faire, elle avait gardé son verre qui contenait déjà bien plus qu'une dose de bar réglementaire. Environ le triple. Elle le porta à ses lèvres aussitôt et le vida d'un trait, l'avalant difficilement mais surement. Horrifiée et alarmée, Dominique la regarda faire. Sa mère, magnifique vélane aux longs cheveux blonds incroyablement clairs, ressemblant à une cascade d'or blanc, et ses traits ensorcelants, ses postures toujours parfaites et au comble de l'élégance. L'une des quatre Championne du dernier Tournoi des Trois Sorciers. Elle n'avait pas gagné, certes, mais elle avait été la seule fille, l'une des quatre élues, et elle s'était battue avec dignité et détermination. Sa mère, la femme qui avait tenu tête à toute sa belle-famille qui n'avait pas vu d'un bon œil que William Weasley tombe pour les charmes d'une enchanteresse de vélane française. Et pourtant, elle avait survécu à tout cela, au tournoi, à la guerre, à sa belle-famille. Et cette même femme descendait désormais un verre de whisky-pur-feu, se retenant à grande peine de tout régurgiter à chaque goulée devant l'assemblée quasiment entière du mariage d'une de ses nièces.
Dominique la fixa tandis qu'elle rabaissait son verre et se forçait à respirer longuement pour garder le contenu brûlant tout au fond de son ventre. Personne n'avait rien remarqué, bien sûr. Ils étaient bien trop occupés à se divertir, discuter et rire. Même Louis, Walter, Victoire et Bill étaient bien trop passionnés par leur conversation.
" Qu'est-ce que tu comptes faire ? finit par s'agacer Dominique. Te bourrer au point d'en vomir ? Et après, quoi, Maman ? Ca va pas changer Louis.
-Je ne..., commença Fleur, les mains tremblantes et le regard voilé par la frustration et le désespoir. J'aime Louis comme il est, jamais, jamais, Dominique... je... je t'interdis de sous-entendre que je n'aime pas mon fils !
-Est-ce que j'ai dit ça ? répliqua-t-elle en haussant les sourcils. Est-ce que j'ai dit que tu n'aimais pas Louis ? Mais c'est pas la peine de faire semblant, Maman, je sais pourquoi t'es dans cet état et que tu te jettes sur l'alcool le plus fort de l'univers ! QUE TU DETESTES ! "
Elle brandit la bouteille de whisky-pur-feu comme preuve à conviction et Fleur, rouge de colère et d'indignation, détourna le regard. Après quelques secondes, Dominique reposa la bouteille sur la table et revint faire face à sa mère qui observait de loin Louis qui parlait avec Walter. La rousse chercha du dégoût sur le visage de sa mère mais elle ne vit qu'un profond accablement. Dévastée, voilà ce qu'était sa mère.
" J'aime Louis du plus profond de mon cœur, ma chérie, c'est mon fils, mon unique fils, mon petit dernier.. je-je vous aime tous les trois avec la même force mais Louis, c'est mon tout-petit, c'est mon petit prince...
-Qui devait se trouver une princesse, devina Dominique avec désolation. Et non, un autre prince, c'est ça ?
-Oui, avoua Fleur avec un sanglot qu'elle ravala aussitôt. J'aurais détesté n'importe quelle fille qu'il aurait ramené parce qu'elle n'aurait jamais été assez bien mais...
-Je sais bien !" rit sa fille.
La grande blonde sourit malgré la tension de ses traits et elle baissa les yeux à son verre vide avant de relever les yeux vers sa fille. Sa fille de vingt-et-un ans si féroce et tempétueuse, si intransigeante, qui ne lui avait jamais rien cédé. Même pas un bisou quand elle n'en avait pas envie. Avec Victoire et Louis, ça avait été facile. Elle n'avait même pas besoin de hausser le ton. Mais Dominique, c'était une autre paire de manche. La seule rousse de ses trois enfants, sa grande rebelle dévergondée et impertinente qui lui avait déroulé tout un panel de problème, dés l'âge de cinq ans. Qui n'avait que les mots "non" et "j'ai pas envie" à la bouche. Fleur s'était même demandé si elle ne le faisait pas pour le plaisir de ne jamais être d'accord avec elle. Elle lui faisait tellement penser à Bill, parfois, la douceur et la diplomatie en moins. Et pourtant... si Fleur avait un problème et que Bill n'était pas disponible, c'était toujours vers son enquiquinante et contestataire de fille qu'elle se tournait. Dominique avait une force indéniable en elle, quelque chose de si rassurant et réconfortant. Fleur en était venue à aimer que Dominique lui désobéisse et suive sa propre route. Elle n'espérait qu'une seule chose, qu'elle ne s'éloigne pas trop loin d'elle.
" J'aurais aimé qu'il ait un beau mariage lui aussi et qu'il me fasse des petits-enfants... pleins de petits-enfants... J'aimerais ne pas réagir comme ça et être heureuse pour lui, mais j'en suis incapable ! Et s'il est malheureux après... s'il regrette...
-Maman... "
Et comme Fleur aimait quand Dominique l'appelait "Maman". C'était bête parce qu'elle était sa mère donc ça aurait dû cesser de lui faire tant plaisir depuis des années mais, souvent, ce seul mot suffisait à l'apaiser au moins un peu.
" Tu auras des petits-enfants, d'accord ? lui promit Dominique en souriant. Et Louis ira bien quoiqu'il arrive et il ne sera malheureux que si tu n'acceptes pas ses choix...
-Mais quand ? Quand, trésor ?! s'écria Fleur avec agitation. Quand est-ce que j'aurais des petits-enfants ? Parce que Victoire a déjà 24 ans et elle n'a toujours aimé que notre Teddy, ils parlaient de se marier et là, du jour au lendemain, elle décide de le quitter !
-Maman, c'est pas..., soupira Dominique avec agacement mais sa mère l'ignora :
-Et toi, à vingt-et-un ans, tu n'as jamais eu de petit-ami ! Pas une fois tu nous as présenté un garçon ! Et si jamais tu tombes enceinte, il y a toutes les chances pour que tu ne le gardes pas !"
La rousse reçu tant bien que mal la réflexion et baissa le regard sur sa robe grise, faisant courir ses doigts sur le rebord élastique qui enserrait ses cuisses à leur moitié, la mâchoire crispée.
" Et maintenant, mon garçon de dix-huit ans m'apprend qu'il aime les hommes ! Alors, dis-moi, quand est-ce que j'aurais un petit-enfant ?
-Au moins, tu connais nos âges sur le bout des doigts," ironisa-t-elle amèrement.
Puis, elle plongea ses yeux bleus dans le regard gris désemparé de sa mère et tous les mots déplaisants qu'elle s'apprêtait lui renvoyer à la figure s'envolèrent. Au lieu de ça, elle soupira et posa ses deux mains sur les épaules de Fleur qui commençait à sentir les effets de l'alcool.
" Si ça peut te rassurer, si jamais je tombe en cloque, je garderais le même et j'ferais de toi sa nounou attitrée, plaisanta-t-elle avec un sourire moqueur. Tu vas voir, au bout de quelques semaines, t'en auras déjà marre de ces conneries ! "
Dominique fut soulagée du petit rire qu'elle arriva à arracher à sa mère qui hochait la tête doucement et elle lui frotta ses épaules enserrés dans une belle robe moulante et bordeaux qui soulignait ses formes parfaites.
" Tu ferais mieux de te prendre un bon gros morceau de quiche, Maman, histoire d'éponger tout ça...
-Dominique, voyons, trésor ! s'indigna alors Fleur. Je n'ai rien besoin d'éponger du tout ! Je vais de ce pas m'entretenir avec ce cher Walter et découvrir tous ces petits secrets embarrassants et sordides !"
Se retournant pour suivre sa mère du regard, elle observa son trajet sinueux et un brin déséquilibré en direction de son père, sa sœur, son frère et son petit-ami. Elle récupéra en riant son verre de kir qu'elle avait déposé sur la table le temps de la conversation. Très bientôt, sa mère regrettera amèrement de ne pas avoir suivi son conseil de quiche. Elle releva les yeux et se figea en croisant immédiatement le noir intense du regard de Barney. Il se tenait, debout, de l'autre côté de la table et piquait quelques olives avec les bouts de bois pour les toasts, typiquement français.
" C'est normal qu'elle réagisse comme ça, lui dit-il. Elle flippe. "
Elle se demanda depuis combien de temps il était là, et de quelle proportion de la conversation exactement avait-il été témoin. Et se traita d'idiote pour ne pas l'avoir remarqué plus tôt.
" Je me passerais de ta science infuse de barman sociologue, merci bien.
-J'ai comme l'impression que t'es pas fan des barman...
-J'ai rien contre les barman, protesta-t-elle en haussant les épaules. Ils sont pas tous comme toi, Merlin soit loué.
-Et je suis comment, moi ? "
Dominique nota qu'il avait l'air de s'énerver au fil de ses commentaires et ça la fit sourire avec satisfaction. Pour une fois qu'elle n'était pas la plus furieuse des deux lors d'un de leurs échanges, ça faisait un bien fou. Il se redressa de toute sa hauteur en croisant les bras sur sa poitrine et elle but son kir en haussant un sourcil insolent. S'il pensait qu'il pouvait jouer de son mètre quatre-vingt-cinq et quelques et de sa montagne de muscle qui lui servait de corps pour l'intimider, il se mettait la baguette dans l'œil, et jusqu'au coude. D'accord, elle avait beaucoup d'affection pour ce corps, très bien entretenu à son humble avis, et il se trouvait magnifiquement bien mis en valeur dans son costard -ce qui était une première, elle ne se rappelait pas l'avoir déjà vu ne serait-ce que porter une chemise élégante- mais elle ne se laisserait pas amadouer aussi facilement.
" Oh, ça t'intéresse maintenant de savoir ce que je pense de toi ? fit-elle mine de s'étonner. Ok, laisse-moi réfléchir...
-Dominique..., la mit-il en garde.
-Tu es l'un des mecs les plus égoïstes et narcissiques que je connaisse, qui s'en balance complètement que toute sa famille s'inquiète pour lui quand il part à l'autre bout du monde pour se la jouer aventurier pendant des mois, lança-t-elle avec animosité en reposant sèchement son verre de kir sur la table pour se pencher vers lui. Tu crois que tu as déjà vu le monde entier, que tu sais tout ce qu'i connaître comme si t'étais une putain de résurrection de Dumbledore lui-même ! Et ben tu sais quoi ? Tu sais rien du tout ! Et je pourrais te parler du fait que tu puisses ne pas me donner la moindre nouvelle pendant des mois, de la fois où t'as disparu pendant deux ans comme un petit con ou de ce matin où tu m'as laissée dans ton lit comme si j'étais l'une de tes pétasses sans importance, mais on va se contenter de la version courte, c'est mieux, hein ? " railla-t-elle méchamment. Elle fit une pause de quelques secondes, le vrillant de son regard froid tandis qu'il semblait se retenir à grande peine de renverser de rage la table qui les séparait encore. " La version courte, je vais te la donner. Barney, tu es le dernier des connards et j'en ai ma claque. "
Sur ces bonne paroles, elle se redressa avec son verre de kir et tourna des talons avant de les faire claquer contre la terrasse tout au long de son trajet vers sa famille, laissant derrière elle Barney qui fulminait comme jamais.
xOxOxOx
Le soleil commençait sa douce descente dans le ciel qui rougeoyait au fil des minutes et ajoutait une touche idyllique et romantique qui ne laissait pas Roxanne indifférente. Ni Lorcan, d'ailleurs, qu'elle tenait dans ses bras. Mais il n'y avait rien de moins surprenant que ça, son époux -époux, répéta-t-elle dans son esprit avec excitation- avait toujours été un grand romantique. Elle était d'ailleurs tombée amoureuse de lui -alors qu'elle sortait encore avec Lysander mais qu'importe, l'amour a ses raisons que la raison ignore !- pour ça, et sa gentillesse. Elle observait ses invités profiter de la soirée sur fond de couché de soleil, un grand sourire extatique aux lèvres, tandis que Lorcan lui caressait la nuque et le dos.
" C'était tout simplement parfait, murmura-t-elle. Tout était parfait, mon canard...
-Oui, le meilleur mariage de tous les temps avec la plus ravissante des mariées ! "
Elle leva un sourire éblouissant à son mari qui s'empara de l'opportunité pour lui embrasser le bout du nez, ce qui la fit glousser.
" Et bientôt, on va pouvoir lancer les danses ! poursuivit-il. Il est vingt-et-une heures... le grand moment de Scorpius et Lily, tellement romantique !
-Tu as raison, Canard ! Ca va remonter Scorpius après leur dispute ! Je vais faire l'annonce, tu viens ? "
Roxanne, son mari tout frais sur les talons, se dirigea vers les platines magiques où James et Albus s'occupaient de la musique. Ils étaient d'ailleurs en train d'éplucher les pochettes de vinyles pour décider du prochain morceau à passer pour réchauffer l'atmosphère encore un peu plus, même si pour le moment, personne ne dansait.
" Vous pouvez couper la musique, les garçons ? C'est l'heure de la première danse !
-Oh, trop cool ! s'enthousiasma aussitôt James, faisant froncer les sourcils d'Albus.
-N'est-ce pas ?! partagea-t-elle l'entrain de son meilleur ami en joignant ses mains. Et je sais bien évidemment quelle musique sera parfaite !
-Je sais, je sais ! s'excita James. Everytime !
-De Britney Spears ? reconnut Lorcan. Humm, bonne idée !
-Hors de question ! " refusa la mariée avec dédain.
D'un coup de baguette, elle fit s'envoler un disque en particulier de la pile et sourit avec satisfaction avant de le tendre à Albus qui lut le titre. Boudeur, James se pencha vers son petit frère pour bougonner :
" Jennifer Rush ? Mais c'est ring', Rox ! Elle vaut pas Britney ! "
Sur un dernier petit sourire qui se voulait complaisant, elle se retourna vers l'assemblée alors qu'Albus coupait la musique et que tout le monde se retournait vers eux pour savoir quelle était la raison de cette brutale disparition sonore. Lorcan se rapprocha d'elle pour la tenir dans ses bras tandis qu'elle s'adressa à l'auditoire :
" J'espère que vous continuez à passer un bon moment avec nous et que vous ne manquez de rien ! Nous remercions encore très chaleureusement Claire pour nous prêter son incroyable demeure !
-Pas de quoi, mon chat lui répondit la concernée. Youre wellequome. "
Elle sourit à la propriétaire des lieux tandis que des petits rires essayaient de se rendre discrets parmi les invités.
" Et sans plus attendre, j'invite notre cher Scorpius à réclamer à la personne de son choix la première danse qui lui revient de droit après sa fantastique victoire à notre petit concours ! "
Un applaudissement léger mais général suivit l'annonce et Scorpius, qui était toujours assis à sa table un peu plus loin, se leva. Albus enclencha la musique et la mélodie au tempo marqué pour un slow enchanta la nuit. Jennifer Rush entonna sans tarder son premier couplet et, après une vague seconde d'hésitation, le blond se dirigea vers un point précis de la terrasse et quand, il dépassa Lily sans un regard, des exclamations s'élevèrent d'un peu partout et la plupart des regards se froncèrent ou s'écarquillèrent.
Moving fast through this
Moonlight highway, I
See your face in the
Blue of the dashboard lights
"Qu'est-ce qu'il fait ? lâcha Roxanne avec incrédulité.
-Le con, comme d'hab, grogna Albus.
-Lily va être tellement furax ! rigola James.
-D'un autre côté, c'est elle qui l'a plaquée, tout à l'heure !" rappela avec justesse Lorcan.
Sur cette dernière touche d'intelligence, ils regardèrent Scorpius s'arrêter devant Rose qui le fixait comme s'il lui avait poussé une seconde tête.
Il fit le geste de lui saisir la main mais elle l'esquiva, les yeux déjà embués de larmes. Elle fit volte-face et bouscula ses parents qui étaient derrière elle, puis d'autres invités encore, pour quitter la terrasse et s'enfoncer dans la plage et dans l'obscurité bleue de la nuit qui l'engloutissait peu à peu. Scorpius eut un bref moment de latence tandis que, de l'autre bout de la terrasse, Albus aboyait son nom de famille comme une menace, puis il suivit Rose, sous le regard ulcéré de Ron qui essaya de l'attraper au passage. Mais Hermione retint son mari en soupirant et le blond disparut dans la même direction que Rose.
" Quel gros..., commença à grincer Albus.
-On fait tous ce que l'on peut, tu sais, le coupa Lorcan avec un sourire avant de lâcher Roxanne et de se poster devant elle, et si on la dansait nous-même, ma chérie, notre première danse ? "
All those headlights
And billboards rushing out of sight
Gonna be with you tonight
" Mais je pensais que tu ne voulais pas danser ?
-J'avais peur d'être ridicule mais je ne peux pas être ridicule en étant dans tes bras.
-Oh, Canard... "
Elle déposa sa main dans la sienne, et ils se sourirent pendant quelques secondes avant que Lorcan ne l'entraîne au centre de la terrasse, sous les regards émus de leurs invités et celui d'Angelina qui se métamorphosa en véritable fontaine, dans l'étreinte de Georges. Roxanne passa ses bras autour du cou de Lorcan qui posa les siennes à sa taille, et ils se mirent à tanguer au rythme de la chanson tout en chantant les paroles avec complicité, en se souriant comme des meilleurs amis.
You are so beautiful tonight
My midnight mirage
I'll make you real
I'll hold you tight
My midnight mirage
Musique :Midnight Mirage - Jennifer Rush.
