Vous allez me dire que j'ai un problème de ponctualité... et bien, vous avez peut-être pas tort ! XD Mais je tiens à vous rassurez, j'ai fini cette fic, il n'y a plus que l'épilogue et je l'ai déjà pas mal commencé, donc vous aurez la fin ! Voilà, bonne lecture, sur ce !
Chapitre 21 : Parfois, elle pensait finir seule
A présent que James et Albus étaient partis, c'étaient Ron et Hermione qui se chargeaient des platines, et le rock'n'roll et le jazz se disputaient une guerre sans merci. Mais, pour l'instant victorieux, Ron se trémoussait avec satisfaction devant elle sur un morceau des Bizarr'Sister pendant qu'Hermione, les bras croisés, l'observait avec un air qui criait « tu ne perds rien pour attendre », un album de Nina Simone dans les mains. Et il ne perdait rien pour attendre !
Les invités faisaient vibrer les dalles de la terrasse sous leurs pieds. Ils la piétinaient et sautaient, et leurs rires, leurs cris qui scandaient les paroles des chansons, plus qu'ils ne les chantaient, qu'ils connaissaient par cœur rougissaient leurs joues que l'alcool n'aidaient pas à éclaircirent. Et les bras levés, et les mains tapant la cadence, la fête battait son plein.
Barnabé s'arrêta un instant pour voir Victoire, sa vieille amie d'enfance, tournoyer dans les bras du moins que rien qu'elle avait nommé l'homme de sa vie, depuis toujours. Quel abruti, pensa-t-il avec mépris, en remarquant ses cheveux rose foncé. Une vraie carpe arc-en-ciel, il s'étonnait que Claire ne l'ait pas naturalisé dans son bassin, il aurait mis un peu d'humour avec ses cheveux caméléon et son visage qu'il changeait en tête de porc pour faire rire les mômes.
Il vit ensuite son petit-frère, avec sa dulcinée, discuter avec animation avec l'un des oncles de Victoire, Dominique et Louis, dont il ne connaissait bien évidemment pas le nom –il y avait bien trop de roux dans cette famille d'anglais de pure souche pour les distinguer. Connaissant Gaston, ils parlaient certainement politique, ou un autre sujet fade telle que la dernière loi ou alors, les taxes.
Barnabé secoua la tête avec irritation et passa les rideaux de perles qui fermaient les entrées des maisons typiques d'Ilerrante, le pack de bière qu'il était allé chercher chez lui à la main. Il se dirigea vers la cuisine de Claire et ouvrit les réfrigérateurs magiques que les sorciers français affectionnaient particulièrement. Ils pouvaient y stocker tout un troupeau d'éléphants si besoin, et la date de péremption devenait le cadet de leur souci. Il rangea son pack au frais, non sans avoir gardé une bouteille au préalable. Puis, il ressorti sur la terrasse et s'adossa au mur, à gauche de l'entrée et observa d'un air placide les danseurs, décapsulant sa bière sur le rebord de la fenêtre près de lui. Ce qui lui aurait valu plus d'un sortilège si Claire l'avait surpris.
« Barney ! Te revoilà ! Où t'étais passé ? »
Il tourna un vague regard vers Victoire qui s'était posté à côté de lui puis lui brandit sa bière comme réponse. Elle haussa un sourcil.
« J'suis rentré chez moi pour aller chercher de la vraie boisson, j'en peux plus de votre putain de Bièraubeurre. Vous les « brrritches », vous avez vraiment des goûts de chiotte. Ca va, j'ai rien loupé ? ironisa-t-il, goguenard.
-Je sais que tu n'apprécies pas tellement les mariages mais tout le monde s'amuse et passe un moment génial, tu devrais en profiter un peu !
-Arrête de me materner, Vivic…
-Te materner ? Non ! Te materner ce serait ça... »
Elle lui piqua sa bière des mains avec une habilité que Barney ne lui avait jamais connu et fit mine de la tendre à un homme qui passait par là. Celui-ci tenta de l'attraper avec un sourire de gratitude mais, avant même qu'il ait pu frôler le verre de la bouteille, Barney avait récupérer son bien.
« Désolé, vieux, mais ceci m'appartient ! Merci bien, passez une agréable soirée ! lança-t-il au dos de l'homme qui s'en allait en pestant.
-Toujours aussi partageur ! rit Victoire.
-La bière d'un homme est sacrée, Weasley ! Joue pas avec ça.
-J'ai l'impression d'entendre Dom quand tu m'appelles Weasley comme ça ! »
Le visage de Barnabé s'assombrit instantanément à l'appellation de Dominique et il détourna le regard à nouveau vers la foule dansante, portant le goulot de sa bière à la bouche. Teddy les observait de loin, tandis qu'il dansait avec sa propre grand-mère maternelle qui riait à gorge déployée à chaque pitrerie de son petit-fils. Barney lui lança un sale regard que Teddy lui retourna avant d'attraper les mains de sa grand-mère et de la faire rire plus encore.
« Vous vous êtes encore disputé, tous les deux, devina Victoire. C'était pour quelle raison, cette fois-ci ?
-Oh, la routine. Je suis un gros enfoiré et elle me déteste. »
Victoire poussa un profond soupir, ne comprenant pas comment deux personnes pouvaient s'adorer et se déchirer comme Barnabé et Dominique. Elle les aimait tous les deux de tout son cœur mais ils étaient exaspérants, ils pouvaient passer des heures à rire ensemble comme ils pouvaient gaspiller le même laps de temps à se disputer pour un oui, ou pour un non. Et ces dernières années, c'était plus souvent la deuxième option que la première. Elle se doutait que Dominique éprouvait des sentiments assez forts pour lui et que c'était principalement la raison pour laquelle elle prenait de façon si personnelle tout ce qu'il faisait ou ne faisait pas, et Barney n'était pas connu pour ses efforts phénoménaux, pas plus que Dominique ne l'était pour ses concessions. Ils étaient comme prédestinés au conflit permanent.
« Elle t'adore, lui dit-elle. Littéralement.
-Et elle me déteste. Viscéralement.
-Oui, peut-être un peu, parfois… mais tu le cherches ! »
Il grogna en réponse à la remarque mais aussi en voyant le métamorphomage approcher. Pour s'occuper les mains qu'il avait très envie de mettre à profit en les écrasant sur le visage de Ted Lupin, il décida de boire plusieurs gorgées de sa bière. Ce qui n'empêcha pas les deux hommes de se provoquer du regard jusqu'à ce que Ted concentre son attention sur Victoire.
« Et si on allait voir les autres sur la plage ? proposa-t-il. J'crois bien que la vraie fête est là-bas, maintenant !
-Oui, d'accord ! Tu viens, Barn' ? »
Il refusa d'un signe de la tête, au plus grand plaisir de Ted qui ne retint pas son sourire satisfait en prenant la main de Victoire pour la guider vers la plage. Barnabé marmonna une insulte à l'encontre de l'homme aux cheveux bleus et retourna à l'intérieur de la villa se chercher une nouvelle bière.
xOxOxO
« Celle-là, Tonton ! Celle-là ! »
Dominique sourit à l'excitation si juvénile qui enlaçait la voix de Hugo tandis qu'il brandissait le prochain feu d'artifice Weasley, édition spéciale 2024, à lancer dans le ciel chargé d'étoiles. Hugo avait seize ans, il n'était plus un petit garçon. Les jeunes de son âge affirmaient leur virilité comme des gangsters et roulaient de leurs mécaniques plus ou moins développées, et leurs propos étaient constamment teintés de frustration sexuelle, et pourtant quand elle entendait la voix de son petit chouchou, c'était un Hugo âgé de dix ans qu'elle voyait dans sa tête. Haut comme trois pommes et plus adorable encore qu'un bébé chiot. Et ça la rendait triste de se dire qu'il la dépassait de quasiment une tête désormais et qu'il allait bientôt quitter Poudlard à son tour. Mais, pour le moment, il testait la nouvelle collection de feu d'artifice de leur oncle George, avec leur cousin Albus, en embrasant le ciel de toutes les couleurs de l'arc en ciel.
Les autres étaient encore regroupés autour du feu de camp que Charlie entretenait, et de sa position allongée dans le sable, la tête reposant sur le ventre de James, Dominique pouvait voir Scorpius et Rose qui discutaient avec une certaine sérénité, mais aussi Molly, Lily, Sue, Victoire et Teddy qui dansaient au rythme de la mélodie que leur tante Ginny improvisait avec sa guitare. Dominique se surprit à ne pas être plus en colère que ça à la vue du couple de danseur que formaient sa sœur et cette enflure de Ted. Une sorte de lassitude, certainement, en ce jour de festivités, et pas n'importe lesquelles, les festivités d'un mariage. De l'engagement le plus officiel de l'amour, pour les optimistes. Elle ne pouvait pas décemment jouer les anti-Cupidons.
Et d'ailleurs, elle ne se sentait pas la capacité de se lever.
A la place, elle leva l'appareil photo au-dessus d'elle et de James qui afficha sa dentition blanche et parfaite de joueur de Quidditch professionnel, et fit le V de la victoire avec la main. Un flash plus tard et la photo tombait dans les mains de la rouquine.
« On est troooop canoooons, tous les deuuuux, Rouky ! HAN, j'ai une idée ! On devrait faire la couv' d'un magazine, une fois ! J'en parlerai à Sabrina !
-Ton agent est une connasse, Potty, lui rappela Dominique en prenant une autre photo.
-Naaaan, elle est juste incomprise…
-T'inquiète, je la comprends. Entre connasses, t'sais…
-Naaaan, dis pas ça, Rouky… »
Un troll de lumière verte fit une immonde grimace, au milieu des étoiles, au-dessus de leurs têtes avant d'exploser en des milliers d'étoiles filantes qui donnèrent l'impression de plonger dans la Méditerranée. Georges s'autoproclama le « nouveau King » et fut acclamé par Albus et Hugo.
« Tu t'inquiètes pas, parfois, Jamie... ?
-Quoi donc, Rouky ?
-Qu'on finisse seul ?
-Seuls ? Comment on pourrait finir seul ? On est tous ensemble !
-J'parle pas de la famille, Jamie.
-Toiiii, ma p'tite, t'es pompette ! »
Non, elle ne l'était pas. Enfin, si, elle l'était. La tête lui tournait et elle avait l'impression qu'Ilerrante s'était mise à pivoter sur elle-même, les étoiles formaient un flou artistique et lumineux, comme un gigantesque plafond noir tâché de peinture argentée qui n'avait pas fini de sécher. Mais elle avait les idées claires. Quoiqu'elles s'assombrissaient à mesure que les secondes s'écoulaient. L'euphorie d'un peu plus tôt s'était changé en une morosité un brin morbide. Sue avait raison, c'était le moment déprimant des mariages pour les gens comme eux.
« J'suis sérieuse, James. Tu crois qu'on va trouver quelqu'un dont on tombera amoureux et qui tombera aussi amoureux de nous ? Comme Rox et Scamander, ou comme nos parents ?
-Bah oui ! Mais on s'en fout, on est jeune et sexy ! et on est des stars ! »
L'ainé des Potter lui prit alors l'appareil photo sorcier des mains et les mitrailla à son tour, sans s'apercevoir que Dominique restait songeuse. Elle était jeune et sexy, et elle était un top model et mannequin de renommée qui touchait une somme assez astronomique d'argent par mois, et bien sûr que non qu'elle n'était pas la plus malheureuse. Elle n'était pas malheureuse du tout, à vrai dire. Ni fleur bleue. Mais c'était à chaque fois pareil. Elle voyait tous ces couples, elle entendait toutes leurs histoires sucrées de mièvrerie, et même si elle les tournait en ridicule dès que l'occasion se présentait, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce que ça faisait. Pratiquement tous les hommes la désiraient, l'adulaient, mais elle ne pensait pas qu'un seul ait été un jour amoureux d'elle. Et elle n'avait jamais été amoureuse de personne. Enfin, mis à part de Barnabé. A priori. En tout cas, si ce n'était pas de l'amour qu'elle ressentait pour lui, alors ce n'était pas un sentiment préférable vu à quel point ça la rendait idiote et pathétique.
« Dom ! »
La superbe chevelure blonde de sa sœur se déversa alors sur elle tandis qu'elle se penchait pour lui attraper les mains et la forcer à se relever. Dominique se laissa faire et guider par sa sœur qui la menait vers le feu de camp.
« Viens danser avec nous ! Toi aussi, James ! »
xOxOxO
« Alors, Malefoy et toi, hum ? »
Rose ne prit pas la peine de réprimer le sourire qui lui mangea son visage dont les taches de rousseur rougeoyaient à la lueur chaude des flammes, et Dominique rétorqua d'un espèce de hoquet quelque peu méprisant qui ne fit que sourire plus encore sa cousine. Elles étaient toutes deux plantées devant le feu alors qu'autour d'eux, Victoire dansait avec Teddy, riant aux éclats dés qu'il la faisait tournoyer. Dominique était tenté de faire un petit croche-patte au métamorphomage, ni vu, ni connu, à chaque fois qu'il passait dans son dos mais, après réflexion, il allait certainement s'arranger pour tomber sur Victoire et c'aurait été un brin contre-productif. Alors, se déhanchant naturellement au son des cordes de la guitare de sa tante, Dominique se faisait plutôt fondre un Choco-grenouille qui lévitait au bout de sa baguette. Elle lançait de temps en temps des regards à la bande qui s'éclaboussaient et se courraient après dans la Méditerranée, et elle souriait chaque fois un peu plus quand elle apercevait Molly jugée sur les épaules de Charlie, ou Georges qui se bataillait avec James, Albus et Hugo.
« T'es sûr de vouloir à nouveau fricoter avec du Serpentard ? insista Dominique avec une grimace.
-Dom, on a juste parlé, d'accord ? ria Rose. Et ça va mieux, on… a bien parlé.
-Huhum. »
La vélane enfourna sa friandise de chocolat en lançant un regard hostile à Teddy qui soulevait Victoire comme s'ils étaient subitement devenus les stars d'une comédie musicale, sous les applaudissements enchantés de Sue qui était assise à côté de Ginny. Dominique commençait à repenser cette éventualité de croche-patte…
« Et puis, il est parti se balader avec Lily sur la plage pour qu'ils règlent leur problèmes, alors… »
Percevant l'inquiétude et l'appréhension dans le ton de sa cousine, Dominique lui reporta toute son attention et lui tendit une Choco-grenouille que Rose refusa d'un hochement de tête. Haussant les épaules, la rouquine garda la friandise pour elle et le suspendit au-dessus des flammes de sa baguette.
« Ouais… mais la première danse, il voulait qu'elle soit pour toi, lui rappela Dominique avec un sourire entendu. Ce qui est d'un cucul-la-praline, d'ailleurs… »
Rose éclata de rire avant d'attraper à mains nues la Choco-grenouille, au-dessus du feu de camp, et le dévora sous le regard outré de Dominique qui s'insurgea :
« Je te l'avais proposé, Weasley ! Et toi, tu fais ta sainte-nitouche pour après me le… »
Rose se mit alors à toussoter en faisant une drôle de tête, ce qui ne fit qu'accentuer l'irritation de Dominique qui fronça les sourcils et claqua un « Quoi ? » légèrement agressif, mais sa cousine avait encore la bouche pleine de chocolat et n'osa pas l'ouvrir pour lui répondre.
« C'est bon, c'est bon, pas la peine de t'affoler comme une chouette en chaleur, je vais m'en refaire fondre un mais je te préviens si jamais t'y touches, c'est tes miches que je grille ! »
Roulant les yeux d'exaspération et se passant la langue sur ses dents, Rose put enfin s'exclamer :
« Dom, derrière toi ! »
Les sourcils toujours froncés, Dominique écouta l'avertissement de la brune pour voir Barney avancer vers elle, à deux pas d'elles. Ignorant les ricochets pathétiques que réalisa son cœur contre les parois de sa cage thoracique, elle rejeta une mèche rousse d'un geste brusque puis, une main sur sa taille, le toisa du regard.
« T'es encore là, toi ? » l'accueillit-elle, abrasive, récoltant les rires de Rose, derrière elle.
Un éclair d'agacement fusa dans le regard noir de Barney qui s'était arrêté juste en face d'elle, un peu trop proche, d'ailleurs, à son goût –mais elle se retint de reculer-, mais il fut aussitôt chassé par l'amusement.
« Je quitte jamais un mariage sans la demoiselle d'honneur.
-Oh, si ce n'est que ça, elle peut te montrer la sortie !
- C'est toi la touriste, entre nous deux, lui rappela-t-il avec un sourire arrogant que sa main droite lui démangeait de balayer d'un joli revers. Alors, pour les directions, c'est plutôt moi, je peux d'ailleurs te faire visiter le coin…
-Sérieusement ? se moqua-t-elle. Tu crois que ta gringue de comptoir va marcher avec moi ? Ah ! Redescends sur Terre, mon grand ! »
Il croisa les bras sur sa poitrine et plus il semblait amusé par son attitude, plus Dominique fulminait. Et il était si sexy avec son fichu costard qu'elle n'en était que plus en colère encore. Mais elle puisa dans toute sa force mentale pour demeurer calme et méprisante parce qu'elle savait bien que sa colère ne l'avait jamais intimidé. Il avait eu l'ascendant sur elle jusqu'ici parce qu'il était le plus détaché des deux, et bien, plus maintenant. Ah non, elle ne lui donnerait plus ce plaisir. Elle redressa le menton et eut un petit rire méprisant.
« Et puis, Barney, une balade sous le clair de lune, vraiment ? Tu me prends pour qui ? La Petite Sirène ?
-Bah maintenant que tu le dis, je peux voir la ressemblance, plaisanta Rose qui s'amusait beaucoup.
-Ouais, c'est ça, Ariel devait être une Weasley, ironisa Dominique, mordante.
-J'plains son Prince Charles, rétorqua Barney.
-Eric ! claquèrent les deux cousines d'une même voix sévère. Et de toute façon, reprit Dominique, les sirènes sont toutes des garces, et pas le genre que j'aime, donc… fermez-la ! Et toi, le guide touristique, va proposer tes visites de la plage aux cruches que ça intéresse, ok ? »
Et, sous les rires incessants de Rose, Dominique se retourna vers les flammes, se passant les mains dans sa longue chevelure rousse, qu'elle a avait relâchée plus tôt, pour combattre le tourbillon de fureur qui menaçait de la changer en harpie d'un moment à l'autre. Les vélanes avaient cette sensibilité à la colère qui ne faisait jamais bon ménage ; les vélanes de sang pur avaient même les traits qui se tordaient monstrueusement, une fois contrariée. Heureusement pour Dominique, son faible pourcentage de sang vélane la sauvait de ce léger malus qui faisait rapidement tâche dans un lieu public. Elle sentit Barney s'approcher d'elle et tout son corps se tendit mais elle ne fit rien, fixant les flammes pour se calmer. Son souffle chaud frappa son oreille et elle tressaillit. La seconde qui suivait, elle se flagellait déjà intérieurement pour sa réceptivité.
« J'ai jamais dit que c'était la plage que je voulais te faire visiter…, lui souffla-t-il. »
Après un soupir, elle tourna la tête vers lui pour lui demander s'il comptait la chauffer encore longtemps mais bien avant qu'elle n'ait pu prononcer une seule syllabe, elle avait le souffle coupé et était perchée en travers de l'épaule de Barney, tel un sac à pommes de terre. Elle eut comme une impression de déjà-vu, tout particulièrement quand il se dirigea vers les vagues tranquillement.
« Barney, espèce de… »
D'un coup d'épaule, il la fit rebondir et elle cria lorsqu'elle glissa en avant, se voyant déjà s'enfoncer la tête en première dans le sable comme une autruche, mais il la retint grâce à la prise qu'il gardait autour de ses cuisses. Bien évidemment, tous riaient et personne ne vola à son secours, mais Dominique n'en aurait attendu rien d'autre de la part de sa très chère famille. Elle frappa de toutes ses forces le dos de son ravisseur, balayant l'air de ses pieds nus dans l'espoir d'atteindre son nez ou elle-ne-savait quelle autre partie de son anatomie, rien que pour le plaisir de lui faire mal, même si ce n'était pas suffisant pour qu'il la relâche. Tout en hurlant toutes les grossièretés qui lui passaient par la tête, mais ça, ça allait de soi.
« REPOSE-MOI, ENFLURE ! BARNEY, je te jure que si tu me reposes pas, je vais te BUTER, PUTAIN, TE BUTER ! Tu m'entends, Barnabé ? Barnabé ! Tu m'entends ?! Tu veux mourir ou quoi ? REPOSE-MOI ! »
Rien n'y faisait, il continuait sa promenade de printemps en descendant la plage et elle bouillonnait littéralement de rage, mêlée de honte, de frustration et de peur. Quand allaient-ils tous comprendre qu'elle avait horreur de l'eau ? Et que oui, il s'agissait bien d'une phobie, Merlin ! La preuve, en toute autre circonstance, la sensation de ses mains contre ses cuisses l'aurait mise dans tous ses états alors que, en ce moment précis, elle ne voyait que l'inéluctable approcher… la mer !
Quand il s'enfonça enfin dans les vagues et que ses jambes furent éclaboussées, elle se mit à paniquer et sa voix se fit implorante, tandis qu'elle s'accrochait de toutes ses forces à la toile blanche et douce de la chemise de Barney. La dernière fois, il l'avait jetée alors que l'eau ne leur arrivait qu'à mi-cuisses mais cette fois-ci, l'eau continuait de grimper et il ne s'arrêtait pas, sourd à ses protestations, s'enfonçant dans la mer. Et l'eau entourait déjà ses mollets, menaçait de lui sauter à la figure à chaque instant, et la panique grandissait. Elle revoyait les sirènes qui lui avaient enfoncé les griffes dans les cuisses et voulaient l'emporter dans les tréfonds de l'océan jusqu'à que ses poumons se ratatinent et que sa gorge prenne feu, et qu'elle se noie.
« Non, non, non, Barney, non ! S'il-te-plait, non ! C'est vraiment pas drôle…
-C'est que de l'eau, poupée, c'est pas comme si j'allais te noyer ou…
-Barney, s'il-te-plait ! Sors-moi de l'eau !
-Lâche ma chemise, Domi…
-BARNEY ! J'aime vraiment pas ça, arrête !
-Je vais pas te jeter, ok ? Juste, lâche ma chemise et je te repose doucement, promis.»
La surface de l'eau à seulement quelques centimètres de son visage, elle expira longuement son souffle saccadé mais finit par fermer les yeux et détendre ses doigts tremblant, libérant la chemise. Barney remonta ses mains à sa taille et la fit descendre. Ses jambes s'enfoncèrent dans l'eau chaude, ses pieds atterrissant sur le sable rêche et les galets lisses, et elle se concentra pour ne pas céder à nouveau à la panique en réalisant que l'eau lui arrivait pratiquement aux épaules. Elle lança un regard venimeux à Barney qui l'observait avec étonnement et inquiétude, et même si elle lui en voulait d'une façon à peine tenable, elle ne pouvait pas se résoudre à s'éloigner. La seule raison pour laquelle elle réussissait à garder son calme était sa présence à ses côtés, dans cette eau terrifiante. Elle tourna la tête un peu pour fixer le feu de camp sur la plage, tandis qu'assez loin d'eux James et les autres continuaient de se chamailler dans la mer.
« Je te déteste, je te déteste à mort, lui dit-elle.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi t'as paniqué comme ça ?
-Tu sais que j'aime pas l'eau !
-Ouais, je savais que t'aimais pas, que ça ruinait ton brushing et ta manucure, pas que t'en avais une peur phobique ! s'écria-t-il avec un élan subit de colère. Pourquoi tu m'as pas prévenu ?!
-Te prévenir ? répéta-t-elle en haussant les sourcils. Et je devrais peut-être aussi te prévenir pour mon anniversaire ?
-Domnique, bordel…
-Non ! J'ai pas à te « prévenir » ! Si t'en avais quelque chose à foutre de moi, tu le saurais ! Tu saurais ce qui me fait peur !
-Arrête avec ça, tu sais que j'en ai quelque chose à…
-Gaston le sait. »
Mouché, il referma lentement la bouche et elle haussa les épaules avec un rictus las. Le vent contre l'eau orchestra une musique qui enveloppa le silence qui s'abattit entre eux et alors qu'il restait pensif à se passer la main dans les cheveux, elle regardait autour d'elle avec anxiété, guettant l'arrivée de sirènes qui surgiraient de l'eau scintillante. Même si elle n'avait plus six ans et que Barney était juste là avec elle, elle se sentait à leur merci.
Puis, Barney l'attira à lui de ses deux bras, la collant à sa chemise trempée, et Dominique oublia les sirènes et leurs horribles dents, leurs mains griffues et leur peau diaphane. Elle se blottit contre lui, la joue et ses mains sur son torse, et écouta malgré elle les battements de son cœur.
« La pique sur l'anniversaire était vache, j'ai jamais oublié le tien, lui dit-il en posant son menton sur la tête rousse de Dominique.
-Je sais, c'est bien ce qui te sauve. »
Sous l'eau, elle passa ses bras autour de son torse en réfrénant un sourire. Elle nota sans grande émotion que sa magnifique robe de demoiselle d'honneur était surement ruinée.
« Et j'accepte ton câlin seulement parce que je flippe à mort, que ce soit bien clair, annonça-t-elle. Parce que je t'en veux pour au moins deux vies, et que, en plus, je te déteste tout court. »
Barney resserra son bras contre ses omoplates tout en riant et baissant les yeux sur elle.
« C'est ça, Ariel, fais style de pas vouloir du Prince Henry.
-Eric, abruti, Eric.
-Ouais, ouais, on s'en tape. »
