Coucou les amis !
Grâce à TheDevilofSlytherin qui est toujours là pour me rappeler à l'ordre, je publie l'avant-dernier chapitre ! Bisous à elle et Bonne lecture :)
Chapitre 24 : Petit-déjeunons à midi
Midi sonnait à toutes les horloges de la villa de Claire, en écho avec la cloche de l'église du centre-ville d'Ilerrante, et tous les habitants de l'île préparaient le repas du déjeuner, alors que, dans la villa, et bien… on commençait à peine à manger le petit-déjeuner, le long de l'interminable table sur la terrasse que Teddy, Victoire, Molly et Hugo avaient garnie de tous leurs pancakes, gaufres et crêpes, qu'ils avaient passé une heure et demie à préparer. Lorcan était même allé acheter des confiseries à l'une des boulangeries de l'île, et maintenant que tout le monde était levé, ils pouvaient enfin se régaler.
Des parents, ils ne restaient plus grand-monde. Nombreux étaient ceux qui étaient rentrés, après s'être réveillé et de longues embrassades, et étaient retournés en Angleterre. Il ne restait plus que les beaux-parents des jeunes mariés, et Arthur et Molly I qui, en heureux retraités qu'ils étaient, avaient tout le temps du monde à leur consacrer, mais ils repartaient tous après le repas. Et du côté des plus jeunes, Lysander était déjà parti avant la fin de la nuit, sans même avoir dit au-revoir à son frère jumeau, et Lucy, après seulement un expresso, faisait le tour de la table avant de partir elle aussi.
Ce fut ainsi qu'elle s'arrêta à côté de la chaise de Victoire, qui était assise à côté de Teddy. Le métamorphomage lança un regard peu avenant à Lucy, pour lui signifier silencieusement que ce serait bien mieux qu'elle évite tout simplement d'approcher Victoire un certain temps, mais la blonde se leva. Et avant que Lucy n'ait pu dire la moindre chose, Victoire la prenait dans ses bras.
« Rentre bien, Lucy, lui dit-elle. »
De sa chaise, Teddy observait la scène, se demandant pourquoi il était si étonné du comportement de Victoire. Il avait attendu pendant des jours qu'elle apprenne à toute sa famille comment son petit-ami et sa cousine l'avaient trompé, dans son dos, et, bien sûr, ce jour n'était jamais arrivé, parce que c'était Victoire. Il s'était dit que même Victoire ne pouvait pas être si… angélique. A ce stade, ça dépassait tout record humain, c'était impossible d'avoir tant de bonté et de maturité en soi, et pourtant, il fallait croire que si, Victoire en était capable. Il ne savait pas s'il devait en rire ou en pleurer, alors il détourna les yeux et attendit avec impatience que Lucy disparaisse, pour qu'il fasse mine d'oublier quel immonde connard il pouvait lui-même être.
Victoire se rassit, après quelques instants, et Teddy se retourna pour voir que Lucy était partie, et était désormais à l'autre bout de la table, à embrasser ses grands-parents.
« T'es incroyable, finit par dire Teddy. Vraiment… incroyable…
-Je vais le prendre comme un compliment, décida Victoire en souriant doucement. A ma façon, ça veut dire que je suis en quelque sorte imprévisible, c'est… sexy, non ?
-Y'a que toi pour rendre la gentillesse sexy, je te rassure. »
Elle rit un peu, et échangea un regard avec Lucy qui, à l'autre bout de la terrasse, eut la politesse d'avoir l'air légèrement embarrassé. Mais personne ne s'en apercevait, tout le monde était bien trop pris dans leurs babillages, et leur petit-déjeuner.
« Tu peux leur dire, tu sais, dit alors Teddy. A tous, à ta famille, tu peux leur dire.
-Notre famille, corrigea-t-elle. Et oui, je sais que je peux leur dire, Teddy. Je n'en ai jamais eu envie.
-Pourquoi ?
-Ca ferait du bien à personne, ça ferait que nous diviser…
-Ils seraient tous de ton côté, Vic. »
Elle sourit en pliant une crêpe qu'elle avait saupoudré de sucre, et tourna ses yeux clairs vers Teddy qui avait ses sourcils bleus résolument froncés. Ils étaient un peu plus sombre que d'habitude, et Victoire en avait assez, vraiment assez, que les cheveux de Teddy soient aussi sombres, ces derniers temps.
« Teddy, tu comprends pas, lui expliqua-t-elle. Je veux qu'on reste tous du même côté. »
Avec un hochement de la tête, Teddy finit par se retourner vers son assiette que Molly ne cessait de remplir des petites choses qu'ils avaient préparées ensemble, dans la cuisine. Un peu dans le même genre que la bonté de Victoire ne devrait pas être permis, Ted pensait sincèrement qu'être aussi adorable que Molly devrait être interdit. Il secoua la tête, sans pouvoir s'empêcher de sourire, et il prit un pancake et l'enroula pour le manger directement comme ça, et il retourna sa tête vers Victoire qui riait à une blague que James racontait à Rose et Albus. Et en voyant les longs cheveux blonds argentés chatouiller les pommettes rosées par l'hilarité de Victoire, Teddy se dit qu'il ferait peut-être mieux de commencer à faire confiance à cette fille. Il n'y avait pas meilleure façon de vivre que celle de Victoire, même si c'était surement la plus simple et impossible à la fois. Elle se retourna vers lui, en se sentant observer, et il lui dit :
« Je suis désolé pour tout à l'heure. Pour t'avoir gueulé dessus comme ça. Et pour tout le reste, avant.»
Elle ouvrit la bouche, un instant, éberluée de l'entendre s'excuser si soudainement et de façon si calme. Il fit la moue en se massant la nuque, visiblement mal à l'aise, avant de soupirer et de s'appuyer complètement contre le dossier de sa chaise en regardant une nouvelle fois la longue table autour de laquelle toute la famille était assemblée pour ce petit-déjeuner si absurde alors qu'il était l'heure d'entamer le repas du midi. Mais peut-être que leur famille était comme ça, absurde. Après tout, il n'était lié à eux par aucune science, aucun sang, aucun nom et pourtant, ils le considéraient tous comme un membre à part entière de cette famille. Alors, peut-être qu'il était lui-même assez absurde pour en faire partie, en fin de compte.
« Et j'ai pas envie que tu changes, finit-il par ajouter. Parce que si tu changeais… »
Victoire attendit patiemment qu'il poursuive mais il prenait bien soin de vérifier que personne ne prêtait attention à leur conversation, tout en tournant dans sa tête toutes les façons d'exprimer la tempête incohérente qui régnait en lui. Même attablé en famille, sous le soleil chaud de ce coin de la Terre, il ne savait pas comment la calmer. Et il savait bien que Victoire était dans le noir, qu'elle n'arrivait pas à suivre ses mouvements d'humeur et le va-et-vient de ses vagues d'amertume. Il aurait voulu lui expliquer, lui ouvrir quelques portes de son esprit pour tout rendre plus facile entre eux, mais peu importe à quel point il en avait envie –besoin-, il restait fermé à double tour. Il voudrait lui avouer qu'elle et sa grand-mère étaient les deux personnes les plus importantes pour lui, et qu'elle était celle en qui il avait le plus confiance –mais qu'il était tout bonnement incapable d'avoir entièrement et totalement confiance en quelqu'un, même quand elle ne lui avait jamais donné de raison de douter d'elle. Il voudrait lui dire que ça lui faisait peur, ça le rendait fou de paranoïa, qu'elle soit aussi gentille et naïve avec tout le monde, alors que, dans son esprit, chaque passant était un susceptible ennemi. Peut-être même lui dire qu'il avait les mains qui tremblaient d'anticipation quand il était heureux –et lui dire qu'il n'était heureux qu'auprès d'elle, alors, comment faire ?- pendant une trop longue période, qu'il attendait que tout s'écroule, comme si le monde entier en voulait à sa peau, alors que c'était toujours lui qui finissait par être celui qui bousculait le château de cartes. Il était son propre saboteur, sa propre Némésis… à bien réfléchir, avec une personnalité telle que la sienne, il n'avait pas besoin d'ennemi-juré ou de malchance. Alors, il finissait toujours par blâmer sa plus fidèle et dévouée alliée parce qu'il savait qu'elle ne partirait pas. Après tout, elle était assise à la chaise juste à côté de la sienne et lui souriait avec douceur.
Et ce matin, il avait essayé de lui parler et il s'était encore comporté comme un connard. A remettre le vieil argument de ses parents morts sur la table, à lui faire croire que tout était de sa faute, à s'emporter pour un mot qui lui déplaisait –il se rappelait la fureur presque folle qui l'avait submergé quand elle lui avait appris qu'elle lui avait appris qu'elle l'avait déjà pardonné pour Lucy ; il voulait qu'elle lui en veuille, qu'elle le blâme, le menace, le tiraille de culpabilité ; comme s'il voulait que Victoire le raye de sa vie, une bonne fois pour toutes… pour qu'il passe sa vie à lui courir après, à fuir le malheur ? Ses pulsions tragiques le rendaient malade.
Alors, il prit sur lui et reprit sa phrase :
« Si tu changeais, alors, je sais que tu me laisserais carrément tomber. C'est ce que ferait une fille sensée.
-Je ne vais pas changer, de toute façon, répondit Victoire en haussant une épaule, en souriant. Je m'aime bien comme je suis.
-Oui, moi aussi. Moi aussi, je t'aime bien comme t'es. »
Il se pencha vers elle, posa un bras sur ses épaules et lui embrassa la joue dans laquelle se creusait l'une de ses fossettes.
Au même moment, un vacarme motorisé englouti toutes les discussions et ils se tournèrent tous vers la moto volante de Barney qu'il garait avec maîtrise, un peu plus loin, sur la terrasse. Ce qui fit froncer Claire qui, dès l'instant où le bruit du moteur mourrut, s'exclama :
« Dis-moi, Don Juan, où t'as vu le panneau « stationnement bécane autorisé », dans le coin ?! Tu vas me passer la serpillère sur ma terrasse, dès que les « brrrritiches » seront retournés chez eux, c'est moi qui te le dis !
-Je savais bien que je t'avais manqué, Claire ! rétorqua Barnabé.
-Vous nous avez pas attendus pour manger, à ce que je vois ! ironisa Dominique, de fort bonne humeur, en étudiant la longue table. Mais attendez, vous petit-déjeunez ?!
-Oui, c'est un tout nouveau concept, visiblement, c'est destiné aux loques humaines qui se livrent à une existence de débauchés et embrassent avec abandon leur vie de bâton de chaise, annonça Claire à sa petite fille. »
Elle leva le menton sur Barney et Dominique qui l'observaient avec amusement, postés côte à côte derrière sa chaise.
« J'vais faire cha tous les jours ! décida James, la bouche pleine d'un pancake bien garni.
-Bah pense à ton balais, Jamie, intervint George. Faut qu'il continue à pouvoir te porter, starlette !
-Pff, je peux manger toute la table et je grossirais même pas ! C'est un talent familial !
-C'est vrai, certifièrent d'une même voix Albus et Lily.
-Faites attention au gêne Weasley, il est trompeur, les avertit leur grand-père Arthur, en riant. Il vous laisse vous gaver 25 ans comme des trolls et il attaque sans prévenir ! »
Hochant avec une exagération de dépit la tête, George se frotta le ventre, sous les rires de tous ses neveux et nièces, pendant que sa femme l'embrassait en lui assurant qu'elle trouvait son petit ventre adorable. Teddy rigolait encore en secouant la tête quand il sentit une présence derrière lui, entre lui et Victoire, et il se retourna, son hilarité soufflé comme la flamme d'une bougée. Son regard calculateur et menaçant d'attaque, Dominique était debout et droite, prête au combat. Teddy lança un coup d'œil à Victoire qui s'était elle aussi retournée vers sa petite-sœur.
« Dom ! s'exclama-t-elle. Alors, où t'as emmené, Barney ?
-A la falaise maudite.
-Oh, ça devait être intéressant…
-Assez, oui… »
Un fantôme de sourire passa sur ses lèvres et Teddy se détendit, sentant l'atmosphère se déglacer. Mais Dominique avait comme un sixième sens pour le conflit, et elle lui asséna un regard foudroyant pour le placarder à sa chaise, lui rappeler qu'elle était là et qu'il avait toute son attention. Qu'elle lui bondirait à la gorge au premier geste traître.
« Dom, Dom, Dom ! l'appela alors Molly. Tu veux venir à côté de moi ? Hugo est allé te chercher une chaise !
-Oui, j'arrive, Mo. »
Mais elle ne bougea pas tout de suite, prenant bien soin de visser au maximum son regard froid dans celui de Teddy mais celui-ci décida de mettre un peu d'eau dans leur vin.
« Tu devrais te dépêcher, Molly a fait des mini-tartes à l'abricot délicieuses, il en reste pas beaucoup…
-C'est ça, claqua-t-elle. Tu sais ce dont il reste pas beaucoup, non plus ? »
Mais Hugo arrivait déjà avec sa chaise, alors elle s'éloigna et alla s'assoir entre Molly et Hugo, la première s'affairant à lui attraper un peu de tout pour créer un buffet tout entier dans son assiette. Teddy fixait encore l'endroit où elle se tenait, avant de disparaitre de son champ de vision, et ce fut avec stupeur qu'il se rendit compte que c'était la première fois qu'il ressentait autre chose que de l'irritation et de la colère après une altercation avec Dominique. Non, cette fois-ci, il se sentait las et vidé.
« Je paris qu'elle parlait de mes minutes de vie…, tenta-t-il de blaguer.
-Ou peut-être qu'elle parlait seulement des licornes qui sont en voie de disparition… »
Avec une grimace, il leva les yeux sur Victoire qui souriait avec taquinerie. Heureusement, elle était encore plus nulle que lui pour les blagues. A la mine de Teddy, elle se mit à rire et posa une main réconfortante sur son genou. Elle ouvrait la bouche pour lui remonter le moral quand Dominique se pencha sur la table pour intervenir :
« C'est con que ce soit pas toi qui sois en voie d'extinction, Lupin ! »
Mais quelques minutes plus tard, Barney arrivait avec une chaise pour se faire une place à côté de Dominique et il n'y eut plus de remarques acides pour le reste du repas.
xOxOxO
« Donc, ça y est, c'est officiel ? demanda alors Dominique. Vous avez remis le couvert ? »
Allongées sur une gigantesque serviette, Victoire et Dominique prenaient le soleil tandis que, un peu plus bas, la mer regorgeait de barboteurs et de romances à l'eau de rose. A travers ses lunettes, Dominique pouvait voir Scorpius qui ne lâchait plus Rose, depuis la veille ; Lorcan et Roxanne qui, en parfait couple marié, s'embrassaient et s'entassaient au rythme des vagues. Et puis entre tout ça, James et Albus essayaient de se noyer mutuellement, et Hugo jouait à la balle avec Molly et Georges, et Barney était un peu plus loin avec ses propres amis qui étaient arrivés, il y a quelques minutes. Dominique ignorait si c'était Barney qui les appelaient avec son fichu coquiphone ou si c'étaient eux qui avaient un faible pour ce coin de l'île, mais les après-midi où ils n'apparaissaient par magie à un moment ou à un autre étaient à marquer d'une pierre blanche.
Aux abonnés absents, Louis était à l'inverse parti faire visiter le centre-ville de l'île à Walter et tous deux passaient certainement une parfaite petite après-midi en amoureux.
La question n'attira pas seulement l'attention de sa grande sœur mais aussi les deux mères des jeunes mariées, Luna et Angelina, qui bronzaient juste à côté des sœurs Weasley-Delacour, mais aussi de Fred qui discutait avec sa mère de choses et d'autres. La première avait même sorti ses superbes lunettes de soleil aux verres roses et émeraude, en forme de radis, qui lui avait valu bien des compliments amusés.
Toute la famille s'interrogeait beaucoup sur les péripéties sentimentales du fameux couple phare, et ils avaient tous remarqué que, ces derniers jours, la météo était plutôt au beau fixe. A vrai dire, ils espéraient tous une réconciliation prochaine.
Victoire rit en voyant ces quatre regards pivoter vers elle.
« Non, répondit-elle en décevant les trois quarts de son auditoire, mais on a réglé quelques problèmes…
-Il n'y a pas de problème, tu sais, mon sucre, lui assura posément Luna. Rien que des solutions.
-Et puis, rien de telle que des vacances sur une île paradisiaque pour prendre un nouveau départ ! »
Et les deux femmes rirent à l'unisson, échangeant un regard complice qui fit sourire Dominique. Elle n'avait jamais vu deux belles-mères s'entendre aussi merveilleusement bien ! Angelina semblait même mieux comprendre Luna que Tonton Harry qui avait tout de même combattu un Lord Noir avec elle.
La seconde qui suivait, la conversation changeait totalement de direction et Angelina se redressait sur sa serviette en proposant qu'ils partent en vacances ensemble, entre « belles-familles », et Luna proposa la Transylvanie et Altantis. Dominique et Fred échangèrent un regard par-dessus l'épaule d'Angelina, hésitant à rappeler à Luna qu'Altantis n'existait tout simplement pas, puis ils décidèrent qu'ils n'avaient pas la patience requise pour la conversation qui s'ensuivrait. Aussi, Dominique reporta son attention sur sa grande sœur.
« Ouais, ben… réfléchis quand même, Vic, avant de relancer le cercle vicieux. T'as déjà assez perdu de temps à cause de lui.
-Je… je pense pas que j'ai perdu mon temps, en fait, contra-t-elle en regardant Dominique. Je pense juste que Teddy a besoin de temps et que c'est ce que je lui ai donné.
-Euh, il avait besoin de dix ans, peut-être ?
-Je sais que… ça parait énorme mais… petit à petit, on a avancé, il a avancé et…
-Vic… Ce mec a un besoin autodestructeur, il finit toujours par tout gâcher.
-C'est pour ça que je peux pas le laisser tomber. Et de toute façon, même après tout ça, je n'en ai pas envie.
-Alors, je vais devoir le tuer moi-même… je suis sûre que notre amour de grand-mère sera ravie d'aider à faire disparaitre le corps !
-Tu sais, Dom… »
Dominique s'était rallongée sur la serviette et observait les minces nuages essayer de lutter contre le vent qui les balayait du plafond azur quand le ton de Victoire l'inquiéta. Elle tourna la tête vers elle, leur serviette caressait les taches de rousseur de sa joue et les yeux gris de Victoire la fixaient déjà. Il y avait une immensité intense dans son regard et Dominique s'attendait à une nouvelle alarmante quand sa sœur lui dit :
« J'ai fini par me dire que tout irait toujours bien tant que tu seras avec moi. Peu importe ce qui peut m'arriver, tu es là et, en fait… bah, ça va quand même. Donc, que ça s'arrange avec Teddy ou pas, je n'ai pas peur, ça ira et merci pour ça, ma chérie. »
Le cœur de Dominique se gonfla d'émotion et elle sourit en prenant la main de Victoire dans la sienne, et entrelaça leurs doigts. Elle secoua la tête en repoussant les larmes qui lui montaient aux yeux.
« Tout cette flatterie pour que j'en oublie de buter ton blaireau de mec… c'est moche, Vic, très moche… »
Victoire éclata de rire, posant sa deuxième main sur leurs doigts liés, et sa petite sœur la rejoignit dans son hilarité. Puis, une longue et large ombre tomba sur Dominique qui cessa de rire. En contre-jour, elle ne le reconnut pas tout de suite mais quand il vint se coucher sur la serviette, juste à côté d'elle en la poussant sans plus de manière pour se faire de la place, tout en l'attrapant des deux bras pour la plaquer contre son torse trempé et tout le reste de son corps qui n'était pas plus sec –le pire était de très loin son short de bain, véritable éponge qui relâchait toute sa réserve d'eau sur elle-, elle eut vite fait de crier son nom avec colère et irritation.
« BARNEY, PUTAIN DE BORDEL, LACHE-MOI !
-Oh allez, fais-moi un câlin quand même ! rigola-t-il en la retenant contre lui.
-C'est pas vrai, t'es super chiant, s'énerva-t-elle avant de crier quand il secoua la tête et lui projeta des milliers de gouttelettes en pleine figure. JE VAIS T'ETRANGLER !
-Ca va, Vicky ? l'ignora-t-il en faisant un coucou de la main à son amie d'enfance qui les observait avec un sourire malicieux. J'veux pas déranger mais j'ai pas de serviette, du coup je me suis dit que vous me feriez une petite place… vous savez, la courtoisie britannique…
-Oh mais t'es toujours le bienvenu, Barney ! »
Dominique arriva à se dégager des bras de Barney quand il occupa une de ses mains à s'arranger les cheveux qui partaient dans tous les sens après son petit numéro de chien mouillé et elle lui jeta un regard meurtrier quand il se repositionna contre elle pour ne pas être brûlé par le sable ardent qui s'étalait partout autour de la serviette. Ce qui le sauva fut qu'il décida de rester positionné sur son flanc et ainsi ne prenait pas trop de place, et Dominique décida de laisser couler. Il posa une main sur le ventre de Dominique et elle ne la repoussa pas, ce qui ne fit qu'accroitre le sourire de Victoire.
« Tu devrais plutôt me remercier, Dom, je suis venu te rafraichir un peu !
-Et tu pouvais pas me ramener une limonade, plutôt ?
-J'sais pas, j'y ai pas pensé… »
