L'intelligence de Spencer est un bouclier qui le protège de ses propres émotions et en ce moment ce bouclier est, disons, en réparation.

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Spencer avait toujours l'air chancelant, et Penelope n'avait pas des pouvoirs de soins infinis. Hotch regarda son équipe en piteux état. Il savait ce qui les attendait. Il savait qu'il avait besoin de chacun d'entre eux.

Il savait aussi qu'il ne pouvait pas les mettre en danger pour une vendetta personnelle.

- Penelope, Spencer, restez avec le dresseur, ordonna-t-il.

Deux têtes de tournèrent brusquement vers lui avec un regard accusateur. Hotch soutint ces deux regards sans céder, en dépit de l'expression de vive trahison dans les yeux de Spencer.

Vous ne pouvez pas y aller sans moi ! protesta-t-il en se redressant complètement.

Définitivement plus grand. Pas aussi grand qu'il l'aurait été s'il avait réellement évolué, mais il ne pourrait plus aller se percher sur l'épaule de Hotch, désormais. L'agent l'avait porté pour la dernière fois. Vous êtes sourd sans moi. Vous allez devoir donner le nom des attaques à voix haute. La ferme, Dave !

Hotch se tourna vers Dave, et remarqua la manière dont la tête du Roucarnage était inclinée avec curiosité vers Spencer, le bec entrouvert.

- Tu es d'un rang supérieur à lui, lui dit Hotch, es-tu d'accord sur le fait qu'il devrait rester ?

Dave acquiesça, et la fourrure de Spencer se hérissa, tandis qu'il poussait un cri de colère involontaire. Non !

- C'est un ordre, aboya Hotch avant de se tourner pour s'éloigner.

Dave le suivit après un court instant, Emily à coté de lui. Les bruits de pas résonnaient dans la pièce vide, et Hotch finit par entendre JJ s'élever dans les airs pour les suivre elle aussi, comme si elle était restée pour donner un dernier conseil à son ami.

Il n'avait pas le choix. Spencer et Penelope… ils n'étaient pas des combattants…

Et de meilleurs combattants que lui-même étaient tombés face à Foyet.

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La Pokéball était posée entre eux.

- Je ne suis pas un dresseur, dit froidement Hotch en la fixant. Je n'ai aucune intention d'en devenir un.

Plus de créatures dépendantes de lui à décevoir, c'était la dernière chose dont il avait besoin.

- C'est adorable que tu penses avoir le choix, répliqua Gideon en faisant rouler la Pokéball vers lui avec un geste de la main.

Hotch l'attrapa d'un geste reflexe, soupesa son poids imposant, et sentit une force lente, importante, à l'intérieur.

- Prends-le. Aaron, ce qui est arrivé-

Les doigts aux articulations blanches de Hotch se refermèrent sur la surface chaude de la balle. Avec un frisson, il reconnut ce qui était à l'intérieur.

- Il ne m'écoutera pas, rappela-t-il à son supérieur en avalant difficilement, la peine et l'inquiétude se mêlant à des blessures encore en train de guérir pour lui rappeler le poids de ses erreurs. Jason, tu ne peux pas me donner ton Roucarnage. Il est trop puissant pour moi-

- Je ne te le donne pas.

Gideon se rassit à son bureau, les mains jointes devant lui.

- Ton refus d'utiliser une équipe a fait stagner une carrière qui aurait du être fulgurante, Hotch. Quand tu as commencé ici, tu étais le « crack ». Hotchner le crack, c'est ainsi qu'ils t'appelaient, et ne va pas t'imaginer que je n'entendais pas. Tu es arrivé jusqu'ici tout seul. Impressionnant, c'est vrai, mais maintenant tu dois apprendre qu'utiliser une équipe ne signifie pas admettre que tu ne peux pas le faire seul. Considère ceci comme un emprunt jusqu'à ce que tu le comprennes… et jusqu'à ce que nous trouvions l'Eventreur.

Le regard baissé sur la Pokéball, Hotch sentit son sang bouillir dans ses veines. Il déglutit une fois, deux fois, trois fois, en se souvenant du glissement de la lame sur sa peau, des cris de Haley, des pleurs de Jack…

Dans ce travail, ils se faisaient des ennemis. Parfois, ces ennemis revenaient toquer à leur porte.

- Si j'avais eu des Pokémon, il ne serait jamais rentré chez moi, commença Hotch d'une voix rauque, avant de se mettre à tousser.

Cela tira sur ses points de suture. Il ferma les yeux, les dents serrées.

- Il n'aurait jamais-

- Arrête, le coupa Gideon d'une voix sèche, ce qui sortit Hotch de la spirale dans laquelle il plongeait. Ce qui est fait est fait, Aaron. Garde Dave avec toi… c'est mon plus grand et mon plus vieil allié. Je dois y aller. Quelque chose est entré dans mon chalet et a déclenché les alarmes. Le dératiseur pense à des ratons laveurs ; il veut poser des pièges mais je préfèrerais une issue moins meurtrière.

Il se leva avec un sourire triste, attrapa son manteau et passa à coté de lui.

- Rentre chez toi. Dors un peu. L'Eventreur ne va pas disparaître entre aujourd'hui et lundi matin, et je sais que tu n'as pas eu la moindre pause depuis maintenant un mois. C'est un ordre, repose-toi !

Et il disparut sur ces mots. Hotch cligna des yeux, les sourcils froncés. Le cerveau tournant à toute vitesse, il lui fallut un instant de trop pour réaliser ce qui venait de se passer.

Gideon ne lui avait pas laissé son Pokémon pour lui apprendre une leçon.

Il le lui avait laissé pour que Hotch ne rentre pas chez lui seul, dans une maison vide.

- Bon sang, Jason, marmonna Hotch avant de se tourner pour le suivre. Je n'ai pas besoin que tu me couves.

Mais il serra la Pokéball dans sa main malgré tout.

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- Coucou Hotchy, sourit Foyet du haut de son perchoir, sur le dos imposant d'un Léviator à la gueule grande ouverte. Ca fait un bail que je ne vous ai pas poignardé. Comment va la fam- oh… attendez. Oh. Je dois dire, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus spectaculaire de la part de « Hotchner le crack ». Pas quinze années à attendre que vous vous pointiez.

Hotch ignora ses railleries. Il ignora la colère. Il ignora tout ce qui essayait de le paralyser en cet instant : le souvenir des cris, le souvenir de la douleur, le souvenir d'une solitude dévastatrice.

- George Foyet, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Jason-

- Oh, oh, oh, je connais ça ! rit George en glissant de son Pokémon, ses pieds heurtant les pierres avec un petit bruit quand il atterrit au sol. Laissez-moi m'en charger : « George Foyet, espèce de charmant fils de pute, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre d'un connard de Champion vaniteux, Jason Gideon…

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Jason Gideon, disait l'écran trop lumineux du portable quand Hotch le regarda en grimaçant dans l'obscurité de la pleine nuit. Trois heures du matin, nota-t-il.

- Hotchner. Qu'est-ce qu'il y a ?

Il pouvait entendre la respiration haletante de Gideon.

Il était en train de courir.

- Aaron, il sait où nous avons caché Haley et Jack. Il est après eux !

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- Vous l'affrontez ensemble, dit Hotch à ses trois derniers coéquipiers, ignorant toujours Foyet. Couvrez les faiblesses des autres.

- …de la toujours adorable Haley Hotchner, puisse-t-elle reposer en pièces en haïssant l'époux qui l'a laissée mourir…

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La maison avait disparu. Il ne restait que destruction : les fondations arrachées du sol par un coup de queue ; le sol en morceaux éparpillés et détruits par la force des explosions ; du bois, des pierres et tout ce qui constituait une maison disséminés dans la rue en des tas désordonnés. Toute la rue était noire de monde, des gens pleuraient, des sirènes de véhicules hurlaient.

- Un Léviator, disait quelqu'un. Il est venu de nulle part…

Il trouva Gideon au milieu de la ruine qui avait dû être un salon, un Mackogneur dégageant les gravats qui le recouvraient. Contrairement à ses Pokémon, contrairement aux créatures qui étaient mortes pour protéger sa famille, Gideon était en un seul morceau. Foyet lui avait tiré dessus.

Même un Champion pouvait tomber sous une balle.

Il y eu un son sourd et empli de deuil derrière lui. Hotch se tourna, hébété, et vit Dave penché sur le corps avachi et brisé d'un Dracaufeu. Les ailes oranges et sarcelle du petit dragon étaient déchirées, arrachées, et son poitrail était enfoncé à l'endroit où il avait reçu le coup. Dave le pleurait.

Non, Dave ne le pleurait pas seulement. Il avertissait aussi Hotch de rester à l'écart.

Hotch fit un pas en avant. Dave secoua la tête, les yeux brillants. Hotch fit un autre pas. Quelque chose craqua sous son pied. Un cadre photo. Il leva le pied.

Jack et Haley, le jour de la naissance de Jack. Huit mois auparavant. Jack, jack, Jack, Jack que ce ne soit pas Jack, oh mon dieu faites que ce ne soit pas Jack…

Ce n'était pas lui.

Le Dracaufeu de Gideon était tombé avec les ailes drapées au dessus d'Haley. Il était mort en essayant de la sauver. En essayant. En échouant. Tout comme Hotch avait échoué.

- Mon fils, dit-il d'une voix blanche en fixant le corps de sa femme. Où est mon fils ?

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- Dave.

Hotch s'efforça de ne pas laisser sa voix trembler. Le Roucarnage l'ignora, les yeux fixés sur Foyet, la haine irradiant pratiquement de ses ailes aux plumes en pagaille, le bec claquant avec impatience.

- Dave.

S'il y avait un moment où il fallait que Dave l'écoute, c'était maintenant. S'il ne l'écoutait pas… cela leur couterait absolument tout.

- J'ai besoin que tu couvres ton équipe. Ne pars pas seul à sa poursuite. Il a cinq combattants viables. Nous en avons trois. Nous avons besoin de toi.

Dave siffla.

- …oh, oh, et le dernier mais pas le moindre, l'adorable et oh si pathétiquement sans défense petit Jack, pauvre bâtard.

La voix ricanante de Foyet se rapprochait. Hotch frissonna et tourna la tête pour lui faire face, la colère montant rapidement en sa tête et en son cœur, le poussant à se montrer imprudent.

- Il faut que je vous demande, continua Foyet, cela m'a tracassé pendant quinze ans… est-ce qu'il en restait encore assez de lui pour l'enterrer, Aaron ?

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- Les Pokémon chercheurs de cadavre n'ont retrouvé aucun autre corps, Agent Hotchner. Votre fils n'est pas là.

Le sol trembla sous lui, menaçant de le faire tomber à genoux.

L'Eventreur avait Jack.

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La colère monta brusquement.

- Abattez ses Pokémons, dit-il froidement à son équipe. Et ensuite lui. Pas de pitié.

Tous trois hurlèrent, sentant sa peine et sa colère, toutes deux accumulées depuis quinze ans, puis ils chargèrent. De la lumière blanche jaillit devant eux, et Foyet riait, riait, riait, ses Pokémon volant autour de lui. Deux Draco percutèrent JJ avec des cris identiques. Un Ptéra s'envola avec un hurlement retentissant, ses serres se mêlèrent à celles de Dave dans un affrontement violent et vicieux, et en un instant le sang et les plumes volèrent autour d'eux. Un Dracolosse silencieux, mortellement silencieux, se précipita sur Emily, apparaissant puis disparaissant hors de vue en essayant de se montrer plus rapide que le léger renard.

Et Foyet marchait tranquillement vers Hotch, son Léviator levant sa tête massive en serpentant après lui, creusant un chemin destructeur sur son passage. Une lame brillait dans la main du dresseur.

- Vous n'auriez pas du venir seul, Aaron, sourit Foyet. C'est une erreur stupide.

Hotch cligna des yeux, et posa la main sur sa ceinture. Il sourit, en dépit de la douleur. Il sourit à cause de la douleur.

- Je ne suis pas seul, murmura-t-il plus pour lui que pour Foyet. J'ai mon équipe. Et ils se sont déjà montrés plus malin que vous par le passé.

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Hotch se recroquevilla sur lui-même, perdu. Son fils avait disparu et lui il était perdu.

Foyet était un putain de fantôme. Aucune trace de lui.

Aucune trace de Jack.

Et il était en train de sombrer.

Dave était blotti contre le bureau de Gideon, ramassé, le plumage froissé, misérable. Hotch avait de la peine pour lui aussi. Il avait perdu cinq amis. Ses amis. Son dresseur. Tout.

Mais Hotch avait lui aussi tant perdu. Il était encore maintenant en train de tout perdre.

Et il était perdu juste quand on avait besoin de lui.

Il ferma les yeux, tenta de réprimer la douleur, et-

Il les rouvrit brusquement.

- Pourquoi Gideon était-il plus proche de la planque que moi ? demanda-t-il en sentant son corps se lever pratiquement sans sa permission. Il a dit qu'il se rendait à son chalet. C'est à des kilomètres. Même avec Anderson pour le faire voler jusque là, il n'aurait pas pu être là avant toi, les Dracaufeu sont plus lents que…

Il trébucha jusqu'au bureau, les mains volant au-dessus de la boîte contenant les preuves. La boîte de preuves qu'il ne devrait pas avoir en sa possession. Mais il l'avait, car il était venu ici avec l'intention de résoudre l'affaire, avant de s'effondrer sous le poids de sa solitude.

Dave se redressa, vacillant, et s'approcha tandis que Hotch trouvait le téléphone de Gideon, l'ouvrait d'une main et parcourait la liste d'appels.

Appel sortant : A. Hotch.

Appel sortant : 911

Appel sortant : Centre Pokémon Principal de DC : ligne d'urgence pour Pokémon perdus ou abandonnés

Il appuya sur le bouton d'appel avec un doigt tremblant, porta le téléphone à son oreille et fixa Dave. Le Roucarnage le fixa en retour, les yeux écarquillés, et tremblant presque tellement il était tendu.

- Centre Pokémon Principal de DC, que puis-je faire pour vous ?

- Je suis l'agent Hotchner du FBI.

Hotch tenta de ne pas être agressif, mais échoua, sa voix était brusque et suffocante

- Madame, ceci est de la plus grande importance, avez-vous reçu un appel d'une personne appelée Jason Gideon, dans la nuit d'hier ? S'il vous plaît, des vies sont en jeu.

- Oh mon dieu, euh, je dois…

Hotch compta ses respirations pendant que des bruits de touches lui parvenaient. Une… deux… trois… quatre…

- Vous êtes toujours là, Agent ? Nous avons bien un compte-rendu de cet appel. Monsieur Gideon devait amener un Pokémon perdu qu'il avait retrouvé dans sa propriété. L'infirmière ne semble pas avoir noté l'espèce, ou alors Monsieur Gideon lui-même l'ignorait quand il a appelé, mais quoi qu'il en soit il semblait certain du fait qu'il aurait besoin d'être soigné.

- Et il ne l'a jamais amené ?

- Non, Monsieur. Une infirmière l'a attendu mais il n'est jamais venu. Y a-t-il quoi que ce soit d'autre que je puisse faire pour vous aider ?

Sa respiration était forte, son cœur rata un battement, puis battit deux fois d'un seul coup pour se rattraper.

- Savez-vous pourquoi il aurait pu ne pas connaître l'espèce du Pokémon ? l'Agent Gideon a- avait une grande expérience avec les Pokémon. Il aurait sûrement…

Il n'était pas certain de savoir pourquoi il posait une telle question. Il n'y avait eu aucun autre Pokémon sur les lieux. Uniquement ceux de Gideon.

- Oh il y a beaucoup de raisons pour lesquels même un dresseur expérimenté aurait pu avoir du mal à l'identifier. Il pourrait s'agir d'une espèce étrangère, échappée ou relâchée par un dresseur dans la mauvaise zone, nous avons eu de graves problèmes avec des Ecremeuh en liberté dans le Parc National de Tongass, au Canada. Il pouvait aussi s'agir d'une espèce dotée de capacités d'illusion, un Métamorph par exemple. Il aurait aussi pu être capable de se téléporter-

Hotch fut dehors avant que la ligne ait eu le temps de se couper.

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De la glace leur fouettait le visage tandis que Foyet s'avançait. Le Léviator rugit quand le blizzard de JJ s'abattit sur eux, envoyant le Ptéra qui était au prise avec Dave s'écraser au sol. Dave le percuta avec une force capable de briser les os, ses serres agrippant, tirant, déchirant, et la créature ne se releva pas. Mais les Draco se rapprochaient d'elle, et elle ne pouvait pas éviter leurs très puissantes explosions de draco-rage éternellement, même une fois rejointe par Dave.

- Ils tomberont, vous le savez, dit Foyet.

Au même instant, un ultralaser fit trébucher Emily et la jeta droit dans la trajectoire du prochain coup du dragon aux attaques surpuissantes, incapable de faire quoi que ce soit face à la prise du Pokémon bien plus gros qu'elle.

- Ceux de Gideon sont tombés, pourquoi vos Pokémon seraient-ils différents ?

Hotch se jeta sur lui, plus vite que ce à quoi Foyet s'attendait. Ils tombèrent, roulèrent au sol, et Hotch parvint à frapper la cheville de l'autre homme avec son pied.

- Argh ! gronda Foyet avec colère avant de donner un coup de sa lame.

Le sang était chaud et lui tombait dans les yeux, mais Hotch ne fléchit pas. Il ne pouvait pas. Il y avait bien trop en jeu.

- Mes dragons vont détruire votre précieuse équipe, vous le savez ! Ils vont les détruire. Et j'irais ensuite présenter leurs corps au monde comme un avertissement – vous ne pouvez pas vaincre des dragons, Hotchner !

Il se trompait. Son équipe pouvait réussir.

Il fallait qu'ils réussissent.

Foyet. Continuait. De parler. Même quand Hotch envoya son poing dans sa mâchoire et attrapa la main qui essayait d'abattre la lame sur son torse sans protection.

- Ils sont difficiles à attraper et à élever, mais leur pouvoir est supérieur. Ils sont quasiment indestructibles. Ils sont les plus intelligents de tous. Et vos Pokémon sont faibles pour eux. Faibles ! Regardez ! Et en voilà une de moins!

JJ s'écroula. Une attaque draco-rage la toucha et la jeta contre le mur. Elle tomba, roula, glissa du bord de la plateforme sur laquelle ils combattaient, et tomba dans l'abime. Hotch donna un coup, sentit un os craquer sous son pied, et attrapa une Pokéball pour la rappeler avant qu'elle tombe trop loin, hors de portée. La lumière blanche jaillit alors qu'elle revenait, vaincue. Mais vivante. Bien vivante, dieu merci.

Dave poussa un cri de rage, désormais assaillit par deux dragons. Et Emily luttait toujours pour s'en sortir.

- Peuvent pas gagner, hoqueta Foyet, le nez brisé, les yeux brillants. Léviator… hydrocanon sur le Feunard. Anéantis-la.

Le Léviator se tourna. Emily grondait face au Dracolosse, et tournait le dos à la force mortelle qui avançait silencieusement vers elle. Sans qu'elle en ait conscience.

Hydrocanon la jetterait contre le mur. L'immobiliserait là avec la force déferlante de l'eau.

Elle serait écrasée. Noyée.

- Emily ! rugit Hotch en sortant sa Pokéball. Reviens !

Mais elle gonfla sa fourrure, lui jeta un regard noir et l'ignora, refusant d'obéir à son ordre. La Pokéball se désactiva. Le Léviator ouvrit la gueule.

- Emily !

Les trombes d'eaux heurtèrent l'endroit où elle se trouvait avec une force torrentielle, fracassante, et la plateforme se brisa en deux quand le jet la traversa comme un couteau chauffé à blanc à travers du beurre. Impossible de survivre à ça.

- Non !

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Le chalet de Gideon n'était pas silencieux. Dave atterrit aussi doucement qu'il put, mais ils pouvaient déjà entendre les cris. Les cris d'un bébé. Affamé, effrayé et seul, il criait car il ne pouvait rien faire d'autre.

Et Hotch se mit à courir. Il passa la porte avec un gémissement qui ressemblait vaguement à « Jack », et chancela en voyant son fils se débattre sur le tapis, le visage rouge, affaibli par la faim et la détresse. Il fit un pas en avant, tomba à genoux, tendit les mains…

Un flash violet apparut entre lui et son fils, juste une fraction de seconde.

Quand il disparut, son fils n'était plus là. Les pleurs cessèrent.

Un instant après, ils reprirent. Dans la chambre. Déglutissant difficilement, Hotch suivit les cris.

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Foyet riait sous lui pendant que Hotch le frappait. Encore, et encore. Espèce de salaud, grondait son esprit, car Emily était morte, elle l'était forcément, elle ne pouvait pas avoir-

Emily aboya. Hotch leva les yeux, stupéfait. Confus.

Le couteau s'abattit et lui entailla la mâchoire. Il eut un vif mouvement de recul et évita de peu d'avoir la gorge tranchée. Son épaule heurta durement le sol et, l'espace d'un bref instant, il se retrouva à la merci de Foyet, le souffle coupé.

Le couteau s'abattit. Mais ne le toucha jamais.

Une patte attrapa le poignet de Foyet, les griffes pénétrant profondément dans la chair.

Ne le touchez pas, murmura Spencer, la voix glaciale. Foyet cligna des yeux. Emily gronda en tournant autour d'eux, et le Dracolosse se précipita vers eux. Les yeux se Spencer brillèrent d'un violet profond et il disparut, emmenant Foyet avec lui.

Hotch se releva péniblement et fixa le vide, là où Foyet s'était trouvé accroupi juste avant juste au moment où Emily enflamma l'air devant eux. Le Dracolosse vola droit dans le brasier et hurla de douleur. Il heurta le sol et ne bougea plus, à l'exception de son flanc qui s'abaissait. Elle se détourna, désintéressée à présent que le dresseur n'était plus là pour le pousser à davantage de violence.

Il y eut alors un twop au-dessus de leur tête quand Spencer réapparut. Pendant une seconde, Foyet resta suspendu dans les airs, le temps que la gravité essaye de décider du sens dans lequel agir, et le Pokémon le lâcha. Foyet heurta violemment le sol à trois mètres de Hotch.

Le Léviator rugit, les fondations tremblèrent et, tandis que son énorme queue battait dangereusement, il se cabra et tenta d'atteindre l'Abra qui lévitait toujours.

Le tonnerre gronda et un éclair s'abattit sur la nuque tendue du Léviator. Le sol gronda sous leurs pieds tandis que Derek arrivait avec un rugissement surpuissant, et quatre autres coups de fatal-foudre frappèrent leur cible.

Le Léviator s'écroula.

Foyet se remit sur ses pieds, très pâle. Derek se tourna vers lui.

Il se mit à courir.

Et Spencer apparut juste devant lui.

.

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Après avoir pris une profonde inspiration, il entra brusquement dans la chambre :

- Attends !

Mais le flash violet disparut encore et Jack n'était plus là.

- Merde ! s'écria Hotch.

La panique faisait tourner son cerveau à cent à l'heure et les cris affaiblis de son fils s'élevaient non loin.

Il se précipita dans la cuisine, fou de colère et de terreur, et faillit tomber quand son pied heurta quelque chose de lourd et rond, qui se mit à rouler bruyamment.

Il baissa les yeux.

Une boîte de…

Lait en poudre ?

Hotch la fixa sans bouger. Puis, il fit lentement le tour de l'îlot central et se rendit compte que le sol était littéralement recouvert de boîtes de lait en poudre cabossées, certaines ouvertes, d'autres non. Il y avait de la poudre partout.

Une autre boîte accrocha son regard. Gideon ne mangeait jamais de nourriture en boîte. Gideon était, au contraire, extrêmement pointilleux sur la qualité de ce qu'il mangeait.

Et pourtant elle était là… une boîte de conserve de morceaux de pèches, pleine de marques de griffes et de morsure, et le dessus éventré à l'endroit où des griffes maladroites avaient essayé de l'ouvrir.

Hotch ravala sa colère et sa panique pour ramasser la boîte. Il ouvrir un tiroir, trouva un ouvre-boîte. Dave siffla, confus, et le regarda comme s'il avait fini par perdre l'esprit tandis qu'il ouvrait la boîte et versait le contenu dans un bol, pour ensuite le poser sur le sol et se redresser.

- Tu as faim, n'est-ce pas ? appela-t-il.

Les gémissements de Jack lui parvinrent du dessus. Quelque chose bougea dans l'espace sous le toit.

- Allez. Je sais que tu as faim. Je sais que Jack aussi. Pourquoi tu ne descendrais pas manger pendant que je lui prépare un biberon ? Il faut mettre le lait dans de l'eau chaude, tu sais ? Je peux te montrer.

Silence.

Un faible gémissement.

- Je t'en prie, l'implora Hotch. Si tu peux m'entendre… si tu me comprends. C'est mon fils. Et tu l'as sauvé… mais maintenant il faut que tu me fasses confiance. S'il te plaît.

.

.

Foyet courut droit vers l'Abra et trébucha presque sur lui. Ils disparurent à nouveau. Pour réapparaître dans les airs.

Hotch réalisa avec un frisson glacé que Spencer était complètement fou de rage.

Vous avez tué Gideon, siffla Spencer. Et dans ce sifflement il y avait le souvenir de Dave qui pleurait son équipe, le souvenir de mains pleines de bonté qui s'approchaient d'un jeune Pokémon, le soulevaient et le blottissaient au chaud sous un coupe-vent.

Il le laissa à nouveau tomber. Foyet heurta le sol avec un hurlement, et sa jambe se brisa. Ils regardèrent tous, choqués.

Vous avez tué Haley.

Spencer n'avait jamais connu Haley, mais il assaillit malgré tout Foyet de pensées, de souvenirs, de sensations. La peur de Gideon. Jack qui criait, criait, désespérait d'être nourri, et ne pensait qu'au contact de sa mère. Lui, blotti dans la voiture de Gideon, entendant le Léviator éventrer la maison. La téléportation auprès de l'homme qui l'avait aidé.

Gideon qui lui ordonnait de fuir. Une femme qui criait.

Un bébé.

Il avait fui. Mais il n'avait pas fui seul.

Vous avez fait du mal à Aaron.

Davantage de souvenirs. Faire parti d'une équipe. D'une famille. Une cravate faite maison, des amis autour de lui, se réveiller dans une maison qui n'était pas vide, Hotch qui lui donnait des livres, des connaissances et lui apprenait plus qu'il aurait pu imaginer. Qui élargissait ses horizons. L'amour.

Foyet poussa un hurlement.

L'attaque ténèbres sortait par bulles du sol autour de lui, dévorant ses jambes et s'étendant jusqu'à son torse pour l'engloutir sous le regard de Hotch.

Il ignorait quand Spencer avait appris l'attaque tourmente, mais il la connaissait désormais et l'utilisait sans pitié. Foyet hurla à nouveau.

Vous avez attaqué ma famille.

.

.

Twop.

Hotch se retourna, profondément secoué. Accroupi près du bol, la queue longue et fine battant derrière lui, l'Abra le fixa, les dents dénudées. Il s'avança doucement vers le bol avec un long grondement sourd et lancinant comme un moteur.

Jack était dans ses bras, fermement tenu par ces pattes démesurées, et en serrait une des griffes dans sa petite main. L'abra se recroquevilla, le bébé sur ses genoux, et tendit une patte tremblante et hésitante vers le bol.

Hotch aurait voulu se précipiter pour arracher son fils de bras du Pokémon, le serrer contre lui et s'assurer qu'il allait bien, qu'il était vivant, vivant. Mais il ne pouvait pas. Un faux mouvement et il le perdrait à nouveau. Alors, au lieu de cela, il s'adossa au plan de travail et observa la scène.

Une griffe tapa le bol. S'arrêta. Les yeux noirs l'étudièrent. Jack gémit, une petite exclamation émise dans un souffle, et Hotch frissonna.

L'abra posa le bébé sur le sol avec douceur, puis disparut. Hotch tressaillit sous le choc.

Puis il s'avança brusquement, ramassa son fils et serra le bébé contre lui, pleurant presque de douleur et de soulagement.

Twop !

Il se retourna. L'abra chancela, ses genoux heurtèrent le tapis, et sa tête s'affaissa. Il s'écroula, épuisé. Sa dernière téléportation l'avait vidé de ses dernières forces. Il heurta le sol, impuissant et trop faible pour se défendre. Quelque chose roula de sa patte.

Je savais qu'il fallait de l'eau chaude, fit une voix si faible et basse que Hotch se demanda s'il l'avait imaginé. J'ai essayé. Je n'ai pas pu. Je n'ai pas pu… Ne… Ne me mettez pas dans une Pokéball… C'est tout noir. Je ne…

Et il s'affala, les yeux fermés. Inconscient. Le biberon qu'il tenait un instant avant, empli de poudre épaisse à moitié mélangée qui coulait des endroits où les griffes maladroites avaient percées le fin plastique, roula jusqu'à s'immobiliser.

- Bon dieu, souffla Hotch, stupéfait, avant de sortir son téléphone.

.

.

- Spencer.

L'Abra l'ignora. L'attaque remontait le long du corps de Foyet, dévorant son torse, sa gorge, sa bouche-

- Spencer ! aboya Hotch en faisant un pas en avant.

L'Abra frémit et tourna sa tête, lentement, très lentement, pour les trouver tous autour de lui à le fixer.

- Arrête. Ca… ça va te hanter si tu le tues.

Hotch voulait qu'il meure. Oh comme il le voulait.

Mais pas aux griffes de Spencer.

Emily s'avança, ventre à terre. Tendant le nez, elle toucha Spencer au niveau du coude et gémit doucement, les oreilles en arrière. La tourmente s'immobilisa, trembla, puis s'écarta de la bouche de Foyet, lui permettant de respirer.

Il nous a fait du mal, cria Spencer, l'esprit en effervescence. Chaque pensée sombre, chaque élan de gaine, chaque souvenir que Hotch avait gardé secret ces quinze dernières années, Spencer les connaissait tous. Spencer les avait gardés pour lui. Il nous a fait du mal !

- C'est vrai, dit Hotch en tendant la main pour que le Pokémon la prenne. Et il ne le fera plus. Sauf si tu continues… car alors tu ne parviendras jamais à tourner la page et le laisser dernière toi.

Spencer fixa sa main du regard.

- Oh, allons ! s'étrangla Foyet en riant. De la compassion, maintenant ? Après que j'ai tué votre fils, Aaron ? Vous vous êtes ramollis.

Vous n'avez pas tué Jack, dit soudain Spencer en se tournant à nouveau vers lui. Foyet le dévisagea avec stupéfaction. Je l'ai sauvé. J'ai réussi. Il est vivant… et il ne connait même pas votre nom. Imaginez ça, George. Un Abra a été plus malin que vous. Un enfant. Quel Eventreur vous faites !

La tourmente disparut. Spencer recula en secouant lentement la tête.

Je vous ai battu une fois, dit-il en levant le menton d'un air têtu. Et je vais vous battre une nouvelle fois. Vous allez moisir en prison. Et je ne penserai pas à vous une seule seconde !

Tout sembla s'arrêter un instant, puis Spencer prit la main de Hotch dans sa patte. Il se pressa contre sa jambe, son oreille frôlant le coude de Hotch. Sa décision prise, il tourna le dos à Foyet.

Non, pas sa décision, réalisa soudain Hotch en se rendant compte qu'il n'était plus furieux, dévoré par la rage et assoiffé de vengeance. Ma décision. Je le nourrissais de mes émotions. Et… je peux maintenant passer à autre chose.

Et c'est ce qu'il fit.

- George Foyet, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Jason Gideon, reprit-il en prenant ses menottes.

Foyet se mit à courir.

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Jack dormait d'un sommeil étonnamment profond dans son berceau, enfin libéré des tubes et des fils dont il avait été couvert pendant la nuit qu'il avait passé à l'hôpital, suite à l'inanition et à la déshydratation dont il avait souffert. Hotch l'observa avidement, en ressentant pleinement l'absence de sa femme, sa perte, puis il sortit de la pièce.

Il trouva Dave dans le salon, en train d'observer en silence l'Abra endormi, roulé en une minuscule boule sur le canapé. Il n'avait pas bougé depuis que Hotch l'avait mit là deux jours avant, se réveillant seulement momentanément pour avaler eau et nourriture avec un appétit vorace qui faisait vraiment peine à voir.

Il entendit une petite toux venant de la porte. Jessica, les yeux cernés de rouge et les cheveux en bataille.

- Tu sais qu'ils vont me mettre sous protection de témoin avec Jack, dit-elle en entrant dans la pièce et en s'approchant pour poser la main sur son épaule.

- Je sais, répondit-il, hébété. C'est moi qui l'ai suggéré. Je… je ne peux pas vous protéger de Foyet. Pas tout seul.

Les yeux brulants, il se retourna vers l'Abra, faute d'avoir quoi que ce soit d'autre à regarder. Même sous la fine couverture dont quelqu'un, probablement Jessica, l'avait recouvert, il pouvait voir trop d'os, pas assez de chair. La créature mourrait de faim. Couverte de saleté, bien trop maigre, et incroyablement misérable.

- Quel est son âge à ton avis ?

Jessica lui lança un drôle de regard.

- Je ne sais pas. Jeune, dit-elle finalement d'une voix étrange. Bien trop jeune pour être tout seul, en tout cas. Tu vas devoir laisser cet abra à quelqu'un qui peut s'en occuper. Sais-tu seulement comment élever un bébé Pokémon ?

Hotch fronça les sourcils. Quelle question !

- Oui ! dit-il d'une voix brusque.

Il tendit la main et effleura du doigt les touffes de fourrure sur l'oreille de l'Abra endormi.

- Bien sûr que je le sais. J'en suis parfaitement capable.

- Oh, j'en suis sûr, dit Jessica en s'éloignant pour toucher du doigt le bol collant et empli de morceaux de pêches qu'il avait laissé pour la petite créature. Mais tu sais, avec le travail… nous qui seront partis… eh bien, c'est une énorme responsabilité, Aaron. Et tu n'aime même pas les Pokémon.

Quelque chose dans le ton de sa voix le turlupinait. Il le fixa en plissant les yeux.

- Est-ce que tu essayes délibérément de me provoquer pour que je le garde ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

Elle sourit malgré son chagrin, les yeux brillants.

- Ahah, oui. J'aurais dû savoir que ça ne fonctionnerait pas avec un profileur, rit-elle faiblement avant de baisser les yeux sur l'Abra. Il est seul Aaron. Il a besoin de quelqu'un.

Il.

- C'est un mâle ? demanda Hotch en avalant difficilement.

C'était bien trop proche d'en savoir trop sur la créature à son goût. Plus encore que de savoir qu'elle pouvait communiquer, comme une personne. Enfin, non, pas comme une personne, c'était un Pokémon… ils n'étaient pas si intelligents.

Sauf qu'il avait volé le lait… et même presque réussi à le préparer. Il avait compris que Jack était en danger. Compris que dans le chalet de Gideon, il serait en sécurité.

Compris que Hotch était là pour l'aider.

Que pouvait-il comprendre d'autre ?

Spencer, fit une petite voix. Hotch sursauta et baissa le regard. Un unique œil à moitié ouvert le regardait en retour. Je m'appelle Spencer. Bonjour…

- Est-ce qu'il… est-ce qu'il vient de parler ?

Par bonheur, Jessica semblait aussi stupéfaite que lui.

- Bonjour à toi aussi, dit-il.

Il savait ce qu'il était sur le point de faire, mais n'appréciait pas pour autant.

Bon sang, Hotchner, pensa-t-il, frustré. C'est la dernière chose dont tu as besoin…

Je ne vais pas rester si vous ne voulez pas de moi, dit l'Abra. Il ferma les yeux, puis inclina la tête. Vous ne voulez pas de moi. Je n'ai pas besoin d'être ici. Je m'en sors très bien tout seul.

Un mensonge évident.

- Quel âge as-tu ?

Dix-sept ans.

Un autre mensonge évident.

- Tu restes, gronda Hotch en se levant. En tout cas… pendant un moment. Jusqu'à ce que tu sois plus fort. Plus vieux.

Silence. Un silence tendu, inquiet. S'il vous plaît, ne me mettez pas dans une Pokéball, dit l'Abra, les oreilles repliées en arrière. Il s'assit lentement, chancelant, replié sur lui-même. Si petit, que Hotch songea qu'il serait à peine visible s'il le prenait entre ses deux mains. La pensée d'être confiné dans une représentation de données analogiques de moi-même a quelque chose de terrifiant. C'est déconcertant.

- Tu as peur des Pokéballs ? questionna Jessica, toujours choquée.

Je… c'est ennuyeux.

- Est-ce que c'est vraiment ce qu'il pourrait arriver de pire ? demanda Hotch.

Il allait devoir le faire enregistrer. Faire rechercher ses parents, s'il lui en restait. S'il était sauvage, et Hotch en doutait car quel Pokémon sauvage connaitrait le mot « analogique », il ne pourrait pas les retrouver, mais si ses parents étaient enregistrés…

- Que tu t'ennuies ?

…Il y fait noir, aussi.

Un Abra effrayé par l'obscurité. Ca. Ca et un oiseau dévoré par le deuil, c'étaient les deux seuls Pokémons qui se tenaient entre Hotch et l'Eventreur.

- Pas de Pokéball, accepta-t-il.

Il tendit la main comme pour serrer la sienne, puis réalisa. Serrer la main d'un Pokémon ? Qu'est-ce qui clochait chez lui aujourd'hui ? L'Abra regarda sa main, puis tendit sa patte pour taper avec hésitation sa paume, les griffes serrées autour de ses doigts. Il ne la serra pas vraiment, mais s'y accrocha simplement, comme Jack le faisait quand il le prenait dans ses bras. Comme n'importe quel enfant cherchant de l'affection. Cela frappa alors Hotch : Ce n'est qu'un enfant.

- Promis.

Merci.

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Il ne put aller très loin.

Il n'existait rien de plus rapide qu'un Roucarnage. Un battement d'aile, un coup de serres, et Foyet tomba pour ne plus se relever. Hotch observa en silence, Spencer agrippant toujours sa main.

C'est terminé, dit-il soudain. Vous pouvez rentrer chez vous. Retrouver Jack.

Hotch chancela sous le poids du soulagement. Son équipe se regroupa autour de lui. Derek tendit une énorme patte pour qu'il s'appuie contre lui. Emily se pressa contre le genou que Spencer ne monopolisait pas. Ils le soutiendraient jusqu'à bout.

Il fallut un moment pour qu'il réalise que Spencer avait dit « vous ». Et non « nous ».

Mais pour le moment, il ne ressentait rien d'autre que de la gratitude.

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FanDeBlack : Ouiii, Spencer est génial ! (Toute façon Deejaymil est mon dieu à moi, ses univers sont tellement géniaux !). Pour le coup je suis jalouse aussi, je rêve d'aller à la fac pour étudier l'anglais !