NOTE DE L'AUTEUR: Apparement, Talon s'appellerait "La Griffe" en français, je vais garder le terme Talon pour ne perdre personne! Pardon pour cette petite erreur, je pêche beaucoup d'informations sur le wiki anglais qui est bien plus complet que le français du coup, my bad!

De plus, je voulais écrire ce chapitre plus vite, mais j'ai eu la grippe + partiels, du coup rassurez vous je posterai plus vite le chapitre 4! (Sauf si la grippe me rattrape uh)

Bonne lecture et merci pour vos follows, favs et commentaires! Ca m'aide beaucoup niveau motivation!


CHAPITRE 3: JE JOUE POUR GAGNER

Gabriel aurait adoré pouvoir se dissoudre en particules et fuir face à celui qu'il avait jadis considéré comme un fils. Il avait pris le cowboy sous son aile dans les débuts de la Blackwatch. C'était un ancien renégat de la loi, comme bon nombre des agents de cette branche obscure d'Overwatch… Mais lui était… Différent. Il avait bon fond, sous ses airs de caïd je-m'en-foutiste. Quelque chose chez lui avait fait écho chez Gabriel, à l'époque. Peut-être lui avait-il rappelé sa jeunesse, dans les quartiers pauvres de Tijuana, en Amérique du sud. La déception qu'il pourrait lui provoquer lui était insupportable, mais peut-être était-il déja au courant qu'il était le faucheur…? Peut-être venait-il justement pour ça…?
Au diable son état de santé, la mort faisait bien moins peur que de faire face à cette situation qui était au summum sur l'échelle de l'angoisse. Il essaya de démanteler ses cellules, mais son corps lui répondit promptement par un espèce de choc électrique qui traversa tous ses nerfs. Il avait l'impression d'être un chien à qui on avait mis un de ces colliers qui donnaient un coup de jus lorsqu'il aboyait pour qu'il perde cette mauvaise habitude... Alors Gabriel resta planté là, en silence, attendant que le tsunami ne le percute de plein fouet. McCree enleva son chapeau pour passer nerveusement une main dans ses cheveux en bataille.

- Je sais pas ce qui prime. L'envie de t'insulter, te harceler de questions, t'enlacer, ou l'envie de te péter la gueule. Mais t'étais où tout ce temps bordel? T'as idée de comment on s'est tous sentis après l'incident de la base Suisse? T'aurais pas pu passer et dire coucou j'suis vivant? Ou au moins revenir sous un pseudo débile avec le costume qui va avec genre SuperSoldat76? Et puis putain, y'a t-il un seul membre dit mort d'Overwatch qui l'est vraiment?! Ca vous amuse de jouer avec les sentiments des gens? Allez donc tous vous faire foutre!

Bien sûr, qu'il avait idée. Il les avait tous observés, depuis les ombres, toutes ces années. Il n'avait jamais pu se résoudre à laisser Overwatch entièrement derrière lui. C'était peut être la meilleure partie de lui qui avait été réduite à néant en même temps que la base de Suisse. Jesse remit son chapeau, et sortit de la pièce en bousculant Ana et en claquant la porte. La tornade était passée. L'egyptienne se mit à rire nerveusement, et reporta son regard doux sur le faucheur.

- Il a eu à peu près la même réaction pour Jack. Sauf que lui a eu droit à un coup de poing en prime. Mais bon, tu sais comment il est…

- J'y aurai eu droit aussi, s'il savait justement le pseudo que j'ai pris.

- T'ais-je frappé lorsque je l'ai moi-même appris…?

- T'aurais sûrement du. C'était illogique.

- Illogique par rapport à ce que tu avais imaginé. Tu as passé trop de temps dans l'ombre, tu as oublié ce qu'étaient l'affection et l'amitié.

Le faucheur haussa un sourcil, toujours troublé de la tournure des événements… Et de cette réplique qui semblait tout droit sortie d'un anime japonais où l'amour et l'amitié étaient le plus grand pouvoir et où les gentils gagnaient toujours et toutes ces conneries... En moins de vingt-quatre heures, il était passé d'agent meurtrier de Talon au revenant bien aimé d'Overwatch; bien que sa situation actuelle fût encore floue… Il pensait qu'il serait noyé sous la haine et les reproches, maintenant qu'il était ici à leur merci; chassé dehors tandis qu'Ange serait insultée d'avoir sauvé d'une mort certaine un homme de la pire espèce. Au lieu de ça, il se faisait couver du regard par la mama Ana, soigner par Ange, accueillir par McCree sans une balle entre les deux yeux… Et il avait été sauvé par Jack Morrison, la dernière personne qu'il pensait capable d'avoir encore une once d'amitié pour lui. Bien que tout le monde n'ait pas encore fait le rapprochement Reyes - Faucheur… Ce qui changerait certainement la donne. Mais on en était pas encore là… La douleur vive qui animait son corps depuis tout ce bordel était là pour lui rappeler qu'il n'hallucinait pas. Il hésitait encore à savoir si c'était une bonne chose ou non...
Ange prit la parole.

- Tu n'as pas l'air surprise de la présence de Gabriel ici, Ana…?

- Disons que je l'avais deviné, après avoir rapidement discuté avec Jack la nuit dernière. J'imagine que Jesse l'a appris de lui, je venais vérifier mon hypothèse quand il m'a bousculée pour entrer ici.

- Je vois…

Le visage de Gabriel sembla se ternir à l'évocation de Jack. Il avait pour habitude de refouler ses sentiments, les jetant au fond d'un puits attachés à une énorme pierre pour éviter qu'ils ne refassent surface. Mais même ça, il n'en était plus capable. Son corps consumait son âme; et son âme consumait son corps en retour. Un vrai cercle vicieux destructeur duquel il ne pouvait se sortir. Il n'avait de cesse de se demander pourquoi Jack l'avait sauvé alors qu'il avait su qu'il était le faucheur, s'il le haïssait pour ça, bon sang il fallait qu'il le voie. Il fallait qu'il lui parle… Tôt ou tard.

- Si tu es d'accord, Gabriel, on peut commencer le traitement immédiatement. Je n'ai pas envie de te laisser un jour de plus dans cet état, et pour être honnête, j'ai vraiment hâte d'en voir les résultats!

Elle paraissait aussi excitée qu'une gamine à qui on avait annoncé une sortie au parc d'attraction, ce qui lui donnait envie de lui en coller une. Allez hop encore de la colère à ravaler et à balancer dans le puits sans fond. Sauf que là ça débordait, comment pouvait-il encore contenir toutes ces conneries de sentiments? Qu'elle lui injecte son truc, qu'on en finisse, s'il crevait ce n'était pas un problème, il avait juste hâte de pouvoir fermer les yeux et sombrer à nouveau dans un sommeil profond. Il avait eu son lot d'émotions pour aujourd'hui.
Ana lui promit de lui apporter des bouquins pour passer le temps la prochaine fois, et lui demanda de ne pas s'en faire au sujet de McCree. "Il reviendra." Sans revolver, il espérait.
Ange finit par lui injecter son remède miracle, et le laissa se reposer en paix. Il ferma les yeux, épuisé, espérant trouver un peu de repos dans son sommeil… Malheureusement, ce ne fut pas le cas… Et une fois encore, il fit le même cauchemar, revivant ce fameux jour où tout avait foiré, ravivant sa culpabilité...


[ Une vingtaine d'années plus tôt… ]

Gabriel revoyait mentalement son plan pour le lendemain, lorsqu'il entendit quelques coups contre la porte de sa chambre d'hôtel. Il se leva pour aller ouvrir, se demandant qui cela pouvait bien être car il n'attendait personne. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant Jack Morrison sur le pas de la porte, se passant nerveusement une main dans les cheveux. Il ne l'avait pas revu depuis sa "promotion", car il n'avait jamais eu de répit à cause de ses nouvelles obligations et responsabilités… Merde, Overwatch avait peut être découvert ses projets? Et ils envoyaient Morrison pour l'arrêter? Une peur panique commença à l'étouffer, tandis que Jack gardait le silence, semblant réfléchir à comment entamer une conversation. Il était vraiment mauvais, quand il fallait qu'il exprime ce qu'il ressentait.

- C'est stupide, vraiment. On ne s'est pas parlé depuis des mois, je soupçonne que tu fais la gueule, j'ai aucune excuse à mon comportement et… J'sais pas. Fallait que je te voie. C'est inexplicable mais j'ai ressenti le besoin vital de venir te voir, là, ce soir, pas plus tard. Comme si… C'était ce soir où jamais. C'est idiot, hein?

Gabriel resta béat. Ca faisait des mois qu'il en voulait à Jack d'avoir subitement disparu: ni appels, ni messages, ni carte de voeux pour la nouvelle année, que dalle. D'une semi symbiose ils étaient passés au néant. Comment une amitié aussi forte avait-elle pu se volatiliser, comme ça, d'un battement de cils? Il lui en avait voulu, énormément, il pensait même en être arrivé au point où il le détestait, le haïssait, le maudissait! Et là, en une fraction de secondes, juste en pointant sa tête à l'improviste… Tout s'était évanoui. Il était drôle, que ce soit justement ce soir que Jack se soit manifesté…
Car le lendemain,Gabriel devait aider Talon à pirater et voler les données des membres d'Overwatch, depuis la base suisse. Parce qu'il fallait que leurs agissements cessent. Parce que les vrais héros ne sacrifieraient pas un seul innocent pour sauver une majorité. Les vrais héros sauvent tout le monde, sans distinction. Overwatch n'était finalement que de la poudre aux yeux, afin de rassurer le peuple face à la crise des Omniacs… Qui de toute évidence, n'était pas aussi contrôlée qu'on ne voulait le faire croire. Ce n'était pas tant Overwatch les coupables, c'était surtout le gouvernement américain, qui en tirait les ficelles dans l'ombre… Et cachait les conséquences désastreuses des agissements de leurs marionnettes, pour n'en retirer que la partie héroïque. Tandis que la foule acclamait Overwatch d'avoir repris le contrôle d'une ville qui était sous le joug des rebelles Omniacs, et d'avoir libéré nombre d'otages… Personne ne parlait de ceux qui avaient péri lors des combats, victimes de balles perdues, ou d'explosions de bâtiments connus comme QGs des rebelles.
Reyes aussi, avait cru faire le bien parmi eux. Partout dans les journaux, on avait scandé son nom comme celui d'un dieu bienfaiteur, et il s'était laissé berné par la célébrité et les remerciements. Mais quand il rejoignit la Blackwatch… Il vit l'envers du décor. A la base crée pour des missions plus secrètes et "sales", allant de l'espionnage au sabotage, passant parfois par la case assassinat, la Blackwatch avait bêtement obéit aux ordres du gouvernement américain, essayant de se convaincre que c'était pour le bien de tous, que toute guerre nécessitait des sacrifices, et que les personnes qu'on leur demandait de tuer étaient "les méchants". Personne n'osait se poser de questions, et tout le monde suivait les directives. Mais un jour, Gabriel hésita à obéir, et fit quelques recherches sur le type qu'il était censé tuer, pour découvrir que ce type avait des gosses, d'où les photos sur son bureau. Qu'il était manipulé, obligé d'obéir pour éviter de perdre les siens, scrupuleusement surveillés par ses supérieurs qui n'auraient aucun remord à tuer toute sa famille, si c'était pour le faire agir. Alors il refusa d'appuyer sur la gâchette, et inventa une excuse pour faire foirer la mission.
Dès lors il avait fait des recherches, et travaillé de son côté pour essayer de sauver les "dommages collatéraux" des missions d'Overwatch. C'est sûrement ainsi que Talon avait entendu parler de lui, et l'avait contacté. Et qu'il s'était retrouvé à comploter contre ses anciens camarades. Contre tout ce qu'il avait cru juste. Demain il allait mettre un terme à tout ça. Et très certainement perdre à jamais la confiance de ceux qu'il aimait. Mais… Toute guerre nécessite des sacrifices, pas vrai…?

Jack soupira fortement, et baissa les yeux.

- C'était peut être pas une bonne idée… Je… J'suis content de t'avoir vu Gabe. A la prochai-

Il fut coupé par Reyes, qui le choppa par le col de sa veste, et le tira à l'intérieur de la chambre où il le plaqua contre le mur pour l'embrasser fougueusement (après avoir claqué la porte d'un coup de pied bien placé).
C'était soudain et inattendu. A vrai dire, Jack s'était préparé à tout sauf à ça. Il était persuadé que Gabriel allait l'insulter, lui cracher à la figure des milliers de reproches, qu'ils allaient s'engueuler (encore) puis qu'ils allaient peut être finir par s'excuser, voir même se réconcilier autour d'une bonne bière, en se balançant des vannes sur le bon vieux temps. Ou alors que Gabriel lui aurait tout simplement dit d'aller se faire foutre en espagnol, et lui aurait claqué la porte au nez.
Le baiser langoureux, ça ne lui était pas venu à l'esprit.
Quoi qu'il y ait déjà songé, l'espace d'une seconde, une fois, quand Gabe lui avait remonté le moral après un cuisant échec lors d'une mission à Bali...
Peut être deux fois en fait, il y avait aussi eu cette soirée en Alaska, où il avait choppé la crève à force d'attendre son contact dans la neige, et que Gabe lui avait apporté une tasse de café bien chaude à peine avait-il franchit le seuil de la porte du QG, à son retour...
Peut être qu'en fait, il y avait TROP de fois où ça lui avait traversé l'esprit, comme un éclair qu'on avait à peine le temps de voir zébrer le ciel.
Mais c'était Gabe, c'était son ombre, jamais il n'aurait voulu prendre le risque de tout foutre en l'air, et jamais il n'avait imaginé les choses autrement de toute manière. C'était juste son esprit qui divaguait quand il était crevé, qui avait des éclairs de "bromance". Il n'avait jamais pensé que c'était peut être plus que ça.
Et voilà qu'il était comme ivre, plaqué contre ce mur, une chaleur étouffante ayant soudainement trouvé foyer dans son coeur. Il n'arrivait plus à penser, sa tête tournait, putain pire qu'une collégienne lors de son premier baiser, Morrison tu déconnes, reprends-toi. Il se trouvait pitoyable, à chercher de l'air avant de fondre à nouveau contre les lèvres de Reyes, qui passa une de ses mains sous son t-shirt, lui faisant un peu plus perdre le contact avec la réalité.

Il se trouva pitoyable, le lendemain matin, lorsqu'il se réveilla seul dans la chambre, ses fringues éparpillées sur le sol, et son coeur en miettes.

Gabriel était parti aux aurores. Il n'avait pas prévu que Jack le rejoindrait sur place, l'ayant suivi grâce au signal de son téléphone. Ni que la micro explosion qui devait servir de diversion et en même temps faire sauter la sécurité informatique pour le vol de données de la base suisse ne foire, et fasse finalement péter toute la bâtisse…


Les premières quarante-huit heures du traitement furent horribles. L'état de Gabriel avait réussi à empirer, alors qu'il se pensait déjà au paroxysme de la douleur. Lui qui n'avait jamais été malade depuis une vingtaine d'années, le voilà qui passait ses journées à vomir, tremblant de fièvre, complètement déshydraté. La nécessité de boire avait été une drôle de redécouverte cependant, il avait oublié ce qu'était la sensation de sécheresse dans la gorge, et la pâteuse dans la bouche. Ange avait bien rit, lorsqu'il s'était à moitié étouffé en essayant de boire le verre d'eau qu'elle lui avait servi. Le premier verre d'eau depuis deux décennies... Ce n'était pas rien.
Sa température n'avait de cesse d'augmenter, et tandis qu'Ange était ravie qu'il atteigne aussi rapidement vingt-cinq degrés, Gabriel lui rappelait qu'il y a peu sa température normale était de dix-sept degrés, qu'il était donc fiévreux comme pas possible et que si ça continuait à augmenter aussi vite, il allait crever. Elle se débrouilla alors pour ralentir ce processus-là, afin que cela soit plus supportable.
Mais ça ne réglait en rien la nausée constante et la fatigue croissante qu'il subissait...


Ana se mordit la lèvre tandis qu'elle cherchait Jack du regard, ressentant le besoin d'avoir le soutien de quelqu'un qui connaissait les détails de la situation. Mais le vieux soldat faisait mine d'être occupé. Qu'est-ce qu'il pouvait l'énerver quand il boudait comme ça dans son coin! McCree avait fini par lâcher le pavé dans la marre, deux jours après sa découverte dans le labo d'Ange, et avait profité du retour des "vieux" d'Overwatch pour monter dans la grande pièce commune tel une furie et crier son indignation à propos de Reyes à qui voulait bien l'entendre. Reinhardt avait d'abord cru à une mauvaise blague, Torbjorn s'était énervé, hurlant qu'on ne rigolait pas avec les morts, et Hana avait assisté à toute la scène depuis son fauteuil, en mâchouillant du chew-gum.

- Ca suffit! Je descends voir Ange!

- Moi aussi! C'est un scandale!

- Je crois que c'est une mauvaise idée, Gabriel est là parce qu'on l'a retrouvé gravement blessé, il vaudrait mieux le laisser se reposer…

- Le laisser se reposer? C'est ce que je fais depuis des années en le croyant dans un cercueil plongé dans un repos éternel! Il a assez pioncé comme ça, Ana!

- Allons-y, Torbjorn!

- Mais!-

DVA n'avait jamais vu Torbjorn et Reinhardt aussi bouleversés. Ana tenta de les retenir, mais ne put que se résoudre à les suivre dans le labo, comme avec McCree quelques jours auparavant. Jack n'avait pas pipé mot, absorbé dans sa lecture d'un quelconque article sur sa tablette holographique. Hana haussa un sourcil, trouvant bizarre que celui qui était censé avoir été le meilleur ami du fameux "Reyes" ne semble pas le moins du monde préoccupé par la nouvelle. Elle se leva, et s'assit face à lui, scrutant son visage, à la recherche d'une émotion quelconque. Au bout de quelques minutes, le soldat leva les yeux, exaspéré par les bulles que faisait la jeune fille avec son malabar.

- Je jure que je vais te coller ce chew-gum dans les cheveux si t'arrêtes pas tout de suite.

- Tu descends pas voir M'sieur Reyes avec les autres?

- Non.

- Pourquoi?

- Mêle-toi de ce qui te regarde.

- C'était ton meilleur pote, non?

- C'était y'a longtemps.

- Mmmh.

Elle fit claquer une énième bulle avec sa langue, et descendit à son tour vers le labo d'Ange. Elle aimait bien les ragots, mais elle était surtout préoccupée par la situation car elle considérait tous les membres d'Overwatch comme des membres de sa famille. Et si ce Reyes foutait la merde, elle s'en chargerait personnellement. Elle avait beaucoup entendu parler de lui, notamment par Reinhardt et Torbjorn, qui semblaient avoir été de proches amis. Jack évitait le sujet, et Ana n'en parlait que très peu car elle finissait toujours par se taire, submergée par l'émotion. Gabriel, c'était un peu le nom d'une maladie dont tous les premiers membres d'Overwatch semblaient atteints. Et elle était bien décidée à savoir pourquoi.


Gabriel était enroulé dans une couette épaisse, grelottant, lorsque la joyeuse troupe furibonde entra dans le labo de la pauvre Angela qui leva les yeux au ciel, exaspérée de tout ce tumulte qu'elle sentait arriver. Reinhardt et Torbjorn se pétrifièrent en se retrouvant face à leur ami, qui restait reconnaissable malgré les cicatrices, les cernes et le teint pâle. McCree eut un pincement au coeur, ça ne faisait que deux jours qu'il était lui-même déjà descendu ici, et pourtant Gabriel avait l'air encore plus maigre et pâle que la dernière fois… Ana soupira, Gabe n'avait vraiment pas besoin de tout ça en ce moment. Il était trop faible pour encaisser ses propres émotions, alors celles de ses anciens camarades complètement abasourdis par son retour…

- Je vous préviens. C'est mon patient. Et le premier qui porte atteinte à sa santé aussi bien mentale que physique, je le fous dehors.

- Il est là depuis des jours et tu nous as rien dit?!

- Parce que je savais que vous fonceriez ici pour le secouer et lui hurler dessus.

- Evidemment qu'on va lui hurler dessus! Il est vivant et il vient même pas nous en avertir! Quel genre d'ami fait ça?

- DANS MES BRAS VIEUX LASCARD!

- Reinhardt je ne crois pas que…

L'immense Reinhardt s'avança vers le lit et enlaça fortement le pauvre Gabriel, qui crû sentir ses os se briser dans un effroyable crac, qui fit pâlir les autres personnes présentes dans la pièce. L'allemand se mit à rire, les larmes aux yeux tant l'émotion le submergeait. Il finit enfin par s'éloigner de Reyes, qui faillit tourner de l'oeil quand l'air pu à nouveau faire irruption dans ses poumons.

- T'avais disparu où tout ce temps, hein? Raah c'est Jack qui va être content!

Gabriel était en burn out émotionnel. Il avait beau refouler, son corps n'était plus capable de contenir quoi que ce soit; aussi vomit-il à l'entente du prénom du soldat. Il dégueulait tous se sentiments, en ce moment.
Le visage de Torbjorn était passé de la stupéfaction à la colère, puis s'était radouci dans l'inquiétude.

- Il va pas mourir, hein?

- Non, il a juste une forte fièvre, mais ça devrait se calmer.

Oui mais quand? QUAND? LA PUTA MADRE DE…

- Il répond bien mieux que je ne l'espérais au traitement! Mais sa température monte trop vite, du coup son corps a du mal à encaisser. Jack n'est pas venu avec vous?

Nouveau haut-le-coeur. Que Gabriel réussit à réprimer.

- Non, il fait la gueule. Comme d'hab quoi. Bah, il descendra plus tard. Allez viens Reinhardt, on va laisser Gabe se reposer, on lui remontera les bretelles quand il sera en meilleure forme. Crève pas d'ici là, hein?

Reyes esquissa un léger signe de la main pour acquiescer et dire au revoir, n'osant pas bouger plus, craignant de provoquer de nouveaux vomissements. Il aurait été en mesure de désigner l'emplacement de chacune de ses côtes tant sa cage thoracique avait été secouée ces derniers jours. Il n'en pouvait plus. Il n'avait même pas eut la force de s'inquiéter de ses retrouvailles avec ses camarades tant il était K.O.
Vu son état, ses camarades n'avaient pas mis longtemps à comprendre la gravité de la situation, et leur indignation s'était calmée instantanément. Ils repartirent avec de l'inquiétude leur nouant l'estomac, mais le coeur plus léger, bercé par la nostalgie de souvenirs ressurgis du passé.
Hana était restée dans le couloir, surveillant de loin comment s'étaient déroulées les retrouvailles, puis suivit les autres quand ils remontèrent dans la pièce principale. Elle aussi se sentait soulagée à présent, d'une certaine manière….


Les jours passèrent horriblement lentement. Deux semaines plus tard, La peau de Gabriel commençait à reprendre une teinte légèrement plus chaude. Il remarqua même que certaines traces de ses brûlures et cicatrices semblaient s'atténuer voir presque disparaître… Ou alors ne plus être aussi pâle qu'un cadavre les mettait moins en valeur. Ca restait discutable…
La douleur restait majoritairement présente, mais s'adoucissait face à la redécouverte de ses sens, des sensations de son corps. Il ne réussit pas à se résoudre à manger du solide, mais il commençait à s'alimenter à nouveau, avec de la soupe, des yaourts à boire… Ange se foutait ouvertement de sa gueule en lui disant que s'il continuait à s'alimenter uniquement de yaourt, elle allait le surnommer Yop. Ca ne le faisait pas rire du tout.
Un matin, il fut surpris de sentir des picotements au bout des doigts. Lorsqu'Angela lui prit la main pour l'examiner, il frissonna. Il se rendit compte que jusqu'à maintenant, il n'avait pas remarqué avoir perdu cette sensation du toucher; celle qui donnait la chair de poule quand quelqu'un vous frôlait la peau. Après tout, à quand remontait la dernière fois où quelqu'un l'avait pris dans ses bras… ?


Tout le monde à Overwatch était à présent au courant que le grand Gabriel Reyes avait survécu à l'explosion de la base suisse, et ce dernier recevait souvent la visite des divers membres de l'équipe. Gabriel avait pu rapidement faire connaissance avec certains membres de la clique comme Zenyatta, Lucio, Genji, Hanzo… Son état de santé s'améliorait peu à peu, aidé par les parties de cartes avec Reinhardt et Torbjorn, les longues conversations avec Ana, les yaourts yop… Mais certains gardaient leurs distances, notamment DVA, et Jack qui paraissait encore plus occupé que d'ordinaire et ne rentrait presque jamais au QG de Séville en Espagne, où la majorité des agents se trouvaient actuellement. Il n'y avait pas énormément de missions à accomplir en ce moment, aussi bizarrement, les membres du groupe préféraient venir ici. L'ambiance y était plus chaleureuse qu'ailleurs…
Un soir cependant, Morrison passa par Séville, trop crevé pour aller pioncer ailleurs. Il s'était dit que de toute façon, demain matin à la première heure, il partirait et éviterait tout désagrément. Hana le croisa dans le couloir des chambres, le salua, puis passa une demi-heure à se demander si elle devait intervenir ou non pour aider Morrison à arrêter de bouder comme un con et débloquer la situation vis-à-vis de Gabriel.
Finalement, elle finit par se décider, et descendit dans le labo d'Ange au sous-sol. Quand elle entra dans la pièce, Gabriel haussa un sourcil, reconnaissant la célèbre star Hana Song mais ne l'ayant jamais rencontrée auparavant. Ce qui était ironique dans toute cette histoire, c'est qu'il savait presque tout à propos de chacun des membres d'Overwatch. Talon avait beaucoup de dossiers regorgeant d'informations sur eux… Et il les avait tous lu. La gamine était joueuse pro avant la crise des omniacs. Aujourd'hui elle était membre de l'unité MEKA et était redoutable sur le champ de bataille, malgré son jeune âge.

- Soldat76 est de retour, mais je pense pas qu'il va s'éterniser. Si tu veux l'voir, c'est maintenant ou jamais.

Ni bonjour, ni présentation. Elle n'avait aucune envie d'avoir un lien avec Reyes, quelque chose chez lui la dérangeait, mais elle n'aurait pas su dire quoi. Tout ce qu'elle savait c'est que depuis son arrivée, tout avait changé, et Jack agissait complètement différemment. Il parlait encore moins que d'habitude, déjà qu'il s'isolait beaucoup là le mot était faible, et aux yeux d'Hana il était, même s'il le démentait, le leader de leur groupe. Et si le leader s'effondrait, le groupe suivait. Elle avait pu observer ce phénomène de trop nombreuses fois, et il était hors de question que le groupe… Non, la FAMILLE à laquelle elle appartenait ne se dissolve ENCORE. Alors s'il fallait pour cela intégrer ce Gabriel à la troupe, qu'à cela ne tienne. Elle le ramènerait à Jack, et après, qu'ils se démerdent. Après tout, elle n'avait pas tous les éléments de leur histoire en sa possession. Elle pouvait juste essayer faire en sorte qu'ils puissent mettre les choses à plat.
Reyes ne chercha pas à la forcer à discuter plus, le message était clair, il la remercia, et elle repartit aussi vite qu'elle était venue, sans un au revoir. Elle était la seule à réagir de manière normale aux yeux du faucheur. Elle était la seule à se douter que tout ceci était trop « beau » et que ça cachait quelque chose de bien plus lourd. Ange disait que pour l'instant, sa véritable identité n'avait nul besoin d'être connue des autres. Mais tôt ou tard, Gabriel savait que ça reviendrait sur le tapis, qu'il lui faudrait expliquer la vraie raison de sa si longue absence. De toute façon, Talon devait déjà être à sa recherche depuis tout ce temps passé dans le labo d'Ange. Il se demandait ce que son absence signifiait pour Fatale et Sombra. Il se demandait encore si son « acte manqué » était une bonne chose. S'il avait envoyé son SOS à Sombra il n'en serait pas là… Bien sûr il n'y avait qu'Angela qui était capable de le soigner, mais si jamais une fois toute l'histoire dévoilée, cela provoquait des tensions et la dissolution d'Overwatch ? Tous ses efforts pour les protéger en étant membre de Talon, de l'équipe ennemie seraient réduits à néant… Tout ce mal pour rien… Ca le rendait malade.
Mais là n'était pas la question, dans l'immédiat. L'occasion d'aller parler au vieux soldat était là, et bien que Reyes tienne moyennement sur ses guiboles, il était hors de question qu'il la rate. Qui sait quand Jack repasserait par ici? Il semblait éviter le lieu, ou plutôt Reyes comme la peste. Sans doute avait-il été contraint de s'arrêter ici plutôt qu'ailleurs à cause d'une raison quelconque. Le faucheur attendit que tout le monde soit en bas dans les cuisines pour diner, avant de s'évader discrètement du labo d'Angela. Il portait depuis son arrivée les vêtements de base des membres d'Overwatch qu'Ange lui avait filé: un sweat noir avec le logo rond dans le dos, un t-shirt blanc simple et un pantalon de survet' noir avec une bande orange sur le côté. Il avait rabattu la capuche de la veste, pur réflexe de son accoutrement du faucheur, dont il ne se rendit compte qu'en fermant la porte du labo derrière lui. Il sourit: il se sentait stupide. Comme un gamin en train de désobéir à ses parents et de faire le mur. Ange lui avait défendu de faire des efforts et de se confronter à des situations stressantes. Hors c'était exactement ce qu'il était en train de faire… Et putain ça faisait du bien. C'était la première fois qu'il ressentait à nouveau les picotements de l'adrénaline au bout de ses doigts, excité d'enfin bouger son corps, il en avait assez d'être ce déchet amorphe cloué au lit. Il avait envie de courir, de se confronter à nouveau à des situations horribles et stressantes, comme le moment juste avant de se lancer au milieu d'une bataille, sans savoir si on allait s'en sortir vivant ou non, flingues en main.
Peu de choses avaient changé depuis le temps où lui-même avait sa chambre dans cet immeuble. Il trouva son chemin sans encombre, arrivant au bout du couloir du quatrième étage après avoir gravit les marches des escaliers de secours en un temps record: il s'amusait d'un rien tant cette liberté de mouvement lui avait manqué. On n'avait jamais autant envie de bouger que lorsqu'on se retrouvait alité.

Toute cette vivacité s'évanouit face à la porte de la chambre du soldat. Son poing resta figé dans l'air, soudainement incapable de toquer à la porte. C'était bien mignon de vouloir aller lui parler, mais il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait lui dire exactement, ni comment. Il bloquait surtout sur l'amorçage de la conversation. Un simple bonjour pourrait lui offrir un poing dans la gueule à ce stade, maintenant qu'il y pensait. Alors il fallait vraiment qu'il étudie toutes les possibilités.
Plus il réfléchissait, plus il se disait que franchement, ce n'était pas une bonne idée. Il avait tant amassé de rancoeur contre Jack qu'il ne savait pas s'il aurait la force de rester sur le positif, et ne pas finir par lui en foutre une. Il lui avait sauvé la vie, oui, mais où avait-il été toutes ces années, quand il avait eu besoin de lui? Quand il était rongé jusqu'à l'os par le doute, tandis que Monsieur se pavanait à la tête d'Overwatch? Quand il avait goûté à l'amère trahison de tant de gens, quand il se rendit compte que tout n'était que mensonges, qu'il aurait tout donné pour avoir une présence, juste une simple présence pour ne pas s'effondrer face à la noirceur du monde? Quand il souffrait le martyr, perdant son humanité, étranglé par la solitude, pendant que lui revint et se fit appeler "Soldat76", comme pour enterrer sa vie passée, et le peu de Gabriel qui subsistait encore à travers lui? Non ce n'était vraiment pas une bonne idée, maintenant qu'il avait ressassé tout ça, toute la colère qui l'avait bouffé ces dernières années s'était réveillée, ravageant ses entrailles. S'il lui parlait maintenant, Il allait foutre en l'air sa dernière chance de pouvoir réparer cette cassure qui le brisait depuis trop longtemps.

Le grincement de la porte qui s'ouvrit devant lui interrompit ses pensées. Il était tellement plongé dans ses réflexions à la con, qu'il n'avait pas anticipé cette situation, et se retrouvait béat devant Jack, qui haussa les sourcils de surprise. C'était raté pour l'amorçage de conversation, mais au moins, il n'avait pas encore pris de coup de poing dans la gueule. Morrison resta là, perplexe, error 404, que fout ce mec sur le pas de ma porte, j'ai pas commandé de pizza, au revoir monsieur. Il avait qu'une envie, lui claquer la porte au nez. Et pourtant, il était comme figé sur place…

- Jack, je…

- La ferme.

Ouais, ça semblait être une bonne idée, mais il fallait qu'il lui parle ou il allait imploser.

- On est une putain de bombe à retardement tous les deux, autant que ça pète une bonne fois pour toutes, rien qu'entre toi et moi.

Morrison planta alors son regard dans celui de Reyes, le défiant d'oser dire un seul mot de plus, son coeur en alerte, battant à tout rompre, prêt à éclater encore une fois. Il réajusta ses lunettes sur son nez, regrettant de ne pas avoir sa visière pour planquer ses émotions. Pourquoi devenait-il aussi vulnérable face à Gabriel? C'était ridicule. C'était rageant. Et déroutant. Et si Gabriel ne partait pas immédiatement, le barrage retenant ses émotions allait céder.

- J'veux pas de tes excuses bidons, Reyes.

- Je voulais pas des tiennes non plus, ce soir-là.

- Oh donc on rejoue la même scène qu'il y a vingt ans, c'est ça? Mais là, c'est toi qui a le rôle du mec qui vient s'excuser de sa si longue absence et d'avoir agi égoïstement. Mais je n'suis pas toi excuses refusées, maintenant casses toi.

- Je sais ce que t'étais venu me dire ce soir-là.

- Va te faire foutre.

- Tu me l'as dit, mais pas avec des mots.

- J'peux t'en foutre une si tu te casses pas, en effet.

- Jack!

- Gabriel! Dégage.

- Pourquoi tu m'as sauvé si tu me détestes autant ?!

Jack plongea son regard dans celui si expressif de Gabriel. Ses iris avaient retrouvé leur couleur noisette d'origine, lui donnant un regard plus doux que lorsqu'elles étaient rouges sang. Le traitement d'Ange avait l'air de porter ses fruits. Face à lui se tenait le Reyes de ses souvenirs, simplement plus âgé… Même sa brûlure sur la joue semblait avoir totalement disparu.
Il ne savait pas trop quoi répondre à ce pourquoi Il avait juste bêtement suivi son instinct, comme il l'avait toujours fait…

- Peut-être que je voulais croire qu'il y avait encore du bon en toi...

Morrison baissa les yeux en répondant, comme s'il venait d'avouer quelque chose d'honteux. Il y eut un bref moment de silence, exactement comme vingt ans plus tôt, quand Jack était venu retrouver Gabriel dans sa chambre d'hôtel en Suisse… Puis le faucheur refit une tentative de trêve.

- Je t'ai donné ta chance de t'excuser à l'époque… Donne-moi la mienne. S'il te plait…

Reyes venait de faire péter le barrage émotionnel de Jack. Ce dernier ne savait même plus s'il était en colère, s'il était effondré, ou encore soulagé… Il capitulait face à lui. Encore.
Alors, d'un mouvement mécanique, quasi automatique, il fit un pas en avant, et posa ses lèvres sur celles de Gabriel, dont le cerveau venait de court-circuiter.
Ce n'était pas du tout ce que le soldat voulait faire à la base, mais son corps avait juste machinalement répondu à la petite voix dans sa tête qui lui hurlait le prénom de Reyes à tue-tête. Ce dernier finit par reprendre ses esprits et répondit au baiser, passant ses bras autour de Morrison pour le rapprocher contre lui.
Ils furent tous deux rassurés de voir qu'au final, peu de choses avaient changé avec le temps. Ils avaient juste les cheveux grisonnants maintenant, et Gabe avait la coupe "crise de la quarantaine d'un métalleux refoulé" avec des cheveux mi-longs qui touchaient ses épaules. Ils avaient tous deux des cicatrices supplémentaires, aussi bien physiques que psychiques.
Jack se rendit compte qu'il ne savait pas vivre sans Gabriel… Qu'il n'avait jamais vraiment su. Qu'il était un doux poison, le rendant fou, dans le mauvais comme dans le bon sens…

Au bout du couloir, planquée contre le mur perpendiculaire à la manière d'une espionne, DVA avait assisté à toute la scène. Elle avait stressé tout le long en attendant que Gabriel se pointe, puis avait eu du mal à suivre leur conversation jusqu'à ce que Jack n'embrasse Reyes. Là tout était devenu clair. Elle se demandait si quelqu'un savait pour eux deux, car c'était sûr, ils avaient déjà été aussi proches avant. Et ça expliquait le comportement d'évitement et d'isolement du soldat ces derniers temps… Hana espérait qu'elle n'avait pas fait une connerie en les rapprochant tous les deux. Elle jeta un dernier coup d'œil vers eux : Jack avait sa tête nichée dans le cou de Gabriel, qui le serrait contre lui. Elle sourit, attendrie, puis redescendit de l'étage.
Sa mission ici était terminée. Encore une de réussie. Ses calculs et prévisions étaient toujours justes. Rien n'était laissé au hasard, ou presque.

Après tout… Elle ne jouait que pour gagner.