NOTE DE L'AUTEUR:

Alors là, c'est le chapitre qu'il m'a été le plus difficile (et le plus loooong) à écrire. J'essaie de garder une certaine cohérence et crédibilité, mais c'est vraiment compliqué, je dois un peu inventer la moitié des choses puisque les infos manquent du coup parfois je m'y perds, ou Overwatch valide une nouvelle info qui contredit mon invention et boum. DU COUP PETITES ERREURS:

- Chapitre 3, j'ai merdé quand je disais que Gabriel avait rencontré les nouveaux membres overwatch dont …. GENJI; et oui Genji était dans la blackwatch (merci l'event insurrection) donc ils se connaissaient déja ;;

- Omnium et omniaques ne sont pas la même chose: c'est tellement dur de trouver des infos fiables; le net dit tout et son contraire, sachant qu'il y a peu de références françaises! Les omnium apparement, fabriqueraient les omniaques. (après hein, j'en sais pas plus!)

- Vous saviez que Zenyatta pourrait tenir son nom d'un album de The Police "Zenyatta MONDATTA"? Si c'est pas classe. Référence en titre de chapitre obligé du coup. Hop.

Bref j'espere que vous kiffez les dialogues, chapitre full de blabla, bonne lecture!

ET MERCIII à ceux qui prennent le temps de laisser un commentaire, ça m'encourage surtout quand je bloque comme ça. Vous êtes les meilleurs! 3


CHAPITRE 5: Bombs away

Gabriel n'arrivait pas à respirer. Il étouffait, il manquait d'air, il crevait de chaud, et le peu d'oxygène qui passait dans sa gorge le brûlait. De toute façon y'avait pas la place pour l'air dans ses poumons, ici c'était complet, occupé par l'angoisse qui prenait toute la place. Enfin, QUELS poumons? Il ne savait plus si une once de son corps n'était pas encore partie en fumée. C'était comme si le traitement d'Ange n'avait jamais rien fait, à part changer la température de son corps. De froid sibérien on était passé à fournaise. Si la vie était aussi brûlante, il préférait de loin la mort. Soudain, une orbe de lumière apparut, planant au dessus de lui, dégageant comme une aura qui l'apaisa instantanément. Etait-ce enfin la fin? L'au-delà qui lui tendait les bras, et l'accueillait? Il avait finalement réussi à mourir? Quoi juste parce que quelqu'un lui avait dit "t'es mort pour moi" ça mettait fin à la malédiction? C'était bien la peine d'avoir essayé par mille et une façon d'en finir s'il suffisait juste de quelques mots… Il tendit la main vers l'orbe, voulant s'y agripper, échapper aux ténèbres une bonne fois pour toutes. Lorsqu'il l'effleura du bout des doigts, la lumière redoubla d'intensité, l'aveuglant presque. Il voyait à présent plusieurs orbes, formant un cercle autour de quelqu'un ou quelque chose; il ne savait pas trop.

- Ca fonctionne, maître!

Reyes ouvrit péniblement les yeux, pour voir Zenyatta… Qui avait huit bras…? Et brillait comme un foutu soleil…? Ouais, il était donc pas mort. Il savait ne pas avoir assez d'imagination pour un truc pareil. La lumière finit par s'atténuer peu à peu. Peut être que le moine n'avait plus de batterie. Ou qu'il avait changé d'ampoule pour une plus économique, en rangeant ses 6 bras supplémentaires. Gabriel devait fixer Zenyatta de façon étrange, aussi Genji répondit à sa question silencieuse.

- C'est la transcendance, un état d'existence supérieur qui lui permet d'avoir une… Meilleure "connexion" avec l'univers… Ca lui a permis de retrouver ton âme et de la ramener ici…

Reyes se redressa non sans peine en position assise, assisté par Jack. Il leva les yeux vers le moine.

- Tu peux… Voir l'âme des gens…?

- Plus ou moins.

- Une espèce d'orbe rouge consumée par des flammes noires…?

- Zenyatta pencha la tête sur le côté, visiblement intrigué.

- Oh, tu aurais déjà expérimenté la transcendance?

Il eut envie de rire. Ou de pleurer. Ou les deux à la fois.

- Plus ou moins…

Il aurait un bon nombre de questions à poser à Zenyatta, à l'occasion. Parce que ça n'allait pas être possible dans l'immédiat, puisque Winston arrivait et semblait plus en colère que jamais. Il foudroya tous les membres d'Overwatch présents du regard; puis enleva calmement ses lunettes, pour les nettoyer, et prit la parole d'une voix tout aussi contenue.

- Genji, Reinhardt et Zenyatta, j'aimerais que vous emmeniez Reyes à l'infirmerie, et gardiez un oeil sur lui. Jack, je te veux dans mon bureau dans cinq minutes.


Quand il mit les pieds dans le bureau de Winston, Jack tenta de retenir un sourire, n'ayant pas l'habitude de se faire sermonner. Après tout, c'était lui qui était à la tête d'Overwatch, fut un temps. Mais il avait refusé de reprendre les rênes du groupe quand Winston avait rappelé tous les agents à Gibraltar. Il avait également refusé que sa véritable identité soit divulguée, mais elle n'était pas restée secrète bien longtemps à son grand regret… Tracer furetait partout; et avait fini par le voir un jour sans sa visière.

- Qui d'autre sait?

- Angela, et Ana.

- Et personne ne s'est dit qu'il serait peut être avisé de me mettre au courant d'une nouvelle pareille? Mais vous vous rendez compte de ce que vous avez fait?! Qu'est ce qui vous assure qu'il n'a pas lui même orchestré tout ça? Qu'il n'est pas encore de leur côté? Et quand bien même bon sang c'est LE FAUCHEUR. Quand est-ce que ça t'a paru être une bonne idée de le ramener ICI? Il a tué certains de nos agents! Il a essayé de ME tuer! Je devrais te renvoyer sur le champ!

Le soldat n'osa pas relever le fait qu'il ne pouvait pas être renvoyé, puisque officiellement, Overwatch était dissoute. Et qu'il était déclaré mort. Il laissa Winston continuer son monologue enragé, en se retenant de jouer avec les stylos sur le bureau pour attendre que l'orage ne passe. Quand le gorille se laissa tomber dans son siège et se massa l'arête du nez, Jack leva les yeux.

- Il n'a jamais vraiment été du côté de TALON.

- HAHAHA, laisse moi rire! Sur quoi tu te bases? Ses propos à lui? Pitié, Jack! On ne parle pas de Gabriel Reyes, mais du faucheur! Quand bien même ils ne sont qu'une seule et même personne, qui te dit qu'il n'est pas en train de TOUS vous manipuler? Il a essayé de me tuer nom de...

- Il devait avoir une bonne raison.

- Oh, bien sûr. Mais tu ne sais pas laquelle. Ne me dis pas qu'Angela a accepté de le soigner et de l'aider sans explication sur ses agissements?

- ….

- Je peux pas croire ça, Jack. Il doit y avoir une raison, pas vrai?

Ange le haïrait s'il révélait qu'elle était responsable de l'état actuel de Gabriel. Qu'elle avait surement agit par culpabilité. Seuls les dirigeants d'Overwatch de l'époque avaient connaissance de ce "miracle"; et encore: le nom de Reyes n'était cité nul part dans les archives médicales. Et Jack n'avait lui même fait le rapprochement qu'il y a peu, quand il avait retrouvé le faucheur à moitié mort grâce à des coordonnées GPS envoyées par erreur. Là, toutes les pièces du puzzle avaient pris place. Le rapport qu'il avait retrouvé en s'introduisant illégalement dans une ancienne base d'Overwatch.. L'apparition du faucheur; ses techniques de combat étrangement proches de celles de Gabriel, et puis Ana qui lui avait assuré avoir arraché le masque du faucheur, et reconnu le visage de leur ancien camarade. Il n'avait pas voulu la croire. C'était une vérité dont il n'avait jamais voulu.

- Jure moi que c'est une bonne raison. Jure moi que ça te suffit pour LUI faire confiance, et mettre nos vies entre ses mains; et je ne le laisserai pas croupir dans une cellule pour l'éternité.

Jack n'était pas croyant; mais il détestait ce genre d'attestation sur l'honneur. Lui jurer ça, c'était comme se mettre une épée de Damoclès au dessus de la tête. Il n'avait AUCUNE raison de croire Gabriel, et ça ne lui ressemblait pas de tout baser sur une simple intuition. Il était un homme de logique, qui avait toujours pensé à la sécurité de ses hommes avant toute chose, et ne laissait pas ses sentiments obscurcir son jugement. Mais là, ça le bouffait. Son coeur lui hurlait que c'était la bonne chose à faire. Qu'il fallait faire confiance à Gabriel. Mais si Winston avait raison? Si tout ceci n'était qu'une machination? Non. Ce n'était pas possible.
Il n'y survivrait pas.

Il se contenta de hocher la tête, espérant que son manque de conviction ne se sentirait pas. Le gorilla soupira; et posa ses lunettes sur la table en s'enfonçant dans son fauteuil à roulettes. Sa mine s'adoucit, la colère ayant cédé la place à quelque chose que Morrison n'arrivait pas à déceler. Il lui fit signe de partir, visiblement lassé de cette entrevue. Le soldat se releva, et commença à prendre congé quand Winston l'interpella une dernière fois.

- Jack…. Parfois, aimer une personne, ça ne suffit pas pour la ramener à la vie.

S'il ne lui avait pas tourné le dos, Winston aurait pu voir le visage du soldat se décomposer.


Reinhardt n'avait pas dit un mot depuis que son cerveau avait fait le rapprochement Gabriel - Faucheur. Si Jack savait, pourquoi n'avait-il rien dit…? C'était comme dans Terminator? On avait pris le contrôle de Gabe et on l'avait forcé à se retourner contre eux? C'était quoi, l'histoire? Après tout, s'il avait voulu les tuer, il aurait largement pu le faire tout le temps qu'il avait été là, avec eux… Ca n'avait pas de sens.
Et voilà que le cowboy avait pété un cable et s'était barré sans un mot, à bouder on ne sait où sur le globe… Avec les récentes attaques de deux bases d'Overwatch, et l'enlèvement d'Ange, ce n'était absolument pas le moment de se la jouer solo… Y'en avait-il un seul dans leur groupe qui pensait avec sa tête avant d'agir?!

- Je te sens troublé, mon ami.

Wilhelm leva les yeux: Zenyatta l'avait rejoint sur la terrasse du bâtiment.

- Je ne sais plus trop quoi penser.

- Penser n'est pas une obligation. Tu peux aussi juste te laisser aller et suivre… "ton feeling."

- T'as passé trop d'temps avec Genji. Tu piques ses répliques.

- Comme il pique les miennes. Les gens s'influencent entre eux, quand ils sont proches. N'as tu donc pas remarqué le changement d'ambiance depuis la présence de Gabriel parmi vous…?

- Ouais mais ça… C'était avant qu'on sache qu'il était …

- Tu ne peux pas savoir quoi penser d'une situation s'il te manque des éléments. Ca ira mieux quand on lui aura posé des questions.

- Mais s'il y répond pas?

- Ca te donnera matière à penser!

- ….


Jack se repassait en boucle la phrase de Winston dans sa tête. Bien sûr qu'il savait que quelque chose de particulier le liait à Reyes, mais qu'on lui balance en pleine gueule comme une casserole d'eau bouillante, ça l'avait foudroyé sur place. Sa fierté ne voulait toujours pas le reconnaître, d'ailleurs. J'vais t'en foutre de l'amour, moi….

Tous les membres d'Overwatch avaient été appelés pour une réunion extraordinaire d'urgence. Jack et Reinhardt étaient déja sur place, ainsi que Zenyatta et Genji qui étaient arrivés pile à la fin du sinistre à Seville. Ana, Tracer, Bastion et DVA purent faire le déplacement depuis Gibraltar pour être là le soir même. McCree n'avait pas répondu. Quant aux autres, trop loins pour arriver en temps et en heure, ils se contenteraient du chat vidéo pour suivre et commenter en direct. Il fallait discuter de la situation actuelle, et prendre des mesures afin de faire face à TALON…
Evidemment, Gabriel était présent. Assis au centre de la pièce, il avait l'impression qu'on allait l'attacher à un bûcher avant d'y foutre le feu. Les regards insistants de Winston ne le rassuraient pas du tout. Ce dernier prit la parole.

- Mes chers amis et membres d'Overwatch. La situation est grave. En effet, TALON a frappé deux de nos bases en un court laps de temps, ayant pour résultat de nombreux blessés et la destruction partielle de certaines données, ainsi que l'enlèvement d'Ange, pour une raison qui nous échappe encore…

Morrison arriva à ce moment-là, en retard, fixant Gabriel qui était tenu en joue par Bastion sur ordre du gorille. Il s'assit à côté d'Ana.

- … De plus, nous avons appris que le faucheur, agent éminent de nos ennemis, et Gabriel REYES, ancien agent d'Overwatch et dirigeant de la Blackwatch, étaient en fait une seule et même personne...

Silence dans l'assemblée. Reinhardt fixe un point quelconque à ses pieds. Torbjorn frappa du poing sur sa table, et fit tomber son PC par la même occasion, faisant perdre la connexion avec Overwatch. Son écran se brouilla, affichant "disconnected." Winston toussa comme pour essayer de garder le sérieux de la situation au sein des esprits de chacun.

- Gabriel. Je pense qu'on a tous des questions à te poser, si tu n'y vois pas d'inconvénients.

Comme si, même s'il y voyait des inconvénients, il avait le choix.

- … J'vous écoute.

Torbjorn connected. Connexion rétablie. Le suédois se racla la gorge puis prit la parole.

- Tu nous as trahi.

- Bah voyons. C'est si évident.

- T'as fait péter la base suisse!

- C'était pas moi!

- ALORS QUI?

- J'en sais rien!

- T'as conscience que ça t'aide pas trop comme réponse?

- J'ai juste voulu…!

Il s'interrompit brusquement, puis soupira.

- L'insurrection à Londres, 167 personnes. L'attaque à Paris, 263 personnes. Les rébellions en Corée, 259 personnes...Je sais tous les chiffres. Tous les noms... De tous les pays. Ca, c'est des dommages collatéraux. Des sacrifices pour une paix artificielle qu'Overwatch a jugé indispensables. Mais vous, vous en saviez rien. Vous étiez sous les spotlights, clamés commes des héros! On vous ordonnait de partir quelque part pour libérer les gens, pour défendre une ville ou que sais-je… Vous n'arriviez qu'après la bataille. Il vous manquait toujours la moitié de l'histoire. La moitié de la Blackwatch. Celle tachée de sang et de trahisons! A nous, on nous ordonnait d'assassiner des personnes haut placées, de balancer des bombes sur des quartiers jugés "condamnés" car sous le contrôle total des omniums, alors qu'il y avait encore de nombreux civils présents… Ils n'ont même pas hésité à sacrifier certains d'entre nous dans des missions suicides afin de faire péter certaines bases de contrôle… Pendant que vous répendiez la paix… Nous on répendait la mort, pour vous laisser le champ libre. Pour que les gens retrouvent l'espoir…

- … Toute guerre mérite des sacrifices…

- Oh, ouais, c'est ce que j'disais à mes hommes pour qu'ils puissent trouver le sommeil la nuit!

- Gabriel…

- Non! Vous ne savez rien! Vous hurlez à la traîtrise parce que vous ne pouvez pas encaisser le fait que votre petite utopie nommée Overwatch ne soit qu'un mensonge! J'ai juste voulu que ça s'arrête! Pirater et publier des données tenues secrètes pour que le monde sache que tout ça c'était du vent ! Que le gouvernement se servait d'Overwatch pour calmer le peuple, alors que la rébellion aurait peut être pu apporter une bien meilleure solution à la crise… Mais la base a explosé. Et ce n'était ni la faute d'Overwatch, ni celle de TALON.

DVA s'était levée de sa chaise pour que sa voix porte mieux.

- Donc tu insinues que ce serait le gouvernement qui a fait ça…?

- Oui. Pour que la Blackwatch ne les foute pas dans la merde en révélant certaines informations compromettantes.

- La Blackwatch? J'te croyais seul ce jour là.

- McCree m'a lâché à la dernière minute.

- Ah, bien sûr, la seule personne absente de notre réunion.

Gabriel avait envie de lui foutre une balle entre les deux yeux. Sale mioche. Putain. Il passait juste pour un anarchiste complètement cinglé. Il n'était que le faucheur, le traître à leurs yeux. Rien de ce qu'il n'allait dire ne serait retenu, de toute façon. Il était foutu. Pourquoi continuer à parler dans le vide…? Il voulu se dématérialiser, mais son corps lui répondit par une douleur foudroyante. Prendre la fuite de la manière habituelle n'allait pas être possible… Fait chier!

DVA continua sur sa lancée, apparemment décidée à enterrer Gabriel dans la soirée.

- Admettons que l'explosion de la base suisse soit pas ta faute. T'as quand même assassiné des membres d'Overwatch pour le compte de TALON.

- Tout comme j'ai assassiné des membres de TALON pour le compte d'Overwatch…

- Tu évites la question! TALON c'est les méchants!

- Nan, tu te trompes là aussi. C'est le gouvernement, les "vrais méchants". Disons que TALON a surtout des méthodes trop radicales...

- Mais Gabriel écoute toi! Tu supportes ces terroristes? Mais t'es de quel côté bordel! Ils essaient de raviver la guerre contre les omniaques! ILS ONT ASSASSINÉ MONDATTA!

- C'est une des méthodes trop radicales dont je parlais…

- Attends c'est tout ce que ça te fait?

- J'étais pas d'accord, ok? TALON avait pris contact avec Tekhartha Mondatta, proposant de les protéger contre les omniaques. Sauf qu'il les a envoyer paître en disant qu'accepter d'avoir des armes au saint du temple serait prendre parti pour le conflit avec les humains, et qu'il en était hors de question. Ils ont essayé de lui faire comprendre qu'aucune guerre ne pouvait être gagnée en étant pacifique, que ce n'était que fermer les yeux sur la violence et laisser faire… Mais Mondatta n'a rien voulu savoir. Alors ils ont voulu le remplacer… J'étais pas au courant, je le jure, à ce moment là j'étais en mission à Numbani pour… Pour suivre Jack...

Genji pausa sa main sur l'épaule de Zenyatta, qui s'était un peu affaissé en entendant parler de son défunt frère. L'omniaque leva la tête vers son élève, et lui fit signe qu'il appréciait son soutien. Il se redressa alors pour participer à la discussion.

- J'aurais du rester au temple avec lui, tout ça ne serait peut être pas arrivé… J'ai longtemps essayé de le convaincre d'avoir de quoi protéger le monastère et ses occupants, mais il n'a jamais voulu m'écouter pour ces mêmes raisons que Gabriel évoque… J'ai quitté les Shambali en quête d'une meilleure solution. Une solution où se battre pour défendre les faibles n'était pas exclue. Je suis attristé d'apprendre que cet entêtement a causé sa perte… J'aurais dû le protéger…

Genji voulu le contredire, mais Zenyatta l'arrêta d'un signe de la main.

- J'ai conscience qu'avoir des regrets est inutile. Je voulais juste souligner le fait que je ne t'en veux pas, Gabriel. Et que je te crois.

Décidemment, cet omniaque était de plus en plus surprenant aux yeux de Reyes.

- Vous oubliez que moi aussi, j'étais de la Blackwatch…

Tous les regards se tournèrent vers Genji.

- J'étais au courant de beaucoup de choses; mais j'ai également quitté le groupe, bien avant McCree. Quand j'ai rencontré Zenyatta, à vrai dire… Et Gabriel dit la vérité. Vous n'avez aucune idée de la nature de nos missions. C'était soi disant pour le bien de l'humanité, alors on s'exécutait. Mais quand Gabe a commencé à faire des recherches sur l'origine de nos ordres, ça a commencé à foutre le bordel. Beaucoup ont quitté la Blackwatch, et certains ont pris contact avec TALON qui n'était qu'un petit groupe à l'époque… Vu qu'à la base, j'avais rejoint Overwatch uniquement par vengeance, j'avais aucune envie de me rebeller contre tout ça, alors je suis parti de mon côté…

- Non mais vous faites l'avocat du diable tous les deux?

- J'ai pas dit que j'étais d'accord avec les idéaux de TALON. Gabriel non plus.

DVA avait l'air de bouillir; on avait presque l'impression que de la fumée sortait par ses oreilles.

- Tu sais pourquoi ils voudraient enlever Ange..?

Ah, Ana. Elle essayait sûrement de changer de sujet pour calmer le jeu. Egale à elle même…

- Elle… Elle a su créer un virus qui les intéresse grandement…

- Pourquoi?

- ….

Gabriel leva les yeux vers Jack. Alors Ana ne savait pas non plus la raison de son état actuel…? Merde, on allait pas le croire sur ce coup-là, si? Winston insista.

- Quel virus, Gabriel?

- … Le R9. Ca permet une régénération quasi instantanée des cellules… Entre autre...

- Un tel virus ne peut pas exister! Et puis, comment peuvent-ils savoir qu'ils peuvent tirer quelque chose des expériences d'Ange? Aucun test n'a pu être…

Le gorille devint blême. Ana comprit à son tour, puis eut soudainement la nausée et dû prendre sur elle pour ne pas aller vomir dans la seconde. Bon, bah là au moins ils avaient l'air de croire à son histoire.

- J'étais cliniquement déclaré mort…. Mais le virus a prit et… Le gouvernement a paniqué… Ange ne contrôlait plus rien… Alors TALON m'a récupéré, et m'a stabilisé au mieux… Ils ont longtemps essayé d'isoler le R9 de mon organisme, sans jamais y parvenir…

Gros moment de silence. Ana finit par se lever et aller enlacer Gabriel.

- … Donc ils ont enlevé Ange histoire d'expérimenter un truc plus concret…? Qu'est ce qu'ils veulent en faire…?

- J'en sais rien et j'veux pas savoir…

Tous se toisèrent d'un air grave. Winston finit par clore le meeting en disant qu'une bonne nuit de sommeil leur serait bénéfique à tous et qu'ils prendraient une décision le lendemain matin. Que ça faisait déja beaucoup à digérer…


Winston avait ordonné à Jack de garder un oeil sur Gabriel toute la nuit. Aussi, les deux camarades se retrouvaient dans la chambre de Morrison.

- Pourquoi tu nous a fait venir là? Tu peux pas fermer l'oeil si tu dois me surveiller…

- Parce que j'ai envie d'avoir la paix et de croiser personne. Donc le meilleur moyen pour ça, c'est m'enfermer dans ma chambre.

- Qui te dit que j'vais pas encore te fausser compagnie?

- C'est un aveu, là?

- Nan. Enfin j'crois pas.

Jack leva les yeux au ciel. Il était exténué. Il espérait sincèrement que Gabe allait se tenir tranquille. Il se leva, et ferma la porte de la chambre à clef. Gabriel haussa un sourcil, pas convaincu.

- Retourne toi et regarde pas.

- Sérieusement, Morrison?

- Triche pas.

Le faucheur s'exécuta en pestant, le temps que le soldat ne planque la clef quelque part dans la pièce.

- C'est bon. Et te fatigue pas, tu trouveras jamais.

Tu parles… T'es mauvais, Jack.

Le soldat se laissa tomber sur le lit. Ce coussin n'avait jamais été aussi moelleux de toute sa vie… Il était tellement crevé qu'il pourrait s'endormir dans la seconde…

- Jack…?

… S'il avait été seul.

- Quoi?

Gabriel était assis du côté droit du lit et lui tournait le dos.

- J'suis censé dormir dans le même lit que toi?

Ah… Il n'avait pas pensé à ça.

- J'imagine que oui.

Gabriel s'allongea à côté du soldat. Tous deux fixaient le plafond sans un mot. Ils ne s'étaient pas retrouvés seuls depuis le soir où Jack l'avait embrassé. Les mots de Winston résonnaient encore dans l'esprit de Jack…
« Parfois, aimer une personne, ça ne suffit pas pour la ramener à la vie. »

- … Tout à l'heure, t'as dit que lors de l'assassinat de Mondatta, t'étais à Numbani pour me suivre.

- Ouais. 'Fin, officiellement, je devais t'empêcher de chopper les infos que t'étais venu chercher, et éventuellement te descendre si j'en avais l'occasion.

- Donc, la panne de courant dans les locaux infestés d'omniaques qui m'a permit de m'enfuir sans problèmes, sans les infos bien sûr… C'était toi?

- Ouaip.

- C'est aussi toi qui a fait tomber les caisses de l'entrepôt ou j'étais piegé par Fatale, ce qui a permis de la distraire juste assez longtemps pour que je sorte de là, y'a à peu près 9 mois?

- Elle était folle de rage, elle m'aurait buté si elle avait su.

- … La fois ou j'avais plus de munitions et où bizarrement j'suis tombé sur une recharge au milieu de nul part?

- Les yeux pleins d'étoiles que t'avais quand t'es tombé dessus, c'était magique.

- Est-ce que t'as sérieusement essayé de me tuer au moins une fois?

- Ouais, quand j'ai appris que Soldat76 était en fait Jack Morrison, que je croyais mort et enterré.

Ah.

Avec tout ça, il avait oublié qu'il était pas le seul à avoir ragé en apprenant qu'un ami en qui il avait confiance lui avait caché qu'il n'était pas mort dans l'accident. En même temps, comment aurait-il pu lui dire puisque lui-même s'était également fait passé pour mort… Ils étaient aussi cons l'un que l'autre en fait.

- Tu l'as su comment…?

Gabriel soupira d'exaspération.

- On a l'élite du piratage, chez TALON. Elle a pas mis longtemps à faire le rapport entre tes agissements et tes similitudes avec feu Jack Morrison… Et puis...

Il se tourna sur le côté, enleva délicatement les lunettes de Jack et passa le bout de ses doigts sur la cicatrice qui barrait le visage du soldat.

- …. J'ai jamais oublié cette cicatrice. Après l'explosion, t'étais inconscient. Pas moi… Je m'en suis tellement voulu… J'aurais dû deviner que t'allais me suivre…

- Tu pouvais pas deviner pour l'explosion.

- Même… Je n'me le pardonnerai jamais…

Jack avait fermé les yeux sous la douceur du geste. Il n'avait pas l'habitude que quelqu'un soit aussi tactile et familier avec lui.

- … "Je t'ai donné ta chance de t'excuser"... Donne-toi la tienne?

Pan, touché. Il avait le chic de retenir tout ce que Gabriel disait et de lui ressortir au moment opportun. De ce fait, il tapait toujours dans le mille.
C'est pour ça que...

- Je t'aime.

Ah, il avait pensé tout haut. Gros moment de gêne. Ses joues s'empourprèrent, il ne savait plus où se foutre. Jack s'était figé à côté de lui et le fixait avec des yeux ronds, le souffle coupé. C'était ça de "jeter un pavé dans la marre" ? Vite, trouver un truc pour rattraper la bourde… Qu'est ce qu'il pourrait bien dire? C'est vrai quoi la journée avait été éprouvante, il était crevé, c'était sorti comme ça sans y penser, c'était pas sa faute aussi. Morrison était trop con avec ses répliques à deux balles!
Il allait baffouiller une excuse quelconque quand Jack se redressa, lui pris le visage entre les mains et l'embrassa avec toute la passion dont il était capable. Ca n'avait rien à voir avec le baiser de leurs retrouvailles quelques semaines plus tôt, surtout que là, Gabriel avait retrouvé entièrement son sens du toucher, et n'avait plus du tout la nausée et la tête qui tourne. C'était juste le festival, les papillons dans le ventre, les poils qui se hérissent, la totale. Pour la première fois depuis des lustres, il se sentait… Humain.
Jack délaissa ses lèvres pour déposer quelques baisers mouillés dans son cou, passant une main fébrile sous son t-shirt. La respiration du faucheur s'était accélérée. Il avait chaud. Trop chaud. Morrison finit par perdre patience et l'aida à retirer son haut, avant de fondre sur son torse et de l'embrasser sur chaque centimètre de peau; tandis que Gabriel passait ses mains dans ses cheveux grisonnants…
La fatigue de tantôt avait complètement disparu. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, ils se retrouvèrent peau contre peau, leurs vêtements éparpillés dans toute la pièce. Entre deux caresses, Jack murmura à l'oreille de Gabe:

- Si t'as disparu demain matin, j'te bute.

Traduction: je t'en veux toujours pour notre première fois, et à juste titre. Aucun commentaire à faire là dessus, de toute façon il n'avait pas l'intention de s'éloigner de Jack avant longtemps… Surtout quand il le touchait comme ça…

- J'vais te faire l'amour jusqu'au matin, aucun risque.

Jack voulu protester, mais Gabriel le fit taire d'un baiser. Tant pis pour la fatigue. Cette nuit blanche là, elle valait le coup.