NOTES: J'ai grave abusé niveau délai de publication, aussi je posterai le prochain chapitre dans la semaine, car il est déja pratiquement fini! Sorry sorry! Avez-vous suivi la blizzcon? Je suis fan de Moira (même si, étant main zenyatta, je trouve qu'elle le copite un peu et qu'elle est bien plus pétée que le moine. Sérieux un ult de zen ne sauve pas tes alliés d'un ult de pharah, mais Moira elle peut elle. Tsssst)

Merci de commenter, laisser des kudos, ça aide vraiment à se bouger et continuer d'écrire la fic! Bisous et à plus tard dans la semaine pour la suite!


CHAPITRE 6: INTRUSION

- Tu vas parler, oui?!

Un nouveau coup, faisant perler du sang de ses lèvres. Malgré la douleur, elle regarda son agresseur droit dans les yeux, avant de lui cracher à la figure. L'homme, grand et barraqué, s'essuya le visage d'un geste avec sa seule main biologique, l'autre étant un poing mécanique immense. L'un de ses collègues à sa gauche se raidit, craignant de voir l'homme perdre sa patience. Nul doute qu'à la place d'Angela Ziegler, lui aurait cédé directement les informations qu'on lui aurait demandé. Et un seul coup lui aurait suffit.

- Ce n'est pas grave. Nous allons juste perdre plus de temps que prévu, mais je m'y attendais. C'est quand même dommage d'abîmer un si joli minois.

Il lui prit le menton, son pouce passant doucement sur la joue égratignée d'Ange. Elle se dégagea d'un mouvement brusque, décrochant un sourire de la part du nigérien.

-Toi aussi, tu apprendras à m'obéir, ce n'est qu'une question de temps.

Il fit signe à ses hommes, qui emmenèrent Ange dans une pièce voisine. Un rouquin en blouse blanche s'approcha de lui.

- Vous avez un mois.

- Mais !- Sauf votre respect Akande, le processus a pris au moins six mois avant d'être au point pour Amélie Lacroix…

- Vous avez fait des progrès technologiques depuis, je suis sûr que vous serez en mesure de faire ça en un mois.

- Mais…

- C'est un ordre!

Le roux déglutit difficilement, hocha la tête, et partit rejoindre ses collègues. Personne ne pouvait tenir tête à Doomfist sans y perdre la vie. Alors soit, ils feraient en sorte de conditionner l'esprit d'Angela Ziegler en un mois…


Ca faisait déjà deux semaines depuis l'attaque à Séville et l'enlèvement d'Ange, et le manque de réaction d'Overwatch tapait sur le système de Gabriel. C'était presque comme un retour en arrière, ce sentiment d'impuissance, être là à attendre une coordination, un ordre, pour débloquer la situation… L'attente, cette interminable attente. Tout ce temps perdu, alors qu'Ange était là, quelque part, torturée par TALON, pendant qu'ils se rongeaient les sangs bien au chaud au QG. Reyes avait bien essayé de contacter Sombra, mais elle avait supprimé leur petit chat privé et il n'avait plus aucun moyen de la contacter. Aujourd'hui était le jour de trop.
Trois coups frappés sur la porte, c'était le rituel depuis ces deux semaines, Reyes venait vers 23h toquer à sa chambre, Jack lui ouvrait, et Gabe passait en général la nuit ici. Parfois ils passaient la soirée à discuter, parfois ils mattaient un film, bouquinaient chacun de leur côté, peu importe, tant qu'ils étaient l'un avec l'autre. Mais ce soir, Jack avait un mauvais pressentiment. Il laissa Gabriel s'étaler sur son lit, rouspeter sur la mauvaise bouffe de ce soir (le vendredi, c'était Bastion qui cuisinait. Et c'était dégueulasse.) avant d'avoir le courage d'aborder le sujet.

- Tu t'en vas.

Reyes eut l'air surpris un moment, avant de se redresser avec un air sérieux.

- Oui.

Silence. Jack inspira profondément, se retenant d'y foutre son poing dans la gueule. Il dût se faire violence pour ne pas l'insulter et le buter dans la seconde.

- Je viens avec toi.

Gabriel soupira, haussant un sourcil comme pour souligner l'absurdité de ses propos. Qu'il le détestait, quand il faisait ça!

- C'était pas une question.

- J'avais compris.

Gabe croisa les bras, c'était toujours ce qu'il faisait quand il pesait le pour et le contre.

- C'est pas la peine d'y réfléchir, je viens, que tu le veuilles ou non.

- Jack…

- J'ai eu le même entraînement que toi. Arrête de faire comme si j'étais pas capable de te suivre!

Reyes soupira, se massa les tempes, et alors que Jack allait encore lui sortir un argument, il tendit son bras vers lui, un flingue soudainement matérialisé dans sa main, pointé sur Jack. Le soldat eut un mouvement de recul, confus et blessé que le faucheur en arrive là. Il tenait tellement que ça à l'abandonner…?

- Je pars. Sans toi.

Oh non! Pas encore! Pas cette fois! Plutôt crever!
Toute l'adrenaline accumulée dûe à la colère rendirent ses gestes extrêmement rapides. Le faucheur ne vit pas venir le coup, et se retrouva en une fraction de secondes désarmé, face contre entendit un clic, avant de sentir un métal froid encercler son poignet gauche.

-Vas-y. Essaies.

Abasourdi, Gabriel leva son bras devant lui, son regard allant de son poignet à celui de Jack, en suivant le lien magnétique vert les reliant tous les deux.

- Tu nous as enchaînés?!

- Tu ne m'as pas laissé le choix, Gabe.

- Tu t'fiches de moi?!

- T'as été un vilain garçon, Gabe.

- Tonto Cabron! Me voy a matarte! Que te passa con...

- Je pige toujours rien à l'espagnol, Gabe.

- T'as prévu ce plan B depuis le début, hein?

- …. Ouaip.

- Putain!

- Toujours pas cap' de te dématérialiser?

- Non!

- Mais tu peux matérialiser tes armes.

- Ouais, parce que si j'foire leur construction moléculaire, j'men contrefous.

- Ca m'arrange, perso.

Encore des jurons en espagnol, avant qu'il ne se frappe le front du plat de la main et abdique.

- Prépare ton sac, on s'casse dans deux heures. J'ai tout prévu, on passera prendre mes affaires au passage. Et ne souris pas comme ça, crois pas que tu vas t'en tirer aussi facilement, Morrison!


Ana avait souvent des insomnies, c'était un fait. Après s'être préparé un thé à la camomille, elle alla se percher sur le toit du bâtiment principal, afin de prendre un peu l'air frais avant de retourner se coucher. Quand elle vit Reyes glisser d'une marche et dégringoler les escaliers de secours en entraînant à sa suite Morrison, apparement menotté à lui, elle se dit qu'elle devrait sérieusement prendre l'habitude de juste rester dans sa chambre à l'avenir, et brancher la télé.


- Comment ça, "disparus" ?

Tracer déglutit, visiblement anxieuse à l'idée de répondre à la question de Winston. Soldat 76 et le faucheur étaient introuvables depuis bientôt 48 heures. Ils ne répondaient pas aux appels ni sur leurs com-link, ni sur leurs portables; qu'ils avaient laissés à la base.

- Y'en a pas un qui les a vu quitter le QG? Qui est la personne qui les a vu pour la dernière fois?

Ana se souvint alors de la scène de l'autre soir, à laquelle elle n'avait pas vraiment porté d'attention, ne voulant pas savoir pourquoi ces deux-là étaient enchaînés l'un à l'autre. Ils se seraient enfuis à ce moment-là? Mais pourquoi des menottes magnétiques?

- Il est peut être temps de mettre le nez dans les données que nous a communiqué Reyes il y a deux semaines.

Le gorille lança un regard noir à DVA, qui avait conclu sa phrase en faisant péter une bulle de chewing-gum.

- Je ne lui fais pas confiance.

- Mais Morrison, oui.

- Si Morrison se jetait d'un toit, tu le ferais aussi?

- Ne sois pas bête! Je n'aime pas du tout Reyes, mais il faut avouer qu'il nous a communiqué beaucoup d'informations sur TALON, et qu'il a l'air de beaucoup tenir à Jack. Quand il dit qu'il faisait en sorte de le protéger durant ses missions pour l'ennemi, je le crois.

- Qu'est ce qui te dit qu'il ne se sert pas de lui? Il est peut être la seule faiblesse de Morrison…

- M'étonnerait qu'il bluffe vu comment Jack est chiant avec lui. J'veux dire, un soir il l'embrasse, le lendemain il le dégage de sa chambre à coup de pieds dans l'derrière…

Lucio manqua de s'étouffer avec son yaourt sur le moment. Ana lui tapa dans le dos pour mieux faire passer le laitage, et il regarda DVA avec des yeux ronds comme des billes.

- Attends, quoi?

- Quoi, tu savais pas?

- Quoi?

- Reyes, et Morrison. Ils sont… Ensemble. En couple.

Reinhardt et Torbjorn échangent des regards interloqués, puis se tournèrent vers Ana qui les ignorait en sirotant son café. Seuls Genji et Zenyatta n'avaient pas l'air surpris (ou bien s'en foutaient.) Lucio posait un milliard de questions à DVA là-dessus avant que Winston ne le coupe.

- SOIT! Athena! Analyse les coordonnées des QGs de TALON que le faucheur nous a donné….

- Entendu. Analyse en cours.

- Mais alors… La fois où j'les ai croisés en sueur dans le couloir…

- Y'avait pas de problème de chauffage, en effet Torbjorn.

- …. Oh bonne mère….

- Analyse terminée. 5 sites recensés, voulez-vous la liste?

- Donne nous les plus proches.

- Un QG de TALON se trouve à Madrid, à 534km. Un second se trouve à Annecy, France, à 1734km.

- Annecy? Leur QG serait pas le manoir d'Amélie?

- En effet, lieutenant Amari. L'adresse est celle du Château Guillard.

-Alors tandis que certains vont faire du tourisme à Madrid, on va aller rendre visite à une vieille amie…


Paris, "la ville de l'amour." Ouais. Faudrait lui dire à quel endroit de la ville exactement on devait ce surnom, parce que vu la gueule des gens dans le métro, ça respirait pas trop l'amour. Comme si chaque rame les conduisait à l'abattoir, mais qu'il fallait quand même se bousculer pour arriver en premier. Enfin, au moins, les gens s'attardaient pas trop sur eux, deux civils à l'air stupide, enchaînés l'un à l'autre. Au pire, on les prenait pour des sadomaso exhibitionnistes, au mieux, on pensait que c'était le bizutage de début d'année de la fac de médecine du coin (Quoi qu'ils avaient passé l'âge…). "Un pari stupide." C'était ce que Reyes avait sortit au contrôleur dans le train. Le type les avait clairement pris pour des illuminés, puis s'était barré après avoir contrôlé leurs papiers. Des faux, bien sûr, sinon Winston les aurait retrouvés en deux secondes et les aurait fait rapatriés avant de les défoncer verbalement et de les enfermer dans une pièce quelconque avec comme seule nourriture des bananes, et ce pour l'éternité. Gabriel avait maintes et maintes fois demandé à Jack de les détacher, mais le soldat était intransigeant. Plutôt passer pour un con que de risquer de perdre Reyes de vue.

Talon avait plusieurs QGs dans le monde, nul doute qu'ils attendaient Gabriel de pied ferme, avec le comité d'accueil et les confettis pour fêter son retour. Aussi le plan était d'atteindre un simple entrepôt qu'ils utilisaient pour stocker des armes dans une zone industrielle de Paris, de s'introduire dans leur système informatique et entrer en contact avec Sombra.

Il était dans les trois heures du matin quand ils atteignirent l'entrepôt, avec une voiture louée. Il devait y avoir une vingtaine d'omniaques faisant la ronde autour du bâtiment, surveillant les alentours.

- Et j'imagine que tu veux toujours pas nous détacher.

- Négatif.

Gabriel leva les yeux au ciel. Tant pis, il faudrait faire avec. Il franchit la barrière de sécurité, Jack lui emboitant le pas.


En cette période de l'année, le temps était idéal à Madrid. Le soleil tapait fort, ce qui donnait une excuse à Tracer pour crâner avec sa paire de lunettes de soleil. Heureuse de ne pas être partie au Château Guillard en compagnie de Winston (bon courage à ses accompagnateurs), elle se délectait d'un smoothie, trottant tranquillement derrière Genji et Hana qui essayaient de trouver la rue indiquée par les coordonnées d'Athena.

- J'crois que c'est là, au coin de la rue où y'a un Mcdo.

- Heyyy, on s'y arrête pour manger un bout?

- Super idée!

- J'suis pas sûr que….

Genji fut royalement ignoré par les deux jeunes femmes qui se dirigèrent vers le fast-food, sans se demander si le cyborg pouvait boire du coca sans rouiller. Zenyatta posa une main sur l'épaule de son élève. "Chaque chose en son temps."


Jack et Gabriel durent passer par le toit du bâtiment pour s'y introduire. Ils tournèrent en rond un moment avant de trouver un bureau vitré, avec un ordinateur à l'intérieur. Evidemment, la porte était verrouillée, et ils ne pouvaient pas l'enfoncer sans risquer de déclencher le système d'alarme.

- Tu veux pas essayer de prendre ta forme spectrale pour passer sous la porte?

Le faucheur fit la moue, réfléchissant un instant à cette éventualité. S'enfonçant un peu plus sa capuche sur la tête, il grogna avant d'acquiescer. Il ferma les yeux, se concentra, puis ressentit des picotements au bout des doigts.
Inspire, expire…

Le corps de Gabriel disparut en une ombre noire, se frayant un chemin sous la porte jusqu'à l'ordinateur avant de reprendre forme humaine. Il fit signe à Jack, faisant le "V" de victoire de la main, en montrant son poignet du doigts pour indiquer qu'ils n'étaient plus enchaînés. Si le soldat n'avait pas porté sa visière, Gabriel aurait pu le voir lever les yeux au ciel.
Le faucheur réussit à envoyer un message codé à Sombra par la messagerie interne de l'entrepôt. " Soucis de livraison, commande arrivée endommagée, veuillez me contacter rapidement svp - Roger Havane"
Havane, c'était en référence à la capitale de Cuba, et à une chanson que Sombra adorait. Nul doute qu'elle saisirait rapidement le sens du mail.

Gabriel inspira profondément, et repassa sous la porte de la même manière que tout à l'heure. Mais Jack n'était plus dans le couloir. Il jura en espagnol avant d'essayer de retrouver sa trace. Il remonta le couloir, inspectant prudemment chaque pièce, mais aucune trace du soldat jusqu'au hangar. Génial. Manquait plus que ça. Morrison qui jouait à cache-cache. C'était exactement pour ça qu'il n'avait pas voulu l'emmener. Parce qu'il savait qu'il se ferait du mouron pour lui non stop. Finalement ça ne lui semblait plus être une si mauvaise idée, les menottes. Il s'avança dans le hangar, avant de se planquer derrière une allée d'immenses étagères où étaient entreposés des tonnes de cartons sûrement remplis d'armes, de munitions et de pièces détachées: une équipe d'omniaques surveillant les environs venait vers lui. Jack avait dû se planquer s'ils étaient passés vers eux tout à l'heure. Il ne devait pas être bien loin. Reyes observa quelle direction prenaient les omniaques, pour aller dans le sens opposé. Il tourna au bout de l'allée, puis entendit un petit clic avant d'avoir la vue brouillée par de la fumée et de se mettre à tousser. Ce qu'il respirait lui brûlait la gorge, et lui piquait les yeux. Par réflexe, il voulut se dématérialiser et reprendre forme plus loin, mais il n'arrivait pas à se concentrer assez pour y arriver. Il tituba, avant de tomber à genoux, le souffle coupé par le gaz.

Jack se jeta sur Fatale à l'instant où elle tira, faisant dévier la balle qui rafla l'épaule du faucheur, qui prit soudain connaissance de la présence du sniper. Il n'eut pas le temps de mieux voir d'où elle avait tiré, l'alarme de l'entrepôt se mit à retentir, et des troupes d'omniaques firent irruption dans tout le bâtiment. Matérialisant ses armes, Reyes se mit à tirer sur les ennemis à portée, tandis que sur une passerelle plus haut, la veuve noire se débattait, tentant de se débarasser de Jack qui voulait la maîtriser. Le soldat se prit un coup de coude dans la mâchoire, laissant assez de temps à Fatale pour jeter une de ses petites mines venimeuses et se dégager de là grâce à son grappin. Crachant ses poumons, Jack tâta le sol à la recherche de son arme, avant de rouler sur le côté et d'activer sa visière tactique. Fatale fût touchée à la jambe gauche par une des balles, et s'effondra derrière une allée de caisses. Pestant, elle chercha du regard où était le disjoncteur du hangar. Bingo, elle pointa son arme dessus et tira, les plongeant tous dans le noir total. Activant son infravision, elle se servit à nouveau de son grapin, pour atteindre le haut d'une pile de caisse, cherchant sa cible principale: Gabriel.

Fut un temps, le faucheur était à l'aise dans l'obscurité. Elle était son alliée, dans laquelle il pouvait se fondre, disparaître pour mieux surprendre l'ennemi ou prendre la poudre d'escampette. Maintenant, il ne voyait plus dans le noir. Il n'arrivait plus à se dématérialiser à volonté, et il se sentait complètement exposé et désespéré, en sachant pertinemment que Fatale était là, quelque part, sa visière sur la tête, prête à les descendre d'un seul tir. Bon sang, s'il arrivait quoi que ce soit à Jack… Il buterait Fatale avant de foutre le feu à l'entrepôt et de se laisser brûler avec. Un groupe d'omniaque tomba sur lui au détour d'une allée, et commença à tirer, le forçant à se mettre à couvert, puis à fuir entre les étagères du hangar. Les caisses étaient entreposées en ligne, empilées les unes sur les autres parfois jusqu'au plafond, rendant difficile la fuite et le repérage. Encore plus dans le noir. Il courait droit devant lui, une main longeant les caisses sur sa gauche pour se repérer. Fin de l'allée? On tournait aveuglément dans la suivante. Jack devait bien avoir la vision nocturne dans sa foutue visière à deux balles, pas vrai? Qu'est ce qu'il foutait?

Une balle siffla près de son oreille. Bien, à défaut d'avoir trouvé 76, il avait trouvé Amélie. Elle avait un avantage trop important dans le noir, il fallait y remédier. Mais comment?

A cet instant, comme par miracle, la lumière revint, sûrement grâce à un générateur de secours ou une connerie du genre, Reyes en avait rien à foutre: il devait juste se tirer d'ici, et avec Morrison.

- C'est ça que tu cherches?

Un frisson lui parcouru l'échine. Il se retourna, pour faire face à Fatale, qui se tenait au bout de l'allée, la pointe de son arme contre la tempe de Jack. Derrière elle, trois omniaques et deux bastions. Gabriel baissa ses armes, sans quitter le soldat des yeux.

- Je pensais que tu valais mieux que ça, faucheur. T'avoir aussi facilement me fait presque mal au coeur.

- Parce que t'en as un?

- Il y a quelques mois, je me posais la même question sur toi… Tente quoi que ce soit et les deux bastions derrière moi font feu. Tu pourras peut être t'en sortir en te dématérialisant, mais je doute que le "commandant Morrison" n'en sorte indemne, lui.

- L'écoute pas! Barre-toi!

Fatale fit taire Jack d'un coup dans la mâchoire. Gabriel la regarda droit dans les yeux. Même si tout le monde y compris elle considéraient Amélie comme disparue à jamais… Au fond, il savait que c'était faux. Peu importe à quel point elle critiquait Overwatch, à quel point elle disait haïr son mari et sa vie d'avant, avoir fait la seule chose à faire… Il savait que chaque année, vers leur anniversaire de mariage, Fatale se rendait sur la tombe de Gérard. Il savait qu'elle portait toujours son alliance sur une chaîne, autour du cou,dissimulée sous ses vêtements. C'était ça qui faisait qu'il avait toujours gardé une certaine affection pour elle. Cette vulnérabilité qui réussissait à garder une part d'elle humaine. Vivante. Peu importe à quel point elle détestait ça.
Elle lui rappelait Overwatch. Elle lui rappelait qu'il était comme elle: un héros déchu.

Un éclat d'étincelles violettes sur les bastions derrière elle attira son attention. Sombra avait dû recevoir son message. Pile à temps.

Il se rua en avant, taclant Fatale, puis lança un de ses fusils à pompe à Jack. Le soldat tira sur les omniaques derrière eux, mais déja d'autres arrivaient en renfort: il savait qu'ils n'allaient pas pouvoir tenir longtemps comme ça. Qui sait combien de temps les deux bastions allaient rester hors service? Il fallait fuir. Il jeta un oeil derrière lui: Reyes retenait fermement la sniper au sol, le flingue braqué sur son front. Pour une raison quelconque, il ne tirait pas, et restait là, figé.

- Gabe!

Aucune réponse. Les deux ennemis se fixaient mutuellement dans les yeux, le regard plongé dans celui de l'autre.

- Gabriel, on doit dégager d'ici! MAINTENANT!

Jack tira sur des bastions qui arrivèrent au coin de l'allée, et s'apprêtaient à prendre leur forme de tourelle. Il commença à courir vers la sortie de secours derrière eux.

Gabriel se releva, lâchant les poignets de Fatale, l'arme toujours pointée sur elle. Sans la quitter des yeux, il baissa lentement son arme. Ce n'est qu'à cet instant que la jeune femme se rendit compte qu'elle avait retenu son souffle jusqu'alors, attendant calmement son sort. Son regard allait de l'arme à Reyes, puis de Reyes à l'arme; elle était totalement confuse.

- …. Pourquoi?

Gabriel lui sourit, un sourire sincère, mais mélancolique, lui provoquant un pincement au coeur.

- Parce que les héros ne meurent jamais.

C'était ce qu'Ange lui avait répondu, quand il lui avait demandé pourquoi elle voulait sauver le faucheur. Ca lui avait fait l'effet d'une bombe. Mais ce n'était qu'aujourd'hui qu'il comprenait tout ce que cela impliquait. Il planta Amélie là, partant à la poursuite de Jack.
Il ne vit pas la sniper verser une larme pour la première fois depuis son conditionnement.
Ils étaient presque arrivés à la voiture, quand Jack s'arrêta brusquement, avant de tomber inerte au sol, comme une vulgaire poupée de chiffon. Reyes hurla son nom, se précipitant à ses côtés, tandis que du sang s'écoulait de derrière la tête de Jack. Fatale avait dû lui foutre un sacré coup sur le crâne tout à l'heure, qui sait combien de sang il avait perdu! Il le souleva, le jetant sur son épaule comme un sac à patate, et se débrouilla pour ouvrir la voiture d'une main. Il l'allongea à l'arrière le plus délicatement possible malgré l'urgence et la panique, puis grimpa à l'avant et démarra le moteur, foutant enfin le camp d'ici.