Grace à quelques lecteurs courageux, j'ai retrouvé la motivation pour enfin terminer cette histoire. Voilà le dernier chapitre et un grand merci à ceux qui m'ont laissé des commentaires !

Bonne lecture !


Le moment était venu.

Il était temps qu'elle prenne position et se prononce sur la mort du Chancelier. Padmé portait une tenue plus simple que ses habits sénatoriaux habituels. Ses infirmières lui avaient déconseillé de porter une robe trop ajustée qui risquait de tirer sur ses points de sutures. Elles n'avaient consenti à cette sortie que parce l'enquête sur la mort du Chancelier n'avancerait pas sans son témoignage officiel.

Et bien sûr par ce que Padmé avait insisté.

Une fois annoncée au Sénat, Padmé s'éclaircit la voix et s'approcha lentement de la plate-forme. Son ventre souffrait toujours de sa blessure mais le patch de bacta la soulageait. Elle se pencha en avant et plaça ses mains sur le pupitre devant elle. Le regard sévère, elle observa un instant l'assemblée impatiente de connaitre sa version des faits.

« Je me tiens aujourd'hui devant vous pour vous dire la vérité sur la duplicité du défunt Chancelier Suprême, » commença t'elle d'une voix forte. « Enfant il était mon mentor, mon conseiller dans mes débuts de souveraine et un ami proche. Je regrette d'avoir à vous dire que l'homme que nous croyions tous connaître n'était rien d'autre qu'un traître. Le Chancelier m'a retenue prisonnière dans son bureau, avec la ferme intention de m'utiliser contre le Chevalier Jedi Anakin Skywalker qu'il espérait pouvoir corrompre au coté obscur de la Force. » Elle jeta un regard circulaire à l'assistance, dévisageant ses confrères sénateurs. « Oui, vous avez bien entendu ! Le Chancelier possédait les mêmes pouvoirs que l'Ordre Jedi mais il a choisi de les utiliser contre nous et les Jedi ! »

« Le Chancelier Palpatine avait l'intention de détruire l'Ordre Jedi ! » L'information qu'elle était sur le point de révéler lui venait de Bail Organa qui l'avait gardée pour lui depuis le début de l'enquête. Il la lui avait confiée dans le but de monter un dossier contre Palpatine. « Le Chancelier avait instillé aux Clones l'ordre d'exécuter tous les Jedi ! Depuis le début des investigations, les commandants Clones ont été interrogés et nous en ont confirmé les détails. Une fois l'ordre donné, chaque Jedi présents auraient été assassinés ! »

Padmé inspira profondément et fit une courte pause. « J'étais retenue dans les quartiers privés du Chancelier dans le rôle de l'appât. Le Chevalier Jedi Anakin Skywalker et Maître Jedi Obi-Wan Kenobi sont arrivés avec le Comte Dooku. Ils savaient que le Chancelier préparait quelque chose et s'étaient alliés pour le combattre. Palpatine traita Dooku de traître devant moi et les deux Jedi. Le Chancelier Suprême Palpatine et le Comte Dooku étaient de mèche dans cette guerre ! Je suis témoin de ses paroles et je vous les confie pour que vous vous rendiez compte de la situation ! »

« Le Chancelier a menacé de me tuer si Anakin ne le rejoignait pas ! Maître Kenobi s'opposa au Chancelier qui maniait le sabre laser avec autant de dextérité qu'un Jedi. Il créa une diversion pour qu'Anakin puisse m'emmener en lieu sûr. J'ai assisté au combat, le Chancelier avait des compétences inattendus – il n'était pas l'homme que je connaissais. Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé ensuite. J'ai été propulsée dans les airs par la Force. »

Elle posa sa main contre son ventre. « Je me suis empalée sur le sabre de Maître Kenobi mais j'avais vu le Comte Dooku utiliser la Force contre moi tout en essayant de rejeter la faute sur Obi-Wan ! Dooku voulait retourner Anakin Skywalker contre Obi-Wan Kenobi ! Il y serait peut-être parvenu si je n'avais pas eu le temps de partager ce que je savais avec Anakin. »

Sa voix se fit plus calme. « J'ignore ce qui s'est passé après ça, à part que le Chancelier et le Comte sont tous les deux morts. Mon témoignage arrive à sa fin, confrères sénateurs, confrères républicains, je vous supplie de réaliser la transformation du Chancelier en cet être abject. Souvenez vous qu'il a lancé un ordre d'exécution contre Maître Kenobi, et bien que la réaction des Jedi puisse paraître impitoyable, le Chancelier prévoyait leur destruction. Si les Jedi n'avaient pas découvert sa véritable identité, un Empire serait né des cendres de cette République déchue. Je vous conjure de vous souvenir que bien que nous ne savons rien de la Force, nous pouvons nous fier aux Jedi pour agir en conséquence face à un ennemi qui menace la galaxie tout entière. »

Padmé se retira, inspirant profondément. Elle balaya l'assemblée du regard, observant ses amis et collègues échanger des messes basses.

Leur décision déterminerait l'issue de l'enquête. Elle avait l'espoir que la duplicité du Chancelier soit acceptée de tous. Un grand nombre de preuves devait encore être présenté au Sénat mais l'enquête serait forcément influencée par la révélation de l'implication du Chancelier dans l'éloignement des Séparatistes de la République. Néanmoins ce n'était pas à elle d'élaborer sur le sujet… l'Ordre Jedi s'en chargerait plus tard, avec le témoignage d'Anakin. Mais elle espérait que son discours innocente Obi-Wan aux yeux de la justice.

La confédération Séparatiste serait-elle vraiment d'accord avec ce que Dooku avait fait à Obi-Wan ? Chercheraient-ils vraiment à le poursuivre en sachant que Dooku était allié au Chancelier ? Que les deux leader avaient conspiré pour faire la guerre ? Elle voulait croire que les Séparatistes étaient des gens biens, trompés et manipulés par Dooku, et qu'ils ne prendraient pas la décision de poursuivre le Jedi en justice.

Si on en arrivait là, Padmé avait le sentiment que les Séparatistes voudrait voir l'assassin de Dooku sous leur garde, et pour obtenir la paix ils demanderaient probablement sa reddition. Padmé savait qu'un tel acte de la part de la République briserait complètement l'équilibre mental déjà si fragile d'Obi-Wan.

Elle devait croire que les Sénateurs prendraient la bonne décision, qu'ils pensaient tous à une République soudée et unie plutôt qu'à leur propre existence.

Soupirant, Padmé s'installa confortablement dans le siège que lui avaient réservé ses infirmières pour attendre la fin de la session.


Peu de temps avant le discours de Padmé, Bail Organa avait appris le rôle joué par les Jedi dans les décès du Chancelier et du Comte Dooku. Cette découverte l'avait choqué, les deux Sith étaient allé si loin pour détruire la République qu'ils avaient fini par s'entretuer.

Même s'il savait qu'Obi-Wan Kenobi avait été capturé, il ignorait tout de ce qu'avait subi le maître Jedi, de ce qui l'avait fait basculer. Bail se souvenait d'un Maître Jedi calme en toutes circonstances, capable de mener des négociations pendant de lourdes crises, n'utilisant son sabre laser qu'en dernière nécessité et s'opposant aux actions agressives aussi souvent que possible. Un tel changement chez son ami était déplorable.

Ce n'était pas Obi-Wan qui lui avait raconté toute l'histoire mais Anakin Skywalker avec la permission du Conseil des Jedi. Le jeune chevalier lui avait décrit le combat et lui montra une déclaration signée par Obi-Wan.

Les détails seraient dévoilés dans un rapport qu'il était en train d'écrire, que chaque sénateur lirait avant de prendre une décision finale. Les déclarations d'Anakin Skywalker et d'Obi-Wan Kenobi y étaient incluses.

Bail ne pouvait désapprouver les actes de l'Ordre Jedi dans cette affaire, inutile de dire qu'un certain nombre de sénateur auraient voulu que le cas du Chancelier soit traité par une cour de justice, mais le Chancelier avait le contrôle des tribunaux qui étaient sans aucun doute composés de gens loyaux et qui l'auraient innocenté de toutes charges.

Le Chancelier avait fait des erreurs avant sa mort. Il savait que les Jedi venaient le chercher, il croyait pouvoir sortir victorieux, mais ses ambitions avaient été anéanties, et Padmé en était presque morte. Bail était certain que si Skywalker avait échoué, les sénateurs emprisonnés dans leur bureau auraient tous été assassinés pour faire accuser l'Ordre Jedi de trahison envers la République.

L'ordre d'exécuter tous les Jedi qui avait été découvert dans l'armée de clone aurait été lancé. Des personnes innocentes seraient mortes, des enfants aussi. Bail frissonna à cette pensée. Le Chancelier était le mal incarné.

Mais il avait signé son arrêt de mort en faisant emprisonner Padmé. Pour lui, les Jedi avaient fait le bon choix en mettant fin à ses jours – il espérait que les autres sénateurs partageraient son opinion.

La mort de Dooku était plus compliquée à gérer. Il espérait que le discours de Padmé et le rapport des Jedi suffisent à convaincre le Conseil Séparatiste qu'ils n'avaient tous été que des pions sur un échiquier pour le plaisir du Chancelier et du Comte.

Il continua son rapport malgré le mal de tête qui le menaçait. Il voulait l'envoyer au plus vite.

Une fois l'enquête terminée, la République pourrait élire un nouveau Chancelier Suprême.


Une semaine plus tard…

Les deux Jedi, Maître et apprenti, se tenaient cote à cote face au Conseil. L'un ignorait s'il avait toujours sa place dans l'Ordre et l'autre espérait pouvoir rester tout en ayant le droit d'aimer.

Après avoir délibéré sur leur sort, le Conseil les avait convoqués. Le cas d'Obi-Wan était simple, ou du moins c'est ce que supposait Anakin, puisqu'il avait agi sous l'emprise d'une drogue. Il ne pouvait être condamné pour ses transgressions. Le Conseil avait déjà jugé Obi-Wan, lui avait déjà donné le droit de partir tout en lui assurant de lui garder son siège au Conseil. Anakin suspectait qu'il l'avait appelé pour parler de l'avancer de l'enquête au Sénat sur la mort du Chancelier. La même offre lui serait sûrement faite.

Ils pensaient certainement qu'il accepterait de rester, mais Anakin n'était pas de leur avis. Pour lui Obi-Wan les quitterait.

Alors qu'Anakin, lui, avait agi de son propre gré. Son sort était plus incertain.

« Skywalker, » Mace Windu fut le premier à parler, l'éternel porte parole du Conseil, celui qui prononçait les décisions mais écoutait l'opinion de ses confrères. « Nous allons aujourd'hui nous prononcer sur ton sort ».

Anakin déglutit, et s'inclina respectueusement devant les maîtres. Il se redressa et se prépara au pire.

« Tu as volontairement transgressé nos règles. Tu as formé des attachements, des attachements qu'un Jedi ne devrait pas avoir. Tu t'es marié sachant que tu risquais l'expulsion. Tu as demandé une chance pour nous prouver que tu pouvais toujours être une Jedi malgré tes attachements émotionnels. Nous t'avons observé ses derniers mois, » continua Mace.

Anakin retint sa respiration.

« Et nous sommes impressionnés par la façon dont tu as su gérer ces moments difficiles. Nous t'avons fait chevalier avec réticence, car nous ne pension pas que tu étais prêt. Nous t'avons lancé le défi d'entrainer un Padawan pour tester ta fidélité envers l'Ordre Jedi. Après la capture d'Obi-Wan nous t'avons gardé à l'œil, et nous avons vu que malgré tes fautes tu es bien plus en paix avec la Force que par le passé.

Anakin ne savait pas quoi penser. Etait-ce censé être un compliment ? N'avait-il pas toujours été en paix avec la Force. Il savait qu'il avait été fait chevalier à contre cœur. Contrairement à lui, la plupart des Jedi étaient entrainés depuis leur plus tendre enfance. Ignorant si on le critiquait ou non, il préféra rester silencieux.

Mace Windu se renfonça dans son siège. « Tu as aidé à la destruction des Sith et Obi-Wan ne serait-pas ici sans toi, alors même que ton épouse avait besoin d'attention médicale immédiate. En voyant ce qu'Obi-Wan était sur le point de faire, tu n'as pas fait d'elle ta priorité. »

« Ce qui prouve que ton attachement pour elle ne t'a pas empêché d'accomplir ton devoir, » termina Ki-Adi Mundi.

La respiration d'Anakin s'accéléra. Allait-il pouvoir rester dans l'Ordre ?

« Tu as un sauvé un Jedi du coté obscur de la Force. Pour cette raison, tu as toute la reconnaissance du Conseil. Cette décision a été difficile à prendre, compte tenu de l'ancienneté de la loi prohibant l'attachement, » continua le Maître Korun. Il se pencha en avant. « Maître Yoda t'annoncera notre jugement. »

Anakin resta immobile, le corps tendu dans l'attente de leur décision. Obi-Wan se tenait à ses coté, la tête inclinée vers le sol.

Pendant une bonne minute, le plus ancien des Maîtres Jedi sonda Anakin avec la Force. Il se laissa faire, essayant de rester calme.

« Hmmm… des attachements forts tu as. Toujours tenté par le coté obscur tu seras. »

« Mais je peux… » Anakin s'interrompit, grimaçant quand Yoda leva sa canne pour le faire taire.

« Résistant tu nous as prouvé être. Comme un Jedi tu as agi avec le Chancelier. Ta contribution à la défense de l'Ordre, nous ne pouvons oublier. Un Jedi tu peux demeurer.

Un sentiment de soulagement se répandit en lui. Un Jedi tu peux demeurer… « Vraiment ? Vous… Vous le pensez vraiment ? Je… Je peux toujours être marié avec Padmé ? » Il devait en être certain, être sûr qu'ils comprenaient qu'il n'allait pas la laisser tomber.

Yoda hocha la tête. « Nous l'acceptons. A partir de maintenant l'attachement de chaque Jedi sera évalué. Toujours entrainés à l'éviter les Jedi seront, mais si une fois Chevalier ils montrent qu'ils peuvent former des attachements tout en restant fidèles à l'Ordre alors le Conseil le permettra. Un exemple tu seras pour les jeunes Chevaliers. Il sera exigé qu'au Temple tu passes du temps, tous les soirs tu ne devras pas rentrer chez toi, un Jedi avant tout tu dois être. »

Le visage d'Anakin s'éclaira. Il pouvait rester dans l'Ordre. Il était aussi déconcerté que ravi. Il s'attendait à être renvoyé, et même s'il voulait être un Jedi, Padmé passait avant tout et il aurait accepté son sort. Après tout, il avait enfreint le Code. Il se rendit compte qu'il n'était pas en colère à l'idée d'être renvoyé. Il l'aurait mérité. Il n'était pas plus énervé de savoir qu'il ne pourrait pas rejoindre Padmé tous les soirs. Cet équilibre alliant Jedi et attachements lui paraissant étonnement juste.

« Félicitation Anakin, » murmura Obi-Wan, la tête basse.

« Merci. Vous aviez raison. » Il aurait serré Obi-Wan dans ses bras s'ils ne se tenaient pas devant le Conseil.

« Maître Kenobi, » commença Adi Gallia.

« S'il vous plait, Maître Gallia, ne m'appelez pas Maître. Je n'en suis pas un, » l'interrompit Obi-Wan.

La joie qu'Anakin avait ressenti s'évapora en un instant quand il comprit ce qu'Obi-Wan était sur le point de faire.

Les membres du Conseil échangèrent des regards, contemplant les paroles d'Obi-Wan.

« Vous souhaitez toujours quitter l'Ordre ? » interrogea Saesee Tiin.

« J'ai besoin de temps pour réfléchir loin d'ici. Je ne me sens plus à ma place. » Obi-Wan se mordit nerveusement les lèvres. « Le discours de la Sénatrice Amidala m'a été favorable. Les séparatistes ont retiré leurs accusations. Bien qu'aucune preuve ne m'accablait, le fait que le Comte préparait l'assassinat du Chancelier de la République alors qu'il complotait avec lui, semble avoir justifié sa mort. » Il détestait l'idée d'échapper aux conséquences de ses actes.

Quelques heures plus tôt, des enregistrements de sécurité d'un vieux bâtiment abandonné à l'écart du quartier sénatorial montrait les visites régulières du Chancelier… ainsi que celles du Comte juste avant et après le début de la Guerre des Clones. Même si aucune image ne montrait leurs rencontres, le fait qu'ils arrivaient au même endroit parlait de lui même. Des fichiers trouvés dans les datapads personnels du Chancelier qui avaient été piratés par des spécialistes révélaient des plans détaillés de la construction d'une station destructrice de planète. Les documents montraient aussi le processus complexes de la programmation des Clones.

Les preuves étaient là et le nom d'Obi-Wan avait été blanchi. Il pouvait maintenant quitter la capitale s'il le souhaitait. Même si les détails de ce qui s'était réellement passé dans les quartiers du Chancelier ne seraient jamais révélés, Obi-Wan devrait apprendre à vivre avec.

« Je veux rester dans l'Ordre, » annonça Obi-Wan lentement, « et je ne veux pas partir sans votre permission. Mais si je pars, je ne peux pas vous garantir de revenir rapidement. » Une lueur de tristesse éclaira ses yeux.

Yoda l'observait avec douceur. « Ma permission pour partir tu as. Prendre ton temps pour guérir tu dois. »

Anakin observa le reste du Conseil répéter des paroles similaires. Ils lui garderaient son siège au Conseil bien qu'Obi-Wan leur ait demandé de reconsidérer leur décision. Il ne voulait pas que le Conseil soit incomplet pendant qu'il cherchait à se retrouver. Et s'il n'y arrivait pas ? Anakin comprenait ce qu'il ressentait mais le Conseil semblait certain qu'Obi-Wan reviendrait.

Anakin n'en était pas si sûr. Mais il devait croire que son ami et mentor ne partirait pas pour toujours.


Obi-Wan.

Bonjour Maître. Obi-Wan avait reconnu la voix de Qui-Gon. Vous espérez encore me faire changer d'avis ? De retour dans ses vieux quartiers, il faisait ses bagages. Il emportait très peu d'affaire – des vêtements de rechange, des draps, un encas et son cristal de sabre laser. Il refusait de brandir un sabre laser.

Non tu as fait le bon choix, répondit Qui-Gon.

Vraiment ? Vous être le seul à le penser, répliqua Obi-Wan. Mais il mentait. Il sentait bien qu'Anakin comprenait sa décision de partir. Au moins quelqu'un dans l'Ordre le comprenait.

Tu t'es égaré, Obi-Wan, mais tu n'es pas condamné. Tu n'as pas tué Dooku. Même si tu le voulais, tu ne l'as pas fait. Dooku ne peut plus te contrôler. Tu ne devrais pas non plus te sentir coupable vis à vis de Padmé. Avec le temps tu le réaliseras.

Obi-Wan aurait aimé pouvoir croire les paroles de son vieux Maître. Il était étrange de savoir qu'il pouvait communiquer avec Qui-Gon. De toute évidence même la mort de pouvait arrêter son maître.

Un jour tu l'apprendras aussi… Si la voix de Qui-Gon était accompagnée de son image, Obi-Wan était certain que son maître serait souriant en disant cela.

Je ne sais même pas où aller. Obi-Wan n'y avait même pas réfléchi. Il savait juste qu'il devait partir.

Je te conseille de te rendre à Stewjon.

Obi-Wan s'immobilisa. Stewjon ? Pourquoi retourner sur le lieu de ma naissance ?

Tu as dit ne pas savoir où aller ? C'est un endroit où commencer, c'est ton commencement. Une petite et simple communauté pourrait t'aider. Tu quittes peut-être Coruscant mais tu n'es pas obligé de voyager indéfiniment. Se poser dans un endroit calme pourrait t'aider à te retrouver, répondit Qui-Gon mystérieusement.

Obi-Wan fronça les sourcils en fermant sa valise, il la verrouilla d'un code et la saisi de sa main droite. C'est une idée acceptable.

Qui-gon resta silencieux. Il ne répondit pas.

« Formidable, si vous ne voulez plus me parler maintenant… » dit-il à haute voix.

J'ai dis tout ce que j'avais à dire, Obi-Wan.

Obi-Wan détourna les yeux un peu honteusement.

Emportant ses affaires, il jeta un dernier regard à ses appartements, et parti sans savoir s'il reviendrait un jour.


« Aujourd'hui le Sénateur Bail Organa a clôturé l'enquête sur la mort du Chancelier Suprême Palpatine et du Comte Dooku. Il a longuement parlé des découvertes et des informations transmises par l'Ordre Jedi au Sénat. »

« Bien que le détail des évènements de sera jamais publiquement confirmé, il a été découvert que l'ancien Chancelier avait formé une alliance avec le Comte Dooku et qu'ils complotaient ensemble contre la République. Il semblerait que les deux hommes aient manipulé les deux camps pour faire éclater cette guerre. »

« Organa a aussi déclaré que le soir de la mort de Palpatine, il était enfermé dans son bureau, accusé d'avoir trahi la République. Le Sénateur Organa a eu la courtoisie de nous faire écouter l'enregistrement tout comme plusieurs autres membres du Comité Loyaliste qui étaient aussi emprisonnés dans leur propre bureau. »

« A la lumière de cette preuve, le Conseil Séparatiste a accepté de participer à la poursuite du Général Grievous qui est toujours en fuite et aux commandes d'une grande partie de l'armée droïde. Un certain nombre de Jedi a été envoyé sur la ligne de front pour aider à sa capture. Le Conseil a aussi signé une trêve et des négociations seront tenues sur une planète neutre. On s'attend à ce que la Sénatrice Amidala de Naboo fasse partie des hôtes du débat. »

« Au vu des dernières révélations, le Conseil Séparatiste a annulé son mandat d'arrêt à l'encontre du Maître Jedi Obi-Wan Kenobi. Il a été confirmé que Kenobi et Anakin Skywalker était tous deux présents sur les lieux à l'heure de la mort du Chancelier et du Comte. Nous ignorons qui a tué qui. Bail Organa a déclaré que le Sénat et le Conseil Séparatiste avaient reçu les témoignages de Skywalker et Kenobi mais que les détails ne seraient révélés qu'à la mort des témoins du décès de Palpatine et du Comte Dooku. Les deux gouvernements sont satisfaits de la finalité de cette enquête et aucune arrestation n'a été faite. »

« Aujourd'hui, tout le monde doit s'attaquer à la longue et difficile mission de reconstruire notre République ébranlée et se demander si les Séparatistes peuvent être reconnu comme un gouvernement légitime. »


« Obi-Wan ! »

L'ancien Jedi terminait ses réglages sur le starfighter quand Anakin arriva en courant.

Soupirant, Obi-Wan descendit de l'échelle sur laquelle il se tenait et regarda son ami s'arrêter devant lui. « Qu'est-ce qui se passe Anakin ? »

« Vous alliez partir sans dire au revoir ? » demanda le jeune homme, affolé qu'Obi-Wan puisse faire ça.

« Je l'espérais, » admit Obi-Wan, un peu honteux. Bien que se fut le contraire de ce qu'il voulait, il tentait de garder ses distances avec Anakin. Quitter cet endroit était douloureux. Une part de lui voulait rester ici, avec Anakin à ses cotés. Mais comment pouvait-il regarder son ami dans les yeux quand il avait retiré à Padmé toute chance d'avoir un jour des enfants ? Comment pouvait-il lui faire face ? Elle l'avait pardonné mais le méritait-il vraiment ?

C'est pour cette raison qu'il devait partir : pour savoir s'il méritait vraiment autant de clémence de la part du Conseil et de la République, et s'il était toujours le Jedi qu'il avait été par le passé.

Anakin soupira. « Je sais ce que vous ressentez mais je ne vous en veux pas. Padmé est vivante. Même si elle avait péri, je ne vous le reprocherai pas. »

« Comment peux tu dire ça ? » répliqua Obi-Wan. « Ce ne serait pas la première fois que tu me fais des reproches ! »

Anakin se mordit les lèvres. « J'ai fais des erreurs, j'étais immature et je croyais que tout était de votre faute. J'avais tort. Je ne vous écoutais pas et je ne prenais pas le Code au sérieux. Dooku est le seul responsable. Vous accusez de ses crimes ferait de moi quelqu'un de cruel. »

« Je ne mérite pas ton pardon ni celui de Padmé, » répondit Obi-Wan à voix basse.

« Vous l'avez et j'espère qu'un jour vous l'accepterez, » Anakin sourit et pris son ancien maître par les épaules. « Je ne veux pas que vous partiez mais si vous sentez qu'il le faut alors je ne peux que vous soutenir dans votre choix et espérer qu'un jour vous reviendrez au Temple. »

Obi-Wan détourna le regard. Il ne pouvait en être certain mais il avait l'espoir de revenir un jour. S'il réussissait à être en paix avec lui même il reviendrait dans le monde qui l'avait vu grandir.

« Anakin… »

« Ne vous excusez pas. Je sais que vous êtes en pleine crise. » Le coupa Anakin. Il lui tendit la main.

Obi-Wan resta immobile un instant, ne sachant pas s'il devait lui serrait la main ou bien le prendre dans ses bras car qui savait quand ils se reverraient. Finalement lui serrait la main lui était plus confortable.

« Que la Force soit avez vous, Maître, » lui souhaita Anakin d'une voix calme.

Obi-Wan hocha la tête. « Que la Force avec toi. »

Obi-Wan grimpa dans le cockpit de son starfighter et s'installa. Il avait décidé de partir sans droïde astromécano. Il démarra les moteurs et attendit que l'écran lui signale leur bon fonctionnement. Alors que la vitre du cockpit se refermait sur lui, il jeta un regard à l'extérieur et croisa le regard d'Anakin qui observait son départ.

Les contrôles en main il fit décoller le vaisseau dans les airs.

Il se sentait calme et en paix.

Alors qu'il guidait son starfighter hors du hangar du Temple il comprit qu'il s'éloignait enfin des maux qui perturbaient son âme. Il ne fuyait pas, il partait simplement pour un temps, pour se retrouver.

Un sourire discret étira ses lèvres alors qu'il rejoignait le trafic.

Obi-Wan se reposa en arrière. Il se sentait calme pour la première fois depuis une éternité.

Ce voyage te fera du bien. La voix de Qui-Gon raisonna dans sa tête. Tu reviendras un jour.

Obi-Wan ne partageait pas son assurance. Il prononça les seules paroles dont il pouvait être sûr. « Je l'espère. Je l'espère vraiment. »


Ahsoka marchait lentement sur la piste d'atterrissage jusqu'à ce qu'elle atteigne son maître. Elle suivit son regard. Il observait le starfighter d'Obi-Wan s'élever dans les airs, le visage triste.

« Qu'est-ce que Maître Kenobi va faire ? » demanda t-elle, brisant le silence par sa curiosité. Elle remarqua alors que son lien avec Anakin était différent de d'habitude. « Vous êtes triste. »

Un son furieux s'éleva des moteurs du starfighter et le vaisseau s'éloigna doucement dans l'atmosphère et vers l'espace.

Anakin se tourna vers elle. « Il s'en va pour un temps. Il me manquera. »

« Alors il peut guérir ? » interrogea Ahsoka, la tête levée vers le ciel.

Anakin souri doucement en acquiesçant. « Il va retrouver sa paix intérieur, Ahsoka. »

Elle ne sut lui quoi répondre mais elle comprenait ce qu'il voulait dire. « Vous croyez qu'il va revenir ? »

« Oui. J'ai foi en lui, » répondit Anakin. « Peut être pas cette année, ni l'année suivante mais il reviendra. J'en suis certain. »


A suivre dans « The Protector ».

Je suis enfin arrivée à la fin de cette fic ! J'espère que vous avez pris du plaisir à la lire et que vous me pardonnerez mon léger retard... ^^

Pour ce qui est de la suite... je vais probablement tenter de la traduire mais je ne la posterai que quand je l'aurai entièrement traduite, ce qui devrait prendre un peu de temps mais il y un petit espoir que je la poste un jour alors soyez sur vos gardes !

SneakyThorongil