Bon, c'est un peu tardivement que je poste ce douzième chapitre qui est… disons-le, particulier. Je ne vous en dis pas plus et je vous en reparle un peu mieux en bas.

Je rappelle, pour ceux qui me posent la question, que je ne poste jamais à heure fixe pour la simple et bonne raison que chaque jour, j'écris le chapitre du jour. Je n'ai aucun chapitre d'avance, et je dois donc trouver un moment dans ma journée déjà bien remplie pour écrire ces quelques 2 000 mots.

C'est aussi pour cela, que la qualité est parfois moindre, au profit de la quantité.

Je rappelle que vous pouvez venir me parler sur ma page facebook « Brunhild Ana Writings » et que, pour les impatients, j'ai deux fictions de noël déjà postées (direction mon profil !).

Merci encore à tous ceux qui postent des petits mots, vous êtes des amours !

Delphine03 : C'est vrai qu'elle n'est pas des plus gentilles, mais attends, tu n'as pas tout vu !

Leolili : Et oui, les émotions, y a que ça de vrai ! Je suis ravie que la fin t'ai plu, voici la suite, j'espère que ça te plaira tout autant.

MBinipuce : Et non, pas d'Hermione, mais promis elle reviendra vite !

Gouline971 : Et oui, le grand méchant de l'histoire. Il en faut bien une. Voici la suite de l'histoire… et des souvenirs.

Potiron12 : ahah, quelle clairvoyance ! Tu avais bien vu, Daisy est une vraie chipie. Pour le Dramione, promis, à partir de demain, il revient au grand galop.

Flo29jmbPotter : On aime Drago sous toutes ses formes, non ? hihi. Voici la suite.

Dame Lylith : Et ouiiii, enfin les souvenirs reviennent !

Swangranger : Qui aurait cru que se disputer avec sa femme faisait ressurgir les souvenirs ?! Merci pour ton petit mot !

Lilie : Merci pour ton petit mot, ne t'inquiète pas, je comprends que vous ne puissiez pas tous commenter tous les jours. Je suis contente que ça te plaise toujours en tout cas.

Cicidy : Ahah, pour l'instant, on ne va pas voir grand-chose du retour de Drago, mais promis, ça arrive dès demain.

Fan de Twilight : Oui tu avais bien vu la chose ! Pour ce qui est de l'argent, je n'en dis pas plus, mais promis, ça va remuer ! Merci pour ton commentaire, je suis contente de rendre tes journées moins pénibles. Bon courage à toi !

17 Harry : Et oui tout revient haha. Je n'en dis pas plus pour l'instant et te laisse découvrir le chapitre.

Bonne lecture.


C'était comme si, d'un coup, une vague, un rouleau, s'abattait sur Drago. Il se sentait submergé, noyé par ces souvenirs qui affluaient de part et d'autre. Il ne savait plus où donner de la tête, il ne savait pas ce qu'il était en train de vivre, mais c'était fort, c'était entraînant, et il ne pouvait pas y résister. C'était des flash-backs sans queue ni tête, des rires entendus, des pleurs essuyés. Il ne mettait aucun sens sur ce qui se déroulait subitement sous ses yeux, mais il savait que tout ça lui appartenait. Il les avait perdus, et ces quelques jours sans eux, avait fait de Drago un autre homme. A présent, plus que jamais, il se souvenait de ce qu'il était. De qui il était.

Il y avait des souvenirs clairs, ceux qui avaient du sens, et qu'il arrivait à mettre dans un contexte. Ils venaient pour la plupart de son enfance et de son adolescence à Poudlard. Il se revoyait avec Pansy et Blaise, dans un coin de la salle commune des Serpentard, il revoyait les festins d'Halloween, dans la Grande Salle, son horreur des cours de divination.

Il se revoyait, enfant, goûter du thé pour la toute première fois. Il ressentait avec la même sensation, sentait les mêmes odeurs. Le thé qui lui brûlait la langue et la gorge, car il n'avait pas attendu pour le boire. Depuis ce jour, il détestait ça, car le goût si caractéristique du breuvage avait traumatisé les papilles du sorcier, de manière indélébile. C'était surprenant, et à la fois, bouleversant.

─ Drago ? Drago, ça va ? s'inquiéta Pansy en posant une main sur son avant-bras.

Drago ne répondit pas, il avait le tournis, et se sentait tanguer sous le poids de cette mémoire qui refaisait surface. Ce fut d'abord les vertiges qui le forcèrent à s'asseoir, et puis soudain, le néant. La nuit s'était posée sur ses yeux fatigués, et son corps, entraîné par ses balancements, ne résista plus longtemps avant de tomber sur la neige fraîche, à la manière d'une poupée de chiffon.

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C'était une belle journée d'été, ensoleillée, comme Drago les avait toujours aimées. Le soleil réchauffait doucement sa peau, tandis qu'il levait le nez en l'air pour mieux apprécier la chaleur qui émanait de l'astre. Les yeux clos, Drago savait que cette journée serait douce et pleine de beaux souvenirs. Il allait se marier, enfin, à la femme qu'il aimait. Daisy avait insisté pour qu'ils se marient en juin, et c'était ce qu'ils étaient sur le point de faire. Elle avait eu raison, songea Drago, c'était une période idéale pour se jurer un amour éternel.

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Un feu sans précédent s'était allumé dans le corps de Drago, tandis que ses lèvres quémandeuses s'emparaient de celles fruitées qui lui souriaient. Un sourire doux et tendre, un peu joueur, taquin, qui faisait ressentir à Drago des sentiments nouveaux.

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─ C'est mon désir le plus profond, Daisy. Avant de t'épouser, je t'ai fait part de mon envie, de mon besoin de fonder une famille.

Daisy regardait la cheminée d'un air obstiné et faisait tout son possible pour ne pas croiser les yeux peinés et désespérés de Drago.

─ Ca fait deux ans que j'attends, deux ans que tu me dis que tu n'es pas prête. Alors que tu m'avais dit avoir le même rêve que moi.

─ J'ai menti, murmura Daisy sans jamais se retourner.

─ Pourquoi ?

On sentait dans la voix de Drago toute la détresse qui émanait de son être. Il ne comprenait pas. Il l'aimait profondément, et faire un enfant était pour lui la suite logique de leur idylle. Il en voulait terriblement à son épouse. Pas parce qu'elle ne voulait pas d'enfant, mais pour lui avoir menti, lui jurant qu'elle aussi, n'aspirait qu'à fonder une famille.

─ Parce que je ne veux pas porter un enfant neuf mois, je ne veux pas te partager, je ne veux pas…

─ Non, répondit durement Drago. Pourquoi tu m'as menti ?

Daisy se retourna enfin et croisa le regard de Drago. En plus de la peine et du désarroi, on pouvait lire la colère et la trahison qu'il venait de subir. Mais elle ne se démonta pas, elle leva le nez, d'un air fier et hautain, avant de répondre distinctement, la phrase la plus douloureuse que Drago eut entendu à l'époque :

─ Parce que tu ne m'aurais pas épousée, si je t'avais dit la vérité.

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D'abord, Drago avait été fou de jalousie. La lame avait transpercé son cœur, et l'avait détruit, littéralement. Puis, petit à petit, il avait compris que Daisy n'était pas faite pour lui. Parce qu'elle ne l'aimait pas autant qu'il l'avait aimée, parce qu'elle n'aimait pas Liam comme il le méritait. Parce qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre, alors même que Drago s'arrangeait pour rentrer tous les soirs à la maison. Ils les avaient vu, un matin, dans ce petit café, dans le cœur de Londres. Ils se tenaient par la main et se souriaient comme elle ne lui avait plus sourit depuis longtemps.

Il avait mis du temps à se décider pour demander le divorce. Pour Liam, et parce qu'il espérait recoller les morceaux. Mais il ne pouvait pas se voiler la face, car petit à petit, ils s'étaient éloignés, et les sentiments de Drago, à l'instar de ceux de Daisy, s'étaient effrités, pour n'être désormais plus que poussière.

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Elle avait les lèvres sucrées, surement à cause de ce baume hydratant qu'elle avait l'habitude de mettre. Discret, scintillant doucement sur la pulpe de ses lèvres milles fois chéries. La main de Drago vint se perdre dans sa chevelure douce et soyeuse, c'était tellement agréable. Il la sentit frissonner sous ses doigts, et il ne put s'empêcher de lui adresser un sourire carnassier. Un sourire d'envie, débordant de luxure. Elle était sur le point de parler, de lui montrer qu'elle n'appartenait à personne, mais déjà, il partait à la conquête de son cou, de sa peau de cygne immaculée et de sa clavicule à moitié nue.

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─ Je sais que tu vois quelqu'un d'autre, murmura Daisy tandis qu'ils étaient tous les deux allongés dans la nuit noire.

─ Tu vois quelqu'un d'autre aussi, souffla Drago sans nier.

Daisy resta silencieuse de longue secondes. Sa respiration lente et apaisée cachait en vérité sa jalousie et sa colère, Drago le savait. Mais c'était elle qui avait commencé. Elle qui s'était amourachée de Marcus Flint. Il savait qu'elle ne l'aimait plus, mais que par principe, elle n'aimait pas qu'il touche une autre femme que lui. Ils faisaient comme si de rien n'était, aux yeux du monde, aux yeux de Liam, de Pansy. Drago n'en avait parlé à Narcissa, il lui avait seulement dit qu'il pensait à divorcer, que leurs chemins s'éloignaient trop, et que c'était peine perdue que de s'entêter à continuer. Le reste du monde ignorait que plus rien n'allait dans leur vie conjugale.

─ On pourrait se donner une autre chance, proposa Daisy.

─ On ne fait que ça, et tu finis toujours par le revoir, grinça Drago entre ses dents.

─ Mais c'est différent cette fois.

─ C'est différent parce que je veux divorcer, et que tu ne le supportes pas.

─ Non, c'est différent parce que tu tombes amoureux d'une autre, répliqua Daisy dans un murmure.

─ De quoi tu te plains ? C'est toi qui en as aimé un autre la première.

─ Je la connais ?

Drago ne répondit pas. Il se retourna dans le lit, et tourna le dos à sa femme. Elle attendit quelques instants, puis, comprenant qu'elle n'obtiendrait pas de réponse, elle soupira faiblement et se retourna à son tour dans le lit. Les deux anciens amants ne se comprenaient plus. Drago voulait divorcer pour la libérer, au nom de l'amour qu'il lui avait porté, et de l'affection qu'il conservait pour elle. Mais elle s'y refusait, et il la détestait pour cela. Il la détestait de vouloir le garder près d'elle, tout en continuant de voir un autre homme.

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Ils étaient allongés dans le lit, et elle avait calé sa tête sur le torse nu de Drago. Ce dernier caressait ses cheveux d'un air tendre, fermant paresseusement les yeux à chaque fois que les effluves vanillés de son parfum venaient lui chatouiller les narines. Elle ne dormait pas, il la sentait triturer ses doigts sous l'épaisse couverture de laine. Drago commençait à la connaître par cœur, il savait qu'elle était en train de réfléchir.

─ Pourquoi elle s'entête ? demanda-t-elle. Pourquoi ne veut-elle pas divorcer ?

─ Je ne sais pas, soupira Drago en fermant les yeux.

─ Elle t'aime toujours.

─ Elle aime le confort que je lui apporte, la sécurité financière et malgré tout affective. Mais c'est Flint qu'elle aime.

─ Qu'est-ce que tu en sais ?

─ Elle prononce son nom en dormant…

─ Et toi, tu prononces mon nom en dormant ? répliqua-t-elle, taquine.

─ Pour ça, il faudrait que tu me laisses dormir, Granger.

Et ses mains de repartir à l'assaut de son corps, de pétrir ses hanches graciles et d'enfoncer ses doigts dans son dos blanc et courbé.

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Drago était allongé dans un lit d'hôpital. Quand il s'était écrasé sur la neige, Pansy avait paniqué. Elle s'était emparée de Liam et avait directement transplanné à Sainte Mangouste pour demander du renfort. Deux hommes musclés étaient revenus avec elle, et s'étaient saisi d'un Drago inconscient. Ils l'avaient ramené dans le service psychiatrique, étant donné qu'aucune séquelle physique ne semblait responsable de son malaise.

Pansy avait demandé à ce que l'on contacte Hermione, et celle-ci était venue aussi vite qu'elle l'avait pu. Mais elle n'avait rien pu faire. Rien chez Drago ne pouvait justifier cet état d'inconscience. Elle demanda à Pansy de lui expliquer ce qu'il s'était passé, et dans quelles conditions son malaise s'était produit. Hermione en était venue à la conclusion que l'avalanche de souvenirs qui revenaient l'avaient terrassé et qu'il y avait trop d'informations pour son cerveau encore sonné.

─ Il reviendra à lui quand il sera prêt, dit finalement Hermione, impuissante.

─ Mais qui serait-il ? demanda Pansy. Le Drago amnésique, qui a retrouvé ses souvenirs, ou le Drago d'avant, celui qui ne s'est jamais pris de cognard dans la tête ?

─ Je ne peux pas te répondre, Parkinson. Pour l'instant, on ne peut qu'attendre.

Alors, elles avaient attendu. Longtemps. Plusieurs heures, et plus d'une journée. Drago donnait l'impression de dormir. Il était cependant plongé dans un sommeil agité : il bougeait beaucoup, se retournait violemment, manqua de tomber plusieurs fois, si bien qu'Hermione demanda à ce que l'on mette des barreaux de chaque côté du lit.

Quand deux dizaines d'heures se furent écoulées, il se mit à grogner, à grommeler. Et à parler. C'était d'abord incompréhensible. Des borborygmes, des au onomatopées, des sifflements, des gémissements. Et enfin, des mots. Ou du moins, des prénoms. Liam revint souvent, puis vint le tour de Daisy, Maman et Pansy. Cependant, celui qui ressortit le plus en étonna plus d'un…

─ Granger, grogna Drago en se retournant. Granger…

Son soupire d'aise était étonnant, et Hermione, qui venait d'assister à la scène se sentit rougir. Pourquoi prononçait-il son nom avec tant de tendresse, c'en était déconcertant. Fort heureusement, elle fut le seul témoin, car Pansy avait dû partir s'occuper de Liam, laissé chez Narcissa.

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─ Alors c'est Granger ! s'exclama Daisy, folle de rage.

Drago se redressa immédiatement. Il était allongé sur le canapé d'Hermione, tandis que celle-ci se tenait près de la porte. Elle venait de l'ouvrir à Daisy qui était entrée telle une furie à l'intérieur. Ses cheveux habituellement impeccablement coiffés dans un chignon strict, pendaient de part et d'autre de son visage rendu rouge par la colère. Elle soufflait à la manière d'un bœuf, et gesticulait dans tous les sens.

─ Hermione Granger ! Cette petite sang-de-bourbe !

─ Je t'interdis de… commença Hermione en s'approchant, menaçante.

─ Tu ne m'interdis rien du tout, espèce de trainée ! Voleuse de mari ! Salope !

Drago s'avança d'un pas menaçant et se mit en travers du chemin de Daisy qui s'approchait en pointant un doigt accusateur en direction d'Hermione. Celle-ci, fougueuse – et amoureuse – ne se démonta pas. Elle savait crier plus fort encore, pour qu'on l'entende.

─ Dégage, Daisy ! Je ne me laisserai pas insultée sous mon propre toit.

Mais Daisy n'écoutait déjà plus. Elle sortit sa baguette et la pointa immédiatement sur Hermione. Celle-ci recula, surprise. Elle n'avait pas sa baguette à portée de main, et se retrouvait à la merci de Daisy.

─ Tu ne me prendras pas Drago, vociféra Daisy.

─ Qu'est-ce que tu vas faire ? Me tuer ? grogna Hermione dont la peur ne faisait visiblement pas partie de son vocabulaire.

─ Oh non, répondit Daisy, moqueuse. Je vais te lancer un sort que je maîtrise à la perfection, pour l'avoir lancé bien plus d'une fois.

Elle leva sa baguette, et sans que ni Drago ni Hermione ne puisse agir, elle hurla de toute ses forces :

─ OUBLIETTES !

Drago tenta de s'interposer, mais Daisy n'avait pas menti. Le sort, parfaitement maîtrisé, ricocha sur lui, puis sur Hermione. Tous deux perdirent connaissance sous la puissance du sortilège. C'en était assez pour Daisy. Elle fit léviter le corps inerte de Drago jusqu'à elle, et ils transplannèrent, ne laissant aucune trace de leur présence derrière eux.


Doooonc ! Vous l'aurez compris, les souvenirs reviennent. Ce chapitre est fait presqu'uniquement de flash backs et j'espère que ça vous conviendra, car une fic d'amnésie doit bien trouver ses réponses à un moment ou un autre. Pour ce qui est du reste… vous aurez compris que Drago avait bel et bien une relation extra conjugale, avec Hermione donc. Et que l'un et l'autre l'ont tout simplement oublié.

J'imagine bien Daisy, pas fan des sorts agressifs et impardonnables, mais maîtrisant l'art subtile de la manipulation mentale. Peut-être a-t-elle déjà jeté un ou deux oubliettes à Drago, pour qu'il oublie ses dépenses faramineuses haha.

Avant de crier aux incohérences, sachez que chaque jour, je n'ai aucune idée de ce que je vais écrire le jour même. Bien sûr, j'ai une trame conductrice, mais des choses se rajoutent et s'enlèvent au fur et à mesure. Bref, j'espère que ça vous a plu, j'ai hâte de vous lire !