C'est par ce dimanche venteux et veille de rentrée que je poste donc le 22ème chapitre de cette fiction. Vous devinerez qu'elle touche à sa fin, et qu'il ne reste guère plus que deux chapitres à celle-ci. Je suis contente de voir qu'elle a plu, que vous avez vibrés au rythme des péripéties que nos deux héros ont eu à surmonter, quand bien même cette histoire avait des nuances légères et tranquilles, à côté des autres fictions que j'ai pu poster jusqu'alors.
Merci à tous ceux qui ont prit le temps de commenter une fois encore !
Delphine03 : Voui, il met de la légèreté dans tout ça !
Snoopgol : Tant mieux si tu as aimé malgré l'absence d'Hermione, j'en suis ravie. Mais voilà son grand retour et j'espère que ça te plaira tout autant.
Kwycky : Très bonnes, merci. Je suis ravie que ça te plaise toujours ! Voici la suite.
Mama : Et bien il ne reste plus que 2 chapitres, alors autant te dire qu'il ne ramera pas longtemps haha, désolée.
Flo29jmbPotter : Manger, c'est l'instinct de survie n°2 ! (après celui de dormir haha). Je suis ravie que ça t'ai plu, voici la suite.
Dame Lilyth : Merci ! Je suis contente que ça t'ai plu alors, voici la suite.
Fan de Twilight : Oui ça faisait trop longtemps. Pour ce qui est de la mémoire d'Hermione… mystère et boule de gomme.
Leolili : Mais oui tu as tout à fait raison, ce l'enfant attendu dans le prologue ! Tu as bonne mémoire.
Allieblackpotter : Mais non tu ne fais pas peur haha, tu me fais rire. Liam est trop choupi c'est sûr, c'était pas gagné avec une mère comme la sienne ahah.
Cicidy : ahah, tant mieux si tu as aimé ! Voici la suite, je n'en dis pas plus quant à la mémoire d'Hermione.
Bonne lecture !
Drago frappa trois coups sur la porte de la chambre qu'on lui avait indiquée comme étant celle d'Hermione. Pudique, il attendit qu'une petite voix l'invite à entrer avant de pousser la porte de se retrouver dans une petite chambre baignée de lumière. Elle ressemblait en tout points à celle qu'il avait eu quand il fut lui-même hospitalisé quelques semaines plus tôt, pourtant, la lumière éclatante qui entrait par la fenêtre rendait la pièce bien plus accueillante que dans ses souvenirs. Drago resta quelques secondes sur le pas de porte, le souffle court d'avoir grimpé les escaliers quatre à quatre. Ses yeux pâles se posèrent sur une Hermione à l'air paisible et serein. Un sourire doux illuminait son visage, tandis que ses cheveux emmêlés formaient un halo sombre autour de son visage poupin. Plus de maquillage, plus de laque dans sa chevelure farouche, plus de robe sophistiquée ni d'escarpins trop élevés. Elle était belle, songea Drago. Malgré la chemise de nuit blanche banale et sa peau encore pâle, elle rayonnait.
─ Salut, finit-il par murmurer avec un sourire timide.
Hermione le regarda d'un drôle d'air. Comme si elle ne s'était pas attendue à le trouver là, lui, Drago Malefoy, dans sa chambre d'hôpital. Elle l'observa de longues secondes, laissant son regard vagabonder sur Drago et sur le sac en papier qu'il tenait à la main. Elle se décida enfin à répondre en lui adressant un petit sourire poli que Drago trouva étrange, et bien éloigné des sourires charmeurs et lumineux qu'elle lui adressait ces derniers jours.
─ Bonjour, répondit-elle.
─ Tu te souviens de moi ? Je suis celui qui t'a pratiquement tué en voulant te sauver la vie ?
Hermione lui adressa un regard surpris, avant d'hocher la tête.
─ Je ne sais pas à quoi tu joues, Malefoy, mais sors de ma chambre immédiatement. Avant que je n'hurle.
Drago recula d'un pas, comme s'il venait de recevoir un véritable coup de couteau en plein cœur. Hermione avait l'air complètement déboussolée et ne semblait pas comprendre ce qu'il faisait là. Il réalisa avec effroi qu'elle ne se souvenait pas de lui. Ou du moins pas des derniers jours qu'ils avaient passés ensemble. Par Merlin, songea-t-il avec amertume, nous sommes peut-être faits pour nous oublier définitivement et faire notre vie chacun de notre côté. Car cette histoire d'amnésie semblait être une mauvaise blague à répétition qu'on leur jouait trop régulièrement au gout de Drago.
─ Tu ne te souviens pas de … moi ? murmura Drago d'une voix blanche, la gorge nouée par l'émotion.
Hermione, qui le regardait toujours d'un drôle d'air resta silencieuse de longues secondes avant qu'un large sourire ne vienne entraver son si joli visage. Elle se mit à éclater d'un rire cristallin que Drago ne lui avait très rarement entendu, avant de tendre une main dans sa direction et de murmurer d'un air coupable :
─ Je plaisante, Drago. Mais j'admets volontiers que ma blague n'était pas très drôle.
C'était comme si quelqu'un insufflait de l'air directement dans les poumons de Drago. Et son cœur de reprendre un rythme normal, et ses joues de regagner des couleurs. Il s'approcha d'un pas conquérant et dédaigna la main tendue d'Hermione.
─ Non, en effet, ce n'était pas drôle Granger, gronda-t-il d'un air sévère en s'asseyant sur la chaise laissée près du lit de la patiente.
─ Oh, allez Drago, tu n'as pas le monopole de l'amnésique ! Si tu avais vu ta tête…
Sans prévenir, Hermione repartit dans un fou-rire sans honte, laissant quelques jolies larmes glisser le long de sa joue. Si Drago était vexé par cette blague de mauvais goût, il ne put réprimander un sourire en voyant sa sorcière préférée rire aux éclats. En fait, il lui semblait qu'il n'y avait pas spectacle plus ravissant que de la voir rire et se moquer gentiment de lui. Quand elle se fut enfin calmée, elle adressa un sourire coupable mais tendre à Drago, avant de fixer le sac en papier qu'il tenait toujours à la main.
─ J'ai entendu dire que tu vendrais ton âme pour un fish'n'chips, dit-il en levant le sac.
─ Mon âme, mon cœur, mon corps. Je vendrais un rein. Deux peut-être.
Drago eut un petit sourire en coin.
─ C'est bon à savoir, ça, murmura-t-il d'un air séducteur tandis qu'Hermione rosissait déjà à vue d'œil.
Sans plus attendre, il déposa le sac sur la petite tablette qui servait de table à Hermione et la regarda ouvrir le paquet pour mieux étaler une quantité astronomique de frites ainsi que du poisson fris à l'air particulièrement appétissant devant elle. Elle avait l'air d'une enfant à qui l'on venait d'offrir son cadeau de noël. Elle s'empara d'une énorme frite luisante et l'enfourna dans sa bouche avec plaisir.
─ Huuum, soupira-t-elle d'aise. C'est la meilleure frite de toute ma vie.
Drago la regarda manger en silence pendant de longues minutes. C'était bon de la voir en pleine forme. La culpabilité l'avait peu à peu quitté, et il se délecter de la voir si joviale, souriante et en bonne santé. Elle était encore un peu pâle à cause de tout le sang qu'elle avait perdu, mais les médecins avaient été formels, d'ici quelques jours tout serait rentré dans l'ordre.
─ Tu en veux une ? demanda finalement Hermione en tendant une frite à Drago.
Celui-ci déclina poliment la proposition. Il ne voulait pas qu'Hermione ne mange pas à sa faim et que cette ultime frite lui manque une fois les autres toutes avalées. Mais Hermione ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Avec une jolie moue boudeuse, elle s'approcha de Drago et vint doucement pousser la frite contre ses lèvres. Drago lui adressa un regard réprobateur, tandis qu'elle ne cessait de sourire de toutes ses dents.
─ Allez ouvre grand ! Aaaaaaaaaah, s'exclama Hermione en ouvrant elle aussi grand la bouche sans doute pour l'inciter au mimétisme, comme le ferait une mère avec son bébé.
Drago tenta de rétorquer quelque chose, mais Hermione fut plus rapide et lui enfonça la frite dans la bouche en laissant échapper un petit rire. Lorsque ses doigts touchèrent les lèvres de Drago, celui-ci ne put s'empêcher d'avaler la frite et de déposer un baiser brûlant sur l'index intrus d'Hermione. Son doigt s'attarda sur ses lèvres, et une tension électrique, presque palpable s'éleva dans entre eux, tandis que leurs regards se croisaient pour ne plus se quitter. Finalement, Hermione retira son doigt pour s'emparer d'une frite qu'elle porta cette fois-ci à sa propre bouche, les joues encore roses.
─ Tu sais quand tu sors de Sainte Mangouste ?
─ Demain matin, répondit Hermione. A condition que je me repose et j'ai écopé d'un mois d'arrêt de travail afin de récupérer. Le sort m'a épuisée, confia-t-elle.
─ Je suis désolé, Hermione… Si j'avais su que ça se terminerait comme ça je… Je ne t'aurai pas embarquée dans cette histoire.
─ Ce n'est pas grave. Regarde je suis bien vivante, et j'ai gagné un mois de vacances, alors que demande le peuple ? sourit Hermione posant une main rassurante sur celle de Drago.
Une nouvelle fois, Drago se sentit submergé par une vague électrique. Ce contact, pourtant si doux et pudique éveillait chez lui des émotions vibrantes et des souvenirs intimes. Des souvenirs qu'Hermione ne partageait plus désormais, et dont il était le seul gardien jaloux. Leurs doigts s'entrecroisèrent naturellement, tandis que Drago posait sa tête sur le bord du lit, les yeux fermés. Il était fatigué lui aussi, mais rassuré de savoir qu'elle allait bien. Son pouce caressait la paume de sa main lorsqu'il sentit soudain des petits doigts frais s'insinuer parmi ses cheveux. Hermione posa enfin son autre main au sommet de son crâne, et caressant tendrement les mèches blondes de Drago. Celui-ci se laissa bercer par ces caresses inattendues et s'autorisa à fermer les yeux quelques instants.
─ Tu as des doigts de fée, soupira-t-il plus pour lui-même.
─ Tu aimes ? répondit Hermione dont il sentait déjà le sourire.
─ J'adore. Je vendrais mon âme, mon cœur et mon corps pour ça.
Hermione laissa échapper un petit rire doux et carillonnant, continuant de s'affairer dans les cheveux ébouriffés de Drago. Plusieurs minutes filèrent sans que ni l'un ni l'autre ne dise quoi que ce soit. Ils se complaisaient dans ce silence apaisant et réconfortant après toutes les péripéties qu'ils venaient de subir. Drago sentit ses muscles se décontracter au fur et à mesure qu'Hermione exerçait des pressions sur son cuir chevelu. Il se demanda si elle n'était d'ailleurs pas en train de mettre à profit sa formation à la médecine douce en appuyant sur des points de pressions précis dans l'unique but de le détendre complètement. Peu importait, dans le fond, puisque cela fonctionnait à merveille.
─ Je viendrai te chercher demain matin, murmura-t-il en se relevant doucement.
─ Ne te sens pas obligé.
─ Non, j'y tiens, répliqua Drago. On pourrait aller déjeuner quelque part ?
Hermione acquiesça avec enthousiasme.
─ J'ai bien envie d'essayer un nouveau restaurant sur le Chemin de Travers, confia-t-elle.
─ Lequel ?
─ Le King Lear.
Drago offrit un sourire en coin à Hermione.
─ Je nous réserverai une table alors.
Et Drago de sourire intérieurement. Car c'était peut-être un signe du destin qu'Hermione eut choisi pour restaurant le premier dans lequel ils s'étaient embrassés. Le King Lear était un petit restaurant intimiste qui servait de délicieuses tagliatelles au saumon, le plat préféré d'Hermione. Ils y avaient passé de longues soirées, occupés à refaire le monde et à s'aimer chaque seconde un peu plus. Avec un peu de vin blanc Hermione gagnait plus que jamais en éloquence, et ses idées, bien que parfois emmêlaient, ne trahissaient qu'un peu plus son amour pour le monde qui l'entourait. Et Drago aurait passé des heures à l'écouter, si elle ne se taisait pas d'elle-même pour venir capturer les lèvres de son amant des siennes encore sucrées du vin qu'elle avait avalé.
Le restaurant était charmant, et l'ambiance y était douce et tamisée. Mais parfois, quand le propriétaire était d'humeur festive, il faisait venir un groupe de jazz sorcier méconnu du grand public mais dont le talent n'était plus à prouver. Saxophoniste et pianiste accompagnaient alors un chanteur à la voix rauque et basse qui rappelait à Hermione un certain Louis Amstrong que Drago ne connaissait pas. Alors, dans ces mots de fête inattendus, il arrivait à Drago de se lever et de prendre la main d'Hermione pour l'emmener danser sur une petite piste improvisée. A chaque fois, elle murmurait qu'elle ne savait pas danser, et à chaque fois il lui répondait qu'elle n'avait qu'à se laisser guider. Ces soirées faisaient sans doute partie de ses plus beaux souvenirs.
─ Tout va bien ? demanda Hermione, d'un air inquiet.
Sa voix douce et angoissée sortit Drago de ses réflexions.
─ Bien sûr. Je pensais au restaurant. On ne m'en a dit que du bien.
─ A moi aussi. Je suis sûre que nous allons passer un excellent moment.
─ Je n'en doute pas.
Car ce moment, Drago se promettait d'en faire un instant magique. Les journées en compagnie d'Hermione avaient été agréables, et les moments de tendresse qu'ils avaient partagés plus encore. Drago sentait, au plus profond de lui, que c'était le moment d'agir et de montrer à Hermione combien elle comptait pour lui. Et tant pis pour les souvenirs, s'ils ne revenaient pas, il était prêt à les oublier pour s'en créer de nouveaux avec elle. Peut-être qu'il aurait le courage de lui dire que Daisy l'avait rendue amnésique, peut-être pas. Dans tous les cas il se promit qu'il ne ressortirait pas de ce restaurant sans avoir volé un baiser à Hermione. Après tout, ce serait le vingt-quatre décembre. Et s'il y avait bien un jour dans l'année où on pouvait espérer un miracle, c'était bien la veille du jour de noël.
Bon, sans surprise, dans le prochain chapitre on aura droit à de grandes révélations et à des tagliatelles au saumon ! J'espère que la petite blague d'Hermione en début de chapitre vous a fait sourire, même si, convenons-le, l'humour n'est pas sa plus grande qualité haha. Il ne reste plus que deux chapitres à cette fiction et j'espère que je ne vous ai pas perdus en route ! A bientôt pour la suite !
