Bonjour à tous et merci de suivre mon histoire !

Voici, à présent, la version d'Eve.

Eve est un personnage auquel je tient beaucoup. J'avais déjà complètement réfléchi à sa personnalité en écrivant le Pov de Ginny, je voulais déjà en faire une manipulatrice cachée derrière de grands yeux innocents. J'ai essayé de faire d'elle quelqu'un de détestable et, finalement, je me suis beaucoup attachée à elle. J'ai bien peur de ne pas l'avoir faite aussi désagréable que je le souhaitais...

Bonne lecture !


Eve

Tout, autour de moi, n'est qu'ombre et ténèbre. Je marche dans ce brouillard épais sans savoir où je vais ni d'où je viens. Même en plissant les yeux, je n'arrive pas à voir ma main lorsque je tends mon bras. J'ai beau crier, seule ma voix me revient en écho. Je suis seule… Seule !

Une lumière sortie de nulle part m'aveugle brutalement…

Je me réveille dans un frisson d'effroi. Quel rêve horrible ! Je change de position dans mon lit pour faire face aux fenêtres du dortoir. Un mince rayon de soleil se faufile à travers une fente laissée par les rideaux entrouverts de mon lit et inonde mon visage de lumière. N'importe quel autre matin, j'aurais été énervée de me faire réveiller aussi tôt par la lumière du jour, mais je suis heureuse d'avoir pu échapper à ce rêve affreux. Cette solitude pesante était insupportable.

Je me redresse et je remarque alors un objet insolite posé sur mon lit. Un objet qui, hier encore, n'étais pas à cette place. Je tends le bras pour prendre l'enveloppe dont la teinte jaune vif jure avec mon couvre lit et je la décachette avec mon index d'un geste rapide et précis. Alors que je m'apprête à soulever la languette, un doute m'envahit. Et si c'était un mauvais sort ? Je retourne l'enveloppe et je regarde les trois lettres qui forme mon prénom écrites à l'encre noire. Je connais cette écriture. Peter. Bon, au moins je n'ai rien à craindre de lui, en tout cas rien de pire qu'il ne m'ait déjà fait. J'ouvre l'enveloppe et…

- YEAH BABY !

D'accord, je retire ce que j'ai dit ; ça, c'est pire que tout.

BAM !

Je me retourne vers le lit à côté du miens. Ginny est étendue par terre, empêtrée dans les rideaux de son lit à baldaquin dont elle essaye tant bien que mal de se dépêtrer. La situation est tellement cocasse que j'hésite un instant avant d'accourir pour l'aider. Une fois qu'elle s'est relevée et qu'elle s'est assise sur son lit, je lui demande :

- Est-ce que ça va ?

- Qu'est-ce que c'était ??! Fait-elle, encore sous le choc.

Je sais parfaitement de quoi elle parle mais j'ai besoin de temps pour réfléchir à la réponse que je vais lui donner.

- Quoi donc ?

- Ce bruit !

Elle a l'air furieuse et je la comprends, ce cadeau est une horreur. Ginny est convaincue que les garçons sont tous gentils, elle est très naïve et romantique en ce qui les concerne, je préfère ne pas briser ses illusions dans le domaine de l'amour.

- Ah, ça ! Je m'exclame en essayant d'avoir l'air réjouie.

Je prends l'enveloppe jaune et je la lui donne.

- C'est mon copain qui m'a fait ça. Peter Devon. Tu sais, il est en sixième année à serpentard…

- Ah lui.

Je vois sa main se crisper. Si je ne la connaissais pas, je penserais qu'elle s'apprête à donner un coup de poing dans la tête de quelqu'un. La pauvre, elle a vraiment dû se faire mal en tombant.

Elle tient l'enveloppe dans ses mains sans trop savoir quoi faire.

- Vas-y, ouvre la ! Je lui dis.

Elle obtempère et l'horrible voix grave supposée sensuelle retentit une seconde fois dans la chambre :

- YEAH BABY !

- Oh, c'est génial ! Tu en as de la chance ! Fait-elle en souriant à pleines dents.

Qu'est-ce que je vous disais ? Naïve et romantique !

Pauvre petite Ginny ! On pourrait lui faire croire absolument n'importe quoi ! Lorsque je l'ai rencontré en première année j'ai tout de suite su qu'elle était la personne qui me fallait : caractérielle et d'une facilité déconcertante à manipuler. Les gens perdent tous leurs moyens devant les petites ingénues et sont prêts à faire n'importe quoi pour elles. Leurrer Ginny a été un jeu d'enfant. Elle s'est tout de suite prise de compassion pour moi, ravie d'avoir trouvé une amie. Quant à moi, j'avais trouvé mon bouclier et mon arme.

Tout a failli foirer lors de la Répartition quand le Choixpeau a voulu me mettre à Serpentard. Je savais que Ginny irait à Griffondor et je ne la laisserais pas filer. Mais même le Choixpeau est influençable ! En tout cas mon plan a parfaitement bien fonctionné, et Ginny… Elle est parfaite. Elle a toutes les qualités d'un bon griffondor. Elle est loyale, très loyale. Elle ferait tout pour ses amis ! Grâce à elle, je garde ma réputation de petite fille adorable, elle s'occupe de tout, même de défendre mon honneur.

Mon autre grande réussite, c'est Liv, le troisième mousquetaire. Lorsque nous la rejoignons dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, elle est déjà en train de s'empiffrer. Et, bien sûr, de commérer.

- À ce qu'il paraît, raconte-t-elle entre deux bouchées d'un croissant gigantesque, Angelica s'est faite jeter, hier soir, par Marcus Stev, l'un des poursuiveur de Serdaigle. Elle pensait qu'elle aurait une chance parce qu'il a largué sa copine, Meg Stuart – Vous savez ? La grande blonde ! – le mois dernier, mais, bien sûr, elle s'est prise un sacré râteau. Pauvre Angelica !

Liv est mon informateur. Elle sait tout et adore le prouver. Si on lui laissait sa chance, je suis sûre qu'elle fonderait la Chronique de Poudlard dans laquelle elle se ferait une joie d'écrire tous les potins.

Elle laisse cette pauvre Angelica à son triste sort et embraye sur l'un de ses sujets favoris, j'ai nommé les taux de fidélité. Comme d'habitude, les serpentards sont les derniers, et je sais qu'elle a tout à fait raison. Je fais, cependant, semblant d'être vexée lorsqu'elle en parle. Une fille de deuxième année lui demande plus de renseignements sur les taux. Je lève la tête pour prendre mon verre et je croise les yeux de Peter. Il hésite une fraction de seconde à soutenir mon regard, puis m'adresse un grand sourire et me fait un petit signe de la main. Je résiste à l'envie de lui en faire un, moi aussi, mais légèrement moins polie, et je lui souris en retour. « Toi, tu ne perds rien pour attendre… ».

SHBAAM !

Crivey vient de faire preuve de grande maladresse en renversant par terre tout ce qu'il y avait sur la table, moi qui pensais qu'il n'était dangereux qu'avec un appareil photo… Et le contact visuel que j'avais avec Peter est rompu, mais cela n'avait pas vraiment d'importance. Au moins j'ai eu le temps de vérifier que j'avais sa confiance.

Liv termine son discours aux sept filles de deuxième année agglutinées autours d'elle comme des mouches sur de la confiture.

- On devrait peut-être récupérer Ginny, tu ne penses pas ?

La jeune fille rousse est en train de discuter avec Potter. La dernière fois qu'on a osé la laisser seule, c'était pour la Saint Valentin en deuxième année, et, croyez nous, on ne le refera plus jamais. Je me mets derrière elle et je pose ma main sur son épaule :

- Ginny, c'est bientôt l'heure, il faut qu'on aille en divination.

Elle me lance le regard de la toxicomane à qui l'on confisque sa drogue, mais elle nous suit quand même, Liv et moi jusqu'à la tour où a lieu le cours de divination.

- Bienvenue mes enfants, murmure Trelawney une fois que tous les élèves sont installés. Aujourd'hui, vous allez apprendre l'art fabuleux qu'est la lecture des lignes de la main.

Après les feuilles de thé, maintenant ça ; ce cours est une blague. J'écris le temps restant sur un petit bout de parchemin que je fais passer à Ginny. Elle a l'air encore plus démoralisée. Si elle pensait que c'était le pire qui pouvait lui arriver, elle se trompait. Trelawney décide de la prendre pour cible.

- La ligne de vie démarre ici, entre le pouce et l'index, ce qui symbolise l'aspiration psychique à la mort… Voyez ? … Et l'Amour, avec un grand « A », signe d'une psychologie retournée et tombée en pleine désuétude… Ici, vous voyez ? Explique-t-elle en triturant la main de Ginny qui est sur le point d'exploser. Vous êtes en parfaite santé, ma chère enfant, mais je crains que vous n'allez vivre un événement affreusement traumatisant dans les prochaines heures…

Et je crains que ne soit de ma faute, mais c'est Ginny, elle s'en remettra. À la fin du cours je me tourne vers elle :

- Qu'est-ce que l'on a, ensuite ?

Je sais parfaitement ce qu'on a après et je sais surtout avec qui, mais ça elle ne le saura pas.

- Botanique.

- J'ai astronomie, dit Liv en s'éloignant. On se voit plus tard !

J'entraîne Ginny avec moi hors du château jusqu'aux serres. Je l'entends grogner à propos des marches des escaliers mais je ne relève pas. Le professeur Chourave arrive peu après nous et nous emmène dans la serre numéro deux, mais j'ai eu le temps de la voir. Comme prévue, elle est là, avec ses amies.

- Voici un Mimbulus Mimbletonia, dit Chourave. Vous allez récupérer le pus de ses pustules.

Je me tourne vers elle et je remarque alors la plante posée sur la table. Une horreur, on ne m'avait pas mentit. J'aimerais pousser un cri de joie, mais, au lieu de ça, je lance :

- Beurk !

Il faut tout de même savoir garder les apparences !

Non seulement le pus est immonde par le simple fait de sa nature, mais, en plus, il dégage une forte odeur d'essence écoeurante. J'en recueille un maximum en m'appliquant autant que possible. Je pense tellement à ma motivation que je ne vois pas l'heure passer. C'est seulement lorsque j'entends Chourave nous demander de lui apporter nos bouteilles de pus que je prends conscience que c'est le moment d'agir. Je me précipite en prenant bien soin de m'emmêler les pieds dans un tuyau qui traîne par terre, et, je lance ma bouteille sur elle. Je regarde avec une joie sans limite, que j'essaye de dissimuler du mieux que je peux, ses mains se couvrir de pustules de plus en plus grosses.

- Aaaah ! Sale petite peste, tu l'as fait exprès, j'en suis sûre ! Me hurle-t-elle, les yeux remplis de larmes.

Bien sûr que je l'ai fait exprès Marissa ! Tu pensais vraiment que tu allais t'en tirer sans mal après avoir couché avec Peter ? Je ne laisserais personne se moquer de moi ou se mettre en travers de mon chemin.

- Tu me le payeras ! Continue-t-elle de hurler.

Je prends une expression de terreur alors qu'à l'intérieur, je me délecte de la voir se faire tirer en arrière par ses amies qui veulent l'amener à l'infirmerie. J'espère très sincèrement que c'est extrêmement douloureux.

Bien, le premier acte est terminé, en place pour le second ! Comme je m'y attendais, Ginny m'emmène près des cachots pour voir Peter. Elle est tellement prévisible ! Je joue le jeu pour qu'elle ne se doute de rien.

- Où est-ce que tu m'emmènes ?

- C'est une surprise ! Sourit-elle.

Une surprise, elle va en avoir une ! Peter vient d'avoir cours avec les Poufsouffle, dont Jaen Ryan, une blonde à la poitrine opulente, qu'il ne peut s'empêcher d'embrasser à chaque fois qu'il la croise. Evidemment, ça ne rate pas ! En arrivant dans le couloir, on les voit plaqué l'un contre l'autre en train de s'embrasser à s'en étouffer. Quand Jaen s'éloigne, je prends et petite voix et je murmure à Ginny :

- Gin, s'il te plait ne dit rien de tout ça à Liv.

- Je te le promets, me répond-t-elle pleine de compassion.

Je prends ma tête dans mes mains et je m'éloigne en courant. Arrivée au bout du couloir, je bifurque à gauche et je me cache derrière le mur pour voir la suite des évènements. Je ne peux m'empêcher e frissonner d'excitation en voyant tout se dérouler selon mon plan. Utiliser Ginny pour assouvir mes vengeances personnelles est quelque chose dont je ne me lasserais jamais. Je la vois avancer d'un pas décidé vers Peter et le bousculer avec force.

- Hey ! Ça ne va pas, non ? Tu pourrais t'excuser ! S'exclame ce traitre qui me sert de petit ami.

- Je n'y suis pour rien si tu ne sais pas marcher droit, réplique Ginny.

Je remarque que Peter la dévisage. Il va faire l'erreur, il va lui parler de la deuxième année. J'ai fait exprès de la lui montrer lundi dernier en lui rappelant l'histoire de la Saint-Valentin.

- Attends un peu, je te reconnais ! T'es la fille qui avait envoyé ce poème ridicule à Potter ! tu croyais vraiment que ça allait lui faire plaisir ?! Dit-il, hilare.

Il lui aura fallu cinq bonnes minutes pour la reconnaître. Il est vraiment temps que je le largue. Peter se met à rire comme un demeuré sans se rendre compte qu'il vient de signer son arrêt de mort en déclanchant un cyclone des plus violents.

- Tu vas payer ! S'écrie Ginny en sortant sa baguette et en la pointant sur lui.

Peter est plus rapide et lui lance un sort avant qu'elle n'est le temps de prononcer une autre parole. Je la vois s'écraser sur le sol dans un bruit sourd.

Soudain, je vois Potter dévaler les escaliers.

- Expelliarmus ! Lance-t-il mais le sort rate Peter de peu.

Merde, c'est raté. Peter a réussi à s'en sortir. Quelques minutes plus tard, Je vois débarquer Le frère de Ginny, Ron, Granger et une fille brune que je ne connais pas. En voyant Ronald chercher un coupable à l'état de sa sœur, je trouve alors la solution. Je sais parfaitement bien qu'il ne s'arrêtera pas avant d'avoir trouver l'agresseur de Ginny et je sais aussi qu'il viendra nous demander, à Liv et à moi si l'on sait quelque chose. Mais bien sûr que je sais quelque chose !

Satisfaite, je m'éloigne sur la pointe des pieds.

- Qu'est-ce qui est arrivé à Ginny ? Me demande Liv en cours de défense contre les forces du mal. Je l'ai vu et elle avait l'air mal en point. Potter la portait.

Elle me lance un regard malicieux :

- Tu crois qu'elle fait semblant juste pour se retrouver dans ses bras ?

- Ça ne m'étonnerait pas d'elle ! Non, en fait Peter l'a bousculé, ils en sont venus rapidement aux baguettes – tu la connais, elle a un sacré caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds – et Peter lui a jeté un sort.

- Tu devrais calmer ton copain.

Ne t'inquiète pas, à la fin de la journée, il deviendra aussi doux qu'un agneau. Je me force à écouter le cours sur les vampires et à prendre des notes parce que je sais que Ginny compte sur moi, et je lui dois bien ça. En plus, le sujet va très certainement tomber aux examens de fin d'année.

À la fin du cours, les autres élèves viennent nous voir pour demander des nouvelles de Ginny. Il faut dire qu'elle n'a pas pour habitude d'être absente en cours.

- J'ai une bonne idée ! Me glisse Liv à l'oreille.

Elle se tourne vers les autres :

- Ginny n'a pas pu assister au cours pour une excellente raison : elle s'est fait attaquer. Et pas par n'importe qui ! Poudlard n'est plus un endroit sûr. Dumbledore nous a demandé de garder le secret sur cet événement, mais je pense que vous devriez tous savoir ce qui se passe dans l'école.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demande un garçon que je reconnais comme Anthony Goldstein, le préfet de Serdaigle.

- Personne, à part elle, a vu ce qui s'était passé, mais on sait de source sûre qu'un mangemort a été vu dans l'enceinte de l'école.

Un silence suit cette déclaration, puis tous les élèves se mettent à parler en même temps. Contente d'elle-même, Liv m'attire vers les escaliers que nous descendons rapidement en retenant d'éclater de rire. En bas des escaliers nous rencontrons Ronald qui nous demande si nous savons qui a attaqué Ginny. Je me place derrière lui et je fais signe à Liv de ne rien dire. Elle me fait un petit signe de la tête pour me dire qu'elle a compris et dit à Weasley :

- Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'étais en cours d'astronomie.

Elle va aux toilettes et je sais que c'est le moment. Je retiens Ronald par le bras et je lui dis :

- Moi j'ai tout vu ! Un garçon de serpentard l'a bousculé et s'est énervé. Il lui a lancé un sort de « jambencoton ».

Il mord à l'hameçon.

- Un serpentard ? Qui c'était ?

- Je ne sais pas, je ne connais pas son nom. Mais je crois que son prénom c'est Peter et qu'il est en sixième année.

Avec ces renseignements, il trouvera certainement. Liv revient et nous allons dans la Grande Salle pour déjeuner. Vingt minutes plus tard, je vois Ronald s'assoire à côté de Granger. Il a l'air content de lui, ce qui signifie que Peter vient de se prendre un sort dans le dos et qu'il se demande d'où il a bien pu provenir. Je vois un attroupement se former autours d'un de ses amis. Je lance un regard curieux à Liv qui se lève et se dirige vers la table des serpentards. Elle discute un instant avec un serdaigle et revient toute excitée :

- Tu ne devineras jamais !

On parie ?

- En effet, alors dis moi vite !

- Peter s'est fait attaquer. Il a reçu un sort mais personne n'a vu qui l'avait lancé.

Bien joué, Weasley !

- Eve, je sais que tu aimes beaucoup Peter, mais je pense qu'il l'a bien mérité.

Je ne lui réponds rien. Je me contente de lui lancer un regard pénétrant et de terminer mon plat. Une fois le repas terminé, nous prenons le chemin de la bibliothèque. Ginny est en train de parler à Loufoca. Je sors les notes que j'ai prise pendant le cours de défense contre les forces du mal et je les tend à Liv qui s'en empare.

- Voilà les notes du cours que tu as manqué, lui dit-elle en lui tendant les feuilles.

- Merci.

Je décide d'intervenir :

- Tout le monde s'est demandé où tu étais et ce qu'il t'était arrivé.

- Qu'est-ce que vous leur avez dit ?

J'échange un regard avec Liv et nous éclatons de rire au souvenir de son discours.

- J'ai expliqué à Liv ce qui s'était passé et on a décidé d'en parler à personne. Du moins de la vérité en tout cas.

- Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Liv a trouvé très amusant de raconter que tu t'étais faite attaqué et qu'un mangemort aurait été vu dans le coin. Toute l'école est en train de mourir de peur.

Je la vois lancer un coup d'oeil vers des poufsouffles qui discutent devant la bibliothèque.

- Tout ça à cause de Peter ! Je lance en éclatant de rire à nouveau.

Rien que de le penser à l'infirmerie me suffit à égayer toute ma journée.

- Mais pourquoi est-ce qu'il t'a bousculé, comme ça ? Demande Liv à Ginny.

- Je n'en sais trop rien… Répond-elle en me lançant un regard.

- En tout cas il a été puni ! Dit Liv sur un ton réjoui.

- Puni ?

- À ce qu'il paraît, il s'est fait attaquer il y a cinq minutes, mais personne n'a vu qui avait lancé le sort, raconte Liv.

Même si on sait tous très bien qui a fait ça. Un grand merci à Ronald Weasley !

- On lui a lancé le maléfice du saucisson, continue-t-elle. Un serdaigle m'a dit qu'on l'avait transporté à l'infirmerie, il s'est fait mal à la tête en tombant.

Il est temps d'en finir.

- Il vaut mieux que j'aille le voir, je déclare.

Je sors de la bibliothèque et je vais jusqu'à l'infirmerie. En chemin, j'entends les élèves discuter à propos du soi-disant mangemort qui rôderait dans le coin. Cette histoire est tellement tirée par les cheveux que j'ai du mal à croire que toute l'école ait pu croire un mot de ce qu'a raconté Liv.

Arrivée devant la porte de l'infirmerie, je respire un grand coup, puis je pousse la porte. Peter est allongé sur un lit, son pantalon remonté jusqu'au genou laissant nue sa jambe gauche. Une pâte verte malodorante recouvre son mollet et sa cheville. Je m'assois près de sa jambe droite et je lui lance un regard glacial qui fait disparaître toute trace de sourire sur son visage.

- Tu n'as que ce que tu mérites, Peter.

Il me regarde, bouche-bée.

- Pardon ? Réussit-il à articuler. Un vampire a eu ma peau et c'est tout ce que tu trouves à dire ?

- Un vampire ? Qu'est-ce que tu racontes ?

- Un vampire de Transylvanie. Je sais qu'il se promène dans les couloirs et qu'il m'a attaqué.

- Tu es complètement fou. De toute façon, Ginny m'a tout raconté.

- Cette folle s'est jetée sur moi !

- J'étais avec elle et je t'ai vu embrasser cette fille.

Il ouvre la bouche et la referme, dans la plus parfaite imitation d'un poisson rouge.

- Je… Ce n'est pas sérieux avec elle, il n'y a que toi qui compte.

Il tend son bras pour caresser mon visage mais je le repousse sur le lit. Il souffre, je le vois dans ses yeux et je ne peux que m'en réjouir.

- Tu as trahi ma confiance Peter. Je ne vois pas comment je pourrais encore te faire confiance après ça.

Je le vois pâlir à cette déclaration et je sais qu'il vit un des pires moments de son existence. Non seulement il s'est fait attaqué, mais en plus il est en train de se faire larguer par sa petite amie. Je me lève et je me dirige vers la sortie. Sa voix retentit dans mon dos.

- Alors c'est… Fini ?

Il a prononcé ce dernier mot en chuchotant, comme si le simple fait de l'exprimer était une épreuve en soi. Je ne prends ni la peine de m'arrêter, ni la peine de lui répondre et je sors de l'infirmerie. Il m'aimait ? C'est possible. Mais il s'est foutu de moi, et ça, c'est quelque chose que je ne pardonne pas. Une fille de première année à Serdaigle s'approche prudemment de moi et me demande :

- Est-ce qu'il s'est fait contaminé ?

Je la regarde sans comprendre.

- Contaminé ?

- Un garçon de sixième année a dit que quand on se faisait mordre par un vampire de Transylvanie, on se faisait contaminer et on se transformait en vampire à notre tours.

- Ne t'inquiète pas, il va s'en sortir, je lui dis d'une voix douce pour la rassurer.

Elle n'a pas l'air complètement satisfaite de ma réponse alors je la conduis jusqu'à sa salle commune et je la confie à Goldstein. Je sens qu'il a envie de me poser des questions sur ce qui est arrivé à Peter mais je lui fais croire que j'ai quelque chose d'urgent à faire pour couper court à toute discussion. Je passe le reste de l'après-midi à traîner dans les couloirs. À un moment, je croise deux griffondors plus âgés qui parlent d'une troisième attaque. Apparemment, Ronald se serait fait attaquer ce matin, il l'ont entendu crier. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé mais il y a une chose qui est sûre : le coupable n'est pas un vampire. Lorsque je rentre dans la salle commune, Ginny est déjà rentrée.

- Alors, ton entrevue avec Devon ? Me demande-t-elle.

- Je lui ai dit que je l'avais vu avec cette fille et que c'était fini.

J'hésite à lui parler de cette histoire de vampire. Elle pressent que quelque chose me préoccupe :

- Qu'est-ce qu'il y a ? Fait-elle.

- C'est bizarre. Peter était convaincu d'avoir été attaqué par un vampire de Transylvanie.

Elle a l'air surprise par cette nouvelle. Il y a de quoi !

- Un vampire de Transylvanie, vraiment ?

- Ça semble dingue, n'est-ce pas ? Ça n'a vraiment aucun sens. Il est complètement dérangé, le pauvre, il était temps que ce soit fini entre nous. Au fait, tu es au courant ?

- Au courant de quoi ?

- Il paraît que ton frère aussi s'est fait attaquer. Mais lui c'était ce matin. Un garçon de deuxième année l'a entendu hurler.

Ça n'a pas l'air de l'intéresser vraiment. Elle se glisse dans son lit et ferme les yeux. J'aperçois l'enveloppe jaune posée sur mon lit. Sans hésiter un seul instant, je la déchire en petits morceaux que je jette dans la corbeille. Ce simple geste me permet déjà de me sentir mieux. Je me laisse tomber sur mon lit et je ferme les yeux.

Les vacances… De quoi tout oublier et passer à quelque chose d'autre.

Et pourquoi pas Zabini ?