Quand l'infidélité devient une habitude
Chapitre Dernier
Dans les sombres rues de Tokyo, un jeune homme courait à en perdre haleine. Il traversa l'artère principale sans même prendre la peine de regarder avant de franchir la rue. Après tout, peu lui importait qu'une voiture ne le heurte ou que son petit ami et lui venaient de s'engueuler. C'était la fin et Shuichi le savait très bien. Il s'était encore montré faible devant son amant blond mais cette-fois, ce dernier ne voudrait plus de lui après tout ce qu'il lui avait dit.
À travers le rideaux de mèches roses qui lui collait à la peau du visage, le jeune garçon repéra une ruelle sombre ou il s'engouffra sans la moindre hésitation. Cette petite rue, il la connaissait par cœur, c'était le raccourci qu'il prenait toujours pour revenir chez lui après avoir passé une journée au studio d'enregistrement. Puis, alors qu'il se trouvait en plein milieu de la rue sombre, la mince silhouette s'effondra à même le sol trempé par la pluie diluvienne qui lui fouettait le visage, déjà baigné de larmes.
Alors, très lentement, Shindo ramena ses jambes sous son menton, les enlaçant de ses bras tremblants. Posant sa tête sur ses genoux, il se vida le cœur en pleurant, ses gémissements étouffés par le grondement incessant du tonnerre. Succombant aux élans de son corps meurtri, le gamin aux cheveux trempés repassa pour la énième fois depuis qu'il avait quitté en catastrophe son amant, la scène de son pire cauchemar.
Je suis allé chez Hiro hier soir… Je t'aime et tu resteras toujours l'homme de ma vie Yuki… JE T'AIME PLUS QUE TOUT AU MONDE!!! …Moi aussi….J'était avec Tôma…Urusei.
Shuichi sanglotait depuis plusieurs longues minutes lorsqu'il se rendit compte que la pluie diminuait d'intensité, le laissant voir ce qui l'entourait. La ruelle était resté intacte à son souvenir sauf que cette fois, il ne rentrerais pas à la maison avant un bon bout. Yuki devait déjà rassembler ses affaires, soulagé de se débarrasser de lui. Une sourde douleur tordit les entrailles de Shuichi alors que ce dernier se relevait lentement. Il n'avait nulle part ou aller, il était seul. Désormais, il n'avait plus de maison et plus de petit ami blond qui, avec un seul regard, savait lui faire perdre la tête.
'' Yuki…, gémit le jeune artiste. Je t'aime….''
Le silence de la nuit lui répondit. À l'heure qu'il était, Yuki devait tranquillement dormir dans leur lit…non, dans SON lit, sans lui. Shindo respira profondément avant de reprendre son errance dans la nuit et la quiétude de Tokyo. Malgré la grandeur de la nuit et les nombreux passants, rien ne put réconforter l'immense vide qui s'était crée dans la poitrine de Shuichi lorsqu'il avait dévalé les marches de l'immeuble ou Yuki et lui demeurait depuis quelques mois.
Quelques heures passèrent alors que le jeune homme marchait toujours à travers les rues désertes de la capitale. Le froid s'était depuis longtemps propagé dans tout son corps mais Shuichi ne se rendait pas compte qu'il grelottait à chaque pas. Il n'avait qu'une idée en tête, marcher, marcher jusqu'à l'épuisement ou jusqu'au lendemain. Marcher jusqu'à ce que quelqu'un le trouve…et le ramène chez lui au près de son Yuki.
Tout en marchant sur ses jambes flageolantes, Shindo s'arrêta devant l'immeuble ou logeait son ami Hiro avec l'intention de lui demander de l'héberger pour la nuit. Il se dirigea vers la porte et alors que son doigts se tendait vers la sonnerie, il se figea. Une pensée lui traversa l'esprit à la vitesse de la lumière et elle l'ébranla jusqu'au profond de son âme.
Triple baka…, murmura-t-il dans la nuit. Tu retombe dans le vice… Si tu vas voir Hiro, tu peux dire adieu à Yuki… Yuki !
Shuichi avait prononcé ce nom avec une certaine réserve. Mais que lui prenait-il? Aux dernières nouvelles, ils étaient encore ensemble. Ce n'était certainement pas une engueulade qui allait les séparer. Relevant la tête alors que quelques mèches de cheveux rebelles redescendaient devant ses yeux, Shindo eut une nouvelle étincelle dans le regard. Il y avait encore de l'espoir. Et d'ailleurs pourquoi était-il partit aussi sauvagement de l'appartement qu'il partageait avec Yuki? Bien sur, le fait de savoir que lui aussi avait trahit leur couple lui faisait atrocement mal mais le jeune chanteur avait fait tout le contraire de ce qu'il avait promis de faire. Il avait quitté Yuki.
Honteux d'avoir fuit une nouvelle fois devant ses problèmes, Shuichi crispa les poings et roula des épaule pour essayer de chasser le froid qui enveloppait son corps comme une vêtement. D'un pas raide mais assuré, il rebroussa chemin et se dirigea vers le centre de la ville ou se trouvait SON appartement, ou l'attendait surement SON amant blond…
Shindo vit à peine les voitures qui l'éblouissaient avec leurs fars tendis qu'il accélérait le pas, laissant à ses pieds le soin de le ramener chez lui. À la seule pensée de revoir Yuki et de lui sauter dans les bras en s'excusant, Shuichi eut un petit sourire. Cette fois, il n'aurait pas le choix d'accepter les caprices du gamin pour se faire pardonner de ces paroles dures. En vue de l'immeuble qui grimpait dans le ciel noir de la nuit, le cœur du jeune chanteur s'affola dans sa poitrine. Il traversa la rue sans même regarder et fit irruption dans le hall silencieux. Quatre à quatre, il gravit les marches qui le rapprochaient de l'amour de sa vie.
Une fois le palier atteint, il se donna un temps d'arrêt, histoire de reprendre son souffle et s'immobilisa devant la porte d'entrée, l'oreille aux aguets. Pas un bruit. L'espace d'un instant, Shindo eut l'idée que Yuki était peut-être partit…pour la nuit. Mais il se révisa vite et inséra lentement sa clef dans la serrure avant de tourner la poignée et d'ouvrir la porte. La noirceur fut la première chose que le regard avide de Shuichi remarqua. Il resta un instant immobile sur le seuil, puis entra.
Le salon était vide…ou presque. L'exception faite d'un corps à demi étendu sur le plancher et sur le divan noir, l'un des rares meubles qui composaient le salon. L a télévision était resté ouverte, signe que Yuki avait veillé tard et qu'il s'était endormit plus tôt qu'il ne l'avait prévu. Avisant la bouteille à demi vidé de wisky que son amant tenait à la main, le gamin aux cheveux couleur de Chewing-gum comprit que son départ n'avait pas laissé l'écrivain de marbre. Yuki l'avait attendu alors que lui courait sous la pluie à pleurer sa peine. Quel imbécile il était!
Bien décidé à se faire pardonner, Shuichi se délesta de ses chaussures trempés et courut dans sa chambre pour aller chercher ses couvertures les plus chaudes. En chemin, il ne put réprimer un grand frisson de le parcourir. Il renifla le plus discrètement possible, c'était indiscutable, il allait attraper un bon rhume. Insouciant, le jeune homme retira complètement ses vêtements et, après avoir posé la bouteille de boisson sur la table basse du salon, il étendit la couverture sur le corps de Eiri qui, dans son sommeil ou par habitude, ouvrit légèrement les bras. Profitant de cette invitation, même si elle était inconsciente, Shindo se blottit contre le corps de son amant en soupirant de bonheur.
Comme il était bon de sentir à nouveau le doux parfum de l'homme qu'il aimait. Ce doux mélange de fumée et d'alcool, sans parler de son odeur naturelle, l'avait souvent fait rêver lors de ses nombreuses tournées passées loin de son amour. Enfin heureux d'être revenu chez lui, dans les bras de son amant, Shuichi s'endormit, un indéfinissable sourire aux lèvres.
Lorsque le soleil se leva, Yuki, légèrement engourdi par les quelques gouttes d'alcool qui voyageaient encore dans son sang, ouvrit lentement les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise quant il se rendit compte que quelqu'un se trouvait entre ses bras. Il baissa son regard endormit…sur des cheveux roses!
Shu…murmura-t-il, les lèvres frôlant dangereusement ses cheveux encore un peu humides.
La tête rose se tourna légèrement vers le haut, vers le visage figé de Yuki qui ne voulait pour rien au monde le réveiller. Pas maintenant, c'était encore trop tôt. Il devait faire le point sur les derniers évènements avant de pouvoir affronter Shuichi en face. La nuit dernière, il avait dormit d'un sommeil agité et avait crut, l'espace de quelques instants que quelqu'un venait se coucher entre ses bras. Maintenant il savait que ce n'était pas un rêve. Shindo avait du revenir tard et, assomé par la boisson qu'il avait prit, il ne l'avais pas entendu entrer.
Eiri poussa un bruyant soupir, bien malgré lui, en passant à quel point cette situation lui paraissait idiote. Bien sur, la tromperie dont il avait été la victime ne le laissait pas indifférent mais comment pouvait-il en vouloir à Shuichi puisqu'il était tout aussi coupable que lui d'avoir passé la nuit avec Tôma. Fermant les yeux, l'homme blond espérait faire cesser ses questionnements. Il voulut se lever mais impossible; Shuichi avait la tête appuyé sur son bras et, dans son sommeil, il s'était accroché à lui comme un bébé koala le ferait avec sa mère.
Avant même qu'il ne puisse se replacer pour attendre, patiemment, que le Chewing-gum se réveille, la soi-disant boule rose se tortilla lentement et ouvrit les yeux…pour les refermer précipitamment la seconde d'après. Puis, un grand œil se risqua à observer l'homme blond qui le regardait. Puis, un deuxième, remplie d'inquiétude.
Yu…Yuki?
-Ohayo, lui répondit l'écrivain, le visage de marbre.
Comme il se trouvait sans cœur de ne pas lui faire ne serait-ce qu'un petit sourire. Mais que voulez-vous, Yuki est un grand insensible. Se redressant de son mieux sur le canapé qui, il fallait l'avouer, était plutôt étroit pour deux personnes, Yuki fit face à Shuichi en évitant soigneusement son regard. Il se leva sans plus de cérémonie et se dirigea vers la cuisine ou il fit chauffer de l'eau pour son café habituel.
Soudainement privé de la chaleur qui l'enveloppait, Shuichi frissonna, en ouvrant à nouveau ses grands yeux. Yuki s'était levé mais, l'espace d'un court instant, ses yeux avaient exprimé quelque chose que le jeune artiste n'avait jamais vu dans ce regard d'ordinaire si froid. De la compassion? Non. De la pitié ? Non… De l'amour? Shuichi se leva à son tour, faisant taire de son mieux la profonde inquiétude qui lui nouait les entrailles. Il n'avait qu'une seule chance de tout mettre au clair et il marchait droit devant elle. Pourvu que cette fois, Yuki veuille bien l'écouter jusqu'au bout.
Assis à la table, l'écrivain lisait distraitement le journal, l'oreille aux aguets des moindres bruits qui résonnaient dans le lourd silence de l'appartement. Shuichi venait de se lever et se dirigeait droit vers lui. Réprimant l'instinct de se retourner pour le voir arriver, Yuki déposa le journal et feignit la surprise lorsque Shindo vint s'asseoir à ses côtés, à la table. Ce qu'il pouvait être craquant, les yeux encore plein de sommeil et les cheveux ébouriffés… Dans un geste désespéré, Eiri tendit la main pour lui caresser la joue…mais se contenta de replacer une mèches de cheveux qui barrait les yeux de son amour.
À la fois surpris par ce geste inattendu et heureux que la tension redescende enfin, Shuichi se permit de soupirer d'aisance. Il était tellement heureux de reprendre son petit train-train habituel qu'il en oublia presque la raison de son départ de la veille. Mais il n'avait aucune envie d'aborder se sujet maintenant. Il avait faim et surtout, il voulait profiter du calme matinal pour remettre ses idées en place. Se levant de sa chaise, il alla se chercher un bol et se servit une portion de gruau qu'il fit réchauffer au four micro-onde avec un soupçon de lait…
Captant l'odeur du sucre brun que Shuichi avait mit dans son bol de gruau, Yuki déposa pour de bon son journal qu'il plia soigneusement en quatre et releva la tête. Devant lui, Shindo se trouvait acoudé au comptoir de la cuisine, le bassin légèrement poussé vers l'arrière ce qu'il laissait à l'homme blond une vue incroyable sur la douce courbe du dos de son amant et sur ses petites fesses bien fermes. Détournant à la dernière seconde le regard alors que le jeune chanteur se retournait vers lui, Yuki se racla doucement la gorge et releva les yeux.
J'en prendrai bien un bol…si tu veux, déclara-t-il avec un ton ou perçait une légère note doucereuse.
-Hai…, répondit Shuichi en sortant un second bol de l'armoire et en refaisant les mêmes gestes qu'il y avait quelques minutes.
Quelques instants plus tard, la minuterie retentit pour annoncer que le déjeuner était servit. Le Chewing-gum rose s'empara du second bol et le plaça devant la bouche avide de Yuki qui saisit en hâte sa cuillère et commença à manger, coupant court à toute discussion possible. Shuichi ne s'en formalisa pas et attaqua avec la même avidité son propre plat qui commençait déjà refroidir. Le silence se poursuivit jusqu'à ce que Shindo termine son bol de guau et le repousse brusquement devant lui, une étrange lueur dans les yeux.
Yuki…, commença-t-il, hésitant.
- Hum?
- Il faut qu'on parle.
Les mots résonnèrent dans l'air qui commençait à se charger d'électricité comme un grondement de tonnerre dans un nuit calme et paisible. Sur sa chaise, Yuki se redressa d'un coup, évitant soigneusement le regard inquisiteur de son amant. Non, ne pas le regarder sinon… trop tard. L'homme aux cheveux blond leva les yeux vers Shuichi et soudain, le monde autour de lui s'évanouit et il ne vit plus que ces deux grands yeux, à demi embués de larme qui le regardait, espérant s'y accrocher de toute ses forces. La force du désespoir peut-être ou plutôt le désir ardent de continuer.
Profondément touché par cette démonstration d'amour inconditionnel de la part du gamin qu'il aimait plus que tout au monde, Yuki n'eut aucun mot pour décrire le feu qui courait dans ses veines. Comme il s'en voulait d'avoir été si idiot! Shuichi méritait le bonheur et il lui avait refuser cette seule chose qu'il lui ait demandé. Mais avant qu'il ne puisse exprimer quoi que ce soit, Shindo prit la parole. S'attendant à de banales excuses qu'il aurait essuyé d'un simple regard, Eiri ne s'attendait aucunement à la tempête qui éclata juste devant lui, prenant possession du visage de son amour.
Tu aurais du me dire que tu avais passé la nuit avec Tôma, l'accusa d'abord Shuichi. Pourquoi tu ne me l'a pas dit? Parce que je suis trop jeune? Trop collant peut-être? Ou trop braillard, insista-t-il, une coloration rouge lui montant aux joues mais cette fois, ce n'était pas de la gêne mais de la colère. Figure-toi que je ne suis plus un enfant. Inutile de me cacher des choses Yuki dit les c'est tout.
- Mais Shu…
- J'ai pas encore finit! Tu t'imagine peut-être que je suis trop jeune pour savoir ce que c'est que d'aimer pour de vrai? Et bien tu as tord Yuki parce que tu es la seule personne que j'ai jamais autant aimé dans ma petite vie de chanteur raté. L'homme que j'aime c'est toi et pas Hiro et pas Tôma et personne d'autre! Tu entends? Je ne cesserai jamais de t'aimer Yuki Eiri.
La litanie de reproches fut interrompu par une brusque quinte de toux qui fit trembler le corps frêle du jeune artiste. C'est la goutte au nez qu'il reprit ses dures paroles à l'intention de l'homme au regard de chat qui lui faisait face.
Mais le pire dans tout ça c'est que je t'aime tellement que je serais incapable de te quitter parce que j'ai besoin de toi Yuki et que tu as besoin de moi…Alors si tu préfère Tôma…je comprendrais mais…je reste avec toi quand même. Je pourrais reprendre mon ancienne chambre pour vous laissez la place si tu veux mais je ne quitterai pas la maiso…
-Shuichi arrête, lâcha Eiri d'un ton si froid qu'il aurait réussit à faire frigorifier le Yeti lui-même. Arrête, reprit-il en se levant de sa chaise pour se diriger dangereusement vers la tête rose qui osait lui tenir tête.
Caler dans sa chaise, Shuichi aurait bien voulu prendre la même teinte que le bois du meuble sur lequel il prenait place mais hélas, il n'y avait que ce regard qui lui glaçait le sang… L'homme de lettre fut au-dessus de lui la seconde plus tard, son regard perçant cherchant à sonder le plus profond de son âme en quête d'une réponse…À quoi? Shindo n'aurait su le dire mais il se risqua tout de même à plonger son regard dans celui de l'homme qui faisait follement battre son cœur. Ce qu'il y trouva le laissa sans voix. Au lieu de l'habituel dédain qui poussait Yuki Eiri a être si méchant avec lui, une lueur, toute petite lueur de désolation.
Shuichi dut s'y prendre à deux fois avant d'être certain qu'il ne rêvait pas éveillé. Yuki, SON Yuki, qui faisait preuve d'un peu de compassion envers son souffre-douleur préféré? Impossible! Pourtant, quelque chose dans l'insistance de ce même regard fit réfléchir à nouveau Shuichi. Il était sérieux c'était évident mais… Ou était donc passé le Yuki d'avant. Pas qu'il soit en train de se plaindre mais c'était plutôt déroutant.
Alors qu'une nouvelle quinte de toux l'empêchait de respirer convenablement, le jeune homme aux cheveux couleur bonbon se redressa maladroitement sur son siège, son visage s'approchant dangereusement de celui de Yuki. Ce dernier, parfaitement conscient de la situation, prit son courage à deux main et, à son tour, débita ce qu'il brûlait de dire à son amant depuis le milieu de la journée.
Baka…siffla-t-il entre ses dents. Tu es vraiment le pire des imbécile Shindo, lui lança-t-il au visage alors que le pauvre gamin se demandait s'il n'avait pas espéré trop vite. Tu crois vraiment que je pourrais aimer un homme comme Tôma Seguchi? Un homme aussi arrogant, qui ne pense qu'à ses propres intérêts, qui est totalement déconnecté du monde et qui, en plus, a épousé ma sœur? Tu le crois vraiment, lui demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien.
- …Je ne sais pas, finit par répondre Shuichi qui se sentait très petit entre le bois dur de la chaise sur laquelle il s'était rassit et le regard tout aussi dur de son amant blond. Tu étais avec Tôma et…
- Et alors? Tu étais bien avec Hiroshi et je ne t'ai jamais demandé si tu l'aimais…parce que je sais que c'est moi que tu aime.
- Alors pourquoi avoir été si dur avec moi Yuki, demanda-t-il, penaud.
- Parce que tu me rend dingue Shuichi. Je me met en colère contre toi mais la seconde qui suit je me sent coupable seulement, il est trop tard pour rattraper ce que je dis alors…
- Alors ça finit toujours comme ça, termina le jeune artiste qui savait parfaitement comment se terminaient leurs querelles.
- Mais je n'aime pas Tôma. En fait, depuis notre enfance il est comme un grand frère pour moi. Il a toujours été la dans les moments difficiles et même si je sais que vous ne vous entendez pas bien je m'en fiche. Parce qu'il n'a plus rien a voir dans ma vie maintenant. Je me servais de lui pour passer ma frustration de ne pas pouvoir te parler sans en avoir des remords… Sans pouvoir te dire qu'un manque de désir c'était installé entre nous, sans pouvoir te dire que je me sens coupable de te voir si malheureux. Sans pouvoir te dire que…que je t'aime Shuichi, dit-il dans un dernier souffle.
Complètement abasourdi, les larmes aux yeux et les membres légèrement tremblants, Shuichi dévisagea l'homme qu'il avait considéré comme sans cœur pendant plusieurs mois. Avait-il rêvé? Yuki Eiri était capable de romantisme et de sensibilité? Aucun mot n'aurait été capable de décrire la chaleur qui envahit Shindo à cet instant. À nouveau, la flamme du désir s'enflamma et, en un regard, le chanteur sut qu'il ne pourrait plus jamais se passer de cet homme aux regard envoutant.
Bondissant de sa chaise, le jeune gamin aux cheveux rose se jeta dans les bras de son amant pour s'y blottir. Levant ses grands yeux vers le visage à demi souriant de son amant, Shuichi lui tendit les lèvres en un dernier effort de réconciliation. Répondant tendrement à sa proposition, Yuki l'embrassa longuement avant que son amour se décolle doucement et lui murmure à l'oreille les trois mots qu'il attendait depuis longtemps.
Je t'aime…
Trop heureux pour dire quoi que ce soit, le jeune chanteur se blottit encore plus dans les bras de son amant blond et grava ce moment à tout jamais dans sa mémoire. Pas comme étant le jour ou il s'était réconcilié pour la énième fois avec l'homme de sa vie mais comme le jour ou Yuki Eiri lui avait clairement dit qu'il l'aimait. Ce jour même ou la chaleur de son corps lui réchauffait le sang, ce jour ou leur lèvres s'étaient à nouveau touchées… Ce jour ou il était aimé pour de bon.
Alors que dans un élan d'amour, Shuichi voulu respirer à fond la merveilleuse odeur de Yuki, l'air resta bloqué avant même de pouvoir entrer dans son nez. Une violente quinte de toux secoua le petit corps de l'artiste et Shindo du se rasseoir à la table pour retrouver un semblant de respiration normale… Légèrement inquiet de voir son petit ami si faible, Yuki enlaça le gamin par derrière et lui demanda ce qui lui arrivait.
Je crois bien que j'ai attrapé la grippe, répondit Shuichi en avisant la gouttelette qui pendouillait au bout de son nez.
- Baka…, soupira l'homme aux yeux de chat.
- …nande?
- T'as passé la nuit dehors, sous la pluie… C'est bien normal que tu sois enrhumé…
- Gomen-nasai Yuki, murmura Shindo en guise d'excuse.
Bien loin de s'émouvoir devant la situation, Eiri saisit Shuichi par la taille afin de le soulever de la chaise et le mena jusque dans leur chambre. Là, il le coucha, sous les couvertures fraîchement lavées et l'emmaillota au beau milieu du lit. Avant même que son protégé n'ait le temps de protester ou de se questionner, l'écrivain repartit sans un mot.
Entouré de douces couvertures, sur un matelas moelleux et dans une chambre qui sentait à plein nez la douce odeur de l'homme qu'il aimait, Shuichi Shindo était aux anges. Ne comprenant toutefois pas très bien ce que Yuki voulais faire, le Chewing-Gum rose resta sagement dans le lit avec l'intention d'attendre l'homme blond de la maison mais, au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, ses paupières devinrent lourdes d'un sommeil bien mérité. Il sombra alors, le noir se faisant dans son esprit, et dormit s'un sommeil profond, sans rêve.
Dans la cuisine, Yuki tendis une oreille vers la chambre qu'il avait, la veille, occupé seul. Aucun son, Shuichi devait s'être endormit. Parfait, pensa Yuki en se levant de sa chaise pour s'activer autour du four. En fait, son but premier était réalisé, endormit Shuichi pour lui permettre de bouger sans que ce dernier ne se questionne. Parfaitement conscient du chagrin qu'il avait causé à son amant, Eiri avait décidé de se faire pardonner en prenant soin de lui puisqu'il était la cause première du virus qui l'attaquait. C'était de SA faute si Shuichi était partit de l'appartement. SA faute si il avait la grippe ce matin là donc c'était aussi SA responsabilité de prendre soin de lui.
Alors qu'une heure s'était écoulée, Yuki revint vers la chambre, un plateau dans les mains, et le déposa sur la petite table de chevet. Sur le plateau fumait encore un bol de soupe faite maison ainsi qu'un jus d'orange et une coupe de fruits frais. Dès son réveil, Shindo serait pris en main par Yuki qui ne désirait en aucun cas que la grippe prenne le dessus sur le corps de son jeune amant. Il s'étendit à son tour, enlaçant tendrement le jeune homme qui lui avait fait vivre bien des émotions depuis qu'ils se connaissaient, Yuki ferma les yeux et se laissa aller au sommeil.
Lorsque Shuichi se décida enfin à ouvrir les yeux, il fut très surpris de sentir un corps chaud et réconfortant à côté de lui…mais encore plus surpris de constater que plus aucun lumière n'éclairait la pièce. Le soleil s'était couché depuis déjà une heure… Lentement, Shindo se tourna pour faire face à l'homme qui l'avait rejoint. Quelques mèches de cheveux rebelles venaient cacher son visage à la peau légèrement hâlé par le soleil. Ses beaux yeux étaient cachés par ses paupières mais le jeune chanteur n'eut qu'à fermer els yeux pour revoir le magnifique regard de son amant blond.
En rouvrant les yeux à nouveau, Shuichi crut que le souffle allait lui manquer. Deux grands yeux de chats l'observait avec attention, une légère lueur de sommeil… Yuki grogna légèrement et ramena le corps de Shindo conter le sien. Ce contact lui avait tant manqué qu'il ne protesta pas du fait qu'ils étaient tout les deux nus… À cette seule pensée, Shuichi rougit en sentant une tension lui tirailler le bas du ventre. Eiri le remarqua bien vite et c'est avec un sourire plutôt prometteur qu'il plongea son regard dans celui du jeune artiste.
Tu as faim on dirait…
-… , fut tout ce que Shindo put répondre, ignorant si l'écrivain parlait de sa réaction corporelle ou du gargouillement qui venait de résonner dans le silence de la pièce.
Un regard à la fenêtre suffit à Yuki pour qu'il prenne conscience de l'heure plutôt avancée. Avait-il dormit tout ce temps? Lui qui avait voulu faire une petit surprise à son amoureux, il était plutôt dans le pétrin. Rapportant quand même son attention sur la bouille d'ange qui le dévisageait sans retenu, Eiri s'abandonna un instant dans l'immensité bleu des grands yeux de Shuichi. Comme il lui avait manqué! Répondant alors à un besoin enfouit en lui depuis longtemps, l'homme blond plaqua brutalement sa bouche contre celle de son amant, rapprochant d'une simple pression leur deux corps et ferma les yeux pour se délecter de ce moment magique.
Trop surpris pour protester, Shindo se laissa faire, non sans un frisson qui lui parcourut l'Échine à la vitesse de l'éclair. Jamais Yuki ne l'avait ainsi embrassé. Sa main qui descendait lentement le long de son dos semblait lui brûler la peau et lorsqu'elle arriva dans le creux de ses reins, le gamin crut qu'il allait exploser de bonheur…et de désir refoulé. En fait, la nuit ou Hiro et lui avait laissé leurs pulsions prendre le dessus sur leur conscience, le jeune chanteur n'avait pensé à personne d'autre qu'à l'homme qui l'enlaçait avec passion.
Répondant avec ardeur aux baisers enflammés de Yuki, Shuichi sentit que tout son corps réagissait à l'initiative de son amant. Son membre s'était dressé depuis un bon moment et il commençait à avoir la tête lourde, en raison de leurs incessants baisers qui lui faisait manquer d'air. Alors, oubliant complètement son estomac qui grondait, le gamin aux cheveux rose s'abandonna totalement au plaisir de la chair et enroula ses bars derrière la nuque de Yuki qui se positionna de sorte à être sur le corps de SON Shuichi.
Déjà dénudés de vêtements, les deux hommes en vinrent rapidement à l'excitation la plus extrême à force de s'embrasser, de se toucher, de se frôler… Mais alors que le véritable plaisir allait commencer, Eiri eut un petit sourire en coin et fit descendre ses baisers le long de cou d'un Shindo au bord de l'extase. Lentement, les lèvres légèrement rougies par le plaisir et la chaleur, Yuki atteignit le creux de la clavicule et y lécha la peau tendre avant de reprendre son manège et de recommencer à descendre… Aucune parties du corps de Shuichi ne fut oublié. Les pectoraux furent massés vigoureusement alors que les petits bouts chaire furent pincés, mordillés et léchés.
Le souffle court, le Chewing-Gum rose avait fermé les yeux dans l'espoir d'atténuer l'ardente chaleur des lèvres de son amant blond. Une main à demi plongée dans sa chevelure soyeuse, il l'incitait à continuer sa descente jusqu'à atteindre son entre-jambe qui se tendait avec impatience vers lui. Avide d'entendre à nouveau les gémissements de Shuichi, Yuki ne tarda pas à engloutir entièrement le membre fièrement dressé et à effectuer un lent mouvement de va-et-vient en appuyant chaque remonté d'une pression des lèvres. Le résultat ne se fit pas attendre et Shindo gémit doucement sans chercher à empêcher les sons de sortir de ses lèvres entre-ouvertes.
Trop impatient pour continuer ce petit jeu, Shuichi raffermit sa prise sur les cheveux de Yuki et se dernier releva la tête, curieux de connaître la raison qui poussait son amant à le faire arrêter. Mais lorsqu'il croisa son regard débordant à la fois d'amour et de désir, Eiri sut tout de suite ce que voulait le jeune homme qu'il aimait.
Yuki…, murmura Shuichi à l'homme blond qui avait allongé son corps sur le sien. Prends moi…
Ces deux simples mots furent assez pour enflammer le sang de l'écrivain et c'est avec une infinie douceur qu'il dirigea son membre vers l'intimité de Shuichi. Il le pénétra lentement voire même amoureusement. Laissant échapper un doux gémissement, ce dernier s'agrippa au dos de son homme et bougea au rythme lent qui lui était imposé. Bien vite, la vitesse devint endiablé et comme toute bonnes choses a une fin, le jeune artiste se cambra dans un dernier effort pour résister à la vague qui le submergea quelques secondes plus tard. Il se vida entre leur deux corps et cria le nom de l'homme qu'il aimait avant que ce dernier ne jouisse à son tour.
S'effondrant sur le frêle corps de son amant, Yuki resta un moment en lui, savourant pleinement ce sentiment de possessivité qui lui avait tant manqué. Shuichi Shindo était SON amant à LUI seul. Jamais plus il n'accepterait de le partager avec qui que ce soit. Jamais plus, il s'en faisait la promesse. Un souffle chaud le ramena au moment présent et il se retira enfin, laissant à son jeune amoureux la possibilité de se blottir contre lui une fois que Yuki eut roulé sur le côté.
Même si la faim se faisait sentir à nouveau, l'homme aux regard meurtrier ne bougea pas. Enlaçant avec douceur le corps chaud qui c'était blottit contre lui, Eiri s'emplit les poumons de l'odeur de son amant, poussant un léger soupir de satisfaction pour évacuer le surplus d'air. La tête posée sur son torse légèrement humide par la sueur, Shuichi leva son visage vers celui de son amant. Alors que leurs lèvres se touchaient pour la énième fois cette soirée là, il devint clair au gamin que jamais de toute sa vie il ne trouverait un homme plus merveilleux que Yuki Eiri. Cet homme qui lui avait fait tant de mal. Cet homme qui l'avait jeté dehors de l'appartement bien des fois par le passé. Cet homme qui l'avait trompé avec son meilleurs ami… Cet homme, son amant, son amour.
Aishiteru Yuki, murmura-t-il à son oreille alors que le sommeil les accueillait à bras ouvert pour une nuit de repos bien mérité.
-Sukydayo Shuichi, répondit alors la voix lointaine de Yuki Eiri, l'homme qui l'aimerait désormais à tout jamais et l'homme qu'il aimerait à son tour jusqu'à la fin des temps.
Voilà voilà, C'est ici que se termine l'histoire de Shuichi Shindo et de Yuki Eiri. Si cette petite fic vous a plut n'hésitez pas à m'en faire part, c'est toujours plaisant de savoir que ce que l'on fait est apprécié. Maintenant, pour ceux qui ont adoré cette fic, ne vous en faites pas, celle-ci était courte mais c'est pour mieux préparer la prochaine que je vais coécrire avec Chibi-Kitsune. Je peux tout de suite vous dire que ça sera sans doute une des plus grosses fic sur Gravitation…Attention ça promet! Alors encore une fois merci à tous d'avoir lu cette fic et surveiller les nouveautés…
Petit Lexique : Baka = Idiot
Ohayo = Bon Matin
Hai = Oui
Nani = Quoi?
Nande = Pourquoi?
Gomen-nasai = Pardon, Désolé
Aishiteru/Sukidayo = Je t'aime
