Titre: Shôgi
Scribouillarde: Rouli
Base: Naruto
Disclaimer: Non, je n'ai pas acquis les droits sur Naruto depuis la
dernière fois. Tout ce beau monde reste donc la propriété de Masashi
Kishimoto.
Notes: Vala vala, le deuxième chapitre des trépidantes aventures de Shikamaru. Critiques et commentaires sont toujours les bienviendus. Bonne lecture!
Les lourdes portes du village s'ouvrirent pour laisser entrer un homme à cheval, suivit d'une litière portée par quatre armoires à glace, elle même suivie d'une impressionnante quantité de gardes. Un genin aborda l'homme de tête alors qu'il mettait pied à terre et l'escorta jusqu'à la tour du Hokage, tandis que 2 autres aspirants s'occupaient de sa monture et du reste du groupe. Tout portait à croire que les visiteurs étaient attendus au village caché de Konoha.
L'homme devait avoir une cinquantaine d'années, à en juger par les rides de son visage ainsi que ses cheveux gris. Il était grand et d'une carrure plutôt imposante qui lui conférait une certaine aura de puissance, teintée d'une nuance paternelle, probablement due à sa barbe poivre et sel. L'homme fut reçut par le Hokage 5e du nom en personne. Il s'inclina respectueusement devant Tsunade, qui le salua en retour. Le seigneur Ishikawa était un client important pour le village, du moins ses deniers l'étaient-ils, aussi avait-il droit à plus d'égards que la moyenne.
- Mes respects, Maître Hokage.
- Moi de même, Seigneur Ishikawa.
Shizune entra dans la pièce, chargée d'un plateau de thé qu'elle déposa sur le bureau.
- Laisse-nous, Shizune.
- Votre village semble avoir bien récupéré depuis l'examen chûnin, commença l'homme, une fois seul avec le Hokage.
- La réparation du village est une de notre priorité. Avez-vous fait bon voyage?
- Oui, merci de votre sollicitude. Je ne viens pas de si loin et, par un temps pareil, voyager est presque un plaisir.
- Heureuse que votre voyage se soit bien passé.
Quelques instants de silence suivirent les politesses protocolaires, puis l'homme reprit.
- Comme nous l'avions convenu par courrier, je vous confie ma fille, elle est mon bien le plus précieux. Je ne vous cache pas mon appréhension.
- N'ayez crainte, nos meilleurs éléments se chargeront d'elle, le rassura Tsunade.
- Vous m'en voyez honoré, Maître Hokage. Le mariage aura lieu dans 12 jours, à Idashô, au pays de l'eau. Vous n'êtes, j'imagine, pas sans savoir l'importance politique de cette union. Nombreux sont ceux à qui les tensions entre nos deux pays profite, qui s'opposent au mariage, et qui iront jusqu'à utiliser la force s'il le faut. C'est pourquoi j'ai fait appel à vos services.
- Il me semble que nous en avions déjà discuté, le coupa Tsunade, légèrement irritée.
- Néanmoins, il est un sujet que nous n'avons pas encore abordé.
- Et quel est-il? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Vous feriez-mieux de ne rien nous cacher. Si nos shinobis découvrent un élément nouveau de l'affaire en cours de mission, ils sont en droit de l'abandonner.
Un long silence suivit cette déclaration, le seigneur se tortillant légèrement sous le regard perçant du Hokage, se demandant soudain si faire appel à des shinobis était vraiment une bonne idée. Il imagina sa fille, seule sur la route, attaquée par des brigands tandis que des shinobis la regardaient se débattre, sadiques.
- Mon futur gendre exige une épouse belle, pure et innocente et, je l'espère, il l'aura. Ma fille est une fleur délicate et immaculée, elle n'a jamais rien connu que la beauté, la sensibilité et la courtoisie. Jamais un mot plus haut que l'autre en sa présence, jamais un comportement inconvenant.
Son regard, qui s'était fait doux et rêveur tandis qu'il s'extasiait sur sa progéniture se durcit soudain. Rassemblant tout son courage, il le planta dans celui de Tsunade.
- Et ce n'est pas un de vos hommes qui va ruiner ce travail de toute une vie! Vous avez intérêt à bien leur faire passer le message, c'est d'une importance capitale pour la réussite du mariage. Politesse et bienséance. Je ne veux pas qu'un de ces lourdeaux ne froisse ma si jolie fleur par une blague grivoise, une remarque perverse ou toute autre attitude barbare.
- Il me semblait que la mission originelle était d'escorter votre fille jusqu'à Idashô, pas de veiller à la réussite du mariage. A mon sens, cela nécessitera un supplément, répliqua froidement Tsunade. Par ailleurs, je vous prierais de ne plus insulter nos soldats, à l'avenir. Elle marqua une pause, fixant son interlocuteur avec intensité, le mettant aussi mal à l'aise que possible. Nous avons assez discuté, je pense, termina-t-elle sèchement en se drapant dans son orgueil blessé. Si ce n'était pas pour son argent, elle l'aurait envoyé valdinguer par la fenêtre depuis belle lurette.
Sans un mot de plus, le seigneur quitta le bureau du Hokage. A peine eut-il passé la porte que Tsunade laissa échapper le soupir exaspéré qu'elle retenait. Non mais pour qui les prenait-il, ce minable? Ils étaient un village de shinobis, merde! Pas une bande de bouseux! Ils savaient se tenir, et plus qu'un peu, c'était partie intégrante de leur formation. Elle était même prête à parier que toute kunoichi à peine sortie de l'académie aurait plus d'éducation et de manières que la « fleur immaculée » glandouillant dans sa litière. Mais elle avait un problème plus urgent sur les bras. Le village était considérablement affaibli d'un point de vue militaire, même si quasi totalement reconstruit, et elle n'avait pas beaucoup d'éléments à qui confier la mission. En fait, elle n'avait pas le choix: Kakashi, et cela soulevait un autre problème.
Kakashi décida enfin de sortir de son lit lorsque la radio annonça joyeusement qu'il était 14h. Il jeta rapidement un coup d'oeil à sa convocation sur laquelle figurait en rouge 10h30. Il s'habilla sans prêter plus d'attention à son retard et embarqua un paquet de biscuits à manger en route. Il aurait probablement une grosse marque d'oreiller en arrivant, mais n'en avait cure, ça l'amusait même un peu.
Arrivé devant le bureau du Hokage, il se trouva en compagnie de Shikamaru, une convocation en main, qui le foudroya du regard. Sans plus prêter attention au gamin, il s'annonça à la kunoichi de garde, qui revint quelques instants plus tard et leur ouvrit la porte.
- Hatake, Nara, j'ai une mission pour vous, annonça Tsunade une fois les deux guerriers attentifs à sa personne. Mission de type escorte annonça-t-elle, les fixant intensément. Kakashi souleva un sourcil pour marquer son étonnement: il ne faisait presque plus que des missions de rang A ou S depuis que ses élèves continuaient leur voie sans lui. Shikamaru, lui, se demanda à quoi il pourrait servir si un jûnin l'accompagnait et puis, n'était-ce pas un peut trop demander à un chûnin comme lui? Il s'efforça de ne rien laisser paraitre de ses interrogations. Le Hokage devait bien avoir une raison de l'envoyer avec Kakashi
«Vous aurez la charger d'Ishikawa Kimiko, fille de son père le seigneur Ishikawa. Elle célèbrera son mariage dans 12 jours, dans la ville d'Idashô au pays des vagues. Le Hokage marqua une pause afin de s'assurer que l'information parvenait au cerveau de ses deux interlocuteurs. Cette union est d'une importance politique capitale et, bien qu'utile à la paix entre nos deux pays, elle ne fera pas que des heureux. Ceux qui s'y opposent ne sont pas les plus pauvres, aussi est-il probable que vous soyez attaqués par plus que des bandits et brigands. Vous serez responsables de la sécurité ainsi que du bien être de cette demoiselle et ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour veiller la réussite du mariage. Vous partirez demain à 14h, elle vous attendra à l'auberge avec ses porteurs.
A ces mots, Shikamaru tiqua. Ses porteurs. Parce qu'en plus on se coltine les porteurs, la petite demoiselle se trimbale en litière! Elle pourrait quand même marcher cette gourdasse. Et dire qu'ils seraient en plus responsables de son bien être, ça promettait! Les femelles étaient décidément une source perpétuelle d'ennuis, conclut-il en son fort intérieur. Il jeta un rapide coup d'oeil à son supérieur, qui semblait n'en avoir rien à faire et décida d'adopter la même attitude. A quoi bon s'énerver avec ça?
- Des questions? Bien, ce sera tout pour vous, Hatake. Rompez, j'ai encore à parler avec Shikamaru.
- Bien, Maître Hokage.
Tsunade garda le silence quelques minutes, observant l'adolescent. Celui-ci commençait à se sentir vraiment mal à l'aise mais resta impassible, le regard dans le vague. Elle prit la parole alors qu'il était complètement perdu dans ses pensées. Il sursauta en entendant son prénom.
- Shikamaru, je vais t'en révéler un peu plus sur la mission, plus précisément sur ton rôle. Tu sais qui est le seigneur Ishikawa, n'est-ce pas? Dans ces grandes et nobles familles, les gens sont très à cheval sur les traditions. Étant issue d'un pareil milieu, cette fille est probablement à son image. Tu connais Kakashi, ainsi que son célèbre livre orange. Tu sais aussi qu'il a reçut le titre de deuxième plus grand pervers de Konoha, juste derrière Jiraya. C'est là qu'il y a incompatibilité avec la mission et là que tu interviens.
Shikamaru s'efforça de ne rien laisser paraitre tandis qu'il sentait venir les ennuis à plein nez. On l'envoyait jouer chaperon pour cette gonzesse. Les femmes ne sont pas une source perpétuelle d'ennuis corrigea-t-il mentalement, mais bien un atroce fléau dont était affublé l'humanité! Et en plus, elle ne pouvait pas s'en passer sous peine de disparaitre. Lourd prix à payer. Retenant un soupir, il se reconcentra sur Tsunade qui avait continué son monologue.
- ... manipulation des ombres sera peut-être utile. Je regrette de te confier pareille tâche, mais je n'ai pas vraiment le choix. Kakashi est le seul jûnin disponible sur cette période, et je ne peux pas l'envoyer seul, ce serait faire rater le mariage avec certitude. Voici les derniers détails de la mission, fit-elle en lui tendant un rouleau. Bonne chance Shikamaru, termina-t-elle avec un petit sourire. Ah, Iruka m'a demandé de te faire passer un message si j'en avais l'occasion, quelque chose concernant des rapports de mission mal rangés, je ne me souviens plus très bien, dit-elle avec un clin d'oeil. Ce sera tout.
Ayant abandonné l'idée de protester, Shikamaru s'inclina en retenant un soupir, et sortit du bureau. Après avoir perdu toute la matinée à attendre ce crétin d'Hatake, il avait l'entièreté de l'après midi de libre, aussi décida-t-il d'en profiter pour glandouiller tranquillement.
C'était ce qu'il faisait depuis 5 heures déjà, contemplant tour à tour les nuages et les grands arbres de Konoha, lorsqu'il sentit quelqu'un s'approcher. Il était allongé de tout son long, son gilet roulé en boule pour lui servir d'oreiller, le visage maintenant à l'ombre de la stèle des morts en mission. Ses mollets, son ventre et son bras droit prenaient néanmoins le soleil tandis qu'il dégustait la quiétude du lieu. Il était venu là pour être sur d'avoir la paix, sachant que jamais quiconque, surtout pas sa mère, ne viendrait le cherche ici.
De plus, il était un peut inquiet à l'idée de la mission qui l'attendait, il avait besoin de réfléchir. Il y avait un bon moment qu'il n'avait pas effectué de mission comportant le moindre danger, tout au plus un peu d'espionnage par-ci par-là. Savoir qu'il ne serait accompagné que par ce mou d' Hatake pour protéger la fille d'un seigneur que beaucoup de riches voudraient voir morte lui semblait une bien maigre garantie quant à sa survie.
Il remarqua la présence trop tard pour déguerpir incognito. Cogitant à toute vitesse, il prêta attention aux bruit provenant de l'autre côté de la stèle. Une personne seule se dirigeait droit sur lui, ou plutôt sur la stèle, et s'arrêta devant le monument. Shikamaru attendit, le coeur cognant bruyamment dans sa poitrine tandis que les secondes s'égrenaient en silence. L'inconnu resta là un long moment, sans bruit, au grand désespoir de Shikamaru, qui prit note pour l'avenir de ne plus s'installer à cet endroit pour profiter du soleil, bien trop risqué.
Les ombres avaient bien décliné et Shikamaru commençait à avoir de sérieuses crampes dans tous les muscles à force de s'empêcher de bouger mais l'inconnu ne semblait toujours pas décidé à partir. Il envisageait sérieusement de feindre celui qui vient de se réveiller quand l'inconnu s'adressa à la pierre.
- Je pars en mission demain, Obito. J'en aurai pour 12 jours, on va au pays de l'eau. J'aurai deux personnes à protéger, ça n'était plus arrivé depuis longtemps, plus de deux ans. La voix, qui jusque là était égale, s'assombrit. La dernière fois, c'était avec les gosses.
Shikamaru sursauta, troublé de reconnaitre la voix de Kakashi, puis se reprit, redoublant ses efforts de discrétion. Hatake était un mou, certes, mais il ne donnait pas cher de sa peau si jamais le jûnin le trouvait là, à écouter ses conversations avec les morts! Quelques minutes s'écoulèrent en silence, avant que Kakashi ne reprenne de son ton égal.
- J'espère que tu te portes bien. Je te le dis à chaque fois, je sais mais... je regrette toujours, malgré le temps. J'espère que tu me vois de là ou tu es. Après un nouveau blanc, il reprit. Je me suis fais avoir au shôgi, je pensais pas que ça m'arriverait un jour. Comme quoi je prends la grosse tête. Je me suis fais battre par un gosse, en plus, soupira-t-il. Il se tut à nouveau, au grand désespoir de Shikamaru derrière son bloc de pierre, avant de conclure par un « A plus, vieux frère » et de tourner les talons.
Shikamaru ne s'autorisa à remuer que plusieurs minutes après, doucement d'abord, détendant ses muscles ankylosés en gémissant. Il resta dans l'herbe jusqu'au coucher du soleil, réfléchissant à ce qu'il avait entendu. Il essayait de ne pas y penser, se rappelant que ça ne le regardait pas, qu'il devait juste oublier tout ça et rentrer chez lui, mais n'y parvenait pas. Finalement, frissonnant, il se décida à bouger et à rentrer chez lui, expliquer à sa mère qu'il partait le lendemain, bien résolu à ne plus penser à Kakashi et ses regrets.
Tout le long du chemin du retour, il se concentra sur la façon dont il allait aborder les choses avec sa mère. De toute façon elle allait lui courir sur le haricot et l'inonder de recommandations, mais en ayant l'art et la manière il pourrait échapper au pire. Et réfléchir à tout ça l'empêchait de se turlupiner avec ce qu'il venait de surprendre. Il dormit mal cette nuit-là.
Shikamaru leva les yeux au ciel en soupirant pour la 5e fois en dix minutes. Le voyage n'avait pas encore commencé qu'il lui tapait déjà sur le système. Connaissant la réputation de Kakashi quant à la ponctualité et l'ayant expérimentée la veille, il s'était pointé avec deux bonnes heures de retard devant l'auberge qui accueillait le rejeton Ishikawa et toute sa clique, avec l'espoir d'avoir fait attendre son supérieur hiérarchique. Malheureusement, deux heures n'avaient pas été suffisantes pour le plus grand retardataire du village et il se retrouvait seul dans l'auberge, face à la charmante gouvernante de la charmante princesse, qui le sermonnait d'une charmante manière pour son retard et pour celui de Kakashi. Décidant d'envoyer promener la bienséance, après tout la gamine n'était pas présente, il s'étira et s'en alla à la recherche de son compagnon de mission, plantant là la vieille qui poussait des cris de plus en plus perçants à mesure qu'il s'éloignait. Entendant soudain qu'elle s'était tue, il se retourna tout de même pour l'informer de son plan d'aller chercher le chef par la peau des fesses.
Shikamaru n'avait pas la moindre idée de l'endroit ou il pourrait trouver Kakashi, par contre il savait où pêcher Maito Gaï. Il trouva la grenouille humanoïde au terrain d'entraînement numéro 4, en plein speech enflammé sur la fougue de la jeunesse, comme toujours. Consterné, Shikamaru se demanda soudain s'il ne valait pas mieux tourner les talons avant que l'autre ne le remarque.
- Hey! Shikamaru!
L'adolescent stoppa net, maudissant son indécision qui lui avait fait perdre un temps précieux dans sa fuite, qui d'ailleurs tombait à l'eau. Il se força à sourire, ou à tout le moins tenta d'effacer son rictus méprisant avant de se retourner face à Gaï. Bah, tant qu'à faire, autant en profiter pour l'utiliser comme GPS.
- Yo, fit-il sans entrain, les mains dans les poches. Je vous cherchais, justement.
- Que puis-je faire pour venir en aide à une jeune pousse de Konoha, portant en elle la flamme de la bravoure et...
- J'ai besoin de Kakashi, on part en mission, il est déjà en retard de deux heures, l'interrompit rudement Shikamaru, espérant le couper dans son envolée lyrique.
- Ah, l'impétueuse fougue de la jeunesse, que c'est beau! S'exclama-t-il, la larme à l'oeil. Puis, se tournant vers son équipe. Écoutez-moi! J'ai à faire avec le jeune homme. En m'attendant, faites moi 200 tours du terrain! Si vous avez fini avant que je ne revienne, 400 flexions et si je ne suis toujours pas là, 500 pompes! Et avec le sourire, termina-t-il en leur montrant l'exemple, le pouce levé et l'émail étincelant sous le soleil.
Shikamaru se contenta de lever un sourcil devant une scène d'un ridicule si profond, qu'il s'empressa de ramener à son niveau habituel lorsque Gaï lui fit face.
- Alors alors, maintenant qu'il n'y a plus d'oreilles sensibles dans les parages, pourquoi veux-tu savoir où se trouve mon éternel rival, demanda-t-il, plein de sous entendus en entrainant le chûnin vers le village, une main sur son épaule.
Shikamaru se retint de justesse de lui asséner son pied sur le crâne tendis qu'il remerciait son teint mate de cacher sa soudaine rougeur. Il reposa son pied à côté de l'autre avant de répondre à son supérieur.
- Je dois vraiment partir en mission avec ce pervers et il est vraiment en retard dit-il le regard lourd de reproches, que Gaï de releva pas.
- A cette heure-ci, il est surement chez lui expliqua-t-il brièvement, consultant sa montre du regard.
Shikamaru réprima un frisson lui montant le long de l'échine. Ce mec connaissait vraiment l'emploi du temps de Kakashi?
Maito Gaï les entraina rue après rue jusqu'au centre du village, parlant sans discontinuer de choses sans intérêt aux yeux de Shikamaru, répétant fréquemment « jeunesse » et « fougue ». Il finit par s'arrêter devant un immeuble de haut standing, en face d'un épicier qui leur fit signe de la main pour les saluer. Gaï s'engouffra dans l'immeuble et grimpa jusqu'au cinquième étage, suivit d'un Shikamaru hésitant. Il se campa devant une des porte, portant des marques de coups et se mit à tambouriner avec vigueur sur le battant. Shikamaru dut se faire violence pour aller se poster aux côtés de la bruyante grenouille humaine plutôt que de s'enfuir.
- Hey! Kakashi! C'est moi, Gaï! Allons, ouvre, espèce d'ermite! Tu as peur de moi?
- Gaï, tu pourrais au moins arrêter de hurler en martyrisant ma porte une fois que je l'ai ouverte...
- ... Je n'en attendais pas moins de toi, mon rival!
- Cesse de beugler.
Kakashi se tenait sur le seuil de la porte, adossé au chambranle, regardant son rival auto-proclamé d'un air exaspéré. Quelques secondes de silence s'écoulèrent, Gaï ayant finalement compris comment se taire, avant qu'il ne remarque Shikamaru qui le fixait d'un air plutôt mécontent. Kakashi se contenta de lui sourire, ce qui eut pour seul effet visible de courber son sourcil droit.
- Yo, Shikamaru! Laisse moi deviner... je suis en retard? En fait c'est que j'ai croisé un écureuil blessé et...
Shikamaru sentit sa colère fondre devant l'attitude puérile de son supérieur. Il soupira avant de prendre la parole.
- Laissez tomber. Prêt à partir?
- Donne moi 3 minutes pour faire mon sac et arrêtes de me vouvoyer, répliqua-t-il avant de se replier dans son antre.
L'adolescent se contenta de s'adosser au mur en soupirant, levant les yeux au ciel. Gaï, qui n'en pouvait visiblement plus de se taire, explosa en hurlements et autres gesticulations sur l'attitude tellement « hip » et « cool » de son rival, comme quoi ce ne serait pas par hasard s'il l'avait choisit comme compétiteur. Shikamaru le regarda comme on observe une bête de foire s'agitant dans sa cage, attendant patiement le retour d'Hatake.
Une voix s'éleva des profondeurs insondables de l'appartement, visiblement appartenant à Kakashi.
- Shikamaru? Tu as pris un shôgi ou je prends le mien?
Surpris, Shikamaru passa la tête dans la porte.
- Non, j'en ai pas pris. Vous... tu peux prendre le tien, dit-il, se forçant à tutoyer son aîné.
Sur ces entre faits, Gaï avait cessé ses gesticulations. La grenouille humaine rejoint le chûnin sur le pas de la porte et passa la tête dans l'appartement du copy-ninja, reniflant d'un air perplexe.
- Dis Kakashi! Ça m'as pas l'air très rangé chez toi!
Tandis que ledit jûnin revenait sur ses pas pour lui expliquer de se mêler de ses oignons, Gaï sortit un tablier à dentelles roses de son gilet et le revêtit prestement sous le regard mi-consterné mi- effrayé de Shikamaru. Ainsi vêtu, et armé d'un plumeau qu'il avait sortit d'on ne sait ou, ce ninja plein de ressources entreprit de prouver à tous que la fougue écarlate de la jeunesse s'étend aussi aux tâches ménagères. Attrapant rudement son rival auto proclamé par le tablier, Kakashi le sortit de chez lui et en sortit lui aussi, son sac sur le dos, visiblement prêt à partir.
Ils se rendirent à l'auberge de leur jeune protégée ou ils furent accueillis à coups de sandales, celles de la gouvernante, apparemment remontée contre eux. Cette fois, c'est Kakashi qui en prit pour leurs deux grades, au grand soulagement de son subordonné. Néanmoins ils finirent par récupérer tant bien que mal la gosse, sa litière et ses porteurs, que Shikamaru ne pouvait décidément pas blairer. Comme ils en avaient besoin, il se retint de les assommer et se contenta de lever les yeux au ciel en soupirant. Cette mission commençait bien tiens! Pourquoi il faut toujours que ça tombe sur moi hein, demanda-t-il silencieusement aux nuages.
Kakashi semblait s'en contreficher royalement et prit la queue de leur petit convoi, lui intimant d'en prendre la tête. Shikamaru obtempéra, au moins avec Kakashi à l'arrière, il pourrait lire à l'aise en marchant sans choquer la demoiselle. Demoiselle qui d'ailleurs ne leur avait pas adressé un seul mot, il ne savait même pas à quoi elle ressemblait! Ils pouvaient aussi bien escorter une litière vide, pour ce qu'il en savait. Tant pis pour elle si elle ne voulait pas des deux beaux mâles virils et protecteurs qui l'accompagnaient, qu'elle reste cachée dans sa boite tiens! Il espérait même qu'elle finirait par souffrir de claustrophobie là dedans. Ou peut-être qu'elle est si laide qu'elle n'ose pas se montrer, pensa-t-il, perfide. Soupirant, il décida que tout cela n'était pas ses affaires. Au moins, si elle restait dans son antre, elle ne risquait pas de tomber sur Kakashi en train de lire « icha icha paradise ». Néanmoins, Shikamaru s'autorisa à jeter un regard mauvais à la litière qui avançait de son train de sénateur.
La journée était déjà bien entamée quand ils avaient pris la route, si bien qu'ils ne purent pas aller bien loin avant le coucher du soleil, surtout à la vitesse d'escargot de la litière. Cette première demi-journée s'était déroulée sans incidents notables, si ce n'est un caillou dans les chaussure d'un des porteurs, il ne savait pas lequel, ces mastodontes semblaient taillés dans le même moule. Leur protégée ne s'était toujours pas adressée à eux directement, elle n'avait pas parlé non plus. Elle se contentait d'agiter mollement une main en dehors de sa cage, que les porteurs traduisaient aux shinobis comme « j'ai soif » ou « vous me secouez trop! ».
Le soleil déclinait à l'horizon et Kakashi intima l'ordre de s'arrêter pour la nuit, que Shikamaru ne fut que trop heureux d'exécuter. Ils trouvèrent une clairière non loin de la route où dresser un camp sommaire. La princesse se contenta de rester gentiment dans sa boite tandis que les deux shinobis s'affairaient et que les porteurs étiraient leurs muscles fatigués.
Kakashi décida de faire un feu, après tout ils étaient en terre connue et sûre, il n'y avait pas encore grand danger. Se rappelant qu'il était aussi responsable du bien-être de la jeune fille en boite, il s'approcha de la litière, et en agita le rideau, en guise d'annonce. Il n'obtint pas de réponse, mais parla quand même. On ne pourrait pas dire qu'il n'avait pas essayé.
- Avez-vous besoin de quelque chose, mademoiselle? A boire, A manger?
La litière resta silencieuse, mais une main fine et blanche en sortit et s'agita, apparemment pour lui demander de partir. Loin de s'en formaliser, Kakashi, curieux, s'approcha un peu plus de la litière, décidant qu'il la ferait parler, à défaut de sortir.
- Vous pourriez au moins parler. Nous ne sommes pas vos domestiques, nous sommes là pour assurer votre protection.
- Je n'ai rien à vous dire, rétorqua-t-elle.
Sa voix était hautaine et méprisante mais néanmoins jolie. En fait, cette fille était hautaine et méprisante, pensa Kakashi, et cela commençait à lui courir sur le haricot. Malgré tout, il était curieux de savoir à quoi elle ressemblait.
- Comme vous voudrez. On a un lapin rôti et à boire, vous êtes libre de venir partager notre repas.
Pour toute réponse, un reniflement dédaigneux se fit entendre à l'intérieur de la litière. Haussant les épaules, il tourna les talons et se dirigea vers le feu. Il se contrefichait complètement du comportement de cette fille, par contre elle avait piqué sa curiosité quant à son physique. Il se promit d'arriver à voir l'apparence de cette gamine au caractère exécrable.
Soupirant, il s'assit près du feu, pas loin de Shikamaru qui se remplissait la panse de lapin rôti. Les deux shinobis mangèrent en silence, les yeux fixés dans les flammes.
- Alors, elle a dit quoi? commença le chûnin, toujours captivé par le feu.
- Rien, en fait. Apparemment, elle ne veut pas manger, encore moins avec nous. Et qu'elle a rien à nous dire. Charmant, n'est-il pas? Termina-t-il en arrachant son regard aux flammes pour le poser sur son compagnon
- Bah, c'est son problème, répondit-il sans lever les yeux.
- Mhm... J'ai pas envie de dormir tout de suite. Un shôgi?
- Ok.
Kakashi sortit le jeu de son paquetage et le posa entre leurs deux positions. C'était un jeu magnifique, aux yeux de Shikamaru, rien à voir avec le sien 100 plastique. Fait d'une plaque de verre gravé à l'acide, le plateau étincelait à la lueur des flammes. Les pions, eux aussi en verre, arboraient une gravure indiquant leur grade. Shikamaru le contempla quelques instants avec envie. On gagne combien en tant que jûnin? Se demada-t-il soudain. S'arrachant à la contemplation du jeu et à ses pensées, il saisit 5 pièces et les jeta sur le jeu.
- Tu commence, dit-il en commençant à poser des pions sur son côté du plateau.
- Fais tes prières, gamin, sourit Kakashi sous son masque.
La bataille dura longtemps, la nuit était déjà bien entamée lorsqu'ils déclarèrent la partie nulle, après avoir compté leurs points, chacun leur roi dans le camp de l'autre. Shikamaru s'étira, le dos douloureux d'être resté si longtemps voûté sur le jeu. La partie avait été disputée et extrêmement intéressante, ce qui l'avait mis de bonne humeur.
- Je prends le premier tour? Demanda-t-il à Kakashi.
- Comme tu veux.
- Alors je prends le premier tour, confirma-t-il. Je viendrai v... te réveiller, se força-t-il, ce qui fit sourire Kakashi.
Kakashi se leva et se dirigea vers son sac de couchage dans lequel il s'emmitoufla confortablement. Shikamaru, lui, fit tranquillement le tour de leur petit campement, puis s'installa contre un arbre, d'où il pouvait surveiller toute leur petite troupe. Il faudra poser des pièges autour de la litière quand nous aurons quitté le pays du feu, nota-t-il au passage. Les porteurs ronflaient bruyamment, allongés à côté de la litière. Il observa Kakashi un long moment, apparemment endormi. Il avait enlevé son éternel masque, puisqu'il trainait à côté de lui, mais le bas de son visage était tout de même invisible, caché dans le sac de couchage. Il avait aussi enlevé son bandeau et laissé toute la partie supérieure de son visage visible.
Le premier quart se passa sans incidents, Shikamaru jugea à la position de la lune qu'il était temps de réveiller son supérieur. Il s'approcha sans trop de bruit de la forme endormie, se demandant s'il ne serait pas indiscret d'aller le secouer de trop près. Il avait enlevé son masque pour dormir mais ce n'était pas pour autant qu'il voulait montrer son visage. Il était à deux pas de Kakashi quand celui-ci se tourna brusquement vers lui, les yeux grand ouverts, réglant ainsi la question de l'indiscrétion.
- Va te coucher, je prends le relais.
Bien que quelque peu surpris, Shikamaru ne protesta pas et s'installa confortablement pour dormir. Il ne tarda pas à rejoindre Morphée
Il fut réveillé en plein milieu de la nuit par un cri d'agonie qui lui vrillait les tympans. Aussitôt sur ses gardes, il s'extirpa vivement de son cocon et se dirigea lentement vers la forêt, d'où provenait le bruit qui résonnait toujours à ses oreilles. Kakashi n'était plus à son poste, contre le gros arbre en face du feu. Ils étaient attaqués, c'était presque une certitude. Peut-être était-ce le cri d'agonie de Kakashi, Shikamaru espérait plutôt que ce soit celui de son adversaire. Quoi qu'il en soit, c'était un cri humain, d'un humain en mauvais état. Il devait retrouver Kakashi, l'aider au besoin. Après un court instant de réflexion, il décida de se déplacer furtivement dans les branchages, afin de ne pas révéler sa présence à un ennemi potentiel. Il n'eut pas à aller bien loin, tout au plus à dix mètres sous le couvert des arbres, pour apercevoir deux formes humaines plongées dans l'ombre d'un grand tronc, dont l'une semblait y être adossée. Elles chuchotaient entre elles, trop bas pour qu'il ne puisse comprendre. Puis, une des formes se rapprocha de l'autre, contre l'arbre. Il y eut un mouvement dans l'ombre que Shikamaru ne put interpréter, puis un nouveau cri déchirant lui transperça les oreilles, un cri de souffrance et de désespoir qui résonna longtemps dans les méandres de son cerveau.
Le cri s'était tu, mais le jeune chûnin l'entendait encore. Il était paralysé par ce son, physiquement et mentalement, il ne pouvait rien faire d'autre que de l'écouter encore et encore, les yeux fixés sur les deux ombres au pied de l'arbre. L'une s'écarta lentement de l'autre, sortit de l'ombre de l'arbre qui la masquait. Shikamaru sortit de sa torpeur en reconnaissant Kakashi à la lueur de la lune. Il se rapprocha furtivement et observa la suite avec attention. Son supérieur avait un kunaï à la main et se rapprochait de l'autre forme. Il remarqua que la deuxième forme n'était pas adossée mais bien attachée à l'arbre. Le kunaï fila, le sang jaillit, un nouveau cri retentit. Soudain, tous les neurones de Shikamaru se remirent en activité et il comprit. Kakashi était en train de torturer ce mec. Il sentit son estomac se nouer et son coeur se soulever. Il déglutit avec effort, ne pouvant détacher son regard de cette scène écœurante, fasciné.
Le kunaï entailla à nouveau la victime, le sang gicla abondamment mais aucun cri ne vint, tout juste un gémissement épuisé. Quelques goutes de sang encore chaud retombèrent sur le visage de Kakashi, exaltant l'impression de mort et de cruauté qu'il dégageait.
- Qui t'as engagé pour la tuer? Demanda calmement le jûnin.
- Bon puisque tu y tiens. Dit-il en brandissant son kunaï.
- Je voudrais répondre que je ne pourrais pas. Répondit l'homme dans un gémissement pathétique. C'est un intermédiaire qui m'a contacté.
Kakashi ne sembla pas se satisfaire de cette réponse et entailla à nouveau l'homme, à l'épaule cette fois. Shikamaru observait, fasciné par l'horreur, incapable de bouger, pas même pour fermer les yeux.
Le jûnin recommença l'opération encore et encore, entaillant sa victime sur chaque centimètre carré de peau, le sang s'accumulant sur ses mains. N'obtenant toujours pas de réponse, il commença à sectionner des morceaux de corps: doigts, oreilles, sans plus de résultat. Chaque fois, les gémissement de l'homme se faisaient plus faibles.
Une gouttelette de sang s'écrasa au milieu du bandeau frontal du tortionnaire alors que sa victime rendait son dernier soupir. Le tout n'avait pas duré plus d'une heure. Shikamaru était toujours sur sa branche, incapable de bouger, les yeux fixés sur Kakashi. Il sursauta en l'entendant s'adresser à lui, la voix joyeuse et l'oeil droit courbé en un sourire, lui faisant signe de la main.
- Yo, Shikamaru!
Cela acheva de le dégouter et il s'enfuit, le coeur au bord des lèvres.
Il courut à l'aveuglette dans la forêt pour finalement s'arrêter sans savoir où il était, à bout de souffle. S'appuyant contre un arbre, il remit tout le contenu de son estomac. Il resta là de longues minutes, essoufflé, le coeur battant et le cerveau en ébullition. Il tremblait de peur et de rage, un goût amer en bouche.
Il finit par retourner au campement. Kakashi était à nouveau assis contre un arbre. Plus aucune tache de sang n'était visible sur son corps mais Shikamaru pouvait encore voir ses mains et son visage maculés du liquide rouge. Le jûnin ne lui adressa pas un mot. Shikamaru se força à lui parler.
- Laissez-moi les derniers quarts.
- ... Comme tu veux.
Le jûnin se leva souplement et se dirigea vers sa couche d'un pas tranquille, sans adresser un mot de plus à Shikamaru. Il savait qu'il ne pouvait rien pour atténuer la désillusion du gamin, qu'il faudrait qu'il fasse ça tout seul, entre lui et sa conscience. Ça se passerait probablement cette nuit et, demain, il serait un peu moins humain, un peu plus shinobi. Il y était passé, lui aussi, bien plus jeune que Shikamaru. N'empêche qu'il aurait bien voulu aider ce gosse.
Pendant le reste de la nuit, toute la petite troupe ronfla paisiblement. Observant Kakashi dormir sur ses deux oreilles, Shikamaru laissa couler ses larmes et avec elles sa rage, sa peur, sa frustration et ses illusions.
Blabla inintéressant du scribe:
Nom d'une cacahouette quelle galère ce chapitre! J'ai beau le retravailler dans tous les sens je n'arrive pas à me satisfaire... grrr
Et quand je me décide enfin à poster, décide que les tirets devant les dialogues ça fait pas joli... Ô auteurs expérimentés, comment faites-vous pour vous faire respecter par ce fichu programme? J'ai eu beau me creuser la tête, j'ai rien trouvé de mieux que de rajouter mes tirets à la main TT.
Sinon je vais quand même mettre un petit mot pour remercier mes 4 gentils reviewers qui m'ont fait découvrir la joie de recevoir des reviews positives
Mention spéciale à Hittosama. J'ai cru comprendre que tes critiques sont généralement corrosives et destructrices (ça c'est une réputation!), suis super fière d'avoir échappé au démontage en règle. Ne crie pas victoire trop vite, petit scarabée, ça peut encore venir... dit une petite voix dans mon cerveau.
Voilà, sur ce, à la prochaine! (probablement dans un bout de temps... blocus, quand tu nous tiens!)
