Titre: Shôgi
Scribouilleuse: Rouli
Fandom:
Naruto
Genre: Romance, aventure... Ne cherchez pas le lemon, y a pas.
Disclaimer: Malgré tout le temps qui 'est écoulé depuis le dernier chapitre, j'n'ai toujours pas réuni assez de sous pour acheter les droits à Masashi Kishimoto.
Autres notes: La fic se passe pendant les 3 ans de flottement après la désertion de Sasuke, donc il se peut qu'il y ait des spoilers. Encore que, mais on est jamais trop prudent.
Blabla inintéressant de l'auteur: Non, je ne suis toujours pas morte ! Et j'ai enfin réussi à terminer cette fic Wuhu !! Enfin, ce chapitre traînait presqe terminé sur mon DD depuis presque... trois mois. Je sais, c'est naze, mais c'est comme ça. Bref, je l'ai terminé et je vous le poste aussitôt relu, avant que je ne change d'avis. Tant pis si y reste des trucs à changer.

Commentaires et critiques constructives sont toujours les bienvenus. Les autres aussi, en fait, ça fait toujours plaisir!
Bonne lecture!


C'est le moment, songea Shikamaru, alors que l'homme de tête évitait de justesse sa première marque explosive. Il sortit de sa cachette entre les racines d'un grand arbre et s'empressa de sauter sur le dernier des hommes, l'égorgeant d'un coup par derrière, sans lui laisser une chance de survie. Il eut une pensée pour Kakashi et Gai, espéra qu'ils s'en sortaient bien, avant de déclencher une seconde explosion. Il ne s'attarda pas pour voir le corps sans vie de l'homme s'effondrer comme un pantin dont on aurait coupé les fils, sautant prestement à l'abri dans l'épais feuillage.

Le petit groupe, déjà amputé d'un membre s'était maintenant arrêté, cherchant à repérer d'où pouvait provenir l'agression. De sa cachette, le chûnin pouvait compter cinq ninjas, tous portant un bandeau frontal gravé de roches stylisées. Il soupçonnait une arrière garde, se déplaçant légèrement en retrait du groupe et chargé de les tirer de ce genre de mauvais pas. C'était la procédure habituelle, après tout. Il n'eut pas longtemps à attendre: un chuintement à peine audible vint confirmer sa thèse. Il reporta son attention sur les cinq hommes, au sol. L'un d'eux avait écopé d'une brûlure sur le flanc gauche, trop lent à esquiver. Ils s'étaient placés en formation défensive, attendant que leur assaillant prenne l'initiative, ce qui n'était pas exactement l'intention de Shikamaru.

Il se déplaça lentement dans la direction approximative du nouvel arrivant. Celui-ci ne tarda pas à se montrer, trois minutes pile poil derrière ses camarades. Elancé et frêle, il avait plus la silhouette d'un adolescent que d'un homme. Il se déplaçait dans le branchage , un peu en dessous du chûnin. Celui-ci se fit le plus discret possible, priant pour ne pas se faire repérer trop tôt. Il sentit les battements de son coeur s'accélérer, son souffle perdre de sa régularité. Enfin, l'homme entra dans son champ d'action. L'adrénaline, l'envie de combattre, coulaient dans ses veines.

Sans plus attendre, il composa les signes des mains et saisit l'ombre de son adversaire. Soudain paralysé, l'homme perdit l'équilibre et s'étala de tout son long, ses membres s'agitant de façon grotesque alors que Shikamaru se rapprochait, sautant de branche en branche. Une fois à une dizaine de mètres il lança une volée de kunai qui vinrent pour la plupart se ficher dans un gros morceau de bois. Le chûnin jura entre ses dents. Ce type était assez balèze pour opérer une technique de substitution alors qu'il était dans l'emprise de son ombre. Du coup, non seulement il ne savait pas où se trouvait l'homme d'arrière garde, mais en plus, avec tout ce raffut, les autres devaient l'avoir repéré.

Il perçut du coin de l'oeil un mouvement sur sa gauche, bondit à sa poursuite. Il n'eut pas le temps de faire deux pas, qu'un shuriken vint se ficher à deux centimètres de son pied droit. Un bref coup d'oeil en dessous lui appris que deux des shinobis le suivaient, se déplaçant au sol. Il eut un petit sourire en coin, tout en continuant sa course. En bas, les deux hommes courraient, bondissaient pour éviter les racines. Soudain, une explosion retentit, alors qu'ils passaient entre deux arbres. Sans plus se préoccuper d'eux, le chûnin sortit deux kunais ornés d'une bandelette explosive. Un nouveau mouvement, un peu sur sa droite, lui indiqua la nouvelle position de sa proie. Malaxant son chakra tout en courant, il remarqua à peine une trace de sang sur un des arbres. Toutes ses armes n'avaient donc pas fini dans le rondin. Il saisit un des deux kunai et le lança dans un arbre, quelques mètres derrière lui. Il ne se retourna pas pour contempler l'explosion qui suivit, quelques instants plus tard.

En comptant que son piège ait fonctionné, il lui restait trois hommes à abattre, deux dont il ignorait la position et un troisième qui, même blessé, cavalait apparemment plus vite que lui. Le chûnin décida de changer de technique et freina des quatre fers. Puis, il se laissa tomber au sol. De cette façon, il était plus vulnérable, mais bénéficiait aussi une vue plus dégagée. Sans qu'il sut d'où venait le coup, il sentit une lame transpercer sa chair, lui éraflant douloureusement le flanc gauche. Ignorant la douleur, il sauta prestement à l'abri d'un tronc. Il resta immobile quelques instants, alerte. Une main tenant son kunai explosif, l'autre plaquée sur sa blessure. Il eut une brève occasion d'entr'apercevoir une silhouette, dans les branches. Aussitôt, comme par réflexe, ses muscles s'activèrent et une explosion détruit la voûte des arbres sur quelques mètres, accompagnée d'un cri. Shikamaru doutât que l'homme fut mort, mais à tout le moins était-il blessé. De toute façon, l'heure n'était pas à la spéculation, aussi se désintéressa-t-il du sujet pour suivre le chemin emprunté par son arme quelques instants plus tôt. Il atterri en douceur dans le branchage, apparemment désert.

Il n'eut que quelques instants de répit, avant de sentir une présence ennemie ans son dos. L'homme lui fonçait dessus, avec l'intention claire de l'attaquer au corps à corps. Le chûnin n'eut que le temps d'éviter la première attaque. Il roula sur le côté, grognant lorsque son flanc frotta contre l'écorce. Il se releva rapidement, pour parer un second coup de l'homme. Il recula de quelques centimètres sous l'impact. Le combat rapproché n'avait jamais été son fort, lui qui privilégiait les moyennes distances. De plus, l'homme ne lui laissait aucune occasion de lancer une technique. Il bondit une nouvelle fois de côté et aperçu l'éclat métallique d'une lame, que l'homme était en train de dégainer. Profitant de ce bref ralentissement, le chûnin projeta son ombre, qui captura celle de son adversaire. Juste à temps, le corps massif s'immobilisa, alors que le tranchant du kunai s'enfonçait dans la narine gauche du chûnin. Précautionneusement, Shikamaru éloigna son visage de l'arme, tandis que son ombre remontait inexorablement vers la gorge de son adversaire. Il détourna les yeux, juste avant d'entendre le craquement sinistre qui accompagnait la mort de son adversaire. Le corps s'effondra mollement glissa de la branche et vint s'écraser au sol, la nuque brisée.

Plus que deux. A peine eut-il cette pensée qu'il sentit un coup violent s'abattre sur l'arrière de son crâne. Du sang se mit à couler sur son visage, lui brouillant la vue. Une douleur sourde irradiait du point d'impact, s'obstinant à le déconcentrer alors qu'il cherchait son adversaire, tous les sens en alerte.

O-o-O-o-O

Les deux hommes avançaient en silence, chacun perdu dans ses pensées. Maito Gai légèrement en avant, portant Kimiko, devait se retenir pour ne pas se retourner vers son coéquipier. Bien qu'il sut que ça ne serait pas une bonne chose que de le lui montrer, il s'inquiétait pour Kakashi. Il le connaissait depuis de nombreuses années et laisser un coéquipier en arrière n'était pour ainsi dire pas dans ses habitudes. Presque une journée qu'ils était partis, maintenant. Shikamaru avait exposé son idée: rester en arrière afin de ralentir l'ennemi, pour leur permettre, à eux deux de mener à bien la mission. Après tout, avait-il dit, la technique de manipulation des ombres était prévue pour ce genre de cas.

Bien entendu, Kakashi avait catégoriquement refusé. Même au temps de l'ANBU, il n'avait jamais eu recours à ce genre de moyens, Gai le savait. Shikamaru avait longtemps discuté avec Kakashi, loin des oreilles du fauve de jade de Konoha, puis il était parti en arrière tandis qu'eux deux continuaient leur route. Depuis, le jônin était resté silencieux, se contentant de bref signes pour communiquer avec son coéquipier. La jeune fille, elle aussi, restait muette, voire inerte, ce qui contrastait avec la peste des premiers jours. Gai se rappelait de temps en temps de lui proposer à boire ou à manger. Bien qu'eux, shinobis entraînés, puissent se passer de nourriture sans problème pendant quelques jours, il n'en allait pas de même pour le commun des mortels.

La forêt dense particulière au pays du feu avait rapidement fait place à de grandes étendues d'herbes hautes, ondulant sous le vent frais, conférant au paysage un aspect huileux. Le ciel gardait obstinément une couleur grise, plus déprimant que menaçant. A l'horizon, se dressaient les montagnes d'Iwa, le pays de la Terre. Tous trois pouvaient sentir le changement de climat, progressivement plus sec et frais, que celui, presque tropical, du pays du feu. De temps à autres, ils passaient à côté d'un arbre rabougri qui rompait la monotonie du paysage.

Ils atteignirent les premiers contreforts en début d'après midi, alors que la végétation se raréfiait, et passèrent un premier col en début de soirée. De l'autre côté, s'étendait une vallée étonnement verte, alimentée par une impétueuse rivière. Au fond de la cuvette, se trouvait la ville: Idashô, déjà plongée dans l'ombre de la montagne. Les lumières commençaient à s'allumer, en ville, engloutissant d'un coup plusieurs centaines de gigawatts. L'alimentation électrique de la ville était en bonne partie assurée par un barrage hydroélectrique situé en amont. Ce point stratégique était en permanence gardé, le village caché de la roche y possédait ce que l'on pourrait presque qualifier d'avant poste.

Les deux jônins et leur fardeau atterrirent discrètement, hors de vue de la cité, sur une route, assez large pour les standarts du pays mais bien mince par rapport à ce qui se trouvait au pays du feu. C'était néanmoins ce qui tenait lieu de route principale, déserte à cette heure-ci. La jeune fille put enfin retrouver l'usage de ses jambes, ce qu'elle fit avec plaisir, et les trois silhouettes se mirent en marche vers la ville. Ils franchirent les portes aux alentours de minuit.

O-o-O-o-O

Kakashi s'arrêta à deux mètres de la stèle, la tête de basse, les mains dans les poches. Le gosse était toujours aux bons soins de Shizune, Tsunade étant trop prise pour s'en occuper vingt-quatre heures sur vingt quatre, même si son état l'exigeait. Ils avaient évité une guerre, certes, mais à quel prix ? Lui-même se retrouvait en piteux état, Gai était au repos pour deux semaines, tandis que le gosse était entre la vie et la mort.

Le jônin repensa à leur partie de shôgi, à peine quelques jours plus tôt, dans les bâtiments administratifs. Lui-même était venu rendre un rapport torchonné à la hâte, tandis que le gamin manquait de mourir d'ennui. Contrairement à cette fois-ci, où il mourrait tout court, ajouta-t-il mentalement. Cette fois-là, tout s'était fini sur un match nul.

Le soleil était à peine levé, éclairant doucement la pierre noire qui semblait lui parler. Une brise fraîche le fit frissonner, bien qu'il ne fit pas vraiment froid, ajita quelques mèches dans sa nuque. Traînant les pieds, il avança encore de deux pas, pour se retrouevr tout près du monument. Tendant la main, il vint caresser le nom gravé dans la pierre. Ce geste, il l'avait répété tant de fois, peut-être le granit était-il plus usé à cet endroit, à force. Uchiha Obito, devina-t-il sous ses doigts. Il laissa tomber mollement sa main le long de son tronc.

« Je suis qu'un abruti, lâcha-t-il finalement dans un murmure. Malgré ta mort, j'ai vraiment rien appris. »

Il avança d'un pas vers le monument, les épaules basses.

« J'ai eu tort, hein ? Obito... continua-t-il d'une voix à peine audible. »

Alors qu'il parlait, son poing droit se referma violemment de rage.

« T'aurais fait quoi, toi ? demanda-t-il en un soupir plaintif. »

Un long silence s'installa, rompu par la respiration lourde de l'homme.

Le jônin savait qu'il n'aurait pas de réponse, aussi certain que dès qu'il retournerait au village, Gai surgirait de nulle part pour lui débiter des âneries. Aussi certain que ces âneries débitées par l'homme en vert lui remonteraient quelque peu le moral, aussi étrange que cela puisse paraître. Le bruissement qu'il entendit en provenance de l'autre côté de la pierre lui incita la prudence. A une heure pareille, personne ne devrait être dans les environs. Instinctivement, sa main se porta à l'étui qu'il portait fixé à la cuisse droite, vérifiant du bout des doigts que l'arme s'y trouvait toujours. Instantanément, toutes les pensées ce concernant pas l'instant présent s'envolèrent hors de son esprit, le laissant clair et dispos pour participer à la bataille.

Souplement, il se redressa, plus aucune trace des épaules voûtées qu'il arborait moins d'une minute auparavant. Silencieux, il contourna la stèle, prêt à bondir au moindre mouvement suspect. Il put tout d'abord apercevoir deux pieds, munis de sandales, puis deux jambes allongées dans l'herbe. Légèrement détendu, le jônin continua son chemin, mais s'arrêta net en reconnaissant son équipier d'antan, tranquillement adossé à la stèle. L'adolescent, un bandeau masquant son oeil gauche, et pour une fois ne portant pas son masque, lui adressa un sourire, avant de disparaître lentement. Le jônin resta immobile quelques instants, retenant son souffle. Toutes les pensées qui s'étaient si vite envolées quelques instants plus tôt revenaient maintenant s'écraser avec violence dans son esprit, l'embrumant plus que de raison. Presqu'une minute s'écoula avant que le jônin ne se décide à s'en aller, disparaissant dans un petit nuage de fumée.

O-o-O-o-O

Les rayons du soleil levant vinrent chatouiller les paupières de Shikamaru, le tirant impitoyablement hors du sommeil. Ouvrant péniblement les yeux, le jeune homme fut d'abord ébloui par le soleil. Plissant les yeux, il parvint à distinguer la cime des arbres, à quelques dizaines de mètres, à travers le fenêtre. Il voulut tourner la tête pour échapper aux rayons agressifs mais une douleur sourde dans le bas de la nuque l'en dissuada. Il cligna plusieurs fois les yeux, tentant de remettre de l'ordre dans son cerveau embrouillé. A nouveau, il voulut tourner la tête mais, cette fois, s'entêta malgré la douleur. Il ferma l'oeil droit, encore exposé. A sa droite, au premier plan, les draps blancs à peine défaits puis, dehors, à travers la fenêtre, de grands arbres. N'ayant qu'un oeil oeil ouvert l'adolescent n'aurait su évaluer leur distance et, de toute façon, il s'en contrefoutait. Une désagréable odeur de désinfectant vint lui chatouiller les narines, qu'il fronça par réflexe. Il était donc à l'hôpital.

Il ferma son deuxième oeil, bien décidé à se rendormir malgré le soleil. S'il avait eu plus d'énergie il aurait étalé son bras sur ses yeux mais il doutait que ce soit une bonne idée, dans le cas présent. De nombreuses questions prenaient forme dans son esprit mais en attendant d'avoir quelqu'un à qui les poser, il décida de les ranger au placard et se rendormit.

Vers midi, après quatre visites d'infirmières, le jeune homme se sentait déjà un peu moins mal. Il n'avait pas beaucoup plus d'informations que précédemment: blessure grave, retrouvé plus mort que vif, il ne pourrait sans doute pas marcher pour plusieurs semaines. Mais il ne savait toujours rien sur le sort de ses compagnons, ou la réussite de la mission. Il se sentait bien réveillé et commençait à tourner en rond dans ses raisonnements lorsque la porte s'ouvrit énergiquement, laissant apparaître un Gai radieux, portant un énorme bouquet de fleurs bigarrées. L'homme semblait avoir du mal à se déplacer, mais ce n'était probablement rien en comparaison de l'état de décrépitude de Shikamaru. Il adressa un grand sourire au blessé, déposa le bouquet surchargé sur la table de chevet puis vint s'asseoir au bord du lit, semblant, pour une fois, chercher ses mots.

« Alors, comment se sent le rescapé ? Finit-il par demander, sans la moindre once d'originalité.

- On fait aller, répondit le jeune homme, de la même voix faiblarde qu'il s'était découverte le matin-même, en tentant de s'opposer aux intrusions infirmières.

- Ils t'ont pas loupé, commenta-t-il. Shizune-san a passé plusieurs jours à s'occuper de toi, tout comme la petite Sakura, et même parfois Tsunade-sama.

- Combien ? demanda-t-il dans un coassement surpris.

- On t'a ramené il y a cinq jours.

- On ? demanda-t-il à nouveau, notant dans un coin de son cerveau que le fauve de jade de Konoha réussissait à enchaîner plusieurs répliques cohérentes sans partir dans un de ses délires lyriques.

- Kakashi et moi, répondit le jônin, en se passant nerveusement une main dans les cheveux. »

Le silence s'installa entre les deux shinobis, laissant entendre le chant de quelques oiseaux au dehors.

« Et Kimiko, finit par demander le chûnin, d'une petite voix.

- Saine, sauve, et mariée ! s'exclama le jônin, forçant son enthousiasme.

- Ah... fit-il, sentant le soulagement l'envahir. Au moins ils n'avaient pas fait tout ça pour rien.

- D'ailleurs, son futur époux ne semble pas très enviable ! Lors de leur premier baiser, cet empoté a réussi à lui taper la tête dans le mur ! »

Le chûnin ne répondit rien, se contentant d'un léger sourire, peu disposé à compatir au malheur de la jeune fille.

« Et vous, Maito ? Finit-il par demander, poliment.

- Moi ? Tenace comme une mauvaise herbe, on ne m'aura pas si facilement ! S'exclama-t-il avant de partir dans un grand éclat de rire. »

le chûnin se surprit à sourire, observant l'homme riant à ses côtés. Une façon comme une autre de voir les choses.

« Et Kakashi ? Osa-t-il finalement demander. Le jônin le fixa quelques secondes, le rendant légèrement mal à l'aise, avant de porter son regard par la fenêtre.

- Aux dernières nouvelles, datant d'hier, il a toujours ses deux bras et deux jambes et s'en sert sans trop de problèmes. Je ne l'ai pas encore vu aujourd'hui mais, trouver Kakashi avant midi, c'est rare. »

Le chûnin souffla sur une de ses mèches qui s'était échappée et venait se balader devant ses yeux. La question lui brûlait les lèvres mais il s'efforçait de garder le silence, jugeant plus sage de laisser parler le fauve de jade de Konoha.

« Si tu veux savoir pourquoi, va le lui demander toi-même. Repri-t-il en réponse à la question muette de l'adolescent. Comme pour Obito, ajouta-t-il après un instant de silence. »

Le chûnin s'abstint de tout commentaire, s'efforçant de ne pas regarder ce Gai si austère. Les secondes s'égrenèrent lentement, avant que le jônin, ne se lève pesamment, faisant bouger tout le lit, pour le grand inconfort de Shikamaru qui se retint de grimacer. Une main calleuse vint ébouriffer les cheveux du chûnin, avant que l'homme ne retrouve sa bonhomie coutumière et ne s'en aille avec moult fioritures.

A peine Gai eut-il refermé la porte que celle-ci se rouvrit violemment, au point de faire un coup dans le mur, pour laisser entrer la mère du blessé, qui se précipita vers son fils pour le serrer dans ses bras à l'en étouffer. Ses yeux rouges soulignés de profondes cernes témoignaient de son inquiétude. Du coin de l'oeil, Shikamaru put voir son père entrer dans la pièce et refermer calmement la porte.

« Oh ! Mon bébé ! s'exclama la femme, en déserrant son étreinte sur le jeune homme pour le regarder sous toutes les coutures.

- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Tu manges bien ? Tu dors assez ? »

L'avalanche de questions engloutit Shikamaru, qui n'eut pas le temps de répondre qu'il venait à peine de se réveiller et n'avait pas mangé, avant de se retrouver à nouveau étranglé dans les bras maternels, sous le regard impassible de son père. Malgré l'inconfort, il se sentit soudain heureux de la présence de ses parents.

La semaine s'écoula paisiblement pour le jeune homme, entre les six visites d'infirmières par jour plus celles de sa famille. Il ne restait pas longtemps seul, la journée, et survivait à la nourriture de l'hôpital grâce aux petits plats de sa mère. Néanmoins, les heures de visites étaient restreintes,même si sa mère ne se gênait pas pour les enfreindre au moins une fois sur deux et les soirées étaient plus paisibles, lui laissant plus de temps pour penser et, donc, s'inquiéter.

Il arrivait maintenant à gigoter à son aise dans son lit, au moins de quoi allumer la lumière, attraper un livre ou un paquet de biscuits, ce qui était fort pratique pour occuper ses soirées, a tout le moins plus pratique que d'appeler une infirmière à tout bout de champ.

Ce fut dans un de ces moments, vêtu en tout et pour tout d'un caleçon, vaguement recouvert d'un drap dans la chaleur de cette nuit d'août, qu'il aperçut, par la fenêtre, la tignasse grise caractéristique de Kakashi. Il sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine, alors que l'homme lui faisait un petit signe de la main. La lumière allumée à l'intérieur l'empêchait de distinguer clairement les traits de l'homme, et il regretta de ne pas pouvoir se lever. Semblant comprendre la situation, le jônin lui fit signe d'attendre, avant de disparaître. Shikamaru se réinstalla dans les oreillers et tenta de reprendre sa lecture, sans grand succès. Il finit par abandonner, ferma le livre et le posa sur la petite table à roulette, à porté de bras et se laissa glisser dans une douce somnolence, les yeux grand ouverts, fixés sur le plafond.

Il n'aurait su dire combien de temps il resta ainsi, peut-être quelques secondes, peut-être quelques heures. Toujours est-il qu'il fut surpris lorsque la porte s'ouvrit, pour aussitôt se rappeler qu'il attendait Kakashi. Il ne bouge pourtant pas, feignant l'indifférence en attendant de voir ce que l'autre lui voulait. Ses yeux toujours mi-clos ne quittaient pourtant pas le jônin. Celui-ci s'approcha nonchalamment du lit, et vint se planter devant Shikamaru.

"Content de voir que tu vas bien, finit-il par dire, après un long silence. Ses cheveux étaient en bataille, comme d'habitude, et un accroc ornait la cuisse gauche de son pantalon. Pas de répit, songea Shikamaru, amer. Le côté positif de choses, c'est que si Kakashi était jugé apte au service, c'est qu'il devait aller relativement bien.

- Merci de m'avoir ramassé, répondit le chûnin en se redressant. Il libérait ainsi le pied du lit sur lequel Kakashi s'assit, les épaules basses.

- De rien, lâcha l'autre, comme s'il s'était agit de lui passer le sel. Quelques secondes s'écoulèrent avait qu'il ne reprenne. Je n'aime pas laisser des membres de mon équipe se vider de leur sang en pleine forêt. Même s'ils se sont portés volontaires pour ça en parfait connaissance de cause, ajouta-t-il avec un sourire qui, bien que caché par le masque, sonnait faux."

La conversation qu'il avait surprise entre Kakashi et ses remords, une semaine auparavant, lui revint en mémoire. Kakashi se sentait responsable de la mort d'un de ses coéquipiers, c'était à peu près tout ce qu'il savait. des années après, il se torturait encore avec cette histoire. Il avait envie de questionner l'homme à ce propos mais il savait que ce n'était pas le bon moment. Le serait-ce jamais ?

Shikamaru soupira, se passant lentement une main dans les cheveux. Il n'aimait vraiment pas le silence qui s'installait entre eux. il aurait ailé parler un peu plus avec Kakashi, mais ce n'était pas son genre de parler de tout et n'importe quoi. Même s'il fréquentait Ino depuis un sérieux moment.

"Je suis content que tu sois venu me voir, finit-il par dire avec un petit sourire, guettant la réaction du jounin. Celui-ci tourna son regard encre vers Shikamaru, son seul oeil visible laissant percevoir une trace de sourire.

- J'nai pas eu le temps de venir plus tôt. Il ne savait pas pourquoi, mais Shikamaru savait que Kakashi mentait. C'est grâce à toi que la mission a réussi, ajouta-t-il, tournant à nouveau la tête vers la fenêtre, les yeux perdus dans le reflet flou de la chambre. Je t'ai recommandé pour le grade de jônin."

Shikamaru en eut le souffle coupé. Lui, jônin ? Avant Neji ? Impossible! Les personnes ayant atteint ce grade avant l'âge de quinze ans se comptaient sur les doigts des deux mains. Ce devait être une blague. D'ailleurs, à la réflexion, l'une d'entre elles se trouvait en face de lui. Il se renfonça un peu plus dans les oreillers, passant à nouveau la main dans ses cheveux.

"Je n'ai pas le niveau, affirma-t-il. Et c'était vrai, il était loin du niveau de kakashi ou même d'Asuma. Même si son intelligence l'avantageait, elle n'était tout de même pas suffisante pour combler la différence de force et d'expérience.

- Je savais qu'il faudrait te convaincre, soupira Kakashi.

- Je ne suis pas sur de vouloir devenir jônin, repris Shikamaru, avait que l'homme ne continue.

- C'est faux. Tu es sur de ne pas vouloir le devenir, trancha-t-il.

- Pas maintenant, admit lentement le jeune homme. Je ne veux pas de cette responsabilité. Je ne voulais déjà pas devenir chûnin, mais ça a fait tellement plaisir à ma mère...

- Ta mère n'a rien à voir là dedans.

- C'est vrai. Je n'aime pas les responsabilités! J'ai déjà assez de mal à me gérer moi-même, merci! s'emporta-t-il, surpris de s'entendre élever le ton tout en rejoignant une position assise.

- Oublie-ça, ajouta-t-il en se rallongeant. J'ai peut-être permis la réussite de la mission, mais si e suis encore en vie, ce n'est pas grâce à moi, continua-t-il plus calmement. Je n'ai pas envie de devenir jônin, et e ne le mérite pas non plus, affirma-t-il, dévisageant Kakashi d'un petit air de défi. celui-ci soupira avant de répondre.

- C'est trop tard, de toute façon. C'est le conseil qui décide, et je leur ai déjà dit que je te recommandais."

Il tendit la main vers la tignasse brune de l'adolescent, qui détourna la tête, et lui ébouriffa gentiment les cheveux."Tout le monde doit grandir, je suppose, dit-il, la main toujours au sommet du crâne de Shikamaru"

C'est le moment que choisit le chûnin pour éteindre la petite lampe de chevet, en fait plutôt un néon maladif placé au sommet de son lit. La scène n'était plus éclairée que par les témoins de veille des appareils.

"Kakashi ? souffla-t-il, attrapant le jônin par le poignet et posant sa main sur les couvertures."

Pour toute réponse, l'homme se leva et s'approcha de lui. Il ne broncha pas lorsque Shirkamaru passa un bras autour de ses épaules et l'attira vers lui. Il se débrouilla tout de même pour ne pas écraser le corps de l'adolescent. Bien que dopé aux analgésiques, il avait tout de même plusieurs côtes fracturées. Il attendit ainsi dans le noir, observant l'adolescent à quelques centimètres de lui, attendant la suite. La situation l'amusait beaucoup, et il voulait en profiter un maximum. Si le petit Nara en voulait à son corps, il faudrait qu'il l'assume; pas question pour lui d'aller le chercher. Il entendit un soupir excédé et sentit le souffle chaud contre son cou, juste avant que l'adolescent ne se décide à poser délicatement ses lèvres contre les siennes, mettant par là fin au jeu. Juste alors qu'il s'apprêtait à approfondir leur baiser, il sentit Shikamaru le repousser. Il obtempéra, attendant la suite avec curiosité. Des remords de dernière minute ?

"Maintenant, ta recommandation auprès du conseil ne vaut plus rien, murmura-t-il sensuelement. Tu n'es pas objectif, et ils le sauront, sourit-il en indiquant le dehors d'un petit mouvement de la main. Etonné, Kakashi tourna la tête dans la direction indiquée. Ca, c'était effectivement un revirement de situation. Par la fenêtre, il put voir une silhouette féminine bondir dans le branchage.

- Ca veut dire que tu ne veux plus de moi ? interrogea le jônin, ne laissant pas paraître son intérêt pour cette histoire. Le gamin l'avait bien eu, mais il refusait de lui laisser la satisfaction de l'avoir contrarié."

pour toute réponse, une main se posa sur sa nuque, alors que Shikamaru l'embrassait à nouveau, plus profondément cette fois.

Ils ne firent pas l'amour cette nuit-là, même si ce n'était pas l'envie qui manquait, la douleur d'une côté cassée était un excellent moyen de calmer l'excitation. Mais d'autres nuits suivirent, souvent moins chastes.


Wééééé! Fini!

ç'aura été difficile mais j'ai vaincu! Merci à tous ceux qui sont parvenus jusqu'ici!

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