Traitors

Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient entièrement à Dame J.K Rowling et je n'en fais qu'un emprunt temporaire. Le reste est issu de mon imagination et de la Grande Histoire.

Le petit mot de Berry : Un premier chapitre un peu léger mais la suite sera plus étoffée. Il s'agit principalement de poser le cadre ce qui explique le peu d'action mais pas d'inquiétude, elle arrive ;) Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me laisser une review, votre enthousiasme est contagieux et j'ai pas mal écrit en peu de temps ! Merci aussi aux lecteurs fantômes qui prennent tout de même le temps de lire mon histoire et qui semblent s'y intéresser assez pour l'ajouter en follow :) On se retrouve en bas pour une note assez importante concernant l'histoire dans sa globalité. Sur ce, bonne lecture à tous !

Première partie : Les Brumes du Monde

Chapitre I

Eté 1944

Il était à peine six heures du matin lorsqu'Hermione se glissa entre les draps du lit de son amant pour trotter vers la salle de bain. Un rapide état des lieux lui permit de constater qu'encore une fois la nuit avait été plus bénéfique en fatigue qu'en repos. Se remémorant l'extase passée, elle arbora quelques instants un sourire béat mais se repris bien vite. Il ne fallait pas tarder, la gouvernante allait bientôt venir ouvrir les rideaux et il ne fallait surtout pas qu'elle la trouve ici. Après une rapide toilette, Hermione remis en place les couvertures désordonnées et effaça toute trace de son passage dans la suite luxueuse du Manoir Malefoy. Après un léger baiser sur le nez de son amant encore assoupi, elle ouvrit la fenêtre et, s'accrochant à la vigne recouvrant le mur, glissa quelques deux étages plus bas avec une agilité que confessait la force de l'habitude. Jetant un coup d'œil alentours (1), elle s'élança à travers le jardin à l'anglaise du manoir et passa par-dessus le muret du fond, typique des propriétés britanniques. Relevant ses jupes, elle se mit à courir à travers champs, escaladant les clôtures et parfois même les arbres, et atteignit finalement les abords de la ferme familiale.

Tous étaient encore endormis et elle en profita pour entrer sans bruit dans la cuisine, se faire un thé et grignoter quelques fruits. Rassasiée, elle entreprit ensuite de s'occuper des animaux, qui eux ne dormaient plus depuis longtemps. Le soleil se levait dans la campagne du Wiltshire (2), bien loin des horreurs de la guerre à Londres. Hermione y avait laissé ses deux meilleurs amis, Ron et Harry, qui avaient voulu s'engager dans l'armée dès leurs 18 ans, en 1942. Laissant ses pensées vagabonder vers cette horrible guerre, elle se prit à songer à la possible mort de ses amis. Pas un jour ne s'écoulait sans qu'elle ne pense à eux elle avait reçu des lettres assez régulièrement jusque six mois plus tôt, depuis plus rien. Mais elle avait foi, la guerre touchait à sa fin, tous le sentait, et ses amis étaient de bons soldats, plusieurs fois décorés pour leur bravoure. De toute façon il fallait qu'ils reviennent, elle n'était rien sans eux. Ils la poussaient à étudier, l'encourageaient dans sa volonté d'écrire, ce que ses parents réprouvaient fortement.

Les Granger voulaient faire de leur fille une brillante musicienne qui améliorerait leur situation économique et sociale. Ils étaient fermiers oui, mais cultivés, et s'ils étaient heureux qu'Hermione éprouve un intérêt pour la littérature et la politique, ils ne souhaitaient pas que leur unique fille devienne une de ces « grosses têtes » à lunettes qui finissent secrétaire chez un grand patron. Non, les Granger avaient de l'ambition et ils voulaient la meilleure vie pour eux et leur enfant Hermione était jeune, belle, avait de la conversation et jouait admirablement bien du violon. Il avait donc été décidé très tôt qu'elle deviendrait une musicienne de talent, si possible célèbre dans toute l'Europe, courant les salons et peut-être même les cours royales. Seulement, les Granger n'avaient pas prévu qu'il y aurait une autre guerre et cela les avait obligé à reconsidérer tous leurs plans. Leur fils aîné, Andrew, avait été appelé, mettant en péril la succession du domaine de plus, Andrew, s'il était fier et fourbe, était un jeune homme de constitution délicate, plus porté sur l'art de la manipulation que sur celui de la guerre et Mrs Granger craignait chaque matin qu'on ne lui apporte un télégramme annonçant la mort de son fils chéri. Les projets concernant Hermione avaient été mis entre parenthèses mais rien n'empêchait Mrs Granger de harceler sa fille pour qu'elle travaille son violon au moins deux heures chaque jour. L'objectif avait été revu : il s'agissait maintenant de marier Hermione à un respectable et fortuné bourgeois, de préférence jeune mais, le plus important, qui avait ses entrées dans les milieux chics et mondains de la capitale.

Mais personne n'avait demandé son avis à Hermione. Elle était la fille, elle faisait ce qu'on lui disait et puis c'est tout. Imaginez un peu l'état des Granger s'ils avaient appris que leur unique fille entretenait, et ce depuis plusieurs mois, une liaison avec Drago Malefoy, fils du plus détesté des Anglais.

Quelques heures après le départ de sa belle, Drago, allongé paresseusement dans son grand lit, procédait à sa propre introspection.

Tout petit déjà, il avait compris qu'il n'était pas comme les autres. Il était mieux habillé, parlait comme un adulte à sept ans à peine et avait pleinement conscience de son statut social. Son père le lui avait expliqué :

« Un Malefoy ne se mélange jamais aux autres. Tu comprends Drago ? Tu as droit au meilleur et tu l'obtiendras. Je ne veux pas t'entendre pleurer ou gémir auprès de ta mère, un Malefoy ne gémit pas, il prend. Ne te roule pas dans la terre comme ces fermiers dans les villages qui nous appartiennent, tu vaux mille fois plus que ça mon fils. »

C'était quelque chose de relativement facile à suivre pour Drago qui avait tout pour lui : riche, cultivé et puissant, il dégageait de plus un charme évident avec ses yeux anthracite, ses cheveux blonds presque blancs et sa démarche féline. Sous un masque d'arrogance le jeune Malefoy était pourtant un garçon aimable et attentif avec ses proches. Il aimait profondément sa mère qui était aimante et essayait de le préserver de l'attitude belliqueuse de son mari. Narcissa Malefoy était fier d'avoir pour fils un homme aussi séduisant et érudit. En effet, Drago était féru d'art, de littérature et de peinture, voyageant à travers toute l'Europe, en particulier en Italie où il avait parcouru Rome, Florence et Venise en long et en large.

Cependant, une ombre venait régulièrement obscurcir le quotidien du jeune homme et cette pensée lui fit froncer les sourcils : son père avait, au cours d'un voyage, rencontré en Allemagne des extrémistes autrichiens qui avaient des idéaux bien loin de ceux de l'actuelle société. Lucius Malefoy avait été intrigué puis hautement intéressé par les idées de ce petit groupe et de leur leader, Tom Jedusor. Celui-ci était un homme charismatique, imbu de lui-même et doté d'un ego surdimensionnée. Drago le méprisait secrètement mais en la présence de son père il était obligé d'acquiescer aux commentaires concernant la Purge. La Purge c'était le grand projet de Jedusor, un grand nettoyage des personnes qu'il appelait « nuisibles ». C'était, en gros, les métèques, les handicapés, les homosexuels et surtout les juifs. Les juifs étaient « le vrai problème », l'ennemi public numéro un. Pourquoi ? Drago n'en était même pas sûr. Il avait entendu des rumeurs selon lesquelles la famille de Jedusor, qui l'avait abandonné en très bas âge, était juive et qu'il leur vouait une haine sans limites depuis. Ainsi, l'objectif de Tom c'était d'instaurer un nouvel ordre mondial avec lui-même à sa tête et d'éliminer par n'importe quel moyen ces gens, afin que la planète soit « purifiée ». Drago n'adhérait pas vraiment à toutes ces idées car pour lui la différence entre les hommes se faisait au niveau de l'instruction, ainsi, il était reconnu que les handicapés mentaux étaient souvent des gens avec une intelligence bien plus développée que la moyenne.

Mais malheureusement pour son fils, Lord Malefoy s'était illustré auprès du leader extrémiste et c'est l'une des nombreuses demeures Malefoy qui avait été prise pour QG par les membres de la garde rapproché de Jedusor. On les appelait les MM (3), un acronyme qui n'avait pas de signification officielle mais qui passait pour être le raccourci de Mange-la-Mort, abrégé par la populace en « Mangemort ». Ils se distinguaient par leurs longues capes noires qui semblaient sortir d'un autre temps, marquées d'un serpent vert, l'emblème de leur leader. Les Mangemorts, du temps de l'enfance de Drago, se faisaient discrets en Europe et se cachaient dans des auberges mal famées, loin des populations cependant, depuis la nomination de Jedusor, en 1933, ils étaient sur le devant de la scène politique. A mi-chemin entre des disciples fanatiques et des hommes assoiffés de violence, ils constituaient la garde rapprochée de l'actuel chef d'état allemand et étaient réputés pour être impitoyables. Et c'était parmi eux qu'en 1930, six ans après la naissance de son fils, que Lucius Malefoy s'était engagé. Il était le seul anglais de ce petit groupe d'élus.

Lucius avait rencontré Tom lors d'une réception en 1928 dans une immense et luxueuse maison des environs de Potsdam. Le lord anglais, bien malhabile avec la langue germanique, s'était vu sauvé par ce jeune éphèbe au sourire avenant qui avait surgi au détour d'un dialogue de sourds entre l'anglais et un industriel allemand. Il maniait avec distinction la langue de Shakespeare et était doté d'une noblesse naturelle qui forçait l'admiration. Lucius avait été conquis et une relation épistolaire entre les deux hommes s'était peu à peu instaurée régulièrement l'un des deux traversait la Manche pour rendre visite à son comparse mais, comme Drago l'avait compris bien plus tard, l'un était clandestin et ce n'était certainement pas son père. Tom Jedusor avait acquis outre-Manche une importante notoriété depuis quelques années : fils d'un couple d'autrichiens, on ne connaissait rien de sa famille mais il était de notoriété publique que c'était un pan tabou de la vie du jeune homme. Il se posait en révolutionnaire, sauveur de l'Allemagne et nouvelle figure de l'extrême droite allemande. C'était un idéaliste, un artiste maudit qui n'avait jamais su trouver sa place en ce monde autrement que pour engendrer la souffrance. Il avait su capter l'attention des foules et, au cours des dernières années, il était passé du statut d'extrémiste anecdotique à celui de personnage politique majeur en Allemagne, terre où il avait choisi de s'établir. Les conservateurs du pays, encore frustrés de la défaite de 1918, ne demandaient qu'un retour à la gloire passée et aux valeurs traditionnelles tout cela et bien plus encore leur était promis par Jedusor. Il était arrivé bien opportunément ce séducteur. Alors que l'Allemagne subissait de plus en plus les conséquences de la crise économique de 1929, il proposait des compromis, des alternatives qu'il disait convenir à chacun. Tom Jedusor ne séduisait pas seulement les partisans de la « vieille Allemagne » mais également toute la classe moyenne, terrifiée à l'idée de perdre ses économies, les femmes, charmées par ce beau parleur, et bon nombre d'étudiants qui mettaient leur désir de changements et de révolte contre la politique monarchiste du président Fudge (4) entre les mains d'un original. C'est ainsi qu'en 1933, au terme de longs mois d'intrigues, Tom Jedusor avait finalement été nommé Chancelier de la République de Grindelwald (5). La machine infernale était en marche sur le monde occidental et elle ne s'arrêterait pas avant un bon moment.

..

Les petites notes du chapitre :

(1): Pour ceux (s'il y en a) qui se le demanderaient, ceci n'est pas une erreur de frappe. On écrit bien « L'alentour » ou bien « Alentours / les alentours ».

(2): Le Wiki HP indique bien que l'emplacement du Manoir Malefoy est dans le Wiltshire, Angleterre.

(3): Vous reconnaîtrez aisément le pastiche des SS de Hitler.

(4): J'ai ici choisi d'ignorer l'évidente sonorité anglophone du nom de Fudge. Il est le pendant du président Hindenburg (voir ma note plus bas).

(5): Je n'ai malheureusement pas réussi à trouver un équivalent à la République de Weimar dans le monde d'Harry Potter plus proche de celui-ci (voir ma note plus bas).

Note concernant le cadre historique de la fiction :

Vous l'avez bien compris, cette fiction se tient, pour une part importante, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. J'ai donc essayé, du mieux que j'ai pu, de transposer les tenants et les aboutissants de celle-ci à l'univers HP mais je n'ai pas toujours réussi à être pleinement satisfaite de mes trouvailles, c'est pourquoi je vous invite à me faire partager vos idées s'il en vient.

Ici vous l'aurez compris, Tom Jedusor est Hitler, Fudge est Hinderburg et ainsi de suite. Cependant n'essayez pas d'associer Hermione ou ses amis à des personnages historiques réels : cela n'a pas lieu d'être et si jamais vous suspectez une ressemblance avec une personne ayant réellement existé cela est une pure coïcidence sauf mention contraire.

De plus, je souhaite être claire dès le départ : ceci est une fanfiction, écrite par une jeune adulte qui est loin de maîtriser tous les faits historiques abordés. Je ne cautionne en aucun cas ce qui s'est passé au siècle dernier et cette fiction n'est pas un moyen pour moi de réécrire l'Histoire en y mettant de la romance dans le but de tempérer les atrocités commise par les nazis. Je présente d'avance mes excuses si certaines personnes ont mal interprété ma volonté. Je suis parfaitement consciente du fait que je traite un sujet délicat et je ne voudrais pas offenser certains d'entre vous. Je sais également que vous n'avez pas forcément étudié certains faits historiques selon votre niveau scolaire : je suis donc à votre disposition si vous désirez un éclaircissement mais vous pouvez aussi tout simplement faire vos propres recherches : vous vous coucherez moins bête )

D'autre part, je sais bien que les allers-retours temporels ne sont pas forcément aisés à suivre c'est pourquoi je me propose d'établir à la fin de chaque chapitre un rapide rappel de la ligne temporelle.

Rappel des faits évoqués dans ce chapitre dans l'ordre chronologique :

1918 : L'Allemagne perd la Première Guerre mondiale.

1921 : Naissance d'Andrew Granger.

1923 : Naissance d'Hermione Granger.

1924 : Naissance de Drago Malefoy, Harry Potter et Ronald Weasley.

1928 : Rencontre de Lucius Malefoy et Tom Jedusor en Allemagne.

1929 : Krach boursier à Wall Street, effondrement de l'économie partout dans le monde mais surtout chez les classes sociales peu élevées.

1930 : Adhésion officielle de Lucius Malefoy aux Mangemorts.

1933 : Tom Jedusor est nommé Chancelier de la République de Grindelwald, Allemagne après avoir fait de son parti d'extrême-droite la première force d'opposition en Allemagne.

1942 : Harry et Ron s'engagent dans l'armée britannique.

Je reste évidemment à votre entière disposition si vous avez des questions ou des remarques à me faire ! Ceci est ma première fanfiction et je ne prétends pas en maîtriser tous les codes, je suis donc ouverte aux critiques pertinentes et argumentées

Je merci d'avoir lu jusqu'ici, je vous souhaite une bonne semaine, nous nous retrouvons mercredi prochain !

Berry Riddle