Traitors
Disclaimer : L'histoire seule m'appartient, les personnages sont à Dame Rowling.
Le petit mot de Berry : Oups, désolée j'ai un gros souci de connexion chez moi, j'ai dû aller squatter chez une amie pour pouvoir publier ^^ Je reviens avec un chapitre riche en évènements, j'espère que ça va vous plaire. Encore merci aux reviewers et en particulier à Swagranger pour sa fidélité ! Bonne lecture :)
Les Brumes du Monde
Chapitre 4
Décembre 1943
Après plusieurs jours de repos à l'infirmerie de Fontainebleau, Ron attendait impatiemment la réponse de son état-major à sa demande de permission. Il était sûr de la réponse qu'il allait recevoir, positive c'était indiscutable. Il n'usait pas souvent de sa renommée en tant que jeune médaillé mais cette fois il avait appuyé sa demande en soulignant le travail et le courage mis en œuvre depuis son entrée dans l'armée. C'eût été un scandale parmi les militaires si l'un de leurs plus jeune et plus vaillant Captain se voyait refuser une permission alors que certains officiers de base l'obtenaient, moins de six mois après la dernière.
Fort de cette certitude, Ron se rendit d'un pas vif au bureau du médecin en chef, s'imaginant déjà la joie de sa famille en le revoyant après ces longs mois d'absence. Ainsi, quelle ne fut pas sa surprise en entrant dans le bureau étriqué, reconnaissant son supérieur direct, le Major Lupin qui affichait un air préoccupé, le médecin en chef qui se massait les tempes, épuisé ainsi que le Major Black qui semblait bien le seul de la pièce à être à la fois heureux et en forme.
« Messieurs, bien le bonjour. Je ne m'attendais pas à vous voir ici : aurais-je le privilège d'être raccompagné chez moi avec vous à mes côtés ? demanda nerveusement Ron.
- Ahem… Hé bien Weasley, pour tout vous dire, il semblerait que vous ne rentriez pas tout de suite. Nous avons encore besoin de vous répondit Lupin, embêté.
- PARDON ? » s'exclama le rouquin, outré.
Il rougissait littéralement de fureur. On osait lui refuser une permission ? Depuis plus d'un an qu'il n'avait pas vu sa famille, refusant les congés, toujours prêt à servir l'armée, et maintenant qu'il était blessé on lui refusait un maigre repos ? C'était à en devenir fou !
« Vous êtes vraiment culottés vous tous ! Merde à la fin, j'ai tout autant le droit de rentrer chez moi que les autres, je refuse de me faire marcher dessus ! A ça, quand on a besoin de chair à canon, l'est toujours là le petit Ronald, l'est bien sympathique mais quand je demande enfin une permission après des mois de bons et loyaux services on me la refuse ? Vous allez le regretter et amèrement ! grinça-t-il.
- Hé Weasley, fais pas l'enfant. La guerre nous fait tous chier et toi tu te plains alors que tu vas bénéficier d'un traitement de faveur. Souris un peu ! pouffa Sirius.
- Ben vous me permettrez de me plaindre un peu pour une fois Major. Je ne sais pas du tout de quoi vous parlez alors explicitez un peu ou bien je me casse d'ici. Purement et simplement et faudra pas venir me chercher ! répliqua sèchement Ron.
- Mr. Weasley taisez-vous donc coupa le médecin. Contre mon avis de docteur et contre le vôtre visiblement, vous n'allez pas rentrer chez vous. En effet, il semblerait que le gouvernement ait besoin de vous pour une tâche tout aussi, si ce n'est plus, importante. Il se trouve que le plus grand réseau de résistance britannique, parrainé par les services secrets, a récemment perdu un de ses membres. Vous êtes trop fatigué pour retourner sur le front mais vous pouvez être utile aux Alliés : vous êtes affecté dès lundi prochain en région parisienne sous le nom de Ferdinand de Saint Sulpice. Je laisse le Major Lupin vous expliquer le reste.
- Ronald, vous êtes à présent un arriviste et opportuniste français, riche comme Crésus mais discret car vous ne voulez pas qu'on vous accuse de collaborer. Vous allez essayer de vous rapprocher des Allemands qui tiennent Paris. Je vais vous faire passer quelques codes et lettres qui prouveront que vous êtes en possession d'informations véridiques sur l'armée française, énonça d'une voix claire son supérieur.
- Et tu ne sais pas le meilleur Weasley. Harry est affecté aussi, il sera ton valet ! » s'esclaffa Sirius.
A ces mots Ron ne put s'empêcher de rire. Lui, le petit noble désargenté, toujours dans l'ombre de son ami qui était certes riche mais sans titre de noblesse, connu seulement pour sa destinée tragique ! Harry et lui étaient comme des frères mais dans la société anglaise, Ron était largement inférieur à son meilleur ami il ne s'en plaignait pas mais était parfois un peu mélancolique face aux réactions qu'avaient les gens quand ils le découvraient, bien moins fin et délicat que Harry, séduisant certes mais tellement moins élégant. C'était une belle revanche qu'on lui offrait là ! Et puis, comment refuser et laisser le brun seul, au milieu de tous les mangeurs de saucisses ? Ah ça non on n'e l'y prendrait pas à laisser ses amis seuls dans la tourmente !
« Hé bien puisque vous semblez avoir déjà tout réglé je n'ai plus qu'à m'incliner je suppose. Prévenez au moins ma famille, histoire qu'elle ne s'inquiète pas. Comment je fais pour vous contacter ou vous voir ? Et puis d'ailleurs, qu'est-ce que le Major Black fait ici ? demanda Ron, les sourcils haussés.
- Retiens ta joie Weasley mais c'est moi votre superviseur sur cette mission ! C'est pas trop chouette ? Ah qu'est-ce qu'on va s'amuser ! dit Sirius, qui avait l'air d'un enfant à qui on annonce Noël en avance.
- Oh quel bonheur, j'ai du mal à retenir mes larmes, maugréa Ron. Même pas le temps de manger une tarte de Maman et me voilà encore embarqué dans les problèmes. Je vous jure que si je meurs à cause de vous, je vous tue (1) !
- Ouhlala, j'en tremble ! Bon aller, file te reposer encore un peu, nous partons demain matin pour Paris mais nous devons être sûr que tout sera prêt avant l'arrivée du grand Manitou, répliqua le brun.
- Oh ne t'en fais pas, tu verras une fois là-bas… Ce sont plutôt les Allemands qui doivent se soucier de l'arrivée de Dumbledore sur Paris ! » répondit Lupin souriant.
Et voilà, Ron s'était encore fourré dans un pétrin pas possible. Un agent secret hein ? Il fallait vraiment être fou pour accepter une telle chose. Fou ou suicidaire, ce qui équivalait à la même chose pour lui : maintenant commençait la partie de cache-cache avec la Mort.
…
Maître,
Je suis inquiet. A dire vrai, nous le sommes tous. Nous avons eu des échos de la progression de l'Armée Rouge (2) ces dernières semaines et ici la crainte commence à agiter les rangs. Je soupçonne Petitgrow de préparer sa fuite et Avery commence à donner de moins en moins de nouvelles. Je redoute qu'un vent de rébellion vole sur les camps que Madame Zabini et moi-même supervisons. Notre entente se passe toutefois pour le mieux. J'attends vos directives pour agir mais je suggère que les rebelles soient envoyés avec les prisonniers politiques dans les camps de travail : de cette manière nous ne perdons pas d'effectif mais ils connaîtront le prix du soulèvement.
J'attends vos ordres, en espérant pour que tout se règle rapidement.
Longue vie à Nacht und Dunkel,
Languidus vincentur
Votre dévoué serviteur,
Lucius Malefoy
…
Severus Rogue s'avançait dans les couloirs du baraquement, le nez froncé, comme à son habitude. Il entendait les cris des prisonniers, sentait l'odeur putride qui s'élevait des cellules.
Il a été appelé pour un cas extrême en chambre 67. «Une chambre, oui c'est exactement ainsi que cela doit s'appeler. Bande d'enfoirés» pense-t-il. Il atteint la porte de la cellule et toque une fois, deux fois, trois fois. La dernière est la bonne, il entend une voix faible qui lui ordonne d'entrer. Deux corps sont étalés par terre, tremblant mais pas de la même façon. Un des garçons se redresse et le reconnait, son visage s'éclairant. Il est connu parmi les prisonniers que Rogue, malgré son caractère de cochon et son mépris permanent, vaut bien mieux que l'ensemble des médecins du camp. Meilleur et bien moins tordu, il ne cache absolument pas à ses patients qu'il n'est pas là de son plein gré, cela les met en confiance et il peut parfois glaner des informations utiles pour l'autre côté.
Il tient cependant un discours différent devant ses supérieurs. Discret et fidèle, il s'est rendu indispensable au sein du camp et plus largement au sein du régime. Il a caché ses origines britanniques depuis ses vingt ans et cela ne risque pas de changer. Il a gardé un seul et unique contact de son ancienne vie mais quel contact ! Le vieux fou ne se lasse pas de le pousser à bout, lui demandant toujours plus, donnant toujours moins. Nous sommes en 1943, cela fait près de vingt ans qu'il joue double jeu dans ce pays froid et austère. Il espère que cela se finira bientôt, il ne pourra plus tenir longtemps : deux, trois ans tout au plus.
Enfin il se penche vers le garçon aux yeux grands ouverts : il le reconnait, c'est le gamin Granger, l'héritier d'une famille aisée dont la fille commence tout doucement à être connue dans les cercles de bonnes familles, même ici. Le jeune homme a les cheveux quasiment rasés mais on sent que s'ils étaient laissés libres ils seraient touffus et volumineux. Andrew tend la main vers le médecin et murmure d'une voix rauque :
« Monsieur, aidez-le. Je vous en prie, aidez-le. Il est en train de partir, il va me laisser. Je ne veux pas qu'il me laisse, je serais seul sinon. Il a crié toute la nuit, j'ai dû mettre un vieux bout de cuir dans sa bouche pour ne pas qu'il se fasse mal. Je n'ai pas d'eau, rien à manger, je ne sais pas quoi faire.
- Vous sortez juste d'un épisode de forte fièvre Granger, ne jouez pas les héros. Votre ami en revanche présente des signes vitaux tout à fait normaux, il ne semble pas blessé, il est même extraordinairement en forme pour quelqu'un qui est ici depuis un mois.
- Un mois déjà... Je ne réalisais pas », répond doucement le jeune homme.
Severus se rend compte que le garçon est parti dans ses pensées. Il le secoue légèrement par l'épaule, s'accroupit.
« Qu'est ce qui se passe Granger ? Pourquoi m'a-t-on appelé ? interroge-t-il.
- Il est malade Monsieur Rogue. Dans sa tête. Il me l'a dit, il a des problèmes depuis longtemps. Quelques fois il oublie ce qu'il a dit, ce qu'il a fait. Il voit des choses qui n'existent pas. Il me dit quelque chose et il en est persuadé, si fort que je suis tenté de le croire mais je sais que c'est faux. Je ne sais pas quoi faire. Soignez-le. Donnez-lui un sirop, une piqure, quelque chose. Il faut qu'il guérisse. »
Rogue hoche la tête et promet qu'il va essayer. Il ne sait pas ce qu'a ce garçon mais quelque chose lui titille l'esprit. Ce n'est pas anodin, c'est sûr. Il repart vers son office et soupire lourdement. Non, il ne pourra pas tenir très longtemps.
…
Hermione est préoccupée. On leur a annoncé il y a quelques jours la victoire des russes à Stalingrad et elle espère de tout cœur que cette accalmie va effectivement permettre à Ron et Harry de revenir quelques jours parmi eux pour Noël cependant, aucune nouvelle, rien depuis plusieurs semaines. Elle s'inquiète déjà beaucoup en temps normal mais là, ça atteint des proportions faramineuses ! Elle est en permanence sur le qui-vive, guettant le moindre télégramme, une lettre ou même un message à la radio. Et si Drago est patient, son état de stress permanent met les pauvres nerfs du garçon à rude épreuve. Il voyait déjà peu son amie mais si en plus elle ne se préoccupe pas de lui il n'a rien à faire là !
Après avoir passé plusieurs heures à attendre qu'Hermione l'écoute en cessant de laisser dériver son regard au loin, lassé, Drago sort brusquement du jardin d'hiver où ils se sont réfugiés.
Hermione met quelques minutes à réaliser que le jeune homme est partit et quitte sa rêverie, troublée. Elle sort à son tour, d'un pas hésitant, cherchant autour d'elle une silhouette altière, aux cheveux plus blancs que blonds. Elle finit par le voir, au bord de l'étang, le regard sombre. Hésitante elle s'approche de lui, tendant une main en avant.
« Drago ? Ça ne va pas ? demande-t-elle doucement.
- Putain non Hermione, ça va pas ! J'en ai marre d'entendre parler à longueur de temps de tes amis si parfait, de leur courage, de ton inquiétude. Je comprends parfaitement que tu sois inquiète mais ne regrette pas les morts si tu n'as pas su profiter d'eux vivants ! crache le blond.
- Les morts ? Quels morts ? Tu sais quelque chose Drago ? Dis-moi ! presse Hermione.
- MERDE ! Je ne sais rien, je n'en sais pas plus que toi, comment le pourrais-je ? Tu vois, tu n'as plus que ça en tête, tu ne te rends même pas compte de ton attitude ! Tu es sur les nerfs, tu ne m'écoutes jamais, tu vis ta vie dans ta tête, mais ça se passe ici Hermione, pas sur les champs de batailles français !
- Moi je suis sur les nerfs ? Mais qui fait un caprice là, je te le demande ! En fait tu n'es rien d'autre qu'un pauvre mec jaloux, complètement égoïste. Mes amis sont dehors, à se faire tirer dessus et toi tu es là, à te plaindre parce que tu n'as pas autant de câlins que tu voudrais ! Vraiment, tu me dégoute. Je ne sais même pas pourquoi tu n'es pas à la guerre avec les autres.
- J'ai une dispense réplique Drago du bout des lèvres. J'ai été exempté pour problèmes de santé.
- Ah ouais, tiens donc ! Et on peut savoir lesquels ? demande Hermione avec perfidie.
- Non. »
La réponse fuse, sèche et concise. Il ne lui dira pas. En vérité il n'y aucun problème, du moins l'espère-t-il. Il ne veut simplement pas lui avouer que chez les nobles, seuls les militaires de formations se battent. Trop de familles ont disparu, leurs héritiers morts à la guerre, le risque est trop grand aujourd'hui pour qu'on laisse les quelques miettes d'aristocratie restantes se perdre. C'est comme ça depuis des années et s'il s'est demandé si ce n'était pas complètement injuste, il ne le regrette pas. Sans cela, jamais il ne l'aurait rencontré. Elle serait restée une jeune fille au joli sourire dans la campagne profonde du Wiltshire, la fille des fermiers. Avec elle il a trouvé un point d'encrage, une personne avec qui il se sent à sa place, vraiment. « Elle ne se rend pas compte » se dit-il. Il lui expliquera plus tard. Ou pas du tout. Il ne veut pas qu'elle le prenne pour un lâche mais c'est ce qu'il est n'est-ce pas ? De toute façon il n'est pas fait pour se battre sur le front. A la rigueur, comme stratège il aurait pu être utile : il est malin, fourbe parfois et ne sous-estime jamais l'ennemi. Ses notions de stratégie militaire sont toutefois limitées. Et de toute façon, existe-t-il une seule personne ici qui pense que son père l'aurait laissé partir ? Ah ça non, même si lui l'avait voulu, jamais Lucius n'aurait laissé partir son fils unique, si beau et si intelligent, si fier et maître de lui.
Il tourne les talons, et s'enfuit vers le Manoir. Elle est abasourdie. Leur fragile bonheur est fissuré, prêt à voler en éclats. Pourquoi n'a-t-elle pas le droit de s'inquiéter pour ses amis ? Ils sont à portée de tir, peut-être même déjà morts et elle devrait vivre comme si de rien n'était ? Ils devaient revenir il y a plus d'une semaine, ils l'ont annoncé. Ils ne sont pas là le seront-ils un jour ?
Elle se tord les mains, les larmes menacent de couler sur ses joues rosies par le froid. Elle ne sait pas quoi faire, à qui parler. La silhouette est encore visible au loin mais le vent se lève et avec lui la neige. Si elle ne rentre pas maintenant, elle ne rentrera pas du tout. Soudain, elle a une idée. Elle se souvient de sa maison au pied de la colline là-bas, elle espère qu'il y est toujours. Elle presse le pas vers sa propre demeure, espérant l'atteindre avant que la neige ne la perde. Avec un peu de chances elle pourra le voir demain. « Oui, c'est une bonne idée, c'est cela qu'il faut faire. » pense-t-elle.
…
Janvier 1944
Coiffés comme à la dernière mode mais en toute sobriété, Ferdinand de Saint-Sulpice et son assistant Robert Clichet (3) avançaient fièrement sur les pavés parisiens. Ils n'avaient pas l'air préoccupés par les regards peu amènes que les vieilles femmes et les enfants leur lançaient, roulant presque des mécaniques devant les jeunes filles qui marchaient presque silencieusement sur les trottoirs. Ils passaient ici chaque lundi et vendredi, hochant la tête à l'intention des officiers qu'ils croisaient, récoltant à leur tour un coup d'œil.
Au départ cela avait été difficile pour les deux hommes : on les regardait avec méfiance, ils subissaient des contrôles d'identité plusieurs fois par jour et s'étaient déjà fait dépouiller deux fois ! Cependant, à force de politesse et de salut respectueux, ils avaient fini par faire comprendre aux Allemands qu'ils n'étaient pas de dangereux résistants mais de sages notables ayant à cœur le bon fonctionnement des affaires. Quelques billets laissés négligemment tombés par terre n'étaient pas en reste, il fallait bien l'avouer.
Ainsi, Ron et Harry marchaient, bien cachés sous leur nouvelle identité, s'avançant vers la préfecture. Ils avaient rendez-vous avec un contact de Lupin, une taupe à la préfecture depuis 1938 : autant dire un vétéran vu la dangerosité du poste. Cet homme devait faire transiter les informations qu'ils avaient réunies et leur fournir de nouveaux objectifs. De plus, il était un des seuls, avec Sirius et Dumbledore, à savoir qu'en plus de leurs activités sous couvertures, Ron et Harry avaient développé une petite activité de terroristes. En effet, les deux compères s'étaient rendu comptes que certains quartiers de Paris étaient parfaitement accessibles par les égouts, en plus d'être moins surveillés et ils s'étaient fait une joie de profiter de ce laisser-aller. Quelques mots discrets glissés à gauche et à droite et ils avaient reçu une caisse, pleine de livres à la mode, tous évidés et remplis de vieux bâtons de dynamite, encore parfaitement utilisables. La petite ruelle près de l'hôtel particulier d'un vieux général ? Boum. Le corps de poste annexé par les Allemands ? Boum. Une affaire qui sans faire d'exploits, marchait plutôt bien, assez pour agacer les occupants mais pas trop, n'engrangeant pas trop de répercussions néfastes.
Ils arrivèrent au bureau de Fillius Flitwick, officiellement Jacques Berger, qui donnait sur la place devant de la préfecture. Un rapide salut, une tasse de café au goût amère et les trois hommes étaient prêt à parler affaires. Flitwick sortit de son tiroir un épais dossier, nommé « Démarches administratives concernant le clergé et les villages berrichons, archives 1929-1942, volume 4/9 » : une petite astuce qui valait bien mieux que toutes les cachettes farfelues qu'on pouvait imaginer dans un réseau secret de l'armée britannique. Il en extirpa un carton rosé, légèrement abîmé et le tendit à Ron.
« Tenez Ferdinand, c'est pour vous, une lettre de Monsieur Von Apfelstrudel (4), elle arrive directement de Berlin, lança le petit homme d'une voix forte.
- Je vous remercie Berger, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de nouvelles de mon cher ami. J'ai cru quelques temps qu'il avait perdu les faveurs de gouvernement, cela m'aurait attristé, il tient en si haute estime ce nouveau régime ! » répondit Ron sur le même ton.
Après quelques instants, on entendit des petits pas étouffés derrière la porte. Collant son oreille à un minuscule trou dans le mur, Harry tendit l'oreille.
« Es ist gut, das Kind ist zuverlässig, es hat einen Brief eines Nahen der Regierung offensichtlich bekommen. Man wird sein Geld diesem Idioten benutzen können! » (5)
Il hocha la tête en direction de ses compagnons. Leur ruse avait fonctionné au-delà de leurs espérances : de fausses lettres, des compliments, la visite d'un officier… Tout cela, raconté volontairement trop fort, avait endormi la méfiance des militaires. Les vraies affaires allaient enfin commencer.
…
Les notes du chapitre :
(1) : La petite référence qui fait du bien (si vous n'avez pas compris je vous conseille d'aller relire HP7 ^^)
(2) : Ceci est une référence directe à la victoire de l'URSS à Stalingrad en novembre 1943.
(3) : Bon j'avoue je me suis fait plaisir avec les noms x) Comme j'étudie l'onomastique (les références que les auteurs mettent sur les noms) en cours de français je suis à fond là !
(4) : Encore une petite blagounette : le strudel est gâteau traditionnel autrichien qui est fait d'une pâte feuilletée fine avec des morceaux de pommes à l'intérieur et qui se consomme avec une crème à la vanille.
(5) : Littéralement, « C'est bon, le gamin est fiable, il a reçu une lettre d'un proche du gouvernement. On va enfin pouvoir utiliser son argent à cet idiot ! » Ragez pas de mes compétences en Allemand, j'en fais depuis 8 ans et je suis toujours aussi mauvaise x)
Le petit retour chronologique :
1923 : Entrée de Severus Rogue comme agent double chez Voldemort.
Novembre 1943 : victoire de l'Armée Rouge à Stalingrad et capture de Cormac et Andrew qui sont conduits au camp des prisonniers de guerre (pas un camp de concentration donc).
Décembre 1943 : Premiers mouvements d'inquiétude dans le camp allemand et engagement de Ron et Harry dans les services secrets.
Janvier 1943 : Début de la résistance personnelle d'Harry et Ron à Paris.
Le mot de la fin : Il y a dans ce chapitre une phrase particulièrement importante pour toute l'histoire, celui qui trouve gagne une séance de patinage avec le personnage de son choix ! On entre vraiment dans l'action et on assiste à la première dispute du couple Drago/Hermione ! Que pensez-vous de ce qui se passe avec Cormac et Andrew ? J'ai écrit plusieurs passages au présent, j'espère que ça ne va pas en perturber, je trouve que c'est généralement plus percutant, vous êtes d'accord ? Au prochain chapitre, un cadeau de Noël, des problèmes et l'arrivée de Dumbledore…
Merci d'avoir lu jusqu'ici et à la semaine prochaine !
Berry Riddle
