Traitors
Les Brumes du Monde
Chapitre 5
Disclaimer : Blablabla, je n'ai fait qu'écrire cette histoire, le reste est à JK Rowling.
Le petit mot de Berry : Nous revoilà, à l'heure cette fois, pour un nouveau chapitre ! Quelques surprises, du Dramione et un loooong moment avec nos deux espions… Encore merci aux reviewers, on se retrouve en bas, bonne lecture !
…
23 décembre 1943
Hermione se grattait la tête pensivement. C'était Noël dans deux jours et elle n'avait toujours rien trouvé pour Drago. Ils s'étaient plus ou moins rabibochés ces derniers jours mais elle souhaitait trouver un cadeau réellement fédérateur, quelque chose qui lui montrerait combien elle tenait à lui. Elle avait songé à des livres mais il en avait déjà tellement, sans doute plus qu'elle –ce qui n'était pas peu dire. Pourquoi pas une belle chemise, un pull qu'elle aurait fait elle-même ? Mais Hermione craignait que le tissu ne soit trop rêche, que la coupe ne soit pas droite, que son travail paraisse ridicule par rapport à tous ses beaux habits… Une chevalière aurait été déplacée et il en avait surement déjà plusieurs, un objet de décoration était ridicule et peu original.
Soudain, Hermione eût une idée. Ce dont elle avait parlé avec Blaise, c'était pas mal non ? Original, surprenant, ça l'était pour sûr ! Elle sourit, heureuse. Elle avait trouvé LE cadeau, celui qui toucherait Drago en plein cœur. Elle se remémora la discussion qu'elle avait eu avec Blaise quelques jours plus tôt, après leur dispute il l'avait bien aidé sur ce coup-là, elle devait l'admettre.
Elle courait, courait, courait de toutes ses forces vers le manoir enneigé. De la fumée s'élevait d'une des nombreuses cheminées, preuve qu'il était encore là malgré l'heure avancée. Elle atteignit la porte et souleva le loquet plusieurs fois, cognant avec rage et désespoir contre l'imposante porte de bois massif. Elle ne fût pas déçue lorsque Blaise surgit de derrière cette porte, l'air amusé et peu surpris, comme s'il s'attendait à sa venue tôt ou tard. S'effaçant devant elle, il l'invita à entrer d'un signe du bras et elle pénétra dans le hall.
Il était chaleureux et plein de vie, à l'image de son maître. Les murs portaient de nombreux tableaux italiens, aux personnages souriants et aux regards bienveillants. Le lustre projetait une lumière tamisée mais agréable, illuminant avec douceur un long couloir qui menait sans aucun doute au salon de la demeure. Elle dévorait du regard cet endroit qui rayonnait de luxe mais aussi de sobriété et ressenti une forte impression de bien-être, chose qui lui était impossible d'atteindre chez les Malefoys ou même chez elle. Elle ne voyait personne mis à part le maître de maison mais en tendant l'oreille on pouvait percevoir les rires des servantes, les bruits qui provenaient de la cuisine, la vaisselle s'entrechoquant dans la salle à manger. Oui c'était bien une maison de maître dans laquelle elle venait de pénétrer, mais pas n'importe laquelle.
Elle s'étonna que ce ne soit pas le majordome qui lui ouvre : Blaise lui répondit qu'il était en congé, la surprenant plus encore. Un congé, à quelques jours de Noël ! Voilà qui était inhabituel par ici.
Ils étaient entrés dans un petit salon qui était décoré d'une manière similaire Hermione s'était sentit immédiatement apaisée en ces lieux. S'installant sur une méridienne pourpre, elle avait exposé la raison de sa venue à Blaise, concluant par :
« Je ne sais pas vraiment quoi faire Blaise. Je tiens vraiment à lui, je voudrais qu'il le comprenne mais je ne peux pas rayer mes amis de ma conscience. Enfin, il peut bien accepter que je m'inquiète pour des soldats non ?!
- Eh bien Princesse, il faut croire que non. Drago est assez imbu de lui-même mais au font c'est un garçon en mal d'amour. Avec un père comme le sien, on n'a pas souvent le droit à l'affection et je pense que s'il se montre si possessif avec toi c'est qu'il a peur que tu l'abandonnes, même si c'est irrationnel, dis-toi que c'est comme un instinct de survie. Il a trouvé quelqu'un qui lui faisait se sentir bien, il s'y accroche, avait répondu Blaise.
- Ce n'est pas juste ! Il ne peut pas me garder en cage, me bâillonner pour seulement entendre des choses qui lui plaisent ! avait-elle crié.
- Si tu veux mon avis Princesse, laisse le y réfléchir. Il a besoin de faire le point avec lui-même, avec ce que tu lui as dit il doit être sacrément ébranlé, crois-moi. Pourquoi ne pas lui envoyer un mot demain, pour lui proposer de venir prendre le thé chez toi par exemple ?
- Drago ne vient pas prendre le thé chez moi Blaise. Nous ne sommes pas sensé entretenir une quelconque relation et même si cela avait été possible c'eût été tout à fait déplacé de l'inviter si peu de temps avant, sans que je ne l'ai présenté à mes parents et que je n'ai vu les siens, avait rétorqué Hermione d'une voix glaciale.
- Ah oui, bien vu ça. Sinon, si tu veux être romantique tu peux aller jeter des cailloux à sa fenêtre cette nuit !
- Oh oui bien sûr, je suis certaine qu'il appréciera d'être réveillé à trois heures du matin et moi j'adore sortir la nuit par -10°c, toi aussi ? C'est fou non, toutes ces similitudes entre nous ! »
Blaise avait pouffé. C'était une vision très drôle que de voir Drago s'énerver auprès d'Hermione, coiffé d'un bonnet de nuit et elle grelottant dans la neige. Plus sérieusement, il savait parfaitement comment amadouer Drago mais il était persuadé que s'il donnait les réponses à la brunette il ne lui rendrait pas service : il fallait qu'elle réfléchisse par elle-même pour trouver la solution. Il décida toute fois de lui donner un petit indice.
« Tu sais, Drago aime bien être surpris. Je veux dire, soit un peu originale avec lui, fais-le rêver, change lui les idées quoi !
- Hum… Tu penses qu'il aimerait des énigmes ou un jeu de piste par exemple ? demandait-elle, le regard interrogateur.
- Tu n'en ferais pas un peu trop ? avait souri Blaise, un sourcil arqué.
- Oui, tu n'as pas tort… Et si je lui envoyais un mot en lui disant de me retrouver au lac, pour patiner ?
- C'est une bonne idée ça Princesse ! Mais ne signe pas ton mot il saura parfaitement de qui il vient mais tu entretiens le mystère comme ça. Et apportes toi-même des patins sinon la surprise sera gâchée ! »
Assurément, le patin avait eu beaucoup de succès auprès de Drago et les deux amoureux avaient passé un très agréable moment sur le lac gelé, manquant de tomber plus d'une fois. Riants, ils s'étaient embrassés à en perdre le souffle, tournoyant sur la glace. Hermione avait murmuré un « Pardon » reprit ensuite par Drago qui souriait contre ses lèvres.
Hermione avait donc trouvé son cadeau. Elle allait organiser un jeu de piste pour Drago afin de lui montrer toutes les petites choses qu'elle savait de lui. Elle voulait lui redonner le sourire, qu'il reprenne confiance en lui, qu'il soit un peu heureux, c'était Noël enfin !
Satisfaite, la jeune fille enfila son manteau et s'enroula dans une écharpe. Elle jeta un coup d'œil dans le salon où ses parents lisaient et annonça qu'elle sortait prendre l'air. Personne ne lui répondit et, haussant les épaules, elle sortit dans le vent de décembre.
Elle commença par noter sur un carnet tous les lieux où elle avait partagé un moment spécial avec Drago : le jardin d'hiver, c'était évident mais inenvisageable; le lac mais c'était peu original pour le coup et elle n'avait pas franchement envie de passer encore plus de temps dehors. Hum, l'auberge du village était trop fréquentée à Noël, sa grange ce n'était pas franchement attirant… Pourquoi ne pas trouver un nouvel endroit alors ? Elle avait souvent joué avec son frère dans la forêt de conifères à quelques pas de leur domaine, elle se rappelait y avoir construit une véritable petite maisonnette là-bas, peut-être y était-elle encore ? S'enfonçant dans la neige, elle marcha vers la forêt : les arbres étaient touffus et vivaces et elle eut quelques difficultés à pénétrer dans le bois. Son écharpe s'accrochait régulièrement aux branches qui lui griffaient le visage mais elle n'en avait cure : elle se souvenait maintenant du sentier qu'elle avait si souvent emprunté avec son frère, elle se rappelait des virages serrés qu'ils devaient faire lorsqu'ils y couraient. Prise d'une folle envie et ce, malgré la neige qui l'empêchait d'avancer correctement, elle y couru à nouveau, l'esprit plein d'une joie nouvelle.
La cabane était exactement comme dans son souvenir : rien de luxueux ou de particulièrement confortable mais un endroit somme toute chaleureux et avenant. Le petit foyer que son père avait construit était encore tout à fait utilisable, de vieilles couvertures étaient étalées sur le sol et les courants d'air, c'était suffisamment étonnant pour être souligné, miraculeusement absents. Tout était comme si la cabane l'avait attendue durant toutes ces années, se préservant des intempéries et de la poussière. Bien sûr il y en avait mais bien moins que ce à quoi s'était attendue Hermione. Une petite heure serait suffisante pour tout remettre en l'état. C'était parfait : tout se coordonnait exactement comme la jeune fille l'avait souhaité. Maintenant il ne restait qu'à trouver suffisamment d'indices pour maintenir son cher et tendre en haleine pendant qu'elle l'attendrait ici et cette tâche s'annonçait, elle aussi, ardue.
…
Janvier 1944
L'air froid de Paris fouettait avec violence les joues des deux garçons. Ils avançaient péniblement dans les rues, rasant les murs, dans l'ombre. Quiconque aurait jeté un regard plus approfondi au duo aurait sans doute remarqué les paquets qui étaient dissimulés sous leurs longs manteaux mais en cette longue nuit de janvier les promeneurs se faisaient plus que rares et personne n'avait osé les aborder.
Ils avaient presque atteint leur cible maintenant : l'hôtel particulier de Soubise (1) de la rue de Archives, dans lequel résidait un des MM les plus puissants. Il occupait un poste si prestigieux et son pouvoir sur la ville était si pesant qu'on l'appelait le Gouverneur dans les rues de Paris.
Amicus Carrow, accompagné de sa sœur Alecto, faisait régner l'angoisse et la terreur sur la capitale depuis plusieurs mois : des descentes étaient effectuées chaque soir, de manière tout fait aléatoire et injustifiée. Des familles entières étaient portées disparues, des enfants dormaient dans les rues, chassés de leur foyer ou dépourvu du moindre bien. Des expéditions s'organisaient régulièrement pour venir en aide à ces malheureux mais depuis qu'ils étaient à Paris, jamais les deux garçons n'en avaient vu autant ils étaient révoltés par tant de cruauté, surtout dans une ville soumise au leader allemand. Ne pouvait-on laisser en paix les honnêtes gens et les malheureux ?
Forts de leurs convictions, ils avaient pris la décision de flanquer une bonne frousse à cette ordure : rien de mortel mais un avertissement. Ils avaient régulièrement observé ses allers et venues, à quelle heure était la relève de la garde, où se situaient les entrées de secours, qui étaient les servantes, françaises ou allemandes… Et aujourd'hui ils étaient fin prêts : une fausse bombe allait servir de distraction à l'entrée principale, ils entreraient par les cuisines grâce à l'aide d'une jeune femme, enrôlée contre son gré et pénètreraient finalement dans le petit boudoir du maître des lieux. C'était un endroit où il n'allait jamais, ils s'en étaient assurés : peu féru de lectures, il préférait les champs de batailles ou les salles d'interrogatoire où il pouvait laisser libre court à sa férocité presque animale. Ainsi ils briseraient les fenêtres afin de ne pas laisser croire à une intrusion par la porte : cette jeune femme pouvait leur être utile à nouveau, il était inenvisageable de la laisser aux prises avec une maître suspicieux et une maîtresse folle à lier. Ils avaient prévu de laisser un peu partout des photos d'enfants morts de froid dans les rues : c'était une justice moindre mais on pouvait espérer que la vue des petits corps bleuis allait lui faire prendre conscience des conséquences de ses agissements. Car l'objectif du gouvernement allemand n'était certainement pas de réduire la population de la ville à néant : quel intérêt alors, quel impact sur le reste du monde avait une ville vide et déserte ?
Etait prévu ensuite une explosion plus importante dans le hall d'entrée et enfin le lancement de feu d'artifices depuis la grande terrasse. C'était un symbole, le moyen de montrer aux parisiens qu'ils n'étaient pas seuls, pas abandonnés par leurs pairs.
Ainsi donc, Ron et Harry atteignirent la demeure du Mangemort sans encombre, fiers d'eux. Après avoir déposé dans un coin une bombe simple (2), créée par leurs soins pour correspondre au plan, ils contournèrent le fastueux portail et se glissèrent dans la haie, juste au moment où les gardes s'en éloignaient pour rentrer se mettre au chaud. A pas de loup ils marchèrent sous le couvert des arbres et finir par s'arrêter près d'une petite porte en fer forgé où la flamme vacillante d'une bougie transparaissait à travers la lucarne. Harry frappa trois petits coups puis deux autres et revint se cacher dans les fourrés. Lentement et sans un bruit, la porte s'entrouvrit pour laisser apparaitre une tête blonde aux longs cheveux emmêlés et au regard saphir.
« Bonsoir Luna, ça va ? demanda avec amabilité Ron. Ça se présente bien ?
- Sans soucis les garçons, répondit la jeune femme avec un doux sourire. Ils sont allés dormir il y a deux heures et avec ce que j'ai mis comme dose d'alcool dans le gâteau vous n'aurez pas de problèmes avec le sommeil léger de la vieille bique !
- Merci pour tout, Luna, vraiment. Tu sais que si jamais ils te maltraitent nous pouvons te faire sortir d'ici, chuchota Harry. Il est encore temps pour toi de partir avec nous.
- Merci Harry mais je préfère être utile ici plutôt que de me cacher sans rien pouvoir faire. Le maître pense me tenir avec mon père en prison mais il ignore qu'il est malade depuis longtemps : il sera mort dans quelques mois si ce n'est pas déjà le cas. Il n'aurait pas voulu que je sois lâche », rétorqua-t-elle tristement.
S'inclinant devant la force de la volonté de la jeune fille, ils entrèrent dans la maison, le cœur battant. Leurs montres synchronisées indiquaient toutes deux la même chose : ils disposaient de quelques secondes pour se cacher dans un placard avant que leur distraction ne fasse effet et rameute les soldats. Cachés sous plusieurs manteaux de chasse déposés là par Luna, ils attendirent en retenant leur souffle.
BOUM
Ils entendirent un bruit de cavalcade et des ordres, brefs, en allemand. Conformément à ce qu'ils avaient espérés, les militaires s'efforçaient d'être silencieux, ne désirant en aucun cas subir le courroux des Carrow. Luna vint les chercher après quelques minutes d'inactivité et leur indiqua la direction du boudoir, un doigt posé sur sa bouche, leur signifiant ainsi d'être silencieux malgré l'absence de gardes. Ils se faufilèrent dans les escaliers de service et débouchèrent sur un couloir digne d'un château : des tentures brodées de fils d'or étaient suspendues aux murs, de lourds tapis masquaient partiellement un parquet rutilant et l'air embaumait le musc, la richesse et par certains aspects, le mauvais goût de celui qui n'a pas été élevé dans le confort et qui souhaite en faire l'étalage. Ironiquement cela rappela aux garçons le salon des Granger : trop rutilant pour avoir le charme de l'ancien et trop chargé pour être élégant. « Il n'en demeure pas moins que cet hôtel particulier a du cachet » songea Ron.
Ouvrant la porte du boudoir, ils furent assaillis par une odeur âcre de renfermé. La pièce était sans aucun doute peu fréquentée par ses propriétaires. Ron s'attela à la destruction des plusieurs fenêtres tandis qu'Harry rassemblaient les photos qu'ils avaient pu recueillir, le cœur serré face à tant d'inhumanité. Leur tâche accomplie, ils laissèrent volontairement la porte entrouverte et se dirigèrent vers le grand salon. On ne pouvait pas en louper l'entrée : tant d'or et de richesses finissaient par piquer les yeux de Ron : il se dépêcha d'entrer dans la pénombre de l'immense pièce, talonné par Harry. Comme précédemment, celui-ci dispersa les photos un peu partout et en cacha même certaines afin qu'elles puissent être découvertes plus tard. Ron ouvrit en grand les fenêtres donnant sur le balcon et disposa tout son matériel. Au signal d'Harry il alluma plusieurs mèches. Il aurait voulu rester plus longtemps afin de voir le résultat de leur entreprise mais c'était risqué, il le savait. En entendant les premières explosions, les garçons filèrent vers le boudoir et se laissèrent glisser le long de la vigne qui mangeait les murs de la demeure. On entendait partout des cris et la lumière éclairait toute la maison, exposant les deux fauteurs de trouble aux regards des gardes. Fort heureusement, ils réussirent à sortir du périmètre de la maison sans encombre et gagnèrent les ruelles avoisinantes en trottinant. Ils se dirigèrent ensuite vers la file de curieux et s'y mêlèrent afin d'observer les résultats de leur entreprise.
La foule s'agglutinait de plus en plus devant la façade de la maison, on entendait quelques rires discrets mais surtout des cris d'admiration. Ron sentit son cœur fondre lorsque qu'une petite fille aux cheveux nattés, engoncée dans une robe de chambre visiblement trop étroite, demanda à sa maman « Pourquoi c'est rouge dans le ciel ? C'est le Paradis ? ». Ils avaient bien fait de prendre quelques risques, si cela pouvait réconforter les parisiens malheureux et donner un peu d'espoir à tout le monde. Il ne restait plus qu'à croiser les doigts, en espérant qu'aucun innocent ne serait puni pour l'exemple.
Vers minuit, lorsque les badauds commençaient peu à peu à s'éloigner du spectacle, Ron et Harry partirent à leur tour, s'enfonçant dans la nuit noire. Noël était passé, certes, mais en sentant la neige crisser sous leurs pieds, le sourire aux lèvres, ils eurent l'impression d'être revenus plusieurs années en arrière, lorsque tous deux s'amusaient impunément. Ils priaient pour le retour de cette époque bénie.
…
Au même moment, quelque part en Allemagne
Severus Rogue était de plus en plus inquiet. Il n'arrivait pas à trouver la cause du mal du jeune garçon qui vivait avec Granger le pauvre garçon subissait chaque nuit de nouvelles crises. Celles-ci le faisaient visiblement souffrir physiquement : Rogue avait noté des crises de tétanie (3) assez violentes, du sang coulait parfois de son nez et les courbatures s'étaient accumulées, rendant laborieuses ses tentatives de mouvement.
Il se pinça l'arête du nez : ce n'était pourtant pas sorcier (4), il y avait forcément une explication à cette mystérieuse maladie. Cormac, comme il s'appelait, refusait d'aborder le sujet de ses troubles mentaux à propos desquels s'était confié Andrew et cela mettait encore plus en rogne le médecin. Comment pouvait-il prétendre résoudre le problème s'il n'avait pas en sa possession tous les éléments ? Cela allait finir par lui causer des soucis au sein du camp : on s'interrogeait déjà sur ses visites récurrentes au baraquement des prisonniers de moindre importance, s'il devait en plus y tenir des séances de psychologie s'en était fini de lui !
Il parcouru les quelques mètres le séparant de la salle d'accueil des nouveaux arrivants. « Enfin, encore une fois, salle d'accueil est un bien grand mot pour parler de cette pièce », pensa-t-il amèrement. Les murs étaient grisâtres, pourrissants par endroit, les coins se couvraient peu à peu de moisissures et on voyait régulièrement quelques cafards et cloportes courir sur le plancher défoncé. S'avançant avec précaution sur le bois pourri, il jeta un regard à la pièce et fit un signe au gardien à l'entrée, lui signifiant ainsi que tout était prêt pour les pauvres malheureux qui allaient se retrouver ici. Encore heureux qu'il ait été affecté dans un camp de prisonniers de guerre, protégés par la convention de Genève (5), et pas dans un de ces enfers plus au Nord où on traitait les humains comme des animaux. Il avait mis en péril sa position en s'opposant lui-même à l'usage des gaz dans ces camps macabres mais on lui avait ri au nez : ce n'était pas des aryens, des gens nobles, ils étaient tout simplement inutiles en vie ! Il avait vu passer des rapports qui lui donnaient encore envie de vomir : les horreurs subies par les prisonniers des camps de concentration étaient tout simplement inimaginables, inhumaines et il espérait fortement qu'aucune de ses connaissances n'y finisse un jour.
Il n'était pas un très grand admirateur des héros comme Lupin ou Black mais c'était ses compagnons contre l'adversité. Leur passif n'aidait pas franchement les choses il est vrai, comment pouvait-on lui demander sincèrement de passer au-dessus de nombreuses années de harcèlement et de quolibets, quand bien même c'était pour la bonne cause ?! « Enfin, c'est derrière moi tout ça, pensa-t-il, Je ferais mieux de me faire discret dans les jours à venir : tant que je n'ai pas plus d'éléments pour le jeune gars du baraquement, je ne me fait pas remarquer ».
Rassemblant ses affaires, il s'en fut ensuite vers son baraquement personnel : il lui était réservé, pour ses recherches, ses consultations spéciales et les éventuels extra auxquels il avait droit en tant que médecin-chef. En gros, cela voulait dire qu'il pouvait y faire venir des femmes même si ce n'était pas explicitement dit, c'était en tout cas ce qu'il avait compris au sourire tordu du vieux soldat qui le lui avait montré.
Son patient l'attendait de pied ferme. Se retroussant les manches, il farfouilla dans ses tiroirs, cherchant le dossier de ce cas si particulier. Enfin, se redressant, il s'assit à son bureau et enfila ses lunettes.
« Alors, qu'avons-nous aujourd'hui Monsieur Shacklebolt ? »
…
Notes du chapitre :
(1) : Je vous invite à jeter un coup d'œil à ce bâtiment qui existe vraiment, c'est très joli. Aujourd'hui c'est le siège des Archives Nationales, je ne sais pas si on peut le visiter facilement mais on peut au moins voir la cour et la façade !
(2) : Vous avez déjà vu un épisode d'une série policière avec une histoire de bombe j'en suis sûre. Pour ceux qui l'ignoreraient, une bombe simple c'est une bombe artisanale, faîte chez soi ou dans un laboratoire mais en tout cas, complètement illégale et souvent très dangereuse car incontrôlable !
(3) : Je vous donne la définition de Wikipédia : « La tétanie est un syndrome (ensemble de symptômes) et un état pathologique caractérisé par de longues contractions involontaires de certains muscles. » En gros, Cormac a des petites crises de paralysie momentanées.
(4) : Bon, ça je l'admets c'était juste pour la blague.
(5) : Les conventions de Genève (il y en a quatre) sont des traités écrits entre 1906 et 2005 qui traitent de la conduite à adopter lors de guerres : elles concernent les prisonniers de guerre, les civils, les organisations humanitaires ou encore les blessés. J'ai choisi de considérer que les conventions de 1906 et 1929 empêchaient le meurtre de prisonniers de guerre considérés comme inoffensifs. Je ne sais pas si c'est réellement le cas, j'avoue que je n'ai pas trouvé cette information ^^
Le mot de la fin : Pas de chronologie je ne pense pas que ce soit utile ici... Et voilà, un chapitre avec de l'action ! Je ne sais pas si vous avez remarqué mais j'essaye de faire des chapitres de plus en plus longs mais toujours entre 3000 et 4000 mots, je sais que ce n'est pas énorme mais en une semaine je n'ai pas vraiment le temps de faire plus. Cela changera normalement pour les parties suivantes mais je vous ferai un petit topo dessus le moment venu !
Que pensez-vous de l'idée d'Hermione pour le cadeau de Drago ? Etes-vous surpris par le patient spécial de Rogue ? On en apprend plus au prochain chapitre (d'ailleurs mea culpa, j'ai dit que l'arrivée de Dumbledore était pour ce chapitre mais je me suis trompée, c'est celui d'après !).
Merci d'avoir tout lu et à la semaine prochaine !
Berry Riddle
