Disclaimers : Toujours pas à moi, y'a rien à faire, j'y arrive pas… Mais quand je gagne au loto, je me les achète ! Mais faudrait peut-être commencer par jouer pour gagner, ça aide… Mémo à moi-même : penser à jouer au loto !

Titre : Liens de sang

Auteur : Ephemeris

Résumé : Alors que la fin de la guerre avait séparé Heero et Duo, le conflit avec Mariemeia les fait se retrouver. Evidemment, ils ne peuvent se passer l'un de l'autre, mais plusieurs années après, un incident vient perturber leur bonheur.

Couples : 1x2x1, 2xH

Genre : J'ai bien peur d'avoir déjà exploité ce thème, mais j'espère que ce ne sera pas trop redondant…

Rating : T

Warnings : Yaoi ! Cette histoire commence entre la guerre et l'affaire Mariemeia. J'ai changé la façon dont les pilotes sont entrés dans ce deuxième conflit en occultant le fait qu'ils avaient décidé de détruire les Gundams en les envoyant vers le soleil.


Liens de sang

Chapitre 10


Le chemin jusqu'à l'appartement se fit en silence. Duo était fou de rage suite à cet entretient avec Howard et Hélène en était toujours abasourdie. Mais, à sa plus grande surprise, dès qu'ils eurent passé la porte de l'appartement, Duo afficha un immense sourire lorsqu'il vit Heero, ce qui rassura ce dernier.

« Enfin vous voilà. Déjà que je me faisais du souci pour toi, je m'inquiétais vraiment en ne voyant pas revenir Hélène. Il y a eu un problème ? »

« Aucun, j'ai juste été retenu au boulot. Mon patron m'exploite, » plaisanta Duo. « Hélène avait faim, on se met à table ? »

Cette phrase fit sortir la jeune fille de ses pensées. Elle acquiesça et suivit les deux hommes dans la cuisine où la table était déjà mise. Elle ne comprenait pas pourquoi Duo ne disait pas à Heero ce qui s'était passé sur le chemin du retour, c'était tout de même important. Mais bien que la scène l'avait choquée, repensant au sniper qui avait menacé son père, elle avait trouvé sa réaction digne d'un film d'espionnage.

Heero et Duo parlaient de tout et de rien tandis qu'Hélène, les écoutant à moitié, repensait à certaines phrases que cet homme avait dites. Il avait parlé de sa mère, il l'avait donc connue, mais ce qui l'intriguait, c'était le fait qu'il ait dit qu'elle aurait repris les commandes. Comme Duo n'avait rien dit de leur rencontre avec Howard à Heero, Hélène trouva un moyen détourné pour poser sa question sans éveiller les soupçons du jeune homme.

« Je pense à quelque chose d'un coup. Duo, tu as connu Maman pendant la guerre, lorsque tu étais pilote c'est ça ? Est-ce qu'elle était aussi pilote ? »

Cette question fit sourire Duo de nostalgie.

« Oui, pilote volontaire. Elle pilotait des armures mobiles pour l'ennemi quand je l'ai rencontrée, mais elle a vite changé de bord. Et dire qu'elle a tenté de me tuer à ce moment-là pour finir par tomber folle amoureuse de moi… »

« Je te rappelle que toi aussi, tu as tenté de me tuer la première fois qu'on s'est vu et que ça t'a pas empêché d'être dingue de moi par la suite, » ajouta Heero, un sourire aux lèvres.

Cette phrase choqua Hélène. Alors qu'elle avait été témoin d'une scène où elle avait vu son père sombre et glacial, elle se souvint du changement d'expression qui s'était effectué sur son visage à la simple vue de Heero. La réalité la frappa de plein fouet alors qu'elle se souvenait également de la raison pour laquelle elle n'avait pas grandi avec son père. Elle vit le regard complice qu'ils échangèrent à la suite de ces paroles, cela malgré la portée que de tels propos auraient pu avoir dans un autre contexte.

Cet homme n'avait jamais aimé sa mère comme elle l'avait aimé et cela lui faisait mal. Mais ce qui la blessait encore plus était de réaliser que sans doute, Duo ne lui portait à elle qu'un amour similaire à celui qu'il avait éprouvé pour sa mère et en rien comparable à celui qu'il portait à Heero. Elle se souvenait de chaque expression sur le visage de sa mère lorsque celle-ci lui parlait de ce fameux Duo, cet homme qui semblait tout représenter pour elle. Pourquoi les choses avaient-elles tournées ainsi ?

D'un coup, Hélène se releva et s'adressa à son père sur un ton quelque peu agressif.

« C'est quoi ces petits regards complices et ces petits sourires en coin ? Vous avez pas honte de déballer devant moi votre amour ? Je vous connais pas et j'ai pas envie d'être témoin de ce genre de choses. »

Cet éclat eut pour effet de rompre la connexion entre Heero et Duo, ce dernier lançant un regard noir à sa fille. Il se leva d'un coup à son tour, la fixant d'un œil agressif d'abord, mais ce regard mauvais se transforma et devint douloureux.

« C'est ta vengeance, c'est ça ? Tu es venue ici pour me gâcher la vie merveilleuse que je vis depuis quinze ans parce que je n'étais pas là pour te voir grandir ? Peu importe les efforts que je fais, ce n'est jamais assez, c'est ça ? »

Dès qu'elle avait prononcé sa dernière phrase, elle avait regretté d'être en mesure de seulement parler, sentiment que l'espèce de réponse que lui avait faite son père avait renforcé. Duo ne méritait pas ces mots amers qu'elle ne pensait pas. Elle s'était laissé emporter sans pouvoir se contrôler et, en plus de ses soucis qu'avait suscités leur rencontre avec Howard, elle lui en rajoutait.

Duo attendait une réponse de la part d'Hélène qui ne venait pas, mais alors qu'il allait parler de nouveau, on frappa à la porte de leur appartement, son qui suspendit le début de dispute. Heero se dirigea vers la porte pour aller ouvrir, laissant le père et la fille face à face dans la cuisine. Au loin, ils entendirent un homme parler à Heero.

« Monsieur, êtes-vous Duo Maxwell ? »

Cette simple question fit revenir en tête à ce dernier le souvenir de ce soir de pluie où Hélène avait frappé à leur porte, demandant, folle de rage, lequel d'entre eux s'appelait Duo. Son sang ne fit qu'un tour et il se mit à parler d'une voix forte et en colère tout en se dirigeant vers l'entrée pour voir de qui il s'agissait.

« C'est quoi cette fois ? Un autre enfant caché ou bien mon père qui n'était pas mort et qui décide de débarquer juste maintenant ? »

Il s'arrêta net en voyant deux hommes à l'extérieur, vêtus d'uniformes de la police de la colonie. Sa colère disparut complètement, faisant place à un étonnement justifié. Que faisait la police chez lui, pour lui ? L'un des deux hommes, celui qui avait déjà parlé, s'adressa alors à Duo.

« Vous êtes Duo Maxwell ? »

Le garçon acquiesça et le second policier s'avança dans l'entrée jusqu'à arriver au niveau de Duo. Là, il lui attrapa les poignets qu'il lui attacha dans le dos au moyen de menottes. Pendant qu'il s'activait, l'autre policier parla de nouveau.

« Duo Maxwell, je vous arrête pour complicité d'actes terroristes. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Vous avez le droit d'engager un avocat. Si vous n'en avez pas, on vous en assignera un d'office. »

« Attendez un peu, » tenta Heero, mais un regard de la part de Duo lui fit comprendre qu'il ne devait pas intervenir.

Les deux hommes entraînèrent ensuite Duo vers l'extérieur sous les yeux stupéfaits de Heero et d'Hélène qui avaient suivi toute la scène, impuissants. La porte fut refermée par les policiers, plongeant l'appartement dans un silence de mort qui dura quelques minutes. Heero avait l'air absent, comme si son âme avait quitté son corps, ne laissant que l'enveloppe qui la retenait debout, dans l'entrée.

Hélène sentit les larmes lui monter aux yeux à cette vision. Sans vraiment comprendre ce qui venait de se produire, elle s'en sentait tout de même très affectée et de voir Heero dans un tel état ne fit qu'aggraver le sien. Le silence fut alors rompu par Heero qui parla d'une voix d'outre-tombe dans laquelle Hélène perçut une profonde colère, cela pour la première fois.

« Qu'est-ce que c'est que cette connerie ? Complicité d'actes terroristes ? C'était il y a quinze ans qu'il fallait venir le chercher, pas maintenant qu'on a arrêté tout ça et que je ne peux plus vivre sans lui. »

Ces dernières paroles avaient été dites sur un ton de plus en plus lugubre qui fit éclater Hélène en sanglot. Heero se retourna vers elle, remarquant tout juste sa présence que le départ forcé de Duo lui avait fait oublier. Il fit un pas vers elle, mais les paroles décousues de la jeune fille le firent s'arrêter.

« C'est pas juste… Tout ça c'est de sa faute ! Vieux sénile avec sa chemise affreuse… »

« Hélène, tu parles de qui ? »

Mais l'image d'une chemise à fleurs fit son apparition dans l'esprit de Heero.

« Howard ? » demanda-t-il, perplexe.

-§-§-

Quinze ans… Cela faisait quinze ans qu'il ne s'était pas retrouvé dans une cellule de prison. Bien que celle-ci n'était en rien comparable à celles de Oz pendant la guerre, le fait de se retrouver de nouveau enfermé ainsi rendait Duo anxieux. De plus, il était accusé à tort cette fois-ci, quelle ironie !

En temps de guerre, le terrorisme peut passer, on peut réussir à s'en sortir par une pirouette, ce que Duo avait fait maintes fois, mais en temps de paix, ce genre d'actions était impardonnable et cela, il en était conscient. Il avait des doutes sur les raisons de cette accusation, mais il attendait avec angoisse que l'on vienne l'interroger pour qu'il sache de quoi il s'agissait exactement.

Cela ne tarda pas. Il n'avait dû rester que deux ou trois heures dans sa cellule sans explication avant que l'on vienne le chercher. Duo fut emmené dans une pièce aux murs nus où trônaient en son centre une table et deux chaises. Il prit place sur l'une d'entre elles alors qu'un homme d'une quarantaine d'années, habillé en civil, s'installait en face de lui.

« Monsieur Maxwell, » commença-t-il. « Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? »

Duo n'hésita pas dans sa réponse, ses habitudes prises pendant la guerre pour répondre sans vendre la mèche lui revenant naturellement.

« A ce qu'on m'a dit, je serais complice d'actes terroristes. »

« Niez-vous cela ? »

Duo regarda l'homme droit dans les yeux, pas du tout intimidé.

« Je ne vois pas ce qui, dans ma petite vie tranquille, pourrait s'apparenter à du terrorisme. J'imagine que pour m'accuser, vous avez enquêté sur moi et que donc, vous avez vu que je suis un honnête citoyen qui n'a rien à se reprocher. »

L'homme sourit.

« En effet, nous avons enquêté sur vous, mais nous n'avons pas étudié votre train de vie actuel, nous avons plutôt observé votre passé. »

Duo retint sa respiration, inquiet, mais n'en laissa rien paraître.

« Ah bon, et qu'avez-vous trouvé de si intéressant ? »

« Justement, nous n'avons rien trouvé. Pas une trace de vous, ni famille, ni parcours scolaire. Par contre, nous avons retrouvé une église et un prêtre qui portaient le même nom que vous. Un parent ? »

Duo se renfrogna, préférant ne pas répondre. L'homme eut un petit sourire devant ce silence et continua.

« Enfin, ce n'est pas cela qui nous intéresse. Monsieur Maxwell, connaissez-vous un homme qui répond au nom de Howard ? »

Cette question mit les choses au clair. L'arrestation de Duo avait bien un rapport avec sa rencontre avec Howard. Réfléchissant à toute vitesse, se disant qu'il n'était pas bon de nier le lien qui les unissait, il exposa une partie de la vérité.

« Oui, je connais, enfin, je connaissais un homme qui s'appelait Howard. Nous avons eu l'occasion de travailler à la réparation d'armures mobiles ensemble pendant la guerre. D'ailleurs, la ferraillerie où je travaille porte son nom. C'est un peu un hommage que j'ai voulu lui rendre. Il m'a appris beaucoup de choses pendant cette période. Pourquoi ? »

« Parce que nous avons arrêté cet homme, qui tient un rôle dans une organisation terroriste, et qu'il avait votre nom, l'adresse de votre travail et celle de votre appartement dans la poche. »

Duo retint un soupir d'exaspération. Il ne pouvait pas croire Howard si inconscient. Déjà qu'il ne comprenait pas comment il avait pu se laisser arrêter par la police, il s'était fait arrêté avec son nom et son adresse dans la poche. Alors que l'homme attendait une réaction de la part de Duo, ce dernier préféra garder le silence, ne voyant pas ce qu'il aurait pu dire sans se nuire pour le moment. L'homme reprit alors.

« Je vous pose donc la question : collaborez-vous avec cette organisation ou en avez-vous eu l'intention ? »

Là-dessus, ce n'était même pas la peine de mentir, sa réponse était claire.

« Ecoutez, la vie que je mène aujourd'hui me plaît et en plus, j'ai découvert il y a peu que j'avais une fille qui vit maintenant chez moi. Vous croyez vraiment que je pourrais avoir envie de foutre tout ça en l'air ? Je sais que mon cas peut paraître louche étant donné qu'avant la déclaration de paix, je n'existais pas administrativement, mais cela est en grande partie à cause de la guerre. Cette guerre, j'en ai grandement souffert, comme vous sans doute et tant de gens, je n'ai pas envie qu'un autre conflit se déclenche et si l'on me proposait d'en faire partie, je refuserais. »

L'homme écouta avec un visage neutre, mais scrutateur. Une fois qu'il eut terminé, Duo attendit le jugement, quelque peu inquiet tout de même, malgré son innocence. Mais l'homme ne dit rien. Il se leva, se dirigea vers la porte et fit venir un policier qui ramena Duo à sa cellule.

-§-§-

« Mais Duo a refusé son offre et on est partis. Pourquoi, du moment qu'il a refusé, il a été arrêté ? »

Hélène était dans tous ses états, à la limite de la panique, et de voir Heero sans réaction ne faisait qu'aggraver son état. Le jeune homme avait écouté attentivement ce qui s'était passé, comprenant toute l'histoire, mais ne s'en trouvant pas plus soulagé. En fermant les yeux, il se laissa aller dans le fauteuil où il était assis.

« Pourquoi Howard, pourquoi vouloir encore le mêler à tes histoires… »

Quinze ans en arrière, dans une telle situation, il aurait pris les commandes de son Gundam sans perdre une minute et serait allé le faire évader, mais ils n'étaient plus en temps de guerre et les Gundams avaient disparu. Heero devait faire face à cette situation en tant que civil impuissant par rapport à l'autorité représentée par la police. Ils ne pouvaient qu'attendre, lui et Hélène, de savoir ce qu'il allait advenir de Duo.

Mais la jeune fille ne se sentait pas d'attendre sans rien faire. En plus de ne pas apprécier le fait que son père ait été emmené comme un criminel alors qu'il n'avait rien fait, elle s'en voulait de lui avoir parlé comme elle l'avait fait juste avant l'arrivée des policiers. Les mots qu'elle avait dits, elle ne les pensait pas vraiment, cela n'était qu'une pointe de ressentiment qui avait ressurgi à la suite de toutes ces émotions. Mais ce ressentiment, il n'existait plus, il n'avait plus de raison d'être.

Elle se repassait la scène dont elle avait été témoin entre Duo et Howard, de cette lumière rouge sur la poitrine de son père jusqu'à son visage sombre qui s'était déguisé en rentrant dans l'appartement. Puis, elle sembla réaliser quelque chose ; sur le coup, elle avait mal pris ce sourire que Duo avait adressé à son amant en passant la porte, mais elle se rendait compte à cet instant qu'il avait agi ainsi pour éviter que Heero s'inquiète. A elle, Duo s'était permis de montrer son visage soucieux, mais c'était sans doute parce qu'elle était déjà au courant et que donc, il n'avait pas à cacher son trouble en sa présence.

Cela, après cette réflexion, lui fit presque plaisir. Si son père en était arrivé à un point où il était en mesure de lui montrer ses faiblesses, n'était-ce pas là un pas vers elle ? Puis, un autre détail la frappa. Elle se souvint de cette réponse que Duo avait faite à Howard lorsque ce dernier avait proclamé que Hilde aurait repris les commandes immédiatement.

« Si Hilde était toujours en vie, pour la même raison qui me fait refuser ta proposition aujourd'hui, elle aurait dit non. »

Cette raison dont Duo avait parlé, c'était elle. C'était pour ne pas la mettre en danger ou la priver de son père que Duo avait refusé. Hélène en eut presque envie de pleurer. Elle se sentait tellement idiote d'un seul coup. Son père l'aimait, il l'aimait au point de refuser une mission qui, sans enfant, il aurait sans doute accepté avec plaisir, tout cela pour elle.

« Je suis vraiment trop bête ! » s'exclama-t-elle, faisant ainsi relever les yeux à Heero.

« A propos de quoi ? » demanda-t-il, l'air blasé.

Cette expression attrista Hélène, mais elle répondit tout de même, passant outre cela.

« En fait, Duo m'a toujours aimée, je n'ai jamais été vraiment un poids non désiré pour lui. »

Cette réflexion fit froncer les sourcils au jeune homme.

« Et tu ne t'en rends compte que maintenant ? C'est vrai que ça a été dur à digérer, pour lui comme pour moi, mais ce qui a été difficile pour lui, ce n'était pas d'accepter le fait qu'il avait une fille, c'était d'accepter le fait qu'il n'avait pas été mis au courant et que sans le vouloir vraiment, il avait fait souffrir Hilde. Tu as basé ton jugement sur des idées fausses et on en voit maintenant le résultat. »

Il ne put continuer, les mots qu'il voulait ajouter ne pouvant plus sortir à cause de l'émotion. Il repensait à tous les états d'esprit qu'ils avaient traversés, lui et Duo, depuis l'arrivée d'Hélène et c'était plus que ce qu'il ne pouvait en supporter et l'idée que son amant était à cet instant dans une cellule n'arrangeait rien.

Voyant la détresse de Heero, Hélène s'approcha de lui et s'assit à ses côtés sur le canapé. Doucement, elle passa son bras autour du cou du jeune homme qui tourna un peu la tête vers elle pour la regarder.

« Pour toi aussi, ça a été difficile, n'est-ce pas ? Tu penses que je te l'ai volé en quelque sorte, mais je t'assure que même s'il m'a fait une place dans son cœur, la tienne n'a pas changé. Et j'ai l'impression que ça, ça ne pourra jamais changer. »

Heero ne put se retenir davantage et s'effondra dans les bras d'Hélène, en pleurs. Il n'avait jamais été consolé de la sorte par une femme, ou par une autre personne que Duo, mais il retrouvait chez elle les mêmes sensations, à quelques détails près, que lorsqu'il se trouvait dans les bras de Duo. Il avait l'impression que cette petite fille de quinze ans pouvait le protéger du monde extérieur. Puis, lorsque sa respiration fut revenue à la normale, il entendit la petite voix d'Hélène s'élever dans la pièce.

« Dis Heero… Je peux dormir avec toi cette nuit ? »

Sans le dire, il fut heureux d'avoir entendu cela. Il n'aurait jamais osé proposer une telle chose, sachant tous les sous-entendus que cela aurait pu provoquer, mais si cela venait d'elle, il n'y avait pas de problème. De plus, lui-même ne se sentait pas de rester seul cette nuit, sans Duo. La présence de sa fille lui suffirait, cette fille qui en était devenue un peu la sienne aussi.

Tous les deux furent réveillés le lendemain matin par la sonnerie du téléphone beaucoup plus stridente à cette heure que d'ordinaire. En effet, il n'était que six heures lorsque Heero se leva pour aller décrocher le combiné, Hélène non loin de lui.

« Allô ? »

« Monsieur Yuy ? Excusez-moi de vous déranger si tôt. Je suis le commissaire Marshall. C'est moi qui ai eu en main l'affaire concernant Duo Maxwell. »

Heero ne répondit rien, plus sombre que jamais et effrayant presque Hélène. Le commissaire, face au silence de son interlocuteur, continua.

« Après enquête, nous n'avons rien trouvé d'assez convainquant pour maintenir les accusations contre Duo Maxwell et nous allons le libérer dans l'heure qui vient. Etes-vous en mesure de venir le chercher ? »

A cette deuxième intervention, le visage de Heero s'éclaira d'un coup. Il demanda à quelle heure il devait se présenter et raccrocha, heureux. Sans attendre, il expliqua ce qu'il venait d'entendre à Hélène qui en fut aussi heureuse que lui. Ils se changèrent rapidement avant de se mettre en route vers le poste de police.

-§-§-

« Voilà vos affaires. Veuillez contrôler et signer comme quoi tout vous a été remis. »

Duo regarda dans la grande enveloppe qu'on lui avait tendue, récupéra son portefeuille, ses clés et sa montre avant de signer la feuille qu'on lui présenta.

« Les charges contre moi sont donc complètement abandonnées ? Je peux rentrer chez moi ? »

« Oui, excusez-nous pour le dérangement occasionné. »

Duo se sentait bouillir, mais il se retint de faire un scandale. Le dérangement occasionné ? L'accuser d'actes terroristes sans réelle preuve, le faire dormir en prison et l'interroger comme un criminel alors qu'il n'en était plus un et sachant que de vrais criminels étaient en liberté le révoltait. Il se rappelait de ses actes pendant la guerre où il ne s'était presque jamais fait attraper et où, ces quelques rares fois où on l'avait pris, il s'en était tiré sans vraies complications. De plus, il s'imaginait Heero et Hélène à la maison, en train de se faire du mauvais sang pour lui et cela le rendait fou de rage.

Mais il se retint, il ne prononça pas un mot de plus et tourna les talons pour se diriger vers la sortie. En descendant les quelques marches qui séparaient la porte d'entrée du trottoir, il fut ébloui par la lumière du soleil matinal, mais une fois que ses yeux se furent habitués à cette luminosité, il aperçut, à quelques mètres devant lui, son amant et sa fille qui semblaient l'attendre. Mais alors qu'il allait les saluer avant de se diriger vers eux, il vit Hélène courir vers lui et se jeter dans ses bras. Surpris, il l'attrapa tout de même et lui rendit son étreinte.

« J'ai été trop bête, pardon. J'ai agi comme une imbécile. Pardonne-moi Papa. Je t'aime, je t'aime ! »

La surprise mêlée à l'émotion que ces paroles firent à Duo lui coupa le souffle. Sa fille l'aimait, elle l'aimait et elle voulait être aimée en retour. Il la serra fort contre lui en lui caressant le dos.

« Je t'aime aussi, Hélène. Et je crois que je t'aime encore plus maintenant que tu m'as appelé Papa. »

Hélène rougit à ces mots, mais dans leur position, Duo ne pouvait le voir et cela la rassurait. Elle renforça son étreinte, vraiment heureuse de retrouver son père. Heero s'approcha alors à son tour et caressa doucement la joue de son amant alors que les deux hommes échangeaient un regard soulagé.

« Ils ne t'ont pas trop mal traité là-dedans ? »

Duo eut un sourire à cette question.

« Ne t'en fais pas Heero, on n'est plus en guerre et ce n'est pas Oz qui m'a attrapé cette fois. »

Bien que Heero était conscient de ce fait, les mauvais souvenirs qu'ils partageaient en tant qu'anciens soldats terroristes l'avaient hanté pendant toute cette période d'incarcération, mais d'avoir Duo devant lui ainsi chassa toutes ces pensées noires. Après s'être retrouvés, ils reprirent à trois le chemin pour retourner à leur appartement.

-§-§-

Trois ans plus tard

« Hélène, on va être en retard si tu ne te dépêches pas un peu ! »

« Laisse-moi deux minutes Papa, ma coiffure ne veut pas tenir. »

Duo soupira d'exaspération.

« Voilà ce que c'est d'avoir les cheveux longs. Ta mère l'avait bien compris et elle les gardait courts. »

Hélène sortit de la salle de bain, sa longue robe verte un peu de travers.

« Et c'est toi qui me dit un truc pareil ? Je te ferai remarquer que tu as les cheveux plus longs que moi ! »

Duo ricana.

« Oui mais moi, je me coiffe de façon simple et on ne me dira jamais rien vu que je suis un homme. »

Hélène fronça les sourcils.

« Vraiment, Maman et toi, vous vous êtes ratés quand vous m'avez fait. Vous auriez pu vous arranger pour que je sois un garçon, ça m'aurait évité plein de problèmes. »

« Oui, c'est ça. C'est Alex qui serait content d'entendre ça. Mais bon, plutôt que de râler sur le fait d'être une fille, dépêche-toi ou ta cérémonie de remise de diplôme va commencer sans toi. »

La jeune fille, revenant soudainement à la réalité, se précipita de nouveau dans la salle de bain pour arranger sa coiffure. Entre temps, Heero les avait rejoins.

« Bon, c'est pas tout ça, mais je commence à en avoir marre de vous attendre. »

« C'est pas moi ! » s'exclama Duo en levant les mains d'un air innocent.

« En tout cas, je suis toujours en train d'en attendre un. Quand c'est pas l'un, c'est l'autre. Décidément, il y a pas moyen de dire le contraire, vous êtes bien père et fille. »

Duo se renfrogna un peu, détournant la tête, légèrement vexé. Cette attitude fit sourire Heero qui s'approcha de son amant pour le prendre par la taille. Ce contact fit tourner à tête à Duo qui se retrouva très près du visage de son amant. Toute forme d'animosité disparut à cette vision et il se laissa embrasser par son amant avec plaisir. Mais ce moment de tendresse fut interrompu par Hélène qui les bouscula un peu avant de s'exclamer :

« Mais qu'est-ce que vous faites ? C'est pas le moment pour ce genre de choses ! A cause de vous, je vais être en retard ! »

Les deux garçons se séparèrent, outrés, et Duo s'écria :

« Oh, ça c'est trop fort ! Ca fait une heure qu'on t'attend et tu oses dire… »

« Pas le temps, faut y aller ! » le coupa Hélène avant de courir vers la porte d'entrée, suivie de ses deux pères.

Ils prirent le chemin de l'école qu'avait fréquentée Hélène pendant trois ans et où elle avait terminé sa scolarité. Le soleil artificiel de la colonie brillait et donnait une jolie couleur bleue au ciel. Une fois arrivés à l'école, la jeune fille et ses deux pères furent accueillis par Alex qui, bien entendu, les attendait depuis un petit moment déjà.

« J'ai cru que vous n'arriveriez jamais ! » s'exclama-t-il alors qu'elle s'approchait de lui pour l'embrasser sur la joue.

« C'est ce que j'ai cru aussi. Heero n'en finissait plus de se préparer ! » ajouta Hélène sans regarder derrière pour voir l'expression de l'intéressé.

Ce dernier se contenta d'ouvrir de grands yeux en entendant cela et, tournant la tête vers Duo, il dit calmement :

« Pourquoi ça me retombe dessus maintenant ? »

« Cherche pas, ça pourrait être pire après, » lui répondit Duo sur un air faussement angoissé.

Sur ces paroles, ils entrèrent dans le bâtiment et suivirent les autres parents qui venaient voir la fin de la scolarité de leurs enfants tandis qu'Alex et Hélène allaient rejoindre les autres diplômés de l'école. Duo, observant sa fille monter sur l'estrade pour s'emparer de son diplôme, sentit une fierté que jamais il n'aurait pu imaginer ressentir. Encore une fois, il avait la preuve que les liens de sang étaient plus forts que tout.


-FIN-


Note de l'auteur : Je sais que cette fin s'est beaucoup faite attendre et je m'en excuse, mais alors que le chapitre était presque terminé, j'ai beaucoup hésité sur la fin. En fait, j'ai une foule d'idées pour continuer cette histoire, mais je suis dans l'incapacité de le faire en ce moment. Je mets donc une point plus ou moins final à cette histoire, avec une fin qui laisse sous-entendre une suite, pour pouvoir la reprendre lorsque j'aurais un peu plus de temps libre. Ainsi, vous ne restez pas sur votre fin et moi non plus !

En attendant la suite, je vous remercie d'avoir suivi cette histoire, en espérant vous retrouver bientôt ! Merci de me lire.

-Ephemeris-