Chapitre 4 : L'accouchement.

Bella avait de plus en plus de mal à respirer entre les contractions car elles étaient de plus en plus proches. Dégoulinante de larmes et de sueur, hurlant, elle réussit à saisir le téléphone posé sur une petite table près d'elle, elle composa le 15 en tremblant. Epuisée après cet ultime effort, elle s'accroupit par terre. Elle avait comprit qu'Edward ne reviendrait pas, car il avait dépassé une limite qu'il n'aurait jamais dû dépasser. Seulement le bébé arrivait, et Edward avait laissé Bella affronter cela seule. Bella était à demi inconsciente lorsque le samu arriva, elle fut transportée à l'hôpital le plus proche. Dans l'ambulance, elle continuait d'hurler, arrivée à l'hôpital, elle suffoquait presque.

_ Ce n'est pas normal, dit un médecin, la douleur est trop violente, et le bébé arrive trois mois trop tôt !

_ Poussez madame ! dit la sage-femme à Bella.

Bella poussa mais cela n'eut pour résultat que de l'essouffler encore plus.

Le médecin saisit le bras de la sage-femme :

_ Ne lui dites surtout pas de pousser. J'ai l'impression que plus elle souffre, et plus le bébé est fort, il ne sortira pas comme ça.

Bella leva la tête et regarda le médecin :

_ Mais qu'est-ce que vous dites ? Ah, cria-t-elle, aidez-moi !

_ On fait une césarienne ? proposa la sage-femme, inquiète.

_ Non, répondit le médecin. Il faut attendre, il sortira…peut-être.

Le médecin serra les dents, il n'avait jamais connu de pareilles situations. Le bébé avait l'air de gagner en puissance à chaque minute, de résister en quelque sorte à sa mère.

_ Madame ! apostropha-t-il soudain Bella, calmez-vous, ne forcez surtout pas, respirez. Regardez-moi !

Bella prit sur elle, arrêta de hurler, fixa le médecin, le blanc des yeux rougi de peur et de douleur. Le médecin lui prit la main.

_ Ecoutez-moi. Tout ira bien.

Il essayait autant que possible d'être persuasif.

_ Faites moi confiance. Vous devez vous agitez aussi peu que possible. Vous devez oublier la douleur, du moins réussir à la supporter. Parlez-moi, qu'est-ce que vous aimez plus que tout au monde ?

Bella se concentra sur ce que lui disait le médecin, et n'eut pas de mal à trouver la réponse à sa question :

_ Edward. Mon mari.

Se remémorant les derniers évènements, elle pleura en silence et fit un triste sourire au médecin :

_ Il devrait être avec moi.

Le médecin sentait que Bella était sur la bonne voie, elle était déjà beaucoup plus tranquille.

_ Mais il est avec vous, lui dit-il.

Bella écarquilla les yeux. Il avait raison. Edward était là. Avec elle. En ce moment précis. Certes il n'était pas là physiquement, mais cela n'avait pas d'importance. Et tout se passerait bien puisqu'il était avec elle. Lentement, elle reposa sa tête, ferma les yeux, et ne pensa qu'à l'amour intense qu'elle éprouvait pour Edward. Sans s'en apercevoir, elle entra dans un état second, où elle ne sentait plus la douleur ; à moitié endormie, à moitié présente, Bella était sereine. Elle posa la main sur son ventre et lentement, elle sentie son bébé se diriger vers la sortie, alors le médecin le saisit par la tête et l'extirpa. C'était fini. Bella rouvrit les yeux, sourit et regarda sa fille dans les mains du médecin…

_ Ahhhh, hurla le médecin, mais qu'est-ce qui se passe ?

Bella se leva d'un coup.

_ Oh mon dieu ! cria-t-elle.

Car elle venait d'apercevoir sa fille accrochée par la bouche au bras du médecin. La sage-femme se précipita pour l'enlever, elle tira, le médecin cria encore plus fort. Bella aperçut alors que ce n'était pas seulement la bouche de sa fille qui le tenait, mais ses dents. C'était impossible, un bébé n'a pas de dents ! La sage-femme réussit à enlever le bébé et le déposa brutalement dans une couveuse. Elle se retourna alors sur Bella et la dévisagea :

_ Mais qui êtes-vous ? Quel est ce monstre que vous avez fait ?

Bella la regarda, interdite, elle n'avait aucune réponse. D'autres personnes avaient accouru entre temps, alertés par les cris du médecin. Ce dernier gisait à terre, inconscient, vidé d'une partie de son sang. Bella était perdue, ne comprenait rien. A bout de force, elle s'écroula…

Lorsque Bella s'éveilla, elle se trouva dans une chambre d'hôpital. Deux hommes en uniformes étaient assis à ses côtés.

_ Où est mon bébé ? s'écria-t-elle.

_ Ne craignez rien, lui dit un des hommes, il est en lieu sûr.

Mais Bella n'était pas dupe, ces deux hommes lui mentaient assurément.

_ Qui êtes-vous ? lui demanda agressivement l'autre homme.

_ Je m'appelle Bella Cullen.

_ Ca, nous le savons, ricana le premier homme. Nous désirons savoir ce que vous avez de particulier.

Bella se figea. Cette fois-ci, elle eut la certitude que ces hommes ne lui voulaient pas du bien.

_ Donnez-moi mon bébé et je vous répondrai.

Ils rirent à nouveau. Bella était de plus en plus inquiète. Qui étaient-ils ? Qu'avaient-ils fait à sa fille ? Et, enfin, que faisait Edward ?

_ Je vous l'ai dit, reprit l'homme, il est en lieu sûr.

_ Oui, et bien, s'entêta Bella, je veux le voir.

_ Ce n'est pas possible pour le moment, dit d'un ton sans réplique un des hommes.

Un frisson glaça le dos de Bella. Elle devait sortir de cette chambre et vite. Elle avait une perfusion à la main et des tubes dans le nez, tout cela reliés à une machine. Sans réfléchir, elle arracha farouchement tubes et perfusion, la machine émit un son strident dans tout l'hôpital.

Les hommes se levèrent et lui dirent :

_ Nous vous aurons.

Bella s'interdit de paniquer, elle s'était sortie de cette situation pour le moment, c'était l'essentiel. Une fois que les hommes furent partis, elle sauta de son lit, se faufila dans le couloir, des infirmiers arrivaient à l'autre bout. Elle courut dans une direction, elle entrait dans toutes les chambres, dans toutes les salles, bientôt poursuivie par une horde de personnels. Elle courait à une allure époustouflante, analysait les éléments qui l'entouraient en moins de deux secondes. Elle n'avait pas le temps de s'étonner de ses nouvelles capacités car presque tout l'hôpital était à ses trousses. Soudain, elle vit des yeux couleur ocre la fixer, elle se stoppa net : Edward se tenait dans l'embrasure d'une fenêtre, leur enfant dans les bras.

_ Vite Bella, cours !

Bella couru, sauta par la fenêtre ; Edward la rattrapa en plein vol. Ils coururent vers les bois en se tenant par la main, tous deux allant à une vitesse folle, le bébé contre le torse d'Edward, tenu par son autre main.