Chapitre 5 : L'aveu.

Bella et Edward arrivèrent au bois et y pénétrèrent. Ils ne s'arrêtèrent de courir que lorsqu'ils n'entendaient plus le bruit des gens les poursuivant. Essoufflés, ils se lâchèrent la main, et essayèrent de retrouver leur souffle.

_ Waouh, fit enfin Edward, d'où te viens cette faculté à courir aussi vite qu'un vampire ?

_ Je ne sais pas, dit Bella. J'ai découvert cela à l'hôpital.

Bella prit le bébé des mains d'Edward, et le blottit contre elle.

_ J'ai peur, dit Bella, qui sont ces gens qui s'en prennent à nous et notre bébé ?

Edward réfléchit, il avait bien une idée. Il décida d'en parler à Bella.

_ Je pense que soit ils sont au courant pour les vampires et veulent découvrir le premier bébé vampire humain, se l'approprier pour faire des expériences ou autres…

Bella gémit. Cette pensée lui transperçait le cœur.

_ Soit, poursuivit Edward, il s'agit de simples hommes, des agents secrets en quelque sorte, qui ont entendu parler de ce bébé. Mais il y a encore plein d'autres possibilités. Il va falloir être très prudents.

Bella acquiesça.

_ Ils vont continuer à vous pourchasser, dit Edward d'un air songeur.

_ Oui, mais…pourquoi « vous » ? réagit Bella.

Edward se détourna.

_ Edward ! le héla Bella.

Alors, ils se retourna, le visage décomposé, les yeux mouillés, plein de haine, de rage et de désespoir. Il était méconnaissable. Bella en fut bouleversé.

_ Chéri ! lui dit Bella en accourant vers lui.

_ Ne t'approche pas ! dit-il en mettant sa main devant lui pour signifier une barrière. Je ne veux plus que tu aies affaire à moi Bella. Je…Tu ne dois plus me revoir, et tu ne me reverras plus.

Bella sentit une boule dans sa gorge se former et les larmes monter.

_ Mais enfin vas-tu t'expliquer ? s'emporta-t-elle d'une voix enrouée.

Edward se mordit les lèvres, il n'arrivait pas à lui dire. Il porta ses mains à sa tête. Il avait l'air d'un fou.

_ Bella, je…c'est abominable ! hurla-t-il soudain.

Le bébé se mit à pleurer. Bella lui caressa le dos tout en s'éloignant un peu d'Edward. Elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. Il ne disait plus rien, alors Bella dit doucement :

_ Qu'est-ce que tu as fait ?

Edward osa enfin plonger son regard dans le sien. Et Bella savait tout de ce regard. Elle sut à cet instant précis ce qu'allait lui dire Edward.

_ J'ai tué un homme, fit-il comme un aveu qui le dévorait.

Bella blottit le bébé encore plus contre elle, comme pour le protéger, ou pour se protéger elle-même. D'abord apeurée, elle sentit ensuite la colère l'envahir. Pas Edward. Lui qui avait juré ne jamais faire cela. Lui en qui elle avait tant confiance…Lui qu'elle aimait tant.

_ Comment as-tu pu? lui hurla-t-elle comme si elle crachait du venin.

_ Je ne pouvais plus me retenir ! se défendit-il, soit je te tuais, soit je tuais quelqu'un d'autre !

Il se calma deux secondes, respira, et poursuivit :

_ Lorsque je me suis enfuit de la maison, en te laissant seule te débrouiller, j'étais quelqu'un d'autre, ma soif me contrôlait, alors j'ai suivi un homme seul qui allait dans une rue sombre et déserte et je l'ai…

Il ne put continuer tant le dégoût en lui était profond. Bella était écoeurée.

_ Je me hais !!!!!! hurla-t-il de toutes ses forces, et Bella sentit toute la forêt trembler, ainsi que leur enfant frémir contre sa poitrine. Edward était en sueur, les yeux rouges, les larmes lui dégoulinant sur le visage. Bella ne dit rien, car elle ne pouvait rien dire. Soudain, l'amour qu'elle éprouvait pour cet homme était compromis, tout ce qu'elle croyait était bouleversé, la vie lui apparaissait sous un autre angle.

_ Bella, je m'en vais. Et je ne reviendrais jamais. Je suis un monstre, je suis horrible et dangereux. Je ne dois plus t'approcher. Je ne dois plus approcher personne d'ailleurs. Oublie moi. Refais ta vie comme si je n'avais jamais existé. Sois heureuse.

Lentement, il s'approcha d'elle, déposa un délicat baiser sur le front brûlant de la femme qu'il aimait et aimerait toujours. « Adieu », lui murmura-t-il dans un souffle.

Alors il partit, sans se retourner sur ceux qu'il abandonnait, la tête baissée, vers son destin qui l'attendait.