Chapitre 6 : Le début de la fin.
Bella resta seule, figée, au milieu des bois. Maintenant il faisait nuit, et froid. Elle était perdue mais elle s'en moquait bien. Quelle importance ? Le bébé pleurait dans les bras de Bella. Celle-ci, immobile, essaya finalement de consoler son enfant. Mais le bébé continua à pleurer, alors Bella laissa exploser sa colère sur sa fille :
_ Mais qu'est-ce que tu as à brailler comme ça ?? Tu n'es pas malheureuse toi, alors la ferme ! hurla-t-elle au bébé.
Alors elle réalisa ce qu'elle venait de faire, elle couvrit son bébé de tendres baisers en murmurant :
_ Pardonne-moi, pardonne-moi Lili…
Bella se décida à bouger, plutôt par automatisme que par la raison. Elle erra au hasard et finit par sortir du bois, elle retrouva sa route. Marcha, marcha. Puis rentra chez elle. Elle donna à manger à Lili, la mit dans le nouveau berceau qu'elle avait acheté avec Edward. Edward… Bella pleurait. Mais en silence, elle ne voulait pas réveiller Lili. Elle s'assit dans son salon. Comme tous les soirs. Mais ce soir était différent : elle avait gagné quelqu'un et perdu quelqu'un d'autre. Un bonheur compensé d'un malheur. Quel drôle de mélange. Bella était tant perdue dans ses pensées qu'elle n'entendit pas Alice entrer.
_ Hello ! dit joyeusement Alice, où est l'adorable petite fille ?
Elle se figea lorsqu'elle vit dans quel état Bella se trouvait. Bella lui déballa ce qu'elle avait sur le cœur.
_ Bella, je…
_ Chut, l'interrompis Bella, ne dis rien. Il n'y a rien à dire.
Bella s'allongea de telle manière à avoir sa tête sur les genoux d'Alice.
_ Je l'aimais tant…
Alice essuya de sa main les larmes de Bella. Après quelques minutes de silence, Alice s'autorisa à parler à son tour :
_ Bella. Ce qu'a fait Edward est absolument atroce, mais, comment te dire…tous les vampires craquent un jour.
_ Tous, oui. Lui, non. Ainsi, il est comme les autres.
Alice s'emporta :
_ Mais enfin Bella, tu vas laisser partir ton âme sœur ?
Bella se redressa :
_ Et qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Il est dangereux. Et maintenant j'ai un enfant je te rappelle.
_ C'est aussi le sien.
Bella posa sa tête dans ses mains. Elle n'arrivait plus à réfléchir.
_ D'ailleurs, reprit Alice, Carlisle a avancé dans ses recherches. Il se trouve que le bébé vous a totalement déstabilisé, transformé. Ce serait peut-être une sorte de don qu'il a. Mais Carlisle pense que votre enfant en a d'autres. Et tu dois savoir que beaucoup de gens vont chercher à s'emparer de votre enfant, car c'est un « spécimen », si on peut appeler cela comme ça.
Bella se leva.
_ Alice, j'en ai marre. Je ne veux plus entendre les mots vampire, don, spécimen…Désormais une nouvelle vie commence, et je veux qu'elle soit normale. J'ai un enfant et je ne veux pas qu'il connaisse ces mots, ni ce qui les entoure.
_ Et comment comptes-tu faire étant donné qu'il est à moitié vampire ?
Bella haussa les épaules. Alice soupira :
_ Mouai, va te coucher ça vaudra mieux. Je reste ici. Il faut que quelqu'un soit là.
Bella fit un vague sourire à Alice et lui murmura : « merci ». Elle monta dans sa chambre, elle ne comptait pas dormir, juste pleurer seule, en paix…
_ Bella ? Ca va ?
Alice était entrée dans la chambre de Bella. Il était 9 heures du matin. Bella était allongé sur le côté, le visage contre le mur, ses yeux grand ouverts, Lili blottit dans ses bras. Alice s'approcha :
_ La nuit t'a-t-elle aidé à réfléchir ?
Bella répondit sans regarder Alice :
_ Oui. Désormais tout est clair. Je sais ce que je dois faire. Et cela ne plaira à personne, en particulier à moi.
Alice se raidit.
Bella reprit dans un murmure douloureux :
_ Si tel était son choix, je le respecte. A présent, Edward ne fait plus parti de ma vie. Ce qu'il fait m'est bien égal. Je vivrais en dehors de tout ce que j'ai connu jusqu'à maintenant, je protégerais Lili. Elle ne saura rien de son père, ni des vampires, ni de ses dons qu'elle découvrira peut-être. Nous vivrons cachées, personne ne viendra nous déranger.
_ Bella, tu n'es pas sérieuse ! Tu ne seras pas heureuse ainsi.
Bella regarda enfin Alice :
_ Non. Je ne serais plus jamais heureuse.
Bella se redressa dans son lit.
_ Maintenant part Alice, ordonna-t-elle calmement à Alice.
Les larmes d'Alice commencèrent à couler, elle explosa :
_ Bella, je ne comprends pas ce que tu fais ! Cela me révolte ! Tu ne peux pas faire ça ! Non seulement tu laisses Edward partir, mais en plus tu me dis clairement adieu ?!
Bella acquiesça doucement. Alice sortit en claquant la porte, furieuse.
Bella resta seule avec sa fille, dans l'ombre de sa chambre, dans l'ombre de sa vie, un couteau dans le cœur, une larme à l'œil, avec le sentiment d'être morte.
