Voici le prologue de la première fiction que j'ai écrit. Il peut paraître étrange mais vous comprendrez sûrement mieux avec le premier chapitre.
Résumé : AU. Cette histoire se passe à notre époque. Un homme est retrouvé sur une plage, amnésique et blessé. Le seul indice sur son identité est un étrange tatouage. Traqué par la police et par une organisation mystérieuse, il se lance dans une chasse à l'homme désespérée dans le but de retrouver son passé...
Rating : K+ voire M pour certaines scènes, ne venez donc pas vous plaindre après…
Prologue :
Le noir profond du ciel nocturne m'enveloppe. La morsure du froid se fait sentir mais je n'y prête guère attention. Je m'assied sur le rebord du gratte-ciel, pose mon arme et fouille nerveusement dans la poche intérieure de ma veste. Des pas se font entendre derrière moi et une main féminine me tend un paquet de cigarettes. Sans même me retourner, j'attrape l'un des précieux cylindre de papier, le porte à mes lèvres, sort mon briquet, l'allume et tire une bouffée en regardant l'horizon. La main salvatrice se pose sur mon épaule et sa propriétaire s'assied à mes côtés. Je tourne la tête et la regarde. Ses longs cheveux noirs flottent au gré du vent, la lune se reflète dans ses yeux nacrés dépourvus de pupilles. Sa peau blanche ressemble à de la porcelaine et l'impression de fragilité qui émane d'elle est accentuée par son visage doux et paisible.
Elle se penche vers moi et pose sa tête contre mon épaule. Instinctivement, j'étend le bras et caresse lentement sa chevelure soyeuse.
- Que va-t-on faire maintenant ?
Sa voix douce et claire venait de percer le calme envoûtant de la nuit. Je réfléchis un instant à cette question fatidique que je m'était posé à maintes reprises depuis que je connaissais la vérité sur mon identité et mon passé. Je jette la cigarette au loin, vers les lumières de la ville qui s'étendent à nos pieds.
- Je ne sais pas …
J'ai répondu d'une voix faible. La phrase est venue d'elle-même ; un beau mensonge. Je savais exactement ce que j'avais à faire mais je redoutais les conséquences ; pour elle. Je souris intérieurement. Règle numéro un : ne jamais s'attacher. C'est trop tard, un ange est apparu et m'a accompagné le long de ma sortie des ténèbres. Et voila le résultat. J'avais souvent imaginé comment ça se passerait mais maintenant que le moment était venu, j'avais peur. Peur pour un autre mais pas n'importe qui. J'avais peur pour un ange, mon ange. Je saisis mon Beretta, me lève et recule de quelques pas. Elle, confiante comme toujours en l'avenir et l'amour n'a pas bougée. Je la regarde et hésite, puis ma détermination reprend le dessus. Toute trace de ce programme doit disparaître. N113 doit disparaître.
Je souris, les doigts crispés sur la crosse de métal froid. Je lève lentement le canon.
-Pardonne-moi, Hinata.
Un chuchotement porté par le vent. Je presse la détente. Une dernière pensée me vint tandis que le cris de l'arme retentit à mes oreilles. Je vois défiler devant mes yeux tous les merveilleux moments que j'ai vécu ces deux dernières années. Je m'écroule sur l'épaisse couche de neige, d'un blanc vif contrastant avec les ténèbres célestes, recouvrant le toit du building. Je sens une présence à mes côtés et ouvre difficilement les yeux. Je te vois, mon ange… mon amour. Je vois ton visage tordu par la douleur, tes yeux blancs embués par les larmes qui coulent le long de tes joues. Je sens tes douces mains de fée se poser de part et d'autre de mon visage. Je souris malgré la douleur qui me tiraille chaque centimètre de chair et, tendant un bras tremblant, caresse une dernière fois ce visage qui m'a sortit de la solitude.
- Pourquoi as-tu fait ça ?
Ta voix cristalline est étouffée par tes sanglots. Ne pleure pas car c'est pour toi, la personne qui compte le plus pour moi, que je me suis sacrifié. Pour que tu vives, que tu ries et que tu sois heureuse, même si je ne fais pas partie de ce bonheur.
J'ouvre la bouche et, alors que j'allais parler, un liquide rouge et chaud s'échappe de mes lèvres. Un goût de cuivre envahit mon palais. Tu te penches vers moi et colle tes divines lèvres aux miennes. La chaleur de ce dernier baiser se répand dans mes membres, repoussant le froid mordant de cette nuit d'hiver. Mes yeux se ferment lentement, la vie quitte mon corps.
Comment en est-on arrivé là ?
La soif de pouvoir et les ambitions nous consument tous autant que nous sommes, tout comme elles l'ont fait pour moi.
C'est fini, je quitte le champs de bataille. Comme l'a dit mon meilleur ami : « En tant que soldat, nous ne pouvons vivre que pour la guerre. Seul le vaincu est libre de quitter la lutte. Le vainqueur, lui, est condamné à continuer le combat jusqu'à ce qu'il soit vaincu à son tour. »
Cela fait un an et je viens de m'apercevoir à quel point il avait raison.
