Voici le quatrième chapitre ! J'apprécie vos reviews, et même si vu que c'est une traduction vous n'avez pas grand chose à me dire, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ou vos théories ! J'en ai moi-même et n'ayant pas écris l'histoire, j'ai hâte de voir si elles vont s'avérer vraies !
Tooru fut brutalement réveillé par une large main froide et malodorante qui couvrait son nez et sa bouche. Il était sur le point de la mordre et d'envoyer par terre la personne qui se penchait sur lui, lorsqu'il ouvrit les yeux et…
Tetsurou.
L'adrénaline dans ses veines se dissipa, et il soupira, soufflant sur les phalanges qui étaient sur son visage. Tetsurou arborait un sourire triomphant, l'air extrêmement fier de lui. Tooru le fusilla du regard. Ses genoux étaient contre le matelas, de part et d'autre des hanches de Tooru, et ce dernier aurait été horrifié par cette audace s'il ne connaissait pas Tetsurou depuis qu'ils étaient jeunes, assez jeunes pour encore ignorer ce qui se faisait derrière les portes de chambres closes.
— Taph bain chent baufffais.
— Oh, désolé, dit Tetsurou en retirant sa main, qu'est ce que tu dis ?
— Ta main sent mauvais. Où est-ce que t'es allé la mettre ?
— J'ai mis ma jument à l'écurie tout à l'heure, répondit-il avec un léger rire, je ne me suis pas encore lavé les mains.
— Dégoûtant. Vire de là.
Tetsurou obéit et se dégagea, avec ce même rire atroce qu'il devait à coup sûr trouver charmant. Il s'assit au bord du matelas, une seule partie de son visage visible, éclairé par la lumière de la lune qui venait de la fenêtre. Il souriait et parlait en chuchotant, pour éviter qu'Hitoka ne les entende à l'autre bout du couloir. Tooru avait enfin réussi à trouver une chambre au rez-de-chaussée, et il était impressionné de la rapidité de Tetsurou à le retrouver.
— La lune de miel est terminée ? Ou alors le jeune seigneur ronfle ?
Tooru se redressa et frotta ses yeux ensommeillés.
— Qu'est-ce que tu fais là, Tetsu-chan ? Demanda-t-il ignorant soigneusement sa question, Capitaine ou pas, si tu es retrouvé ici tu seras puni.
— Je t'ai dit que je voulais te voir.
— Oui, mais je ne pensais pas que ce serait au beau milieu de la nuit comme un vulgaire voleur.
Tetsurou ressemblait à un voleur : il en avait le sourire, un sourire dangereux qui, si utilisé correctement pouvait même faire de l'effet à Tooru qui le connaissait pourtant depuis beaucoup trop longtemps. Il avait le regard acéré et engageant, et ses cheveux noirs toujours en bataille semblaient indiquer qu'il venait juste de sortir d'une légère bagarre.
Heureusement, il gardait son sourire dangereux pour plus tard, celui qu'il donnait à voir maintenant affichait une espièglerie enfantine.
— Et qu'avez-vous que je pourrais voler mon seigneur ? Il ne vous restait que votre innocence, mais c'est de l'histoire ancienne maintenant, n'est-ce pas ?
Tooru fit la moue.
— Je resterais chaste et pur jusqu'à la fin de mes jours. Laisse-moi tranquille.
Les yeux félins s'écarquillèrent, la bouche entrouverte dans une expression silencieuse de surprise.
— Tu veux dire…
Tooru baissa les yeux, étrangement embarrassé.
— Oui, c'est exactement ce que je veux dire.
— Tu ne me l'as pas dit.
— Je t'ai dit qu'il ne m'avait pas touché.
— Oui, mais j'ai cru…
Il secoua la tête, ses cheveux noirs lui cachant les yeux. Sans plus attendre, son regard redevint sournois, et un avant-goût de son sourire de séducteur apparut sur ses lèvres.
— Dans ce cas, si c'est à cause du stress, je serais ravi de t'aider à t'entraîner.
— Jamais de la vie, rétorqua Tooru.
Ses lèvres avaient déjà été capturées une ou deux fois par celles d'un Tetsurou un peu trop imbibé de vin : c'était des expériences qu'il effacerait volontiers de sa mémoire.
— Et ce n'est pas du tout à cause du stress. Je n'ai simplement jamais était aussi peu attiré par quelqu'un de toute ma vie.
Tetsurou éclata de rire, et se mit sur le lit de façon à ce qu'il soit entre Tooru et le mur adjacent. Il s'allongea de côté, la tête dans la paume de sa main, le coude replié.
— Quelle cruauté. Il n'est pas si vilain que ça.
— Il n'y a pas plus moche.
Les mots lui paraissaient un peu forts quand ils franchirent ses lèvres, car c'était des mensonges, et cela lui coûtait de l'admettre. Iwaizumi avait beau être ennuyeux, simple d'esprit et mal élevé ; Tooru ne pouvait ignorer son dos musclé ni la ligne définie de sa mâchoire.
( Imaginer son toucher n'en restait pas moins désagréable.)
Tetsurou haussa les épaules, aussi bien qu'il put dans sa position allongée.
— Peu importe. En ce qui me concerne, le jeune Iwaizumi ne méritera jamais l'honneur de t'avoir dans son lit.
— Tu me flattes, dit Tooru avec ironie.
Il pensa alors à son mari : il devait certainement dormir quelques étages plus hauts, dans une chambre quelconque. Peut-être avait-il repris la sienne. Tooru eut un frisson de dégoût en s'imaginant leurs têtes partageant le même oreiller, les mêmes draps. Dans un élan de courage soudain, Tooru lâcha :
— Iwaizumi a organisé une réunion avec Karasuno.
Tetsurou se figea, tendu. En voyant le visage sombre de Tooru, il soupira.
— Je suppose que Kageyama sera présent.
Tooru baissa ses yeux.
— Oui.
— C'est…, bredouilla-t-il, c'est bon de savoir qu'il est encore en vie ?
Tooru se força à sourire, et poussa gentiment l'épaule de Tetsurou.
— Je suis content que tu sois toujours là pour voir le bon côté des choses.
Le visage de Tetsurou semblait troublé, et son seul sourcil visible était froncé. Il avait l'air contrarié.
— Tooru...
Tooru se tourna, s'assit en tailleur face à Tetsurou, et remit les draps sur sa taille pour se protéger de l'air frais.
— Je vais te le dire maintenant, vu que tu le sauras à un moment ou à un autre. Le fils d'Iwaizumi a prévu une expédition à Datekougyou.
Tooru prit la main glaciale de Tetsurou, peu lui importait qu'elle soit moite ou qu'elle sente le cheval.
— Je veux que tu viennes avec moi.
La réponse fut immédiate, et Tooru serra sa main.
— Rien ne m'empêchera d'être à tes côtés, Tooru. T'avais même pas à demander.
— Tu es mon ami, pas mon serviteur. Tu n'es pas obligé.
Tetsurou se pencha vers lui.
— Ce sera dangereux ?
— Bien sûr.
Il sourit.
— Bien. Je ne supporterais pas que mes aptitudes ne servent à rien.
— Tetsu-chan, je veux que tu y réfléchisses. Cela voudrait dire que le reste de mon escorte rentrerait à Aoba Johsai sans toi, et Père sera certainement en colère de ton retard…
— Et moi je te dis, dit Tetsurou une flamme dans les yeux, que rien ne m'en empêchera. Pas le seigneur d'Aoba Johsai, pas ton mari, rien.
Tooru, touché, soupira fébrilement.
— Merci.
Un éclat de dents blanches se fit voir.
— Je suis de ton côté, Tooru. Je le serais toujours. Je t'apprécie même quand tu montres le pire de toi-même.
Le chef de clan de Karasuno, Sawamura, n'avait pas beaucoup changé depuis que Tooru l'avait vu pour la dernière fois, il y a cinq ans.
Il était toujours incroyablement bien bâti, avec des jambes puissantes. La seule différence, si Tooru voulait être pointilleux, était les quelques cheveux blancs qui parsemaient sa chevelure de jais. S'occuper du clan Karasuno devait être un travail difficile, et ses cheveux deviendraient certainement intégralement blancs avant qu'il n'atteigne les quarante ans.
Il amena avec lui un groupe d'une dizaine de personnes, tous emmitouflées jusqu'aux yeux dans un tissu épais qui les protégeait du vent glacial. Tous gardaient une odeur équestre, celle du voyage. Du gel était encore accroché à leurs vêtements lorsqu'ils entrèrent dans le hall principal de la forteresse de Seijou. Leur soulagement se fit sentir lorsqu'ils soupirèrent tout en commençant à retirer leurs capes et leurs écharpes : leur peau s'habituait peu à peu à la chaleur du hall.
Tooru et Iwaizumi vinrent à leur rencontre dans la pièce principale, côte à côte, portant des tenues légèrement plus sophistiquées qu'à leur habitude. Tooru se tenait droit, l'expression gardée alors qu'il regardait le groupe remettre leurs manteaux aux servants et se diriger vers l'escalier principal, là où les seigneurs attendaient.
Sawamura fut le premier à les atteindre, le visage chaleureux, mais fatigué.
— Oikawa-sama. C'est bon de te revoir.
Il sourit et tendit sa main gelée pour prendre celle de Tooru, s'inclinant légèrement. Tooru sourit également, avec toutefois moins d'enthousiasme.
— Toujours un plaisir, Sawamura-san.
— Et Iwaizumi-sama, notre première rencontre en personne. Enchanté.
Iwaizumi inclina la tête en signe de respect.
— De même.
Sawamura fit signe au groupe derrière lui qui commençait à déambuler, certains d'entre eux s'émerveillant devant la décoration qui les entourait. Tooru pouvait tous les reconnaître de visage si ce n'est de nom. Un des plus petits du groupe s'approcha pour inspecter une peinture représentant une bataille, et fut immédiatement tiré en arrière par le dos de sa chemise. Il émit un cri, mais se fit taire par un homme à la chevelure déjà entièrement grise.
Sawamura les ignora avec un soupir à peine dissimulé.
— Voici les gens qui nous accompagneront. Sugawara, Shimizu, Tanaka, Azumane, Hinata, Nishinoya, et…
Il n'hésita pas plus d'une fraction de seconde, mais ce fut assez pour qu'une tension naisse au sein du groupe, pour que la grande figure dans le fond baisse la tête.
— Et Kageyama.
Tooru déglutit, gardant une expression neutre.
Iwaizumi s'approcha, sans faire cas de la tension soudaine qui était apparue.
— Vous devez avoir très froid. Du thé chaud et de la nourriture vous attendent dans une autre pièce. Suivez-moi, je vous prie.
— C'est parfait. Merci.
L'homme aux cheveux gris, qui s'appelait Sugawara selon les souvenirs Tooru, se plaça immédiatement aux côtés de Sawamura alors qu'ils quittaient le hall principal. Son visage se distinguait par une beauté efféminée, et Tooru ressentit une étrange sorte de filiation envers lui. Le reste du groupe suivit par paires, certains d'entre eux réussissant à parler à voix basse, là où d'autres échouaient lamentablement. Le plus petit ( Tooru n'arrivait pas à mettre un nom sur son visage) qui s'était mis à côté de la figure renfrognée de Kageyama, faisait partie de ses derniers : quand Tooru avait jeté un œil derrière lui, le garçon sautillait avec agitation, montrant du doigt chaque détail du château. À côté de lui, le visage de Kageyama n'exprimait pas de l'agacement, ou de la colère, mais plutôt une sorte d'acceptation résignée et exaspérée.
Comme c'est étrange.
Tous s'assirent dans une longue pièce couverte de tatami, et de coussins moelleux aménagés en rectangle. Du thé leur fut servi, et avant même que celui-ci refroidisse, les plats furent apportés, tous présentés sur des plateaux différents : il y avait du crabe à la vapeur, des bols de riz blanc et de légumes marinés accompagnés de travers de chevreuil à l'orange. Le groupe de Karasuno mangeait bruyamment, mais Sawamura et Sugawara étaient assis tranquillement dans un coin avec Iwaizumi et Tooru pour s'entretenir en privé.
Sugawara n'intervenait que rarement, se contentant de venir au secours de Sawamura, quand celui-ci n'arrivait pas à trouver les bons mots pour exprimer sa pensée. Sinon, il portait ses baguettes à sa bouche sans bruit, ses yeux brillants d'intelligence alternant entre son plat, son groupe, Sawamura, les seigneurs, pour revenir finalement à son plat.
Même la façon dont Sawamura était assis donnait une impression de puissance : un arbre pouvait lui tomber dessus, lui resterait intact, toujours droit et fier. Il mangeait en parlant, mais de façon si polie que Tooru ne remarquait guère que de temps à autre un grain de riz restait sur ses lèvres avant d'être retiré par sa langue.
— Je pense avoir compris une grande partie de la situation dans la lettre. Une affaire terrible, particulièrement pour les femmes. Je ne sais pas comment les gens du nord font pour lutter.
Iwaizumi était assis si près de Tooru qu'ils pouvaient sans mal se partager le contenu de leurs assiettes. Cela étant dit, il avait à peine touché à son propre repas : il avait plutôt arrangé les légumes et la viande pour donner l'impression d'avoir mangé, mais Tooru nota qu'il n'avait rien avalé. Une fois encore, Tooru se demanda ce qui avait mal tourné pendant l'éducation d'Iwaizumi.
— Le peuple du nord est généralement en sécurité dans les montagnes, mais c'est précisément cette solitude qui les rend vulnérables. De ce qu'Aone m'a dit, il semblerait que le groupe qui les terrorise ne soit pas gigantesque. Leur petit nombre leur permet d'emprunter les petits sentiers. Cela leur permet aussi de partir et de revenir avec leur butin plus rapidement.
Iwaizumi planta ses baguettes dans la viande de cerfs, sans quitter Sawamura du regard.
— Cela étant dit, ils ne sont pas inexpérimentés. Les hommes les plus forts des villages n'ont pas eu la moindre chance, leur manque de ressource mis à part. C'est pourquoi je pense que nous devrions adopter une tactique similaire, dit-il, un petit groupe d'hommes expérimentés.
Sawamura sourit.
— Nous sommes expérimentés.
Iwaizumi lui offrit en retour un sourire à peine visible :
— Je sais.
— Bien sûr, intervint Tooru en envoyant un regard dégouté en direction d'Iwaizumi, une tentative de négociation pacifique reste notre priorité. Même si cela semble peu probable, vu que nous leur demanderons d'importantes compensations pour leurs crimes. Le remboursement intégral de tout ce qui a été volé, et des informations sur les personnes enlevées. Si ça n'aboutit pas, ce qui risque d'arriver, nous n'aurons alors pas d'autre choix que de les interroger par la force.
— On espère que ça n'en arrivera pas là, ajouta Iwaizumi, mais je crois savoir que Karasuno à l'habitude des batailles.
À ce moment-là, Sawamura regarda Tooru de manière appuyée, prudemment.
— C'est vrai. Des fois c'est nécessaire.
— Et des sacrifices doivent être faits pour le bien de tous, ajouta Tooru un peu plus haut, sachant que sa voix porterait dans toute la pièce.
Les conversations alentour se turent peu à peu, et quelqu'un se racla la gorge. Iwaizumi chercha Tooru des yeux pendant un instant.
Il y eut une pause gênée que Sawamura tenta de combler en fredonnant et en prenant une importante portion de riz. Sugawara tenait sa tasse de thé sur ses genoux, ses sourcils fins froncés. Quand Sawamura eut fini sa bouchée, il posa ses paumes sur ses genoux repliés.
— Plusieurs de mes hommes sont restés en retrait pour nous rejoindre en chemin. Ils avaient quelques affaires à régler à Karasuno pour moi, avant de partir. Ils iront en éclaireurs.
Iwaizumi hocha la tête.
— Le temps nous est compté. Quand êtes-vous prêt à partir ?
Sawamura sourit, épuisé.
— Nous sommes prêts quand vous l'êtes, mais je dois admettre qu'un ou deux jours pour nous reposer ne seraient pas de refus.
— Très bien. On part dans deux jours.
Sugawara se pencha, le visage amical et ouvert, même si les instincts de Tooru suspectaient que quelque chose de plus sombre se cachait derrière.
— Comme l'a dit Daichi, nous serons ravis de vous aider. Mais ça nous laisse la question du paiement.
Sawamura sursauta.
— Suga…
Sugawara sourit à Tooru, ignorant la protestation.
— Je suis sûr que tu comprends que les mots sont du vent dans le monde dans lequel nous vivons. Je te fais confiance Oikawa-sama, mais maintenant, tu fais partie d'une autre faction. Tu pourrais tout aussi bien être un étranger.
Tooru prétendit que ces mots ne le blessèrent pas autant qu'ils le firent. Bien sûr, les préoccupations de Sugawara étaient compréhensibles. Même en faisant partie de la noblesse, il y en avait qui profitait de leur position et n'était guère plus que de vulgaires escrocs. Et même si Karasuno avait eu par le passé des liens avec Aoba Johsai, les seigneurs de Seijou leur étaient inconnus ; Iwaizumi le père comme le fils. Il avait raison de se méfier.
— Quelle est votre offre ? Gardez à l'esprit que c'est une mission à haut risque. Des vies sont en jeu.
Sugawara sourit :
— On ne peut se permettre de se brader.
Peu importe ce que tu nous offres, ça a intérêt à en valoir la peine. Le message n'aurait pu être plus clair que s'il l'avait écrit à l'encre noire sur son front.
— Quand nous commencerons inévitablement le commerce du fer avec nos voisins, dit Tooru, un dixième sera reversé à Karasuno pendant une année entière. Ça n'a pas l'air énorme, mais je vous demande de bien vouloir imaginer la quantité que nous allons obtenir. Avec un royaume aussi grand que celui de Seijou, ce sera substantiel. Ça vous semble acceptable ?
Il prit un moment pour considérer la proposition, le sourire toujours aux lèvres, la tête légèrement penchée. Tooru lui sourit également, tout aussi doucereux, et attendit qu'il hoche la tête, lentement.
— Cela me semble honnête, déclara enfin Sugawara, Daichi ?
Sawamura eut l'air assez embarrassé, mais hocha également la tête.
— Erm, oui. Je suppose que oui.
— Très bien, nous avons un accord.
Et Sugawara revint à sa tasse de thé, qu'il sirota délicatement, tandis que Tooru prit une bouchée de son plat, pensant que cet homme n'était pas quelqu'un qu'il fallait avoir comme ennemi.
Il n'avait pas fait grand-chose de sa journée, à part se reposer, manger, et parler, mais Tooru se sentait quand même exténué une fois le dîner achevé. Le groupe de Karasuno était sur le point de tomber de fatigue après leur voyage de plusieurs jours, et la plupart luttaient contre le sommeil à table, alors que les seigneurs avaient apposé leur sceau sur les contrats faits de parchemins épais.
Les servants les conduisirent tous dans leurs chambres d'invités et commencèrent à nettoyer la salle, Tooru profita donc de ce soudain mouvement d'activités pour s'échapper. Il n'était pas sûr d'où il voulait aller, il savait seulement qu'il avait passé la plus grande partie de la soirée aux côtés d'Iwaizumi, et qu'il avait besoin d'un moment seul. C'était difficile de se concentrer sur d'éventuels plans pour des provisions ou de violents scénarios lorsqu'il avait décidé d'ignorer le quart du groupe. C'était difficile d'ignorer quelqu'un quand sa cuisse était collée contre la sienne. C'était frustrant et agaçant, et Tooru avait besoin d'aller dehors respirer un peu d'air frais et de se rappeler toutes les choses vulgaires qu'avait à un moment prononcées son mari.
Il se trouva face à une imposante porte shoji dans un couloir sombre accolé au mur intérieur du château ; il la fit coulisser et put apercevoir une allée en plein air rectangulaire, protégée par un surplomb et des piliers de bois. Cette allée menait à une cour intérieure, débordante de plantes du jardin extérieur. Encore des bassins et des cascades, ainsi que les restes de ce qui devait être des nénuphars d'été. Les pierres étaient arrangées d'une façon asymétrique, de même pour les arbres : des érables se mélangeaient aux genévriers, leurs branches non taillées. Tout ici avait l'air moins entretenu : le parquet en bois, les longs pans de la porte coulissante étaient éraflés ; comme si on ne s'attendait pas à ce que quelqu'un d'important se retrouve dans cet endroit. Une partie de lui voulu s'en plaindre, mais il ne pouvait nier la sensation agréable de l'air glacial sur son visage, à quel point il était plaisant d'être à l'extérieur sans pour autant faire face à des regards hasardeux ou avides. Pas de servants pour le déranger, pas de soldats pour le reluquer, pas de messes basses quant à son expérience des plaisirs de la chair parce que quelqu'un d'aussi mignon que lui devait forcément être un bon coup.
Un bruit se fit entendre derrière lui, léger comme le début d'un grincement. Quand il tourna la tête, se rappelant trop tard qu'il avait oublié de fermer la porte derrière lui, il se figea. Pendant un moment, il craignit que ce ne soit Iwaizumi venu pour le tourmenter, mais les lumières éclairaient un autre visage, et quelque chose en Tooru se glaça. Les cheveux étaient si noirs que Tooru pouvait jurer y discerner des reflets de bleus. Il était plus grand et plus large des épaules, mais il restait un garçon. Toujours un idiot à n'en point douter.
— Tobio-chan, se moqua Tooru, tu viens finir ce que tu as commencé ?
Ses pas étaient presque inaudibles, comme si en ne faisant aucun bruit Tooru ne serait pas offensé par sa simple existence. Il secoua la tête, une pointe de colère dans ses yeux qui fixaient ceux de Tooru.
— Non, Oikawa-san.
— Le temps des excuses est derrière nous, Tobio.
Il posa une de ses mains contre l'un des piliers, en regardant ses propres doigts fins caresser la surface lisse.
— Ne m'adresse pas la parole si ça n'a rien à voir avec la mission actuelle. Ne me regarde pas sauf si c'est absolument nécessaire.
Il se tourna pour sourire face à l'obscurité derrière l'épaule de cet idiot.
— Allez du vent. C'est l'heure pour les enfants d'aller au lit.
— Oikawa-san, répéta Kageyama.
Ses yeux, autrefois ronds, enfantins et enthousiastes étaient maintenant réduits à des yeux plissés et froids, de la couleur des écailles d'un ayu.
— Je ne savais pas que tu allais te marier.
Tooru inclina la tête.
— Il y a plein de choses que tu ne sais pas, Tobio. Ne laisse pas ça te contrarier.
Kageyama serra les poings.
— Je veux…
— Tout le monde se fout de ce que tu veux. Honnêtement je pense que tu en as déjà assez comme ça.
Tooru s'approchait à chaque mot, une horrible émotion naissant dans sa poitrine alors que Kageyama palissait. Ils étaient face à face, Tooru plus grand de quelques centimètres.
— Une vie dans le confort sans réelle responsabilité. Tu n'es pas obligé de rester à Karasuno. Tu as un talent inné et tous tes membres sont en état de marche. Tu n'as pas été marié de force à un homme qui n'en aurait rien à faire si tu t'étouffais avec ton dîner.
Tooru passa sa main dans les cheveux de jais fins, et en prit une poignée. En souriant, il tira une fois puis le lâcha. Kageyama le laissa faire.
— Donc non Tobio. Je ne veux pas savoir ce que tu veux.
Kageyama resta silencieux, une expression indéchiffrable sur le visage.
— Bonne nuit.
Et Tooru lui sourit une dernière fois, lui passa devant, et lui donna volontairement un coup d'épaule. Kageyama chancela, mais resta sur ses deux pieds. Tooru le laissa seul à pleurer (il l'espérait en tout cas), mais il était plus probable que Kageyama allait fixer son ombre d'un air renfrogné jusqu'à ce qu'il se rappelle que ce château lui était étranger. Il avait toujours était un idiot : perspicace, mais pas pour les bonnes choses. Tooru espérait qu'il ne retrouverait pas son chemin et qu'il ait à dormir à même le sol quelque part jusqu'à ce qu'un servant ne le retrouve au matin. Imaginer la scène améliora considérablement son humeur.
En retournant dans le couloir, il trouva Iwaizumi adossé au mur, la tête légèrement penchée pour regarder un papillon de nuit voler lentement autour d'une des torches. Son expression était des plus étranges : de la douleur, de la contrariété, et de la colère, le tout sur le même visage. Quel espion médiocre. Tooru réprima un grognement. Il n'avait vraiment pas de chance ce soir : le but d'aller prendre l'air seul était de mettre de l'espace entre son mari et lui. Iwaizumi devait tout gâcher, comme d'habitude.
— T'aimes bien écouter aux portes ? cracha Tooru.
Il fit mine de lui passer devant également, mais Iwaizumi se décala du mur et lui attrapa le bras, l'empêchant de partir. Son expression étrange avait laissé place à son air renfrogné habituel.
— Oui. Ça m'a ouvert les yeux.
Tooru retira son bras de son emprise.
— Ne me touche pas.
— Il est tard, dit Iwaizumi d'une voix surprenamment douce, tu devrais dormir.
— Ma chambre m'a été volée par ses brutes. Où exactement suggères-tu que…
— L'escalier des servants, proposa Iwaizumi, l'intention évidente.
Il n'avait pas répondu au ton agressif de Tooru. Peut-être était-ce la fatigue, ou bien la pitié, ou une combinaison des deux, mais il garda sa voix basse, continuant de prétendre d'être le plus mature des deux. Un rictus se forma sur les lèvres de Tooru :
— Et dormir dans une chambre qui empeste ton odeur ? Non merci.
— Il est tard, répéta Iwaizumi, tu es fatigué. Je suis fatigué. Si tu as envie d'être médisant, attends demain matin.
Il était fatigué. Il était fatigué d'être ici. Il était fatigué de ce mariage sans amour. Il était fatigué d'être loin de Keiji, des deux garçons d'écurie Takahiro et Issei, et du parfum floral des cheveux de sa mère. Il était fatigué de haïr Kageyama, parce c'était tellement difficile de haïr quelqu'un qu'on avait tant aimé.
— D'accord.
Sur un coup de tête, Tooru plaça ses doigts sur le cou d'Iwaizumi, et le regarda pour jauger sa réaction. Iwaizumi écarquilla légèrement les yeux et s'immobilisa complètement. Tooru fit un pas, puis deux, sans jamais le quitter des yeux. Lorsqu'il se trouva au niveau de l'épaule d'Iwaizumi, ses doigts s'étalaient sur la peau tendre de sa gorge, sa paume pressée contre sa pomme d'Adam. Iwaizumi n'avait toujours pas bougé. Sans aucun autre avertissement, Tooru s'accrocha au dos d'Iwaizumi en un geste fluide, et comme par réflexe, Iwaizumi lui attrapa les cuisses. C'était légèrement moins gênant que la première fois. Il craignait que son cœur ne se fasse sentir entre les couches de chairs et de tissu.
— Audacieux, commenta Iwaizumi.
À la surprise de Tooru, il ne se moqua pas plus de lui que ça. Il commença à marcher et l'esprit de Tooru se rappela peu à peu du chemin jusqu'aux fameux escaliers. Heureusement, ils ne croisèrent personne.
— Tu comptes en faire une habitude ? murmura Tooru, ses lèvres effleurant l'oreille d'Iwaizumi, juste pour voir sa réaction.
Ce dernier eut un léger frisson et détourna sa tête, mais n'indiqua pas outre mesure qu'il avait ressenti quelque chose.
— Notre chambre est sûre, répondit-Iwaizumi comme si c'était une réponse satisfaisante, la plus sûre de tout le château.
— Ta chambre est ennuyeuse. Pourquoi est-elle si vide ?
— Tout ce à quoi je tiens y est caché. Idiot.
La seule pensée qu'Iwaizumi pouvait aimer quoi que ce soit d'autre que son wakizashi était inconcevable.
Tooru ignora la pique pour le moment :
— Pourquoi ? De quoi donc pourrais-tu avoir peur ?
Le ton d'Iwaizumi devint étrange :
— Ces choses restent cachées pour pas qu'on me les vole. Évidemment.
— Évidemment, imita Tooru d'une voix aiguë.
Immédiatement il fit une grimace de dégoût : cet homme faisait vraiment ressortir le pire (le plus puéril et détestable) de sa personnalité.
Ils montèrent l'escalier dans un silence relatif, et une fois encore Iwaizumi fit le voyage sans grand effort. Il fut extrêmement attentionné en reposant Tooru sur ses pieds, une fois arrivé dans la chambre. Les bougies étaient déjà allumées, mais l'atmosphère était bien moins romantique que lors de la première nuit ; les draps de soie recouvraient toujours le matelas, mais étrangement se faire porter jusqu'à la porte sur le dos de son mari lui semblait moins intime que de l'attendre, tendu, dans sa robe de chambre. Pour une raison inconnue, Tooru laissa ses mains s'attarder sur les épaules d'Iwaizumi alors qu'il était remis sur ses pieds. Il se détacha lentement, les doigts parcourant ses bras, avant de s'écarter.
Son estomac se retourna et ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes. Son dégoût lui donna envie de vomir.
Iwaizumi s'avança dans la pièce et souffla sur toutes les bougies, excepté celles près du lit. La fumée tourbillonnait doucement, et son effet était plus étourdissant que de l'encens pour Tooru.
— Je dormirai ici avec toi ce soir. Ma chambre d'invité a été également réquisitionnée.
Il se secoua, et se pinça le dos de la main. Il se rendit compte qu'il était resté silencieux pendant trop longtemps lorsqu'Iwaizumi se tourna pour le regarder, les sourcils levés, l'air condescendant. Tooru détourna la tête.
— Très bien. Ne me touche pas.
Iwaizumi pouffa.
— Ton narcissisme est admirable.
Il s'excusa puis partit dans la salle d'eau, et Tooru, n'ayant que faire de se changer ou de se rafraîchir, s'installa entre ces draps familiers au toucher. Il se coucha le plus au bord possible sans s'enfoncer dans l'espace entre le lit et le mur, et il ferma les yeux, prétendant dormir lorsqu'il entendit Iwaizumi arriver. Il sentit l'odeur caractéristique de la fumée d'une mèche que l'on venait d'éteindre alors que la dernière bougie venait d'être soufflée.
— Ah. Ce matelas m'avait manqué.
Tooru ne répondit pas. Il sentit le matelas ployer et un autre corps le rejoindre entre les draps et il ne put s'empêcher de se raidir, même s'il essayait de rester détendu.
— À cause de ces quelques jours où tu m'as banni de cette chambre, tu vois.
Il détestait sentir le matelas bouger tandis qu'Iwaizumi essayait de se mettre dans une position confortable, la nuque traversée de frissons de gêne : il se sentait vulnérable. Si cela devait en arriver là, il ne pensait pas qu'il serait capable de se retenir si Iwaizumi tentait quelque chose. Si cela devait en arriver là, Tooru ne pourrait pas juste l'immobiliser : il le tuerait sûrement.
Contre son esprit rationnel, il tourna la tête et ouvrit un œil curieux quand Iwaizumi poussa un long soupir contemplatif. Les lumières des lanternes du couloir traversaient le papier des portes, et il pouvait distinguer Iwaizumi regardant le plafond, les mains pliées sur son torse. Il avait l'odeur de la crème au parfum fleuri qu'on lui avait proposé lors de cette première nuit.
— Oui, dit Iwaizumi, ça fait du bien d'être là de nouveau.
En disant cela, il avait levé les bras pour les étirer, l'un des deux frappant le visage de Tooru. Tooru, à son grand désarroi, poussa un cri : il se redressa d'un coup, feulant comme un chat.
— Je t'ai dit de ne pas me toucher.
— C'est vrai ?
La main se retira, mais en un instant Iwaizumi s'était mis sur le côté, et pinça de son autre main la joue de Tooru. Il tira jusqu'à ce qu'il ait mal.
Tooru écarta sa main, horrifié.
— Je viens de dire…
Iwaizumi s'assit également, arborant un air amusé perceptible même dans la pénombre.
— Ce que je trouve injuste c'est que tu as le droit de me toucher, dit-il en touchant des doigts la gorge de Tooru comme pour le lui rappeler, mais que moi je n'ai pas le droit de te toucher.
Tooru n'était vraiment pas d'humeur à débattre de ce qui était juste ou non.
(Il ne pouvait, néanmoins s'empêcher de repenser à ses lèvres effleurant l'oreille d'Iwaizumi. Très, très injuste.)
— Arrête !
Iwaizumi sourit.
— Je ne pense pas. Je ne m'étais jamais rendu compte que c'était si amusant de malmener quelqu'un.
— Je vais te tuer !
Ses doigts mourraient d'envie de se serrer une nouvelle fois autour de sa gorge, pas si gentiment cette fois-ci.
Iwaizumi ricana.
— Quelle violence.
— Tu m'as frappé au visage !
Iwaizumi se rallongea, comme s'il n'avait que faire de leur conversation.
— C'était un accident.
Tooru se défit des couvertures, et se mit sur ses genoux pour sortir du lit.
— Je vais dormir dans la baignoire. Bonne nuit.
Il se tendit lorsqu'une main fut brièvement posée sur le bas de son dos.
— Oikawa, reste. Je m'excuse. J'aurais dû savoir qu'il ne fallait pas s'essayer à l'humour quand on en avait aucun.
Son ton était clairement moqueur et pas du tout désolé, mais le contact soudain de l'air froid contre sa peau rendait l'idée de dormir dans une cuve de métal très peu attirante. Lentement et à contrecœur pour montrer son mécontentement, Tooru se recoucha sur le dos. Il se tourna pour faire face à Iwaizumi, et ainsi mieux anticiper ses futures attaques potentielles.
Il le fusilla du regard, les yeux scrutant son visage obscur. Ils étaient trop proches. Dans un élan vindicatif, il espérait sentir le crabe.
— Tu te comportes bizarrement, dit-il suspicieux, je pensais que tu me détestais. Pourquoi tu me parles ?
— Je te déteste, c'est vrai, confirma Iwaizumi dans un murmure.
Tooru souffla, et s'apprêta à se tourner lorsqu'Iwaizumi continua :
— Je te déteste, c'est vrai, répéta-t-il, mais on va voyager ensemble pendant un bon bout de temps. On partagera la même tente. Et contrairement à ce que tu penses, je ne souhaite pas vraiment que tu t'étouffes avec ton dîner, même si l'idée est de temps à autre plutôt agréable.
L'éclat de ses dents se percevait dans le petit sourire qu'il lui offrit. Tooru était content de l'obscurité qui dissimulait la teinte rosée qu'avaient sûrement prise ses joues.
— Ce que je veux dire c'est que si quelqu'un doit faire un putain d'effort, autant que ce soit moi.
Alors c'était bien de la pitié qui avait été la cause de ce visage sombre dans la cour. Il ne pensait pas Iwaizumi capable de beaucoup de sympathie, et certainement pas de s'en soucier suffisamment pour agir en conséquence. Mais il se souvenait d'un petit garçon avec de la terre sur le nez, et d'un adolescent dégingandé qui fronçait souvent les sourcils, mais qui n'était jamais méchant.
Peut-être (peut-être, peut-être) qu'il restait un fragment de cette même personne enfouie à l'intérieur. Ce n'était pas impossible.
Mais c'était quand même très, très peu probable. Tooru avala sa salive, et soupira.
— Quelle vulgarité.
— Oh ? C'est moi qui suis vulgaire ? Ceux qui sont de mauvaise foi sont les plus vulgaires, tu ne crois pas ?
Tooru se hérissa.
— De quoi tu parles ?
Iwaizumi leva les yeux au ciel.
— Le menteur ne réalise même pas qu'il ment.
— Va te faire foutre.
Iwaizumi sourit.
— Qu'est-ce que je disais.
— Pfff.
À cet instant, il se retourna, dans l'intention d'ignorer son mari jusqu'à ce qu'il soit forcé de le revoir demain matin. Il se sentait extrêmement mal à l'aise de fermer les yeux aux côtés de quelqu'un qui pourrait très bien être un ennemi. Mais la respiration lente et régulière d'Iwaizumi était un rythme dans lequel il était facile de se perdre. Il se concentra sur cela, sur ses propres battements de cœur et sa respiration, essayant de les ralentir. Après quelques minutes, cela avait fonctionné ; il avait simplement à imaginer que le corps à côté de lui était celui de Tetsurou, ou de Keiji et c'était facile d'oublier qu'il n'était pas chez lui. C'était aussi douloureux qu'apaisant.
Il commençait à s'endormir, une fois que son cœur s'était suffisamment calmé pour pouvoir se concentrer sur le sommeil. Il était au bord de l'inconscience, dans la limite floue où il pouvait sombrer à n'importe quel moment. Mais on le ramena à la conscience, impoliment, avec un nom, murmuré par une voix qu'il ne reconnut pas.
— Oikawa.
— Hmmm.
Tetsurou ne pouvait pas attendre le matin pour l'embêter ? Qu'est-ce qui était si important pour ne pas pouvoir attendre qu'il soit réveillé ? Et bien qu'il n'ait jamais était très énergique ou attentif au réveil, pour Tetsurou, il serait ravi d'essayer.
— Si tu pouvais manger quelque chose maintenant, n'importe quoi, qu'est ce que ce serait ?
Tooru fronça les sourcils. Quelle question étrange. Il n'était pas sûr si c'était un rêve ou non, mais une partie de lui appréciait la chaleur contre son dos. Elle lui rappelait un coin doré par la lumière du soleil, les nouvelles feuilles printanières et une peau douce et mûre contre ses lèvres.
—... une pêche, parvint-il à marmonner.
— Ah.
Tooru sut qu'il rêvait lorsque des doigts effleurèrent tendrement sa nuque. Tetsurou avait toujours était inutilement affectueux.
— Je vois qu'il y a des choses qui n'ont pas changé.
J'espère que vous appréciez cette histoire autant que j'apprécie la traduire :)
