Note de moi: Bonjour très chers lecteurs.
Tout d'abord, je m'excuse platement de notre ( en fait, c'est mon ) horrible retard, mais j'ai eu quelques soucis avec Internet et dans ma famille. Maintenant, on va pouvoir rattraper le temps perdu.
Nous vous présentons donc notre deuxième chapitre de cet étrange échange de missives. On s'est longtemps concertées, et nous sommes d'accord pour vous présenter quelque chose de très noir sur le plan sentimental. La passion dans tout ce qu'elle peut avoir d'obscur. Donc vous êtes prévenu(e)s.
Je ne vois pas trop ce que je peux vous dire d'autre, à part l'éternel merci de nous lire, merci de nous laisser des commentaires, très bonne lecture et à la prochaine fois! D'ici Mercredi apparemment pour les impatients.
Pil': Merci encore d'être avec moi dans la fic la plus étrange que je vais écrire, je pense. Tu fais un excellent Draco et ton style et magnifique, j'attends la suite de notre lettre!
Bizouxxx!
Chapitre trois : De l'envol d'un papillon à la morsure du feu.
- Draco -
Bravo. Je dois reconnaître que tu m'as bien eu, dans ta première lettre, avec tes fausses confidences. Si j'avais eu un cœur, j'aurais pu m'émouvoir.
Tu es surpris par mes mots, mon style. Excuse-moi de m'exprimer correctement. Excuse-moi d'avoir des principes. Je pourrais te traiter de connard – ce que tu es, à n'en pas douter. Je ne le ferai pas .Ce n'est pas mon éducation.
Cependant je vais faire un effort de simplification afin que tu me comprennes bien, et que tu n'aies pas à relire plusieurs fois ce courrier pour en appréhender le sens.
Tu te réjouis de ma déchéance. Tu me trouves pathétique. Ca te fait rire. Soit.
Sache que j'aurais pu en faire autant, à la lecture de ta lettre.
Me réjouir que le héros, le Survivant ait des états d'âme. Me réjouir du fait que tu ne profites pas pleinement de ta gloire - largement usurpée, à mon avis.
Parce que si tu n'avais pas été porté à bout de bras par tes valeureux amis, par Dumbledore et mon propre parrain, si tu n'avais pas bénéficié de leur sacrifice, tu ne serais pas là pour te réjouir de mon malheur, crois-moi. Et si tu n'avais pas bénéficié également in extremis de l'aide de certains Mangemorts- ma mère, pour ne pas la citer - Salazar ait son âme - tu ne serais pas en train de cracher sur leur tombe.
Alors tu pourrais au moins avoir la décence de cacher ta mauvaise joie, à défaut d'être reconnaissant.
A vrai dire je n'imaginais pas autant d'ignominie et de bassesse de ta part, Harry Potter.
Comme quoi, effectivement, je ne te connais pas.
Est-ce l'ivresse de la victoire, les séquelles des années perdues ? Ou as-tu toujours été cet être abject que tu es devenu ??
Tu as bien caché ta noirceur. Tu nous as bien eus, tous, avec tes airs angéliques. Tes mines grandioses, tes remords feints. En fait, il n'y a que le malheur qui te fasse du bien, actuellement, comme le pire des charognards. Pas de quoi être fier, Harry Potter…
En terme de déchéance, la tienne dépasse largement la mienne, parce que moi, je n'ai jamais caché ce que je suis. Et, ne t'en déplaise, je ne me suis jamais renié.
Tu dis que je vis dans une prison de solitude. Ca m'évite à avoir à fréquenter des renégats dans ton genre, et c'est un vrai repos, crois-moi.
Parce que je ne suis pas qu'une âme errante ici, pour répondre à ta question, je suis bien ancré dans ce coin des Cornouailles, qui est mon exil. Viens et tu verras qu'on peut difficilement être plus exilé qu'ici. A part à Azkaban, peut-être.
Pourquoi sortirais-je de ce que tu nommes ma cage dorée ? Pour affronter un monde qui m'indiffère, prompt à me juger et à me condamner ?
Pourtant Salazar sait que j'ai moins de sang sur les mains que toi, Harry Potter. Je ne suis pas directement responsable de la mort de mes proches, moi.
Alors ne cherche pas plus loin la cause de ton malaise : tu te situes au rang des plus grands serials killers, en termes de nombre de morts. Les cimetières sont remplis de tes dommages collatéraux. Comment arrives-tu à dormir la nuit, avec tous ces cadavres sur la conscience ??
Te rends-tu au moins parfois sur leurs tombes, pour leur rendre hommage, comme moi je le fais ? Ou te contentes-tu de gémir dans ton coin sur la solitude que tu as toi-même générée, par l'inconséquence de tes actes ?
Tu écris que nous sommes dans la même galère. Faux. Personnellement, je ne fréquente pas ce genre d'endroit. Des cimetières, des falaises, des grottes, oui. Des galères, non. Et je ne partagerai jamais rien avec toi, Harry. Pas même en rêve.
Tu dis que tu jouis de ma peine, de ma souffrance -j'imaginais que la vie t'accordait d'autres jouissances, dans les bras de ta rousse. Désolé de te décevoir, mais je n'ai pas toujours été malheureux. J'ai une épouse exquise, moi aussi, et deux enfants qui font ma fierté. Je n'ai pas tout raté dans ma vie, et ce que j'ai réussi, je l'ai construit seul, malgré toi.
J'ai des moments d'apaisement dans les jardins, et des abîmes de plaisir dans des lieux que tu n'imagines même pas. Et pas en pensant à toi.
A vrai dire je pense très rarement à toi, moi, à part le premier dimanche de Septembre et le dernier de Juin, quand tu joues ton petit numéro de père idéal, sur ce quai de gare. Il sera désormais inutile de me saluer, quand tu m'apercevras. Car je pourrais bien retrouver en un instant la formule qui t'enverra ad patres - retrouver tes chers parents, qui t'attendent.
Et ça pourrait bien me faire découvrir un autre plaisir extrême, que je n'oublierai pas.
Imaginer ton corps à mes pieds, tes yeux révulsés, tes membres raidis, c'est en effet un spectacle dont je me prive avec difficulté depuis quelques années, mais auquel je pourrai bien finir par céder, dans un moment d'égarement.
Alors, voilà, me réjouir de ton malheur actuel, en attendant ta délivrance, j'aurais pu le faire, moi aussi. Mais je ne l'ai pas fait. Je ne t'ai pas ri au nez.
Peut-être parce que je suis trop bien éduqué. Trop dissimulateur.
Peut-être parce que ta souffrance ne m'a pas donné envie de rire.
Tu écris enfin que tu ne voulais pas savoir comment je vais, dans quel état d'esprit je me trouve. Que tu n'aurais pas dû m'écrire, ni me répondre.
Alors là, pour une fois, je suis d'accord. Cessons cette correspondance absurde. Garde tes remords et tes états d'âme, je garde les miens.
Replongeons dans l'inconnu. Parce qu'on ne se connaît pas, et que c'est très bien comme ça. Il y a des découvertes qu'il vaut mieux ne pas faire.
Draco Malfoy
P. S. : Tu veux que je sorte de ta vie, de ta tête. Tu veux oublier ton ennemi comme on oublie un amour. Je ne commenterai pas ces lignes, parce qu'elles sont obscènes sous ta plume, et parce que je ne connais qu'un moyen pour cela, et qu'il est définitif. Mais si je peux te rendre ce service…
Draco plia avec rage le parchemin, qu'il entoura une nouvelle fois d'un ruban noir.
Le vent soufflait en rafales sur les crêtes, mais le hibou était toujours là, imperturbable.
Il ouvrit à nouveau la fenêtre, et tendit son bras au volatile qui y planta ses griffes. Des gouttes de sang perlèrent à travers le fin tissu, qu'il regarda froidement. Il attacha sa réponse à la patte de l'oiseau, lui arracha une plume et le regarda s'éloigner, sans un mot.
Puis il referma précautionneusement la porte de son repaire, et descendit la tourelle de son Manoir, jusqu'à une pièce glacée, au sous-sol.
Là il sortit un bocal où se trouvait un magnifique papillon multi colore. Il le déposa sur une table remplie d'accessoires d'entomologie. Il plaça délicatement un coton imbibé de tétrachlorure de carbone dans le bocal, qu'il referma rapidement.
Le papillon s'agita quelques instants puis retomba au fond, inerte.
Draco rouvrit le bocal, le saisit avec une pince à épiler et un petit sourire, puis le déposa sur une fine tranche de polystyrène. Avec délicatesse et concentration, il déplia les ailes recroquevillées et y planta ses aiguilles d'entomologiste, avec un plaisir non feint.
«Ca fait longtemps que je voulais t'attraper, toi, murmura-t-il. Tu es magnifique, tu sais.».
Il planta la dernière aiguille, au cœur de l'insecte crucifié, avec un frisson.
oOo
Harry –
« ... Qu'en penses-tu, Harry ? » demanda Hermione, qui jouait avec sa fourchette dans son assiette.
Harry leva ses yeux de sa montre et la regarda d'un air absent.
« Ta montre a un problème ?
- Hmmm ? Non ! Pourquoi tu me demandes ça ?
- Oh ! Je ne sais pas... Peut-être parce que tu l'as regardée une bonne dizaine de fois depuis que nous sommes arrivés. » répliqua son amie.
Le Survivant détourna les yeux en évitant le regard curieux de sa femme.
Si ses calculs étaient bons, Icare était arrivé aux Cornouailles depuis un quart d'heure au moins. S'il ne portait pas de réponse, il était sûrement sur le chemin de retour. Sinon, il attendait patiemment sur le rebord de la fenêtre, ses yeux d'ambre subrepticement posés sur Malfoy en train d'écrire.
A cette pensée, Harry sentit son estomac se tordre.
Au jeu de « qui fera le plus souffrir l'autre », qui gagnera le premier ?
Un corps à corps les départagerait peut-être… Malfoy à sa merci...
Le brun remua sur sa chaise, de plus en plus mal à l'aise et sentit avec horreur un début d'érection naître dans son pantalon.
« Harry, mon amour, ça va ? Tu es tout rouge, s'enquit Ginny en posant une main rassurante sur son front.
- Oui, je... Hermione, tu disais ?
- ... Je disais que Neville organise une conférence sur les papillons et leur rôle dans notre environnement. En particulier avec les fleurs. Il nous a invités. Ca se passe Samedi, 20 h à Pré-au-Lard. Il y aura aussi une exposition de papillons très rares. Ca vous intéresse ?
- Oh ! Moi, tu sais, les papillons... répondit Harry en haussant les épaules.
- Si le buffet est gratuit, je marche. Ca fait une éternité qu'on n'est pas allés à Poudlard, je me demande si ça a changé, répliqua Ron d'un air songeur.
- Allez Harry ! Tu ne peux pas refuser ! Neville serait très déçu.
- ... C'est bien pour lui faire plaisir alors.
- OK ! Je lui envoie un hibou demain pour lui dire que nous serons là. » se réjouit Hermione en sortant son agenda pour y griffonner quelque chose.
Le dîner s'éternisa aux yeux d'Harry qui faisait tout son possible pour ne pas regarder sa montre trop souvent, et ce ne fut que vers une heure du matin que ses amis prirent enfin congé.
Ginny se dirigea vers la cuisine et il préféra remonter les escaliers afin d'aller se coucher. Peut-être qu'une fois allongé, il arriverait enfin à se détendre.
En passant devant la porte du bureau dans le quel il se trouvait plus tôt dans la soirée, Harry jeta machinalement un regard vers la fenêtre et se figea en voyant Icare qui le fixait, les plumes encore plus retournées que lors de son premier voyage.
Il sentit les muscles de son dos se tendre encore plus sous sa peau, et son coeur battre frénétiquement dans sa poitrine alors qu'il se dirigeait avidement vers l'oiseau.
Fébrile, il ouvrit la fenêtre et un étrange sourire étira ses lèvres lorsqu'il aperçut un autre morceau de parchemin finement enroulé dans un ruban noir. Il fit entrer le hibou qui s'envola en haut de l'armoire située sur la droite du Survivant, et mit aussitôt la tête sous son aile, lui faisant clairement comprendre que c'était son dernier voyage de la nuit.
Harry ne quittait pas le morceau de parchemin des yeux et alla s'asseoir une fois de plus sur le canapé devant la cheminée, en prenant avant un autre parchemin, une plume et un encrier.
La lecture de la lettre fut difficile.
Même très difficile.
L'ancien Gryffondor se rendit compte que malgré ce que Malfoy disait, il semblait le connaître plus qu'il ne le pensait. Il avait mis le doigt sur ses blessures les plus morbides en seulement deux lettres. Mais bien sûr, jamais il ne l'avouerait, et c'est toujours avec cet étrange sourire sur les lèvres, qu'Harry commença tranquillement sa réponse :
Puisque, contrairement à toi, moi, j'ai un coeur, dois-je dire « touché », Malfoy ?
Dois-je dire que tu as su mettre le doigt là où ça faisait particulièrement mal ?
Eh bien, soit.
Mais tu ne l'as pas touché. Effleuré, caressé ; voilà comment est mon coeur vis-à-vis de toi à cet instant précis. Tu ne le toucheras pas, tu ne le toucheras jamais.
Même en utilisant tes belles tournures de phrase, même en te glissant comme le serpent vicieux et venimeux que tu es.
Tu sais où est mon coeur, tu sais où sont les blessures qui font mal. Mais venant de toi, ça ne me fait aucun effet.
Tu m'as toujours laissé de marbre.
A Poudlard, déjà, j'étais déçu par ta répartie, aujourd'hui, c'est l'ennui total.
Que cherchais-tu en me parlant des personnes mortes à cause de moi ?
Tu crois que je ne suis pas au courant ? Tu crois que je ne connais pas le nom de chacune d'entre elles ?
Détrompe-toi. Il y en a 24.
Dont ton père.
Et surtout, dont ta mère.
Touché, Malfoy... Je continue ?
Il paraît qu'elle hurlait mon nom dans sa folie à Azkaban. C'est de notoriété publique.
Ca te fait quoi de te dire que ta propre mère ne se souvenait plus de toi dans son agonie ?
Moi, ça me ferait mal. Vraiment mal. Et ça me mettrait en colère. Vraiment en colère... Surtout si je me dis qu'elle se rappelait de la personne que je haïs le plus en ce monde.
Toujours pas de coeur, Malfoy ?... Je continue...
Pourquoi me parles-tu de ta vie privée avec ta femme ? En quoi ça me regarde qu'elle t'ait fait connaître les limbes du plaisir ? Pourquoi te justifier comme si, là encore, tu avais tout raté ?
Sais-tu lui donner du plaisir ? La sens-tu vibrer entre tes mains ? Supplie-t-elle que tu l'achèves parce qu'elle n'en peut plus, quand tu es en elle ?
On dirait bien que non, sinon tu ne m'en parlerais pas à moi.
Toujours pas de coeur ?... Je continue...
J'ai envie de te hanter, Malfoy.
Je veux savoir si le grand Draco Malfoy peut ressentir comme le mortel qu'il est.
Je veux te savoir hanté par mon fantôme.
Je veux que tu sentes ton coeur battre quand tu croiseras au loin un homme ayant la même physionomie que moi.
Je veux que tu souffres, et crois-moi, tu souffriras.
Je veux être ton Enfer. Ta rédemption.
Je veux que tu me supplies d'arrêter l'insoutenable torture de l'esprit.
Je veux te montrer un autre visage d'Harry Potter. Le Serpentard au fond de moi. Les séquelles qu'a laissé le fragment d'âme de Voldemort.
Que tu me répondes ou que tu ne me répondes pas, je ferai en sorte que jamais, même après un Oubliette ou une quelconque potion de mémoire, tu n'oublies mon nom et ce qu'il signifie à tes yeux.
HP
PS : Inutile de me proposer une mort que tu serais incapable de me donner. Quand j'en aurai fini avec toi, ce sera à tes propres jours que tu voudras mettre un terme... Que le match commence, comme le disait si bien Madame Bibine lorsque nous nous affrontions au Quidditch à Poudlard...
La colère qui coulait dans ses veines commençait à l'aliéner, il le savait parfaitement.
Cette douleur, cette rage le brûlaient au plus profond de lui-même mais il avait envie de cette morsure du feu, de cette passion étrange et morbide qui commençait à le consumer.
Et il avait envie que Draco Malfoy les connaisse aussi.
A suivre...
