Note de moi : Nous sommes des soeurs jumelles nées sous le signe de la perversité... Oui ?... On n'est pas jumelles ? Bah, je le sais... Alors pourquoi cette chanson ? Alors ça... Allez savoir ! Surement un effet néfaste des médocs que j'ai pris tout au long de cette foutue et chaude journée de Juillet, sans doute.

Nan mais y a que moi pour être malade en été de toute façon, ne cherchez pas...

C'est une sacrée surprise de voir un nouveau chapitre, non ? On trouve aussi... Toujours est-il qu'il s'agit bien du sixième chapitre et que vous aurez peut-être même le septième. Pas demain hein ! Plus tard dans la semaine...

On a beaucoup travaillé avec Pil' , qu'est-ce que vous croyez...

Donc voilà, je remercie – en mon nom et celui de Pil', forcément – TOUT LE MONDE – lecteurs et reviewers – et vous fais de gros bizouxxx tout pleins parce que vous l'avez mérité. Et puis aussi parce que j'aime bien les bizouxxxx tout plein, surtout quand je suis malade.

Je rappelle que ceci est une DARK FIC donc pour un public prévenu, il risque d'y avoir des trucs qui choqueront par la suite si ce n'est déjà fait.

Que dire d'autre, à part bonne lecture, régalez-vous bien, merci d'avance à ceux qui nous laisseront un petit mot et à la prochaine fois ? Pas grand chose, faut l'avouer...

Donc place au chap', salut à la prochaine et Pil' reviens-nous en forme !

ON VOUS AIME FORT !

PS : Je vais me coucher --' On s'en fout, je sais...


Chapitre six : Un doux mensonge.


- Harry -

Pour la sixième fois en à peine trois heures, Harry entra dans sa douche, sous les jets d'eau brûlants. Il n'osait même plus fermer les yeux de peur de revoir l'expression de pure extase sur le visage d'Astoria et surtout, le dégoût, la haine et la démence dans les yeux gris de Draco.

Il passa ses mains tremblantes et mouillées dans ses cheveux, l'estomac complètement révulsé, se retenant à grand peine de ne pas pleurer.

Depuis combien de temps n'avait-il pas laissé couler sur ses joues des larmes de détresse?

Depuis combien de temps ne s'était-il pas autorisé à exprimer son chagrin?

Et tout ça à cause de qui?...

" Je te hais! " Hurla-t-il alors qu'il se laissait tomber doucement contre le carrelage bleu nuit de la salle de bain, les larmes coulant difficilement sur ses joues.

Il ne savait pas très bien comment il était sorti du manoir Malfoy.

Il ne savait plus si le blond l'avait détaché et laisser partir après qu'il les ait fait lui-même jouir tous les deux d'une façon plus qu'obscène, ou s'il avait réussi à trancher ses liens d'une quelconque façon.

Il n'avait même pas attendu être dehors pour transplaner.

Sans s'en rendre compte, il était réapparu dans le hall d'entrée du Square et était monté, tel un automate, jusque dans la salle de bains, les vêtements en lambeaux, tremblant de tous ses membres.

Il était resté longtemps, immobile, pétrifié, le noeud au ventre, le coeur battant la chamade, ne sachant quoi penser.

Il s'était longuement lavé, arrachant désespérément les bouts de cire collés à sa peau, ne voulant même plus regarder son corps que Malfoy avait si machiavéliquement soudoyé. Et puis, une idée s'était imposée à son esprit.

Une idée évidente: le blond était fou. Fou et il le haïssait.

Beaucoup plus que lui. Tellement plus...

Il s'en était rendu compte avant, mais là, ça lui avait sauté aux yeux.

A ce moment-là, Harry posa une main tremblante sur son coeur, et eut une vague de nausée lorsqu'il le sentit battre aussi fort.

Il fallait qu'il se ressaisisse; il ne pouvait pas laisser le Serpentard avoir un tel impact sur lui. Il ne pouvait plus le laisser le dominer comme lorsqu'ils étaient élèves à Poudlard.

Il devait se battre. Il voulait se battre. Mais avec ses armes à lui.

Il voulait le rendre dingue, mais d'une toute autre manière.

Si ses mots ne l'atteignaient pas plus que ça, comme il semblait le dire, si la douleur du regret ne l'étouffait pas, il allait changer son fusil d'épaule.

Harry ne connaissait que trois choses suffisamment fortes pour faire souffrir un être humain : les coups – l'arme de Malfoy -, les blessures passées et l'amour.

Le Survivant savait que l'ancien Serpentard le désirait. Il l'avait vu dans son regard. Il le savait même depuis longtemps.

Il l'avait entendu dans le son de sa voix rauque.

Il l'avait senti dans la façon dont ses mains tremblaient, comme si elles se retenaient de le toucher, de le caresser.

S'il arrivait à transformer ce désir en quelque chose de beaucoup plus profond... De beaucoup plus fort, alors il aurait gagné. Et pas seulement une bataille. Mais la guerre...

Lentement, Harry se leva - des mots commençant déjà à apparaître dans son esprit – éteignit en tremblant les jets d'eau qui coulaient vivement sur sa peau, et sortit de la douche.

En essayant de se contrôler un peu plus, il prit le drap de bain rouge posé sur le rebord de la baignoire, et le noua autour de ses reins.

Il ne prêta aucune attention à son reflet, à son teint étrangement cireux, aux tracés des larmes qui avaient coulé sur ses joues et d'une démarche pas très assurée, il se dirigea vers le petit salon qui lui servait de bureau.

Il prit sa baguette posée sur le meuble, et se jeta un sort de séchage avant de s'asseoir dans son fauteuil en cuir.

Lentement, l'ancien Gryffondor sortit un morceau de parchemin et une plume d'aigle avec son encrier.

Il voulait toucher le coeur du blond.

Il voulait qu'il se remette en question, qu'il regrette ce qu'il avait fait et qu'il ait l'illusion – oui, c'était ça – l'illusion qu'il y avait sans doute quelque chose sous leur haine respective. Quelque chose qui les dépassait tous les deux...

Se laissant envahir par une douce torpeur, Harry trempa sa plume dans l'encrier, et commença à écrire en tremblant légèrement.

« Ne sois pas surpris...

Il fallait bien que tu t'attendes à ce que je n'en reste pas là. Ce n'est cependant pas une question d'être sadomasochiste, je veux juste essayer de te comprendre.

J'ai longtemps analysé ce qui s'était passé aujourd'hui.

J'ai longtemps pensé à ce désir dans tes yeux. Tu vois ce que je veux dire ? Derrière ta haine apparente...

Oui, tu m'as bien lu : « apparente » ...

Comment je peux dire ça ?

Te rappelles-tu de ce que tu as fait dans ma main ?... Te rappelles-tu de la façon dont tu as fermé les yeux juste après ? De la façon dont tu as mordillé ta lèvre inférieure ? Je suis même sûr que ce geste n'était pas conscient...

Tu sais ce que j'ai regretté le plus ? Que tu ne m'embrasses pas...

J'avais envie de ta langue dans ma bouche, j'en avais vraiment, vraiment envie.

J'avais envie que tu me montres ta haine à travers un baiser aussi langoureux qu'obscène. Aussi bien doux que sauvage. Aussi bien amoureux qu'haineux.

Parce que c'est bien cela que nous sommes l'un pour l'autre, non ?...

J'espère que tu t'en es rendu compte, parce que sinon, ça prouvera qu'une seule chose ; tu n'es même pas honnête avec toi-même.

Tu penses à moi en ce moment ?

Tu penses à la façon dont j'ai baisé ta femme ? La façon dont elle a crié entre mes bras ?

Je suis sûr que tu aurais aimé être à sa place, et c'est ça qui t'a mis le plus hors de toi.

C'était de la jalousie pure et dure, mais pas vis-à-vis de moi, mais vis-à-vis d'elle.

Sois courageux pour une fois, et avoue. Ne me dis pas que tu ne l'es pas, ce n'est pas vrai.

Une preuve ?

Tu as bien voulu assassiner Dumbledore autrefois, tu t'en étais senti capable, non ?

C'est l'une des preuves les plus éclatantes de ton courage... Chaque être humain l'est à sa façon, mais toi, tu le caches.

Donc, je vais remettre la situation dans son contexte, si tu veux bien.

Ta femme, je ne lui ai pas fait l'amour.

Enfin si, physiquement c'était moi, mais pour elle, c'était toi. C'est pour cette raison qu'elle a autant gémi, à mon avis. Parce qu'elle te pensait à ma place.

Elle est amoureuse de toi, je suis sûr que tu dois le savoir...

Elle est tellement amoureuse de toi...

Je suis même certain qu'elle se retenait à grand peine de ne pas crier ton prénom... « Draco... Draco... » Ca m'aurait encore plus excité. Parce que j'avoue que j'ai pensé à toi alors que j'étais en elle.

Ca te choque ? Moi aussi, maintenant que j'y repense... Et pourtant... C'est la vérité.

J'espère que tu pâlis devant mon honnêteté parce que c'est le but.

Je veux te troubler, je veux que tu reviennes à moi.

Prouve-moi que tu as ce courage en toi, et viens me chercher. Je t'attendrai...

Viens en silence, surprends-moi au moment où je m'y attends le moins, et mens-moi.

Montre-moi que tu peux être doux, aimant, passionné... S'il te plaît, mens-moi.

Ca restera entre toi et moi.

Je te raconte mon fantasme, si tu veux... On verra s'il te convient.

Je t'attendrai là où on s'est toujours détestés. C'est à mon avis l'endroit idéal pour que commence notre petit mensonge.

Je t'attendrai dans les serres des plantes tropicales ; il y fait tellement chaud...

Je serai là, imagine, debout, immobile, tu entendras ma respiration saccadée, mon souffle rauque, et tu te rapprocheras.

Je serai de dos, forcément. Une proie de choix...

Et tu glisseras tes bras autour de ma taille, sans brutalité, sans honte ni peur. Tu es capable de faire ça ?

Tu sentiras ma peau frissonner, et tu te rapprocheras encore plus de moi, jusqu'à te coller parfaitement à mon dos. Tes mains se baladeront paresseusement sur mon ventre, et ma respiration sera plus erratique. Lentement, tu me retourneras et je fermerai les yeux.

Ne pas te voir, surtout, ne pas te voir...

Tu auras un geste tendre. N'importe le quel... Tu te demanderas vaguement pourquoi tu m'obéis aussi facilement et tu te diras que tu en as tellement envie. Presqu'autant que moi.

Mens-toi, n'aies pas peur... Tu le feras plus facilement après...

Tu approcheras tes lèvres tremblantes des miennes, et tu te rappelleras toute la souffrance que tu m'as infligé ces derniers temps.

Tu le regretteras, juste à ce moment-là...

Tu appuieras une de tes mains froides sur ma nuque pour me faire venir à toi, et tu le sentiras... Ton coeur. C'est à ce moment-là que tu le sentiras.

Et tu poseras ta bouche sur la mienne.

Tu verras... Ca sera très doux. Ca sera humide. Ca sera brûlant...

Et tu gémiras, tu sentiras tes sens s'embraser et je passerai mes bras autour de ta taille. Tu frissonneras... Tu voudras plus. Et tu approfondiras notre baiser.

Je t'imagine en train de fermer les yeux en lisant mes mots. Tes mains qui tremblent... C'est tentant, non ?

Ma langue dans ta bouche... Mes mains qui cherchent ta peau... Mes frôlements de hanches... Nos gémissements... Oui... C'est tentant...

Ca ne te donne pas envie ?

C'est un beau mensonge, je trouve. Tu es capable de me mentir de cette façon, une fois seulement ? On verra bien ce qu'il se passera après...

Alors je t'attendrai. Un soir, je t'attendrai... »

Harry reposa doucement sa plume, un sourire satisfait sur les lèvres. Il était sûr qu'il allait réussir à attirer le serpent dans ses filets et alors, il lui fera regretter tout ce qu'il lui a fait.

Et il le rendrait fou... Fou d'amour. La plus délicieuse des souffrances. Et la plus cruelle.

A ce moment-là, la porte s'ouvrit doucement, et le Survivant sursauta légèrement, le coeur battant.

Ginny se trouvait dans l'embrasure du panneau et le regardait avec adoration en souriant avec douceur. Si seulement elle savait ce qu'il avait fait...

A pas de loup, elle s'approcha de lui, et s'assit sur ses genoux alors qu'il rangeait en vitesse sa lettre.

« Je ne vais pas la lire, si ça te fait peur. » Lui dit-elle en passant ses bras autour de son cou.

Il ne répondit rien, mais sentait quelque chose naître en lui. Comme de la culpabilité.

« Qu'as-tu fait aujourd'hui ? » lui demanda-t-elle en laissant l'un de ses doigts se prolonger dans le sillage d'une goutte d'eau sur son torse.

Il frissonna à son geste, et passa ses bras puissants autour de ses hanches.

« Pas grand chose. » Se contenta-t-il de répondre.

A ce moment-là, elle se pencha et posa sa bouche dans son cou où elle but une autre goutte d'eau.

Il ferma les yeux de bien être ; elle connaissait si bien ses points faibles...

« Neville nous a envoyés un hibou ce matin. Il voulait savoir comment tu as trouvé sa conférence...

-... Intéressante.

-Tu seras donc d'accord pour qu'on aille à Poudlard la semaine prochaine. Il veut nous emmener dans la forêt de Dean pour une chasse... Il y aura beaucoup d'amateurs et de professionnels. Si ça t'intéresse autant, tu pourras discuter avec eux. » Chuchota-t-elle en frottant langoureusement son bas ventre.

Pour toute réponse, le brun grogna et se tourna légèrement vers elle pour qu'elle puisse s'asseoir plus à son aise sur lui.

« C'est quoi, ça ? Fit-elle en desserrant sa serviette.

-Un pénis qui commence à être en érection, ma chérie. Venant de toi, la question me paraît un peu incongrue...

-Je ne parle pas de ça, mais de ça... » Lui dit Ginny en lui montrant un bout de cire collé sur son bas ventre.

Harry se leva d'un bond, la faisant presque tomber à terre et enleva rageusement le bout de cire.

« Tu deviens sadomasochiste, mon amour ? Notre tendresse ne te suffit plus... » Dit-elle alors sur un ton rieur.

Il sentait son coeur battre dans sa poitrine. Il avait honte, mais il était aussi fou de rage.

« J'ai un hibou à envoyer, si ça ne te dérange pas. Je te rejoins dans notre chambre... Lui murmura-t-il sans la regarder dans les yeux.

-D'accord... Je t'attends... Ne tarde pas. »

Il sortit à nouveau sa lettre du tiroir et alla attraper Icare qui se trouvait sur le haut de l'armoire. Celui-ci protesta violemment en battant désespérément des ailes, mais le Survivant le tenait bien.

« Si tu vas y aller... Et tout de suite. Surtout, tu attends la réponse. Pince-le s'il le faut, mais je veux une réponse. »

Il lui attacha le bout de parchemin à la patte et l'emmena à la fenêtre où le soleil qui se reflétait, était en train de se coucher.

D'une main mal assurée, il ouvrit la vitre, et le hibou s'envola non sans lui jetait un regard de reproche.

Harry resta longtemps à contempler l'horizon en pensant à son correspondant. Et il pensa aussi au piège qu'il lui tendait.

Quelle douce vengeance.

Quel doux supplice.

Quel doux mensonge...


oOo


-Draco-

Quel nouveau piège essaies-tu de me tendre, Potter ?

C'est quoi ces simagrées ?

Tu es amoureux ?

Je savais que tu avais un cœur, mais tendre à point-là…ça me laisse perplexe. Ou tu es d'une naïveté touchante, voire ridicule, ou tu es d'un machiavélisme retors – ce qui me plaît déjà davantage.

Tu as pris goût à nos petits jeux, dirait-on. Il existe des variations infinies dans l'art de prendre du plaisir, autres que le classique missionnaire, que tu dois pratiquer bien gentiment avec ta femme… et je crois que tu as encore bien des choses à apprendre en la matière.

Le sexe sans limite ni tabou est une expérience inoubliable.

Je te le dis tout net : prendre du plaisir ensemble, pourquoi pas ?

Le plus grand plaisir du débauché est d'entraîner les autres à la débauche. Tu vas découvrir des jeux et sensations que tu ne soupçonnes même pas, et peut être deviendras –tu toi aussi un adepte de cet art.

Mais tomber amoureux, ça, c'est hors de question.

Alors si c'est le cas pour toi, si tu as la moindre attirance pour moi, n'espère même pas me revoir. Tu souffrirais en vain. L'amour ne m'intéresse pas. Il m'ennuie. C'est un sentiment tiède et sucré. Moi le sucre m'agace les dents. L'amour fait pleurer et soupirer, c'est une maladie honteuse dont je me passe facilement.

Moi j'aime les sentiments violents, extrêmes, et les jeux sexuels codifiés.

Je te remercie à propos des moments que nous avons passés ensembles. Ils étaient intenses, cruels, jouissifs…Je t'ai haï comme je n'avais plus haï personne depuis longtemps, et ça m'a fait du bien : les nerfs à vif, la rage au ventre et cette souffrance que tu as acceptée. Recherchée ?

Je ne sais pas ce qui te pousse vers moi, Potter, mais sache que tu n'obtiendras ni douceur ni amour de moi. Ce serait grotesque, avec notre passé.

En revanche, s'il s'agit de simuler une rencontre « romantique » avec toi, pourquoi pas ? Après tout, ça pourrait peut-être m'amuser…ce serait sans doute le comble de la perversité de jouer aux « amoureux ».

C'est un défi pour moi, sache-le. Je ne supporte ni les baisers ni les câlins.

Mais j'aime les défis. Et me croire amoureux de mon ennemi juré est peut être la perversion absolue.

Disons donc je que je vais accepter, à une condition : tu as choisi ce jeu, je choisirai le prochain.

Attends-toi à me revoir bientôt….

Draco Malfoy

Avec un mince sourire il attacha le parchemin à la patte du hibou, et lui arracha une nouvelle plume, avec une satisfaction évidente. Il le libéra ensuite et se rassit à sa table de travail, raide sur son siège. Rien ne trainait sur le bureau. Draco détestait le désordre. Il se mit à réfléchir à la suite probable des évènements.

Le tour que prenaient les évènements l'intriguait et l'amusait.

Autant quelques heures plus tôt il ne ressentait que haine et dégoût pour Potter, autant, après leur petite séance intime, il devait bien avouer qu'il avait pris un plaisir certain à l'humilier, au –delà de ses espérances. Au-delà de ses fantasmes.

Potter l'avait rendu fou de rage, et il s'était laissé aller à ses instincts les plus vils, ceux qui l'amenaient à torturer parfois de petites créatures. Avec délectation.

Tout d'abord il y avait eu Potter baisant sa femme, avec un plaisir obscène. Leurs bouches unies. Les fesses musclées de son ennemi, et sa verge qu'il imaginait dans l'intimité de sa femme. L'image le troubla. Le sexe entrait et sortait, il le visualisait parfaitement et il commença à transpirer.

Potter qui avait fait l'amour à Astoria en pensant à lui. Il se redressa sur sa chaise, légèrement oppressé.

Se pouvait-il que Potter ait vraiment eu envie de le pénétrer, lui ? Il ferma les yeux, quelques instants, et passa sa langue sur ses lèvres. Le Serpentard au fond de moi. Troublant. Infernal.

Potter avait fait l'amour à Astoria en pensant à lui.

Un mince sourire apparut sur ses lèvres. Quel idiot. Il n'avait pas fini de souffrir.

Puis il se remémora le sortilège impardonnable qui avait jailli de sa baguette, en un long orgasme, jetant Potter par terre, en sueur, gémissant, et le désir vint le tarauder.

Potter à ses pieds. A sa merci. Il aurait pu l'achever en prolongeant le supplice. Ou le rendre complètement fou. Il aurait pu le tuer.

Potter à ses pieds. Un frisson lui parcourut l'échine. Son fantasme ultime.

Il se leva et alluma des bougies.

Puis il y avait eu Potter allongé sur le lit, pieds et poings liés. La peur dans ses yeux. Le mépris dans ses mots. Le foulard sur son visage.

La lutte, puis l'abandon. Potter à sa merci.

Potter qu'il avait traité comme un papillon…il se rappela le scalpel froid entre ses doigts, et le bruit de l'étoffe qui se déchire. La peau qui se hérisse sous la lame glacée, et la chair qui apparait, peu à peu. Les cuisses viriles. Le ventre musclé, le cœur qui bat.

Et surtout l'attente.

Potter, yeux bandés, attendant son bon vouloir.

Une caresse ou un coup.

Il frémit.

Il aurait pu le tuer, si le scalpel avait dévié. S'il avait fait un faux mouvement. S'il était devenu fou…

Il aurait pu lui faire subir les derniers outrages, avec la plume ou la bougie. Une infinité de jeux…une infinité de perversions…

Il ferma les yeux, sentant les frissons remonter dans son dos, de plus en plus fortement.

Il bandait à nouveau à l'évocation de la verge qu'il avait libérée d'un coup sec. Elle était belle, épaisse. Offerte.

Il bougea sur sa chaise, en gémissant.

Il avait eu envie de la toucher.

La plume et la bougie. Souffrances délicates.

Potter le suppliant de le toucher…sa bouche humide, son corps en sueur, ses soupirs rauques…

Il passa sa main sur son érection déjà douloureuse…

Le sexe de Potter sous ses yeux, à quelques centimètres de ses doigts…désir pur. Flamme incandescente. Et ses gémissements impudiques, quand il l'avait supplié de le soulager….

Une vague de désir le submergea à nouveau, et il souleva sa robe, d'un geste rapide.

Ce Potter allait le rendre fou. Lui qui vivait reclus dans son repaire avec ses papillons et ses insectes, calme, parfaitement sous contrôle, était dévoré par des désirs interdits. Il secoua la tête.

Tout cela n'était qu'un jeu. Une expérience.

Quand il évoqua les mains de Potter s'agitant en rythme sur leurs verges tendues, alors qu'ils étaient côte à côte, fous de désirs l'un pour l'autre, il poussa un râle et saisit son propre sexe.

Non.

Pas comme ça.

Soudain il se rappela d'Astoria et se leva, un sourire mauvais aux lèvres…la nuit serait longue.

A suivre…