Note de moi: Coucou tout le monde, nous sommes enfin de retour parmi vous, j'espère que ça n'a pas été trop long. Pil' a fait un magnifique travail dans un temps record vu qu'elle est rentrée hier et qu'elle m'a déjà fait part de sa réponse que vous allez pouvoir savourer dans ce chapitre-là. Je tiens à vous prévenir d'ores et déjà que c'est assez glauque, assez noir et que ça pourrait en choquer quelques uns, mais comme je l'ai déjà dit dans le sommaire, ceci est une DARK FIC, ne vous déplaise... Mais c'est clair qu'on ne fait pas dans la dentelle...

On va essayer de vous livrer la suite rapidement, j'ai une petite idée, donc ça risque d'arriver rapidement.

En attendant, merci à tous, on vous embrasse, bonne lecture et à la prochaine! Bizouxxx!

Pil': Toujours aussi merveilleuse... Merci pour les frissons...


Chapitre huit: A leur insu.


-Harry –

L'alcool...

Il a été mon plus fidèle ami dans les moments les plus improbables de ma vie; quand Maugrey est mort, quand j'ai vaincu Voldemort, le soir où j'ai demandé ma femme en mariage, le soir de notre lune de miel, le soir où James est né, pour les dix ans de la mort de Dumbledore... Et pour chacune de tes lettres.

L'alcool a été ce que j'ai trouvé de plus grisant pour supporter tout ça.

Quand tu es parti de chez moi il y a de ça quelques jours - combien, je ne saurais le dire, je sais seulement qu'il y en a eu plusieurs, vu que j'ai vu passer plusieurs Lune depuis - quand j'ai réalisé que je t'avais embrassé comme j'embrassais ma femme au début de notre mariage, de la même façon dévouée, pleinement et en toute confiance, quand j'ai réalisé que je t'avais embrassé amoureusement, que je t'avais dit que j'avais envie de toi alors que toi, tu te foutais encore et toujours de ma gueule, je n'ai pas pleuré, non pas encore une fois. Et pourtant Malfoy, je te jure que j'en ai eu envie.

Pas de désespoir comme la première fois. Pas de honte.

Mais de rage. De haine.

Cependant, j'ai résisté.

Je me suis fait une promesse: ne plus jamais pleurer à cause de toi.

On pleure pour les gens qui nous touchent vraiment, non? Pour les gens qu'on aime. Et toi, je ne t'aime pas, non. Je ne sais pas ce que c'est, mais au moment où je vide mon neuvième verre de whisky Pur Feu – je crois... -, je peux juste te dire que je ne pensais pas qu'un jour un être humain puisse ressentir ce qui m'anime maintenant.

J'ai insisté auprès de Ginny pour qu'on arrive bien en avance, pour " profiter ". Bien sûr, elle a accepté, et Hermione était ravie.

Tu penses; passer plus de temps à Poudlard, quel bonheur n'est-ce pas?

Le premier verre que j'ai bu, c'était directement en arrivant dans la salle prévue - qui est accessoirement celle où je me trouve en ce moment - pour accueillir les " admirateurs et chasseurs " de ces charmantes créatures que sont les papillons. Je crois même que j'en ai bu trois d'une traite.

Il me fallait ressentir le courage qu'il me manque parfois lorsque je vais accomplir quelque chose de dangereux, et c'est bien le cas, ce soir. Je vais accomplir quelque chose de très dangereux...

Je vais te faire payer, Malfoy. Crois-moi, je vais te faire payer...

Je bénis Mac Gonagall de n'avoir jamais fléchi devant les grandes protestations d'Hermione qui a toujours trouvé scandaleux qu'on utilise encore des elfes de maison au XXIème siècle, en voyant les verres que je vide se remplir automatiquement lorsque j'en pose un que j'ai bu sur la table. C'est ça que j'aime dans la magie; on peut faire des conneries, il y a toujours un sortilège ou quelqu'un pour rattraper.

J'ai rebu deux ou trois verres lorsque j'ai entendu que tu arrivais vers 18 heures avec la collection complète de tes Nymphalidae - machin truc.

J'en ai rebu un ou deux lorsqu'une femme gloussait en parlant de toi avec ses copines.

C'est vrai que même si tu vas avoir 40 ans, tu es quand même très bien conservé, il faut le dire. Tu as la même fougue qu'avant, tu es toujours aussi grisant. Tu es même... sexy. – J'ai besoin d'un verre... -

Non, tu n'as définitivement pas changé. – J'en ai vraiment besoin... -

A part peut-être qu'avant tu ne me haïssais pas au point de m'embrasser de la façon dont tu l'as fait pour me prouver que tu étais un bon comédien.

Je confirme, Malfoy; tu l'es. Une victoire de plus dans nos petites batailles. On en est à quoi? 4 à 1, non?

Tu es fort, c'est indéniable, mais ce soir, la victoire est pour moi, ça, je peux te le garantir.

Je reprends une coupe de champagne - il vaut mieux alterner les alcools, le cocktail est parfois très explosif, et j'espère bien que ça sera le cas ce soir - et j'observe vaguement les papillons qui virevoltent autour de moi.

Luna a vraiment fait un merveilleux travail dans cette pièce; c'est d'une mièvrerie à souhait. Toutes ces couleurs. Tous ces papillons enchantés. Toutes ces fleurs. Ca m'agresserait presque.

Je regarde ma montre, il est 18 h moins 4 minutes.

Je vais pouvoir me venger. Bientôt. Même si la tête me tourne. J'ai les idées très claires et crois-moi Malfoy, ce soir tu vas regretter de m'avoir pris pour un con.

Je m'apprête à prendre un autre verre quand une main fine et légère se pose sur la mienne pour m'en empêcher. Je me retourne pour voir ma femme qui me regarde avec un air de reproche clairement affiché sur le visage. Je lui souris et enserre sa taille de mes bras, mais ça n'a pas l'air de la convaincre.

" Qu'est-ce que tu fais, Harry? " Me demande-t-elle alors que mon regard se pose avec envie sur le verre de whisky à quelques centimètres de moi.

Ginny est comme ta femme; elle ne comprend pas que je fais ça contre toi.

" Je fête ma future chasse, mon amour. C'est la première fois que je vais attraper un papillon, il faut bien que je boive à mon succès. " Je lui réponds en chancelant un peu.

Elle me regarde les sourcils froncés, et passe cette éternelle main maternelle sur mon front. Comme si j'étais l'un de nos enfants.

" Arrête... Je n'ai plus 10 ans.

- Tu es tout rouge... Et combien de verres as-tu bus? Me demande-t-elle sur un ton de reproche qui me fait penser à sa mère.

- Tu n'es pas ma mère, Gin'. Si j'ai envie de me saouler, je le ferai...

- ... Pourquoi tu fais ça?

- Je te l'ai dit; je fête ma future chasse. Pour me donner du courage. Le papillon ne sera pas facile à attraper. "

Tout à coup, des applaudissements fusent un peu partout dans la salle, faisant accélérer mes pulsations cardiaques et je me rends compte pour la première fois qu'on doit être facilement une cinquantaine. Neville vient de rentrer, dans une belle robe de cérémonie grenat qui donne à son visage une expression encore plus lunaire qu'à l'ordinaire et un immense sourire étire ses lèvres alors qu'il salue de la main certaines personnes, dont moi.

18 h 08...

Tu es en retard. Tu veux te faire remarquer? T'inquiètes pas; moi, je vais te remarquer.

" S'il te plaît, arrête de boire et viens nous rejoindre. On n'est pas venus pour que tu te saoules et que tu restes dans ton coin toute la soirée. " Me murmure Ginny avant de s'éloigner vers Hermione et Luna qui apparemment explique comment elle a décoré la salle.

Enfin seul...

Je tends une main quelque peu tremblante vers le verre que je convoitais depuis quelques minutes lorsqu'à nouveau, une main blanche se pose sur la mienne. Elle est vraiment têtue...

« Gin... Je t'ai dit que c'était mon pro... »

Les mots se bloquent dans ma gorge lorsque je te vois devant moi et que tu retires doucement ta main, dans une lenteur presque calculée.

Une étrange lueur danse dans tes yeux, et je ne sais pas ce qu'elle signifie. Tout ce que je sais, c'est que la tête me tourne et que ta bouche est délicieusement attrayante. Comme la dernière fois...

« Harry Potter, le héros alcoolique. Le vieux fou doit se retourner dans sa tombe. » Murmures-tu avec un sourire en coin.

Sournoisement, je sens la haine monter dans ma gorge et je n'arrive pas à quitter tes yeux.

Tes yeux qui n'expriment plus rien, maintenant.

Tes yeux qui s'étaient un moment voilés lorsque tu t'étais approché de moi pour me prouver que tu étais un bon comédien, il y a quelques jours.

Tu me dévisages, tu t'attends peut-être à ce que je prenne la parole.

Mais la colère qui m'aveugle est tellement violente que j'en perds mes mots. Je ne veux pas te la dire. Je veux juste te la montrer.

Je détourne finalement les yeux, et cherche du regard si ta femme n'est pas dans les parages. Ta délicieuse épouse... Si belle lorsqu'elle prend du plaisir. Au bout d'un moment, je l'aperçois dans un coin isolé de la pièce, elle semble distante, dans son monde. Un sourire étire mes lèvres et tu détournes les yeux pour voir ce qui le provoque.

D'un geste brusque, tu me prends le menton entre ton pouce et ton index, puis me force à replonger mes prunelles dans les tiennes.

La tête me tourne encore un peu, mais je sais ce qui t'anime... La jalousie.

Déjà...

Je suis sur la bonne piste.

« N'y pense même pas. » Murmures-tu à nouveau.

Lentement, je me détache de tes doigts. Je ne dis toujours rien. Pas encore... J'ai envie d'un autre verre. Oui... Encore un peu plus d'alcool.

Tu me regardes faire, mi amusé, mi dégoûté.

« Que veux-tu oublier, Potter ? Me demandes-tu en prenant à ton tour un verre de Whisky Pur Feu.

-Toi... »

Je bois d'un trait mon verre, et te prends brusquement par le bras pour te traîner vers le mur juste à côté.

Je jette un sortilège d'illusion et un Asurdito autour de nous afin que nous soyons plus tranquilles.

Doucement, je te regarde boire ton verre comme si je t'étais complètement indifférent.

Je m'autorise à t'observer. Toujours cette robe de sorcier noire et stricte à col dur. Je ne peux même pas deviner le corps que j'ai touché je ne sais plus combien de fois. En te frappant, en te caressant, dans la réalité et en pensée.

Te faire mal... Merlin, j'en ai vraiment envie. Et j'ai tout prévu pour.

Lentement, je sors un couteau de mon jean, et tes yeux se posent dessus avec une lueur amusée.

Il n'est pas long. Pas très dangereux en apparence. Mais sa lame est fine. Coupante. Un peu comme moi.

« Tu n'es pas très original, Potter.

-Je me fous de l'originalité. Tu vas payer l'humiliation que tu m'as faite...

-Tu veux dire le fait que je n'éprouve rien pour toi.

-La ferme ! »

Je ne veux même pas savoir si tu as raison. Pas encore... Pas si tôt...

Je m'approche de toi.

Ce moment, je l'imagine depuis des jours.

Je sais exactement ce que je vais te faire.

Je sais exactement comment tu vas réagir.

« Tu ne m'attaches pas ? Me demandes-tu en me regardant toujours de cette agaçante impassibilité.

-Pourquoi faire ? Je ne suis pas un lâche et je sais que tu ne partiras pas. »

Tu ne réponds rien. Tu attends juste. Tu n'es même pas impatient. Du moins, en apparence. Mais j'imagine ton cœur qui bat légèrement plus vite...

Je m'approche un peu plus, jusqu'à te faire reculer contre le mur de pierre brute.

La tête me tourne encore et mon sang est en feu.

Je me rappelle la texture de tes lèvres. La sensation de ta langue dans ma bouche et malgré moi, je ferme un instant les yeux.

Je ne veux pas me souvenir de ça.

Pas de ce mensonge.

Tu regardes la lame s'approcher de ton visage et tu plonges tes iris grises dans les miennes lorsque je caresse délicatement ta joue avec. Je ne te connaîtrais pas, je dirais que tu veux me prouver que tu es courageux.

Lentement, je défais les attaches de ta robe, la lame de mon couteau toujours posée paresseusement sur ta joue.

Mes mains tremblent un peu alors qu'elles effleurent ton corps à travers le tissu de ta chemise blanche. Un instant plus tard, la robe tombe à tes pieds et ton sourire s'accentue.

« J'aime bien les menaces apparentes. C'était mon jeu préféré... »

A ce moment-là, mon couteau se déplace sur ta bouche et te coupe la lèvre inférieure, laissant perler une goutte de sang. Je la regarde, presqu'émerveillé et souris à mon tour.

Le serpent a donc un sang aussi rouge que le mien...

J'entaille cette fois-ci ta lèvre supérieure alors que tu me saisis violemment le poignet.

Nos regards s'affrontent. Se fouillent.

« Ne pousse pas trop, quand même... Me dis-tu en serrant mon poignet dans ta main moite.

-Rogue ne t'a jamais fait ça ?... »

Tes yeux s'écarquillent un instant et je te vois, avec agacement, te détendre et prendre une pose nonchalante contre le mur, alors que deux gouttes de sang coulent doucement sur ton menton, contrastant étrangement avec ta peau.

« Comment l'as-tu su ?

-Tu me prends pour un con ?... Tu pensais peut-être qu'il pensait à toi alors qu'il t'enfilait comme une pute ? Ne sais-tu pas qu'il était amoureux de ma mère ?! »

Je ne sais pas pourquoi je crie, comme pour te faire voir l'évidence.

« L'amour n'a rien à voir là dedans, Potter, je te l'ai déjà dit. Rien qu'à entendre le mot, ça me dégoûte.

-Moi, c'est entendre le son de ta voix qui me dégoûte.

-Alors fais-moi taire... Qu'attends-tu ?... »

Je sais ce que tu penses : que je n'en suis pas capable.

A ton avis, Malfoy, pourquoi est-ce que j'ai bu autant ?

Dans un bruit sourd, le couteau tombe à terre, et je m'approche de toi jusqu'à te frôler. Ton sang me fascine d'une façon quasi morbide et du bout de la langue, je le lèche consciencieusement jusqu'à ta bouche sur la quelle je m'attarde. A ce moment-là, tu essayes de détourner la tête, mais j'enfonce mes dents dans ta lèvre inférieure déjà meurtrie alors que tu me saisis violemment la nuque pour me repousser.

Mais tu m'auras pas. Non... Tu m'auras pas.

Mettant tout mon poids contre toi, j'approfondis le baiser et tu gouttes ton propre sang dans ma bouche.

Je n'ai pas fermé les yeux. Toi non plus.

Je ne te crois pas capable de partager cet instant et une fois de plus, tu me prouves le contraire et frotte langoureusement ta langue contre la mienne, au bout de quelques secondes seulement.

Je m'arrache de ta bouche, inconscient du monde qui nous entoure, de ma femme qui discute à quelques mètres de là, de la tienne, prostrée dans sa solitude, des conversations sur les papillons. Je me moque bien de tout ça. Tout ce que je veux, je l'ai là, contre moi.

Ton corps.

Ton insolence.

Ta perversité.

Je l'ai voulu... Je le veux encore...

Passionnément...

Doucement, je défais les boutons de ta chemise, dévoilant peu à peu ton ventre lisse et blanc alors que nos respirations se font plus profondes et que mes mains survolent légèrement ton épiderme.

Ma victoire sera charnelle ; je veux te battre à ton propre jeu tout en utilisant mes propres cartes.

« Tu as changé d'avis ?... » Me demandes-tu d'une voix sourde.

Non, je n'ai pas changé d'avis, je ne veux toujours pas être ta pute. Je veux juste gagner. Peu importe les moyens, je veux gagner. Car tout ceci n'est qu'un jeu, tu me l'as répété je ne sais combien de fois. C'est pour cette raison que je n'ai aucun remords vis-à-vis de ma femme et de ma famille. Tout ceci n'est pas vrai. C'est une comédie que nous avons décidé de jouer ensemble. Rien de plus...

Le sang perle encore un peu sur ta bouche alors que je me frotte contre tes hanches.

Je sais que tu essayes de résister, mais ton désir parle pour toi.

Tu en as envie... Autant que moi.

D'un coup de baguette, je fais disparaître le verre vide que tu tiens à la main et tu me regardes toujours avec impassibilité.

Comment fais-tu ?

Alors que ton corps crie presque de désespoir, comment fais-tu ?...

Puis, tout à coup, tu me fais basculer à mon tour contre le mur, finis d'enlever ta chemise, et presse ton érection contre ma hanche.

« Regarde ta femme, Potter... Regarde ton insouciante et naïve épouse... Et regarde ce que tu es en train de faire sans qu'elle en ait conscience, sous ses yeux... » Me souffles-tu dans mon cou.

Mon cœur bat fortement dans ma poitrine, alors que mes yeux se posent sur Ginny qui discute avec Neville et que ta main défait avec une lenteur insoutenable mon pantalon.

La tête me tourne de plus en plus et je me dis que c'est à cause de ça que j'ai à ce point besoin de t'embrasser. Ta main m'effleure intimement et je sens ma respiration se bloquer dans ma gorge.

Approche-toi... Approche-toi encore un peu... Mais non. Tu te baisses et ramasses le couteau à tes pieds.

Je sens que la bataille va être sans merci...


oOo


- Draco -

Je me baisse et je ramasse le couteau à tes pieds. Tu ne m'auras pas sur ce terrain-là, Potter.

On restera sur mon terrain, qui est beaucoup moins dangereux, même si le sang coule. Les plaies physiques se referment vite, elles.

Tu as failli me surprendre, tout à l'heure, en me parlant de Severus. Heureusement je n'ai pas cillé. Je ne te ferai pas ce plaisir-là.

Comment as-tu deviné, Potter ? Est-ce que toi aussi tu as eu la chance de goûter à cet enseignement-là, au cours de vos petites séances d'occlumencie ? Est-ce qu'il a osé être pervers à ce point-là, avec toi aussi ?

Je ne le pense pas, sinon tu ne serais pas si réticent. Tu ne rechercherais pas les caresses. Tu rechercherais la souffrance.

La protection par la souffrance.

Le salut par la souffrance.

Je sens le goût de mon propre sang dans ma bouche, agréablement métallique.

Métallique comme ce couteau. Il n'est pas à proprement parler beau ou finement ciselé, il est un peu simple, comme toi, mais j'aime le sentir dans ma main. Des sensations connues. Un terrain familier.

Tu ne baisses pas les yeux sur ma main. Tu n'as pas peur, apparemment, alors que la lame remonte doucement vers ton visage.

Nous sommes presque nus, ma robe tâchée de sang à mes pieds, ton pantalon défait, la lame qui s'approche de ta bouche imprégnée de mon sang. La tension est forte entre nous, et on ne se quitte pas des yeux. Apparemment impassibles, mais en érection. Notre haine. Notre désir.

J'avais oublié cette flamme verte dans ton regard.

J'espère que c'est de la haine, Potter. Je l'espère pour toi. Vraiment. Il ne faut pas jouer avec le feu si on a peur de se brûler.

La tension s'accroît et je ne peux retenir un sourire tandis que le couteau glisse lentement sur ta joue, vers tes lèvres. Tu ne bouges toujours pas, mais ta respiration s'accélère.

-C'est bien, Potter, tu progresses. Tu vois qu'il est inutile de se débattre ?

-Je n'ai pas peur de toi, Malfoy.

-Entre nous, tu as tort, mais je reconnais bien là le courage légendaire des Gryffondors. Celui qui a expédié pas mal de tes supporters au cimetière. Celui qui va t'amener à les rejoindre, avec mes compliments, quand j'en aurai fini avec toi.

Un mince sourire étire tes lèvres et je m'interroge.

Est-ce que tu simules ou tu n'as réellement pas peur ?

Es-tu malade, désespéré au point de ne pas craindre un couteau dans les mains d'un pervers ?

Ou souhaites-tu enfin vivre l'expérience inoubliable du plaisir et de la souffrance mêlée ?

Et si j'avais trouvé mon maître ?

Ta bouche écarlate entrouverte me fascine alors que je fais glisser la lame le long de ton cou puissant, celui que j'ai serré entre mes doigts fous il y a quelques semaines. Tu frémis sous le froid de l'acier.

Non, tu n'es pas un habitué de l'exercice, Potter. Tu es juste très courageux. Ou fou.

Je suis le protocole habituel, celui que j'avais déjà mis en œuvre avec la plume et la bougie, millimètre par millimètre, en sens inverse. D'abord le long de ta poitrine dénudée, m'arrêtant avec délectation sur tes tétons mats. Le froid les fait saillir et tu pousses un hoquet de surprise. Un point sensible chez toi. Je vais m'y attarder.

Nos sexes tendus se frôlent presque quand, après avoir passé et repassé l'acier, délicatement, sur ton téton dressé j'en fais jaillir une goutte de sang. Je te souffle :

-Il est là, Potter ? L'ultime morceau de l'âme de Voldemort ? il est là, dans cet organe mou qui bat la chamade ? …Et si je vérifiais ?

-Vas-y, vérifie…dis-tu crânement en m'affrontant du regard.

Décidément, tu m'impressionnes. Le sang dégouline lentement sur ta peau et je le lèche, avide.

-Alors c'est ça que tu es, Malfoy ? Un vampire ? lâches-tu avec mépris.

-Ne parles pas de ce que tu ne connais pas, Potter. Non, je ne suis pas un vampire, Salazar m'en préserve. Et n'oublie pas que c'est toi qui as apporté ce couteau. C'est toi qui m'as écorché en premier, Potter. C'était ton idée. Mais elle est délicieuse, je l'avoue, dis-je en me pourléchant les lèvres.

La petite plaie superficielle cicatrise déjà que la lame descend vers ton nombril. On baisse les yeux vers ton ventre plat, musclé, et le bout de la lame titille ton nombril. Je vois ton ventre s'élever et se baisser rapidement, sous la peur. Le désir ?

Je sens nos verges se rapprocher et s'effleurer. Un frisson de pur plaisir me secoue tandis que le couteau continue son chemin. Nous sommes couverts de sueur et ma main crispée sur le manche est trempée.

Ginny nous frôle sans nous voir. Elle te cherche. Si elle savait…

Je ne l'avouerai jamais, mais ce petit jeu impromptu au milieu de la foule m'excite terriblement. Et toi, Potter ? Prends-tu ton pied à te faire écorcher et lécher par ton pire ennemi au milieu de la grande salle de Poudlard ?

Tu gémis et je sais que la réponse est oui. Attends, tu vas voir…découvrir. Attends…

Nos cheveux se mêlent tandis qu'on penche nos têtes pour observer le chemin de la lame. Tu fixes ma bouche avec envie. Je ne t'embrasserai pas, Potter. Pas pendant que je te torture.

Tu as envie de m'embrasser.

J'ai envie de te tuer.

Envie de te lacérer, et de voir couler ton magnifique sang. Et tes larmes.

Envie de les lécher, jusqu'à plus soif.

Le sang et les larmes.

Mélange délicat de métal et de sel, au bout de ma langue. Piment de mon existence.

Ma main tremble légèrement alors que je chasse ces pensées. Trop tôt. Notre jeu débute à peine.

Je sais que si je vais trop loin, tu t'enfuiras. Tu ne voudras plus jouer.

Alors je serai obligé de te tuer, Potter.

Dommage. Tu es une proie de choix.

J'ai tellement de jeux cruels pour toi, encore.

La lame descend le long de ton aine, jusqu'à ton pubis, puis remonte le long de la fine ligne de poils jusqu'au nombril. Je n'ai pas touché ton sexe. Tu relèves la tête et tu me fixes, surpris. Déçu ?

Je penche la tête, moqueur. Tu me regardes avec colère.

C'est bien, Potter. Déteste-moi. La frustration est la base du désir.

Tu avances la main vers nos sexes qui se frôlent toujours doucement, parce que je prends bien garde à ne pas te laisser te coller contre moi. Je la retiens au vol.

-Tss, tss, Potter. Pressé, hein ? Alors c'est çà que tu veux de moi ? Que du sexe ? Je t'offre infiniment plus…

-Finissons-en avec tes jeux débiles, Malfoy.

-Déjà ? Je commence à peine à m'amuser. Attends…donne-moi cinq minutes encore.

-Nos épouses nous cherchent, Malfoy.

-Oui, c'est excitant, hein ?

-Pauvre malade…

Là, je souris franchement. Tu ne peux pas me flatter davantage. Mais je te sens fébrile, impatient. Moins à l'écoute de tes sensations. OK, je vais accélérer, Potter. Tant pis pour toi.

D'un geste vif, je passe la lame à plat sous tes bourses et tu pousses un cri de surprise.

-A ta place, Potter, je ne bougerais pas. Ou tu peux dire adieu à tes splendides attributs.

La foule nous entoure, indifférente, nonchalante et pour la première fois je vois de la peur dans tes yeux. Une vague de désir et de plaisir me submerge. Il ne faut jamais montrer sa peur à un pervers, Harry. Jamais. C'est l'inciter à continuer.

L'acier te frôle à nouveau et un mince filet de sang apparaît sur ta cuisse.

-Et si je te faisais une autre cicatrice, juste ici ? dis-je en frôlant ta bourse gauche.

Mon désir est à son apogée. Ta vie entre mes mains. Ton sexe sous mon couteau.

J'ai envie de goûter ta peau, ton sang, ton sperme.

Symphonie de saveurs interdites, pur nectar à mon palais. Je soupire d'aise.

Juste une petite incision à un endroit précis, et je goûterai toutes tes saveurs mêlées…

J'approche le couteau de ton pénis quand tu te redresses, d'un coup.

Tu me fixes d'un air indéchiffrable. Il n'y a plus de peur dans tes yeux. Je n'arrive pas à définir la lueur que j'y lis. Du mépris ?

-Tu es pathétique, Malfoy, tu sais ? Alors comme ça tu n'arrives pas à jouir normalement ?

-Quoi ? je réponds, désagréablement surpris.

-C'est facile de jouer les durs quand on a un couteau dans la main. C'est plus difficile à mains nues.

-Tais-toi !!

-Non…tu fais moins le malin, hein ? Tu sais que tu as été très moyen, la dernière fois ?

-Quand ça ?

-Chez moi…on aurait dit un premier communiant. Ridicule. Le grand Malfoy qui ne sait ni embrasser ni caresser. Pathétique.

-Tais-toi !!

-Non. Ton jeu est fini, Malfoy, et tu ne m'as procuré ni plaisir ni souffrance. Désolé. A mon tour.

-Qu…quoi ?

-A mon tour.

-Mais…je n'avais pas fini…

-C'est fini pour moi, en tout cas. Passons aux choses sérieuses. A moins que tu n'aies peur ?

-Moi ? Peur de toi ? Tu plaisantes ?

-OK. Alors tu vas me rendre ce joujou et tu vas faire exactement la même chose que ce que tu viens de faire, mais avec ta main.

-A main nue ?

-Oui. C'est beaucoup plus difficile, hein ? Et dépêche-toi, on commence déjà à débander…

Tu me prends le couteau des mains et tu poses ma main sur ta joue.

Je suis perdu, sans accessoire. Plus de repère. Plus de protection.

Je suis sur le point d'abandonner la partie quand je vois un sourire narquois sur tes lèvres.

Je ne te ferai pas ce plaisir-là, Potter. Je ne renoncerai pas. Je n'ai pas peur de toi. Quoi qu'il m'en coûte, je relèverai le défi.

-OK, je lâche mollement. Mais méfie-toi, Potter. Tu joues à un jeu dangereux. Les sentiments sont plus cruels qu'un couteau, parfois…

-Et alors ? Tu as peur du danger ? Ou tu as peur d'être amoureux ?

La gifle qui claque sur ta joue allume des incendies dans tes yeux, car tu n'as pas eu le temps de voir ma main arriver.

Oui, déteste-moi, Harry. Par pitié déteste-moi.

Tu frottes ta joue doucement :

-Pas mal. Bien joué. Mais raté. Tu ne t'en tireras pas comme ça. Vas-y. Caresse-moi. Dis-moi que tu m'aimes. Embrasse- moi…

-Non…

-Si…ou alors reconnais que j'ai gagné, cette fois.

Le triomphe dans tes prunelles claires me rend fou de rage. Je n'ai pas perdu cette partie. Pas encore…

Je connais le chemin, et tu le connais aussi, maintenant. Le protocole est immuable. Rassurant.

A quelques pas, mon épouse discute avec la tienne. Je détourne les yeux.

Ma main glisse sur ta joue brûlante, comme pour effacer la gifle brutale que je viens de t'infliger. Une douleur me picote la paume, probablement la conséquence de cette claque.

Je ne quitte pas ta bouche des yeux, car je ne peux pas te regarder en face. Je ne veux pas que tu voies mon émotion, et je ne veux pas voir la tienne, le cas échéant.

Il n'y a que de la haine entre nous. Je m'accroche à cette idée, qui me réconforte.

J'aimerais que tes lèvres m'insultent, encore.

J'aimerais que tu me frappes.

J'aimerais savoir pourquoi je suis là. J'aimerais savoir à quoi on joue, tous les deux.

Ma main glisse dans ton cou, lentement, et tu fermes les yeux en soupirant d'aise.

Par Salazar, dis-moi que je ne suis pas en train de faire ça. Dis-moi que je ne suis pas en train de te caresser.

Le défi. C'est un jeu. Un défi.

Je me répète cette phrase, comme un mantra, tandis que je descends sur ta poitrine. Je feins d'ignorer tes tétons, alors tu prends ma main, lentement, et que tu la diriges, à ton bon vouloir. Je déglutis difficilement quand je sens les boutons de chair se dresser sous mes doigts glacés.

Tu souris. Ton érection reprend de la vigueur alors que la mienne s'éteint.

Je ne supporte pas les caresses. Je ne supporte aucun contact charnel direct.

Je commence à transpirer, j'ai l'impression qu'un voile noir tombe sur mes yeux. Pourtant j'avais envie de toi, tout à l'heure, quand on s'est déshabillés…mais le moment est passé. Et les fantômes sont revenus.

-N'aie pas peur…C'est pas si difficile, murmures-tu à mon oreille. Tu n'as jamais fait ça, avec Severus ? dis-tu en faisant glisser ma main inerte jusqu'à ton sexe.

S'il n'y avait eu que Severus…

Ce murmure me rappelle Son murmure. Le passé surgit d'un coup, et la nausée m'envahit.

Ses doigts crochus et inquisiteurs. Ses yeux rouges. Son souffle nauséabond.

Je crois que je vais m'évanouir. Je vacille.

-Draco ? Ca va ?

Tu penches la tête vers moi, inquiet. Tu perçois mon malaise. Alors tu refermes tes bras autour de moi, pour me soutenir, et tu m'appuies contre le mur. Difficile de t'empêcher d'être un héros, j'imagine.

Tu te colles à moi, me chuchotant des mots doux. Du moins je crois. C'est un vague murmure incompréhensible.

Puis tu saisis ma tête entre tes doigts et tu m'embrasses, lentement, en passant ta main dans mes cheveux.

Ton souffle n'est pas fétide. Tes doigts ne sont pas froids et crochus. Ta main est chaude, rassurante. Je sens une douce chaleur m'envahir, et j'ai l'impression qu'un flux d'énergie passe de toi à moi, et me redonne vie, peu à peu, au fur et à mesure de nos baisers.

La chaleur se répand dans tous mes membres et je reprends conscience.

Le défi. Il faut que je me ressaisisse.

Je ne vais ni m'évanouir ni plonger dans la guimauve avec toi. Ce n'est qu'un jeu.

Juste un plus pervers que les autres.

Un jeu.

Ta peau contre ma peau, et le sang qui circule, à nouveau.

Je me dégage lentement de tes lèvres, de tes bras, et je reprends le chemin du protocole.

C'est juste une variante inédite pour moi.

Tes mains me caressent tandis que je continue ma route vers ton nombril, avec mes mains et ma bouche, pour accroître la difficulté. Te prouver que je suis prêt à tout.

Hésitant, je glisse ma langue à l'intérieur du petit creux et tu gémis de plaisir. J'amorce des cercles autour de ton nombril et je m'aperçois avec surprise que ce n'est pas déplaisant, et que je bande à nouveau.

Tes soupirs s'accélèrent tandis que je me mets à genoux devant toi, face à ton pénis, mes mains sur tes hanches viriles. Tu glisses doucement ta main dans mes cheveux. Tu me fixes en souriant.

Je n'aime pas la tendre lueur que je lis dans tes yeux alors je crispe mes doigts autour de tes hanches, et je te griffe, doucement.

Je te déteste, Potter, ne l'oublie pas. Je te tuerai, un jour.

Tu écarquilles les yeux de surprise devant les trainées de mes ongles sur ta peau et tu fronces les sourcils.

Je reste immobile, à genoux devant toi.

J'attends.

Tu as compris, je crois.

Au moment où j'enfonce à nouveau délicatement mes ongles dans tes fesses musclées tu m'attrapes brusquement par les cheveux et tu amènes sans ménagement ma bouche contre ton sexe.

Je suis docile, je te lèche lentement, de la base épaisse jusqu'au gland rougi qui émerge. Je recommence le geste, plusieurs fois, avec une lenteur consommée, jusqu'à ce que tu me fasses comprendre que tu veux que j'accélère. Je suis le rythme imposé par ta main dans mes cheveux, sensation un peu douloureuse.

Agréable parce que douloureuse.

Fais de moi ce que tu veux.

Je t'absorbe entièrement et tu ne retiens plus tes gémissements tandis que ma langue et mon palais t'envoient au paradis. Parfois je m'interromps, je casse le rythme et tu gémis de frustration. Tu en veux plus, toujours plus, toujours plus vite.

Alors je recommence à te lécher doucement, avec délicatesse, et tu me tires par les cheveux, sans ménagement, pour me faire accélérer. Parfois tu vas si loin au fond de ma gorge que je crois que je vais vomir, mais c'est souvent agréable, car tu es admirablement bien membré.

Je constate avec plaisir que nous ne sommes plus dans la tendresse, et que tu apprécies de me maltraiter. Voilà un genre de relation qui me convient bien, même si je préfère être le bourreau que la victime, d'habitude.

Tu apprends vite.

Je veux bien te donner du plaisir si tu me donnes de la souffrance en échange, Potter.

Ma main glisse de ta hanche vers tes bourses tandis que je continue à te lécher, te sucer, te mordiller rapidement. Tu retiens un hoquet de surprise quand que je te griffe doucement, à cet endroit tellement intime et sensible.

Tu me regardes, pupilles élargies, souffle court. Je t'affronte du regard. Lequel de nous deux est un malade, Potter ?

Je fais doucement glisser mon majeur jusqu'à tes fesses, et je commence à dessiner des cercles avec mon doigt, sans interrompre notre jeu.

Lorsque soudain j'accélère le mouvement entre tes fesses musclées, tu te contractes, tu pousses un long râle de plaisir, à faire trembler les murs, et ton sperme emplit ma bouche.

Je déglutis, je me relève :

-Alors, Potter, satisfait cette fois ? Ta rousse ne te rend pas ce genre de service, je parie ?

Tu reprends tes esprits, difficilement, en me fixant avec mépris.

On se rhabille rapidement, sans se regarder.

-Tu ne réponds pas, Potter ? tu as avalé ta langue, sous le coup de la jouissance ?

-Hmmm ? Non… c'était pas mal, oui. Mais je dois voir quelqu'un qui m'a fait jouir bien plus facilement que toi, lances-tu négligemment en levant les sorts qui nous protégeaient et en t'éloignant.

Je n'en crois pas mes yeux. Tu te diriges vers mon épouse, qui te voit arriver avec effroi.

Immédiatement, la haine m'envahit à nouveau, tel un flot salvateur. Je l'accueille comme une amie.

Oui, je te déteste, Potter. Comme avant. Comme toujours, et pour toujours.

Et je vais te tuer, quoi que tu fasses.

A suivre...