Voilà la suite. Désolée, je fait suivre des gros blocs avec des petits. J'espère que ça vous intéressera quand même! et encore une fois, prévenez-moi si vous voyez d'éventuelles erreurs!

BONNE LECTURE!!!


Les bras noirs le tenaient par un bras tandis que Roy tendait l'autre vers la porte. Il tirait autant qu'il pouvait mais la force lui manquait. Depuis le temps qu'il faisait ce rêve, il savait parfaitement ce qu'il allait arriver s'il touchait la porte. Son corps commençait à abandonner peu à peu et plus il reculait, moins il se défendait. L'inconnu était toujours allongé sur le lit mais la lance était tombée sur le sol. Dans une dernière tentative, Roy la saisit et trancha les bras qui ne retenaient. D'autres se précipitèrent sur lui mais avant qu'ils aient pu le frôler, il sauta hors de la chambre en veillant à ne pas toucher la porte. Il la referma rapidement et aussitôt, les rires d'enfants cessèrent. Essoufflé, il s'adossa à la cloison et glissa le long du mur. Dans un sens, il était soulagé de briser le cercle vicieux où il était enfermé depuis des semaines mais d'un autre, il ne savait pas à quoi s'attendre. Tout à ses réflexions, il remarqua soudain qu'il avait toujours la lance en main et (plus étrange encore) que celle-ci saignait ! La lame, faite d'acier, avait la forme d'une fleur de lys et le manche était en bois grossier ce qui semblait insolite par rapport à la lame très travaillée. Chose plus étrange encore, le sang coulait bien qu'il n'y eu pas de source autre que la pointe. La flaque sur le sol grandissait sans explication logique (fait énervant pour un scientifique tel que Roy !) et s'étendait, sans toucher aucune paroi (encore illogique). Il se rapprocha prudemment de la porte pour écouter mais aucun son ne sortait de la chambre. Il toucha la poignée et recula, méfiant mais rien ne se produisit. Il ouvrit la porte et vit la chambre telle qu'il l'avait vu la première fois, les rideaux fermés, le corps certainement allongé derrière, les objets au sol. Sans s'occuper du corps, il tourna autour du lit, cherchant après une quelconque anomalie qui pourrait expliquer l'apparition des bras noirs. Ne trouvant rien de particulier, il retourna à l'entrée de la chambre et la regarda dans son ensemble: il vit alors que le sang de la lance, qu'il avait à la main, avait formé un cercle parfait. Il se pencha pour observer cet étrange phénomène et une curieuse idée lui traversa l'esprit : posant la lance à coté de lui il posa les mains dans le cercle.

Aussitôt, il se trouva devant une porte immense en pierre sculptée. Elle s'ouvrit et Roy fut happé par des millions de bras qui l'entraînèrent à l'intérieur. Son esprit fut envahi par un nombre incalculable d'informations qui rentraient dans sa conscience sans qu'il pu réagir. Son cerveau semblait emmagasiner toutes ces données à une vitesse folle. Le temps de se rendre compte de se qui se passait, il savait comment Ed s'y prenait pour transmuter sans cercle et savait aussi comment transmuter sans joindre les mains. Il était tout proche de connaître la transmutation humaine quand le souvenir de Ed s'imposa dans son esprit (assez confus) et comprit où il se trouvait et ce qui lui arrivait. Il tourna les yeux vers son corps arrêtant alors l'afflux d'informations dans sa tête.

Il se réveilla brusquement et tâta son corps avec inquiétude. A sa grande joie, il était entier mais cette joie était troublée par le sacrifice qu'il avait alors fait pour cette connaissance qu'il avait toujours même après son réveil. Il sauta (ou plutôt dégringola) de son lit et attrapa ses gants d'alchimiste. Il les enfila et tenta une expérience qui lui avait coûté maintes brûlures la dernière fois qu'il l'avait faite. Il tendit le bras, doigts écartés, paume en l'air et aussitôt une boule de feu pas plus grosse qu'un dé à coudre apparu. Fasciné, il la fit grossir, rétrécir, sauter d'une main à l'autre avant de la faire disparaître rien qu'en fermant la main. Son savoir ne faisait pas partie du rêve. Mais son allégresse fit place à une profonde réflexion : il devait forcément avoir donné quelque chose pour cette connaissance (ben oui, échange équivalent!), mais quoi? Ce ne devait pas être physique car son corps ne l'avait pas suivi devant la porte. Pourtant, ses souvenirs étaient complets, il n'avait pas de trous noirs, il pouvait penser et raisonner. Avait-il vendu son âme au Diable ? (Désolée, mauvais humour.)

Il regarda alors son réveil et faillit s'évanouir : 10h30! Hawkeye allait le fusiller! Il déboula dans le salon où Hughes, sciant du bois, avait élu domicile avec le canapé pour campement attitré. Sur la table basse, il avait écrit un mot : "Pas de panique! J'ai appelé Hawkeye, tu as deux jours de permission". Toute la panique de Roy s'envola alors pour laisser place à une profonde reconnaissance vis-à-vis de son ami et c'est d'un pas léger qu'il alla à la cuisine préparer le petit-déjeuner.

Il ne fallut pas plus que l'odeur de café pour attirer Hughes dans la cuisine.

-Hugh! Grand chef, il y a quoi à manger?

-De l'omelette à la Elicia!

-Beuh! Quoi d'autre?

-Des toasts et des crêpes!

-Dans l'art que les Mustang perpètrent depuis des générations…

-Et grâce à la recette écrite au dos de la boîte.

-Aussi, ça aide!

-Bien dormi?

-Comme un loir, ton canapé est aussi confortable que la banquette d'un train!

-Désolé mais pour ton information, tu n'étais pas sensé venir comme un voleur chez moi et me faire la peur de ma vie!

-Quel ingrat! Tu pense que t'as atterri dans ton lit en volant!-il prit le ton de la plaisanterie- Et crois-moi t'as beau peser pas lourd, tu pèses quand même! D'ailleurs, t'as meilleure mine!

-Ouais, et je me sens mieux !

-Toujours le même rêve ou les somnifères ont enfin fait effet correctement?

-Ni l'un ni l'autre, j'ai débouclé la boucle et j'ai fini le rêve. C'est peut-être grâce à la discussion d'hier soir mais j'ai changé le scénario.

-Raconte!

Roy raconta alors le rêve de la nuit à un Hughes de plus en plus perplexe au fur et à mesure de l'histoire. Il demanda :

-Et donc maintenant tu pratique l'alchimie sans cercle et sans joindre les mains?

-Oui, mais je n'ai pas l'impression d'avoir payé le prix du savoir que j'ai.

-Et ben, t'as le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière!

-Ce qui n'est pas logique, mais sympa dans le concept!

-Ça signifie qu'alchimiquement (néologisme!) parlant, tu es plus fort que Ed?

-Oui, en gros.

-Ouah ! et tu peux me faire une démonstration?

Roy empoigna la poêle et la transmuta en épée, puis il lui rendit sa forme initiale.

-Effrayant! Heureusement que Gracia est nulle en alchimie, j'en passerai, des mauvais quarts d'heure!

-Surtout te connaissant ! à ce propos, comment m'as-tu obtenu deux jours de permission?

-Un coup de fil, une petite blague et l'affaire est dans le sac!

-Je vois… Bon! On ne va pas manger toute la journée?

-Non, j'aurais plutôt envie de me balader en ville comme au bon vieux temps!

-Oh, non, ne me dis pas que tu cherches encore à me caser avec la première venue.

-Elle ne sera plus la première, depuis le temps! Non, mais…

-Dans ce cas j'accepte toutes les propositions possibles et inimaginables!

-Alors, allons-y!

Ils sortirent et enchaînèrent ciné, balade en ville, foire, et finirent par échouer dans un bar peu fréquenté mais assez sympa. La journée avait filé dans une bonne humeur flottante et ni l'un ni l'autre n'avait plus parlé du cauchemar, trop heureux de pouvoir se retrouver avec son meilleur ami qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps! La nuit commençait à tombé et, bien que déjà plus sobre, ils étaient frais pour une soirée jeux vidéo à la salle de console de la ville (ben oui, même adulte, un gars reste un gars. Et quand ils sont deux, c'est encore pire!). Ce n'est qu'à une heure et demi du matin que Hughes proposa d'arrêter et ils repartirent bras dessus bras dessous chez Roy. Ils arrivèrent à l'appartement (même colonel il est pas riche, Roy!) et sitôt atterri sur le canapé, Hughes se mit à ronfler comme un enrhumé. Etrangement, Roy ne sentait pas encore la fatigue le peser et décréta qu'il serait utile de rattraper le travail pour ne pas arriver demain et découvrir une montagne de papiers (quoi de plus déprimant ?). Il enfila donc sa veste et fit une petite excursion nocturne vers les locaux de l'armée.

A sa grande surprise, Jean Havoc et Heymans Breda étaient toujours à leur bureau. Ils se levèrent et le saluèrent quand il entra dans le bureau commun:

-Bonsoir, mon colonel il est peut-être un peu tard pour commencer le travail vous ne trouvez pas?

-Oui, ou un peu trop tôt… Et vous donc! Que faites vous ici à cette heure-ci ?

-On fait des recherches!

-Vous vous instruisez? A la bonne heure! Mais quel est le but de ces recherches?

-Ben, on a entendu le Fullmetal Alchemist râler comme quoi vous ne vouliez pas le laisser aller à Xerxès et qu'il en avait besoin pour ses recherches.

-En quoi cela vous intéresse-t-il ?

-Ben, pour notre carnet de suivi?

-Kesako?

-Bah depuis qu'il est alchimiste d'état, il fait beaucoup parler de lui. Alors Heymans et moi, on le suit pour comprendre ce qu'il fait, lui et son frangin.

-Je vois! Et ça avance.

-En fait, on ne comprend pas tout. Vous pourriez nous donner un coup de main.

Avisant son bureau vide (et remerciant mentalement Hawkeye!), il accepta. Au vu des ouvrage qu'il avait pris (ex: l'Alchimie pour les nuls!) ils ne devaient en effet pas saisir grand-chose! A grand renfort d'explications, il parvint à faire comprendre à ces deux hurluberlus un principe qui lui paraissait pourtant simplissime!

-Ah! D'accord! Alors ça fonctionne comme ça!

-Oui.

-Vous auriez pu expliquer à Ed ce qu'il cherchait au lieu de le faire grogner!

-Franchement, ses recherches ne sont pas mes oignons et s'il veut que je lui explique, il n'a qu'à venir me demander plutôt que de chercher à quitter le pays! (Paf! Prend-toi ça dans les dents!)

-En tout cas, merci! Dit Havoc en baillant largement, holà il est presque cinq heure et quart! Moi, je suis crevé! Bonne soir… euh bonne journée mon colonel

-Hé! Evitez de dire au lieutenant que je suis venu !

-Pas de problème!

Après une brève vérification de son emploi du temps (genre éviter de louper un événement important!), il fila en vitesse chez lui. Hughes n'avait pas bougé et Roy se dirigea vers sa chambre. Il n'avait aucune envie de dormir et mis ça sur le compte de l'excitation des dernières vingt-quatre heures. Il fit alors diverses expériences de ses nouvelles capacités et finit par descendre préparer à manger en s'amusant à transmuter les toasts pour leur donner les formes les plus variées, après les avoir jugés mangeables ensuite. Hughes se leva assez tôt. Aussi pimpant que s'il avait dormi la nuit entière il demanda:

-Et tes cauchemars, t'en as refais

-Non, je n'ai pas dormi!

-C'est pas vrai? T'as pourtant l'air en forme!

-Et je le suis!

-Ouais, ouais! On dit ça jusqu'au coup de barre! Et je te préviens, j'ai déjà une fille, c'est pas pour jouer les mères poules avec toi!

-Et j'y tiens pas tant que ça, crois-moi!

-Bon, moi j'ai bien aimé le programme d'hier! On ne change pas une équipe qui gagne!

-Bien d'accord avec toi! Mais je pense que la douche d'avant-hier est aujourd'hui un lointain souvenir!

-Beuh! J'ai l'impression d'être un camembert oublié sur une air de pique-nique un jour de canicule!

-Maes! Pas pendant le repas!

-Tu veux sentir?

-Dégage ou je te grille autant que le toast que tu manges!

-Ok! Ok! Si Monsieur l'alchimiste est si susceptible! Pourrais-tu me faire aumône d'une tenue propre?

-Sers-toi dans mon armoire.

Une fois nos deux gais lurons propres, ils entamèrent leur seconde journée de détente avec autant d'entrain que la veille. Le soir fut cependant plus raisonnable et ils se contentèrent d'une soirée courte mais arrosée dans un bar branché où la plupart des femmes, célibataires ou non, se joignirent aux deux hommes. Ivre, Hughes s'assoupit à côté de son ami qui retenait l'attention de toutes. Elles avaient beau le faire boire, Roy tenait très bien l'alcool et toutes finirent plus saoules que lui. Récupérant son ami, il dû traverser la moitié de la ville en le portant et arriva avec plaisir à l'appartement ou il décida de laisser Hughes dormir dans son lit.

De retour dans le salon, il s'assit dans le canapé et attendit le sommeil. En vain, il essaya de lire et finit la majorité des ouvrages qui l'ennuyaient auparavant le passionnèrent et c'est Hughes qui le sortit de sa lecture à cinq heure et demie:

-Va te préparer, aujourd'hui tu reprends le boulot et moi aussi!

-Ouais… comment ça toi aussi?

-Et oui! Je ne suis pas venu que pour te voir! Je viens aussi pour le contrôle de routine!

-Tu t'imagines que si tu n'étais pas mon ami, je devrais être dégradé!

-Mais non, les militaires peuvent être malade de temps en temps! Je te mets en grippe durant deux jours et hyper performant le troisième! Chose qui ne risque pas d'arriver si tu arrives en retard! Alors: Hop! Hop! Hop! (avec l'envie de le frapper qui suit!)

-Après d'être habillé et une tasse de café plus tard, Roy fila au boulot, Hughes tentant de le suivre péniblement.

-Au fait, bien dormi?

-Pas cette…

Le temps de formuler la phrase, il lui apparu une idée qui le fit se figer sur place. Hughes s'en inquiéta et lui demanda ce qui n'allait pas. "Bon sang, se dit-il, Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt !". Il répondit à son ami anxieux que tout allait bien, pour le moment.

-Dis-moi ce qui te turlupine!

-Je sais ce que m'a pris la Porte. Mais c'est pourtant physique comme sacrifice!

-Qu'est-ce qu'Elle t'a pris

-Mon sommeil! Je ne peux plus dormir et je ne suis plus fatigué!

-C'est plutôt une bonne nouvelle!

-Trop bonne pour ne pas cacher quelque chose.

-A part que tu n'auras plus d'excuse pour arriver en retard, je ne vois pas ce que tu as à craindre!

-Avançons sinon on finira par l'être vraiment, en retard!

Prenant de nouveau la tête, Roy n'en était pas moins désorienté face à la découverte qu'il venait de faire. Quel intérêt avait la Porte pour lui prendre le sommeil ?

Ils arrivèrent au bureau commun et Hughes en profita pour détendre son ami, quelque peu crispé:

-C'est un plaisir de voir un élément tel que vous, colonel Mustang! Malgré cette grippe dévastatrice, vous voilà déjà au travail!

-Mon devoir est de faire le travail que l'état me demande, lieutenant-colonel Hughes! S'amusa Roy en faisant le salut militaire. Messieurs, Lieutenant Hawkeye, le lieutenant-colonel Hughes est venu faire une inspection (Hawkeye pâlit dangereusement) et puisque j'ai été alité durant les deux premiers jours, ne pouvant montrer l'efficacité de notre équipe, nous allons montrer à notre inspecteur ce que vaut réellement notre division!

-Oui, chef, répondirent énergiquement le groupe.

Le téléphone sonna alors et Roy répondit:

-Allô? Colonel Mustang à l'appareil.

-Mustang? C'est Ed ! écoutez, j'ai pas beaucoup de temps, mais Al a… sa voix se brisa.


Moi : RAAAAAAAAAAAH! Al, qu'est-ce que t'as encore fait?

Al: Mais c'est pas moi!

Moi : Je sais, mais quand même il t'arrive toujours des embrouilles! Qu'est-ce qui t'es encore arrivé?