SALUT,
Merci Matsuyama de ton soutien, malheureusement, Al n'est pas dans le corps de Roy. (Bien que ça me paraisse être une idée à développer!)Mais en effet Roy est dans un sacré pétrin! Rassure-toi, Al n'est pas mort non plus, il se porte comme un charme, pour le moment!
-Allô? Ed? Que se passe-t-il?
Roy entendit la respiration saccadée de Ed à travers le téléphone : il pleurait ! Il perçut aussi les efforts qu'il faisait pour se calmer, Ed articula:
-Al… son âme n'est plus dans son armure… je sais pas ce qui s'est passé.
-Ed! calme-toi, explique moi clairement ce qui s'est passé. Comment est-ce arrivé?
A travers le combiné, Ed renifla et souffla:
-Je… J'en sais rien! On s'est séparés à la sortie du train, il devait aller au village pendant que je faisais de la reconnaissance dans les environs. En revenant, le gars de l'hôtel m'a dit que Al avait bien réservé les chambre mais qu'il étais sorti et qu'il ne l'avait pas revu depuis. Je suis parti le chercher et quand j'ai trouvé l'armure, elle ne bougeait plus, ça fait une heure! Pourtant son sceau alchimique est intact.
-Ed, est-ce que tu peux revenir à la cité de l'Est avec l'armure?
-Non, les bandits ont encerclé le village et ils vont l'attaquer ce soir !
-Bon.-il réfléchit aussi vite qu'il le pu- écoute-moi : tu vas attendre là où tu es, tu vas te calmer et patienter un peu, le temps que je trouve une solution. Il est six heures. Je te contacterai dans trois heures au plus tard, d'ici là tu ne bouges pas ! Et ne fais rien avant!
-Mais…
-Ed tu sais très bien que je déteste ce mot, alors tu te tais et tu obéis. Ai-je été clair ? –silence- AI-JE ETE CLAIR?
-Oui, colonel.
-Bon! Alors exécution! Il raccrocha et se tourna vers ses compagnons, surpris, Hughes, désolé, mais l'inspection va devoir attendre : Ed a de gros, gros problèmes! Hawkeye, prenez-nous quatre billets de train pour Great Valley, vous, Havoc, Breda et moi partons dés que possible ! Falman, vous me remplacez ici, Fuery vous assistera. Exécution!
Tous obéirent sans broncher. Hughes s'approcha de Roy:
-Qu'est-ce qui se passe?
-Je l'ignore encore, mais pour qu'Ed m'appelle en pleurant, c'est que ça doit être très sérieux.
-Je vois. Bon, ben moi je vais me faire prescrire trois jours de grippe, ou non, de gastro, ça fait plus "si je bosse, je crève"! Fidèle Gastro, comme on dit à Cuba! Par contre je ne pourrais pas faire la prochaine inspection!
-Merci, Maes. Une chose encore, appelle Ed et essaie de le calmer, tu es le seul qui puisse le faire.
-Peut-être mais il y a plus de brio à le faire obéir, et là tu es le champion toutes catégories confondues!
Roy n'avait jamais aimé les inspections, car il savait que son équipe était efficace : sept heure sonnait quand le train partit avec à son bord l'équipe entière, déjà sur le qui-vive. Le trajet durait une heure et demie et Roy du sortir du compartiment pour se calmer. Déjà, qu'Ed l'appelle, cela tenait du miracle mais en plus qu'il pleure "devant" lui, rien ne va plus! Havoc le rejoignit, la cigarette au bec. Il en tendit une au colonel. Bien sûr, Roy refusa mais il avait souvent eu ce réflexe d'en proposer une à chaque fois qu'il voyait son supérieur tendu.
-Comment vous expliquer ce qui arrive aux frères Elric, mon colonel?
-Je n'explique pas sans observation, nous verrons sur place.
-Sauf votre respect, colonel, je peux vous poser une question?
-Pose-la, je verrai si j'y répond ou pas.
-Vous les voyez comment, vous, les frères Elric?
-Hum… Ed, bien entendu, je le vois comme mon subordonné. Al, il représente plus un civil "proche de l'armée".
-Ce qui signifie que si je vous appelle en pleurant, vous accourez pour m'aidez?
-Non, ce qui signifie que si l'un de mes hommes est en difficulté, je me fais un devoir de comprendre et d'arranger l'affaire dans laquelle il s'est mis du mieux que je peux.
-Ouais, mais avouez que Ed n'est pas comme n'importe lequel de nous. C'est un gamin. Même très fort, il reste un enfant, et puis c'est un alchimiste d'état!
-Peut-être, mais pour moi, il fait partie de l'armée sous mon commandement et il savait les risques qu'il encourait le jour où il s'est engagé. Certes, il est jeune mais tu l'a dis, il est intelligent, et il sait ce que l'armée représente : nous sommes à la fois l'épée et le bouclier de l'état, c'est notre responsabilité de le protéger des attaques extérieures et de tout ennemi de l'intérieur.
-Si vous le dites.
Havoc finit sa cigarette puis la jeta sur la voie. Roy réfléchissait pendant qu'il admirait le paysage. "Bon sang, Ed qu'est-ce que t'as foutu? pensa-t-il, vivement qu'on arrive, que je…". Soudain, il encaissa un puissant mal de tête qui semblait lui trancher le crâne. La tête dans les mains, il tenta de le calmer comme il pu mais plus le temps passait, plus son mal empirait. Havoc le vit blanchir plus que naturel.
-Hé! Mon colonel, vous allez bien?
Roy s'assit contre la paroi du train et respira profondément, il n'entendait plus ce que disait Havoc mais il le vit tourner la tête. Hawkeye apparut et lui prit le visage pour l'examiner. Soudain, Roy ne vit plus rien, il réfléchit comme il put est trouva le seul moyen qui pouvait le calmer. Il ôta son gant et posa sa main sur son front, en priant pour que ça fonctionne. Le flash effraya ses compagnons qui sursautèrent, mais l'effet fut immédiat : Roy vit Hawkeye se redresser et s'écrier:
-Mon colonel, tout va bien
-Là, tout de suite? Ma foi oui! Répondit-il le sourire aux lèvres.
-Qu'est-ce que c'était, cet éclair?
-Une transmutation chauffe fortement et de manière quasi instantanée les molécules d'air alentours, récita Havoc, libérant un effet lumineux assez impressionnant.
-Heureux de voir que vous retenez ce que je vous apprends! J'ai transmuté une partie de mon cerveau qui produit de l'endorphine, une sorte de morphine, ça calme les maux de tête illico.
-Mais! C'est de la transmutation humaine! Comment avez-vous...?
-Pas vraiment, ce n'est qu'une transmutation organique. Et puis, je suis alchimiste! Par contre, rien de tout ceci ne doit arriver aux oreilles de Fullmetal.
Les deux autres se turent mais même les yeux fermés, Roy sentait leurs regards déconcertés sur lui. Il ne voulait pas en expliquer davantage et ils savaient que même s'ils lui demandaient, il ne répondrait pas. Il se leva, intérieurement pris de vertiges, et avança en direction du compartiment quand soudain, le train s'arrêta brusquement. Roy s'accrocha à la barre de sécurité du wagon et rattrapa Hawkeye, qu'Havoc n'avait pas réussi à retenir. Roy sourit:
-Ah! On est arrivé. Récupérez Breda et vos armes de fonction, on va recevoir du monde!
Hawkeye et Havoc se dépêchèrent d'obéir tandis que Roy avança vers la tête du train. Les bandits de Great Valley étaient une bonne trentaine et l'un des hommes, un monstre de muscles mais assez court sur pattes, avait arrêter le train d'un coup de poing (surpuissant !) dans la locomotive. Par chance, les premiers wagons étaient restés sur les rails, mais la queue du train formait un accordéon serré effrayant qui avait du faire plusieurs victimes. Roy descendit du train en sautant la barrière de sécurité et marcha vers le groupe de brigands hilares de leur "succès". Devant l'attroupement qu'ils avaient formé, Roy, très calme (bien qu'un peu dans les vapes), remit son gant et les salua:
-Bonjour messieurs, je suis le colonel Roy Mustang, en charge du secteur Est de notre beau pays. A ce titre, vous êtes en état d'arrestation.
-Et nous, dit un homme mince et long qui avait sortit une arme, en tant que brigands on vous dit d'aller voir ailleurs si vous voulez pas vous faire botter vos fesses de représentant.
Le coup de feu retentit et l'homme tomba, mort. Hawkeye, arrivée depuis peu avait dégainé si vite que les bandits n'avaient pas encore réalisé que c'était elle qui avait tiré.
-Merci Hawkeye, dit Roy. Bien, pourrais-je parler à votre chef ou un quelconque représentant de votre bande?
-C'est moi qui suis le chef ici, déclara un homme aussi grand qu'Armstrong et bien plus costaud (dur à imaginer, n'est-ce pas?), où sont vos hommes?
-Ici, répondit Roy en désignant ses trois soldats.
La troupe entière éclata d'un rire sonore.
-Vous pensez qu'à quatre vous pourrez me battre, moi et mes trente voleurs (vingt-neuf!)
-Je pense que chacun de mes hommes pourraient tuer dix des vôtres. Mais je ne veux pas de risques inutiles, et demande votre coopération rapide car nous sommes pressés. Si ceci peut vous dissuader de nous attaquer –Roy sortit sa montre d'alchimiste d'état- ce serait d'autant mieux.
Les rires laissèrent place aux murmures. Le chef des bandits sourit méchamment et cria:
-Soit, je propose un duel, vous et moi… à mort.
-Si on pouvait alors se dépêcher.
-Mon colonel, s'écria Hawkeye, vous n'allez pas accepter!
-Hawkeye, il est huit heures, il nous reste une heure avant qu'Ed n'ait quartier libre. Vingt minutes ici c'est autant de boulettes qu'il peut faire et plus vite on leur règle leur compte, plus vite on s'occupera des frères Elric.
-Oui, mais…
-Réellement, je hais ce mot! Contentez-vous de me couvrir des autres pendant que je crame le parrain. -Il se tourna vers le colosse à la tête de molosse enchaîna- c'est bon on y va.
-Ha! Voilà un suicidaire comme je les aime! Allons-y petit chien de l'armée. Moi aussi je fais de l'alchimie, tu sais? Une dernière volonté?
-Que tu te taises.
Il tendit la main et claqua des doigts, aussitôt une gerbe de feu couvrit le bandit surpris. Ce dernier esquiva de peu mais ne put empêcher une brûlure : son bras fumait, sûrement bien cuit. Mais cela ne semblait pas lui faire mal, il restait hébété un moment avant de se tourner vers Roy, le regard menaçant. "Une méca-greffe" pensa-t-il en claquant de nouveau des doigts. Remis de sa surprise, son adversaire esquiva plus aisément le coup et chargea Roy. L'esquivant avec facilité il transmuta son bras et le détruit. Puis il donna un coup de coude bien placé dans la nuque. Un craquement sonore fit frissonner les bandits et soupirer Hawkeye de soulagement. Le géant à ses pieds, Roy lança un regard circulaire aux brigands:
-D'autres volontaires?
Certains d'entre eux tentèrent de fuir mais d'un claquement de doigts, Roy créa une barrière de feu infranchissable. Pris de panique, certain se ruèrent vers Roy et ses compagnons mais il frappa du poing sur le sol et une déflagration les fit reculer et étonna autant les voleurs que les militaires.
-Je savais que les bandits étaient nombreux mais stupides comme ils sont, ils vont pas faire long feu, s'amusa Roy.
En joue des tireurs (Havoc et Hawkeye), les voleurs lâchèrent un à un leurs armes et se rendirent.
Il fallait maintenant remettre le train en état et le tas de muscles aida en grande partie durant la manœuvre (avec l'aide du fusil à pompe de Havoc), mais la locomotive devait être réparé et Roy dut offrir de ses services pour la rapiécer. En tout, l'arrêt avait duré vingt minutes. Avec une demie heure de trajet, Ed ne fera rien de stupide.
L'arrivée à la gare fut rapide, Breda et Havoc s'occupaient des bandits et rejoindraient Roy et Hawkeye après. Ces derniers allèrent à l'office et demandèrent les renseignements qui leur permirent de découvrir où était Ed. Ils le trouvèrent dans un hôtel discret à l'est de la ville. Affalé sur un sofa, dos à l'entrée, il ne les entendit pas arriver. Roy toussa et Ed se retourna enfin. Les yeux rouges, il semblait néanmoins en bonne santé. Sa surprise amusa Roy, malgré son inquiétude:
-Colonel! Qu'est-ce que vous foutez là?
-Je te recontacte ! eh bien! Toi qui m'avais habitué à en faire trop, voilà que tu n'as même pas fais le minimum! Quoi qu'il en soit, on a rencontré ta "mission" en chemin et on a réglé le problème, mais il est hors de question que ça se reproduise! Enfin, parlons peu mais parlons bien: je n'ai rien compris à la situation que tu m'as raconté –il s'assit sur le canapé- tu m'as dit que l'âme de Alphonse n'était plus dans l'armure. Hum… C'est embêtant!
-Des fois je me demande si vous avez un cœur!
-Oui, moi aussi! Mais là n'est pas la question. Hawkeye, vous devriez nous réservez quatre chambre, quelque chose me dit qu'on aura jamais fini ce soir!
-Quatre? Demanda Ed.
-Havoc et Breda arrivent d'ici peu de temps, on ne va pas les faire coucher dehors!
Après la réservation, ils montèrent tous les trois vers la chambre de Ed. Dans un coin de la pièce, l'armure de Al était adossée au mur et ne bougeait effectivement plus, contrairement à son habitude de saluer poliment le lieutenant et le colonel. Ce dernier observa ce qui était devenue un tas de ferraille sans vie. Il ôta le casque et un détail attira son regard, il demanda:
-Ed! tu as tenté de renouveler la marque de sang?
-Non, c'est très difficile de le faire sans risquer de perdre l'âme.
-Alors tu pourrais me donner une explication rationnelle à ce… phénomène dirons-nous.
Il pointa le doigt (c'est pas bien, c'est malpoli) vers le sceau d'esprit : du sang avait coulé le long du dos depuis la marque. Plus précisément, du sang coulait ! Ed en resta muet de stupéfaction tandis que Roy ne put se détourner de la pensée que son rêve et la disparition de Al étaient liés. L'armure saignait moins que la lance ne l'avait fait mais elle saignait.
-Ed, tu as une photo de ton frère avant la transmutation?
-Euh, oui, dans ma valise, pourquoi?
-Donne-la à Hawkeye –il se tourna vers elle- faites publier un avis de recherche avec la photo en précisant qu'il est plus grand et peut-être plus mince que sur le portrait.
-Qu'est-ce qui vous fait penser que l'âme de Al a réintégré son corps?
-Question de logique : il n'est plus dans son armure. D'après ce que je sais de la transmutation d'âme, on ne peut transmuter une âme vers un corps ou un objet sans détruire le lien qui le lie à son corps d'"origine", dons il n'est pas dans un autre objet ou corps. Il reste alors deux possibilités : soit son âme a fait un rejet du corps, soit elle est retournée à son corps d'origine. Rappelle-moi quand vous vous êtes séparés?
-Il y a deux jours, vers six heures, en sortant du train.
-Soit il y a 54 heures… une paye!
-Vous pensez pouvoir expliquer comment et pourquoi c'est arrivé?
-Non, pas encore mais chaque détail compte!
En réalité, il commençait à se faire une idée de ce qui s'était passé. Mais comment expliquer qu'il avait transmuté le corps de Alphonse en rêve, que son âme l'avait alors rejoint et que lui-même avait donné pour cette transmutation son sommeil.
Malgré son trouble, il réussit à garder un visage impassible dissuada l'espoir de Ed que son supérieur puisse l'éclairer davantage.
