Note de moi: Hello everybody! How are you today?
Pour ma part, ça va plutôt bien vu que j'ai déjà écrit ma partie du quatorzième chapitre! Huhu!
Inspiration, quand tu nous tiens...
Bon alors ce chapitre-là est très soft lol Je le précise au cas où... Il n'y a pas de lemon, à part un lime à la fin et encore... Si on peut appeler ça un lime lol Nous commençons à nous intéresser à la jalousie... Ca va faire mal pour nous, Harry... Pil' n'y est pas allée de main morte...
Merci à tous, je pense avoir répondu à tout le monde ( j'ai bien dit je pense, vu que j'ai effacé tous mes mails par inadvertance --' ) Si ce n'est pas le cas, je m'en excuse platement.
Place au chap', merci encore infiniment à tous, nous sommes très touchées par vos messages! Bizouxxxx!
Chapitre treize: Joyeux anniversaire, Poudlard.
- Harry -
Je n'arrive pas à croire que je l'ai fait...
Je l'ai fait...
Avec elle...
Avec toi...
Je l'ai fait...
J'ai été au delà de tout ce que j'avais pu m'imaginer. De tous mes fantasmes d'adolescent. De tous mes fantasmes d'homme qui cherche en vain de nouveaux plaisirs qu'il n'a jamais convoités. J'ai été au delà de tout ça, et avec toi...
Avec toi...
Est-ce que je suis choqué?
Oui...
Est-ce que j'ai des remords?
Oui...
Est-ce que j'ai envie de te revoir?
Non...
Non, Draco... Pas après tout ça. Vingt fois, cent fois, un millier de fois non.
Je ne veux pas te revoir, je ne veux même plus te lire, je ne veux même plus te faire souffrir.
Je veux que tu disparaisses de ma vie.
Allez... Disparais.
S'il te plaît... Disparais.
Tu as toujours voulu gagner. D'aussi loin que je me souvienne, tu as toujours voulu trouver un jeu ou un domaine dans le quel tu pourrais me battre.
Tu en as trouvé un, Malfoy. Tu as trouvé le plus dangereux...
Celui qui se joue avec les tripes.
Celui qui se joue avec le cœur...
En t'écrivant la première fois, je m'exposais à de gros risques, je le savais.
J'avais eu peur de ta réponse, mais j'avais encore plus eu peur que tu me détestes plus qu'avant.
Je n'ai jamais aimé susciter la haine. J'ai toujours préféré éviter les blessures. Alors que toi, tu les as toujours recherchées.
Est-ce pour ça que tu m'as toujours recherché, Malfoy?...
Est-ce pour ça que tu m'as imposé ce jeu?
J'ai tellement envie de te détester pour ce que tu représentes pour moi, aujourd'hui.
J'ai tellement envie de te haïr pour avoir tout détruit dans ma vie en seulement quelques mois.
C'était tellement plus simple, au début.
C'est tellement plus compliqué, maintenant...
Je n'ai pas envie de dire ce que je ressens. Pas maintenant. Pas si tôt.
Je n'ai pas non plus envie de mettre des mots sur ce qui s'est passé chez toi, et sur ce que j'ai ressenti en partant, les jambes tremblantes, les larmes aux yeux, les lèvres frémissantes, le cœur déchiré...
Le cœur déchiré...
Tu l'as atteint, Malfoy. Ca y est... Tu y es en plein dedans.
Mais jamais tu le sauras.
Jamais je te dirai que tu as gagné.
Je ne veux pas te donner ce plaisir. Je veux juste que tu disparaisses... En souvenir de ce que l'on était avant... Parce qu'on ne se connaissait pas.
« A ton avis, mon chéri... Je prends la rouge ou la dorée ? » Me demande Ginny en observant sous toutes leurs coutures les deux robes qu'elle a posé sur le lit.
On a reçu un hibou il y a quelques jours. Ce soir, nous retournons à Poudlard pour fêter les 2500 ans de Poudlard. Pour cela, il y aura tout le gratin du Ministère, et les élèves qui ont le plus « marqué » l'école.
Si seulement mon père, Sirius, Rémus et Séverus étaient encore là... On aurait pu avoir un bon divertissement.
Mais à la place, il y aura toi et moi...
« Alors ? » Me demande à nouveau Ginny en se regardant dans le miroir avec la robe rouge.
Je pose mon regard vide sur la robe dorée au pied du lit. Je ne sais pas quoi lui répondre. Je ne sais pas celle qui la mettra le plus en valeur, s'il faut qu'elle soit sexy ou sobre, s'il faut qu'elle soit provocante ou élégante... Je n'en sais rien et je m'en contre-fous.
« La dorée. Je lui réponds sans grande conviction.
-Mais elle a un décolleté énorme... C'est celle que j'avais le soir de nos quinze ans de mariage... Tu te rappelles que tu n'as eu aucun mal à...
-Alors pourquoi tu me demandes ! ».
Elle se retourne vers moi, presque choquée que je lui ai parlé sèchement et je sens mes joues qui rougissent de honte.
« Désolé...
-... Tu me mettras un costume, s'il te plaît.
-Pourquoi ?! Je suis très bien en jean et en t-shirt.
-Ce sont les 2500 ans de Poudlard, ça n'arrivera qu'une seule fois. Il faut quand même que tu sois élégant, tu n'es pas n'importe qui, Harry, tu es...
-Arrête. Arrête avec ça...
-... Harry... Il va falloir qu'on parle. Pas maintenant, mais ce soir. Je ne sais pas ce que tu as en ce moment, mais tu ne vas pas bien du tout... Va te préparer... Je t'ai déjà mis tes affaires dans la salle de bains. »
Je sors sans la regarder, et je me dirige vers la salle de bains.
Arrivé dans la pièce d'eau, je ferme la porte à clef et me pose contre elle.
Je n'ai pas trop envie d'y aller.
Je n'ai vraiment pas envie de t'y voir.
Je n'ai plus envie de rien...
Je n'ai pas touché Ginny depuis le début de notre correspondance. Je n'arrive plus à la regarder depuis ce moment-là.
Elle s'ennuie. Elle se languit. Elle est malheureuse quelque part.
A cause de moi.
A cause de toi.
A cause de... Nous.
Tous les jours, je me dis que si jamais je ne t'avais pas laissé m'embrasser le soir où tu es venu me voir chez moi, tout ce qui s'est passé ensuite ne serait jamais arrivé.
Je ne t'aurais jamais cédé aussi facilement.
Je ne me serais jamais avoué l'inavouable... A savoir que j'ai aimé être contre toi.
Qu'embrasser un homme ne m'a ni dérangé, ni dégoûté.
Que j'ai aimé ce voile dans tes yeux.
Que ton émotion feinte m'avait touché plus que je ne saurais le dire.
Que ma haine n'était qu'un moyen de défense comme un autre. Illusoire et tellement puéril.
Et maintenant que je m'en rends compte, c'est trop tard. J'ai tout perdu. A commencer par moi-même.
Je voudrais t'oublier. S'il te plaît, laisse-moi t'oublier.
oOo – oOo
JOYEUX ANNIVERSAIRE POUDLARD !
Bienvenue à la soirée d'anniversaire de Poudlard, école de Sorcellerie de Grande – Bretagne.
Pour les 2500 ans de notre école, nous avons décidé – sous demande du portrait d'Albus Dumbledore – de réunir tous les anciens élèves encore vivants qui ont marqué l'établissement scolaire, aussi bien par leur haine mutuelle, que par leurs prouesses en Quidditch ou leur niveau intellectuel.
Pour savoir à quelle place la boule de cristal vous a placé, adressez-vous au Professeur Mac Gonagall, grande organisatrice de l'évènement.
Le corps enseignant vous souhaite une agréable soirée.
« La boule de cristal ? Qu'est-ce que c'est que cette idiotie ? » Demande Hermione en regardant l'affiche placardée à l'entrée de la Grande Salle.
Ron, qui a déjà des petits gâteaux à la main, arrive avec Blaise Zabini. Ils ont l'air en grande conversation et je suis surpris de voir mon meilleur ami rire aux plaisanteries du métis.
Arrivés à côté de nous, Blaise déshabille rapidement Hermione du regard mais ses yeux noirs s'attardent un peu plus sur le décolleté plongeant de la robe dorée de ma femme.
Finalement, elle m'a écouté et je me demande si elle a bien fait vu la façon dont certains l'observent, comme si les attaches de son dos nu allaient tomber à tout moment.
« Blaise était en train de me dire que Trelawney est descendue de sa tour. C'est elle qui a insisté pour placer chacun d'entre nous à table. Explique Ron alors qu'Hermione secoue la tête de désolement. Ne fais pas cette tête, ma chérie. Elle a parfois de bons pressentiments.
-Les pressentiments n'ont rien à voir avec la Divination... Où nous a-t-elle mis ? J'espère que nous sommes ensemble... »
Ron échange un regard gêné avec Zabini et celui-ci répond d'une voix très grave qui fait légèrement frissonner Ginny :
« Weasley, Longdubat, Nott, Potter, Crabbe, Malfoy et moi-même sommes à la même table.
-Quoi ? S'écrie Hermione. Elle n'a même pas mis les couples ensemble ?
-Vous êtes toutes les deux avec Pansy, les soeurs Patil, Brown et Lovegood. »
A la mention de son éternelle rivale, Hermione se crispe un peu et reprend son souffle. Elle a toujours eu du mal, même après plus de vingt ans, de pardonner à Ron d'avoir voulu la rendre jalouse avec elle.
Sans un mot, elle prend Ginny par le bras et l'entraîne à l'intérieur de la Grande Salle alors que Zabini les suit du regard.
Avant, un homme aurait regardé ma femme de cette façon, je l'aurais certainement provoqué en duel. Maintenant, c'est tout juste si je ressens un pincement dans la poitrine.
« On y va ? » Me demande Ron alors que Zabini a reporté son regard sur moi.
Je n'ai jamais aimé son air supérieur, tellement typique des Serpentard, il m'a toujours fait penser à toi. C'est peut-être à cause de ça que vous vous entendiez si bien lorsque nous étions élèves. A l'époque, je n'aurais même pas été choqué qu'on me dise qu'il y avait plus qu'une simple amitié entre vous.
« Malfoy est déjà là ? Je demande d'une voix légèrement tremblante.
-Oui... Il discute papillons avec Longdubat. »
Lorsque je t'aperçois, j'essaie de paraître impassible. J'essaie de ne pas montrer mon trouble.
Tu es un bon comédien, mais moi aussi, Malfoy. Je sais très bien cacher ce qui doit l'être et ce que tu provoques en moi, en fait indéniablement parti.
Tu es légèrement penché vers Neville et cette proximité ne me plaît pas du tout.
A mesure que je me rapproche, l'air visiblement détaché, les mains dans les poches de mon costume, je sens mon cœur qui commence à remonter dans ma gorge.
Nott et Crabbe discutent également entre eux et personne ne s'aperçoit de notre arrivée jusqu'à ce que nous nous asseyions.
Puis, tes yeux gris se posent brièvement sur moi, me faisant détourner les yeux et je t'entends t'adresser à Zabini, qui s'installe à côté de moi – sans doute pour avoir une meilleure vue sur la table d'Hermione et de ma femme un peu plus loin - :
« Blaise, mon vieil ami, Blaise... Tu ne m'avais pas dit que nous avions le roi des Gryffondor à notre table, ce soir. J'aurais ressorti mon vieux badge de Quatrième Année... »
Ron se force à rire, pensant certainement à une plaisanterie un peu mal placée, alors que je mets inconsciemment deux doigts entre le col de ma chemise et mon cou... Précisément là où tu m'as une nouvelle fois marqué.
Je sens tes yeux qui brûlent un instant mon geste ; tu dois te demander si j'ai à nouveau effacé toutes les traces de mon méfait.
A ton avis, Malfoy ?... Bien sûr que oui...
« Même au bout de vingt ans, vous vous haïssez toujours ? Demande Neville avec un sourire désabusé.
-Quand il sera mort, j'irai même baiser sur sa tombe, si tu veux tout savoir, Longdubat. »
A présent, Ron ne rit plus et Nott et Crabbe nous regardent avec curiosité alors que Zabini fixe le dos dénudé de ma femme.
« Qui te dit que je crèverai avant toi ?
-Parce que j'ai toujours eu de la chance et que ta vie n'est qu'une suite d'échecs, Potter. La roue ne va plus tourner, maintenant, c'est trop tard.
-Et si moi, je te tue avant ?
-Tu n'as pas les tripes pour ça. Et puis... Tu tuerais vraiment ta chienne, Potter ? »
A cette phrase, je vois Nott qui recrache ce qu'il a dans sa bouche alors que Crabbe lui tape maladroitement dans le dos et que Ron me regarde avec effarement. Seul Zabini semble dans son monde et ne prêt aucune attention à notre conversation.
Je te jette un regard rempli de toute la haine que tu m'as toujours inspirée et tu me souris ironiquement avant de te repencher vers Neville pour reprendre ta conversation.
Je sens que la soirée va être très longue...
oOo
- Draco -
Je discute plaisamment papillons avec Londubat en prenant bien soin de m'approcher de lui, juste un tout petit peu plus près que ne le voudrait la bienséance. Il est ravi de bavarder de son hobby avec moi, surtout après la magnifique réussite de la « chasse aux papillons » dans la forêt de Dean. Cet idiot ne s'est pas aperçu que j'ai tout manigancé, du début à la fin.
J'attendais ta venue, Potter. Elle va mettre un peu de piquant dans cette soirée somme toute bien conventionnelle. Je pense qu'en définitive elle ne sera pas si conventionnelle que ça. En tout cas, je ferai tout pour.
Tu fais mine de ne pas me regarder, après notre « petit accrochage verbal » de tout à l'heure.
J'ai adoré te provoquer, adoré voir la mine choquée de tes amis.
Je ne suis qu'un salaud, doublé d'un pervers, tout le monde le sait. Personne ne s'étonne.
Alors que toi…Toi, tu es un héros. Un vrai. Tu as sauvé le monde sorcier.
Enfin ça, c'était avant tes petites parties fines avec mon épouse et moi. Parce que si ça se savait…
Tu es morose, presque hagard. Vaguement séduisant dans ce costume dont la couleur se marie bien à tes cernes – noires.
Tu n'as répondu à aucune de mes lettres depuis notre petit intermède, et ça m'agace.
N'as-tu pas apprécié les tendres moments passés ensemble ? Après tout le mal qu'on s'est donné pour te satisfaire, mon épouse et moi…
Vraiment, quelle ingratitude Potter…
Tu ne le sauras jamais, mais j'ai vraiment failli perdre mon sang froid, après ton départ.
Il faut dire que je n'étais pas dans mon état normal, après tout cet alcool ingurgité. L'ivresse ne fait pas bon ménage avec le cynisme et la distance nécessaire au jeu.
Heureusement je me suis ressaisi depuis.
Quand j'ai réalisé que j'avais passé des nuits entières, angoissé devant ma fenêtre, à attendre tes réponses. Moi. Draco Malfoy.
La mort de la totalité de mes oiseaux et de la quasi totalité de mes papillons a été l'élément déclencheur. C'est là que je me suis dit qu'il y avait un malaise. Un vrai. Que toute cette histoire prenait des proportions inadéquates, grotesques.
Quelques séances de mortification m'ont remis dans le droit chemin. Du sang, des verges, des clous. Quand on souffre le martyr dans sa chair, on n'a pas de peine de cœur.
Encore un enseignement de ce bon vieux Snape.
Et puis toi, tu n'es rien qu'un jeu, pour moi. Un jeu un peu plus pervers que d'habitude car on ne recherche visiblement pas la même chose.
Toi, tu veux échapper à ta routine, ton mal-être.
Moi, je veux te tuer.
Je veux t'écorcher, te faire hurler, aspirer ton âme.
Je veux voir des enfers flamber dans tes yeux.
Je veux que tu me supplies.
Je veux être la personne qui te fermera les yeux, Potter, et définitivement.
J'avoue, tu te bats bien. Principalement contre toi-même, mais tu ne manques ni de courage ni de panache.
Je t'ai amené très loin, déjà, Potter. Bien au-delà de tes fantasmes, à mon avis.
Et c'est déjà une belle victoire pour moi.
Voyons jusqu'où tu es prêt à aller, pour souffrir encore un peu plus. Pour vivre encore un petit peu plus.
Tu m'ignores délibérément, mais tu transpires beaucoup. On parie que c'est toi qui viendras me voir, tout à l'heure ? Toi qui me snobes depuis des semaines.
Tu chipotes dans ton assiette, et tu recommences à boire. Un souci ?
Attends Potter, j'ai pas encore fini de jouer avec toi. Je sens d'agréables frissons me remonter le long du dos. Le chat et la souris, tu connais ?
Je me verse un verre de vin, avec parcimonie. Zabini se retourne sans cesse pour reluquer ta femme et Weasmoche essaie de t'intéresser à sa dernière voiture. En vain. Tu simules plutôt bien, mais je sais que tu n'écoutes pas.
Londubat est intarissable sur les Nymphalidae, mais cette logorrhée me donne le tournis. Je lui demande, avec courtoisie :
- Un peu de vin, mon cher Neville ?
Il s'interrompt, bouche bée, et rougit légèrement :
-Ou…oui, merci.
Alors je lui verse un bon verre de ce délicieux bordeaux, en murmurant à son oreille:
-Buvons à nos retrouvailles, Neville. Je suis sûr que nous avons plein de points communs…
Il ne répond pas et devient écarlate…Est-ce que ce brave Neville…. ?
Je l'ai toujours considéré comme une cloche, mais là, il pourrait m'être bien utile…et puis il a une bouche plutôt sensuelle.
Il n'y a pas de règles dans notre jeu, Potter, et surtout aucuns scrupules.
Après les tortures physiques, les tortures morales.
Tu feins de m'ignorer, après avoir baisé avec moi, je saurai bien te faire payer ton impolitesse…
Je reprends la conversation avec Londubat, et au bout de quelques minutes nous sommes totalement absorbés par nos discussions sur les papillons, à mon grand plaisir.
Weasley, qui n'en peut plus de ton mutisme, décide de changer d'interlocuteur et lui pose une question. Neville ne répond pas, hypnotisé par mes yeux gris.
-On vous dérange, peut-être ? demande Ron, goguenard.
-Certes, oui, je réponds d'un ton las. Pour une fois qu'il y a un sujet intéressant…
-Les papillons, c'est intéressant ??
-Tu ne te doutes pas à quel point, Weasley. Ils sont beaux, on prend un grand plaisir à les attraper, et on n'est pas obligé de leur faire la conversation, après.
Tu avales de travers. Zabini se retourne une nouvelle fois pour reluquer ta femme.
-Passionnant…répond Weasley d'un ton moqueur. Tu parles d'une chasse…je ne vois vraiment pas le plaisir qu'il y a à se balader le nez en l'air avec un petit filet.
-Forcément, on parle d'esthétisme, donc tu ne peux pas comprendre. Il y a d'autres plaisirs dans la vie que de se goinfrer, tu sais…et puis, attraper un spécimen rare, c'est très agréable…
-Bof…
-On ressent une énorme satisfaction, crois-moi, quand on arrive à en capturer un, surtout si on le traque depuis longtemps, dis-je en te jetant un coup d'œil. Un plaisir presque…charnel.
Londubat prend un air rêveur et je me penche vers lui :
- N'est ce pas, Neville ?
-Euh…je ne sais pas si…
-Comment, Neville, est –ce que tu ne sens pas des frissons quand enfin il est là, dans ton filet, essayant vainement de fuir ? un magnifique Nymphalidae qui t'échappait jusqu'alors ?
-C'est vrai que …
-Et quand tu le sors de son bocal, étourdi, et que tu le déposes précautionneusement sur son lit de mort, est-ce que ce n'est pas délicieux de l'admirer ? de déplier délicatement ses ailes et de l'épingler ? y a-t-il plus grand plaisir ?
Londubat soupire, visiblement ému et tu tapes du pied par terre, à cran. Attends Potter, je n'en ai pas encore fini avec toi.
Je le fixe dans les yeux :
- Est ce que ça t'arrive souvent, Neville, ce genre d'émotion ?
Il est rouge et il transpire. Pas besoin de le toucher pour savoir qu'il bande, au son de ma voix.
-Euh…oui. Enfin, non. Pas trop souvent, hélas, répond-il, perdu.
-Vraiment, quel dommage !! tu devrais venir chez moi, j'ai quelques spécimens qui vont te passionner. Certain sont encore en vie. C'est plus amusant, de les garder en vie longtemps, avant de les épingler…pas vrai Potter ?
-Ta gueule, Malfoy !! Arrête ton cinéma, ça n'intéresse personne.
-Ah oui ? Pourtant tu avais plutôt l'air intéressé, dans la forêt de Dean, rappelle-toi. Très intéressé même…tu étais tout rouge, très excité…tu ne te souviens pas du magnifique spécimen que tu as attrapé, ce soir-là ?
Tu me lances un regard méprisant, sans répondre.
Nott et Crabbe se regardent, surpris, pressentant un sous-entendu. Weasley fronce les sourcils.
J'insiste :
-Alors Potter ? On n'assume pas ses vices ? Y a pas de honte à aimer les papillons, pourtant. C'est pas comme si je disais que tu ne peux pas t'empêcher de baiser les femmes mariées contre un mur…ou pire, de te faire enfiler par leur mari….
Tu te lèves, fou de rage, et tu me flanques un coup de poing qui me met K.O.
Les femmes crient et Ginny se précipite vers toi :
-Harry ? mais qu'est ce que tu as fait ? Tu es devenu fou ? Tu es complètement saoul, ou quoi ?
Ron répond, hargneux :
- C'est ce sale serpent qui l'a cherché, avec ses insinuations écœurantes. Bien fait pour toi, Malfoy !!
Un peu sonné, je me relève et je te regarde. Tu es livide, tremblant de rage, entre Crabbe et Nott qui tentent de te retenir. Astoria ne bouge pas, plus morte que vive.
Ma lèvre saigne un peu, et je lèche le sang avec plaisir, en te regardant.
Oui, mes lèvres sont rouges et gonflées, comme si tu les avais mordues. Tu sais à quoi je pense ?
Continue, Potter, et tu exauceras tous mes vœux.
Tout le monde nous fixe. Parfait.
Je me rapproche de Londubat, qui pose sa main sur mon bras, fort complaisamment. Je viens de gagner définitivement son cœur, je crois, en tremblant légèrement contre lui. Son souffle s'accélère.
-Voyons Messieurs !! intervient Mc Gonagall, en levant les mains au ciel, en signe d'apaisement. Ne gâchons pas cette soirée, s'il vous plaît. Conduisons-nous en êtres civilisés, bonté divine !! Faites la paix, et demandez vous pardon, s'il vous plait.
Cette vieille schnoque débloque toujours autant. Qu'est ce qu'elle va nous sortir comme idiotie, encore ? Tu regardes par terre, buté.
Je murmure, avec dédain :
-C'est quoi, votre message, Mrs Mc Gonagall ? «Faites l'amour, pas la guerre ?» Personnellement, je préfère faire la guerre avec Potter. Ca m'apporte plus de sensations.
-M. Malfoy !! Votre humour est très…déplacé.
-Pourquoi ? Il est mieux placé, celui de Potter, quand il me tabasse ? Quand on pense qu'à son âge, il n'arrive toujours pas à se retenir…
-Malfoy !! rugit Weasley en remontant ses manches.
La foule frémit. Je suis sûr que là, juste maintenant, tu préfèrerais être mort, Potter. Quand je vois le regard que te jette ta gentille épouse, je jubile intérieurement. Tu aurais mieux fait d'épouser une idiote. Zabini se précipite vers elle, pour la soutenir dans l'épreuve. Pas ton jour de chance, Potter…
Mais il faut que le jeu continue. Tu n'es pas encore tout à fait mûr.
-D'accord…je retire ce que j'ai dit, Potter. Tu n'es intéressé ni par les papillons ni par les femmes mariées. Et encore moins par leur mari. Tu es un être parfait, Potter. Parfaitement ennuyeux. Continuons à dîner. Viens, asseyons nous, Neville.
Tu trembles de rage. Je me rassois, faussement détendu, et Londubat en fait autant. Il trempe obligeamment sa serviette dans son verre d'eau et essuie le sang qui coule le long de mon menton. Délicatement.
Merci Potter. Grâce à toi, il m'a touché. Grâce à toi, il est mûr pour être cueilli.
Le piège se met en place. Et c'est toi qui l'as amorcé.
Ca fait comment, la jalousie, Potter ? Tu es plus blême que moi et tu me fixes avec une telle intensité que ton épouse retourne à sa place avec Zabini, écœurée.
Weasley boit son verre cul-sec et marmonne :
-T'es toujours un malade, Malfoy
-Si tu savais, Weasley. Mais ne t'approche pas trop près de moi, il paraît que c'est contagieux…
Chacun se réinstalle et continue son repas. La conversation reprend mais le malaise persiste, à mon grand bonheur. Tu bois deux verres de vin de plus et Neville me raconte avec émotion son premier Nymphalidae, comme un premier amour.
Attends…tu n'as rien vu, encore.
Je plonge ma cuillère dans la chantilly, la léchant complaisamment. Je souris tendrement à Neville :
-Mais est-ce que tu ne t'es jamais intéressé à une autre variété ? Tu sais que j'ai quelques spécimens très rares chez moi ? Des papillons d'Afrique ?
-Oh ? vraiment ? Non…en fait, non. Je me suis plutôt concentré sur ceux qu'on trouve par ici.
-Moi j'essaie de me diversifier…sinon l'ennui guette très rapidement, tu sais, Neville, quand on s'en tient au même type de papillon. Il faut toujours chercher plus loin, tu ne penses pas ?
-Ne l'écoute pas, Neville…n'écoute pas ce serpent, murmures-tu, les poings crispés.
-Potter !! Je croyais que ça ne t'intéressait pas, les papillons. Laisse les spécialistes discuter, s'il te plait, je te réponds, agacé.
Tu insistes :
-Ils ne te suffisent pas, ceux que tu as déjà?
-Non…une fois qu'on a épinglé un spécimen, il faut passer à un autre, et vite. Moi je n'épingle jamais deux fois le même papillon, Potter, dis-je avec un petit sourire. Trop ennuyeux. Et je crois que je commence franchement à m'ennuyer avec les Nymphalidae…
Tu te crispes, et je bande rien qu'à voir la lueur de haine dans tes yeux.
Je me penche vers Neville :
-Viens avec moi tout à l'heure. Tu verras, j'ai des merveilles, chez moi. Des splendeurs…
Il replonge dans sa coupe de glace, tout émoustillé. J'effleure son genou avec le mien et il devient cramoisi.
Tu es à point, là.
Tu te lèves, et tu jettes ta serviette sur ta coupe de glace, que tu n'as pas touchée.
-Tu pars, Harry ? demande Weasley en louchant sur ton dessert.
-Oui, faut que je prenne l'air, là.
-Tu finis pas ton dessert, alors… ?
-Non, vas-y, sers toi.
Et je te regarde t'éloigner, ravi.
Le reste n'a été qu'un jeu d'enfant.
Attirer Londubat dehors, lui certifier qu'il est le meilleur spécialiste de Grande Bretagne, le regarder rougir devant mes compliments…le frôler, ici et là, pour le rendre fou de désir. Effleurer sa hanche, prendre son bras, me perdre dans ses yeux voilés…faire monter le désir doucement, le temps que tu reviennes.
Le temps que je sente, dans mon ventre, que tu es là. Que tu m'observes.
Alors j'ai plongé et je l'ai embrassé. Et je l'ai caressé. Pour son plus grand plaisir. J'ai gémi sous tes mains impatientes, maladroites.
Et ça ne m'a même pas dégoûté.
Peut-être parce qu'il n'est rien pour moi. Peut-être parce que je savais que tu étais là, que tu me regardais.
Oui, je pensais à tes yeux sur ma nuque quand j'ai soulevé sa robe pour découvrir son érection, j'ai pensé à ta verge quand je l'ai pris en bouche, j'ai pensé à tes fesses quand je l'ai pénétré, et qu'il a joui en gémissant en plaisir.
Oui, tu étais là, Potter.
J'espère que tu étais là.
J'espère tu souffrais.
A suivre...
