NOTE IMPORTANTE:
Bonjour à tous.
Vous devez être sans doute plus que surpris de voir une up date de cette fic qui devait être abandonnée... Je suis aussi surprise que vous de revenir dessus, mais je ne pouvais pas faire autrement. Ca me rendait malade de la voir inachevée, et je n'arrivais plus à rien, alors comme je dis toujours, autant prendre le canard par les palmes et la finir... Seule.
Oui, vous m'avez bien lue; je m'attaque à cette suite toute SEULE, Pil' ne voulant pas revenir dessus.
C'est un peu bizarre vu qu'elle a écrit une fin sur son propre compte, mais à Dieu va, je tente quand même. Peut-être que quelqu'un voudra bien me lire...
Si je reviens dessus, c'est pour récupérer ma muse que j'ai enfermé dans cette fic qui était extrêmement importante à mes yeux. Elle devait être ma plus belle réussite, j'espère ne pas vous décevoir ( en particulier ce qui concerne Draco... Hummm...).
Merci à tous ceux qui m'ont soutenue jusqu'à présent, et merci à toi Pil' de m'avoir autorisé à revenir dans le passé. Je n'oublierai jamais le chemin que nous avons parcouru ensemble.
Bizouxxx, très bonne lecture!
Un auteur en mal de muse morte de trouille...
Chapitre seize : Un peu plus de souffrance.
- Harry –
Je me sens léger. Léger comme une plume malencontreusement tombée de l'aile d'un oiseau.
Sauf que je ne tombe pas.
Je plane.
Pourquoi déjà ?...
J'essaye de bouger ; je n'y arrive pas.
A ce moment-là, j'entends une voix douce et grave qui me dit de me tenir tranquille. Qu'on est bientôt arrivés.
Au Paradis ?
En Enfer ?
Dans une autre réalité où tu n'existerais pas ?
J'entends une porte que l'on ouvre discrètement, et encore une fois, j'essaye de faire un petit mouvement, mais je n'y arrive toujours pas. C'est au dessus de mes forces.
J'ai du mal à savoir où je suis.
J'ai du mal à savoir qui est avec moi.
J'ai du mal à savoir pourquoi quelqu'un m'a lancé un sortilège de Lévitation.
Doucement, mon corps repose sur ce qu'il semble être un matelas extrêmement moelleux et presque malgré moi, un petit soupire d'aise échappe de mes lèvres.
J'entre-ouvre les yeux et je vois une personne – un homme semble-t-il – s'afférer autour de moi en me disant de rester calme.
Et c'est à ce moment-là que je les sens.
Mes muscles.
Chacun d'entre eux.
Avec une pesanteur incroyable.
Comme si quelqu'un m'avait battu à mort pendant des heures.
« Ouvrez les yeux, Monsieur Potter. Vous devez être conscient pour que les effets soient plus rapidement bénéfiques. » Me dit la voix douce au dessus de moi.
Avec peine, je me force à lui obéir et des traits fins et gracieux se dessinent devant moi. Ce visage...
« Cho ?... Je dis d'une voix enrouée alors que je sais pertinemment que c'est un homme qui me parle.
- Décidément, Monsieur Potter, ma petite soeur a marqué votre mémoire. Je suis Liam. Et inutile d'essayer de vous surélever ou quoi que ce soit, le Doloris que vous venez de subir a été extrêmement puissant... »
Comme pour approuver ses dires, mon corps crie au scandale et je me ralonge docilement, la respiration sifflante, cherchant en vain des souvenirs récents dans ma mémoire.
Tes yeux gris...
Plein de douleur et plein de haine.
Des papillons. Des tas de papillons.
Une voix douce, suave, la même qui s'adresse à moi en ce moment.
Ton regard sur moi...
Brûlant.
Dérangeant.
Tes lettres...
Neville.
Ton manoir...
Un soleil aveuglant.
Liam...
Mon coeur qui bat.
Tes yeux gris...
« Vous vous rappelez ?...
- Je... Je suis chez... Draco Malfoy.
- Oui...
- Et vous êtes un spécialiste des papillons.
- Exact.
- Vous êtes un des meilleurs au monde.
- ... A ce qu'il paraît...
- J'ai vu votre collection dans une serre...
- Une petite partie, oui.
- Et il était là...
- Qui « il » ?
- Lui... Il m'a jeté ce sort... Il a voulu me faire mal... Vraiment... Et il a réussi. »
Des gouttes d'eau salées glissent lentement, difficilement le long de mes tempes et j'essaye de détourner le regard afin que cet homme ne voit pas ma détresse et ma honte.
Tu m'as donc haï au point de me vouloir réellement me tuer...
« Je vais devoir vous enlever votre t-shirt, Monsieur Potter... Pour vous appliquer l'onguent... Ca va être un peu douloureux. »
Oh ! Rien ne pourra être plus douloureux que le souvenir de cette haine pure et malfaisante au fond de tes yeux, mais d'un mouvement presqu'inintelligible, j'acquièçe.
Précautionneusement, il s'asseoit à mes côtés et me relève avec délicatesse. Je serre les dents pour ne pas laisser échapper un gémissement de douleur alors que tout mon corps crie grâce. Mon coeur y compris.
Je ne le regarde pas.
J'essaye de vider ma tête.
J'essaye de ne pas voir le grand portrait de Serpentard en face de moi qui me toise d'un air hautain, comme si c'était écrit sur mon visage que j'avais un jour appartenu à la maison de Gryffondor.
J'essaye de me dire que tu n'es pas à quelques mètres de moi, peut-être même à la porte, attendant qu'il sorte annoncer je ne sais quoi, peut-être mon décès.
Je voudrais juste pouvoir ressentir pleinement ses mains chaudes et légères qui survolent ma peau, qui lèvent avec le plus de douceur possible mes bras pour faire passer mon t-shirt par dessus ma tête.
« Vous pouvez vous rallonger. »
En temps normal, sa délicatesse m'aurait ému, elle aurait attisé ma curiosité – si peu de personnes ont eu de tels gestes envers moi – mais à ce moment précis, je prie tous les dieux que je connais de n'être qu'un homme comme les autres, avec sa femme, ses enfants, son métier et non pas un sorcier qui vit au milieu d'une véritable comédie... Dramatique.
Une crème épaisse et glacée me fait sortir de mes pensées et je sens mes abdominaux se contracter malgré moi lorsque je me tourne une nouvelle fois vers celui à qui je dois certainement la vie.
Il est sérieux, appliqué ; on dirait qu'il a fait ça toute son existence.
Ses mains mates sont fortes et caressantes à la fois et ses yeux me parcourent avec une étrange curiosité qu'il cache sous une impassibilité apparente.
Et alors qu'il remonte lentement le long de mon torse pour s'occuper de mes bras, je m'autorise à le dévisager plus attentivement.
Il ne te ressemble pas. Pas du tout.
Il est brun, tu es blond.
Il a de grands yeux noirs en amande doux et brûlants, les tiens sont gris et froids.
Il est délicatesse et application, tu es froideur et manipulation.
« On dirait que vous avez fait ça toute votre vie... Je murmure en grimaçant alors qu'il me tourne pour s'occuper de mon dos.
- J'ai assez d'expériences en la matière, en effet.
- Oh... »
Je frissonne lorsque ses mains se posent au creux de mes reins et ferme les yeux pour apaiser ma douleur alors qu'elles remontent paresseusement le long de ma colonne vertébrale.
« J'ai bien peur que vous ne puissiez rentrer chez vous ce soir, Monsieur Potter. Il vaudrait mieux prévenir votre épouse... »
Mon coeur rate un battement lorsqu'il évoque Ginny et une petite voix dans ma tête me dit que c'est inutile de la prévenir, qu'elle ne s'en rendra même pas compte. Pourtant, tout semblait s'être apaisé depuis quelques semaines...
Une apparence... Me souffle la voix traitresse.
Je ne sais pas. Je ne sais plus...
« Oui... Ca serait bien si vous lui envoyez un hibou. Mais ne dites pas que je suis chez Malfoy... Rassurez-la, et écrivez que je rentrerai demain en fin de journée. »
Le reste des soins se fait en silence, et je sens petit à petit mes muscles se détendre et la douleur partir.
Mais là encore, ce n'est qu'une simple apparence.
« Vous vous demandez sûrement pourquoi il a fait ça... »
Ses mains s'arrêtent un quart de seconde sur mes épaules lorsque je lui pose ma question et j'ai l'impression qu'il cherche ses mots avant de me répondre.
« Votre haine mutuelle est légendaire, d'après ce que Cho a pu m'en dire. J'ai seulement été surpris de vous voir ici ; je pensais vous rencontrer plus à Poudlard.
- ... On s'est longtemps haïs, il est vrai.
- Longtemps ?... Excusez-moi... Ca ne me regarde pas. »
Un autre silence s'installe.
Un silence pesant, gênant, sous-entendu de non dits, mais je fais comme si de rien n'était.
Je m'apprête à reprendre la parole pour changer de sujet lorsqu'un coup léger se fait entendre à la porte.
Un coup qui résonne étrangement en moi comme le glas d'une sentence.
Tu es venu pour m'achever...
oOo
- Draco –
Qui aurait cru qu'un Gryffondor pouvait me convaincre à faire quelque chose malgré moi ?
Tu as trop empoisonné ma vie ces derniers temps, Potter et regarde ce que je suis réduis à faire ; à suivre Longdubat comme un petit chienchien à sa mémère dans les couloirs de mon propre manoir.
Je garderai longtemps en moi l'expression de tes yeux lorsque j'ai lancé le Doloris avec une force que je ne soupçonnais pas, comme celui que j'ai rêvé durant des années pouvoir lancer à Voldemort pour avoir ainsi abusé de moi.
Ta douleur était presqu'émouvante ; elle a été salvatrice.
Exquise.
D'une douceur infinie.
Elle m'a sauvé de tes yeux trop verts qui me regardaient avec cette étrange expression. Celle que tu as appelé « amour ».
Alors c'est cela qui brille dans les yeux de ma femme – selon tes propres dires – lorsqu'elle me regarde ?!
C'est ça ce merveilleux sentiment que toutes les filles – et les garçons – de Poudlard m'ont reproché de ne pas connaître ?...
Ce n'est que ça ?...
Une flamme ?...
Intéressant... Pathétique aussi, mais intéressant.
Tu m'excuseras si ce n'est pas elle que je retiens.
Non...
Celle qui m'a hypnotisé, c'est celle de ta détresse. De ta souffrance.
Oui, Harry... Montre-moi que tu souffres, que tu ne supportes pas ça, je te montrerai qui je suis vraiment.
Un malade mental pour qui tu crois avoir des sentiments.
Alors pourquoi j'ai cédé si facilement à Neville pour prendre de tes... nouvelles ?...
La réponse est simple. La curiosité. Et l'envie.
S'il te plaît, Harry ; partage avec moi encore un peu plus ta souffrance.
Rends-moi la vie que tu m'as volée.
Fais cesser les battements.
S'il te plaît...
Oublie notre dernier tête à tête sous la pluie. Dans la boue.
Ca n'aurait jamais dû arriver.
Et tu le sais aussi bien que moi.
Nous arrivons devant la porte de la chambre de Chang – comment a-t-il osé ? – et les battements résonnent dans ma tête. Je passe une main tremblante sur mon visage alors que l'avidité m'envahit ; souffres-tu encore ?...
Neville frappe.
Je ne veux pas te voir avec lui.
Je ne veux pas qu'il te soigne.
Je le tuerai s'il le fait, tu peux comprendre ça?... Je le tuerai, Potter.
Quelques secondes après, Chang apparaît dans l'embrasure de la porte. Il me dévisage rapidement et détourne les yeux, mal à l'aise.
Qu'il ne croit pas que je suis là de mon plein gré.
Je ne serais jamais venu si Neville n'avait pas été là.
Je serais resté dans ma serre.
J'aurais tenté de penser à autre chose que le fait qu'il soit enfermé dans une chambre avec toi. Seul.
Je me serais occupé de ses papillons parce qu'il a une magnifique collection, mais jamais je lui dirai.
Et tu serais sorti de mon esprit aussi facilement que tu y es entré.
J'ai ramassé tes lettres. Enfin, celles que je t'ai envoyées... Elles sont dans ma poche intérieure.
Neville n'a pas posé de question. Il a juste eu une expression amère.
Comme s'il pouvait se permettre d'être jaloux.
Comme si j'en avais quelque chose à faire de ce qu'il pensait ou ressentait.
« Comment va-t-il ? » Chuchote Neville en voyant que Chang ne s'efface pas de l'entrée.
Que pense-t-il ? Que je vais t'achever, comme ça, sur un lit à moitié évanoui ?
Non... Le jour où je te tuerai, Potter, tu seras en pleine possession de tes moyens.
On se battra longtemps.
On fera durer le plaisir...
Tu souffriras...
Tu pleureras peut-être, et je serai heureux.
Oui... Le jour où je te tuerai, Harry, sera le plus beau jour de ma vie.
« ... Il est souffrant. Légèrement fiévreux. Son corps a perdu beaucoup d'énergie... J'ai rarement vu un Doloris jeté avec autant de ferveur... »
Mes yeux croisent les siens un instant et je m'autorise un sourire. Moi aussi, je suis plutôt fier de moi sur ce coup.
« Pouvons-nous le voir ?... S'enquit Longdubat.
- Je ne sais pas si...
- Où comptez-vous dormir ? »
Neville se tourne vers moi avec étonnement et Chang me toise avec un très grand sérieux.
« Je pensais rester à ses côtés au cas où...
- Il n'en est pas question.
- Mais... Draco... Et si Harry ne se sent pas bien cette nuit... S'affole Neville.
- Je le veillerai moi-même.
- Vous ?...
- Cela vous pose un problème ? »
Il lutte contre lui-même pour répliquer.
Je le sais.
Je le vois.
Mais il ne te touchera plus, Harry. Il ne te touchera plus jamais.
« ... Très bien. Je vous laisse l'onguent.
- Inutile. Je suis un très bon potioniste. Je reviens. Dans une heure, je veux que vous ayez déménagé dans l'aile ouest. Un elfe de maison vous aidera à vous installer. Neville... Je crois qu'il est temps pour toi de retourner à Poudlard ; cela fait plus d'une semaine que tu n'y es pas retourné. »
Et sans attendre la réponse, je m'éloigne vers mon repaire, un sourire mauvais sur les lèvres.
La nuit va être très longue, Harry... Ca, je peux te le garantir...
A suivre...
Toujours là?... Oui?... Vous n'êtes toujours pas partis? Tant mieux... C'est pas terrible ( enfin moi, je trouve pas ) mais il fallait que j'écrive à tout prix quelque chose aujourd'hui, et voilà... Je vous promets qu'il se passera plus de choses au chapitre suivant, Pil' m'ayant appris quelque chose de très utile... La perversité lol
Merci encore une fois d'être là. Bizouxxxx! A la prochaine fois!
