Hello Everybody :)
Voilà la suite...
Il n'arrivait pas à dormir, la tête pleine de mauvais souvenirs… Il pensait à Cuddy et ce qu'il lui était arrivé, mais le geste de Lucas lui avait rappelé son père. Les coups, les humiliations fréquentes, les insultes régulières et toutes les nuits dehors, par tout les temps, toutes les saisons, tous les âges…
Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce jour-là, c'était un mardi, il avait école. Il aimait cette école, il était en Égypte, âgé de dix ans. Grégory House était un petit garçon plein de vie, quand il n'y avait pas son père dans les parages, très intelligent déjà à l'époque. Il aimait apprendre les coutumes, les croyances, le mode de vie des habitants des pays qu'il découvrait. Et pour le petit Grégory le meilleur moyen de tout connaître c'est d'aller visiter, découvrir les endroits. Alors, ce jour-là, avec Hélias, un camarade auprès de qui il apprenait la langue, ils étaient partis visiter les alentours, chercher des "trésors" et donc, ils n'avaient pas été à l'école. Quand il est rentré, son père l'attendait déjà, bien droit dans ses beaux habits dont il était si fier, rouge de colère et sa mère, déjà en pleure derrière lui tentant de le calmer et de lui demander de ne pas punir son fils trop sévèrement. Elle avait fini par se taire, sachant parfaitement que ça ne servirait à rien.
- Comment oses-tu revenir ici la tête haute ? S'était égosillé son père, le giflant si fort que le petit House tomba sur le ventre, les larmes lui perlant déjà le coin des yeux.
- Tu vas me suivre, je pense que tu as bien besoin d'une leçon de droiture!
Son père lui avait tapé dessus à plusieurs reprises avant de le plonger dans une baignoire d'eau glacée, pour en faire de lui un homme soit disant, alors que s'il faisait ça, ce n'était que pour empêcher les contusions d'être trop voyantes. Et il avait passé sa nuit dehors, Grégory avait haï son père plus que tout ce soir-là, et cette haine n'avait fait que s'accroître tout au long de son adolescence, jusqu'à ce qu'il quitte la maison après une énième dispute violente.
Ce souvenir était un des pires qu'il avait avec son père, car c'est ce jour-là qu'il avait compris, vu dans les yeux de John House à quel point son fils lui faisait honte. Ca l'avait blessé profondément, ça le blessait toujours et ça ne cesserait jamais de le blesser. Surtout que jamais il ne lui avait montré qu'il était fier de son fils, même pas quand il avait reçu son diplôme en tant que premier de sa promotion ou encore quand il avait reçu son diplôme de médecine avec une double spécialisation avec la plus haute mention et les félicitations de tous ses professeurs qui "n'en revenaient pas d'avoir eu la chance d'avoir un élève aussi brillant dans tous les domaines", comme lui avait dit le professeur Zwarts, éminent neurochirurgien.
Et d'avoir vu Lucas lever la main sur une femme aussi extraordinaire que Lisa Cuddy lui avait rappelé le comportement de son père avec sa mère et lui.
House sentit l'enfant bouger, il regarda l'heure, il était déjà 5h30 du matin, l'heure à laquelle Cuddy se réveille habituellement, et donc sa fille aussi. Il regarda la femme couchée à ses côtés, pas de doute, le choc que lui avait procuré l'agression et le comportement de Lucas l'avait plongée dans un sommeil profond, elle n'allait pas se réveiller de suite. Ce n'est pas plus mal, elle a besoin de repos… Du moins c'est ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'il réalise que la gamine allait sûrement à avoir faim. Il ne savait pas dut tout quels étaient les habitudes de Cuddy le matin avec Rachel. Mais bon, préférant laisser dormir sa patronne, il se leva doucement, retenant un gémissement de douleur. Ca faisait un moment qu'il n'avait plus eut aussi mal à la jambe. Il décida d'essayer de passer outre la douleur, prit Rachel dans ses bras et se dirigea vers le salon. House avait vu juste, ça ne faisait pas encore cinq minutes qu'il était sorti du lit que l'enfant commença à pleurnicher. Il alla donc dans la cuisine, sortit une bouteille de lait écrémé de son frigo, espérant que ça fera l'affaire, après tout, à cet âge là, les enfants boivent du lait de croissance… Il retourna dans le salon, se rappelant que Lucas était arrivé avec un sac et qu'il était reparti sans… Quand il regarda dedans il fut content d'y voir un biberon, vide certes, mais pour faire boire la môme c'est pratique. Enfaite, il s'agissait du sac de Rachel, il y avait des langes, un bavoir, des lingettes et une peluche. House se demandait pourquoi Lucas l'avait pris, mais bon, ça allait bien lui être utile. Il retourna dans la cuisine, Rachel toujours dans ses bras. Elle était immobile, les bras derrière la nuque du grand monsieur qui marche bizarrement. Il versa un biberon de 220 mg de lait, si ses souvenirs sont bons, à un an c'est la moyenne pour un biberon de lait. Il le fit chauffer, tentant de calmer Rachel qui commençait à perdre patience. Le médecin sortit le biberon au bout d'une minute et retourna s'assoir dans le divan. Rachel poigna dans le biberon et but à une vitesse folle sous les yeux effarés de House. Celui-ci la regardait boire, n'en revenant pas de la rapidité avec laquelle elle étanchait sa soif, il surveilla qu'elle ne se salissait pas et qu'elle tenait bien le biberon. Une fois sûr que ça allait, il sortit son GSM de sa poche, faisant le moins de mouvements brusques possibles, après tout il avait mal, très mal et la fille de Cuddy était toujours assise sur lui. Il composa le numéro de Forman et attendit que celui-ci réponde.
- Forman, décrocha le neurologue d'une voix ensommeillée, qui pouvait lui téléphoner sur son numéro personnel à 6h du matin ?
- Bien le bonjour Blanche-Neige, lâcha House moqueur.
- House, qu'est-ce que vous voulez ?
- Que vous preniez les commandes du service jusqu'à nouvel ordre !
-…Pardon ? répondit Forman, bien réveillé maintenant.
- Je ne saurai pas venir aujourd'hui, et je pense donner ma démission à notre chère patronne au grand postérieur, fit le diagnosticien, très sérieux.
- C'est une blague ? Si c'est encore un de vos tests débiles, je vous revois à l'hôpital !
- Ce n'est pas une blague… Je pense que rester au Plainsboro n'est pas une bonne idée, je préfère être prudent, je n'ai pas envie de replonger dans la Vicodin. Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais j'aimerais dormir encore un peu, donc Forman, vous êtes le nouveau chef du département de diagnostique jusqu'à ce que je prenne une décision.
Le médecin raccrocha et retira le biberon vide des mains de la gamine qui commençait déjà à somnoler. Il la cala dans le divan et se dirigea vers la cuisine pour se faire un café et réfléchir à ce qu'il avait dit à son employé. Il le pensait franchement, depuis qu'il savait pour Cuddy et Lucas, il hésitait à donner sa démission. En effet, il ne se sentait pas capable de travailler aux côtés de cette femme qu'il désirait tant alors qu'elle affiche son bonheur avec un autre homme. Il ne voulait plus souffrir, il ne voulait plus reprendre de médicaments, il ne voulait plus se retrouver dans la situation dans laquelle il était il y a quelques mois. Et il savait que la voir heureuse dans les bras de son ancien détective le rendrait fou de rage mais surtout fou de douleur et que c'était le meilleur moyen pour qu'il recommence à prendre des drogues !
Ce qu'il ne savait pas, c'est que les pleures de Rachel avait réveillé sa mère et que celle-ci était restée cachée dans le couloir qui mène aux chambres et à la salle de bain pour regarder House s'occuper de sa princesse. Elle avait vu que ses gestes étaient incertains, mais sûrs, sa fille ne craignait rien avec lui. Elle avait voulu montrer sa présence quand elle vit qu'il téléphonait, la doyenne s'était alors dit qu'elle devrait attendre. Mais maintenant, elle était figée contre le mur, toujours invisible pour House, les larmes dévalant sur son visage. Cuddy avait tout entendu, et elle avait l'impression qu'on lui avait arraché le cœur. Qu'avait-elle fait au bon Dieu pour qu'en 24h sa vie soit complètement bouleversée. Elle finit par se redresser et entrer dans le salon, elle vérifia que sa fille soit bien couverte et après, elle alla dans la cuisine où le diagnosticien se préparait une tasse de café.
- Vous le pensiez vraiment ? sanglota-t-elle, le faisant sursauter.
- Vous pourriez être plus clair ? lui demanda-t-il, ne s'attendant absolument pas à la voir.
- Ce que vous avez dit à Forman ? précisa-t-elle.
- Oui ! dit-il d'un ton froid. Mais ce n'est pas le moment d'en parler. Après avoir prit une profonde respiration il osa lui parler de son agression. Cuddy, vous devez allez porter plainte…
- Non ! se pressa-t-elle de dire. Pas ça, je ne veux pas que les gens sachent…
- Mais bordel Cuddy, s'énerva House. C'est grave ! Vous vous êtes faite agressée ! L'homme qui vous a fait ça doit payer !
- Je sais House, mais je n'aurai pas le courage d'affronter les regards de mes employés quand ils l'apprendront… Comment pourrais-je me faire respecter après ça ?
- Stop ! On se calme… Vos employés n'ont pas à le savoir. Vous prenez votre journée aujourd'hui… Non, silence, laissez-moi finir. Vous prenez votre journée et vous allez portez plainte, ensuite, s'il doit y avoir des confrontations, si la police à besoin de plus d'informations, vous demandez à ce que tout se passe après vos journées. Mais vous devez le faire, sinon vous allez paniquer à chaque fois que vous serez sur le chemin de l'hôpital à votre voiture sur le parking.
Cuddy hocha la tête et décida de l'écouter. Elle se rendit donc dans le salon où se trouvait son téléphone, pour prendre congé. De toute façon elle n'aurait pas su se concentrer sur son travail. Une fois fait, elle s'assit dans le divan et prit sa petite puce dans ses bras pour se redonner des forces. Elle avait besoin de faire le tri dans sa tête sur les dernières 24h. Elle savait que son employé avait raison, elle devait porter plainte, ne serait-ce que pour savoir qu'il y a une chance que l'homme soit arrêté. Mais elle avait peur, elle ne pouvait s'empêcher de se demander se qu'il se passerait si la nouvelle venait à se répandre. Lisa Cuddy était une femme forte, la première femme des Etats-Unis à être devenue doyenne et directrice d'un hôpital universitaire, elle était une battante dans sa vie professionnelle mais aussi personnelle. Elle sait à quel point il est dur pour une femme de se faire respecter dans ce domaine, elle avait eu du mal à se faire respecter de certains de ses employés hommes. Ils la trouvaient trop jeune, pensaient qu'elle était trop fragile, qu'elle n'avait pas assez d'expérience et qu'elle n'était pas assez autoritaire. Mais tous étaient tombés des nues lorsqu'ils avaient vu le talent de cette femme dans son métier, en tant que médecin mais aussi en tant que directrice et doyenne. Elle avait su marquer son territoire, se faire une place et maintenant tout le monde à l'hôpital la respectait. La seule fois où elle avait surpris ses employés est quand elle s'était retrouvée en charge du cas de Grégory House, que tous dans l'hôpital admirait. Ils s'étaient alors rendus compte qu'il y avait une histoire entre eux, de quel genre, ils n'en savaient rien. Ils avaient été encore plus surpris quand elle avait employé l'homme. Mais malgré tout, tous l'écoutaient quand elle parlait, la prenaient au sérieux. Les seuls problèmes qu'elle pouvait avoir avec les personnes sous ses ordres étaient en lien avec House. Pourtant, aujourd'hui, c'est lui qui la rassurait, qui était là. Comme souvent, d'ailleurs pensa la jeune femme. Cependant, Cuddy était persuadée que si la nouvelle de son agression venait à se savoir à l'hôpital, certains hommes en profiteraient pour détruire la réputation qu'elle s'était crée. Ils diraient que ce n'est pas surprenant, vu qu'elle est habillée classe, toujours des tailleurs avec des décolletés plongeant, alors que si elle était employée, elle serait habillée différemment, aurait d'autres horaires ce qui aurait empêché sa réputation. Mais surtout, ils diraient que maintenant, elle était vraiment fragile et qu'elle ne pourrait plus gérer autant de monde car ça la stresserait trop et qu'il faudrait plutôt la ménager…
- Ca n'arrivera pas, lui dit House, ayant deviné les pensées de sa patronne.
- Pardon ? s'enquit-elle, relevant la tête.
- Jamais vos employés ne vous tourneront le dos s'ils venaient à l'apprendre. Arrêtez de vous en faire pour votre réputation. Toutes les personnes qui travaillent dans l'hôpital vous respectent et vous admirent. Vous ne perdrez jamais le respect de vos employés, ce n'est pas une agression qui changera leur point de vue. Ils savent très bien que ça aurait pu arriver à n'importe qui, que vous êtes une femme forte et que vous passerez outre cet évènement. Ne vous faites pas de soucis à ce sujet, personne ne dira que vous ne saurez plus mener à bien votre hôpital.
- Tout le monde me respecte et m'admire à part vous…remarqua-t-elle.
- C'est faux. Ce n'est pas parce que je ne vous écoute que très rarement que je ne vous respecte pas. Si c'était le cas, je ne serais pas comme ça avec vous, je ne prendrai même pas la peine de vous parler, de faire attention à ce que vous dites… Je vous respecte Cuddy et j'ai une certaine admiration pour vous, souffla-t-il, gêné, ce n'était pas son genre d'être si sincère…
Cuddy le regarda, bouche bée. Elle s'apprêtait à répondre quand elle entendit quelqu'un toquer à la porte…
Alors ?
Je ne pense pas mettre de suite avant Mars :s
Bisous, Bisous,
Harmonie
