Enfin !
Je voulais mettre cette suite au combien tardive, je m'en excuse, hier, mais il y a eu un problème avec le site...
Mais bon, voilà un chapitre qui me plait bien dans le fond, niveau écriture je sais pas dites-moi quoi :)
House soupira, mais il ne voulait pas aller ouvrir, il ne voulait pas quitter ce divan, cette femme si désespérée en cet instant. Il ne voulait pas que quelqu'un, et surtout pas si c'était Lucas, vienne déranger cet instant. Le diagnosticien voulait juste continuer de parler, essayer de la convaincre que sa vie ne devait pas changer à cause d'un connard qui n'avait aucun respect pour les femmes, de lui parler, il ne voulait qu'une chose, l'aider.
Cuddy vit que l'homme n'était pas décidé à aller ouvrir, et elle devait avouer qu'elle en était heureuse. Elle ne voulait voir personne à part House et Rachel. Elle espérait pouvoir passer une journée calme, essayer de passer à autre chose, parler avec lui et voir s'il pourrait l'aider. Mais ce qu'elle désirait par-dessus tout, c'était de savoir s'il avait vraiment l'intention de démissionner et pourquoi. Était-ce à cause d'elle ? La doyenne ne voyait pas d'autres raisons quoi pourraient expliquer cette décision. Mais elle désirait aussi reprendre une vie normale. Oui, elle s'était faite agressée, mais elle avait échappé au pire, et ça grâce à cet homme… Elle fût donc contente de voir qu'il ne faisait aucun mouvement pour aller ouvrir la porte.
Soudain, une voix reconnaissable entre tous se fit entendre :
House ! Je sais que tu es là… Ouvre cette porte ! cria un oncologue en colère. Forman vient de m'appeler pour me retranscrire la conversation que vous avez eue au téléphone ! J'ai fait le tour de tout l'hôpital quand j'ai vu ta moto sur le parking mais tu n'y étais pas…
Les deux médecins s'étaient figés à l'entente de la voix de James Wilson. Ils se regardaient fixement, s'interrogeant silencieusement sur la bonne décision à prendre : faire comme si de rien n'était et espérer qu'il parte ou aller lui ouvrir et qu'il découvre que Rachel et Lisa avait dormi ici ? House se décida pour la première option quand il entendit la suite des paroles du diagnosticien.
Je sais que tu veux partir à cause de Cuddy ! Mais ton psychiatre ne t'a-t-il pas dit de ne plus fuir les problèmes ? Je comprends que ce soit dur pour toi de la croiser tous les jours, surtout après ce qu'il s'est passé le week-end mais le fait qu'elle ait … Wilson fut coupé par le regard furieux de House, qui venait d'ouvrir la porte. Il n'avait pas su aller plus vite à cause de sa jambe.
Ne parle pas de ce que tu ne sais pas, siffla le diagnosticien entre ses dents, le regard assombri par la colère.
Tu vas me dire que ta décision de démissionner n'a rien avoir avec le fait que Cuddy soit avec une des deux seuls personnes que tu considérais comme un ami ?
La FERME Wilson, s'énerva House, haussant le ton.
House ouvrit la porte et désigna Cuddy et Rachel dans son divan. La doyenne les fixait, les larmes au bord des yeux. Face à cette vision sinistre, Wilson comprit son erreur. Il baissa les yeux quand House lui lança un regard meurtrier. Mais rapidement, la curiosité remplaça la culpabilité dans sa tête. Que pouvait faire Cuddy et sa fille ici ? Que faisait Cuddy dans cette tenue dans l'appartement de son meilleur ami ? Comment se faisait-il qu'elle ne soit pas avec ce détective de pacotille ? Toutes ces questions envahissaient son esprit alors qu'il voyait le regard de Cuddy s'embuer. Il regarda House essayé de l'approcher pour lui parler, sans savoir que dire… Il regarda Cuddy, sa fille toujours dans ses bras, se ruer vers la chambre du diagnosticien qui lui attrapa le bras pour la retenir. Et enfin, il regarda son ami tenté de s'expliquer.
- Cuddy, je…commença-t-il, s'arrêtant de parler pour se demander ce qu'il pourrait dire.
- C'est vrai ? Vous voulez partir à cause de moi ? interrogea-t-elle, les larmes dévalant sur son visage quand elle vit l'homme baissé la tête de honte.
Elle se dégagea de sa poigne et alla s'enfermer dans la chambre en claquant la porte. La doyenne alla coucher sa fille entre les coussins dans le lit. Elle alla ensuite se laisser glisser contre la porte sur laquelle son hôte cognait. Ses larmes doublèrent quand elle l'entendit lui demander d'ouvrir la porte et le laisser entrer.
- Dites-moi la vérité, commença-t-elle, les sanglots lui rendant la tâche difficile, vous partez à cause de moi ?
- Pas maintenant Cuddy, répondit le diagnosticien, nous en reparlerons plus tard, nous allons d'abord régler certaines choses, dit-il, ne voulant pas parler de la veille devant Wilson. Et de toute façon je ne parlerais pas avec vous à travers la porte de ma chambre.
Le diagnosticien, n'obtenant aucune réponse, se retourna vers lui Wilson. Il le regarda avec une colère que Wilson n'avait jamais vu, du moins, elle n'était jamais destinée contre lui…
- T'es content? cracha House. Et puis qu'est-ce que tu fous ici ?
- C'est vrai que j'étais sensé savoir que ma patronne et sa fille était chez mon meilleur ami qui l'évite depuis le week-end, ironisa Wilson. Je m'inquiétais pour toi, c'est un crime ?
- Mais bordel Wilson! De quoi tu te mêles ? Si je veux démissionner c'est mon problème. T'as vraiment réussi ton coup !
- Mais qu'est-ce qu'elles font là d'abord ? renchérit l'oncologue, curieux comme un boquait…
- Ca ne te concerne pas, si elle ne veut pas t'en parler, ce n'est pas à moi de le faire, termina House, puis se tournant à nouveau vers la porte, il donna un petit coup, Cuddy, ouvrez-moi, je n'ai pas envie de parler à une porte.
- Répondez à ma question, lui répondit cette dite porte.
- Laissez-moi entrer pour commencer.
-…
- Lisa, s'il te plaît… finit-il par dire, n'ayant obtenu aucune réponse.
Soudain, le temps sembla s'être figé. Les trois adultes étaient figés dans un état de stupeur paralysant. House n'avait pas eu d'autres idées pour lui faire ouvrir la porte. Il ne l'avait plus jamais appelée par son prénom depuis les temps précédents son infarctus… C'était une sorte d'intimité qu'ils se refusaient tous les deux depuis cet incident. Mais là, il savait que sa patronne était dans un état de détresse jamais rencontré auparavant. Il en voulait à Wilson d'avoir lâché cette information qui avait fait comme l'effet d'une bombe chez Cuddy. La dernière chose qu'il voulait, c'était bien de lui dire qu'il voulait démissionner parce que c'était trop dur de la voir tous les jours en sachant qu'elle avait passé la nuit dans les bras d'un homme qu'il considérait encore comme son ami la semaine précédente. Il ne pouvait supporter l'idée de la voir tous les jours mais de se sentir trop mal par rapport à sa liaison qu'il n'avait même plus le courage d'aller l'ennuyer, de lui parler simplement et ça lui déchirait le cœur. Il lui était insupportable de la voir en sachant qu'il ne pourrait pas la prendre dans ses bras, pas jouer leur jeu habituel et toutes ces choses qu'il appréciait tant chez cette femme. En ce moment, la seule chose qu'il voulait, c'était de s'assurer qu'elle irait porter plainte contre son agresseur, qu'elle n'allait pas s'effondrer, qu'elle resterait cette femme forte qui était capable de surmonter cette épreuve… Et il espérait aussi avoir l'occasion de lui prouver qu'il était digne de confiance, que sa cure de désintoxication lui avait fait ouvrir les yeux et que, même s'il restait cet adolescent éternel, il essayait vraiment d'agir en adulte quand la situation l'y forçait, au lieu de fuir…Alors il avait fait la seule chose qui lui paraissait la plus intelligente et adulte à faire, il l'avait appelée par son prénom parce qu'il voulait lui faire comprendre que leur amitié perdue et leur lien si particulier n'étaient pas définitivement morts et qu'il n'oubliait pas qu'avant d'être sa patronne, elle était sa plus vieille amie et que sa comptait pour lui. Il ne s'attendait pas à ce que prononcer ce nom qu'il disait pourtant si souvent dans ses rêves lui procure ce sentiment de bien-être mais aussi un certain malaise…
Wilson, lui était figé par le ton qu'avait pris House pour prononcer le prénom de leur patronne. Un ton empli de douceur et d'un bonheur nostalgique. Il savait que ses amis avaient un passé commun, mais House n'avait jamais voulu lui en parler, comme s'il voulait garder ses souvenirs pour lui, ne pas les partager… Et il n'avait pas le courage de demander à Cuddy ce qu'il s'était passé. Mais, depuis maintenant 16 ans qu'il connaissait House, il ne l'avait jamais entendu appeler la doyenne Lisa…Lisa, il l'avait dit presque naturellement, ce qui prouvait qu'il l'avait appelé comme ça à une époque… L'oncologue se demandait s'ils n'avaient pas été plus que de simples connaissances. Il était persuadé que, autant Cuddy que House, éprouvaient des sentiments forts pour l'autre, mais maintenant, il se rendait compte que c'était bien plus ancré en eux que ce qu'il ne pensait. Il se sentait mal pour ses amis… L'oncologue savait que Cuddy avait vraiment souffert l'année précédente à cause de son meilleur ami. En effet, elle avait essayé de lui faire comprendre ses sentiments, lui tendre des perches. Elle avait enfin accepté l'amour qu'elle éprouvait pour House depuis plus de 20 ans, elle était prête, et tout ce à quoi elle avait eu droit c'est l'ignorance. House avait réduit toutes ses chances en se montrant blessant, immature et lâche ! Tout ça parce qu'il ne se sentait pas prêt et qu'il était sûr que Cuddy voudrait qu'il arrête la Vicodin. Et Wilson savait à quel point l'annonce de House sur le balcon de l'hôpital lui avait fait mal, mais pas autant qu'apprendre que pour House s'était réel. Il se rappelait les premiers jours après l'internement volontaire de House, elle était au fond du gouffre, seule Rachel la gardait debout. Elle se sentait coupable de ne pas avoir vu que House allait si mal, que la mort ayant touché ses proches l'avait vraiment touché… Et puis elle était passé à autre chose… S'il était franc, il avouerait à quel point il en voulait à sa patronne d'avoir « profité » de l'absence de House pour sortir avec un autre homme, surtout lui ! Cependant, l'oncologue se sentait mal pour House. Il savait que son ami était fou de la jeune femme. Il savait que si House avait accepté l'internement et la psychothérapie, ce n'était pas uniquement pour récupérer sa licence, mais surtout pour elle. House s'en voulait vraiment pour tout ce qu'il lui avait fait durant des années, mais surtout cette année-là. Wilson avait vu House se briser quand il avait découvert pour Lucas, il avait même eu peur que l'homme replonge ! Mais depuis qu'ils étaient revenus deux jours plutôt, l'homme s'était montré fort, ne montrant aucun signe de rechute, même si Wilson voyait à quel point la nouvelle l'atteignait! Alors les voir tous les deux avec l'enfant chez House, ayant apparemment passé la nuit dans l'ancien appartement du diagnosticien l'avait pris de court, et plus encore, l'appellation de House pour Lisa…
Son prénom, il l'avait appelé par son prénom ! L'entendre prononcer son nom l'avait chamboulée. Il ne l'avait plus fait depuis la nuit qu'ils avaient passé ensemble, de peur que les souvenirs de cette nuit ne les assaillent. Elle savait que s'appeler par leurs noms de famille était une sorte de barrière qu'il s'était imposés pour ne plus être trop proches. Il n'empêche que chacun éprouvait des sentiments pour l'autre… Elle avait toujours pensé que ses sentiments étaient à sens unique, mais s'était rendu compte de la réciprocité en apprenant les hallucinations de l'homme. Mais ses doutes furent confirmer à la soirée « années 80' » quand il lui avait avoué que pour lui il ne s'agissait pas que d'une simple nuit sans lendemain. Seulement, elle avait décidé de passer à autre chose, et bien qu'honteuse d'avoir refait sa vie pendant qu'il avait besoin d'aide, elle s'était dit avoir attendu assez longtemps qu'il s'ouvre à lui. Mais durant toute la journée la veille, elle s'était rendu compte qu'il était vraiment blessé qu'elle l'ait tenu à l'écart de sa vie comme ça, qu'elle lui cache son histoire avec Lucas. Et le soir, jamais elle ne l'aurait cru si protecteur. Déjà, après ce qu'il s'était passé, elle avait vu un aspect de House qu'elle ne connaissait pas. Il avait été tendre, doux et s'était montré compréhensible avec elle malgré sa colère pour l'agresseur et Lucas. Et puis Lucas, quand il l'avait giflée, House avait régi de façon très violente. Elle le savait un peu protecteur envers elle malgré tout, mais là, c'est comme si cette gifle l'avait fait sortir de ses gons. Il avait presque oublié la douleur, la sienne, il s'était jeté sur le détective et l'avait frappé. Elle se demandait encore pourquoi il avait réagi comme ça, et aussi vite ! C'était comme s'il avait immédiatement reconnu le son et qu'il s'était de suite énervé… Repensant aux évènements de la veille, les larmes de la doyenne redoublèrent. Pourquoi elle ? Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir une vie facile ? Elle voulait être le docteur Cuddy à l'hôpital, mais en dehors, elle voulait être la mère adoptive de la merveilleuse petite fille qu'elle avait et l'amie de l'homme si gentil qu'elle fréquentait. En pensant à ça, elle se rendit compte que la deuxième partie de sa vie de famille ne lui convenait pas ! Ce n'était pas cet homme qu'elle voulait pour elle, elle le voulait pour sa fille ! Mais l'homme qu'elle voulait à ses côtés, c'était l'homme qui venait de l'appeler par son prénom. Il l'avait fait presque naturellement, comme si il en avait l'habitude, comme s'il le faisait toujours depuis plus de 20 ans… La sensation que ça lui faisait était délicieuse. Elle aimait se souvenirs des moments passés avec lui à la Fac', ces moments où ils n'étaient que Lisa et Greg… Et l'entendre l'appeler ainsi était magique. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir rejetée par l'annonce de sa démission qui serait due à elle… Elle avait l'impression qu'il cessait de se battre, qu'il la quittait vraiment, qu'il stoppait tout signe d'un certain lien entre eux. Comment devait-elle réagir à cela ? Pourquoi réagissait-il comme ça ? Il l'avait déjà vue avec un autre homme, mais il avait toujours tout fait pour les faire rompre, pour lui montrer que l'homme n'était pas pour elle… Mais là, il renonçait, il ne faisait rien, sa seule réaction était la fuite, et elle ne comprenait pas pourquoi… Cuddy vit sa fille remuer, elle se leva péniblement, abattue et fatiguée à cause de toutes les larmes versées et alla prendre son ange dans ses bras, lui redonnant un peu de force ! Elle prit alors son courage à deux mains et se dirigea vers la porte qu'elle déverrouilla. Quand la porte s'ouvrit, elle vit un homme malheureux et effrayé, mais passant au-dessus de ça, elle lui demanda :
- Pourquoi ?
