Disclaimers: Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.
Genre : Yaoi, univers alternatif - si vous n'aimez pas, fuyez, y a pas de Gundam là-dedans, je prends le temps de poser un univers :p, fic à 3 ou 4 chapitres.
Rating : T, mignon, un brin chacal.
Micis ? A ceux qui m'ont laissé un petit mot et souhaité un joyeux anniversaire, c'est adorable ! (dont Dame Coquillette que je câline respectueusement de par son grade de Colonel :p)
Pour qui ? à ma Lunanamoi parce qu'elle est elle :p et un peu pour moi parce que happy b-day to me :p
Conseil : allez sur deezer .com ou sur youtube et regardez tous les clips que je préconise (les disclaimers sont à l'intérieur de la fic), c'est à dire B.B King et Blue Boy Tune, La version de Ronnie Jordan pour So What et Eric Clapton, Layla (la version unplugged), pour vous mettre dans l'ambiance. Le reste n'est pas vraiment utile et vous comprendrez en lisant :p
Fausses notes et vrais coups de coeur
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Chapitre II : One way ticket
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Le T Club, Paris, 23h45, le jeudi 25 septembre 2008
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Les mois se suivirent et se ressemblèrent.
Métro boulot dodo les lundis, mardi, mercredi et vendredi avec un tout petit pas de danse dans le bureau de temps en temps (quand il avait bu un peu trop de café).
Boulot de chez soi un peu le samedi et en cas de crise le dimanche.
Voiture-Boulot-T Club-Dodo tous les jeudis.
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Quatre avait l'habitude de s'installer toujours à la même table pour le voir jouer seul, ou parfois accompagné de percussions, de saxo ou de piano.
Une table suffisamment près pour apprécier le spectacle et suffisamment éloignée pour ne pas être remarqué, si toutefois quelqu'un s'intéressait à lui.
Personne ne s'intéressait aux discrets contrôleurs de gestion blonds à lunettes en costume gris/beige quand il y avait ribambelles d'hommes et de femmes sexys qui prenaient le temps de rentrer se changer avant de venir, dans la salle.
Quand il y avait un guitariste sur scène toujours en jean-santiags-chemise ouverte qui faisait la cour à son instrument tous les jeudis soir.
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La cour, oui et parfois l'amour avec les doigts, en sachant toujours quelles cordes stimuler pour tirer des murmures, des soupirs ou des cris d'extase en musique.
Guitare et musicien unis dans le crime. Osmose.
Il ne chantait pas toujours, mais parlait à son public entre deux morceaux qu'il présentait ou se contentait de lancer une petite boutade à la cantonade, achevant de conquérir son auditoire.
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Qu'il chante ou qu'il parle, il avait une voix onctueuse comme du miel et Quatre avait le miel dans le sang. Par son père.
Il avait beaucoup de chance de ne pas avoir d'abdos couscous ou cornes de gazelles.
Il travaillait beaucoup et faisait un peu de sport. Et ah oui il stressait pas mal, ça devait être ça.
Il essayait de se faire plus petit que son mètre 82, de se faire plus invisible qu'il ne l'était dans son costume sombre, invisible dès que les lumières s'éteignaient et que Spanish Guitar faisait le show.
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Dès qu'elles se rallumaient il consultait son palm, travaillait un peu – on ne se refaisait pas - en sirotant son café et partait en laissant un joli pourboire à la ravissante hôtesse brune aux jolies jambes qui essayait désespérément de lui faire consommer quelque chose de plus adéquat.
Quelque chose qui justifie qu'il prenne une table pour deux heures au grand maximum.
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De temps en temps des nouveaux venaient lui parler, accrochant leur regard à quelqu'un qui avait l'air gentil.
Ces mêmes nouveaux lui proposaient de s'installer avec eux, mais il déclinait l'offre poliment, disant qu'il n'allait pas rester longtemps.
Au bout de quelques semaines de refus, ils finirent par hausser les épaules et le saluer en le voyant, rien de plus, le laissant à son palm, à sa cigarette et à son café.
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Une fois par mois une personne, dont le ticket de caisse indiquait Winner, se voyait le droit d'aller voir le chanteur en coulisse.
De passer un peu de temps avec lui, autour d'un cocktail.
Ça n'intéressait pas Quatre, ça gâcherait tout son petit monde intérieur.
Il était sincèrement content pour les fans. Ils avaient l'occasion de lui parler une petite demi-heure en privé et ils revenaient avec le sourire, disant qu'il était aussi gentil et drôle qu'il ne le paraissait.
On n'était pas toujours ce que l'on paraissait. Quatre avait l'air d'un bourreau de travail et il en était un. Il sortait tous les jeudis et il avait l'air d'aller travailler plus que d'aller boire un verre.
L'air ne faisait pas la musique. Son meilleur ami et lui illustraient parfaitement cette maxime.
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Le meilleur ami savait le stricte nécessaire, à savoir qu'il sortait tous les jeudis soirs dans un club où l'ambiance était agréable, où il pouvait écouter de la bonne musique tout en fumant quelques cigarettes.
Il omettait de dire qu'il travaillait quand même un petit peu.
Meilleur ami était ravi et un peu jaloux de ne pouvoir se libérer le jeudi – ce n'était vraiment pas compatible avec son emploi du temps.
De toute façon, aucun jour n'était compatible avec son emploi du temps de ministre.
Pourtant un soir de chance – ou d'échange exceptionnel avec un collègue -, il avait pu se libérer.
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Bottillons à bon carrés, chemise et pardessus noirs et un blue jean d'excellente coupe, les vêtements de Duo Maxwell auraient pu paraître modernes, classes mais un peu sombres si son écharpe violine et sa longue chevelure châtain n'apportaient pas un peu de lumière à l'ensemble.
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Quatre avait raison : il dut lutter 5 bonnes minutes avec son prénom mais bon, ça aurait pu être pire : sans le blond comme caution cela aurait pu durer plus longtemps.
Quatre lui avait fait le tour du propriétaire, lui expliquant un peu plus le fonctionnement, lui disant que l'endroit qu'il devait éviter était le fumoir puisque là les gens y fumaient beaucoup.
Evidemment il n'aimait pas trop la cigarette mais n'était pas un terroriste anti tabac pour autant.
Evidemment il avait voulu voir ce que donnait le fumoir. Oh juste un peu.
Un ton résolument noir et blanc avec quelques notes de musique sur les murs, peinture lavable ils n'avaient pas le choix.
Ecrans plats sur les murs opposés, grand bar et hauts tabourets laqués, tables rectangulaires et énormes poufs noirs bordés de bleus… cet endroit aurait été parfait…
Si et seulement si les verres du petit nouveau n'avaient pas été enfumés au bout de 10 secondes et si ses yeux d'un étonnant bleu tirant sur le violet n'avaient pas été agressés.
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A regret il avait refermé la porte à tâtons, ôtant ses lunettes et s'essuyant les yeux, trouvant le moyen de bousculer sans ménagement et surtout sans le faire exprès un homme en costume/lunettes de soleil et oreillette sur son passage.
Quatre fit un petit sourire contrit à l'homme stoïque qui ne le regarda même pas, puis il conduisit son ami aux toilettes, pour qu'il puisse se rafraîchir un peu et soulager un peu ses yeux.
Il s'essuya, remit ses lunettes et tous les deux se rendirent à la salle-lounge du bas, où la table numéro 3, des sièges de réalisateur et un live les attendaient.
Ils s'installèrent et l'hôtesse aux jambes sublimes dans sa petite robe noire et ses petits talons les salua, accueillant le petit nouveau et lui proposant un cocktail de bienvenu.
Duo essaya d'obtenir de l'hôtesse un simple café comme Quatre – la jeune femme ne se donnait même plus la peine de lui indiquer autre chose depuis le temps.
Mais elle opposa au nouveau un tel numéro de charme qu'il finit par prendre un Irish Coffee.
Bon, il y avait du café dedans, c'était déjà ça. Il lui avait donné un pourboire qui signifiait qu'il ne fallait pas insister pour qu'il prenne plus.
Elle lui avait ramené un bon robusta « offert par la maison » en guise de bienvenue.
Duo commençait à trouver l'endroit sympathique et Quatre se disait que ce n'était pas si mal quand les lumières s'éteignirent et que l'artiste fit son entrée.
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Le musicien était toujours en jean-santiag, avait toujours son sourire en coin et sa mèche brun-roux cachant une partie de son visage.
Mais il avait délaissé sa guitare électrique rouge pour une guitare tout aussi électrique mais bleue, à 7 cordes.
Il avait délaissé sa chemise ouverte pour un t-shirt col V vert qui faisait ressortir sa carnation hâlée et ses bras… qui ma foi, indiquait qu'il n'avait pas vraiment besoin d'un garde du corps avec un corps pareil.
Musclé sans gonflette.
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Quatre observa son ami qui observait le musicien en haussant un sourcil, sceptique.
Il était vrai que celui qui ne se présentait jamais n'avait pas une « tête » du bluesman tel qu'on se le représente : oncle ben's avec une guitare ou un saxophone.
Le talent et l'âme n'avaient pas de couleur mais les clichés avaient la vie dure, même s'ils n'étaient pas bien méchant.
Le regard de Duo disait clairement « encore un chanteur à mèche, un boys band tout seul ».
En somme, qu'il voyait plus le jeune homme en animateur de village de vacances à Marrakech avec un ukulélé, une chemise hawaïenne, un bermuda et des tongs.
Et lorsqu'il commença à parler, le scepticisme augmenta d'un cran dans le regard violet…
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- Bonsoir les gens, c'est gentil d'être venu me voir. Il paraît que vous êtes venus écouter un peu de blues aujourd'hui. On va vous en donner un petit peu.
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Boutade, boutade.
Mais pour qui ne connaissait pas… les quelques notes jouées et l'air parfaitement bien fredonné pouvaient faire peur.
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- Au delà de nos différeeeeeeeenceuuuuuuuuuuuuuuh.
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Cette chanson, sang pour sang écrite par David Hallyday pour son illustre papa chanteur était plutôt pas mal fichue, mais ils n'étaient pas venus pour écouter l'idole des jeunes. Pour ça il y avait la star ac'.
Même si toute la musique qu'il aimait venait de là, venait du blues. Tant qu'il ne leur faisait pas le coup de « la musique vivraaaaaa »
Le musicien fit à nouveau quelques accords et chanta, ignora la rumeur de son auditoire.
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- Maintenant qu'on est faaaaace à face…
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Le public, conquis et joueur, hormis Duo, lança un OOOOUUUUUUH auquel le chanteur répondit en tendant l'oreille, continuant à jouer.
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- Où ? Comment ça, où ? Les gens, faut arrêter les cocktails.
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Rires de l'auditoire alors que Duo commençait à regarder sa montre.
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- On est au T Club. Le jeudi ici, en général on a du live. On a du blues. On a du jazz. De l'acid-jazz… So what ?
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Et sur un clin d'œil il interpréta ce morceau immortalisé par Miles Davis, version Ronnie Jordan.
Duo sirota son irish coffee et ne regarda plus sa montre.
Quatre prit une cigarette. Duo reviendrait.
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C'était un soir « Winner » et Quatre dut empêcher Duo d'étouffer de rire dans son café.
C'était un soir « Winner » et aucun des deux n'avaient de « Winner » sur le ticket de caisse.
Duo haussa les épaules en se disant que ce serait pour une prochaine fois.
Quatre lui répondit qu'il venait depuis longtemps et n'avait jamais gagné, cette prochaine fois pourrait ne pas venir.
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Ils trinquèrent à une excellente soirée, avec leurs cafés respectifs.
Duo reviendrait vraiment, si son emploi du temps le leur permettait. C'était beaucoup plus agréable de partager un lieu sympa avec ses amis.
Un lieu où on pouvait éventuellement danser…comme Quatre n'aimait pas particulièrement se trémousser devant tout le monde, il ne l'avait pas mentionné dans son descriptif.
A sa grande surprise, Duo ne fit aucun rapprochement entre le musicien et le pourquoi de la venue du blond tous les jeudis. Il conclut simplement que le jeudi il y avait des live et surtout, certainement moins de monde que le samedi.
Et donc il y avait moins foule. Et Quatre n'aimait pas la cohue, il le savait.
En revanche, Duo émit bien le commentaire qu'à défaut du reste, le musicien n'était pas un 2be3 de la guitare. Ce qui voulait tout dure.
Quatre raccompagna un Duo qui était venu en métro. Il rentra plus tard chez lui mais il s'en fichait.
Le T Club, jeudi 30 octobre 2008, 00h00
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Les semaines continuèrent à se suivre et à se ressembler, l'ambiance au T Club était toujours aussi sympa. Bien sûr, la programmation n'était pas toujours parfaite pour lui mais il en fallait pour tous les goûts.
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Quatre semblait plus détendu au travail alors qu'en étant de plus en plus surbooké et en sortant il ne faisait que se fatiguer un peu plus.
C'était comme s'il se vidait de cette fatigue, de ce stress qu'il ne se rendait pas compte d'avoir avant qu'il ne pèse plus sur ses épaules, le jeudi.
L'artiste – qui officiait sous le nom de T, autant dire anonyme – réussissait à lui faire apprécier des chansons, des styles musicaux qu'il n'affectionnait pas particulièrement.
Tout n'était pas parfait – c'était bien joué mais on ne pouvait pas aimer tous les styles musicaux, non plus. Parfois il y avait des couacs, plus de son, plus de lumière, une extinction de voix… c'était les inconvénients du direct.
C'était vivant, tout se renouvelait et en même temps tout était parfaitement en place.
Un peu comme la Terre. Qui sentait qu'elle tournait sur son axe tout en tournant autour de son étoile ?
C'est en regardant le ciel que l'on voit la nuit tomber.
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Duo, effectivement, ne revint pas avant un bon mois. Trop, beaucoup trop de travail et pas grand-monde pour le relayer.
Mais c'était la vie qu'il avait choisi et il ne s'en plaignait pas.
C'est avec plaisir qu'il accepta d'échanger son jour de repos avec un de ses collègues : il devait accompagner son épouse à un cours d'accouchement sans douleur (ce mensonge éhonté)
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Duo, qui avait tout de même travaillé un petit peu, il n'avait pas pu s'en empêcher, arriva en moto, une YZF-R125 rouge et noire.
Il se gara dans le parking du club, à côté de la 107 noire de Quatre.
Il rangea blouson de moto et casque dans son sac à dos, qu'il rangea dans le coffre de voiture du blond.
Puis, lui et son immense tresse africaine se présentèrent aux Morphéus en bottillons et jean noirs et t-shirt à col rond et manches longues, presque de la couleur de ses yeux.
Quatre avait tâché son costume crème. Il avait demandé en catastrophe à Duo de lui ramener quelque chose de son vestiaire, vu qu'ils avaient la même taille. Duo lui avait ramené… un jean et le t-shirt noir col V du T Club offert en cadeau d'adhérent.
Le blond avait eu le même, l'avait essayé et avait conclu que si ce n'était pas trop ajusté, c'était à son goût un peu trop près du corps.
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En plus, Quatre n'était pas du tout jean, même s'ils allaient bien aux autres, il estimait que sur lui ça ne faisait pas assez habillé, surtout pour le lieu.
Sauf que Duo était entré en jean, qu'il était bien habillé et que ça n'avait posé aucun problème.
La mort dans l'âme, il s'était changé dans sa voiture.
Il avait senti le pantalon mouler ses fesses et le t-shirt glisser et épouser son corps. Il se vit ressembler à un môme de 20 ans quand il en avait 27.
Le costume le faisait paraître un peu plus âgé quand même.
Dégoûté, il vit les Morphéus lui demander sa carte de membre : ils ne l'avaient pas reconnu lui qui venait depuis maintenant 6 mois alors qu'ils avaient reconnu Duo sans son pardessus. Et il n'était venu qu'une fois.
A la tête qu'il tirait Duo éclata de rire, avançant que la natte était difficile à oublier.
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Ils s'installèrent à leur table devenue habituelle et se commandèrent tous les deux un café, « pour commencer ».
Duo fut cette fois intraitable : il montra à la jeune femme ses clés de moto et elle ne put qu'acquiescer et lui apporter un café aussi.
Il lui fit un clin d'œil et lui donna un généreux pourboire.
La jeune femme lui dit qu'il était adorable et souhaita aux deux hommes une très bonne soirée.
Elle avait reconnu Quatre, elle et pas seulement à cause du numéro de table, du jour, ou de ses verres percés.
Non, elle l'avait reconnu à son palm, il était le seul à le sortir.
Les lumières tamisées s'éteignirent pour laisser place à une atmosphère ouatée, bleutée.
« T » était à présent sur scène avec sa guitare rouge, son petit sourire en coin,
Sa chemise noire entièrement ouverte sur son indécrottable jean clair.
Ses longs doigts coururent sur le manche, le médiator glissa gentiment sur les cordes, faisant naître une toute petite mélodie.
Les premiers accords d'un air connu. Un petit blues feutré.
Quatre battait la mesure.
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- Bonsoir, les gens. Ma parole, vous venez toujours me voir malgré ce que je vous fais subir ? Vous êtes masochistes ?
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Toujours un petit sourire.
L'auditoire rit à gorge déployé et cette fois Duo aussi.
Quatre secoua la tête. Il ne se prenait pas au sérieux.
Enfin, il n'en avait pas l'air.
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Il continua à jouer les mêmes accords.
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- C'est la soirée Winner ce soir. L'un d'entre vous va passer une partie de la nuit avec moi.
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Sifflements.
Il émit un petit rire rauque avant d'ajouter.
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- Pas dans ce sens-là, les gens. Jamais dans ce sens-là. Pas pendant les heures de travail.
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Encore un rire. Un showman ce type !
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- Celle ou celui qui aura le bon ticket gagnera une consommation gratuite de ce qu'il veut et me rejoindra en backstage. Je n'ai jamais mangé personne. Jusque-là.
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Rires encore.
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- En attendant… on se fait un petit ? Un petit Eric Clapton, Layla.
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What'll you do when you get lonely Que feras-tu quand tu te sentiras seule,
No one waiting by your side? Avec personne à tes côtés pour t'attendre ?
Youve been running and hiding much too long. Tu fuis, tu te caches depuis trop longtemps
You know its just your foolish pride. Tu sais que c'est juste ta satanée fierté.
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Quatre eut un sourire narquois, fredonnant les paroles en même temps que T.
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- Running and hiding… ça me rappelle quelqu'un. Un certain no life qui passe son temps à bosser...
- Qui, toi, Quatre ?
- Moi ? Mais je sors le jeudi, voyons. Et toi ?
- On est jeudi aujourd'hui, non ?
- C'est ton deuxième jeudi. Ça doit être mon 36e.
- Ouais ouais, j'en parlerais à mon cheval.
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Quatre rit discrètement.
Duo lui mit une tape derrière la tête.
Le blond se reprit avant de demander.
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- Au fait, il devient quoi ton copain ?
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Duo fronça les sourcils.
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- Copain ? Ah, MB ?
- MB ? Comme les jouets Milton Bradley ?
- MB comme Mini Bite.
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Quatre faillit recracher son café.
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- Je l'ai grillé en train de fricoter avec l'un des petits nouveaux du service. Je ne lui accordais pas assez de temps il paraît mais il m'aimaiiit, on trouverait un terrain d'entente, il m'a dit.
- Ah ? Et vous l'avez trouvé ?
- On l'a trouvé, ouais : d'un commun accord je l'ai quitté. Mais c'était il y a bien 4 mois. Ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vraiment parlé ?
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Petit sourire triste.
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- Emploi du temps de merde. La dernière fois je voulais que tu découvres le lieu alors je ne t'ai pas bourré le crâne. Les mois, les années passent vite, Duo. Et quand on s'est au téléphone ce n'est pas pour nous pourrir avec nos petits malheurs.
- Quatre, tu es mon meilleur pote. Si tu ne me pourris pas un peu avec tes malheurs ou avec tes bonheurs, à quoi je sers ?
- Je te retourne le compliment, « buddy ».
- Comment on a fait pour arriver à se parler sans se parler ?
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Duo secoua la tête et mis un petit coup de poing amical à l'épaule du blond qui fit semblant de grimacer.
Ils savaient pertinemment comment ils avaient fait. Boulot, boulot, boulot.
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- Peu importe comment on a fait, Raberba. Le tout c'est qu'on le refasse plus.
- « Ouep » comme tu dis.
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Les deux amis écoutèrent les musiques tout se parlant un peu, entre deux morceaux.
Entre deux sourires.
Ils se manquaient beaucoup, dans tous les sens du terme et s'ils n'arriveraient jamais à rattraper, ils pouvaient toujours ne pas perdre une miette de ces jolis moments entre eux.
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Les chansons défilèrent, certaines avaient été réorchestrées en blues – the Winner takes it all d'Abba réinterprétée était vraiment… surprenant mais pas dénué de charme.
Les lumières se rallumèrent et chacun fut invité à regarder son ticket.
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- Alors !
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Quatre, de guerre lasse, regarda, sachant pertinemment…
Mais son ticket de caisse était Winner.
Non, c'était impossible.
Peut-être était-ce un ticket de visa ?
Mais premièrement il n'était pas à l'étranger.
Et deuxièmement il avait payé en liquide.
C'était lui.
C'était lui qui avait gagné.
Duo fut interpellé par son portable, qui apparemment vibrait.
Il venait juste de recevoir un sms.
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Quatre en profita pour échanger les tickets : vu qu'ils avaient tous les deux bu un café et qu'ils étaient à la même table, le tour serait joué.
Le musicien demanda, de sa voix veloutée, onctueuse et un brin taquine.
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- Alors ? L'un d'entre vous a-t-il le ticket Winner ?
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Duo finissait d'envoyer le sms alors que Quatre faisait semblant de regarder son ticket.
Le jeune homme aux longs cheveux châtains jeta un œil dépité à son ticket… avant de froncer les sourcils.
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- Attends. Euh, Quatre ?
- Hm ?
- Huit paires d'yeux valent mieux que Quatre. Y a écrit Winner sur mon ticket ?
- Euh oui.
- Jusqu'à preuve du contraire on ne s'est pas mariés dans la nuit ?
- En France on ne peut pas se marier, Duo.
- On aurait pu se marier ailleurs, non ?
- J'ai pas assez bu pour ça, Duo.
- Crevard.
- En tous cas on ne l'a pas fait pendant la nuit.
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Duo s'exclama.
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- Alors j'ai le ticket ! ça alors c'est génial. Mais toi tu veux pas y aller ?
- Pourquoi ?
- Ben je sais pas, ça fait des mois que tu viens. C'est pas que je m'en fous ou que ça me fait pas plaisir… mais ce serait plus juste, tu vois ?
- C'est gentil mais non, tout ce fatras ça me dit pas, tu sais que c'est pas mon truc. J'ai toujours refusé d'aller en backstage les rares fois où j'en ai eu l'occasion.
- Et tu m'as toujours laissé y aller à ta place. George Michael, Depeche Mode, Muse, Stevie Wonder…
- C'est vrai. Par contre les gens s'impatientent. Tu devrais y aller. Et puis tu me raconteras.
- Comme d'habitude. Merci Blondie.
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Quatre sourit doucement, déterminé à rester dans son rêve et à le maîtriser de part en part.
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- Qui a peur du grand méchant T ? Je vais finir par croire que personne ne veut venir me parler…
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Duo se leva et sourit au public.
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- Si c'est un ticket de caisse blanc avec Winner écrit en bleu… je crois que j'ai le ticket !
- Comment t'appelles-tu ?
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T tutoyait tout en rejouant « the Winner takes it all ». C'était perturbant et Duo retenait un fou rire. Quatre aussi.
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- Duo.
- Eh bien, félicitations, « Duo ». Tu es un Winner.
Les lumières s'arrêtèrent sur la table n°3. Et c'est sur un c'est pas juste presque cacophonique, les applaudissements du public, un sourire et un clin d'œil de T que Duo Maxwell s'avança jusqu'à la scène.
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Il ne savait pas vraiment où aller ni quoi faire, quand il se sentit doucement tiré par le coude, pour l'amener juste sur le côté de la scène.
La main le lâcha.
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L'homme était en smoking noir et parlait à quelqu'un à travers le micro près de sa bouche.
Il portait des lunettes de soleil et avait un visage impassible.
Il avait également une voix grave, légèrement teintée d'un accent indéfinissable.
Il avait des muscles qui semblaient puissants.
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- Bonsoir. Vous êtes l'heureux gagnant ?
- Apparemment oui.
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Duo se retrouva interdit.
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- Pouvez-vous me montrer votre ticket ?
- Euh oui mais qui êtes-vous ?
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Duo fronça les sourcils.
L'homme lui donna l'impression d'évaluer s'il valait une réponse.
Apparemment oui puisqu'il finit par la lui donner.
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- Heero Yuy. Je suis le manager de T voici ma carte.
- Ok… mais vu que je n'y connais rien ça ne me parle pas vrai… ah si. Maintenant que j'y réfléchis, je vous ai vu parler avec le guitariste et la petite serveuse brune qui chouchoute mon pote juste avant le show. Je ne pouvais pas voir grand-chose de vous… mais je reconnais la mini houppette nid d'oiseau malgré les cheveux courts. C'est traître les spots sur le dessus de la tête.
- Ma… « houppette nid d'oiseau vous remercie ».
- Je l'en prie.
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Duo Maxwell et ses petites lunettes n'étaient pas là pour se laisser déstabiliser.
Même face à une situation qu'il n'avait jamais vécue.
Il y avait bien pire que de parler un type en costume, si impressionnant soit-il.
Il tentait tout de même le diable en poussant oh un tout petit peu.
Mais il n'avait qu'à pas jouer les malabars. Et s'il ne jouait pas. Wow.
-
- Hn. Avant de vous conduire à votre « prix », je dois vérifier que vous êtes bien le gagnant et m'assurer que tout est en ordre.
- Oui. A voir votre tête vous voulez aussi vérifier à qui vous avez affaire, ce que je comprends parfaitement.
-
Et c'était vrai.
-
- ?
- En plus vous le faîtes intelligemment car discrètement, c'est pas comme si on nous voyait d'ici, pas de mauvaise image. Bien vu.
- …
- Il ne faudrait pas que votre protégé se retrouve dans une situation impossible avec un groupie, on n'est jamais trop prudent.
- Une groupie.
- Un groupie, je suis un homme et je ne m'accorde pas au féminin, n'en déplaise à ces dames. Voici mon ticket.
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Un léger sourire. Que le manager ne rendit pas.
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- J'aurais également besoin d'une pièce d'identité. Vous êtes Monsieur ?
- Duo Maxwell.
- Maxwell Duo ?
- Non. Duo Maxwell. Tenez mon passeport.
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Un léger haussement de sourcil.
Ce n'était pas comme si on ne lui faisait jamais le coup.
Duo n'était pas un prénom, enfin certains pouvaient avoir des lubies…
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- « Duo » ?
- « Heero » ?
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Contre toute attente, le manager tiqua légèrement, alors que Duo s'était contenté de l'imiter.
Quant à Duo, il tiquait sur le « merci » qui n'était pas fait pour les chiens.
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- Votre prénom n'est pas courant.
- Le vôtre non plus.
- C'est japonais.
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Comme si ça changeait quelque chose au fait que c'était pas un prénom courant en France.
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- Ah. Et avant d'appeler la sécurité, autant vous prévenir. Duo vient de nulle part. Ce n'est pas mon prénom.
- Hein ?
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Regard noir, position d'attaque, très sensiblement.
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- Rangez les nunchakus, Bruce Lee. Duo n'est techniquement pas un prénom, c'est le diminutif de…
- Durriken Joe, je le lis sur votre passeport.
- C'est un vieux prénom anglais.
- C'est anglais ça ?
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Duo sourit.
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- Vous seriez surpris des prénoms que l'on peut trouver en Angleterre. Y a pas que moi qui ais un prénom moche. Dans ma famille on a tendance à ne pas y échapper, même les branches un peu françaises, comme la mienne. Chacun sa croix.
- Et… votre « croix » a une signification ?
- Tous les prénoms en ont une.
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Vrai.
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- Et c'est ?
- Un secret, Mr le Manager. C'est très moche et moins compliqué qu'il n'y paraît. C'est comme « Hurricane » mais avec un D devant. Durriken
- A vos souhaits, « Duo ».
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Un haussement de sourcil du concerné.
Entre Duo et Durriken il n'y avait pas photo.
Mais s'ils ne se tutoyaient pas… à quel moment en étaient-ils venus aux prénoms ?
Ah, le showbiz.
Mais bon, il n'avait pas que ça à faire.
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- Merci. Puis-je aller voir la star, maintenant ou mon prénom est une arme de destruction massive ? J'ai dit Durriken pas Shuriken !
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Le manager pencha la tête sur le côté et s'autorisa un petit sourire.
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- Vous avez dit Hurricane aussi et c'est plutôt dangereux un ouragan.
- Ce n'est pas faux !
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Le Manager rajusta ses lunettes de soleil, écoutant son oreillette.
Le non groupie rajusta ses lunettes de vue.
Heero hocha la tête dans son casque alors que personne ne pouvait le voir sauf son vis-à-vis.
C'était ridicule. C'était ce qu'on faisait quand on était au téléphone.
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- La « Star » se repose quelques instants et viendra nous rejoindre au petit salon attenant à la salle-lounge du haut, où vous pourrez vous restaurez en l'attendant.
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Manger ?
Duo n'avait pas vraiment eu le temps de le faire, ça tombait bien.
Ses yeux s'illuminèrent derrière les carreaux.
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- Manger ! Mais si le bonhomme veut se reposer, autant le laisser tranquille, quoi, je m'attendais pas à gagner et je le prendrais pas pour moi s'il veut pioncer gentiment.
- Cela fait partie de ses obligations.
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Duo haussa un sourcil.
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- Je ne suis l'obligation de personne, Monsieur.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit.
- Mais c'est peut-être ce que vous pensez.
- De toute façon vous n'auriez aucun moyen de le savoir.
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Petit sourire en coin du manager.
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- Ah ce n'est pas dit, Mr le Manager. Il me suffirait de regarder la paume de votre main pour en savoir un peu plus.
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Lever de sourcil du manager.
Un dérébénal de plus. Ils avaient bien besoin de ça.
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- Ah oui ? Nous verrons cela dans le petit salon, alors. Où la star remplira son contrat. Et puis, votre ventre gargouille aussi fort que l'ouragan qui forme votre prénom.
- …
- Si vous voulez bien me suivre, Mr. Maxwell…
Pendant ce temps, à la table n'°3
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Quatre était très fier de lui sur ce coup-là. La table était retombée dans un bel anonymat, les spots ne l'éclairaient plus.
Il l'avait échappé belle !
La musique était revenue, du B.B King, Blue Boys Tune. Reposant, tout en permettant de se concentrer, la cigarette aux lèvres.
En l'absence de Duo, il avait entrepris – et réussi - à se plonger dans son palm tout tranquillement, regrettant seulement d'avoir fini son café.
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- Votre café, Monsieur.
- Merci mais il doit y avoir erreur, je n'ai pas commandé… vous ?
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Oui, lui.
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Tsuzuku !
Happy bday to me avec un peu de retard !
J'espère que ça vous aura plu. Comme je l'expliquais précédemment, cette fic, je l'ai racontée à Luna lors de mon séjour en Suisse. Elle m'a été inspirée alors que j'écoutais LFM (ex Lausanne FM) dans sa voiture.
Spanish Guitar est passé, du coup l'idée m'a trottiné dans la tête. Je pensais m'en être débarrassée en lui racontant. Tu parles.
Les muses se sont assises sur mes neurones et m'ont dit : « t'as oublié de dire ça à Luna et ça et ça et ça et ça… »
Plein de détails supplémentaires se sont ajoutés et du coup il y en a eu tellement que j'ai été obligée d'écrire pour que mes muses arrêtent de me faire c…
Et donc voilà !
J'espère que ça vous aura plu, surtout à toi ma Lunanamoi ! Merci d'être toi, merci pour tout, ce séjour a été un joli cadeau d'anniv'. La suite ? Héhé :p (bon, elle est écrite au ¾ aussi, pas sûre que je la poste aussi rapidement cependant ! Je ferais de mon mieux)
Mithy Mini Globetrotter ¤ rentrée de Suisse mardi, objectif Moselle fin Novembre :p ¤
