Disclaimers: Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.

Genre : Yaoi, univers alternatif - si vous n'aimez pas, fuyez, y a pas de Gundam là-dedans, je prends le temps de poser un univers :p, fic à 6 chapitres, pour votre confort visuel.

Rating : T, mignon, un brin chacal.

Micis ? A ceux qui m'ont laissé un petit mot et souhaité un joyeux anniversaire, c'est adorable ! (dont Dame Coquillette que je câline respectueusement de par son grade de Colonel :p)

Pour qui ? à ma Lunanamoi parce qu'elle est elle :p et un peu pour moi parce que happy b-day to me :p

Conseil : allez sur deezer .com ou sur youtube et regardez tous les clips que je préconise quand je précise les ambiances musicales :p


Fausses notes et vrais coups de coeur

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Chapitre III : Born to lose

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Le T Club, Paris, 02h10, le jeudi 30 octobre 2008, table n°3

Ambiance musicale : everybody needs somebody, bande originale des Blues Brothers

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- Votre café, Monsieur.

- Merci mais il doit y avoir erreur, je n'ai pas… vous ?

- Moi.

-

Lui.

Et on allait faire tous les pronoms personnels.

Et on allait refaire l'alphabet.

En commençait par P. Comme Poisse.

Et W T F comme What the Fuck.

On s'en fout que ce soit pas la même langue, c'est le même alphabet.

-

- Hilde, la petite brune qui vous sert tout le temps vous remercie pour les nombreux pourboires et vous offre son meilleur café.

-

Il existait encore une petite chance pour que tout ceci soit une erreur.

Ça n'arrivait que dans les films ce genre de truc.

En général quand on voulait éviter une confrontation, on l'évitait vraiment.

Quand on voulait être discret, on réussissait ! Il avait bien réussi ces derniers mois !

Il ne pouvait pas manipuler son palm, ce n'était pas poli.

Il pouvait par contre tirer un peu sur sa cigarette, ça allait le détendre.

Voiiiilàààà.

-

- Euh… vous êtes sûr que c'est bien pour moi ?

-

Ce type avait des yeux verts, félins et encore la couleur était tronquée par la lumière tamisée, qui les parait d'une touche d'or.

Ces mêmes yeux le regardaient comme s'il était l'homme le plus bête du monde.

Ou pire : comme si lui, Quatre, le prenait pour l'homme le plus bête du monde.

-

- Avec tout le respect que je vous dois, il n'y a pas 36 « blonds discrets à la table 3, les yeux rivés à leur palm » qui, d'après Hilde, « commandent un expresso quand les autres prennent des boissons plutôt alcoolisées »,

- …

-

La discrétion se remarquait : elle n'était donc pas discrète.

Nardin'.

Bon, il ne fallait pas trop dire de gros mots quand même.

Sardine.

Mais il avait dit what the fuck.

Fuck sardine. Nardin' Sardine.

Et l'homme sans guitare mais avec un plateau, un café et des yeux verts poursuivit.

-

- « fument peu mais avec une certaine classe quand les autres happent leurs cigarettes jusqu'au filtre comme des barbares »

- …

- et « laissent des pourboires à provoquer des accidents cardiaques en partie pour qu'on ne les poussent pas à la consommation plus que leur patience ne le toléreraient quand d'autres se contentent d'alcools forts payés par carte bancaire sans la moindre petite monnaie ».

-

Quatre ne put que sourire à cette dernière phrase.

Il avait gardé sa chemise noire mais cette fois il l'avait fermée, laissant les 3 premiers boutons ouverts.

Il avait gardé son jean clair.

Il avait gardé ses santiags.

Il avait oublié – ou plutôt il avait recouvert - ses cheveux.

Il se ressemblait tout en ne se ressemblant pas.

Il aurait pu juste avoir un petit quelque chose, ressembler à quelqu'un.

Mais Quatre l'avait reconnu tout de suite et n'avait même pas eu besoin de regarder la chemise ou le jean ou les santiags.

Il l'avait reconnu sans même l'avoir vu de près.

Il l'avait reconnu à sa prestance, à ce qu'il dégageait. Ensuite le physique était intervenu.

Il l'avait reconnu à l'effet qu'il lui faisait.

Le blond secoua la tête et écrasa sa cigarette pour dévier son regard d'un homme dont il savait qu'il arquerait un sourcil brun-roux.

-

- Pensez-vous que cela corresponde à votre description ?

-

Leurs regards se croisèrent.

Verts amusés et… lumière se reflétant sur les carreaux.

Le blond répondit à la question par une question.

-

- C'est… bien la table 3 ici ?

-

On ne savait jamais, on n'était pas obligé de connaître leur jargon des tables et tout ça.

Malheureusement c'était une question oratoire, Quatre savait bien où il était assis.

La jolie brune l'avait dit à un moment ou à un autre. « Toujours à la table 3 » ? « Y a plus près de la scène, vous savez ! Faut juste arriver plus tôt ou réserver. Et ça reste dans mon secteur. »

Petit sourire de l'artiste.

-

- Je le crains.

-

Quatre retint un soupir.

Pourquoi tant… de haine ? Non. D'imprévu ?

-

- Alors c'est bien moi… c'est très gentil de la part de « Hilde » avez-vous dit ?… mais… vous n'êtes pas serveur, non ?

-

DEGAGE !

C'était un cri du cœur intérieur.

Il était en mode serveur et pas en mode musicien.

C'était peut-être pour ça qu'il ne l'avait pas tutoyé, contrairement à Duo.

Heureusement qu'il ne l'avait pas tutoyé. Il aimait cette petite distance.

-

- Non, en temps normal je ne m'occupe que de l'ambiance musicale. Comme mes collègues sont débordés, je donne un petit coup de main.

- Ah…

-

Ah oui ça changeait tout…

Mais pas vraiment en fait.

Il savait ce qu'il foutait là… mais il n'avait rien à y faire à l'heure actuelle non ?

C'était un soir Winner ?

Oh idée pour que le rêve reste un rêve.

-

- Mais où est Duo ?

- Duo qui ?

-

Ce type avait une mémoire de poisson rouge mort.

Ou alors ses cheveux et ses neurones avaient cramé sous les projecteurs ?

Ou alors il était footballeur et avait fait trop de têtes.

Ou alors il était con et franchement, il lui en voulait de lui confirmer que la réalité c'était plus moche que ses fantasmes maîtrisés.

Le con.

Le blond prit un air patient, limite professoral.

Mon bon petit…

-

- Celui qui s'est présenté à vous il y a quoi 15 minutes ? Celui qui devait vous rejoindre. Un de mes amis.

-

Mais oui ! Celui que j'ai envoyé vous voir pour échapper à ça ?

Ça vous revient ?

Le monsieur te demande…

L'air de Quatre était vraiment encourageant. On n'aurait vraiment pas dit qu'il cherchait à se débarrasser de Spanish Guitar.

-

- Oui, le « winner ».

-

Petit sourire de Quatre.

Tilt ?

But ?

Panier ?

Jeu, set et match ?

-

- On peut dire ça.

-

T déposa le café sur la table et Quatre le remercia d'un sourire sincère.

Le guitariste sans guitare répondit.

-

- Il est avec mon manager, afin de vérifier que tout est en ordre avant qu'on ne se rencontre.

-

Logique. Le blond but une gorgée de son café avant de répondre.

-

- Ah… ça a du se faire rapidement alors. Duo est quelqu'un de bien, il a peut-être déjà été libéré.

-

L'expression du musicien se fit insondable.

-

- Peut-être. Il me tiendra au courant quand ce sera fait.

- Oui…

-

Pourvu que le manager ne soit pas un bras cassé.

Quoique si c'était le bodyguard habituel, il n'avait pas du tout l'air d'être stupide.

Ce serait donc rapide.

Mais T enchaînait, étouffant un bâillement. Quatre fronça légèrement les sourcils.

-

- Est-ce que ça va ?

- J'admets être un peu fatigué. C'est vrai que je devrais être en pause. Cette petite procédure me permet aussi de souffler.

-

Quatre se sentit coupable d'un seul coup, vraiment.

Le pauvre était crevé et en plus il aidait un peu les autres, il trouvait le moyen de lui apporter à boire de la part de la maison.

C'était vraiment, vraiment gentil. C'était pénible pour son plan mais c'était gentil.

-

- Vous sortez presque de scène, pas étonnant que vous soyez fatigué, allez vous reposer. Merci pour le café.

-

Non il ne le virait pas vraiment !

Enfin si, un peu quand même ? Mais là ce n'était pas volontaire.

Croyant aller un peu trop loin alors que pour une fois, non, il ajouta, partie parce qu'il le pensait, partie pour ne pas paraître ce qu'il était en ce moment : un rustre.

Qu'il reparte avec le sourire.

-

- Vous… vous jouez remarquablement.

- Merci. Ça ne vous dérange pas si je m'assois un moment avec vous ? Mon vestiaire est trop loin et j'avoue avoir une petite flemme.

-

Donnez leur le doigt ils vous prennent le bras !

Ils vous prennent le cul, ouais ?

Si seigneur Murphy pouvait le lâcher un tout petit peu…

Quatre réfléchit à toute allure.

Bon, Spanish Guitar était fatigué. S'il se posait un petit peu ici, ça ne voulait pas dire qu'il allait rester. Cinq minutes ça devrait aller.

Et il devrait rejoindre Duo, le winner, à un moment ou à un autre. Donc à priori… mais bon, s'il y avait des solutions pour qu'il ne reste pas… oh, idée.

-

- Euh non mais… Vous n'avez pas peur qu'on vous reconnaisse et je ne sais pas, qu'on vous harcèle ?

- Je ne suis pas une star.

- Vous avez un fan-club.

- J'ai surtout un bandana noir sur la tête. C'est à se demander comment vous avez fait pour me reconnaître. Vous devez avoir un sacré sens de l'observation.

-

Il n'avait pas envie de discuter et Spanish Pirate amorçait une conversation.

Le rêve et la réalité ne devaient pas se télescoper comme ça.

Mais Quatre était poli. Et ne devait pas attirer l'attention plus qu'il ne le faisait en le mettant à une distance polie.

Cela pouvait être apparenté à une forme de timidité.

Bon, c'était vrai, il était un peu timide, mais qui ne le serait pas face à quelqu'un qui vous plaisait vraiment ?

Cependant Quatre avait une arme. Une arme redoutable. Ou peut-être même deux.

Le travail : c'était barbant, surtout son job et ça pouvait faire dégager quelqu'un en 5 minutes chrono.

L'humour : ça faisait gentiment passer la pilule.

Il ne fallait pas abuser de ces armes et attendre de voir si Spanish Guitar partait de lui-même rejoindre le « grand gagnant » avant de l'utiliser à pleine puissance.

Juste mettre une petite touche histoire de prévenir et garder le reste pour plus tard, s'il avait l'occasion d'en reparler.

De manière à ce que ça ne sorte pas de nulle part. De manière à utiliser la manière douce avant la manière forte pour aller à une autre table.

-

- Passer son temps à observer des chiffres ne tue pas les yeux à petit feu alors.

- Vous n'avez pas les yeux dans votre poche alors.

-

Le vert pouvait être aussi chaud que le rouge.

Quatre réapprenait ses classiques en couleur.

En douceur.

En chaleur.

Une gorgée de café puis un soupçon de glace pour le rendre…

frappé.

-

- Non, j'en ai besoin pour travailler et trouver dans une poche le pourquoi de bilans tronqués et les outils pour gérer au mieux les intérêts d'une entreprise c'est mission impossible.

- Je vous l'accorde.

- Par contre il n'est pas rare de trouver une petite calculatrice, un stylo décapuchonné qui a fui, un paquet de chewing-gum, ou mes cigarettes. Il y a trop de monde dans mes poches pour que j'y laisse mes yeux.

- Ce doit être difficile de laisser quelque chose dans vos poches. Je lutte avec les miennes.

-

Quatre haussa un sourcil. T avait un jean, c'était normal.

-

- Pourquoi je lutterais ? On enfonce tout et ça rentre.

-

On aurait dit que le musicien luttait contre un fou rire ou qu'il avait envie de faire pipi. Ou qu'il retenait un pet.

Ses abdos étaient tous contractés.

Il répondit, énigmatique.

-

- Je vous crois sur paroles.

-

Et sur ces entrefaites le musicien et sans plus de cérémonies s'assit sans le quitter de ses yeux espiègles.

Ce serait les cinq minutes les plus longues de l'existence du blond.

Il but à nouveau une gorgée de café et écouta le musicien lui faire la conversation.


Même moment, salon des « invités »

Ambiance musicale : everybody needs somebody, BO Blues Brothers

-

- Oh c'est joli ici et y a vraiment à manger !

-

Une salle grande, blanche avec des notes de musique , des portraits d'artiste en noir et blanc et celui du premier propriétaire, un type en tongs, bermuda et en chemise hawaïenne… le vieux était un ex G.O ?

Mais le plus important attendait Duo : un immense buffet pour son estomac affamé !

Joie !

Le manager, bras croisés sur sa poitrine, vit le grand gagnant indignement se précipiter vers la longue table drapée de bleu pour porter un peu de nourriture à sa bouche.

Mâché.

Difficilement avalé… quand ça avait pu l'être.

Le gagnant par intérim avait à peine réussi à ne pas faire sauter sa dent sur pivot.

Déception

-

- Oh. Du pain-parpaing, des crackers fanés, des chips molles, des petits fours morts… tout ce que j'aime. Ma parole c'est la crise, ici ?

-

Le sadique répondit.

-

- Vous avez un délicieux château-laffite du robinet à votre disposition.

- Non merci, l'eau est peut-être périmée.

-

L'homme à l'oreillette apparemment très active répondit quelque chose à son micro avant de rétorquer.

-

- Les cacahuètes sont encore fermées. Et la date de péremption n'est pas dépassée.

- Vous voulez dire que la voie est libre ? Je peux manger ?

- Oui.

- Oh, mon Héero.

- On me l'avait jamais faîte celle-là.

-

Duo haussa un sourcil et lança un pain-parpaing au manager, pain qu'il rattrapa sans effort.

Réflexes.

-

- Tout le monde ne peut pas être original. Purée, des cacahuètes et de l'eau, c'est ça la rencontre V.I.P ? Foutage de gueule, ouais. Je crois que la star je vais la zapper. Ça commence à bien faire.

-

Dont acte.


Retour à la salle-lounge du bas, au même moment

Ambiance musicale : Fever, Peggy Lee

-

- Alors « blond à lunettes aux pourboires mirifiques », comment est votre café ?

- Il est gratuit, merci.

-

Tout petit sourire caché derrière une tasse de café.

Rire rauque, surpris, presque arraché au musicien.

Le blond ne manquait vraiment pas de répartie. On l'attendait plutôt sage, discret.

Ou plutôt seulement sage et discret. Apparences, apparences...

Quatre rit jaune. Il avait oublié que l'humour était quelque chose d'attrayant sauf quand on en abusait.

Il constata médusé qu'il avait allumé malgré lui un soupçon d'intérêt dans le regard vert.

T s'installait un petit peu plus confortablement, sans envahir son espace.

Non, surtout pas ! Les contrôleurs de gestion c'était chiant.

Il y avait écrit baaaaarbant sur son front ! Il avait une calculette dans sa poche…

Euh non, pas cette fois. Ce n'était pas son pantalon. C'était le jean de Duo.

OH NON. Non, tout à l'heure il n'avait pas dit CA ? Il n'avait pas dit à Spanish Guitar que tout s'enfon…

Il n'y avait aucune allusion. Tout le monde n'avait pas l'esprit mal placé.

Mais il avait semblé avoir un fou rire de l'œil.

Et Quatre se sentit rougir un peu plus. Mais il s'en sortirait. Malgré la honte.

… A bien y réfléchir… il comprenait pourquoi il avait lutté pour enfoncer son paquet de clopes neuf dans son jean.

Il ne voulait pas réfléchir à ce qu'il semblait écraser.

Minute, minute, minute. Il avait un sacré coup d'œil pour avoir vu qu'il portait un jean.

Sinon il n'aurait pas paru sceptique.

Non, pas forcément un sacré coup d'œil. Il fallait arrêter la colle, la. Vu comme il était placé et d'où Spanish Guitar était arrivé, c'était normal.

Mais T continuait à lui parler. Et la nervosité commençait à monter d'un tout petit petit cran.

-

- Et à part sa gratuité, vous convient-t-il ce café Mr le blond aux pourboires mirifiques ?

- Oui. Ne m'appelez pas comme ça !

- Comment dois-je vous appeler, alors ?

-

Oh.

Joli.

Mais non.

Et vu qu'il payait en liquide, et qu'on ne lui demandait pas sa carte de membre en salle, Spanish Guitar n'avait aucun moyen de demander.

-

- Faut pas m'appeler en fait.

- Pourquoi ? C'est secret-défense ?

-

La vérité ?

Quatre devra faire attention à ne pas attiser la curiosité, mais il ne put s'empêcher de sourire du regard.

-

- C'est un prénom pourri.

- Original ?

- Non, pourri.

- Est-ce que ça peut être pire que Trowa ?

-

Les yeux verts se plissèrent de malice.

Un certain blond ne put que répondre un intelligent…

-

- Hein ?


Salle spéciale du haut (Maxwell :p)

Ambiance musicale :Fever, Peggy Lee

-

Sans un regard pour le manager Duo Maxwell se posta devant la porte.

Le jeune homme se dirigea vers la sortie quand son bras fut retenu comme la première fois.

-

- Si vous partez maintenant cela va nous faire une mauvaise pub.

- Avec tout le respect que je vous dois… je m'en fous. A qui la faute ?

- Et je tiens à ce job, même si ça ne se voit pas.

-

Ah ?

Le « grand gagnant » eut un semblant de regard compatissant.

On n'allait pas la lui faire à l'envers.

-

- Je ne le dirai à personne. Soit dit en passant changez de métier. Vous auriez pu faire un effort avec la bouffe. On ne badine pas avec les estomacs en berne.

- On fait avec les moyens du bord.

- Au prix de vos consommations ?

-

Gros, énorme haussement de sourcil derrière les lunettes de vue.

Gros soupir de la part du manager.

Celui-là était difficilement impressionnable. Il n'était pas sorti de l'auberge.

Il serait très difficile à retenir.

Pourvu que Barton ne mette pas 107 ans. Il tenait à ce job, oui.

Il n'avait surtout aucune raison de le perdre. Et Duo Maxwell n'avait aucune raison de le croire.


Salle lounge du bas, même moment

Ambiance musicale : hold on i'm coming, Sam & Dave, disponible sur la BO des Blues Brothers

-

- Est-ce que ça peut être pire que Trowa ?

-

Au magnifique et intelligent « hein », Trowa ne put que répondre…

-

- Deux.

- Trois ? Comme le chiffre ?

- Presque. Comme Louis ArmsTROng et WAyne Shorter.

- Mais qui peut s'appeler comme ça ?

-

Blondeur quand tu nous tiens.

Mais c'était une question rhétorique !

-

- Moi ? Mes parents étaient férus de jazz, même s'ils ne savaient jouer d'aucun instrument. Ils ont pris ceux qu'ils jugeaient les meilleurs, ont pris un peu des deux noms et m'ont puni. On se demande après pourquoi j'aime le jazz et surtout, pourquoi je préfère le blues.

- …

- Ne faites pas cette tête, j'aurais pu m'appeler « Petite Fleur »

-

Un clin d'œil.

Petite Fleur est l'un des titres jazz les plus connus de Sidney Bechet.

Quatre ne put qu'éclater de rire et avaler de travers les dernières gorgées de son café en rougissant, testant le prénom peut commun sur ses lèvres.

C'était l'hôpital qui se foutait complètement de la charité.

Charité bien ordonnée… tu parles ! Ah, les conversations de comptoirs. Parler de tout et de rien à des inconnus, c'était si normal.

Cela faisait une éternité que ça ne lui était pas arrivé.

-

- Oui c'est sûr, Trowa c'est ça ?

- Oui.

- Trowa c'est moins…

-

Petit regard appuyé du concerné.

-

- « Moins » quoi ?

- Moins Flashy que Petite Fleur, je suppose. Et puis vous connaissez la musique.

- Dites ça à mes parents qui préfèreraient que j'ai « un vrai métier qui rapporte, comme banquier » enfin, avant la criiiiise.

-

Rires. Quatre secoua la tête les yeux brillants.

-

- Je suis contrôleur de gestion de banque et je sais ce qu'il y a dans les caisses. C'est-à-dire pas grand-chose de réel, surtout en ce moment. C'est sûr qu'être star de Club – sans mauvais jeu de mot –

-

Mais le manager riait déjà doucement.

-

- Tant que je ne suis pas star de Fan 2.

- Oh ça va, hein. Bref, tant que ça paye le loyer et que vous êtes heureux.

- Bien dit.

- Merci.

-

Quatre pensait ce qu'il avait dit. Et le musicien poursuivait, sur une note délicieusement humoristique. Ça, ça ne changeait pas.

-

- J'aurais pu m'en sortir si j'avais eu un quelconque soutien familial, si on avait tous un prénom à coucher dehors. Solidaires jusqu'au bout. Mais mon père s'appelle Victor. Ma mère s'appelle Denise. Ma sœur s'appelle Catherine. Et tous mes chiens s'appelaient Bob 1, 2, 3…. Non, j'étais vraiment le seul à lutter dans les cours d'école.

-

Quatre essayait de maîtriser son fou rire mais c'était vraiment, vraiment difficile.

Spanish Guitar avait vachement l'air malheureux.

Vachement.

-

- Trop dur la vie.

- C'est ça. Ma vie a toujours été « Tro » quelque chose. « Tro » ceci, « Tro » cela… mais jamais été « Tro » riche.

- Oh ?

- Trop grande gueule pour écouter mon père et m'enterrer dans un job de conseiller clientèle bancaire. Trop autodidacte pour avoir apprécié le conservatoire. Trop perfectionniste pour ne pas tout donner quand je joue. Trop indiscipliné pour faire une vraie carrière. Trop content comme je suis pour le vouloir vraiment.

-

Il assumait tout. C'était…

Un homme. Un vrai. Il poursuivit.

-

- Trop occupé pour avoir une vie privée stable. Trop sauvage pour écorner ma liberté. Trop heureux de donner du plaisir… quand je joue.

-

Trop, trop séduisant.

Trop mignon.

Trop malin.

Trop perspicace.

Trop chiant !

Quatre sentait tout doucement sa propre température monter.

Aïe.

Il fallait la faire redescendre.

Il s'humecta les lèvres et résolut de casser cette ambiance feutrée qui s'installait entre eux.

-

- Trop c'est trop ? Et quand c'est Tro c'est tropico ? Je sais, elle était facile.

-

Trowa haussa un sourcil puis fit un sourire indulgent.

-

- Et c'était une blague trop nulle.

- Ouais, « trop ».

- Espèce de djeunz.

- « LOL ».

-

Quatre s'amusait beaucoup même s'il ne le devrait pas.

Chacun sa croix.

Spanish Guitar sourit, calant son visage dans sa main droite.

-

- Maintenant qu'on a établi que l'on trouve toujours pire que soit… comment on vous appelle, vous ?

-

Il ne perdait pas le nord !

Quatre s'esclaffa.

-

- En tous cas on ne m'appelle pas « Blond aux pourboires mirifiques ».

-

Un rire de plus, un café terminé. Des yeux verts qui se plissèrent un peu plus.

-

- Vous ne manquez pas d'humour. Vous ne semblez pas trop timide, quoique c'est peut-être la pénombre ou la chaleur, mais vos joues semblent un peu rouges.

- Sûrement le café chaud. Pourquoi ?

-

Il n'avait pas nié, le meilleur moyen de passer inaperçu.

-

- Oh, c'est que je me demandais… si vous n'étiez pas d'une timidité maladive, pourquoi avoir laissé ce Duo Maxwell prendre votre place alors que vous aviez gagné. Peut-être que je puais des aisselles à distance ?

- ?

-

Si Quatre était rouge auparavant, là il était blanc.


Salle spéciale gagnants, même moment

Ambiance musicale : hold on i'm coming, Sam & Dave, disponible sur la BO des Blues Brothers

-

- Au prix de vos consos ?

-

Le manager répondit en soupirant à peine.

-

- Ok, on est un peu radins sur la bouffe, de toute façon il faudrait complètement perdre l'esprit pour venir ici pour la nourriture.

- Je ne vous le fais pas dire, Mr Yuy. La carte est nulle enfin classique si on aime les snacks mais bon, on vient plutôt ici pour boire.

- En revanche, on n'est rat ni sur la musique, ni sur le temps consacré aux « grands gagnants ».

- Super merci où est la star ?

- Elle ne devrait pas tarder.

-

Un gros soupir

-

- Vous dites ça depuis tout à l'heure. Je n'oublie rien moi monsieur.

- Je maintiens qu'il sera là d'ici peu.

-

Ca veut dire quoi, peu ?

A côté de ça, le pauvre ne faisait que son travail. Et de nos jours avoir un travail, le conserver était très difficile.

Duo Maxwell avait déjà fait des boulots alimentaires et vraisemblablement c'était le cas de ce manager, qui n'aimait visiblement pas ce qu'il faisait. Cela pouvait faire sourire.

Duo Maxwell était une bonne âme mais sa patience avait des limites.

Il regarda sa montre et dit sérieusement.

-

- 10 minutes. Et c'est bien parce que c'est la crise. Et puis comme ça… je pourrais raconter à Quatre.

- Hm ?

- Rien. J'ai laissé mon pote moi là-bas. Je ne vais pas rester là 10000 ans pour rien sauf votre respect.

- Hn.

-

Oh, ça allait être la fête.

Que la star se libère, bordel.

Et le manager qui attendait précisément des avancées, pour déterminer de quelle manière il allait agir… avec ce qui avait à première vue l'air d'un imposteur.

Car il s'agissait d'un imposteur, d'après la mini enquête préliminaire.

Le manager attendait que Chang lui en dise plus pour savoir comment agir précisément.

La HCRPTC – la Haute Commission de Remise des Prix du T Club – prenait cette affaire très au sérieux. Il s'agissait d'un contrat. Passer du temps avec Trowa Barton avait un prix avant d'être un prix. Il pouvait y avoir réclamation. Ce n'était pas pour rien qu'il y avait un huissier dans la salle.

S'il s'agissait bel et bien d'une imposture… Duo Maxwell allait le regretter.


Même moment, table n°3

Ambiance musicale : joueur de blues, Michel Jonazs

-

Quatre essaya de ne pas montrer sa gêne.

Trowa essaya de ne pas rire devant l'air poisonnifié, il n'y avait pas d'autre néologisme.

Un poisson hors de l'eau, mais à l'intérieur.

Il avait la bouche fermée et les yeux à peine écarquillés derrière ses verres fins, mais il lui faisait vraiment penser à un poisson.

Il ne savait pas pourquoi, il avait vraiment l'impression que le blond en face de lui n'était pas le genre cartoon quand il était étonné

Mais à l'intérieur cela devait donner autre chose.

Il poursuivit.

-

- S'il n'avait pas été sincèrement surpris, j'aurais pu croire que votre ami avait volé votre ticket ou que vous vous étiez arrangés entre vous. Mais son étonnement ne semblait pas feint.

- Comm…

-

Mais le musicien leva la main et l'interrompit.

-

- Je n'aurais jamais remarqué, je ne vous connais pas. Je ne vous ai jamais vu. Quand je suis sur scène je ne vois personne.

- ...

- Mais Hilde connaît ses habitués, celui qu'elle place tous les jeudis à la même table, à la même place depuis des mois. Celui qui lui donne des pourboires magiques qui lui permettront de partir en vacance avec sa famille.

-

Chouette il avait fait une bonne action, Quatre se disait.

Damned il avait été…

Pfff. Tout ça pour ça ?

Il aurait du s'en douter, tout était truqué.

Sur ce coup-là il avait vraiment fait sa blonde.

Et les cinq minutes allouées à Spanish Guitar seraient dépassées à ce rythme.

-

- …

- Nous attribuons le ticket Winner à un habitué. En aucun cas votre ami n'aurait pu gagner puisque c'était la seconde fois qu'il venait. Quel ne fut pas leur étonnement quand Hilde et tout le staff s'aperçurent que ce fut pourtant le cas.

- …

- Alors ma question est… qu'est-ce qui fait qu'un gagnant refuse son prix ? J'avoue que je suis très curieux.

-

Quatre ne répondrait jamais à cette question.

Il louvoierait. Ses méninges s'activèrent. Il réussirait.

Et le sourire du musicien se fit un brin calculateur.


Salle spéciale Vainqueurs, même moment

Ambiance musicale : Joueur de Blues, Michel Jonazs

-

Le manager et le pseudo groupie étaient format chien de faïence, près de la porte.

-

- …

- …

-

Décisions, décisions.

Le bodyguard fit semblant d'en prendre une. Il fallait bien donner le change.

-

- Installons-nous sur le canapé.

-

Duo Maxwell soupira, dépité.

-

- De toute façon entre les chaises pliantes, les tabourets plus anti-confortables tu meurs et la station debout, le choix est vite fait…. Oooooof. Mais qui a fait du mal à ce canapé ?

- Mes fesses.

- Pardon ?

-

Le manager parvint à rester stoïque derrière ses lunettes noires.

Il précisa.

-

- Je me suis assis trop vite un jour. Il y a donc un gros enfoncement au milieu…

- … caché par les gros coussins jaunes.

- Voilà. Alors pour plus de sécurité, déportez-vous vers l'une des extrémités.

- Pourquoi vous m'avez pas prévenu avant ? Vous vous êtes directement assis où il faut, vous.

- Vous n'avez qu'à faire un régime.

- Je vous emmerde.

- …

-

Oulala, il fallait la refaire, lui parler autrement. C'était très mal parti. Mais le manager s'était senti attaqué, même si le pseudo imposteur avait peut-être un peu raison.

S'il n'avait pas autant de mal à se bouger sur divan de cuir, Duo Maxwell se serait sûrement déjà sauvé.

-

- Oooook. Je comprends mieux les femmes enceintes jusqu'aux dents qui ont un mal de chien à se redresser. C'est l'enfer ce truc !

- Hn.

- …

- …

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Rien à se dire de plus et pourtant il fallait trouver un sujet de conversation au plus vite.

Sinon, Heero Yuy savait pertinemment que l'imposteur allait décamper

Un imposteur qui ne voulait pas nécessairement voir l'objet de son imposture, ce qui était illogique au possible… peut-être…

Peut-être se savait-il découvert ?

Peut-être était-ce pour cela – et pas uniquement pour le VIP du pauvre et rejoindre son ami – qu'il voulait fuir ?

Surtout que cette salle n'était pas la vraie, celle où on accueillait les vrais gagnants.

Tant qu'il n'aurait pas mis cette affaire au clair, Yuy ne lâcherait pas ce Maxwell.

De toute façon Chang lui indiquerait via son oreillette s'il y avait du neuf.

Si Barton avait eu le fin mot de l'histoire avec le vrai gagnant.

Ce vol d'identité pouvait être un motif d'exclusion du Club.

Trouver un sujet de conversation vite vite… puis un détail lui revint et il demanda.

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- Alors comme ça vous pourriez lire dans ma main ?

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Tzusuku


Happy bday to me avec un peu de retard !

I was born to lose (je suis né pour tout foirer/pour perdre/pour avoir des merdes... XD pauvre Quat')

J'espère que ça vous aura plu. Comme je l'expliquais précédemment, cette fic, je l'ai racontée à Luna lors de mon séjour en Suisse. Elle m'a été inspirée alors que j'écoutais LFM (ex Lausanne FM) dans sa voiture.

Spanish Guitar est passé, du coup l'idée m'a trottiné dans la tête. Je pensais m'en être débarrassée en lui racontant. Tu parles.

Les muses se sont assises sur mes neurones et m'ont dit : « t'as oublié de dire ça à Luna et ça et ça et ça et ça… »

Plein de détails supplémentaires se sont ajoutés et du coup il y en a eu tellement que j'ai été obligée d'écrire pour que mes muses arrêtent de me faire c…

Et donc voilà !

J'espère que ça vous aura plu, surtout à toi ma Lunanamoi ! Merci d'être toi, merci pour tout, ce séjour a été un joli cadeau d'anniv'. La suite ? Héhé :p (bon, elle est écrite au ¾ aussi, pas sûre que je la poste aussi rapidement cependant ! Je ferais de mon mieux)

Mithy Mini Globetrotter ¤ rentrée de Suisse mardi, objectif Moselle fin Novembre :p ¤