Et voilà. Le deuxième OS de ce receuil qui avance.
C'est un Remus/Narcissa qui m'a été soufflé par Aliopatre.

Encore un grand merci à Azalan, xxShimyxx, Marine, Emy78, Futilement Moi et Lula's Lullaby


Fantômes du passé.


Il entre. Son pas est léger mais incertain. La pluie a ruisselé sur sa cape noire, laissant ses sillons sur elle.
Les conversations s'éteignent sur son passage et les yeux, inquisiteurs, le fixent avec prudence. Il peut les sentir, les sentiments entremêlés. La peur, l'appréhension, le dégoût. Avec le temps il a appris à vivre avec.
Il reconnaît sa silhouette. Il l'avait contemplée souvent, avant…
Ses pas le conduisent à sa table, elle est penchée sur un verre de Whisky Pur feu. Et il grimace, parce qu'il sait que cette Guerre en a détruit plus d'un.

- Tu as toujours détesté l'alcool, souffle-t-il en s'asseyant en face d'elle, un rictus amer imprimé au coin des lèvres.

- Les choses changent, Remus, murmure-t-elle sans lever son regard vers lui.

Il frissonne. Parce qu'il avait oublié le timbre de sa voix. Si mélodieuse et chantante. Aujourd'hui, elle n'est plus que l'ombre de cela. Rauque et râpeuse.

- Toi aussi, tu as changé, grince-t-elle.

Ses yeux pâles se fixent sur elle avec force. Ils sont pareils à ses souvenirs. L'éclat azur glacial y trône toujours fièrement, mais il y a autre chose… comme des regrets qui y chancellent. Si bien cachés qu'on les détecte à peine.

Au loin, les conversations ont repris. Les regards ont cessé leur inquisition sur le loup-garou qui est entré. Les conversations s'élèvent à nouveau, emplissant le bar bondé d'un murmure sourd.

- Je vous sers quoi ? Fait une voix un peu bourrue à ses côtés.

Il relève à peine les yeux.
Il n'a jamais aimé ces pubs malfamés.

- Un café, s'il vous plaît.

L'homme soulève un sourcil, mais s'en va sans souffler mot.
En face de lui, elle a laissé échapper un rire narquois.

- Je n'ai pas tellement changé, Cissa.

Et elle frémit. Sûrement parce qu'elle a perçu son ton. Et la façon dont il a prononcé son prénom. Elle n'a plus tellement l'habitude qu'on l'appelle ainsi. Elle n'a plus l'habitude qu'on l'appelle de toute façon…

Il tapote la table de bois de son index, impatient. Ses yeux mordorés la fixent sans aucune gêne, l'obligeant à fuir son regard de temps à autre.

- Pourquoi suis-je ici ? Fait-il finalement, un sourire étirant ses lèvres craquelées.

Il a la gorge sèche. Et son café se fait attendre.

- Tu-Sais-Qui s'apprête à donner l'assaut de la Bataille finale.

Sa voix est maîtrisée et ses intonations nonchalantes. Ses muscles se tendent brusquement, il plisse les sourcils, incertain.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Tu ne me crois pas? Fait-elle avec un sourire désabusé.

- Tu ne m'as donné aucune raison de le faire ces dernières années, grince-t-il, cynique.

Elle ne répond pas et observe un silence durant lequel il ne se sent pas oppressé. Juste…. Pas à sa place.

- Où sont passés toutes ces années, Remus ?

La nostalgie frémit dans ses paroles. Il peut la ressentir. Il grimace, haussant doucement les épaules.

- C'est que… Fait-elle, hésitante. J'ai quelque chose à te demander.

Et il la sent fragile soudain, vulnérable et démunie.
Il soupire, résigné, haussant un sourcil, l'incitant à poursuivre.

- Il s'agit de Draco… J'aimerais que l'Ordre ne s'en prenne pas à lui.

Il écarquille les yeux. Surpris. La tasse de café se pose devant lui, mais il n'a de cesse de fixer la femme en face de lui qui lui jette des regards anxieux. Il secoue la tête avec un léger rire. Un de ceux qu'il ne se connaît pas.

- C'est donc ça… Ton précieux garçon.

Ses yeux brûlent de colère lorsqu'elle les pose sur lui.

- Il est tout ce que j'ai au monde, Remus.

Et ça claque, comme un reproche plus que comme une menace.

- Ce ne serait pas le cas si tu avais choisi un autre chemin.

Elle pince les lèvres, frémissant sous l'allusion voilée. C'est comme un coup au ventre. Ça fait mal et ça coupe le souffle.

- Tu ne le digères toujours pas, pas vrai ?

Il secoue la tête, irrité.

- On était amis. On était amis, et tu as tout piétiné. Tout ça pour quoi finalement ? Pour un fils que tu n'as jamais désiré ?

- C'est n'est pas si simple, siffle-t-elle.

Ses yeux étincellent. Et sa voix est froide. Il attrape sa tasse entre deux doigts et boit un peu trop vite, ça lui brûle la gorge.

- Bien sûr.

Sa voix est doucereuse. Et, en face de lui, elle se tend sous la colère.

- Tu ne me faisais pas assez confiance, pourquoi l'aurais-je fait ?

Il sait de quoi elle parle. Il l'a compris.

- Je ne pouvais pas…

Il s'interrompt. Parfois, les explications sont futiles, inadéquates. Il le sait, elle aussi.

- Tu as bien fait… Fait-elle doucement. Je ne pense pas que je t'aurais accepté comme ça.

Les mots se frayent un chemin jusqu'à son cœur, brutaux. Il ne sait pas si elle est sincère ou si elle se complait à afficher une façade aussi dure. Dans les deux cas, le résultat est le même.

- Je le ferais, lui annonce-t-il d'une voix calme. Je le dirais à l'Ordre, pour Draco.

Elle baisse les yeux et lorsqu'elle les relève, il les voit briller étrangement.

- Je sais qu'il est meilleur que son père, Remus. Il n'agit pas par choix mais par obligation.

Il hoche la tête avant de se lever, conscient qu'il n'y a plus rien à dire. Ses mains lâchent deux noises sur la table, il remonte le col de sa cape…

- Remus, murmure sa voix.

Il s'interrompt, l'observant à nouveau.

- J'ai vu que tu avais quelqu'un, la métamorphomage. Est-ce que… Tu es heureux ?

Sa voix tremble un peu. Il le remarque. Elle n'a jamais été bonne pour empêcher les émotions de la teinter.

- Oui, souffle-t-il. Je crois que oui.

Et il observe son regard se voiler et ses lèvres trembler. Sur sa peau, un frisson galope et il refoule le sourire qui s'est accroché à ses lèvres à la pensée de Tonks.

- Tu crois que toi et moi…?

- Dans une autre vie, oui peut-être.

Et il lui tourne le dos. Il s'en va, parce que les souvenirs ne sont pas toujours bons à ressasser. Et qu'il a déjà tourné la page il y a bien longtemps


Voilà, j'espère qu'il vous aura plu...
Les prochains seront le Fred/Ginny ou Harry/Blaise
Merci encore à tous.