Oyé oyé lecteurs de mon coeur,
Je suis terriblement en retard, je suis désolée.
J'ai déménagé du Nord au Sud et du coup difficile de se concentrer mais ça y est le voici.
C'est donc un Ginny/George.
Il tourne assez court, et je ne suis pas satisfaite a 100% mais j'espère qu'il vous plaira.
A venir dans ce recueil : Harry/Blaise et ensuite le fameux Hermione/Duddley
Sinon, il y a également un Remus/Hermione ainsi qu'un Narcissa/Lucius (demandé par notre chère Anadyomède) en préparation.
Et enfin, j'ai re-posté ma Fic, sur Vampire Diaries pour ceux qui connaissent!
Encore merci à tous.
Bonne lecture
Mon frère
- Tu sais, j'ai toujours eu peur du noir…
Elle souffle cela à mi-voix comme s'il s'agissait de quelque chose de honteux ou de stupide. Il a un sourire fade qui s'estompe sitôt qu'il est apparu sur ses lèvres.
Elle soupire encore une fois.
- George, commence-t-elle, mais le regard de son grand frère la dissuade d'en dire davantage.
Elle baisse les yeux et sort de la pièce.
Comme à chaque fois.
Elle passe devant la porte entrouverte. Et elle entre finalement.
C'est comme si elle ne pouvait pas vraiment le combattre. Comme si les morts lui parlaient.
La pièce est saturée de non-dits. Il regarde toujours par la fenêtre. Ses bras sont croisés contre sa poitrine et sa lèvre inférieure est agitée de tics nerveux.
Comme toujours, elle s'assoit à côté de lui, et comme à chaque fois, il ne dit rien.
Son regard est figé sur le jardin du Terrier, mais Ginny sait qu'il voit au-delà. Qu'il regarde bien plus loin.
Elle ne sait plus quoi dire. Les mots, les gestes, tout semble dérisoire face à ce qu'elle ressent réellement.
- Va-t'en, Ginny.
Et elle quitte la pièce comme un automate, le corps secoué de frissons. Parce qu'elle l'a entendue. Pour la première fois depuis ce jour, elle a entendu la voix de son grand frère.
Les jours s'égrainent et finalement, le silence est toujours le même.
Elle sait que lorsqu'elle franchit le seuil de la chambre des jumeaux, le désespoir, la colère et la solitude la foudroient avec force. Elle se sent submergée, emportée par les sentiments contradictoires, les émotions brûlantes.
Elle observe les cheveux feu de son frère qui se soulèvent au gré des bourrasques que laisse entrer la fenêtre encore ouverte.
Elle s'humidifie les lèvres dans l'espoir que, peut-être ça finira bien par lui délier la langue. Mais rien ne sort. Elle ne sait plus quoi dire.
Alors tremblante, sa main se fraye un chemin vers celle de George. Du bout du doigt, elle effleure l'épiderme. Brutal, il se retire vivement, comme si ce contact l'avait brûlé. Ses yeux étincèlent de colère et sa poitrine se soulève façon erratique, saccadée.
Ginny se recroqueville contre le mur, l'air apeuré. Elle n'a jamais vu un tel éclat au fond de la prunelle de son frère. Ni aucun des membres de sa famille. Il a l'air dément, presque fou, et il la terrorise bien plus qu'elle ne pourrait l'admettre.
Puis doucement, une lueur de tendresse fleurit au coin de ses lèvres, ses yeux sont chargés de regrets, ses épaules s'affaissent, et il reprend sa place comme si rien n'était venu perturber le calme entêtant de la pièce.
Secouée de tremblements, Ginny se redresse, chancelante, et quitte la chambre avec agitation.
Elle est là. Encore et toujours. Elle ne sait même plus pourquoi elle s'acharne alors que tous ont abandonné.
Son cœur est mort lui dit-on sur le ton de la réprimande lorsqu'elle sort de cette pièce, la mine chaque fois un peu plus pâle.
- Tu devrais manger, souffle-t-elle doucement.
Et son regard trace un chemin sur sa peau diaphane et ses courbes amaigries.
- Tu vas finir par te tuer.
Il ne répond pas. Et au fond d'elle, quelque chose s'agite : son cœur martèle sa poitrine et ses yeux se plissent d'agacement.
- Peut-être bien que c'est cela que tu souhaites…. Crache-t-elle d'une voix qu'elle reconnaît à peine. Tu veux le rejoindre, pas vrai ?
Un tic nerveux agite sa lèvre inférieure et, rassérénée par cette infime manifestation, Ginny reprend :
- Tu pourrais mieux t'y prendre, non ? Je ne sais pas ! Il y a des milliers de façons de mourir !
Et c'est comme si ces non-dits se déversaient dans ses paroles.
- Mais non, toi, tu préfères faire souffrir les gens qui t'entourent. Tu veux que je te dise, George ?
Elle reprend son souffle soudainement, l'index pointé vers lui.
- Fred avait beaucoup plus de courage que toi !
Il est debout et elle recule d'un pas. Tant pis si c'est pour crier sa haine, elle préfère cela à son indifférence croissante. Sa mâchoire se contracte, mais ses yeux restent vides. Indéfiniment.
- Arrête de faire ça, Ginny.
Sa voix est rauque, éraillée, et son intonation la fait frémir.
- Je ne peux pas, souffle-t-elle, les yeux baissés. Tu es mon frère !
- Non !
En deux pas, il est près d'elle, enroulant ses deux mains autour des bras de la jeune femme.
- Je ne suis pas TON frère ! J'étais le sien, d'accord ? Juste le sien !
Elle hoche la tête, les yeux écarquillés, tremblante.
Alors, doucement, il la relâche, passant une main épuisée contre son visage trop pâle.
Elle ne bouge pas, figée dans sa propre stupeur. Son regard emprisonne le moindre des mouvements du jeune homme face à elle qui n'est plus qu'un inconnu.
La situation en est presque risible.
- Au départ, c'était juste une oreille, tu sais… Mais quand on a su qu'on ne pourrait plus jamais prétendre être l'autre, ça a cassé quelque chose.
Il semble divaguer… Mais elle ne dit rien, parce que le moment est trop fragile pour être détruit.
- Maintenant, ça semble dérisoire… N'est-ce pas ?
Il lui lance une œillade dénuée d'émotion et elle acquiesce, la gorge nouée.
- Il faut que tu arrêtes ça, Ginny, répète-t-il la voix cassée.
- Mais tu es mon frère…. fait-elle encore, les yeux brillants.
- Je ne suis plus rien…
Et il détourne les yeux, retournant à son mutisme incessant.
Alors, doucement, elle sort de la pièce, fermant la porte derrière elle.
Son regard baissé glisse sur le parquet verni. Elle tente de réfuter la boule qui obstrue sa gorge.
Il y a des combats qu'on ne peut pas gagner.
Pourtant, on ne peut s'empêcher d'essayer…
