Juste avant de partir pour la France je vous poste mon Duddley/Hermione. Pour le plaisir!

C'est un défi d'Altanais
Mille merci à tous ceux qui ont pris le temps de commenter mon OS.
Tous vos messages m'ont absolument touché

Merci Marine particulièrement à qui je n'ai pas pu répondre et qui commente à chaque fois d'une façon qui me touche beaucoup

Bonne lecture!


La peur de l'oubli


Il y a cette fille aux cheveux dorés. Il se dit que dans sa vie, jamais il n'a vu aussi belles boucles. Il a envie d'y faire courir ses mains, il pense qu'il pourrait bien le faire toute sa vie…
Elle a cet air mélancolique plaqué sur le visage qu'il n'arrive pas à déchiffrer, il sait juste que cette expression est la plus belle qu'il n'ait jamais vue.

Et elle reste là, le regard perdu vers l'escalier où son cousin a disparu quelques instants plus tôt. Ses petites mains pétrissent l'étrange bâton en bois qu'elle tient entre ses doigts. Elle ne rompt jamais le contact, comme si cet objet pouvait à tout moment lui sauver la vie.
Ses yeux bruns lui mangent la moitié du visage, elle a l'air si fragile, si perdu…

Il sait qu'il a l'air idiot à la fixer bêtement ainsi. Mais il n'y peut rien, elle a tout d'un ange. Les rayons du soleil, qui entrent par le rideau encore entrouvert, se perdent dans sa cascade de cheveux, elle est comme auréolée de lumière.

De temps en temps, son regard frôle sa silhouette et il sent son cœur s'emballer brusquement. Elle a l'air mal à l'aise, gênée. Ses lèvres se pincent et son regard le fuit. A chaque fois.

Soudain, les pas d'Harry brisent la quiétude du moment. C'est comme s'il voyait pour la première fois cet imbécile. Ses traits sont tirés et il a un air infiniment las qui plane sur son visage. Il a pris dix ans cet été.
Il plonge son regard émeraude dans celui de la fille et Dudley la voit frémir. Un léger pincement au cœur le surprend. Il ignore de quoi il s'agit. Il sait juste que ça a surgit à l'instant où il se disait que son cousin était chanceux d'avoir droit à de tels regards. Ceux qui disent tout, ceux qui rendent fort. Puis, le regard du jeune homme vient se planter dans le sien et il peut y lire de la détermination. Il frissonne. Anxieux, immanquablement. Il fait un pas avant que la main de la jeune fille ne s'enroule autour de son bras, interrompant son geste. Harry se tourne vers elle, interrogateur. Elle baisse les yeux et mordille sa lèvre inférieure avant de faire fondre le chocolat de ses yeux dans l'océan vert des siens.

- Je vais le faire, tu en as déjà bien trop fait…

Il hésite, le cousin. Son regard passe de Dudley à la fille. De la fille à Dudley. Puis finalement, il hoche doucement la tête et finit par s'éloigner vers la porte.

- Au revoir, Dudley, fait-il avec un signe de la main dans son dos, sans le regarder.

- 'Voir, lui répond-il, la gorge nouée.

Lorsque la porte d'entrée claque derrière eux, la fille s'approche de Dudley, faisant battre son cœur un peu plus fort. Elle est là, ses yeux entièrement tournés vers lui, son attention lui appartenant. Le petit morceau de bois pointe dans sa direction, mais il ne détourne pas les yeux de son visage, si angélique, si doux et parfait.

- Harry est un bon garçon, Dudley, il ne mérite pas ton mépris. Il devrait avoir tout ton respect…

Sa voix est un peu sèche quand elle s'adresse à lui. Elle essaie d'être douce, mais elle ne peut empêcher le reproche de poindre dans sa voix.

- Tu es amoureuse de lui ?

Les mots franchissent ses lèvres avant même qu'il n'ait pu les retenir. Il se sent idiot tout d'un coup. Ce serait bien la première fois.
Elle a un sourire un peu triste et il se sent plus mal que jamais. Elle a de la peine pour lui, de la…pitié.

- Tu ne connais rien de l'amour, Dudley.

Sa voix est mélancolique. Elle lui parle comme si elle s'adressait à un petit enfant.

- Harry est toute ma vie…. Souffle-t-elle

Et le même pincement s'empare de son cœur avec violence.

- Mais je suis amoureuse du mauvais garçon.

Il plisse les paupières. Il ne comprend vraiment pas. Sa tête penche lentement sur le côté, comme pour saisir l'inexplicable.
Elle soupire doucement et il se délecte de cette mélodie, il aimerait l'entendre à nouveau, une dernière fois.

- Tu sais… Je devrais être avec Ron, parce qu'il le souhaite et parce que c'est ce qui semble écrit mais je…

Elle s'interrompt, comme pour retenir le flot de paroles qui se presse contre ses lèvres. Son air étonné la rend adorable, et lui, il voudrait l'entendre à nouveau se confesser à lui. D'un regard, il l'encourage à poursuivre, suspendu à ses lèvres.
Elle baisse les yeux un instant avant de revenir vers lui, un léger sourire au coin des lèvres.

- Peu importe… Murmure-t-elle.

Le petit morceau de bois se lève. Elle le pointe dans sa direction. Il tord entre elles ses mains potelées. Il a peur, c'est indéniable.

- N'aie crainte, Dudley, je te promets que tout ira bien…

Alors il la croit. Il sait qu'elle dit la vérité. Il le sent.

- Comment tu t'appelles ? Demande-t-il, les yeux brillants.

- Ça n'a aucune importance, tu ne t'en souviendras pas demain…

Il voudrait lui dire que si, qu'il se souviendra des courbes de son visage, de la douceur de sa voix et du brun intense de ses yeux toute sa vie, qu'il chérira son souvenir. Mais déjà, elle n'est plus avec lui, ses traits sont concentrés. Il ferme les yeux, et tout ce qu'il entend, c'est sa voix cristalline qui résonne en lui, puissante et vibrante.

- Oubliettes…

Dudley se lève comme tous les matins. Il s'étire et baille profondément avant de glisser ses pieds nus dans la douceur molletonnée de ses chaussons bleu électrique.
En bas, ses parents s'affairent dans la cuisine, l'odeur du café vient même lui chatouiller le nez.
Comme un automate, il s'apprête à descendre les marches qui mènent à l'objet de sa convoitise avant de grincer haut et fort :

- J'ai faim !

- C'est prêt, mon chéri, descends vite ! Lui répond la voix nasillarde de sa mère.

Il renifle avec dédain avant de passer devant son ancienne chambre qui fait depuis peu office de salle de jeux. Sans savoir pourquoi, il y pénètre avec une sorte de curiosité malsaine. Il cherche pendant quelques minutes sous les placards, entre les lattes du plancher… Il cherche sans se douter de ce qu'il va trouver, comme mu par une force invisible.
Soudain, il le voit, coincé sous le matelas, un petit morceau jauni et racorni. Il l'attrape entre deux doigts avant de tirer d'un coup sec pour le déloger.
Ses yeux s'éclairent brusquement. Trois silhouettes lui font face sur le papier usé de la photographie. L'un deux est un garçon roux qu'il ne reconnait pas. L'autre porte des lunettes rondes. Il y reconnaît son cousin, Harry. « C'est un bon garçon » Pense-t-il, ce qu'il trouve étrange par la suite, puisqu'il ne l'a pas vu depuis des années, depuis la mort de ses parents, depuis qu'il a été placé en famille d'accueil très loin de chez lui…
Et puis il y a cette troisième personne. Une fille. Une fille radieuse et qui ressemble à un ange. Ses cheveux attirent son œil, une magnifique crinière qui dégringole sur ses épaules. Un sentiment inattendu prend forme au creux de sa poitrine. Il ne le connaît pas mais le chérit, c'est chaud et apaisant.

- Dudley ! Tonne une voix à l'étage inférieur.

Il étouffe un juron entre ses dents.

- J'arrive.

Ses doigts effleurent la photo une dernière fois, l'enveloppant d'un regard tendre. Il la porte contre son cœur un instant et y jette un dernier regard avant de la glisser dans la poche de sa robe de chambre. Il sursaute. Il aurait juré voir la fille lui faire un clin d'œil sur la photo…
Comme… Par magie.