Coucou lecteurs de mon coeur,
Et bien voici le dernier OS de "Fugaces"
C'est un Fred/Padma, soufflé par Nyssia.
J'espère qu'il répondra aux attentes, même si je n'en suis pas pleinement satisfaite.

Petite annonce suite à cela. Je posterais surement un dernier OS Harry/Hermione prochainement, avant de tirer ma révérence sur FFNET.
Je manque de temps... Et je dois me consacrer à mes projets .. perso concernant l'écriture!

J'espère avoir répondu à tous vos commentaires!

Encore une fois un immense merci à tous


L'absence des uns...


Je suis là et devant moi s'étale le marbre froid. Mes yeux sont secs et mon corps est raide. Je ne suis plus capable de rien. De rien. Il y a des secrets que l'on enterre avec les morts et que recouvre la terre jusqu'à l'en étouffer…

Les morts me chuchotent des mots doux à l'oreille, parfois je les sens glisser contre mon épiderme, ils tournoient dans ma tête jusqu'à m'en filer la nausée.

Pourquoi je n'arrive plus à avancer ?

Les tombes sont fleuries et dégringolent des mots qui s'entrelacent entre eux. Ami, frère, père, amour…
Mais toi, il n'y a rien.

Et je hais ta mère de n'avoir rien fait, et je hais ton père de ne pas pouvoir t'offrir un dernier lieu tranquille…

Mes lèvres se serrent et les fleurs que je tiens à la main chutent au sol dans un frottement discret. Comme toujours, je suis figée. Incapable d'avancer.
Je fixe le marbre froid et je ne vois que des regrets.

Je tourne le dos et une voix me surprend.

- Pourquoi es-tu là ?

Un instant, juste l'espace d'une seconde, j'ai la sensation qu'il s'agit de toi. Mon cœur s'emballe et mes yeux flamboient.

- Fred ?

J'ai peur de ne plus savoir où est la frontière entre rêve et réalité.

- Tu imagines bien que non…

Mon espoir retombe comme une feuille morte que le vent balaie. Je me tourne et c'est là que je l'aperçois. Le trou béant qui remplace l'oreille… Le coup porté qui l'a blessé et qui si souvent faisait office de blagues entre vous.
Il est là, les mêmes traits fins, les mêmes cheveux de feu et les mêmes yeux profonds, si bleus qu'on croirait s'y noyer…

Je hais ton frère, ton jumeau, ton autre toi… Je le hais parce qu'il n'est pas toi.

- Pourquoi es-tu là ? Répète-t-il

Je hausse les épaules. Parce que les secrets doivent parfois rester au fin fond du placard, ne jamais être déterrés. Et lorsque les acteurs ont tiré leur révérence, il vaut mieux fermer les rideaux…

J'ai envie de fuir devant son regard inquisiteur. Au loin, des têtes rousses déambulent à travers les tombes. Tout le monde a quelqu'un logé ici. C'est le propre des survivants….

Et je les hais, je les hais tous de t'avoir vu grandir. Je les hais de n'avoir rien manqué de tes manies, tes folies, je les hais d'avoir profité de chacun de tes rires, de tes sourires et de tes pleurs aussi…

- J'ai froid

Je dis ça comme ça, ma voix m'est étrangère et les mots sont d'une banalité effrayante.

- Moi aussi…

George. J'ai la sensation de le voir pour la première fois… Après tout, des Weasley, je ne connaissais que toi. Je lui envoie un sourire un peu fade, un peu triste, et le sien me fait écho. Les éclats de rire se sont perdus dans le château.

C'est tout… Je n'ai rien à dire, et sûrement plus rien à découvrir. Je fais un pas en arrière, mais sa voix, dont je connais le timbre sans en apprécier le ton, me fige.

- Je savais…

- Tu savais quoi ?

Il a un sourire un coin. C'est tellement toi ce sourire, que mon cœur s'émiette avec force.

- Tout. Du moins le maximum. Je sais que c'est à toi qu'il parlait lorsqu'il allait mal, je sais tout de votre premier baiser après le match contre Serpentard. Il m'a beaucoup parlé de toi…

Ça fait mal autant que ça me fait du bien. Tu avais décidé de nous cacher, et moi je vis avec la sensation que tu m'as laissée tomber et que notre histoire a juste été effacée, comme on gomme un mot raté.

Alors je suis là, accrochée au regard de ton frère, et je ne sais plus quoi dire, le monde tangue et mes certitudes se font la malle.

J'ai mal.

Pire que tout, c'est toi que je hais de m'avoir laissé. De m'avoir caressée, embrassée, emportée dans un monde dont je ne suis jamais totalement revenue. Je te hais d'avoir fait de moi cette fille, figée dans le passé, incapable de bouger.

Je ne suis plus que l'ombre de moi-même…

Quand aurais-je de nouveau la faculté d'avancer ?

Les mots, les gestes, j'ai tout oublié quand tu as décidé de me quitter.

- Si tu veux… On pourrait se revoir… Pour parler de... lui.

Il y a dans son ton un peu de détresse et de supplication qui fait chavirer mon cœur trop longtemps emprisonné dans la glace.

Je n'avais plus rien ressenti depuis si longtemps.

- D'accord, je dis.

Et cette fois je m'éclipse. Parce que les larmes ont recommencé à couler.

Tu me manques tellement que parfois je voudrais crever…