Disclaimer: C'est bien à J.K Rowling que nous devons ces personnages envoûtants, cet univers fascinant... rien n'est à moi... Sauf l'intrigue de cette Fanfiction.

Spoiler: Attention, je prends TOUS les éléments du TOME 7 en compte ! (sauf l'épilogue et quelques éléments. par exemple, je n'intègre pas le fait qu'après la victoire de Harry, celui-ci ne revienne plus jamais à Poudlard) Alors si vous ne l'avez pas lu, dirigez-vous vers la librairie la plus proche !

Remarque : J'essaye d'intégrer un maximum d'informations sur ce que j'ai pu voir, entendre, lire sur cette saga... Et ce n'est pas de tout repos ! Je dois avouer qu'entre les détails des livres et des films, je n'ai pas pu choisir. J'ai donc fait un savant mélange des deux... qui (Oh espoir de ma vie) collera tout de même à la réalité des personnages... Votre avis ?

Rated : T (voir peut être M~ Tout dépendra de comment l'histoire va évoluer, même si j'ai déjà la trame...)

Reponses aux reviews:

Louckoum: Oui oui, ne t'inquiète pas, je ne vais pas lâcher cette fanfiction, je trouve le personnage de Tom beaucoup trop fascinant pour ça ;) Bah, s'il n'y a pas plus de commentaires, c'est qu'elle n'est pas super interessante, et je comprend les potentiels lecteurs qui ne veulent pas se lancer dans une fanfiction ou seuls quelques chapitres sont postés ^^' Raaah, oui! Bien vu ;P En espérant que la suite te plaira! Bisoux!

Damikina: Merci beaucoup! On ne se rend pas compte à quel point laisser une review peut motiver une pseudo-auteur comme moi :) Alors j'espère que tu aimera le troisième!

Andromeda Sulpicia: Ne soit pas désolée le moins du monde! Je suis bien contente d'avoir deux reviews pour le prix d'une! XD D'où vient Tom? Ah, ce n'est pas marrant si j'explique tout tout de suite hein ;) Le fait qu'elle lise sur un animagus est en quelque sorte un indice mais tu verra par la suite que c'est un peu plus compliqué que ça ...J'ai bien peur que notre bon Severus soit mort et enterré (puisque je reprends les éléments du Tome 7) mais pourquoi pas dans quelques flash back? ...hm, à voir! Merci pour ta reviews ;)

so-chocolate: J'ai un peu peur de te décevoir ^^' Hélas mes post seront souvent irréguliers (ma betâ-lectrice n'est vraiment pas motivée pour cette fanfic) et je pioche beaucoup sur mes chapitres, parceque pas mal d'éléments s'ajoute sur cette Fanfiction, donc je dois prévoir et modifier..de plus, j'ai d'autres Fanfic en cours...donc en fonction de tout ça, mes post seront donc...irréguliers (pour me répéter XD)...J'espère que cependant, ça ne te démotivera pas =/ A très bientôt! ;)

wannalove: Eh bien dans ce cas, on est deux! :D ...et merci d'avoir lu le commentaire de l'auteur en début de chapitre! Très rare sont ceux qui les lise T_T Alors merci! ;)Bisoux!

° Aeterno Carmine °

Chapitre 3: Inopinatus Eventu

Hermione dévala les escaliers avec entrain, un sourire illuminant son visage ovale. Elle réajusta le manteau moldu qu'elle avait choisi pour sa sortie à Pré-au-Lard et ferma la tirette vivement. Alors qu'elle descendait la dernière volée de marches une voix familière la héla :

– Enfin Hermione ! S'exclama Ron en levant les yeux au ciel. Bon sang, Harry et moi on a cru que tu ne sortirais jamais de ta chambre !

– Je ne suis pas si longue !, protesta la concernée alors qu'ils marchaient vers la sortie du château.

– Du calme Ron, c'est juste une fille; commenta le survivant le regard rieur et bienveillant. Elles sont toutes comme ça.

– Mon Dieu, soupira son ami d'un air faussement ennuyé, je préférais encore quand elle était un rat de bibliothèque.

– Ronald !

Une lueur furieuse passa dans le regard noisette de la brune qui lui administra une petite tape sur la tête d'un de ses gants. Harry ne se priva pas d'éclater de rire tout comme Weasley.

– Vous êtes vraiment deux idiots, soupira-t-elle, exaspérée.

Mais il ne fallut pas bien longtemps à la sorcière pour se dérider en compagnie de ses deux meilleurs confidents. C'est avec une humeur joyeuse certaine qu'ils entamèrent leur marche en direction de Pré-au-Lard. Comme presque toujours, même en fin janvier, une fine pellicule de neige prenait encore place sur le sol givré. La jeune femme remonta son col afin de se protéger du froid qui piquait ses joues rougies. Un petit sentiment d'excitation envahissait son estomac. Elle avait hâte de retrouver de loin l'une de ses librairies favorites, après Fleury & Bott bien sûr : « Obscurus Books ». Les trois jeunes gens s'extasièrent quand ils virent apparaitre dans leur champ de vision les premières maisonnées dont « Les Trois Balais ». Dans un même mouvement, ils se retournèrent lorsqu'un miaulement retentit dans le froid de Janvier, derrière eux. Sur le muret qui suivait leur sinueux chemin se trouvait un chat noir... mais pas des plus banals. Ses pattes fines disparaissaient à peine sous la fine pellicule de neige. Celui-ci semblait les suivre depuis leur départ du château.

– Tiens, ... Qu'est-ce que tu fais là toi ?

Le rouquin tendit son bras vers le félin qui immédiatement, s'arrêta et le poignarda d'un regard de glace. Alors que le premier, totalement inconscient, continuait de s'approcher, l'animal retroussa ses babines, dévoilant ses petites dents blanches aiguisées.

– Ron ! Laisse-le !

– Mais quoi ?, s'exclama-t-il, ne voyant pas du tout que le chat ne semblait pas apprécier cette approche.

– Tu lui fais peur !

La jeune femme se posta devant l'animal, les mains sur les hanches. Ce dernier en profita pour sauter élégamment de la petite muraille et fila tout droit en direction des maisons. Il disparut au coin d'une rue.

– Sûrement un chat sauvage, haussa des épaules Harry.

– Bien sûr que non, riposta la brune, c'était Sembilan.

– Sembi-qui ?

– Le chat qu'elle a hébergé Ron, tu te souviens ?

– Ce n'est pas celui qui a décidé de s'émanciper de la salle commune des Préfètes ?

Le noiraud hocha la tête.

– Hé bien désolé de te le dire Hermione, mais tu t'attires de drôles de compagnons !

– Ne fais pas de ton cas une généralité tu veux ? rétorqua-t-elle, un sourire soudain mutin aux lèvres.

Harry éclata de rire devant la répartie de son amie pendant que l'autre affichait un air proprement outré. Ils poursuivirent leur marche, tout en continuant de se charrier comme le trio savait si bien le faire.

Malgré la proximité du bar à sorcier convivial ils préférèrent traverser le village pour aller jusque Honeydukes. Qu'était-ce donc une sortie à Pré-au Lard sans bonbons et sucreries à déguster ?

Ils mangèrent innocemment leurs Dragées surprises, Fondant du chaudron et autres Patacitrouilles avec une lueur enfantine dans les yeux.

Une fois de plus, c'était comme si rien des horreurs de la guerre n'avait existé. Dans ces moments, Hermione faisait tout simplement comme si elle avait oublié. C'était plus facile pour tout le monde et elle voyait bien que c'était exactement ce que cherchait à faire ses deux amis.

Ils s'arrêtèrent ensuite chez « Scribenpenne » car Ron avait absolument besoin d'une nouvelle plume étant donné que sa toute dernière avait, une fois de plus, fini tordue entre ses doigts. Alors qu'Harry lui conseillait une plume d'aigle, Hermione les prévint qu'elle préférait faire un tour à la librairie puisqu'elle avait déjà tout ce qui lui fallait.

Ses baskets brunes s'enfonçaient de quelques centimètres à chacun de ses pas. La couche neigeuse glaçait ses chaussures et la plante de ses pieds. Le froid piquant s'insinuait à travers les coutures de ses souliers. Ses cheveux bruns ondulés suivant son adorable visage rougi par le froid, elle se dirigea vers sa librairie dans la rue perpendiculaire, dont les murs penchés rappelaient une pile de livres en équilibre instable. Elle passa en face du bar à sorciers « La Tête de Sanglier » qui lui donnait toujours un frisson de dégout de par son aspect plus que délabré et sale. La jeune femme avait toujours eu une désagréable impression de cette taverne bien qu'elle ait du s'y rendre à plusieurs reprises lors de la création de l'AD.

Hermione continua droit devant elle et entra. La clochette de la porte l'accueillit avec un tintement chaleureux. Durant deux bonnes heures, elle put effleurer les couvertures anciennes de ce vieux magasin qui recelait des trésors de papiers.

La brune en ressortit les bras chargés, le regard brillant de satisfaction et enfantin due à l'agitation de nouvelles découvertes. Elle constata avec surprise que le soir était déjà tombé, recouvrant le ciel. Hermione avait tendance à oublier qu'avec l'hiver, les jours étaient encore bien courts.

L'air glacé pénétra ses poumons alors qu'elle devait repasser dans cette chaussée plutôt mal famée pour Pré-au-Lard. Seules les lueurs des habitations et de quelques magasins perçaient dans la ruelle, allongeant son ombre telles des langues sombres s'étalant à ses pieds, fuyant toute lumière. Alors que la brune repassait devant le bar, la vieille porte s'ouvrit à la volée, claquante et branlante. La sorcière sursauta quand une cape noire furieuse et tourbillonnante en sortit, la frôla sans aucune considération, manquant de la faire tomber. Déséquilibrée, un de ses livres tout au sommet de la pile de ses bras en profita pour glisser traîtreusement jusqu'au sol, toutes pages ouvertes.

– Hé ! Apostropha-t-elle l'inconnu, contrariée.

Elle ne se souvint que trop tard que celui-ci (ou celle-ci) pouvait être une mauvaise fréquentation... A sa surprise, il se retourna vivement, le regard noir, littéralement.

Elle reconnut sans hésitation le jeune homme sans blason qu'elle avait croisé dans le couloir des serpentards, quelques jours plus tôt. Ses traits étaient pourtant radicalement transformés.

« Plus froid que la mort », pensa-t-elle.

Comparé au premier visage que la jeune femme avait vu de lui, indifférent et doux, celui-ci était foncièrement différent. Le contraste était à peine croyable.

– Vous avez fait tomber mon livre, dit-elle bêtement pour se défendre devant ses pupilles de jais légèrement austères.

Celles-ci devinrent froides de toute émotions, ni inquisitrice ni gentille, comme la première fois qu'elle les avait croisées. Juste polies. Il ne semblait pourtant pas la reconnaître. Ou du moins, c'est ce qu'elle crut.

Il tendit un long bras élégant, habillé d'une manche noire vers le sol et le récupéra. D'un autre geste, il épousseta quelques grains de neige de la couverture du livre ancien. Son regard chocolat fut attiré par ses doigts pâles et fuselés qui contrastaient avec toute cette obscurité.

Le jeune homme jugea un instant l'ouvrage et finit par le lui tendre. D'un mouvement maladroit, Hermione tenta tant bien que mal de le replacer au sommet de la pile encombrant ses bras. La sorcière se sentait honteusement stupide face à cet étudiant aux mouvements si aériens. Hermione sourit tout aussi « stupidement », se rendant compte qu'il était ridicule de se sentir confuse devant quelqu'un qu'elle ne connaissait même pas. Reprenant une contenance naturelle de Miss-je-sais-tout, elle lui sortit un bref « Merci », reprit sa route, se rendant soudainement compte que Ron et Harry devaient l'attendre. Elle ne voulait surtout pas manquer une occasion de se réunir avec eux devant une bonne Bière-au-Beurre.

Le froid s'insinua soudain à travers ses cheveux car elle eut l'impression qu'un vent glacial coulait sur sa tête. Chose étrange : aucune brise ne venait déranger l'atmosphère en cet instant.

Cette impression ne lui était pas étrangère mais sa cervelle ne parvenait pas à se remémorer où elle avait déjà éprouvé cette sensation désagréable.

Jean... Jean Granger ? L'interpella la voix douce et masculine.

Ce n'était pas vraiment une question. Plutôt une sorte d'affirmation incertaine.

La sorcière se retourna.

Regard interrogatif.

Hochement de tête quelque peu étonné dans le sombre du chemin.

Rectification par réflexe :

– Hermione. Hermione Granger.

Elle s'en voulut instantanément de donner son vrai prénom à un inconnu.

« Mais il est certainement à Poudlard puisque je l'y ai vu », se rassura-t-elle.

La brune attendit patiemment qu'il se présente en retour mais il n'en fit rien. Une pointe de mécontentement envahit son humeur. Pourquoi ne se présentait-il pas ? C'était la moindre des choses en terme de politesse. Sans compter pour avoir manqué de la renverser... non ? Bien décidée à montrer que cet individu manquait de manière, elle insista :

– Et vous ?

Il sembla un instant en réflexion, muet. C'était sans compter sa prestance intelligente et innée qui reprit bien vite le dessus.

– Tom. Tom Gaunt.

Fixant cet homme au drôle de nom, Hermione savait, ressentait au plus profond d'elle-même qu'un déclic aurait dû se faire dans son esprit. Hélas, la jeune femme n'avait jamais été douée pour les choses plus futiles. Les tomes de « L'Histoire de Poudlard » rentraient sans difficulté dans son cerveau mais ce n'était pas le cas de choses qu'elle avait « survolées ». Sans doute avait-elle déjà lu ou entendu ce nom quelque part, sans plus.

Pendant qu'elle faisait défiler mentalement les livres qui auraient pu se rapporter à ce nom, ses pupilles dilatées par la pénombre examinèrent l'allure de Tom Gaunt :

Silencieux. Une ample cape noire banale le couvrait du froid. Cependant ouverte à l'avant, l'uniforme sans maison apparaissait en dessous. Mais quelque chose clochait. Le personnage ne correspondait pas au lieu. Rien ne convenait à sa stature noble, son visage blême et distingué, presque opalescent dans la nuit.

Hermione revint brusquement à la réalité : Elle devait retrouver Ron et Harry.

– La fin de la sortie approche, dit-elle d'une voix ferme pour dissimuler son malaise naissant. Sois à l'heure pour le retour à Poudlard.

|°~~~~°~~~~ °|Inopinatus Eventu|°~~~~°~~~~ °|

Il fixait la personne en face de lui : Moins d'1 m 70, brune, cheveux longs, vêtements moldus, aux alentours de 19 ans tout au plus. Et par dessus tout, même si elle n'en portait pas l'insigne aujourd'hui : Préfête-en-chef. Aussi s'il ne distinguait pas bien son visage dans la pénombre, il savait qu'elle se sentait mal à l'aise. Il avait toujours été doué pour déchiffrer les gens.

– La fin de la sortie approche, dit-elle. Sois à l'heure pour le retour à Poudlard.

La jeune sorcière l'avait donc identifié en tant qu'étudiant de cette école.

« Parfait », pensa-t-il. Étant donné qu'il utilisait toujours la légitmencie, il avait fini par reconnaître cette personne au premier abord sans grand pouvoir et insignifiante.

D'ailleurs, comment avait-il pu passer à côté ? Sa négligence l'avait bien trop guidé lors de son précédent règne. Il devrait rectifier ça. Être plus attentif, plus sensible.

Il hocha brièvement la tête, comme l'ancien élève parfait qu'il avait un jour été. Il se détourna, n'attendant pas d'autre commentaire. Il avait besoin de réfléchir.

Maintenant qu'il lui avait donné ce nom : « Gaunt », ce n'était qu'une question de temps avant que cette Sang-de-Bourbe devine la vérité. D'ici là, il devrait trouver un moyen de la faire plier.

L'époque où il se soumettait pour obtenir ce qu'il voulait était révolue. Oh, ce jeune homme plein d'avenir incertain qui se baladait, là, dans un recoin sombre de Prés-au-Lard était toujours aussi manipulateur, ... mais il ne devait pas sous-estimer l'intelligence de celle qui composait une pièce maîtresse du Trio d'Or. Après tout, il savait que Potter serait mort plus d'une fois si sa brave amie de sang moldu ne l'avait pas protégé et conseillé.

Non, il devrait agir autrement. Comme l'ancien lui. Comme Voldemort. Mais pas tout à fait. Il devrait devenir plus sensitif, plus cruel.

Sur le chemin du retour au château, son plan était déjà élaboré.

[Ennemis de l'héritier, prenez-garde]

|°~~~~°~~~~ °|Inopinatus Eventu|°~~~~°~~~~ °|

22 Janvier 1999

Le lendemain, comme souvent l'après-midi*, quand aucun devoir de préfète ne l'empêchait, Hermione était attablée à la Grande Salle avec Ron et Harry. Bien que ce dernier se soit un peu éloigné pour discuter tranquillement avec Londubat, au bout d'environ 7 à 8 ans de scolarité, c'était devenu un de leurs rituels entre amis. La brune consultât l'heure à l'horloge de la vaste pièce. Le courrier n'allait pas tarder. Elle replongea dans ses devoirs.

– Hermione...

Son regard se leva de son parchemin couvert de notes sur une quelconque dissertation d'Histoire de la magie, et rencontra les pupilles bleues océan de son ami de toujours.

– Ronald ?

Elle s'étonna de son attitude incertaine. Lui qui était toujours si posé. Après l'avoir observé quelques millésimes (depuis toujours en fait), elle pouvait deviner instantanément s'il avait quelque chose d'important à dire ou avouer. Chose dont il semblait vouloir se délivrer en triturant ses mains moites en contorsions nerveuses.

– Je me demandais si... (raclement de gorge). Tu, tu sais que l'on a toujours été bon amis mais... (il vérifia si personne aux alentours ne les écoutaient)... Ça te dirait de sortir... hum, eh bien, disons avec... moi ?

La brune crut défaillir.

La bouche entre-ouverte, les yeux ronds, elle contemplait son partenaire de table devenir aussi rouge que son pull au couleur de sa maison. Afin que le rouquin rattrape le vertige grandissant qu'il sentait monter dans son estomac, il se mit a déblatérer milles excuses et explications, telle une mitraillette devenue folle :

– Je, euh. Je sais bien que nous sommes amis, répéta-t-il. Mais avec tout ce qu'il s'est passé, je me suis rendu compte de plusieurs choses, même si j'aurais dû m'en rendre compte plus tôt. Je sais que j'ai parfois été un parfait idiot, ... enfin pas complètement mais ça n'empêche pas que... que nous ayons évolué. La situation n'est plus vraiment la même, j'ai ouvert les yeux et... (il reprit son souffle). Enfin, je pense que tu comprends. (...? moue incertaine)

Figée, Hermione ne répondit rien. A vrai dire, comment était-il possible de former une phrase alors que les engrenages de son cerveau s'étaient arrêtés de tourner ? Les topazes de Ron la fixaient, anxieuses et suppliantes d'attente.

– Dis quelque chose, implora-t-il, avant que je ne me sente complètement ridicule.

Ses cordes vocales refusaient de vibrer d'un quelconque son (ou du moins, refusaient d'émettre une phrase entière et compréhensible).

– Je, h... je...

– Tu ?

– Je dois y aller.

Avec une vitesse qui dépassait celle d'un vif d'or en plein match, elle balança ses affaires dans son sac, livres sous les bras, tous parchemins volants et s'enfuit tel un scrout-a-pétard enragé. (Il va sans dire que la brune avait complètement oublié le courrier qui allait arriver sous peu) Une fois passées les portes de la Grande salle, sous le regard étonnée d'Harry et Neuville (sans compter celui médusé de Ronald), elle se traita mentalement de tous les noms. Elle accéléra le pas, poursuivie par la honte de son manque de courage. Par Merlin, cette qualité légendaire des Gryffondor lui avait bel et bien faussé compagnie cette fois !

Hermione ne vit même pas deux Pouffsouffles se bagarrer gentiment dans les couloirs, à coup de « crache limace » et remonta les étages qui la conduisaient à ses appartement.

« Quelle idiote, mais quelle idiote ! », se sermonna-t-elle.

Alors qu'enfin, surmontant sa timidité et son aveuglement (il fallait dire que Ronald Weasley n'était pas une lumière pour certaines choses), qu'il avait enfin fait le premier pas, fait la démarche la plus difficile, elle avait balbutié minablement, prenant ses jambes à son cou. Mais qu'est-ce qui clochait chez elle ?

Une fois rentrée, la sorcière lâcha toutes ses affaires sur le sol et s'affala dans le canapé. Elle fut tentée entre pleurer et rire de son incompétence à gérer une malheureuse pseudo-déclaration.

Hermione Granger avait décidément bien du mal d'assurer en dehors du cadre de ses livres et ses études, n'est-ce pas ? Un ricanement nerveux s'empara de sa gorge et finit par se transformer en un fou-rire: Sa prestation avait été digne de celle d'un Troll des montagnes.

– Je peux savoir ce qui te fait rire ainsi ?

Hermione se releva brusquement, découvrant Mandy, sa colocataire, souriante et légèrement interrogative.

– Qu'est-ce que tu fais là ? répondit-elle, rassurée que ce ne soit personne d'autre. Tu ne m'avais pas dit que tu trainais avec tes amis ? C'est ton après-midi de congé...

– Je m'apprêtais à descendre quand je t'ai entendue.

L'autre Préfète s'approcha, s'assit sur le fauteuil d'à côté. La brune finit par céder et raconta brièvement sa mésaventure qui donna lieu à une nouvelle crise de rire... générale cette fois.

|°~~~~°~~~~ °|Inopinatus Eventu|°~~~~°~~~~ °|

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'après ce petit incident, une tension inhabituelle se faisait sentir dans le petit groupe. Le sujet de « La Proposition de Ron Demandant De Sortir Avec Sa Meilleure Amie » n'était jamais revenu sur le tapis. Le rouquin osait rarement regarder la brune en face et si jamais, par le plus pur des hasards, une telle chose arrivait, c'était immédiatement pour fuir les yeux de l'autre, tout en rougissant de manière réglementaire pour une telle situation. Le seul au milieu de ces débuts des « Feux de l'Amour » –Version Sorcier– était Harry qui tentait tant bien que mal de ne pas montrer l'exaspération qu'il éprouvait. Bien heureusement pour notre héros de guerre, il avait Ginny. Cela lui permettait de s'éclipser de temps à autre, au plus grand damne des deux autres qui refusaient de rester seul à seul.

De son côté Hermione ne savait plus trop où elle en était. La sorcière n'avait pas l'habitude de ce genre de situations. Et bien qu'elle se rende compte que sa manière d'agir était puérile, elle ne pouvait s'y soustraire. Il n'y avait hélas aucun manuel intitulé « Comprendre une relation amoureuse et savoir gérer leurs imprévus en 10 leçons » à la bibliothèque de Poudlard... De toute façon, personne n'aurait affublé un bouquin d'un titre aussi long.

En conséquence, l'étudiante agissait comme elle pouvait le mieux dans ces cas-là : Plonger la tête la première dans un quelconque livre, pourvu qu'il soit un tantinet passionnant. Penser à tout sauf à ça. C'était la réaction que la jeune femme avait également eue avec Victor Krum... au début. Alors, qui sait ce que lui réserverait la suite des évènements ?

Hermione aurait tout le temps d'y réfléchir puisque le week-end s'annonçait enfin. Son malaise s'agrandit quand elle se rendit compte que ses devoirs pour le vendredi suivant étaient déjà prêts, sur son bureau. Elle ne pourrait donc pas vraiment prétendre qu'elle avait du « travail ». L'idée de réviser n'importe quelle matière pour ses ASPIC la titillait mais en fin de compte, elle ne put que s'affaler sur son lit rouge. Telle une petite fille embarrassée, elle se saisit de l'oreiller de sa couche et y plongea la tête (à défaut de la plonger dans des livres).

Qu'allait-elle donc faire ? Il fallait que ce malaise entre Ron et elle cesse. Pourtant Hermione refusa de penser à une solution quand ses joues s'embrasèrent au souvenir de la demande du rouquin.

« Ça te dirait de sortir... hum, eh bien, disons avec... moi ? »

... Quel idiot...

– Hermione ? L'appela la voix familière de Mandy du bas des escaliers qui menaient aux chambres.

La brune se redressa. Elle ne comprit pas pourquoi sa coéquipière la dérangeait : Toutes deux s'étaient mises d'accord pour effectuer leur ronde habituelle un peu plus tard. Le vendredi était le jour où le plus d'élèves s'aventuraient hors de leur lit afin de rejoindre un rendez-vous.

– Tu devrais venir voir, continua-t-elle. Tu ne devineras jamais qui est venu nous rendre visite !

La préfète se redressa, mit les pieds à terre et lissa ses vêtements nerveusement. Tout ce qu'elle espérait, c'était que ce n'était pas Ronald Weasley.

Ses chaussures dévalèrent d'un pas un peu pressé les marches qui la menèrent au salon.

Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres quand elle vit Sembilan dans les bras de Mandy, d'un calme olympien. Il fixait la nouvelle venue de ces deux yeux bleu-noir comme si celle-ci était le centre du monde. L'autre Préfète-en-chef, elle, arborait un large sourire, enfin satisfaite que ce félin prétentieux daigne bien vouloir rester dans ses bras.

– Tiens donc, il est de retour... , se réjouit la sorcière.

S'approchant, elle caressa avec affection le poil soyeux de l'animal. Ne pas sentir sa présence lui avait manqué. Ses doigts glissèrent de sa tête à son cou et finirent par rencontrer une liane de vieux cuir qui s'avérait être un semblant de collier.

–Tu lui as mis un collier ? S'étonna Hermione.

– Quoi ? Bien sûr que non, il me laissait à peine l'approcher !

La brune fronça les sourcils, sentant un papier rugueux sous sa main. Un feuillet plié était accroché au lacet de cuir, au cou du chat. Quel était l'idiot qui avait bien pu faire ça ? Encore plus intriguée, celle-ci défit le collier et déplia le billet poussée par la pure curiosité. L'instant d'après, elle le froissa.

– Qu'est-ce que c'est ? S'enquit sa colocataire.

Hermione jeta un bref coup d'œil au félin, toujours dans les bras de son amie, mais son esprit était déjà ailleurs.

– Rien d'important. Un imbécile s'est sans doute amusé à lui mettre ce collier autour du cou. Laissons-le comme ça, il n'en a pas besoin de toute façon.

Elle remonta précipitamment dans sa chambre, sans un mot de plus et s'y enferma, comme à chaque fois que la jeune femme tentait de résoudre un problème difficile. Un peu fébrilement, elle s'assit à son bureau, alluma la lampe d'un coup de baguette et re-déplia le papier froissé. Ses yeux chocolat parcoururent les quelques lignes griffonnées presque soigneusement à l'encre noire.

« Enneagramme

-Aidez-moi-

T.G. »

... Quelqu'un venait de lui donner une excellente raison pour ne pas voir Ronald Weasley ce week-end.

[* Les élèves de Poudlard n'ont généralement cours que le matin]