Disclaimer : JK Rowling a fait un travail incroyable. C'est donc à elle que tout le mérite revient.

Spoiler : Tome 7 sauf épilogue.

Remarque : Je me suis rendue compte, après coup, que cette fanfiction pourrait être en réalité une sorte de « fin alternative » à l'épilogue du 7ème livre d'Harry Potter... Je n'ai pas la prétention de faire une meilleure fin, mais si cela peut vous aider dans votre lecture (et à ne pas renoncer) voyez-la comme telle...

J'espère que vous n'êtes pas trop perturbés par le mini « RON HERMIONE » ! Mais je me suis dit que ça serait plus réaliste étant donné que notre petite sorcière a toujours eu un petit penchant pour lui... MAIS, pas d'inquiétude, c'est toujours un TOM HERMIONE ! (je ne pourrais pas supporter d'écrire cette fanfiction sinon -_-') Si vous voulez flageller quelqu'un, voyez avec ma beta-lectrice (amatrice du pairing belette/'mione). (NDC : C'est un furet mon enfant, un furet ! U_U) (NDA: Un furet? Vraiment? Tu ne confonds pas avec notre ami Draco? ;)

Vos avis ? Action/Pas assez d'action ? Niveau de l'intrigue ?

J'ai vraiment l'impression que ce que j'écris est ennuyeux à mourir, bien que j'ai eu du plaisir à le faire... Je vous promets de l'action au prochain chapitre !

En attendant, je ne peux que dire merci pour vos reviews qui m'ont bien plus que motivées... ça, ce sont des avis ! Merci ! =)

Rated : M

° Aeterno Carmine °

Chapitre 4: Reconciliare

Il n'avait pas fallu longtemps avant qu'Hermione fasse le lien. Ce n'était pas par hasard si la jeune sorcière avait une telle réputation au sein de Poudlard. Si certaines mauvaises langues aimaient à la comparer à une « Miss-je-sais-tout », chacun savait qu'en réalité, Hermione Jane Granger était l'une des personnes les plus douée de sa génération. C'était pourquoi elle avait compris, quelques longues minutes après avoir récupéré le mystérieux papier au cou de Sembilan, que les initiales T.G. signées en bas de la missive ne pouvaient être que de lui.

Les traits d'un visage laiteux apparurent dans le noir de son esprit. Des yeux charbons perçants et polis. Une bouche légèrement charnue mais pâle.

Tom Gaunt.

Mais bien vite, l'expéditeur n'avait plus eu aucune importance. Tout son cerveau s'employait à déchiffrer un nouveau mot qu'elle n'avait encore jamais croisé dans son existence de sorcière.

« Enneagramme ».

Son estomac s'était serré à la lecture de ce terme inédit. Un mot qu'elle ne connaissait pas malgré toute son étude sur la science de la magie. Le sentiment qui avait eu naissance dans sa poitrine était le même que lorsque que la brune n'avait pas répondu à la proposition de Ron : Le malaise. Une horrible impression de manque de contrôle.

Sa première réaction avait été d'effectuer des recherches initiales dans des livres à portée de main. Comme de bien entendu, cela n'avait pas été suffisant. C'était pourquoi Hermione était présentement à la Bibliothèque, la tête absorbée dans des dizaines de bouquins ouverts, accessoirement étalés sur la table qui aurait pu céder sous une telle charge de connaissance. Nous étions dimanche soir et plus notre chère amie se plongeait à corps perdu dans ses recherches, plus l'évidence lui apparaissait : il lui faudrait tôt ou tard pousser les portes et ensuite feuilleter les pages interdites de la Réserve. Heureusement, être élève en dernière année à Poudlard (qui plus est, Préfète-en-chef) comportait quelques avantages notables. La 7ème année d'ancienneté permettait aux élèves d'entamer des investigations plus sérieuses et approfondies dans cet endroit normalement défendu... et c'était bien ce qu'Hermione avait l'intention de faire. Cependant, la permission de sa directrice de maison ainsi que l'aval du directeur lui-même étaient nécessaires (en l'occurrence, ici, la même personne). L'élève modèle avait un peu honte de déranger son professeur préféré un jour de repos, de plus, sans prétexte valable (seule la mention « motif personnel » lui venait en tête) mais le fait était que la jeune femme n'avait pas vraiment le choix si elle désirait aller plus avant.

Ce mot inconnu avait une sérieuse tendance, depuis deux jours, à lui retourner le cerveau. N'importe qui aurait sans doute laissé tomber les prospections sur cet « Enneagramme » dont aucun ouvrage ne voulait révéler quoi que ce soit, mais définitivement pas Miss Granger. Sa volonté et son sens de la curiosité la poussaient à en savoir plus, à découvrir plus. Rien ne pouvait davantage la motiver que la perspective d'une nouvelle trouvaille.

La sorcière caressa sa feuille de parchemin où quelques annotations à la plume d'oie avaient creusés le papier, en des chemins réguliers, colorant d'encre noire les petites rigoles. Le fait de ne trouver aucun élément ne l'avait pas empêchée de réfléchir...

Attentivement, sur sa rame, elle avait séparé le mot impénétrable en deux partie. Ses connaissances en latin lui avaient immédiatement donné la signification du premier terme « Ennea » : le chiffre 9 et « gramme » qui provenait également du latin « gramma », autrement dit : « figure ».

De toute évidence, ce mot entretenait un rapport avec un quelconque signe. De plus, il devait appartenir à une magie très ancienne, puisqu'aucun livre plus ou moins récent n'en faisait mention. Sans doute que ces différentes hypothèses étaient un peu tirées par les cheveux (-comment un si jeune homme aurait connaissance d'une telle magie qu'elle-même n'avait jamais vue, ni entendue ?-) mais c'était bel et bien la seule piste plausible sur laquelle la sorcière s'était aventurée. Elle devrait donc, une fois à la réserve, explorer les ouvrages qui répertoriaient les sigles et figures utilisés en sorcellerie.

La brune leva un instant sa plume, la porta à sa bouche, mordillant l'extrémité l'air songeuse et quelque peu inquiète :

En effet, Hermione savait pertinemment que les livres répertoriés et classés « interdits » dans cette pièce sombre de Poudlard avaient de bonnes chances d'appartenir à la « magie noire ».

Un petit frisson la parcourut, un curieux mélange d'appréhension et de... fascination.

La magie noire était un domaine que malgré elle, elle avait toujours voulu explorer. Comment ne pas être, ne fusse qu'un peu, attirée par une telle montagne de connaissance, même « illégale » ? Pourtant, la sorcière connaissait les limites : c'était une magie obscure, qui puisait sa puissance de la souffrance des autres, voir de l'utilisateur lui-même. Jamais, au grand jamais, elle ne voulait s'hasarder sur cette pente glissante du savoir. Elle en avait bien trop peur.

Son esprit s'efforça de repousser loin dans ses pensées cette réflexion dérangeante pour se concentrer sur le problème actuel : quelqu'un avait sollicité son aide.

Immanquablement, sa méditation dériva vers ce grand jeune homme brun, au visage noble qu'elle avait entre-aperçu à deux reprises. Cet étrange personnage, qui ne semblait correspondre au lieu (il n'arborait aucun blason alors qu'il prétendait être de Poudlard) avait paru, sur le moment, n'avoir besoin d'aucune aide.

Ce n'était pas la seule question que se posait la jeune femme, au contraire : c'était la première d'une longue, longue liste.

Elle se faisait l'effet d'une gamine devant un bonbon, l'inspectant sous tous les angles. « Tom Gaunt » était le seul évènement qui avait brisé la monotonie de ses études, alors oui, quelque chose de nouveau, complètement extérieur à sa vie normale lui donnait envie d'en savoir plus, sur lui, ainsi que sur cet « Enneagramme ».

La brune se demandait, pourquoi diable cet individu n'avait pu lui solliciter de l'aide en face à face, comme tout un chacun... Peut-être avait-il eu des problèmes récemment ? Peut-être était-il en mauvaise posture ?

...

Et peut-être aussi qu'il était un personnage trop arrogant et trop fier que pour demander une quelconque aide directement...

Hermione posa sa plume afin de pouvoir plonger sa main libre dans sa tignasse un peu ébouriffée (elle avait un peu négligé sa toilette, trop absorbée par ses recherches -soit dit en passant- infructueuses).

« Totalement ridicule », se morigéna-t-elle.

Et bien qu'Hermione trouvât son raisonnement « totalement ridicule », elle ne pouvait s'empêcher de le continuer.

Car plus impensable encore, si les initiales en bas de la missive venait bien de ce « Tom Gaunt », comment, par Merlin, avait-il pu s'approcher de Sembilan, le chat si sauvage et teigneux qu'elle avait recueilli pendant quelques temps ? Pire encore, même si l'individu avait un don apparent pour les animaux, il n'était pourtant pas aisé d'envoyer un animal dans un endroit précis (hormis les chouettes).

Soit cet homme possédait des capacités très spéciales (Hermione avait toujours pensé qu'il existait d'autres langues créatures que le « Fourchelang »), soit le sorcier était à proprement parler hors-pair, qui était capable d'un enchantement ou d'un sortilège de manipuler le mental d'un animal.

Dans les deux cas auxquels elle avait pensé : Ce Monsieur Gaunt était puissant... et potentiellement dangereux. Il était d'autant plus louche qu'avec une telle puissance magique, il vienne lui demander du secours.

Il faudrait donc que la préfète-en-chef soit prudente et méfiante vis-à-vis de ce personnage, même s'il lui paraissait bien jeune pour posséder de tels pouvoirs...

Son coeur se serra d'appréhension quand elle pensa la chose suivante :

« Dans les deux cas... Il sait beaucoup de choses sur moi... Il sait où j'habite car Sembilan est venu jusque notre appartement -à moins que l'homme l'ait seulement vue avec le chat et dans ce cas, il aurait espéré que le félin la croise et qu'il la laisse l'approcher- et si la première déduction était vraie, il sait aussi mon statut de préfête... »

Hermione replia nerveusement ses jambes sous sa chaise. Qu'un inconnu sache autant de choses sur elle alors que la brune en savait si peu...

Etait-ce vraiment un hasard s'il l'avait choisie pour demander de l'assistance ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Que savait-il d'autre sur elle ? Qui était-il ?

Hermione se mit une claque mentalement. Elle avait la désagréable impression d'aller bien trop loin dans son raisonnement... quel besoin son cerveau avait-il de s'emballer ainsi ?

« Tu ne peux pas réfléchir comme tout le monde ? Tu vas virer complètement folle si ça continue ! Ca suffit maintenant. »

Elle soupira.

« Ce ne sont que des hypothèses », se martela-t-elle.

La jeune femme se refusait à penser que quelqu'un puisse d'emblée être aussi manipulateur.

Péniblement -car ses membres étaient engourdis par ses longues heures de travail- elle se leva de sa chaise. Quelques têtes se relevèrent au crissement du bois sur le sol puis reprirent immédiatement leurs devoirs, pressés par une deadline de toute évidence proche.

Un léger sourire anima ses lèvres. Depuis quand n'avait-elle pas ressenti un stress comme le leur ? Malgré sa tendance à tout contrôler, les devoirs, préparations et autres interrogations lui semblaient plutôt avoir un côté ludique.

Elle chercha des yeux la grande horloge de la bibliothèque, qui, en des tic-tacs réguliers, scandaient les secondes qui ne reviendraient jamais. Elle fut découragée par la masse de livres à remettre en place, elle éprouva même une certaine mauvaise humeur quand à chaque fois un ouvrage reprenait place magiquement sur une étagère, et qu'il ne lui avait été strictement d'aucune utilité.

(...)

Par pur réflexe, la jeune femme se dirigea vers le bureau de son professeur de métamorphose. Ses pas descendirent jusqu'au 1er étage, où elle prit soin de longer les murs, se faisant discrète. Ce n'était pas si compliqué vu l'animation des couloirs : en effet, en ce dimanche de fin janvier, beaucoup d'élèves se regroupaient dans les corridors en voulant échapper au froid de l'extérieur. Il fallait croire que les étudiants de Poudlard se lassaient de la routine. Elle ne comprenait pas pourquoi la majorité d'entre eux ne se rassemblaient pas tout simplement dans leurs salles communes. Après tout, c'est ce qu'elle aurait fait si elle ne devait pas autant à ses obligations de Préfète-en-chef. Et non, cela n'avait rien à voir avec un certain personnage masculin, de cheveux roux et avant-cadet d'une famille nombreuse...

Son esprit refit surface de son océan de préoccupations quand une porte sculptée en bois à double battant fut devant elle. De son petit poing, Hermione tapa doucement. Aucune réponse.

A quoi pensait-elle ? Que toute personne serait à sa disposition là où elle s'y attendait, quand elle en avait besoin ? Un soupir s'échappa, poussé par l'ennui.

Elle n'eut d'autre choix que de se diriger vers le 2ème étage, vers le bureau de la direction. Bien malheureusement pour notre sorcière, ses allées et venues ne la laissèrent pas à si bon compte. Une voix presque sympathique l'interpella :

-Salut Granger !

La concernée retint un bougonnement à l'entente de cet appel. Elle dut bien malgré elle s'arrêter devant le petit groupe de garçons des Gryffondor (a vrai dire, elle aurait pu tomber sur bien pire...). Ses poumons prirent une grande goulée d'air et en un instant, la jeune fille cacha son air embarrassé pour reprendre son masque de Préfète-en-chef :

- Bonjour Seamus !

« Allons, allons Hermione, se serina-t-elle, tu n'as pas à t'en faire ! Tiens-toi plus droite que ça ! »

Mais d'où lui venait toute cette nervosité ? Elle redressa quelque peu les épaules et encaissa la première remarque :

- Alors ? Il paraît que c'est le folle amour avec Weasley ?

- Je ne dirais pas ça... (Elle réprima quelques rougeurs qui tentaient de lui monter aux joues)

- Oh, allez Hermione, tout le monde est au courant maintenant !, rétorqua Dean Thomas de son regard chocolat malicieux. Ron s'est déclaré, non ?

- Ron ? Intervint Neuville le visage et les yeux ronds, Ronald Weasley ?

- Tu n'étais pas au courant, mon pote ?, rigola Finnigan avec une tape amicale dans le dos de son compère. Tout Poudlard en parle ! Weasley et Granger, quoi !

« Pire que des filles », soupira pour elle-même la concernée de tout ce cirque.

Notre Miss-je-sais-tout n'avait hélas même pas le temps d'en placer une. Quant à Neuville il semblait quelque peu vexé par le fait d'avoir été mis de côté :

- Vous auriez pu me prévenir tout de même... Ah, au fait Hermione, Félicitation pour ton couple.

- Quoi ?

Ce qui venait de s'échapper de la bouche de la sorcière ressemblait plus à une sorte de glapissement angoissé qu'à une simple question. Les trois garçons la regardèrent un peu surpris :

-Tout va bien ?

Seamus tapota gentiment le bras de la jeune fille, pensant sûrement qu'elle avait avalé de travers.

- Tu es bien avec Ronald, non ? Insista Thomas.

Hermione avait conscience qu'elle devait donner une image de Préfète-en-chef responsable et hermétique mais elle ne put s'empêcher de répondre vivement :

- Non ! Bien sûr que non !

Le petit groupe la considéra d'un air interdit, abasourdi. Encore plus embarrassée, la jeune femme se dépêcha de prendre congé :

- Je, euh..., désolée, je dois y aller.

Décidément, ce genre de phrases avait tendance à se répéter dernièrement. Ses pas se pressèrent vers le seul endroit où pouvait se trouver Mc Gonnagal : le bureau du directeur. Elle arriva devant la statue qui faisait office de base à l'escalier magique. La Préfète planta ses prunelles dans ceux de l'aigle de pierre aux ailes déployées et murmura :

- Fizzibiz.

Sans doute était-ce une idée de sa titulaire de maison que de continuer à respecter le caractère « bonbonnier » des mots de passe que le feu Dumbeldore aimait tant. L'escalier s'anima et la brune n'eut qu'à se placer sur la première des marches qui s'éleva en colimaçon. Un petit hall et une superbe porte de chêne soigneusement polie se découvrirent à elle. Son poing hésita à frapper 3 petits coups, mais finalement, saisit le marteau d'airain en forme de griffon et le cogna sur son socle.

La porte s'ouvrit seule d'un enchantement sur une large pièce circulaire comportant plusieurs fenêtres, dont l'une faisait face à l'est avec vue sur une partie des montagnes entourant le château. Le soleil éclairait doucement plusieurs tables à pieds fins supportant divers curieux instruments d'argent qui semblaient pouvoir bourdonner et émettre de petites volutes de fumée jour et nuit.

Les murs du bureau, recouverts des portraits des directeurs et directrices précédents se retournèrent sur le passage d'Hermione. Derrière le bureau du directeur se trouvait une étagère sur laquelle trônait le Choixpeau magique. L'épée de Gryffondor était conservée soigneusement dans une vitrine à côté.*

Tout était resté en place, tel que Dumbeldore l'avait laissé. Etait-ce une quelconque volonté d'ainsi perpétrer encore un peu son esprit dans ce lieu qui le caractérisait : par ce mélange de choses étranges et chaleureuses ? Probable.

- Professeur Mc Gonagal ?, appela doucement l'élève, de peur de troubler toute cette sérénité.

Un chapeau vert de velours émergea de derrière une montagne de paperasse éparpillée sur le bureau. La brune eut un élan de compassion pour cette femme qui devait tenir la responsabilité d'environ 800 élèves. Cela semblait encore plus difficile quand la magie s'en mêlait. De sa voix si particulière, presque chevrotante à certains moments, elle demanda de son flegme habituel :

- Ah, Miss Granger. Avions-nous rendez-vous ?

- Non, je suis désolée Professeur.

- Bien, la directrice se redressa sur son siège tout en lissant le dessus de sa robe. Dans ce cas, dites-moi ce qui vous amène.

D'une de ses mains noueuses et vieillies par tant d'effort, elle enleva un instant ses lunettes filiformes. Ses doigts fatigués pincèrent l'arrête de son nez. Hermione se demanda comment Dumbeldore avait pu paraître si serein de son vivant.

- Je n'en ai pas pour longtemps, la rassura la jeune sorcière, il me faut juste une autorisation pour la réserve.

Une lueur étonnée passe dans l'expression de la vieille dame.

- Je n'ai pourtant pas entendu qu'un prochain travail d'un professeur mériterait de telles sources...

- C'est personnel.

Mc Gonagal jaugea sa meilleure élève de haut en bas. Cette dernière avait le regard marron sûr, profond et déterminé. Elle n'en démordrait pas si vite. La directrice connaissait cette flamme et soif de connaissance pour l'avoir elle-même un jour ressentie. La fillette connaissait les limites. Elle avait survécu à la guerre contre Voldemort et les avait tous sauvés plus d'une fois avec des sortilèges aux origines plus que douteuses... Mais c'était Hermione Granger. Pour sa maturité et toute la confiance qu'elle lui portait, elle lui devait bien ça.

Avec un léger soupir, elle saisit sa plume rouge et un morceau de parchemin.

- Et puis-je vous demander pourquoi vous vous attelez à des oeuvres si sombres ?

- J'aimerais approfondir quelques recherches...

Minerva lui tendit le papier salvateur.

- Soyez indulgente envers vous-même, Miss Granger. Aucune jeune fille ne mérite de vaquer, même une quelconque seconde de sa jeunesse, à de si obscures occupations. N'oubliez pas où est la limite du malin.

Hermione le saisit d'une poigne ferme. Tout ce qu'elle aurait voulu répondre était : « Il n'y a pas de limite au mal. » Et il était aisé de le deviner quand on avait participé à pareille guerre. Telle était son intime conviction, aussi sûre que le Phénix au plumage pourpre ne reviendrait plus jamais orner le perchoir du bureau du directeur de Poudlard.

Au lieu de quoi, l'étudiante répondit simplement :

- Bien sûr, Professeur.

|°~~~~°~~~~ °|Reconciliare|°~~~~°~~~~ °|

Malheureusement pour notre élève modèle, il fallait qu'elle assistât aux cours. Aussi, quand vint le lundi, son horaire l'obligea à se rendre directement en Histoire de la Magie. Son seul soulagement était que Ron n'avait jamais voulu entendre parler des cours de Cuthbert Binns. A présent que l'esprit d'Hermione n'était plus concentré sur le problème de l'enneagramme (elle attendait d'avoir un temps libre pour pouvoir aller à la Réserve), le problème « Ronald Weasley » revenait à la charge. L'ambiance entre eux n'était plus vraiment la même. Celle-ci s'accompagnait généralement d'une atmosphère quelque peu gênée. Du coup, elle avait tendance à éviter ses deux meilleurs amis.

Tout en déballant ses affaires sur son pupitre, la sorcière pensa qu'elle devrait tôt ou tard régler ce malaise grandissant au sein du groupe. La manière dont elle gérait toute cette situation absurde montrait juste a quel point son côté enfantin pouvait encore la dominer. Parfois, Hermione avait vraiment l'impression qu'elle n'avait tiré aucune expérience de ses études ou de la guerre. Elle se retrouvait comme toute jeune femme de 19 ans confrontée au quotidien. Pouvait-on effectivement croire qu'une si jeune femme puisse avoir vécu tant d'horreurs quand elle pensait à résoudre un simple ennui sentimental ? Où était donc passée la guerrière, la lionne qui avait fait face à tant d'ennemis mortels ?

Quelques livres de la bibliothèque de son père lui avaient enseigné que le cerveau avait l'incroyable capacité d'occulter les souvenirs douloureux afin que ceux-ci perdent de leur caractère traumatisant. Etait-ce qui se passait en ce moment ? Pourrait-elle un jour oublier toute cette souffrance vécue, toute cette mort ? Elle se plaisait à le croire...

Hermione secoua la tête, balançant ses frisotis caramel. Elle contempla son cours, couvert de note et tourna la page de son manuel.

Il faudrait qu'elle remette de l'ordre dans sa vie.

- Eh bien Miss Granger, pas de réponse de votre côté ?

La concernée releva la tête vivement. Absorbée par le raisonnement sur sa propre existence, l'étudiante n'avait pas remarqué que le fantôme de Mr Binns avait posé une question à la classe. La Hermione Granger que tout le monde connaissait n'aurait pas hésité à lever docilement la main.

- Excusez-moi, vous pouvez répéter la question ?

Définitivement. Il fallait qu'elle règle ça. Ronald Weasley l'avait assez distraite.

|°~~~~°~~~~ °|Reconciliare|°~~~~°~~~~ °|

Puisque les choses ne semblaient plus vouloir bouger par elles-mêmes, Hermione n'avait d'autre choix que de changer ces circonstances. La jeune femme refusait que cette mascarade continue de ne tourner à rien. Alors, elle ferait ce qu'elle faisait toujours dans les cas les plus sournois : comme si de rien n'était.

D'un air décidé, elle se planta devant le tableau :

- Mot de passe ? demanda la grosse Dame aux anglaises avec son détachement habituel.

- « Grille-langue », rétorqua la brune immédiatement.

Et le passage de la tour des Gryffondor s'ouvrit.

En cette fin d'après-midi, aucun élève ne s'attendait à voir débarquer quelqu'un si vivement. Bon nombre venaient de terminer leur journée de cours chargée et le « coup de pompe » général se faisait ressentir. Les étudiants étaient absorbés dans leurs devoirs du lendemain, discutaient ou jouaient aux cartes auto-battantes mais beaucoup arboraient des traits fatigués de l'hiver et du travail.

Elle se rappela le test de Botanique pour demain... Il faudrait absolument qu'elle revoie une dernière fois la matière ce soir...

Son regard parcourut la petite salle ronde, toujours si chaleureuse par ses couleurs et tapisseries brodées d'or. Ses pupilles s'arrêtèrent sur une petite table totalement désordonnée où moult papiers et parchemins écornés gisaient au milieu de buildings de livres.

Inéluctablement sa table et celle de son meilleur ami.

Elle se faufila en petits pas entre les étudiants tantôt debout et papotant tranquillement appuyés sur les dossiers des canapés, tantôt s'entraidant pour leurs obligations. La brune se campa juste devant la table qu'elle avait repéré, fixant les touffes rousses et noires enfuies dans le capharnaüm.

- Ah ! Hermione !

Pendant qu'Harry lui offrait son habituel sourire amical, Ron releva la tête brutalement, les yeux verts écarquillés vers elle, un tantinet paniqué par cette soudaine apparition. Il laissa tomber sa plume, s'essuyant nerveusement les doigts tachés d'encre sur son pantalon noir.

- Salut Harry ! Besoin d'aide ?, répondit-elle en désignant du menton le champ de bataille d'un petit sourire.

- Ce n'est pas de refus, consentit le Survivant.

Alors Hermione s'assit sur la dernière chaise libre comme elle l'avait fait tant de fois, pour aider ses amis. Le trio d'or était enfin réuni.

Ils passèrent ainsi une heure agréable, nonobstant le travail, retombant dans l'insouciance paisible d'une ancienne habitude. Ce fut comme si le sablier avait subi quelques tours inverses du retourneur de temps, les ramenant à leurs premières années d'étude où la découverte de cette école ou d'un simple sort les propulsaient dans un émerveillement continu. Le sens des mots « magique », « merveilleux » et « fantastique » reprenaient subitement la signification de ces années-là.

Après avoir enfin mis le point final à leur rédaction de 40 cm, Ron s'étira longuement, levant les bras haut au-dessus de lui.

- C'est pas trop tôt !, soupira-t-il.

Harry l'imita.

- Ouais, c'est rien de le dire... Merci Hermione.

Celui-ci envoya un léger coup de coude au rouquin. Il se redressa immédiatement.

- Ah, euh… oui : Merci Hermione, répéta-t-il, rougissant imperceptiblement sous ses taches de rousseurs.

Cette dernière eut un petit sourire satisfait.

- Pas de problème. Allons manger, vous en avez assez fait pour aujourd'hui...

Weasley n'en attendait pas plus pour se lever, l'enthousiasme le retrouvant instantanément.

- Si notre Miss-je-sais-tout le dit, je ne me ferai pas prier deux fois !

Il saisit sa robe de sorcier laissée sur le dos de la chaise et se dirigeait déjà avec entrain vers le passage du tableau. Hermione ne put s'empêcher de lâcher un soupir en se levant à son tour, mi-soulagée, mi-contrariée. Chose que le noiraud remarqua.

En une moue contrite, il lui souffla :

- Tu sais comment est Ron...

En effet, il ne fallait pas en attendre trop... Une étape à la fois, chaque chose en son temps... Elle lui parlerait plus tard...

- ... mais, hm... même si je déteste faire le hibou, Ron m'a dit de te dire qu'il te donne rendez-vous ce jeudi devant la salle-sur-demande.

Le coeur de la jeune fille s'accéléra, un peu déconcertée. Elle murmura :

- Je retire ce que j'ai dit à propos de « ne pas trop en attendre » ...

- Quoi ?

Hermione tourna la tête vers Harry, le visage doucement illuminé par un voile d'allégresse.

- Rien, se reprit-elle. Allons souper.

|°~~~~°~~~~ °|Reconciliare|°~~~~°~~~~ °|

Le mardi ne fut pas vraiment plus calme.

Tôt, ce matin-là, une petite pression sur la couette à ses pieds la réveilla doucement. Ses yeux encore tout ensommeillés reconnurent Sembilan qui progressait lentement vers elle, candidement. Hermione étouffa un grognement peu féminin et remonta la couverture douillette et chaude jusqu'à ses oreilles.

Pourquoi avait-il fallu que sa colocataire ouvre la porte à ce maudit chat ? Patterond était déjà bien assez envahissant par moment...

Le félin se glissa entre le tissu et la jeune femme, lui chatouillant le nez au passage. Détournant la tête pour ne pas éternuer, elle jeta un bref regard aux rideaux de la fenêtre un peu plus loin. Il ne devait pas être plus de 7 ou 8 heures du matin d'après la faible luminosité qui filtrait.

- Tu es vraiment vraiment un mauvais garçon, ronchonna-t-elle d'une voix rauque et torpide.

En punition, la brune plongea ses mains dans la fourrure soyeuse et attira Sembilan encore plus à elle. Il laissa échapper un faible miaulement de protestation mais se laissa faire... Peut-être était-il d'humeur plus câline le matin ? ... Sa joue était agréablement caressée par le poil doux de l'animal. Elle y plongea un peu plus le bout de son nez. Une odeur agréable lui picota les narines : un plaisant mélange de jasmin et de vanille...

Son esprit embrumé se demanda vaguement comment diable un chat pouvait-il sentir aussi bon mais elle se contenta juste de continuer à lui procurer des caresses régulières, bercée par la somnolence.

Ce chat ne ronronnait-il donc jamais ? Quel mauvais joueur...

Le fin collier de cuir usé était toujours présent au cou de Sembilan. Etrange... Mandy ne lui avait-elle pas enlevé ?

La sorcière se redressa un peu sur son avant-bras, un froncement à la base de ses sourcils bruns. Les pupilles bleues nuit, presque obsidienne, du félin la fixaient de temps à autre d'un petit air ingénu.

Hermione fit parcourir ses doigts sur le lien, lui confirmant que rien n'y était attaché. Rien...

Elle resta un instant sans bouger, cogitant. La sorcière s'était quasiment attendue à trouver une nouvelle missive de son correspondant « inconnu ». Sa tête retomba sur l'oreiller moelleux, ses cheveux cuivre emmêlés s'étalant sur le coton blanc. C'est là quelle remarqua une impression rugueuse sur son coude. Instantanément, sa main plongea vers l'objet. Ses dextres saisirent le parchemin froissé. Elle se redressa. Sembilan sauta en bas du lit, passa par la porte entre-ouverte de sa chambre.

D'un mouvement fébrile, elle déplia le billet. Les traits d'encre lui sautèrent aux yeux.

La même écriture : sans aucun doute. Les mêmes traits penchés, presque soignés... Elle les avait tant étudiés qu'elle aurait pu les reconnaitre n'importe où. Mais cette fois, le contenu du message était totalement différent à l'exception de la signature délicatement annotée en bas : « T.G. ».

Sa cage thoracique tambourinait à vive allure sous sa chemise de nuit et son cerveau sortit brutalement de la léthargie de l'après-sommeil quand elle lut ce qui suit :

« Salle de bain des Préfêts.

Ce soir. "

|°~~~~°~~~~ °|Valou-chan|°~~~~°~~~~ °|

[* Les détails de cette description son issus du site de L'Encyclopédie Harry Potter sur « é » afin de correspondre le plus possible à l'univers de nos sorciers bien aimés !]