Disclaimer: JK Rowling est bien l'auteur du monde magique d'Harry Potter...Sérieux, vous pensez vraiment que je passerais mon temps à publier des fanfictions sur le net sinon ? Juste pour le plaisir? Sérieux.
Spoiler: Tome 7 sauf épilogue et quelques autres détails... (C'est-à-dire le fait que, par exemple, Ron et Hermione ne se soient pas mis ensemble lors de la Bataille Finale contre Voldy...)
Remarque: Je suis désolée de vous faire attendre si longtemps pour notre beau Tom Jédusor... mais je me suis dit que travailler l'aspect psychologique d'Hermione était absolument indispensable. (On ne s'en rend pas tout de suite compte mais JK Rowling a fait un travail remarquable au niveau analyse des personnages !) J'aimerais vraiment que l'on voit la césure entre son quotidien normal et la suite de l'histoire...
C'est à partir de ce chapitre que les choses sérieuses commencent !
Merci à tous pour vos reviews gentilles et encourageantes, je ne manquerai pas d'y répondre par MP ! :)
Ah, Oui ! IMPORTANT : Je mettrai dorénavant la signification des chapitre avec le titre ! (Je re-uploaderai les chapitres pour rectifier quelques détails -Merci d'ailleurs à Selminia de m'avoir fait remarquer les fautes !- Désolée d'avoir estropié certains noms, honte à moi ! Neuville... ah ! XD Quelle tarte ! Mes excuses aussi pour le terme « noiraud » que j'ai employé à plusieurs reprises alors que celui-ci est insultant...)
Voici un site incroyable qui m'a permis d'aller plus loin dans les analyses des personnages : www. Bezoard. com !
C'est la première fois que je prends autant de plaisir à écrire une Fanfiction et j'espère que notre voyage durera encore longtemps longtemps longtemps...! (Mwoui, enfin...pas trop tout de même...) =) Merci à tous !
Enjoy !
Rated: M
° Aeterno Carmine °
[ « Le chant de l'éternité » ]
Chapitre 5: Auxilium Dare
[ ~ Donner de l'aide ~ ]
Mardi 26 Janvier 1999, matin.
- Tout va bien, Hermione ?
« -Non, pas vraiment. » Du moins, c'était ce qu'elle aurait voulu répondre à la multitude de personnes qui lui avaient posé cette foutue question depuis son réveil.
- Oui, oui. Ne t'inquiète pas, Harry.
Les yeux verts en amandes de son ami la scrutèrent d'un air anxieux. Pour faire bonne mesure, la jeune femme planta sa fourchette dans un morceau de bacon et le porta directement à sa bouche. Elle fit passer le tout avec le fond de son jus de citrouille. Ron aussi la regardait d'une manière étrange, le sourcil levé.
- Tu es pâle, crut-il bon de rajouter.
Ca ne l'étonnait pas vraiment. Même elle parvenait à sentir ses joues livides, désertées par le sang. Il fallait dire que notre Miss-je-sais-tout était quelque peu anxieuse aujourd'hui. Non pas à cause du rouquin assis en face avec qui elle s'était récemment « réconciliée », mais bien de l'évènement qui se profilait ce soir.
Toutes ses réflexions de la veille semblaient vouloir tourner en rond dans son esprit, rendant son cerveau comme une machine à laver. Qui aurait pu se douter que dans si charmante tête, continuellement, une bataille sans merci se jouait ?
Aller ? Ne pas y aller ?
Hermione se souvenait très bien de la dernière fois qu'elle avait croisé « Tom Gaunt ». Il avait été poli, distant... même un peu... troublant ? Non, ce n'était pas le terme exact. Dérangeant aurait mieux convenu. Puis, quand il avait compris qui elle était (d'où savait-il son nom ? -mystère- Mais ignorait-on le nom d'une Préfète-en-chef ?), il avait semblé de nouveau plus... normal.
Ce qui inquiétait un peu plus la brune était l'endroit où devait avoir lieu la rencontre. Sa main chercha machinalement le petit papier froissé dans le fond de sa robe de sorcière.
La Salle-de-bain des Préfets.
Comme son nom l'indiquait, seul les Préfets connaissaient cette pièce d'eau qui leur était uniquement réservée. Dans la plus grande logique donc, Tom Gaunt avait été où était Préfet. Mais comment aurait-elle pu manquer quelqu'un comme ce garçon dans les rangs, dans les couloirs ? Sans compter que lors des réunions hebdomadaires entre Préfets et Préfet-en-chef, elle ne l'avait jamais croisé. Il avait donc été responsable de maison... ou il était quelqu'un de très observateur et bien informé; raison supplémentaire pour se méfier de lui.
« Ce n'est pas possible ».
La sorcière était dans une impasse quand aux origines discutables de ce garçon. D'ailleurs, l'avait-elle jamais croisé avant qu'elle ne le rencontre dans le couloirs des Serpentard ? Il était apparu d'un coup, comme un diable sorti d'une boîte.
Laissant finalement tomber ses couverts dans l'assiette, et comme 9h approchait, elle enjoignit ses amis à se rendre à leur premier cours.
Les Gryffondor passèrent une heure en compagnie du professeur Flitwick à pratiquer des enchantements d'Apparitions mais le rouquin du Trio ne tarda pas à marquer son mécontentement après avoir supporté deux explosions de son voisin de table : Seamus. Sa mauvaise humeur amplifia lorsqu'ils suivaient toujours les couloirs du 1er étage afin de se rendre dans la salle de Métamorphose qui leur semblaient toujours à des kilomètres en raison des flux d'élèves qui leur barraient sans cesse le passage. Ils furent accueillis par le visage aux traits tirés et sévères de leur directrice de maison.
- Oh, c'est pas vrai... bougonna Ron en ramassant les copies fraichement distribuées sur leurs bancs.
Hermione se dépêcha de consulter son propre parchemin. C'était son devoir sur l'animagus qu'elle avait rendu la semaine dernière. « Comment garder les capacités mentales d'un humain en étant sous la forme d'un animagus ? ». Comme d'habitude, la jeune sorcière avait reçu un « Optimal ». Elle se pencha discrètement vers Harry, car le cours avait commencé, qui scrutait suspicieusement son « Effort exceptionnel ».
- Ah, remarqua-t-elle avec un petit sourire, Félicitation Harry !
Son attention se reporta sur Ron, à quelques bancs d'eux.
- Qu'est-ce qu'il a ?, continua-t-elle en désignant Ronald du menton.
- "T".
Hermione eut malgré elle un sursaut d'autosatisfaction : le résultat « Troll » était ce qui convenait le mieux aux notes de Ron quand elle n'était pas là pour l'épauler dans son travail. Pourtant, cela ne suffisait pas à justifier l'humeur de son ami. Elle avait perçu son agacement bien avant le début de la leçon de Métamorphose. Pendant que Mac Gonnagal réclamait le silence dans la classe, Harry lui glissa tout bas :
- Au fait, tu ne lui as pas répondu.
- Quoi ?, répondit-elle en sortant son manuel « Théories de la Métamorphose transsubstantielle » de sa sacoche.
- Oui, tu sais... à propos de jeudi.
Hermione regarda le brun avec des yeux ronds. Cette histoire n'était-elle pas déjà classée ?
« Ne me dis pas que... »
- Ne me dis pas que cet idiot croit que je ne viendrai pas uniquement parce que je ne lui ai pas répondu clairement ? souffla la sorcière, abasourdie et légèrement irritée.
Le survivant haussa les épaules et plongea dans ses annotations. Hermione, un peu sonnée, laissa dériver son regard vers le grand tableau noir où une longue craie, magiquement animée par le professeur, était en train d'inscrire « La Métamorphose animale sans l'aide de l'animagus » dans un crissement crayeux familier. Une de ses mains chercha aveuglément dans son sac en cuir et saisit un morceau de papier. Elle prit sa plume et y inscrivit quelques mots. D'un coup mesuré de baguette, alors que l'enseignante était occupée à réexpliquer un passage important que Parvati Patil n'avait pas compris, elle fit léviter discrètement la missive qui alla s'échouer sur le banc de Ronald Weasley. Il lui jeta une petite oeillade surprise puis découvrit le parchemin. En un instant, son visage taché de rousseurs s'illumina et ses pupilles bleues lui sourirent.
Les lèvres d'Hermione s'étirèrent lentement en retour.
« Les garçons ont besoin de bien peu de chose pour être heureux », pensa-t-elle.
|°~~~~°~~~~ °|Auxilium Dare|°~~~~°~~~~ °|
Elle profita du temps de midi ainsi que de quelques moments avant le souper pour travailler. Cela lui paraissait aberrant alors que dans quelques heures, Hermione serait confrontée à Tom Gaunt. La sorcière aurait dû s'activer à rassembler plus d'informations sur L'Enneagramme, mais il ne fallait pas qu'elle néglige son devoir scolaire. Elle refusait de voir sa moyenne baisser, quoi qu'il se passe.
Mais bien qu'Hermione tenta d'encrer cette logique au plus profond d'elle-même, son coeur ne cessait de répandre une désagréable adrénaline dans tout son corps alors qu'elle était assise, clouée à sa chaise de bureau. Cette substance chimique dont elle se serait bien passée gardait tous ses sens en éveil et il lui était presque impossible de se concentrer tant ses jambes semblaient vouloir bouger d'elle-même. Peu importe la morale qu'elle se serinait, la brune revenait toujours au point de départ: debout, faisant les cent pas dans sa chambre.
Elle s'approcha de la fenêtre afin de perdre ses orbes noisettes dans les remouds cotonneux des nuages gris. Difficile de croire que, derrière, brillait un quelconque soleil. Il allait encore neiger. Elle frissonna.
- Hermione ?
Cette dernière tourna vivement la tête vers la porte de sa chambre d'où émanait la voix et trois petits coups secs. La clinche tourna et Mandy passa la tête par l'entrebâillement.
- Ce soir, n'oublie pas que c'est toi qui surveille l'aile Est du château, lui rappela-t-elle d'une voix douce.
- Tu es certaine que ça ne t'embête pas de faire les Serpentards ?
- On s'était mise d'accord pour faire à tour de rôle... Ne t'en fais pas. Et puis... Les petits serpents ne sont pas aussi méchants qu'ils en ont l'air.
Hermione échangea un petit sourire entendu avec sa colocataire et alla refermer ses manuels qui gisaient tels des blessés de guerre sur son bureau. Elle ne supportait pas de les regarder alors que son travail n'avait pas avancé d'un pouce.
- Tu descends avec moi ?
- D'accord, répondit aussitôt l'élève modèle, je prends juste mon sac.
Elle balança la besace de cuir brun vieilli sur son épaule et moucha les bougies d'un coup de baguette. Elle vit le regard de Mandy s'attarder sur sa bandoulière mais la brave fille eut le tact de ne faire aucune remarque idiote.
Sa colocataire et Préfète-en-chef adjointe était quelqu'un de très sensitif. Son oeil aiguisé remarquait souvent des détails auxquels aucun ne prêtait attention et pourtant qui permettaient de sentir le vent tourner. Aussi Mandy était excessivement douée pour deviner les sentiments.
C'est pourquoi, lorsqu'elles descendirent l'escalier pour arriver à la grande salle, l'étudiante lança une question qui aurait de prime abord parut anodine :
- Ou sinon, rien de nouveau ?
Les yeux chocolat d'Hermione examinèrent son amie. Il était indéniable que toutes d'eux se ressemblaient. Peut-être pas physiquement, mais mentalement certainement. Leur schéma de pensée était presque pareil. Celle-ci comprit donc que Mandy avait remarqué que quelque chose la tracassait.
Cette sorte de complicité était souvent la bienvenue mais malheureusement, aujourd'hui, elle ne pourrait rien dire. Ses lèvres semblaient refuser de parler d'évènements trop récents et aussi...étranges.
- C'est... Ron.
- Ah, c'est vrai, répondit-elle un petit sourire goguenard aux lèvres, tu ne lui as toujours pas répondu ?
- C'est prévu. Jeudi.
- Jeudi ?, répéta Mandy sans comprendre en entrant dans la Grande Salle, suivie de près par la brune qui hocha la tête. Et tu vas accepter ?
La jeune femme ne put qu'hausser les épaules, une moue quelque peu dépitée. Sa colocataire eut un petit rire franc.
- Je vois ! Bonne chance ! l'encouragea-t-elle en s'éloignant vers la table des Serdaigle.
Ce à quoi elle répondit par un las mouvement de la main. Bien heureusement pour Hermione Granger, même si Mandy Brocklehurst, était clairvoyante, elle n'était pas omnisciente. Dans le cas contraire, la sorcière aurait été rouge de honte que quelqu'un d'autre qu'elle-même sache que, malgré la proposition de Ronald, son esprit était obnubilé par cette histoire de nom latin introuvable et un mystérieux individu pâle, grand et brun nommé Tom Gaunt.
Hermione lissa inconsciemment sa robe de sorcière qui la suivait au rythme de ses pas et arriva bien vite à sa place : à côté de Ron et face à Harry. Comme d'habitude, Hermione reconnaissait que les elfes des cuisines de Poudlard avaient fait un travail excellent malgré le fait qu'elle pensait que ces pauvres créatures étaient toujours exploitées. Mais notre sorcière ne se préoccupait pas de la nourriture délicieuse qui touchait sa langue ou encore moins des conversations qui se déroulaient aux alentours. Un seul objectif dansait dans la brume de son cerveau : que cette journée se termine. Ses doigts chiffonnèrent nerveusement la serviette de tissus rouge à côté de son assiette. La sorcière sursauta légèrement quand une voix fluette la tira brutalement de son isolation :
- Oh, Hermione, tu as la tête infestée de Joncheruines !
Incrédule, la concernée leva un regard perplexe vers Luna Lovegood qui passait par là. La jeune fille avait gardé ses longs cheveux blonds emmêlés de divers objets, certainement en vue d'écarter des créatures encore inconnues. Deux petits radis adorables pendaient immuablement aux lobes de ses oreilles laiteuses. Elle retint un instant sa respiration puis finit par répondre :
- Tu as raison, Luna. J'ai les idées un peu embrouillées aujourd'hui...
La blonde lui sourit gentiment.
- Passe dans mon dortoir la prochaine fois, papa m'a envoyé de quoi tuer ces sales bestioles.
- C'est... gentil de ta part, manqua-t-elle de bafouiller alors que Ron et Harry atterrirent dans ce semblant de conversation, se demandant de quoi elles pouvaient bien parler.
Quand elle vit Luna qui s'éloignait vers la sortie, la jeune femme se rendit compte que les desserts allaient bientôt être servis. Tel un ressort, elle se leva et agrippa sa sacoche.
- Harry, Ron,... Je vous vois plus tard. J'accompagne Luna.
Un vague « Mais où ça ? » lui parvint dans le brouhaha convivial de la pièce, mais elle ne se retourna pas. Une fois les énormes portes de bois sculptées passées, elle attendit simplement que la blonde disparaisse au coin du couloir principal pour prendre un tout autre chemin : celui de la salle de bain des Préfets.
Ses pas rapides la conduisirent au 5ème étage, ses cheveux emmêlés régulièrement soulevés par l'allure de sa marche, l'accompagnaient dans son sillage. Hermione n'avait pas la moindre idée de l'heure à laquelle elle était censée se rendre là-bas, mais supposait que ce n'était pas au moment d'affluence dans les couloirs. De toute façon, Poudlard était tellement grand... rare étaient les personnes qui passaient par cet étage. Pourtant, une horrible sensation d'interdit lui soulevait le coeur, ce qui était proprement stupide : elle était Préfète-en-chef et avait parfaitement le droit d'inspecter les corridors quand bon lui semblait.
La jeune femme arriva enfin dans l'aile ouest, passa devant la statue de Boris le Hagard, un peu essoufflée. Elle compta mentalement la première, deuxième, troisième et quatrième porte à sa gauche. Son dos alla se caler instinctivement contre le bois de la porte, elle attendit dans le noir, tentant de calmer sa respiration. Elle n'aimait guère cet endroit pour une telle « retrouvaille »; méconnu, mal éclairé et froid. La pensée qu'elle aurait du prévenir quelqu'un de sa petite escapade émergea lentement dans son esprit. Peut-être n'était-il pas si amical qu'il n'y paraissait... Peut-être était-ce un piège pour l'attirer seule, ici.
Et d'un coup, tous ses doutes sur l'inconnu ressurgirent tel autant de Magyars à pointes soudainement libérés de leurs chaines.
Il est capable de manipuler le mental des animaux... Il est puissant... Enneagramme... Il connait la magie noire... Dangereux... Dangereux... Il sait qui je suis... où je vis...
L'évidence la frappa alors même qu'elle se campait sur ses jambes, face à la porte, prête à murmurer le mot de passe pour aller se mettre en sécurité de l'autre côté : Le fait de venir là où quelqu'un dont elle ne connaissait absolument rien et en qui elle n'avait aucune confiance était de la folie. C'était d'autant plus irresponsable qu'elle n'en avait prévenu personne. Sa mémoire lui rappela nostalgiquement les mots de sa mère répétés tant de fois lorsqu'elle n'était encore qu'une fillette :
« N'adresse pas la parole aux inconnus, ne les suis nulle part si tu ne les connais pas... »
Dans l'inquiétude qui agitait ses pensées elle ne remarqua que trop tard que des bruits de pas avaient surgis derrière elle. Sans avoir le temps de se retourner, une pression étala son emprise sur son épaule dont elle eut le réflexe de se dégager immédiatement. Elle fit volte-face, une main agrippée à sa propre robe, tout près de son coeur qui refusait de se calmer, l'autre serrée sur sa baguette dans sa poche.
La main de l'individu était restée en suspend. Pour le moins surpris d'une telle réaction, ses lèvres pâles formèrent un délicat sourire rassurant destiné à la jeune fille égarée devant lui. Il laissa retomber ses longs doigts blafards pour aller les loger derrière son dos, avec les autres, renforçant sa stature droite. Il recula d'un pas respectueusement.
- Ah, c'est bien vous, souffla-t-elle.
Dans l'obscurité, à un mètre de la jeune femme se tenait la réplique exacte de l'homme qu'elle avait rencontré à deux reprises. Il n'avait évidemment pas changé, mais l'étudiante se sentit quelque peu rassurée devant cette silhouette un tant soit peu familière. Après tout, les initiales T.G. auraient pu appartenir à n'importe qui d'autre...
Mais l'apparence ne faisait pas de doute sur la personne en face d'elle : Plus grand que la moyenne, son teint pâle accentuait les traits finement dessinés de son visage et ses joues légèrement creuses avec lesquelles les cheveux d'un sombre profond s'harmonisaient parfaitement. Bien qu'Hermione ne voyait pas tout clairement à cause de la semi-obscurité, elle savait que ses yeux d'ébène, braqués sur elle, ne manquaient aucun détail de sa réaction.
Qu'allait-il penser d'elle après avoir vu son comportement à son arrivée ? La brune savait pertinemment que son regard incertain la trahirait. Sans parler de ses mains qui tremblaient légèrement... qu'elle tenta de dissimuler dans les poches de sa robe. Hermione se donna quelques secondes supplémentaires pour reprendre totalement contenance.
- Vous êtes toujours aussi silencieux ?, dit-elle, un peu irritée, pour détourner son attention de chacun de ses gestes.
Une brève lueur d'amusement passa dans ses pupilles charbonneuses et Hermione eut la désagréable sensation qu'il avait compris le cheminement de sa pensée du début à la fin. Son impression fut confirmée quand il prit la parole :
- J'attendais simplement que vous vous soyez remise de vos émotions.
Il lui avait rétorqué cela sans façon, de sa voix veloutée et mélodieuse, avec le naturel qui s'imposait. Hermione savait qu'elle aurait dû se sentir d'avantage agacée de cette réflexion, mais la bonne élève qu'elle était l'invita à jouer la carte du raisonnable. Elle était loin de se sentir assez en sécurité pour tenir tête à qui que ce soit.
- Avez-vous réfléchis à ma proposition ?, continua-t-il.
Elle redressa la tête, ripostant immédiatement :
- Evidemment.
Hermione examina le visage lisse de Tom Gaunt. Il était difficile d'y déchiffrer un quelconque sentiment, ce qui la mettait profondément mal à l'aise. Comment pouvait-elle réagir si elle ne savait rien des émotions de son interlocuteur ? Etait-ce son imagination où avait-elle eu la brève intuition qu'il était ... satisfait de sa réponse ?
- Ca ne veut pas dire que je vous aiderai, le prévint-elle.
Il haussa un sourcil, perplexe. Hermione se rendait bien compte que l'homme en face d'elle était particulier. Tout dans sa stature, sa manière d'agir, son flegme indiquait qu'il ne craignait ni elle, ni les ténèbres environnantes. Elle comprenait d'autant moins ce que quelqu'un comme lui faisait encore à Poudlard et lui demandait une telle chose.
Mais elle ne pouvait faire autrement pour lui indiquer que justement, elle n'était pas à sa merci, qu'elle pouvait tout à fait refuser. Hermione se devait de poser des limites.
- Vraiment ? demanda t-il, penchant sa tête légèrement sur le côté.
Il la jaugea de haut en bas, comme examinant un spécimen encore jamais découvert auparavant, un tantinet curieux. Mais malgré cette apparence amicale, la sorcière ne put s'empêcher de frissonner. Elle ne pouvait se l'expliquer, néanmoins sous ses airs d'homme droit, une effluve glacée émanait de lui. Comment interpréter le terrible ressenti d'une menace voilée dans chacune de ses paroles, chacun de ses mouvements ? Toute autre personne ne se serait probablement aperçue de rien, mais on ne trompait pas Hermione Granger. Cette fille avait trop grandi, était devenue trop observatrice, analysant les moindres gestes de ses confrères afin de décrypter leur pensées; elle avait trop vu de noirceur dans le coeur des sorciers et des moldus; trop vu de sang et de magie noire pour se faire duper par le mal même lorsque celui-ci semblait prendre une forme si séduisante.
- Dans ce cas..., continua-t-il, pouvez-vous me dire ce que vous faites ici ?
Hermione ouvrit la bouche, et... les mots restèrent en suspend. Que pouvait-elle répondre alors qu'elle avait déjà entamé les recherches ? « Non, ça ne m'intéresse pas ! », alors qu'elle mourrait d'envie d'en savoir plus ? Elle clôt ses lèvres, réfléchit un court instant et rétorqua :
- Je ne vous connais pas.
- Cela peu s'arranger, objecta-t-il immédiatement, sûr de lui, le regard perçant.
Hermione fut un instant déstabilisée par tant de force dans une seule oeillade mais continua à défendre sa cause :
- Aucun livre ne parle de cet Enneagramme.
- J'ai des pistes qui vous auront peut-être échappées.
- J'ai d'autres obligations à remplir. Je suis Préfète-en-chef, martela-t-elle.
- Je sais.
- Comment ça : « Vous savez » ?
Le jeune homme eut un petit rictus indulgent. Il attira son attention sur la sacoche qui demeurait sur l'épaule de la sorcière d'un signe de main habillée d'une robe noire jusqu'au poignet.
- Que m'avez-vous apporté dans votre sac ? Les fruits d'une première recherche ?
- Ne changez pas de sujet !, insista Hermione, de plus en plus sûre d'elle.
La jeune femme avait soudain l'impression de participer à un duel verbal. Il était intelligent, tout autant qu'elle-même, ce qui rendait ce genre de confrontations... intéressantes. Elle incrusta ses prunelles chocolat dans l'onyx de son adversaire. Devant le sourire tranquille de l'individu, malgré elle, ses lèvres s'étirèrent doucement vers le haut. Mais une dernière alarme de sa raison fit taire la naissance de ce sourire. Elle forma sa plus grande crainte dans une seule question qui la rendait fébrile :
- Qui êtes-vous ?
L'homme sembla immédiatement plus sombre. Il baissa un instant la tête, faisant retomber quelques mèches sombres ondulées sur son front, sa mâchoire se contracta, accentuant son caractère masculin. Il finit par relever et poser son regard sur Hermione. Sa voix lascive s'éleva et se répercuta contre les dalles froides du couloir, donnant un écho curieux qui répondait à la question par une autre question :
- Veux-tu des réponses ?
Hermione resta un moment silencieuse. Le changement de personne ne lui avait pas échappé. Qu'essayait-il de faire ? De donner des accents d'amitié à son interrogation ? Définitivement. Mais dans quel but ? La brune n'avait aucunement confiance en lui, même si elle avouait qu'il avait un certain dont pour amadouer ses interlocuteurs.
Comme lors de sa dernière entrevue à Pré-au-Lard, elle sentit une vague froide subitement couler sur son crâne qui lui provoqua un tressaillement de dégoût. Elle secoua la tête, comme pour s'en débarrasser et la sensation désagréable s'envola.
Tom Gaunt l'observait toujours d'un air immuable, indéchiffrable.
Il lui semblait tellement différent par rapport aux deux autres rencontres... Toute cette situation lui paraissait plus étrange que jamais. Mais si la brune devait donner un seule réponse honnête à la question du jeune homme, c'était un « Oui ». Or, elle ne voulait rien de trop définitif.
- Même si je suis d'accord, vous ne semblez avoir besoin d'aucune aide.
- Les apparences sont souvent trompeuses...
Hermione médita sur cette révélation. Ainsi, il avait vraiment besoin de son appui ? Ce n'était pas un quelconque piège ? L'enneagramme existait vraiment ? La sorcière sentit ses neurones frétiller d'impatience. Le savoir était une bien vile tentation...
|°~~~~°~~~~ °|Auxilium Dare|°~~~~°~~~~ °|
Il la fixait, tel l'oeil aguerri du serpent, vérifiant chaque mouvement de sa proie. Une fois de plus, il avait tenté d'entrer dans sa tête... mais cette jeune fille semblait être sensible plus que de raison à la légitmencie. Une des conséquences de son précédent règne peut-être ?
Il n'en avait que faire pour l'instant. Devant lui, se tenait une jeune femme faible, née de moldus de surcroîts. Pourtant, Salazard seul savait combien il avait besoin d'elle.
Oh, oui. Il allait l'utiliser. Et il obtiendrait ce qu'il recherchait.
Serait-ce peut-être une occasion de reprendre ses marques ? De trouver des nouveaux sbires ? De la torturer ?
Il voyait ses petits yeux caramel tenter vainement de comprendre qui il était.
« Tu n'y arriveras pas, idiote Sang de Bourbe. », pensa-t-il.
D'ailleurs, qui pouvait vraiment prétendre connaître quelqu'un comme lui... quelqu'un de spécial ?
Il percevait la bataille qui faisait rage au coeur de l'élève en face de lui. Le jeune homme le sentait : elle avait une terrible soif de connaissance, qu'il lui serait aisée de satisfaire. Seulement, la crainte et l'inquiétude la dominait toute entière.
Pourquoi tant d'hésitation ? N'était-elle pas comme toutes les autres femelles, hormis son intelligence ?
Il devait davantage pousser Hermione Granger à lui faire confiance... jusqu'a ce qu'elle finisse par découvrir sa véritable identité. D'ici là, il pourrait jouer avec elle.
Jouer. Jouer, mais ne pas oublier sa quête.
Tom se détourna de la sorcière et murmura doucement le mot de passe. La porte de la Salle-de-bain des Préfets s'ouvrit dans un grincement. Combien de temps lui restait-il avant que l'affluence dans les couloirs de Poudlard ne reprenne après le souper ? Il devait la faire entrer là-dedans. Lui parler. La convaincre. Il était trop tôt pour user de stratagèmes plus vils et condamnables.
D'un geste ample de la main, il lui indiqua l'entrée.
Durant quelques secondes, Tom Gaunt crut vraiment que la brune allait tourner les talons, vivement, et refuser net de savoir un mot de plus sur toute cette histoire.
Mais elle sembla, soudainement, d'une étincelle dans le regard, trouver quelque chose en lui. Qu'était-ce ? Pensait-elle qu'il ne soit pas comme il le laissait paraître ? Pensait-elle qu'il était, quelque part, récupérable ?
Bien sûr que non.
« Bien sûr que non, songea t-il, sinon, cela voudrait dire que tu sais qui je suis. Or, tu ne sais rien. Rien. »
Tom Gaunt ne pouvait expliquer le sentiment qui avait traversé furtivement Hermione Jane Granger.
En effet, cette dernière, de voir quelqu'un se donner tant de mal pour recevoir de l'aide sans répondre à aucune de ses questions (sans doute par peur de se dévoiler), alors qu'il paraissait si fier et distingué... eut compassion de sa situation sans doute difficile.
Si Tom avait eut connaissance de la nature de la chose qui avait allumé la lueur dans les yeux de l'étudiante, il l'aurait probablement tuée sur le champ, d'un Avada Kedavra.
Hors Tom Gaunt était Tom Gaunt....
Et Tom Gaunt ne connaissait quoi que ce soit qui fut en relation avec l'amour, même à dosage si faible que l'était d'empathie.
Aussi, à ce moment, il ne comprit pas vraiment pourquoi la jeune femme entra, sans plus se poser de question.
|°~~~~°~~~~ °|Auxilium Dare|°~~~~°~~~~ °|
Cette fin de journée avait été on ne peu plus riche en émotion et même si toute la tension accumulée au cours de ces derniers jours avait soudainement disparu des épaules de la jeune femme, elle n'en demeurait pas moins les yeux ouverts dans le noirs, comme tant de fois ça avait été le cas après un mauvais rêve. Mais pour cette nuit, ça ne l'avait pas été...
A la place des habituelles images perpétrées par ses songes cauchemardesques, c'était les scènes qu'elle avait vécu quelques heures plus tôt qui se permettaient de revenir l'araser, telle le ressac de la mer qui n'a de cesse de revenir manger la plage.
Hermione Jane Granger avait l'intime conviction qu'aujourd'hui, elle avait fait une rencontre exceptionnelle. Au temps de dire si elle lui serait bénéfique... ou pas.
Ce soir, elle avait conclu un marché avec un inconnu. La sorcière avait promis d'aider Tom Gaunt, quoi qu'en fut les conséquences pour sa pauvre âme et quelque part, au fond d'elle, la jeune femme était fière de porter secoure à son prochain.
Son côté altruiste était pleinement satisfait, se couchait en se repliant sur lui-même dans un doux ronronnement béat dans un coin de son esprit, donnant un peu de répit au cerveau d'Hermione.
Les évènements récents ne lui semblaient pas réels et pourtant, elle avait finalement donné son accord :
«
- D'accord, avait-elle lâché, décidée, alors qu'elle était assise sur le rebord de marbre blanc de l'immense baignoire vide de la salle-de-bain des Préfet.
Mais, juste assis à côté d'elle, Tom Gaunt n'avait pas semblé réagir à cette annonce. Hermione avait soupiré :
- Ne m'obligez pas à le répéter...
Alors, seuls ses yeux d'un noir abyssale s'étaient animés, reflétant une étrange lueur d'impatience que la jeune femme n'avait pas saisie.
»
...Curieux personnage, ne cessait-elle de se répéter.
La Brune se demandait bien comment cette alliance allait tourner...
En attendant, et comme elle l'avait spéculé : l'homme n'avait pas répondu à toutes ses questions. Par exemple, le mystère restait entier autour de Sembilan : Tom Gaunt avait-il pu approcher le chat car il était Crochelangue (personne parlant la langue des félins) ou était-il assez puissant pour manipuler le mental d'un animal ? Le garçon n'avait pas voulu se justifier.
Et c'était là l'illustration des nombreuses questions sans explications qui restaient en suspend.
Son identité, l'Enneagrame, sa présence à Poudlard, ...
Tellement de choses restaient floues à son sujet...
Au moins, elle savait à présent comment le contacter : par le biais de Sembilan. Si cela était indispensable, elle pourrait toujours accrocher une missive au collier de cuir. Le chat prétentieux se chargerait de trouver le destinataire. Un moyen quelque peu plus original que de s'échanger des lettres par hiboux, n'est-ce pas ?
Ils avaient aussi brièvement discuté de ses trouvailles en matière de réflexion sur l'Ennéagramme et Hermione avait été déçue d'entendre qu'il en était arrivé aux mêmes conclusions.
Hermione ferma les yeux et retint sa respiration.
« Ai-je bien tout préparé pour demain ? Tout est fait pour Métamorphose, quant à Arithmancie, je devrais certainement arriver un peu plus tôt aux cours, Septima a parlé d'une nouvelle théorie sur la Numérologie et avait l'air assez enthousiaste, je me demande bien pourquoi... oh, et puis il y a cette stupide réunion des Préfets après-midi... dire que je pensais passer un peu plus de temps avec Ron et Harry... Il faudra aussi que je prenne le temps pour passer à la réserve et continuer les recherches sur l'enneagramme, maintenant que j'ai l'autorisation...
...
Mince ! »
La sorcière se releva d'un bond, prit sa baguette sur sa table de chevet et alluma rapidement une des bougies de son bureau. Contrariée, elle fouilla nerveusement dans ses tiroirs jusqu'a ce que ses mains trouvent l'objet de son désir : son livre d'Arithmancie.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait failli l'oublier.
Respirant à nouveau, ses doigts caressèrent affectueusement la reliure en cuire de l'ouvrage.
C'était Harry qui lui avait offert pour son 5ème Noël à Poudlard. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir. D'ailleurs, Ron avait ronchonné une bonne partie de la soirée car le cadeau qu'il lui avait offert n'avait pas reçu autant d'attention...
Un léger sourire effleura ses lèvres.
Elle avait vraiment des amis extraordinaires. Pour rien au monde, Hermione n'aurait échangé le Trio Gryffondor. Avec eux, elle pouvait être simplement elle-même. Elle pouvait avoir confiance. Ils étaient son point d'encrage.
C'est pourquoi elle avait décidé d'accorder la même chance à Tom Gaunt.
Quelque soit son origine, quelque soit sa situation, quelque soit la chose qui le poussait à être aussi secret avec elle, Hermione s'était dit que si elle avait été dans son cas, si un jour elle avait eu besoin d'aide, elle aurait aimé trouver une main tendue.
Pour toutes ces raisons, elle avait décidé d'accorder une infime partie de sa confiance à cet homme. Elle avait décidé de lui porter secoure.
Avec le temps, serait-il sans doute moins réticent à se confier ?
La dernière guerre contre Voldemort avait été incroyablement meurtrière... Elle n'avait épargné personne. Tom Gaunt n'était peut-être qu'une de ses nombreuses victimes ?
Après tout, elle était ici à Poudlard, entourée de ses amis, la guerre était terminée depuis plusieurs mois et l'ennemi numéro 1 avait été abattu... Que risquait-elle ?
...
Rien. N'est-ce pas ?
...
Hermione Granger se dit que tôt ou tard, elle vérifierait les registres des élèves et Préfets de Poudlard.
Juste au cas où.
|°~~~~°~~~~ °|Valou-chan|°~~~~°~~~~ °|
