8 jours, 7 nuits : Vacances à Okinawa
Source : Gravitation
Genre: Yaoi, lemon
Auteur : Shmi
Couple : Yuki x Shuichi
Disclaimer: Même si je le voudrai bien les perso ne sont pas à moi. Dommage…
Note : "italique pensées des personnages"
L'écriture de ce chapitre a été un peu plus longue que prévu mais il est là!! Alors on va faire court (en plus j'ai pas d'idée sur un quelconque blablatage idiot de ma part) :
BONNE LECTURE!!
A oui finalement j'ai quand même un truc à vous dire MERCI POUR VOS REVIEWS elles me font toujours trèèèèèèèèès plaisir.
Allez fini les idioties je me tais et je vous laisse savourer...
Chapitre 9 : Lundi
Chaud
Très chaud
Yuki se réveilla ce matin là à cause de la chaleur qui régnait autour de lui. Il ouvrit un œil qu'il referma aussitôt. Il avait visiblement oublié de fermer les lourdes tentures hier soir.
Il faut dire qu'hier soir il avait eu d'autres préoccupations. Et sa préoccupation principale était là en train de dormir comme un bienheureux sur son torse créant ainsi cette chaleur quasi insupportable.
Ré-ouvrant précautionneusement l'œil, le romancier tomba sur la touffe rose bonbon de son amant. Et dire qu'il avait faillit le perdre. Inconsciemment à cette pensée le blond serra ces bras autour du corps fin, laissant une de ces mains remonter en une douce caresse le long de sa colonne vertébrale pour finir sa course dans la masse éthéré des ses cheveux.
Lui, il ne voulait pas le perdre. Il avait besoin de lui. Il osait enfin se l'avouer maintenant, après hier soir il était sûr d'une chose : Shuichi était bien plus important que tous les Yuki Kitasawa du monde.
Il se souvenait encore de la magistrale claque que lui avait mis le chanteur. Ce qui l'avait le plus choqué ce n'était pas tant la gifle en elle-même mais la douleur qu'il avait ressenti. Pas qu'il n'ait eu tellement mal à sa joue, non, il avait eu mal à son cœur. Et ça c'était une première pour lui.
Son cœur de glace avait fondu grâce au jeune homme et, il le lui avait mis en pièce. Mais heureusement tout c'était bien fini. C'est fou l'effet que trois simples mots avaient eut.
Il avait pendant longtemps refusé de les lui dire, ne voulant pas trop s'attacher au jeune homme, mais hier soir ils avaient été indispensables pour le garder. Et l'écrivain devait bien avouer qu'ils étaient moins difficiles à dire que ce qu'il n'avait pensé.
Le faite que ce soit Shuichi en face de lui, avait vraiment simplifié les choses. Il ne se voyait pas les dire à un autre, mais pour le chanteur tout lui était possible. Et puis voir son adorable frimousse éclairé d'un immense sourire valait bien tous les mots du monde.
Oui, en étant tout à fait honnête il avait pris plaisir à lui dire. Ne l'avait-il pas assez fait languir comme ça ??
Perdu dans ses pensées, le romancier s'amusait à entortiller ses doigts dans les cheveux de son compagnon. Il ne vit pas alors deux orbes violines s'ouvrirent et le regardaient amoureusement.
Ce n'est que quelques minutes plus tard que l'écrivain sentit poser sur lui un regard brûlant. Détournant enfin ses yeux du vide où ils étaient fixés, Yuki posa finalement son attention sur le jeune homme allongé à côté lui.
Voyant le regard enamouré de son Shû-chan, il lui fit un tendre sourire qui fit littéralement fondre le chanteur.
- Bonjour, murmura le blond
- B'njour, lui répondit la petite voix de son amant.
- Bien dormi ?
- Oui… mais pas assez, taquina-t-il sa moitié
- Pauvre de toi… il va falloir garder la chambre toute la journée pour se reposer.
- Je crois que ce sera le minimum
- Je crois aussi, confirma le romancier
Tout en parlant il baissa sa tête, permettant à leurs lèvres d'entrer en contact. Le baiser fut doux et tendre à la fois, à milles lieus de leur baisers habituels. Ce qui était loin de déplaire à Shuichi.
- J'ai vraiment cru que tu l'embrassais hier soir.
- Ne t'avais-je pas dit qu'elle n'était rien pour moi, qu'elle ne t'arrivait pas à la cheville ?
- C'est vrai, mais vous voir vous embrasser ça m'a fait vraiment mal…
- Je sais
- Je t'aime tellement Eiri
- Je sais aussi
- Tu ne me les diras plus, n'est ce pas…ces mots ?
- Lesquels ?
- Je t'aime, idiot
- … moi aussi.
Ce n'était peut être pas les mots que Shuichi souhaitait encore et encore et encore entendre, mais c'était déjà un bon début. Début qui fit agrandir son sourire.
- C'est nouveau ça
- Oui, tu sais ce qu'on dit ? Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis… Laisse-moi du temps, et je suis sûr que je finirais par arriver à les dire aussi facilement que toi.
- Je veux pas que tu me les dises tout le temps, je veux juste que tu me les dises de temps en temps. Parce que les rares fois où tu me le diras et bien ça aura encore plus de valeur.
- Une fois de temps en temps ??
Shuichi secoua sa tête de façon affirmative, se rendant encore plus craquant aux yeux de Yuki.
- D'accord, de temps en temps alors.
- Oui, confirma le jeune homme.
Ils s'embrassèrent délicatement où se mélangeait tendresse et passion sans aucune retenue.
Shuichi rampa sur le corps de son amant pour se mettre à la hauteur de celui-ci, ses lèvres toujours soudé à celle du blond. Il glissa délicatement ses mains sur le torse de son homme lui envoyant de délicieux frissons.
Yuki n'était pas reste, ses mains malaxaient amoureusement les hanches diaphanes qui gigotaient sur lui. Visiblement la nuit dernière n'avait suffit ni à l'un ni à l'autre. Le romancier voulut inverser les positions mais le chanteur ne l'entendait pas de cette oreille. Employant une force que Yuki ne soupçonnait pas, Shuichi réussit à se maintenir à sa place initiale.
Assis à califourchon sur son homme, le chanteur arborait un sourire triomphant. Aujourd'hui c'était lui qui avait les commandes de la manœuvre, au plus grand plaisir du blond. Il se frottait sensuellement contre le plaisir de son homme, le faisant ainsi prendre encore plus d'ampleur.
Le romancier n'avait jamais fait attention, mais Shuichi était passé maître en l'art de l'exciter. Le simple fait de le voir s'assit sur lui, se dandiner avec volupté, le sentir faire pression sur une partie bien précise de son anatomie, était absolument saisissant. Mais le fait que son regard soit encré continuellement dans le sien, l'emmenait inexorablement vers un état d'extase qu'il fallait au plus vite assouvir.
Shuichi était en plein dilemme. Fallait-il qu'il laisse son amant languir, comme lui-même le faisait d'habitude, ou allait-il être plus clément et le laisserait-il le posséder tout de suite ?
Comme s'il avait lu les pensées de son Shû-chan, Yuki l'attrapa par la nuque, lui administra un brûlant baiser pleins de promesses, et lui demanda :
- Comptes-tu vraiment me laisser exploser ainsi ? Ou faut-il que je sois plus persuasif et que je reprenne les commandes ?
- Humm… et bien vois-tu j'étais en train de me poser la même question ? Faut-il que je te fasse languir encore un peu comme tu le fais si bien avec moi d'habitude ? Ou devrais-je être plus clément ?
- C'est une punition pour ce que je te fais subir d'habitude ?
- Non, c'est juste que te voir aussi impatient est foutrement intéressant et surtout très excitant.
- Je ne savais pas que tu avais de telles tendances sadiques
- J'ai eu un très bon maître.
Tout en parlant Shuichi continuait à torturer son blond d'amant. Ses mouvements de hanches se faisaient plus lascifs, massant continuellement leurs deux érections.
- Shuichi…. Gronda Yuki
- Voui ?? demanda presque innocemment le jeune homme
- Grmph !
Shuichi se mit à ricaner devant les mimiques de sa moitié. Devant le regard noir qu'il reçut il se dit que peut être, il ne faudrait pas trop l'énervé.
Finalement lui aussi à bout, il se releva et se laissa retomber sur la colonne de chair de son homme, entrainant de part et d'autre des grognements de satisfaction.
Shuichi cambré, la tête en arrière, les yeux fermés se mordillant la bouche était aux yeux de Yuki l'incarnation parfaite d'un ange débauché.
Ange qui une fois en mouvement fit voir les étoiles au beau blond.
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Epuisés, essoufflés, fatigués, les deux amants se retrouvèrent collés et en sueur l'un à l'autre.
Shuichi s'était laissé retomber sur le torse de son Yuki tout en essayant de reprendre une respiration normale. Chose relativement difficile, lorsque l'objet de vos fantasmes et collé à vous et vous caresse de façon distraite, mais terriblement excitante, le dos.
Les moments coquins avec Shuichi avaient toujours été excellents, mais Yuki devait bien le reconnaître, entre hier soir et ce matin ils étaient passés de excellents à extraordinaires.
Une véritable connexion existait à présent entre eux. Cela faisait cliché, pensa le romancier, mais c'était véritablement ce qui ce passait, ils n'avaient plus besoin de mots. Jamais au grand jamais Yuki n'aurait cru un jour cela possible avec quelqu'un.
Il en était là de ses réflexions lorsque l'estomac sur pattes qui lui servait d'amant émit un borborygme ressemblant vaguement à un « J'ai faim ».
- Tu ne penses qu'à manger ma parole ?
- C'est pas ma faute ! Une certaine personne n'arrête pas de m'épuisé depuis hier soir…
- Et là maintenant tout de suite c'était ma faute aussi ?
- Voui ! Fallait pas me regarder comme ça !
- Comme quoi ?
Shuichi se rapprocha de son Yuki et lui murmura à l'oreille comme si ce qu'il allait lui dire était un secret ardemment défendu.
- Amoureusement, répondit-il.
Eiri ne répondit pas tout de suite, regardant son ange débauché dans les yeux. Quelques secondes passèrent dans un silence confortable où chacun se perdaient dans les yeux de l'autre.
Finalement Yuki se leva, toujours sans un mot, pour aller prendre le combiné téléphonique et par la même commander de quoi sustenter l'estomac de sa moitié.
Durant toute la conversation, l'écrivain avait encré son regard dans les yeux de son amant qui attendait autre chose.
Une fois qu'il eut fini sa commande, il raccrocha, prit son paquet de cigarette, et se posa sur le bord de la table, toujours en regardant son homme.
Il alluma sa cigarette, tira une première bouffé et dit comme si la conversation n'avait jamais été interrompue :
- Peut être bien, oui.
Shuichi ne répondit pas trop heureux qu'il était. Il arborait seulement un immense sourire qui valait toutes les réponses pour Yuki.
Le reste de la matinée se passa ainsi entre douceur et tendresse. Cela aurait pu continuer ainsi toute la journée si Shuichi n'avait pas parlé de choses qui fâchent.
- Dis Yuki, tu crois que tout à l'heure on pourrait sortir un peu ?
- Et moi qui croyais que tu étais bien avec moi dans ce lit !
- Mais j'y suis très bien ! N'en doute pas ! … C'est juste que vers 14h Tôji s'en va et j'aurais voulu lui dire au revoir.
- QUOI !!IL N'EN EST PAS QUESTION?? Tu te rends compte j'espère que si tu vas le voir tu risque de la voir elle ?
- Mais je veux pas la voir elle, je veux juste dire au revoir à Tôji, c'est pas pareil !
- Il nous a assez pompé l'air ce gamin, pas la peine d'adieux.
- Yuki t'es méchant ! Il a rien fait lui c'est pas sa faute !
En colère Shuichi se retourna sur le côté inverse à son amour et se mit à bouder.
Comment en étaient-ils passés de "amants fou amoureux" à "amant se faisant la gueule" en quelques secondes, se demanda l'écrivain ?
N'ayant pas vraiment envie de se disputer avec celui qu'il aimait le blond du faire preuve de beaucoup d'imagination pour se faire pardonner. Et bien sur le fait d'aller dire au revoir au gamin était une condition sine quoi non.
C'est à cause de cela que le romancier se trouva à 14h dans le hall de l'hôtel à attendre la venue de cet horripilant gamin. Il va sans dire que le dit romancier faisait la gueule. Il aurait préféré, lui, garder la chambre et continuer à faire pleins de cochonneries à son amant.
- Ne boude pas comme ça, on aura tout le temps après ! lui répliqua son amant en le voyant faire la gueule.
- Ouais ouais, mais sache qu'après je n'aurais peut être plus envie, bouda celui-ci
- Alors il sera en mon devoir de trouver ce qui pourrait bien de redonner l'envie…
- Ca risque d'être dur
- J'espère bien !
- …
- …
- Depuis quand étais devenu aussi pervers que ça ?
- Je te l'ai dit, j'ai eu un très bon professeur…
- J'ai hâte de voir ça
- J'ai hâte de te le montrer
- Alors qu'est ce qu'on fait là ?
- Dis moi, tu n'es pas légèrement agacé de laisser partir cette femme en croyant qu'elle a réussi à nous séparé ? Personnellement je m'en voudrais si elle le croyait vraiment.
- En plus d'être devenu pervers tu es aussi devenu manipulateur et retord.
- Je te l'ai déjà dit j'ai vraiment eu un très très bon professeur. Il serait dommage qu'elle se fasse des idées.
Shuichi se retourna vers son amant un immense sourire aux lèvres. Derrière cette tignasse rose se cachait donc un fin conspirateur. Néanmoins, Yuki se doutait qu'il agissait ainsi uniquement parce que lui-même était impliqué, Shuichi étant une vraie tête de linotte exception faite lorsqu'il s'agissait de son couple.
Shuichi voulait donc s'amuser avec cette femme ? Et bien Yuki allait s'en donner aussi à cœur joie lui aussi.
Ils patientèrent encore quelques minutes dans le grand hall d'entrée de l'hôtel quand, tout à coups, Yuki les repéra de loin. Cela ne fut pas bien difficile. Izumi criait sur son fils alors que celui-ci tirait tristement sa petite valise. Pour peu l'écrivain en aurait appelé les services sociaux.
La dispute entre mère et fils s'arrêta nette lorsque tous deux virent les deux hommes. Tôji retrouva son immense sourire et accouru vers Shuichi trop content de le revoir une dernière fois avant son départ. Izumi, elle, balança sa longue chevelure en arrière, bomba sa poitrine et s'avança vers Yuki d'un pas conquérant, espérant dans une ultime tentative de séduire le beau blond.
- Shuichi, chuis trop content de te voir avant de partir ! s'exclama le plus jeune
- C'est pour ça que je suis là, répondit le chanteur avec un sourire. Après tout on risque de ne plus jamais se revoir. Il fallait bien qu'on se dise au revoir.
- Tu crois qu'on se reverra plus ? C'est trop triste.
- Tu sais Tokyo est une très grande ville, en plus lorsque j'y serais j'aurais pleins de choses à faire… Et si je ne les fait pas je risque de recevoir une balle perdue ! tenta-t-il de plaisanter, même si la vérité n'était pas loin.
- Une balle ? demanda le garçon sur un ton étonné.
- Oui, mais disons que c'est une longue histoire. Oublie ça !
L'enfant le regardait perplexe, mais ne rajouta rien. Cette histoire de balle semblait trop bizarre.
Pendant que Shuichi et Tôji discutait joyeusement, Izumi ne lâchait pas l'écrivain du regard et celui-ci le lui rendait bien. La jeune femme espérait trouver dans le regard du beau blond un quelconque signe lui prouvant que la soirée entre les deux hommes c'étaient mal fini. Elle espérait de ce fait pouvoir le revoir tout à loisir lorsqu'ils seraient tous de retour à Tokyo.
Mais le romancier avait un micro sourire aux lèvres qui voulait dire tout sauf ce qu'espérait la jeune femme.
- Quel dommage que vous partiez tous les deux, n'est ce pas Izumi-san ? demanda le chanteur avec une petite voix guillerette.
- Oui effectivement, répondit-elle.
- Mais d'un autre côté aujourd'hui on devait aller au zoo et très franchement je ne m'en sens pas la force.
- Vous êtes malade Shuichi-kun ? demanda-t-elle.
- Oh non non, ne vous inquiétez pas c'est juste que je n'ai pas pu beaucoup dormir cette nuit. Voyez vous on a beaucoup discuté hier soir tous les deux. Ca a été très long. Mais grâce à vous je suis on ne peut plus heureux ! Au fait merci Izumi-san.
Comme pour appuyer les dires de son amant, Yuki passa très possessivement un bras autour de la taille de son chanteur.
La secrétaire les regarda tous les deux bouche-bé ne s'attendant visiblement pas à un tel retournement de situation après les avoir vu partir hier soir en colère. Mais tout ce que pu dire le musicien ne fut pas autant significatif que ce bras passé autour de lui par le blond qu'elle espérait faire sien. Comment avait-elle pu perdre face à un tel gamin ? Elle qui avait tout pour plaire !
Voyant que la jeune femme allait répliquer quelque chose, Yuki la devança.
- Shuichi, Tôji allaient donc appeler un taxi, on vous rejoint.
Les deux hochèrent la tête et commencèrent à avancer vers la sortie de l'hôtel.
- Ca fait mal n'est ce pas ? Croire que l'on peut avoir quelqu'un rien qu'avec des œillades est très présomptueux, surtout pour vous. Quand comprendrez-vous tous autant que vous êtes, que je suis bien avec lui, qu'il est ce qu'il me faut ? Vous y avez cru, vous êtes tombé sous le charme d'une image en papier glacé mais vous n'avez jamais cherché à voire plus loin. Lui si, et c'est ce qui fait toute la différence. Ca et son adorable petit cul évidemment! Alors maintenant vous allez suivre votre fils sans faire d'esclandres, sans faire de crises, vous allez monter dans ce taxi et disparaître au plus vite. Je ne veux plus voir. Faites ce que je dis sinon vous risquez de le regretter. Je peux être très médisant quand je le veux.
Il se retourna et planta là la jeune femme qui n'en revenait pas de s'être fait larguer de la sorte.
L'écrivain rejoignit son amant sur le parvis de l'hôtel, et attendit la jeune femme. Celle-ci relativement remise de son choc, affichait un sourire figé et contrit. Le taxi n'attendant plus qu'elle, elle posa sa valise dans le coffre et rentra dans la voiture sans un regard en arrière.
Son fils, qui salua une dernière fois les deux hommes, fut rappelé à l'ordre par sa mère visiblement impatiente de partir de cet endroit.
La portière claqua emmenant avec elle la secrétaire et son fils.
- Et bien enfin seul! J'ai cru qu'on s'en débarrasserait jamais, dit l'écrivain
- Hum, je suis quand même un peu triste pour Tôji, il avait l'air si malheureux.
- Bof en s'en fout
- Yuki c'est méchant de dire ça!
- Seulement réaliste. Bon on fait quoi? T'es vraiment fatigué ou bien…
- Mon cher Eiri sache que tu as déjà fait bien pire en une seule nuit. Et non je ne suis pas fatigué.
- Tu ne devrais pas trop me chercher Shuichi… j'ai encore quelques réserves…
- J'espère bien! Mais pas maintenant, je voudrais qu'on aille au Cap Manzamo
- Où ça?
- Au cap Manzamo, c'est un grand promontoire calcaire d'où on a une vue magnifique!! Que ça va être romantique!
- Super…
- Un peu plus d'entrain veux tu? Dois je te rappeler ce qui c'est passé hier soir?
- C'est bon pas la peine, ma joue s'en souvient encore.
- Parfait ! Alors allons chercher nos affaires et on y va!
Les deux hommes regagnèrent leur chambre et prirent leur sac. Après tout les vacances n'étaient pas encore finies, elles allaient être juste plus calme sans les deux autres.
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Shuichi marchait d'un bon pas, un immense sourire aux lèvres. Le soleil était haut dans le ciel, il avait chaud mais en aucuns cas il aurait changé sa place avec un autre. Il était enfin seul avec son Yuki d'amour et comptait bien en profiter.
Leur promenade les mena vers un immense promontoire calcaire : le cap Manzamo.
Le chanteur était euphorique. La vue qui s'offrait à lui était magnifique. De côté le pic rocheux semblait comme troué par l'érosion de la marée. Shuichi s'amusa à le comparer à ce fromage français, plein de trous que lui avait fait goûter Ryûchi, dans l'une de ses périodes « pro – cultures étrangères». (1)
Mais de face la pointe rocailleuse ressemblait à un vaste plateau où visiblement se promenaient tous les amoureux en vacances.
Ne laissant pas le temps à sa moitié de réagir, le plus jeune attrapa la main de son compagnon et l'entraîna vers le bord du plateau.
- Baka ! Qu'est ce que tu fous tu veux te jeter par-dessus bord ? demanda un blond en colère.
- Mais non, je veux juste une photo de toi et moi près du bord avec en arrière plan la mer et les autres rochers.
- Mais bien sur, et tu crois que je vais être d'accord. Comme si on n'était pas photographiés assez souvent comme ça !
- Mais là c'est pas pareil ! C'est pour notre album photo personnel.
- C'est pareil une photo reste une photo.
- Allez joue pas les rabats joie
- Je ne suis pas un rabat joie
- Alors fais cette photo avec moi comme ça tu ne m'entendras plus râler.
Mais chose qu'ignorer le chanteur, cela faisait maintenant bien longtemps que le romancier aimait bien entendre râler son homme. Ca voulait dire que Shuichi allait bien, un peut comme le faite qu'il n'arrête jamais de parler.
- D'accord d'accord, je capitule trouve quelqu'un et on fera cette photo vu que visiblement je ne peux pas mis soustraire.
Ravi comme un paon, le chanteur se dépêcha de trouver quelqu'un avant que son Yuki ne change d'avis. La chose fut assez aisée, vu que tout le monde chercher une tierce personne pour l'aider à se faire photographier avec son ou sa chérie. Une petite entraide plus tard et deux couples partaient heureux d'avoir pu se faire photographier devant ce sublime paysage.
- Dis mon Yuki, on va s'asseoir un moment près du bord ? J'ai envie de faire pendre mes pieds dans le vide.
- Pour que tu finisses en bas ? Non merci
- C'est bon je vais être prudent, en plus tu seras là pour me protéger.
- Si tu crois que je vais sauter pour te récupérer tu te trompes
- Méchant !! Ben j'y vais quand même
Se doutant que même en faisant attention, son amant finirai par ne serait ce que s'égratigner un genoux, le romancier n'eut plus que le choix de le suivre.
Shuichi se trouva un petit coin tranquille à l'écart des autres touristes et s'assit au bord du précipice. Il jeta un coup d'œil vers le bas et admit que son amant n'avait peut être pas tout à fait tort. C'était tout de même très très haut. Se reculant prudemment, pour n'avoir finalement que le bout des pieds dans le vite, il s'aperçut que son homme arrivait.
Sans un mot Yuki s'assit à ses côtés et contempla le paysage qui s'étendait devant lui.
Doucement, sans faire de bruit, le chanteur se rapprocha de son homme, pour finir coller à lui en sécurité contre son torse. Eiri, pour une fois, ne dit rien, il préférait un moment de calme avec son ange, plutôt qu'une énième phrase du style " je te l'avais bien dit".
- Dis Yuki tu ne trouve pas ça joli ?
- Oui, c'est un très beau paysage de carte postale.
- On devrait faire une photo tous les deux assis là – devant le regard noir de son amant il s'empressa de rajouter – ou peut être pas. Après tout on a assez !... Mais disons que ça aurait été de bon ton avec le nom de l'endroit.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Et bien j'ai lu que Manzamo voulait dire "10 000 hommes assis" donc une photo assis ensemble ça aurait été sympa. Mais bon…
- Arrête tes yeux de chien battu et donne moi ton appareil.
Obéissant, Shuichi lui confia son précieux objectif avec tous leurs souvenirs de vacances dedans.
Yuki se colla un peu plus à son amant, tendit le bras et prit la photo telle quelle.
- Voila c'est fait
- Mais… elle est de travers… et puis on voit pas qu'on est assis.
- Peut être mais je la trouve très sympa comme ça
- Ouais peut être…
Tout de même déçu, le musicien se retourna pour contempler la mer. Exaspéré de ne pas voir son ange sourire, Yuki se résigna une fois de plus et se leva pour trouver une bonne âme qui voudrait bien les photographier tous les deux assis.
La bonne âme en question ne fut guère plus difficile à trouver que la première, et c'est donc un Shuichi tout sourire qui se tenait dorénavant collé contre le torse de son amant.
De paisibles minutes passèrent où aucuns des deux ne parlaient. Le silence les entourant leur suffisait.
Le calme ambiant était propice à la réflexion. Si pour le chanteur le simple fait d'être collé à son amant tranquillisait son énergique esprit, le romancier, lui, laissa vagabonder ses pensées.
Il devait bien le reconnaître, il était bien, assis là avec son Shû-chan contre lui, profitant de la fin de ses vacances bien méritées.
Dire qu'il avait failli le perdre hier soir, et pour du bon cet fois ci! Jamais il le l'avait vu dans un tel état d'énervement. Une vraie furie. Et avec la main leste en plus. Il n'aurait jamais cru que son Shuichi pouvait avoir autant de poigne et de rage pour lui mettre une telle claque. Le romancier d'ailleurs se promis de ne jamais oublier ce détail. Un Shuichi vraiment en colère pouvait faire mal. Très mal.
Tout à ses pensées il laissa vagabonder son regard vers les autres couples qui se trouvaient autour d'eux.
Des dizaines et des dizaines des personnes étaient assis là en couples, se tenant tendrement la main, assis l'un contre l'autre, la tête posée sur l'épaule de l'autre… il y avait même un couple allongé dans un petit carré d'herbe en train de se reposer en admirant le paysage.
Yuki se dit que finalement eux deux ne paraissaient pas si incongrus que ça dans un tel endroit.
Le soleil tapait fort en cet après-midi, et Eiri commençait à mourir de soif.
- Shuichi, je vais acheter de quoi boire. Tu veux quelque chose?
- Je veux bien à boire moi aussi. Tu veux que je t'accompagne?
- Non c'est bon reste là, j'y vais, dit-il en s'éloignant déjà
- Merci mon Eiri, revient vite, lui cria le chanteur en agitant la main en signe d'au revoir.
Ok niveau discrétion ils pouvaient faire mieux, mais Yuki devait bien avouer que le simple fait d'entendre son Shuichi lui dire de vite revenir lui plaisait énormément. Quelqu'un l'attendait enfin.
Il trouva facilement un vendeur ambulant à qui il acheta deux bouteilles d'eau pour son bubble-gum et lui-même. Alors qu'il s'apprêtait à faire demi tour pour rejoindre son amant, son regard fut attiré par une petite échoppe vendant tous pleins de babioles destinée aux touristes.
Son regard fut attiré plus précisément par tout un tas de bagues en verre aux couleurs chatoyantes. Elles étaient assez simples dans leur forme, un simple anneau, mais leurs couleurs faisaient que l'on était irrémédiablement attiré vers elles.
Des bleues azurs, des rouges carmins, des vertes émeraudes, des jaunes poussins, des violettes améthystes… toutes les couleurs de l'arc en ciel.
Yuki en pris une en main et la fixa avec attention.
Je suis sûr que ça plairait à mon baka ça!
Ce trouvant trop romantique pour le coup, il allait la reposer lorsque le vendeur s'approcha de lui et lui dit :
- Je suis sûr que cette bague fera plaisir à votre petite amie!
- …
- En plus la violette est souvent la couleur que préfèrent les jeunes femmes… Où est cette charmante demoiselle que nous lui essayons cette bague pour la taille? Demanda le vendeur avec le sourire "j'ai piégé un touriste de plus" sur les lèvres.
Pensant à la "charmante demoiselle" en question le romancier répondit :
- Il est resté assis plus loin.
- Ah bien, rétorqua le vendeur avec le sourire figé de celui qui avait compris.
- Je vais prendre celle-ci, je suis sûre qu'elle lui ira – puis sur le ton de la confidence il rajouta – je connais bien ses délicieuses mains – histoire de le déstabilisé un peu plus.
- Ah d'accord… ça …ça vous fera 850 yens (2)
L'écrivain paya son achat, prit le petit sachet que lui tendait le vendeur et reparti en direction de la falaise.
Son chanteur d'amant l'attendait sagement là où il l'avait laissé. Assis, appuyé sur ses bras tendu en arrière il laissait le soleil lui léché la peau, les pieds se balançant finalement dans le vide.
Un sourire taquin sur les lèvres, le blond se rapprocha du jeune homme et posa, sur son cou, la bouteille d'eau glacée qu'il avait ramené avec lui.
- Eh! C'est froid! S'exclama le chanteur en sursautant. En plus tu m'as fichu la trouille!
- Désolé mais c'était trop tentant, répondit Yuki un sourire sur les lèvres.
Ebahi par la réponse, mais surtout par ce si rare sourire, Shuichi ne trouva rien à redire. Son homme se rassit à ses côtés comme si de rien n'était, surprenant encore plus le chanteur.
Ce dernier s'était attendu à devoir partir dès le retour de son amant, celui-ci n'aimant guère les grandes démonstrations de sentiments en public. Alors quand il s'était rassit, prolongeant par là le doux moment qu'ils passaient, il n'en revint pas.
Yuki, son Yuki acceptait de passer encore un moment au calme rien que tous les deux. Oubliant les centaines de personnes autour d'eux qui se prélassaient elles aussi au soleil, le chanteur se colla de nouveau à son amour, appréciant la proximité de leur deux corps.
Tout en étant appuyé contre son chanteur, Yuki caressa distraitement la bague dans sa poche.
La question que le blond se posait n'était pas de savoir pourquoi il l'avait acheté mais plutôt de savoir quand il allait lui donner. Parce que s'il avait admis que le simple fait de voir sourire son Shuichi le comblé, il n'était pas sûr que recevoir un Shuichi extatique d'avoir eut un cadeau de sa part, dans ses bras en plein milieu d'une foule de badauds, bien que cela lui aurait fait plaisir, n'aurait pas été dés plus discret.
Non il faudrait un endroit calme et isolé, histoire de profiter au maximum du chanteur qui voudrait très certainement le remercier à sa façon.
Qu'il adorait les remerciements du chanteur.
Fort de cette décision le romancier proposa à son compagnon de partir du Cap Manzamo pour aller se balader.
Shuichi tout heureux que son Yuki veuille "aller se balader" avec lui, accepta avec joie.
C'est ainsi que les deux hommes main dans la main se mirent à flâner à droite à gauche comme n'importe quel petit couple.
Le chanteur en profita pour finir complètement l'achat de ses cadeaux souvenirs. Il n'avait rien ramené à ses parents! Un détour par un marchand qui vendait de superbes Laques plus tard, dont Okinawa était le fer de lance, c'est un Shuichi heureux qui se laissa volontiers guider vers le petit jardin qu'ils avaient trouvé près de leur hôtel.
Enfin seul au monde comme dirait Shuichi, Yuki se décida à offrir la bague qu'il lui avait acheté.
- Voilà, je voulais qu'on vienne ici pour que je puisse te donner ceci tranquillement, dit-il légèrement nerveux.
- Quoi c'est pour moi? Qu'est ce que c'est? Tu m'as acheté quelque chose mon Yuki d'amour?
Le "Yuki d'amour" en question se dit qu'il avait bien eu raison d'attendre pour lui donner cette bague puisque Shuichi devenait extatique.
- C'est juste… pas grand-chose en fait… je l'ai vu et je me suis dit que ça te ferait plaisir… alors voilà.
Il sortit son petit présent de sa poche et le tendit à son amant. Celui-ci ouvrit le petit paquet et s'extasia sur son contenu.
- Woaw… elle est vraiment trop belle cette bague.
Il essaya de la glisser à son majeur mais n'y arriva pas.
- Oh non! Elle est trop petite. Tu crois que si on retourne voir le vendeur il nous l'échangera, demanda-t-il plein d'espoir. Je veux porter cette bague!!
- C'est parce que ce n'est pas le bon doigt. Je connais tes mains par cœur, je ne me serais pas autant planté. Donne voir…Tiens tu vois que j'avais raison, répondit-il en lui enfilant la bague.
- Mais… Eiri… elle… elle est à mon annulaire gauche…
- Je sais… c'est en attendant d'en avoir une vraie.
Pour une fois Shuichi resta muet totalement surpris, la bouche grande ouverte, comme s'il voulait dire quelque chose sans y parvenir.
Si Yuki s'était attendu à une réaction, ce n'était pas celle là. Il était totalement désarçonné.
- Euh… si tu veux pas je… euh… je comprendrais… je suis pas dès plus facile à vivre… alors je humph…
Shuichi venait de lui sauter dessus, les renversant tous les deux sur le banc, et l'embrassait avec fougue.
"Ah qu'en même, enfin une réaction qui lui ressemble"
Ils s'embrasèrent jusqu'à manquer d'air et c'est à contre cœur que Shuichi lâcha son Yuki d'amour.
- Comment tu peux croire que je ne voudrais pas t'épouser? Tu sais très bien que j'en rêve!
- Ta réaction n'était guère des plus encourageante.
- Tu plaisantes! Yuki, le grand Yuki, me dis qui m'aime hier soir et me propose de l'épouser aujourd'hui. Y'a de quoi être étonné non?
Yuki ne répondit pas. Son bubble-gum rose avait raison, ça ne lui ressemblait vraiment pas d'être si romantique, si fleure bleue. Mais après tout si c'était pour Shuichi il pouvait bien le faire, non?
Le chanteur toujours allongé sur son compagnon, se releva et s'installa à califourchon sur son blond d'amant.
- Dis Eiri… tu ne voudrais pas me poser la question?
Devant l'air vraiment étonné et totalement perdu de son petit ami, Shuichi rajouta :
- Oui, tu sais… celle qui va avec cette bague, rajouta-t-il en lui montrant cette dernière, s'il te plait Eiriiii….
D'habitude voir le chanteur avec cette moue contrite limite aux bords des larmes satisfaisait le côté sadique de l'écrivain. Mais il s'était aperçu que depuis quelque temps déjà ce n'était plus le cas.
Comme aujourd'hui, comme hier soir.
Alors voulant faire retrouver le sourire à son Shû-chan, le romancier se releva, gardant son chanteur sur les genoux et prononça la phrase magique.
- Shuichi veux-tu m'épouser?
Le sourire éclatant du chanteur aurait pu éclairer toute une ville. Il ne put qu'hocher la tête trop ému pour arriver à dire quoique se soient d'autre, les larmes menaçant de tomber.
- Mon idiot, ajouta Yuki un doux sourire aux lèvres.
Il captura une nouvelle fois les lèvres de son, maintenant, fiancé et se rallongea avec lui sur le banc.
"Oui, définitivement, qu'ils étaient bons les remerciements du chanteur".
A SUIVRE
Le 02/08/08
(1) 850 Yen japonais 5.01985 Euro
(2) Tout le monde aura reconnu notre bon vieux gruyère? C'est bien vous suivez !
Commentaire de fin :
Alors voila j'espère que ça vous aura plus parce que ce chapitre m'a donné un peu de fil à retordre!
Ils sont pas mignons tous les deux à la fin. Yuki c'est enfin complétement dégelé. Il était tant!!
Par contre grande nouvelle : le prochain chapitre sera le dernier! snif toutes les bonnes choses doivent avoir une fin. Et pour ceux ou celles qui se le demande : non pas de mariage! Le dernier chapitre sera plus court il servira d'épilogue.
Merci encore pour vos review elles me font chaud au coeur!!
