Voici le chapitre deux :) ! MERCI BEAUCOUP pour vos reviews, ça m'a vraiment fait plaisir !

ENJOY IT !


« Tu sais, j'attends toujours des excuses pour ta conduite. »

Holmes fit la sourde oreille. L'appartement lui manquait déjà, tout comme ses petites expériences, mais il devait rester concentré sur l'affaire. Après tout, la vie de l'un des hommes de l' « atelier » était en danger. Ses doigts se posèrent sur les petites photos disposées devant lui. Les suspects. L'un d'eux se faisait passer pour un homosexuel confirmé, mais n'était en réalité qu'un homophobe de plus sur la Terre. Mais un homophobe dangereux.

« Sherlock, cesse de m'ignorer, bon sang ! »

Le brun s'allongea sur le canapé, mit ses mains derrière sa tête, et ferma doucement ses paupières. Il savait que s'il ne s'excusait pas maintenant, la situation allait dégénerer rapidement, ce qui pouvait mettre en péril leur mission. Mais le détective avait encore certains points à éclaircir concernant son ami. Un sourire torve fendit ses fines lèvres.

« Qu'est ce qui te gènes, John ? Tu as peur qu'on frôlant mon corps sublime, tu ne passes de l'autre côté de la barrière ? »

Il savait que le médecin venait de faire un pas en arrière tout en rougissant considérablement. Sherlock avait toujours été direct, parfois cru, dédaignant la subtilité. Le blond s'approcha du canapé, les poings serrés :

« Bien sur que non, voyons ! Je suis hétérosexuel, Sherlock, j'aime le corps des femmes !

-Alors pourquoi as-tu été incapable de faire l'amour a Sarah, il y a une bonne semaine ? »

Un silence glacé s'abattit sur la pièce. Le brun sentit immédiatement qu'il venait de faire une boulette et se redressa, guettant l'instant ou le coup allait partir. Mais le médecin restait sans réaction, horrifié, gêné, la bouche entrouverte par tant de culot. Il se recula, s'adossant à la fenêtre, alors que son menton tremblait.

« Je…Je n'y crois pas, tu as…Comment… Tu… ?

-J'avais ton téléphone, à ce moment là. Elle a envoyé un message destiné à te consoler, mais en fait je crois qu'elle était très vexée de cette panne, c'est normal, vu que…

-LA FERME ! »

Oui, Watson était rarement grossier. Mais la révélation, l'attaque brutale faite par son collègue venait de le poignarder d'un coup sec, et il sentait quelques larmes lui picoter les yeux. Bon sang, que cet homme avait le don de le rendre fou. Mais plus qu'en colère, le blond se sentait humilié. En effet, il n'avait pas été capable de faire l'amour à Sarah, et avait préféré s'enfuir après une vague excuse. Il n'avait pas pu la toucher car il avait eu envie d'autre chose. Quelque chose de plus plat. De plus blanc. De plus insupportable, aussi. Cette pensées l'avait effrayée.

« …John…

-Laisse-moi…J'ai…Besoin d'air… »

Il ne prit pas la peine de mettre son manteau, et s'en alla, claquant la porte derrière lui. Il avait besoin de boire quelque chose de fort, et de penser à autre chose. Il n'arrivait pas à croire que non seulement Sherlock avait fouillé dans sa vie la plus intime, mais qu'en plus il avait touché juste sur le sujet de ses peurs.

Le brun n'avait pas bougé. Il se repassa rapidement la scène dans la tête, songeur, et se massa les paupières. Il n'aurait pas du dire ça, pas aussi brutalement, en tout cas. Mais quel bien ça lui avait fait de forcer John à réaliser que Sarah ne l'excitait plus ! Sherlock haïssait Sarah.

S'ébrouant, il alla se poster de nouveau devant les images. Cinq photos. Cinq petites photos. Et d'après Lestrade, l'un de ces hommes voulait faire éclater l'atelier. Tout entier. Pour tuer le gérant, principalement, un photographe de grande renommée dans le quartier, et Londres. Evidemment, la victime, ayant reçue deux lettres de menace, avait été placé loin d'ici, en lieu sur. Sherlock sourit. Cinq hommes, n'est ce pas. Et aucun de ceux-là n'était coupable.

Il consulta sa montre : huit heures cinq. A neuf heures, le médecin serait de retour.

"..."

« Salut mon chéri, qu'est ce qu'un beau gosse comme toi fait tout seul ? »

Watson eut un sourire indulgent pour le travestit qui lui faisait les yeux doux, et avala la dernière gorgée de son troisième whiskey. Il était dix heures passées, et son portable ne cessait de vombrir dans sa poche. Il ne voulait pas le regarder, sinon il savait qu'il finirait par rentrer, et pardonner au brun. Il ne voulait pas. Pas comme ça.

« Je me suis epr..Embrouillé avec quelqu'un que j'aime beaucoup…

-Un vilain garçon ?

-Un très vilain garçon…Et beau comme un diable… »

Le travestit hocha pensivement la tête. Il connaissait bien ça, lui aussi. Agacé par son portable, John le posa violemment sur la table. Il vibrait quasiment en continue. Le travestit eut l'air étonné :

« C'est lui qui… ?

-Oui…Il doit s'ennuyer, cet imbécile.

-Ou bien il s'inquiète ? »

John soupira. Il aurait aimé voir arriver le brun inquiet, oui. Et sans son air condescendant, aussi, mais c'était impossible. Sherlock devait être dans le canapé, furieux que le blond l'ignore. Voila tout.

« Et vous deux…C'est sérieux ? »

Et l'autre qui en rajoutait une couche.

« Très. On n'o…Peux pas se passer l'un de l'autre, on habite ensemble, on travaille ensemble… »

Le médecin faillit s'étrangler avec sa langue en réalisant que cette phrase était parfaitement vraie. Ils pourraient passer pour un couple sans le moindre problème. Mais cette histoire de contact le perturbait tout de même au plus haut point. Son esprit dériva doucement. Déjà, il voulait des excuses. Pour plein de choses. Ensuite… Ensuite il allait devoir faire avec. Tout simplement.

« Et…Au lit ? Ca marche aussi ? »

Watson sursauta. Mais c'est qu'il s'intéressait, le bougre ! Le blond eut un vague sourire, peut être du à l'alcool, et se mit à décrire de façon particulièrement détaillée l'une des parties de jambes en l'air fictive pratiquée avec le détective. Tout y passait, les baisers, les préliminaires…Et Watson semblait y prendre goût, tout en lapant son cinquième verre. Et les images, les images qui défilaient dans sa tête, oh, ces images ! Sherlock nu, souriant d'un air mauvais, le provocant, encore et toujours, le cou offert, Sherlock dans une douche, les cheveux trempés, les joues rosies, la langue entre les dents, Sherlock subissant ses assauts torrides, en gémissant, les doigts serrés dans les draps…

« …Ca me fait rêver, tout ça, mon chéri…Tu devrais rentrer, tu sais, et aller lui faire l'amour, à ton copain.

-Paaas la peine d'y aller. Il est sur'ment en train d'me surveiller. »

Watson tapa sèchement du poing sur la table, et le travestit eut un sursaut avant de lever ses yeux vers la porte. C'était lui, l'apollon, alors ? Ce type qui avait l'air froid comme un glaçon, de mauvaise humeur, et hautain comme pas deux ? Le travestit décida dans l'instant qu'il n'aimait pas cet homme. Qu'il ne méritait pas le blond a la sacrée descente.

« John. Il est temps que tu te couches. On a une journée remplie, demain. »

Sherlock posa sa main sur l'épaule du médecin. Ce fut sa première erreur. Le blond se leva d'un bond, lui saisit le poignet, et d'un geste précis lui retourna le bras. Le brun poussa un cri étranglé de surprise, et se prit la table dans le ventre, le forçant à se plier en deux. Watson, collé à son dos, souriait.

« On n'fait plus l'fier, hein ?

-John, ne m'abimes pas, s'il te plait. Dis-moi, d'après ce que je sens, tu as l'air content de me voir, non ? »

Le blond relâcha instantanément son étreinte, et fit deux pas en arrière. Il fourra les mains dans ses poches, salua d'un geste du menton le travestit, et partit en sens inverse. Sherlock le regarda partir en massant son épaule endolorie.

« Vous ne le méritez pas, vous le savez, au moins ?

-Oui. Mais lui ne sait même pas tout ce qu'il représente pour moi. »

Le travestit avait vu bien des hommes défiler dans sa vie, et devant ses yeux. Et celui-là, ce grand homme mince aux yeux bleus aciers, lui paraissait le plus sincère d'entre tous. Une moue moqueuse se forma sur ses lèvres pleines de rouge à lèvres.

« Et bien qu'attendez vous pour le lui faire comprendre ? Il souffre. Il a peur. Je le sens.

-Vous feriez peut être un bon policier, un jour, qui sait. »

Sherlock ne voulu pas admettre qu'il couru jusqu'à l'hôtel, et fut soulagé de trouver le blond dans un fauteuil, l'air bien réveillé et encore un peu énervé.

« Et bien, je ne te savais pas violent comme ça quand tu bois. La prochaine fois je serais plus prévoyant.

-Je ne veux pas de prochaine fois, Holmes. Je ne veux plus avoir à boire pour oublier à quel point tu es parfois un être abject. »

Le brun s'arrêta. Ca faisait toujours un peu mal, ce genre de vérité qui claque dans le silence. Sherlock enleva son manteau, le jeta par terre, entrouvrit sa chemise qui le gênait. Puis, il alla s'agenouiller juste devant le médecin, le transperçant de ses yeux délavés.

« Regarde-moi, John. Qu'est-ce que tu vois ?

-Un sale type.

-Mais encore ?

-Un type…Qui sort de la normale.

-Tu me flattes. Regarde bien.

-Je vois, de beaux yeux ?

-Continues.

-Des yeux qui brillent. De tristesse. Non, pas de tristesse. C'est pas ça. »

Sherlock pencha la tête sur le côté, entrouvrit les lèvres, et ses yeux brillèrent. Il avança son visage triangulaire vers le blond qui ne bougeait pas d'un poil, comme assommé.

« Regarde. Aller.

-Du désir. »

Sherlock allait dire « bingo ! » avec une voix aigre , mais il n'en eut pas le temps. Il vit pourtant les changements qui s'opérèrent chez Watson lorsque celui-ci eut trouvé la bonne réponse. Epiderme qui se révolte, pupilles qui se dilatent, pouls qui s'accélère. Mais jamais il n'aurait cru bon de se relever, s'il avait voulu échapper au baiser qui suivit. Heureusement, il ne voulait pas y échapper.

John était déconnecté de la réalité. Il voyait Sherlock devant lui, lui parler, mais son jeu de devinette lui pesait, et sa tête avait très envie d'exploser. Puis, il y avait eut ce mot. Désir. Bouh ! Que ce mot est peu esthétique, aurait dit le détective. Mais voila. Les images étaient revenues. Et là, le médecin avait eut la très agréable vision d'un Sherlock allongé sur le tapis, gémissant, ses deux mains fourrées dans ses cheveux blonds alors que lui, sa bouche au niveau de l'entrejambe du détective, s'appliquait à…

Il l'avait embrassé. D'un coup. Sans réfléchir. Lui mordant un peu les lèvres peut être. Puis, il s'était écarté, et jamais il n'avait vu un regard plus tendre que celui du brun.

« Considère ça comme mes plus plates excuses. »

Watson savait qu'il disait la vérité. Il tiqua en voyant l'autre essuyer avec sensualité une goutte de salive au coin de sa bouche avant de se lever.

« Bonne nuit, John. »

Le blond était presque sur que le détective était heureux de savoir que cette nuit serait désastreuse pour son sommeil.


TADAAAAM. Reviews :) ?