Et voilà un très gros chapitre, le chapitre 7! Un gros rapprochement Delena en perspective (il ne faut pas oublier que plusieurs semaines sont passées...), j'espère que le tout restera crédible et que ça vous plaira;)


Le lendemain matin, le téléphone d'Elena sonna, la sortant de son sommeil. Elle sursauta et, encore ensommeillée, tendit la main au hasard pour attraper son portable. Elle sursauta une nouvelle fois lorsque ses doigts se fermèrent sur une touffe de cheveux. La jeune femme ouvrit immédiatement les yeux et découvrit qu'elle avait passé toute la nuit à dormir contre Damon et qu'elle venait sans le vouloir d'agripper ses cheveux. Elle s'écarta rapidement de lui, poussant au passage son bras qui la tenait fermement et attrapa son mobile sur la table de chevet avant de décrocher.

-Allo ? Bailla-t-elle dans le combiné.

-Elena, tu m'as fait peur ! Souffla Bonnie soulagée. Quand je ne t'ai pas vu arrivé ce matin pour la séance de Damon, je me suis imaginé le pire !

-Oh…euh, ne t'en fais pas ça va. Je…j'ai juste oublié de me réveiller.

-J'avais déjà envisagé que Klaus s'en soit prit à toi continua-t-elle encore. Damon et toi, vous venez pour sa séance ? reprit-elle calmement.

-Oui, oui, juste le temps qu'on se prépare et on est chez toi assura Elena en s'apprêtant d'ores et déjà à raccrocher.

-Ok, à tout de suite.

-Bye.

Elle reposa son téléphone et secoua violemment Damon, sachant très bien qu'il faisait semblant de dormir.

-Dépêche-toi, on est en retard pour aller chez Bonnie, il est déjà 10h00.

-Quelle agréable façon de me réveiller railla-t-il en ouvrant les yeux.

-Je sais très bien que tu ne dormais pas soupira-t-elle agacée par ce réveil brutal. Elle se leva du lit et enfila une robe de chambre.

-Effectivement, vu que je suis réveillé depuis 7h30 dit-il avec un petit sourire.

-Et ça ne t'es pas venu à l'esprit de me réveiller pour aller chez Bonnie ? Ronchonna-t-elle en vérifiant rapidement si elle n'avait pas loupé d'autres messages sur son portable.

-Tu dormais si bien souffla-t-il sincèrement. Je me suis juste réveillé à 7h30 parce que tu me donnais chaud, serrée contre moi comme ça continua-t-il cependant, avec son sourire en coin.

Elle grogna malgré tout un peu amusée et quitta la pièce pour aller se préparer.

En revenant de chez Bonnie, ils attendirent patiemment le soir, pour explorer à nouveau le subconscient de Damon, et lui permettre de retrouver la mémoire.

A 22h00 tapantes, ils montèrent dans la chambre, s'assirent côte à côté sur le lit et patientèrent.

-De quoi penses-tu que je vais me souvenir ce soir ? demanda-t-il tout bas.

-Je ne sais pas, tu t'es souvenu de tes crimes, puis de ton enfance et de ton frère. Peut-être que ce soir ça portera sur des événements récents, ou sur ce que tu as fait ces 100 dernières années.

-Peut-être que ça portera sur toi hasarda-t-il. Après tout, tu m'avais promis de me raconter notre rencontre et je ne sais toujours rien.

-Autant que tu te souviennes toi-même soupira-t-elle en fermant les yeux.

Après plusieurs minutes de silence, Damon haleta :

-Je…Je crois que ça commence.

Inconsciemment, Elena se serra contre lui et attendit qu'il commence à raconter. Sauf que cette fois-ci…il resta silencieux.

-Damon, qu'est ce que tu vois ? demanda-t-elle.

Au lieu de raconter ces souvenirs comme un récit, il se mit à parler comme s'il le vivait :

-Vous êtes si belle mademoiselle. Je suis très heureux que vous restiez avec nous à la villa. Vous avez passé la journée avec Stefan je crois, n'est ce pas ? Mon frère est encore jeune, il a dû vous ennuyer aujourd'hui. J'avais dû m'absenter pour accompagner mon père, j'espère que vous me le pardonnerez. Je vous tiendrais compagnie les jours suivants

-Damon, qu'est ce qui se passe ? Pourquoi ne me racontes tu pas… Elle fût coupée par la main du jeune homme qui s'abattit sur ses lèvres

-Nous aurons tout le temps de parler demain. N'aviez vous pas d'autre plan pour cette nuit déclara-t-il mielleusement.

-Damon, quoi que tu vois ou te souviennes, je ne suis pas Katherine ! lui dit-elle en l'éloignant d'elle alors qu'il se faisait plus envahissant. Mais elle n'arrivait pas à le repousser alors qu'il l'allongeait sur le dos et il passa ses jambes de par et d'autre de son corps pour la chevaucher.

-Damon ! Stop, lâche-moi ! cria-t-elle en se débattant.

Mais il ne l'écoutait pas, il ne l'entendait pas. Ses sens étaient totalement troublés par ce retour de mémoire qui, visiblement, portait sur Katherine.

Il l'immobilisa en plaçant chacun de ses poignets au dessus de sa tête avant de se baisser doucement vers elle, ses lèvres s'approchant dangereusement de celle d'Elena.

-Damon ! Je ne suis pas Katherine ! hurla-t-elle de plus belle alors que des larmes lui montaient aux yeux, causés par sa position de faiblesse et d'impuissance.

Il s'arrêta un instant et elle lut une lueur de lucidité dans son regard avant qu'il ne renonce à l'embrasser.

-Damon, s'il te plaît reviens à toi je t'en supplie ! Reviens à toi, je ne suis pas Katherine. Je suis Elena ! Tu te souviens de moi ? Elena ! Arrête s'il te plait, tu me fais mal ! Gémit-elle alors qu'il était appuyé contre elle de tout son poids.

Il s'arrêta et la fixa dans les yeux. Il n'était pas encore revenu à lui mais semblait se rendre compte que ce qu'il faisait, il ne le faisait pas à Katherine.

- Damon, concentre-toi sur moi. Souviens toi plutôt de nos souvenirs pas de ceux avec Katherine. Souviens-toi de notre danse au bal des fondateurs, et de celle à la fête des années 60. Souviens-toi des bons moments qu'on a passés à Atlanta ! Ne gâches pas tout ça en te laissant troubler par tes souvenirs avec Katherine

Son visage changea d'expression et il s'écarta vivement de la jeune femme, tombant même par terre.

-Qu'est ce que j'allais faire ! Expira-t-il bruyamment les yeux écarquillés. Me dis pas que j'allais …

Elena hocha doucement la tête en déglutissant.

-Elena soupira-t-il. Je suis, vraiment vraiment désolé je…elle te ressemble tellement j'aurais juré que c'était toi et dans mes souvenirs on…ça n'a pas d'importance je, je ne voulais pas te blesser.

-Ne… ça va aller. Tu…tu ne m'as rien fait suffoqua-t-elle encore choquée.

-Mais j'allais… je ne voulais pas

-Je sais que...que tu n'étais pas dans ton état normal.

-Ca n'excuse pas mon geste dit-il en s'appuyant contre le mur. J'ai récupérer assez de souvenirs pour savoir que je suis un salaud de première, j'ai tué des gens au risque de faire du mal à mon frère, j'ai fais plein d'horribles choses je m'en doute et pour l'instant je n'en ai découverte que quelques une mais…je suis tout sauf ça ! Cracha-t-il en la montrant du doigt, faisant allusion au dernier événement qui avait faillit dégénérer.

-Je sais souffla-t-elle d'une voix hachée.

-Tu sais, tu ferais mieux de ne pas être là quand j'ai mes transes de souvenirs.

-Mais…mais tu m'as dit que tu souffrais moins de tout ce violent retour de souvenir quand j'étais là.

-C'est vrai…mais je ne veux pas te blesser.

-Tu ne le feras pas.

-Tu n'en sais rien !

-Damon, reviens là et…replonge toi dans tes souvenirs, en gardant à l'esprit que je ne suis pas Katherine.

Il obéit malgré lui et vint se rasseoir sur le lit, en gardant cette fois-ci une distance raisonnable entre lui et la jeune femme. Puis, quelques minutes plus tard, il se replongea dans ses souvenirs.

-Je…tout défile. De l'arrivée de Katherine à ma…transformation. Elle, elle jouait avec moi et je le savais se rendit-il compte d'une voix étrange. Je l'avais déjà vu embrassé Stefan, se promener avec lui. Elle l'a même accompagné au bal des fondateurs au lieu de me choisir pour escorte et pourtant…je continuais de l'aimer. Après qu'elle ait été avec mon frère sous mes yeux j'ai continué à l'aimer. Après que j'ai su que sa relation avec Stefan avait dépassé le stade d'amourette et que les soirs ou elle n'était pas avec moi, elle était avec lui. Après que j'ai su ce qu'elle était, après qu'elle ait tué devant mes yeux, mon amour pour elle n'a pas flanché. Et, même après qu'elle m'ait transformé en ce monstre que je hais tant, je l'aimais encore.

Elena releva la tête à ses derniers mots : Ce monstre qu'il hait tant ? Elle était pourtant persuadé que Damon se délectait de son vampirisme.

-J'ai…j'ai préféré accuser Stefan durant tout ce temps murmura-t-il d'une voix hypnotique.

-L'accuser ? répéta-t-elle en l'observant.

-Je lui en ai voulu de m'avoir transformé. Je l'ai détesté pour ça. Je revois tous ces moments Je ne lui souhaitais que les pires misères, une éternité de malheurs ! C'est lui qui m'a forcé à terminer m'a transformation. C'est lui qui m'a fait boire du sang alors que je voulais me laisser mourir découvrit-il durant sa transe. Mais, maintenant que tous ces souvenirs me reviennent je…je me rends compte qu'il a fait ça pour deux raisons : par égoïsme. Il ne voulait pas rester seul mais aussi…par amour pour moi je suppose. Parce que j'étais son frère et... je me souviens d'un moment, ça ne doit pas dater de très longtemps mais je suis avec Stefan et…il s'excuse pour ça, il dit qu'il avait juste besoin de son grand frère. Alors que Katherine, elle ne m'a pas transformé pour les même raisons. Son acte ne relevait en aucun cas d'un acte d'amour. A l'heure actuelle, je ne sais même pas pourquoi elle l'a fait.

Puis, il rouvrit brutalement les yeux essoufflé, sortant de sa transe. Lorsqu'il se tourna vers Elena, appréhendant sa réaction, il fut surpris qu'elle le prenne immédiatement dans ses bras.

-Damon souffla-t-elle contre lui. Je suis tellement désolé pour tout ça…je, j'ai toujours su que Katherine t'avais fais beaucoup de peine mais…je ne savais pas tout ça. Je, je ne t'ai jamais vu sous cet angle avoua-t-elle gênée.

-Sous quel angle ? Celui d'un type pitoyable qui est resté amoureux d'une fille qui n'en valait pas la peine cracha-t-il en se séparant de son étreinte pour se lever du lit.

-Non l'arrêta-t-elle. Ce que tu m'as raconté est loin d'être pitoyable. C'est juste très triste et romantique de savoir que tu as pu aimer quelqu'un si profondément.

-Je ne vois rien de triste ou de romantique la dedans !

-C'est triste car tu as donné beaucoup d'amour à quelqu'un qui ne le méritait pas et c'est romantique car ça montre à quel point l'amour peut être fort.

Il baissa la tête et retourna s'asseoir sur le lit sans la regarder. Il détestait se dévoiler comme ça, devant elle. Il avait l'impression que tout était bien plus facile lorsqu'il était amnésique maintenant que ses souvenirs revenaient, des tas de sentiments se bousculaient.

-Est-ce qu'on pourrait éviter de reparler de ça ? demanda-t-il en s'allongeant.

-D'accord accepta-t-elle tout bas.

-Tu veux tout de même rester dormir ici ? demanda-t-il.

-Je te dérange ? S'enquit-elle en se redressant.

-Tu n'es pas la pire des compagnies Elena dit-il avec un petit sourire. La jeune femme le lui rendit, amusée d'avoir déjà entendu cette phrase quelque part.


Les jours passaient, et Damon regagnait de plus en plus de souvenirs. Chaque soir, son subconscient décidait d'un nouveau sujet et lui rappelait tout ce qui s'y reliait : parfois cela portait sur sa famille, d'autre fois sur ses voyages et les endroits qu'il avait visités ou encore sur les métiers qu'il avait pratiqués en 145 ans. Il avait commencé à se souvenir de quelques événements récents, mais sa mémoire restaient surtout centré sur son passé.

De leurs côtés, Bonnie, Alaric, Jeremy Caroline Tyler ainsi qu'Elena lorsqu'elle ne restait pas à veiller sur Damon, continuait de mettre en place un plan. Bonnie avait déjà tenté plusieurs formules de localisation mais elles avaient toutes échoués. Elle essayait en parallèle de trouver un moyen de combattre l'hybride, mais tout ce qu'elle découvrait lui indiquait qu'il était immortel. Jeremy, lui, épluchait tous les journaux et articles sur internet relatant des morts suspects ou des massacres pouvant se révéler être l'œuvre de Klaus et Stefan. Grâce à lui, l'équipe avait réussi à dresser un parcours sur une carte montrant les divers endroits ou Stefan et l'hybride s'étaient rendu. Ils tentaient ainsi d'anticiper leur prochain arrêt. Alaric avait entrepris plusieurs voyages pour dénicher des armes susceptibles de blesser un hybride, mais sans grand succès. Tyler, qui essayait toujours de se faire pardonner d'avoir mordu Damon participait activement en recherchant d'autre loups qui accepteraient de les rejoindre. Caroline menait des recherches sur la famille originelle mais ne réussit qu'à trouver de brèves infos concernant Klaus et Elijah. C'était difficile à croire que ces deux là avaient vécus durant près d'un millénaire et que les infos les concernant se regroupaient sur une page de cahier.


Et chaque soir, Damon et Elena répétaient leur 'rituel', s'asseyant sur le lit en attendant que les souvenirs refassent surface. Ce soir là n'échappa pas à la règle. Ils étaient désormais étendus sur le grand lit après la dernière transe de souvenir.

-Quand penses-tu que j'aurais enfin retrouvé toute ma mémoire ? demanda Damon en admirant le plafond, pensif.

-Je n'en sais rien. Vu tout ce dont tu t'ais déjà souvenu, je pense que dans une semaine ou deux tout te sera enfin revenu sourit-elle en se tournant vers lui.

-Pourquoi ma mémoire t'évite ? Lâcha-t-il finalement en la regardant dans les yeux.

-Que…Qu'est ce que tu veux dire par là ?

-Mes transes de souvenirs ont abordés absolument tous les sujets sauf un…toi. Il doit bien y'avoir une raison établit-il en renforçant son regard.

-Peut-être que tu ne veux pas te souvenir proposa-t-elle tout bas.

-Il y'a une raison pour que je ne veuille pas me souvenir de toi ?

Elena ne répondit pas et détourna les yeux.

-s'il te plait. Raconte moi demanda-t-il en se penchant vers elle.

-Te raconter quoi ? Soupira Elena, agacée.

- Parle-moi de nous ! exigea-t-il en se plaçant au bout du lit, devant elle, la forçant à le regarder.

-Qui te dit qu'il y'a des choses à en dire ? reprit-elle en se redressant contre la tête de lit.

-J'ai peut-être été amnésique, mais pas idiot. Depuis que tu m'as trouvé nu accroupi contre un mur, effrayé, on a passé énormément de temps ensemble. Pratiquement tout notre temps. On…a dormi dans le même lit.

-Ton lit est plus grand qu'un lit King-size, j'étais à 2 mètre de toi. C'est comme si on avait dormi dans deux lits séparés.

-Oui, les premiers soirs c'était le cas… Elena, tu crois vraiment que je dormais quand, les soirs suivants, tu te glissais près de moi et que tu nichais ta tête contre moi ? Quand tu posais ta tête sur mon torse ? Tu crois que je dormais et que c'était inconsciemment que je te caressais les cheveux et te frottais le dos ?

-Je…Je, bafouilla la jeune femme en baissant les yeux.

-On a passé nos journées ensemble. Je t'ai appris à jouer aux échecs, on parlait de tout et de rien. J'ai même cuisiné pour toi un soir, après avoir retrouvé mes souvenirs du temps ou j'aimais ça.

-Damon l'arrêta-t-elle. Je vois ou tu veux en venir et vraiment ce n'est pas…

-Ce n'est pas quoi ? Ce n'est pas ce que je crois ? Je ne sais plus ce que je dois croire Elena ! répliqua Damon en haussant un peu le ton. Tu m'envois des signes contradictoires. Et, maintenant, si je fais ça continua-t-il en se glissant jusqu'à elle, tendant doucement sa main vers sa joue avant de l'effleurer tendrement. Je ne sais pas la raison qui te fait frissonner murmura-t-il en la contemplant amoureusement. Est-ce de peur ou… reprit-il si bas qu'on l'entendait à peine.

-Ce n'est pas de peur dit-elle d'une voix étouffée avant d'oser enfin le regarder dans les yeux tout en écartant doucement sa main de son visage.

-Alors quelle est ta raison ?chuchota-t-il en se rasseyant contre la tête de lit.

-Pas ce soir Damon, s'il te plaît le pria Elena en posant sa tête sur son épaule tout en fermant les yeux.

-Tu n'y échapperas pas comme ça protesta-t-il doucement en s'éloignant pour que la tête de la jeune fille ne puisse reposer sur mon épaule.

-Echapper à quoi ? Et comment ? fit-elle innocemment.

-Tu n'échapperas pas à la réponse et certainement pas en faisant semblant de vouloir dormir tout en m'amadouant expliqua-t-il.

-Il n'y a pas de réponse à donner s'entêta-t-elle en haussant les épaules.

-Tu trouves que ma question n'est pas assez claire ? S'esclaffa-t-il sans joie.

Elle hocha la tête tout en regardant le sol.

-Alors voici quelque chose de plus clair et ou tu auras une réponse à fournir.

Il se leva du lit, fit le tour pour venir s'agenouiller de son côté et être à sa hauteur.

-Est-ce que tu m'aimes ?

Elle fut si surprise par sa question que sa bouche forma un grand 'o' alors qu'elle écarquillait les yeux.

-Je t'en prie Elena, réponds.

-Oui répondit elle et le visage du vampire s'illumina. Tu es mon meilleur ami.

Aussitôt il se renfrogna et se releva pour venir s'étendre alors qu'elle lui tournait le dos, allongée sur le côté. Au bout de quelques minutes, Damon roula près d'elle furtivement pour finalement se retrouver face à son dos. Il la sentit de suite se tendre. Il s'attendait à une remarque du style : Qu'est ce que tu fais ? Mais elle ne dit rien et il savait qu'elle ne dormait pas. Délicatement il combla l'espace entre leur deux corps pour que son torse soit collé à son dos. Toujours pas de réaction si ce n'est qu'elle avait presque arrêté de respirer. Il se pencha pour faire glisser son nez le long de sa colonne vertébrale puis dans son cou, la chatouillant finement au passage. Aucune protestation. Il inspira un grand coup et vint déposer sa main sur le bras d'Elena puis, tendrement, il caressa son épaule puis son avant bras jusqu'à entrelacer ses doigts aux siens et cette fois-ci elle réagit en s'affolant :

-Oh non ! Tu n'es pas encore dans une transe rappelant tes souvenirs avec Katherine !

-Je me fiche de Katherine murmura-t-il en serrant sa main dans la sienne.

-Damon chuchota-t-elle en réaction au baiser qu'il venait de déposer sur son épaule.

-Je veux juste que tu saches que ce n'est pas ton meilleur ami qui fait ça. C'est…Damon déglutit et reprit : l'homme qui t'aime.

Elle se détendit un peu contre lui et il enroula ses bras autour d'elle pour la serrer encore plus, si c'était possible…

-Pendant toutes les nuits où tu as dormi près de moi j'ai rêvé de faire ça.

-On ne peut pas Damon soupira-t-elle en essayant de se dégager sans toutefois y mettre de l'énergie.

-Pourquoi ? S'étonna-t-il en desserrant sa prise pour qu'elle puisse se tourner vers lui.

-Parce qu'il y a encore trop de chose que tu ignores soupira-t-elle.

-Alors dis les moi l'encouragea-t-il.

-Non refusa-t-elle tout bas.

-Pourquoi ?

-Parce que…Je…je vais être honnête. Toi et moi, depuis quelques temps, on est proche et…

-Très proche renchérit Damon avec un petit sourire.

-Trop proche souffla-t-elle.

Il s'approcha d'elle jusqu'à ce que son nez touche le sien.

-Je trouve ça agréable, moi, cette proximité susurra-t-il.

Elle posa un doigt sur ses lèvres.

-Tu n'en as pas envie ? demanda-t-il toujours nez à nez.

-C'est que je ne peux pas. Ce n'est pas juste, Damon.

-L'amour peut-être injuste. Laisse moi te montrer et nous reparlons de justice ensuite haleta-t-il en approchant ses lèvres des siennes.

-Non, s'il te plaît.

-Pourquoi dis-tu non alors que ton corps se rapproche de moi, sans que tu le remarques toutefois…

-Damon, n'insiste pas…

-Je sais que tu en as envie. Je peux le sentir. Tu ne repousses même pas ma main déclara-t-il alors qu'il caressait l'extérieur de sa cuisse depuis quelques secondes.

A ces mots elle enleva sa main et se leva du lit précipitamment.

-Pourquoi ce soir Damon ? Pourquoi est-ce ce soir que tu décides de… Elle avait les larmes aux yeux remarqua Damon, et il ne savait pas pourquoi. Il ne l'avait pas blessé, et était resté plutôt doux dans ses gestes. Un regard inquiet s'installa sur son visage alors qu'il s'approchait d'elle et se mit à sa hauteur.

-Pourquoi pleures-tu ma beauté ? Chuchota-t-il en essuyant une larme.

-Parce que je suis sur le point de craquer avoua-t-elle en prenant sa main alors qu'elle était posée sur sa joue.

Il haussa un sourcil.

-Tu ne t'en souviens pas, mais, nous deux…on a toujours eu une relation complexe. Faite de haine, d'amitié, d'attirance… Le nombre de fois ou je t'ai détesté pour avoir agi est presque aussi important que le nombre de fois ou tu as flirté avec moi. Comme tu le fais ce soir. Sauf qu'avant il était là pour me rappeler à quel point je l'aimais alors qu'aujourd'hui je ne sais même pas s'il est encore vivant ou s'il se conduit comme une bête féroce semant la mort tout autour de lui. Et toi tu étais là, amnésique, comme un petit garçon perdu. Au début je suis resté pour te surveiller, pour t'aider car j'étais ton ami. Mais j'aurais pu partir ensuite et te laisser seul ici une fois que quelques souvenirs te soient revenus mais…je ne l'ai pas fait… J'ai essayé durant tout ce temps de me persuadé que c'était parce que c'était dangereux pour toi de rester seul. Que je faisais ça dans ton intérêt. Mais me répéter cela ne changeait rien au fait que nous passions nos journées ensemble. Du matin au soir. Toutes tes transes de souvenirs m'on permit de connaître le vrai Damon. Celui qui se cachait sous la carapace que j'ai toujours pu voir. Tu as changé à mes yeux, et à l'heure actuelle je n'arrive toujours pas à savoir ce que tu représentes désormais. J'ai fait une erreur en restant dormir dans ton lit. Au début, j'en avais besoin, j'avais tellement peur de te perdre aussi et je faisais des cauchemars mais ensuite…je me suis rendu compte que la seule raison pour laquelle je restais, c'était parce que je me sentais bien dans tes bras. Je me suis rendu compte que je n'avais pas besoin de quelqu'un pour me tenir au chaud pour m'endormir, me serrer dans ses bras pour me rassurer, non j'avais juste besoin de tes bras, d'être contre toi. Mais, j'ai tellement peur sanglota-t-elle alors qu'il la prenait dans ses bras.

-Peu importe de quoi tu as peur, je serais toujours la pour te protéger murmura-t-il dans ses cheveux.

-Tu ne peux pas me protéger contre ça….

Il la serra un peu plus fort contre lui.

-J'ai peur de…mes sentiments…envers toi. Je n'ai pas cru Katherine quand elle m'a dit qu'il était possible de vous aimer tout les deux. Je ne voyais en elle qu'une garce, car son soi disant amour pour vous vous avait perdu et vous avait fait souffrir. Mais maintenant qui est réellement la garce ? Je suis pareille pleura-t-elle contre son épaule. Il réagit immédiatement à ses paroles et prit tendrement son visage en coupe :

-Je ne sais pas de quoi tu parles, à vrai dire, je ne comprends pas la moitié de ce que tu viens de dire mais s'il y'a une chose de sure, c'est que tu n'es pas une garce.

Elle continuait de pleurer en secouant la tête.

-Elena, tu n'es pas une garce répéta-t-il avec conviction, plantant son regard dans ses yeux noisette. Qu'importe ce qui t'empêche de te laisser aller avec moi, sache que je ne renoncerai pas. Jamais. J'attendrai le temps qu'il faudra mais… Bébé, sèche ses larmes, elles cachent tes jolies yeux susurra-t-il en les essuyant doucement.

-Tu sais, un soir quelqu'un m'a dit, quand j'allais très mal : Il faut vaincre ses peurs. Laisse-moi-t'aider à les vaincre

Sur ces mots il approcha une nouvelle fois ses lèvres des siennes. Elle s'écarta tout d'abord, mais finalement elle le laissa frôler ses lèvres avec délicatesse et il posa un doux baiser sur celle-ci. Lorsqu'il s'éloigna un peu pour la contempler, il remarqua que son regard était toujours hésitant, tiraillé entre son envie et sa raison. Elena et Damon restèrent ainsi à se regarder pendant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité. Il se délectait de la sensation de ses lèvres sur les siennes et mourrait d'envie de l'embrasser plus passionnément. Tout son corps brûlait d'amour pour elle. De son côté, la jeune femme était toujours immobile et silencieuse. Elle essayait de ne pas le regarder dans les yeux, mais son regard était irrémédiablement attiré. Jamais elle n'avait connu un Damon aussi doux et tendre. Elle se doutait que derrière le salaud qu'il laissait transparaître se trouvait quelqu'un de bien. Après tout il avait passé 145 ans a aimé quelqu'un. Mais elle pensait qu'elle ne serait jamais témoin de sa tendresse. Ce n'était pas leur premier baiser, mais pour elle s'était désormais le seul qui comptait. Oublié le soir où, totalement saoul, il l'avait embrassé de force. Oublié, ce baiser alors qu'il était agonisant. Dans chacun de ses baisers elle avait gouté à ses lèvres, mais ne les avait guère appréciées. Désormais, elle ne voulait qu'une chose : l'embrasser à nouveau. Mais sa raison semblait décider à lui rappeler que quelqu'un d'autre comptait pour elle. Que cette personne s'était sacrifiée. D'un autre côté, même si l'image de Stefan persistait à apparaître dans sa tête, une voix vint la chasser : Ce n'est pas mal de les aimer tout les deux.

-Elena, s'il te plaît, dis quelque chose, la pria Damon, inquiet qu'elle n'ait pas apprécié son geste.

Aucun mot ne sorti de sa bouche. Ses lèvres étaient déjà scellées à celle du vampire alors qu'ils s'embrassaient avec plus de fougue. Malgré tout, Damon le sentait, son corps ne savait s'il devait être tendu ou serein. Il posa ses mains de chaque côté de son visage et intensifia leur baiser. Elle ne put lutter plus longtemps. Ses mains agrippèrent les cheveux à l'arrière de sa nuque alors qu'elle le rapprochait d'elle pour un baiser plus langoureux. Quand enfin ils se séparèrent essoufflés, Elena rejeta l'once de culpabilité qui avait voulu s'installer en elle. Elle se détestait déjà assez comme ça de céder à Damon alors que Stefan était loin, elle voulait ne pas y penser pour le moment. Elle savait que les remords seraient là dès le lendemain matin pour lui rappeler que c'était mal, elle ne voulait que profiter de l'instant présent.

Damon lui sourit, mais pas en arborant son fameux sourire en coin. Non cette fois c'était un vrai sourire. Un sourire sincère. Pendant des jours et des jours il s'était demandé ce qui clochait chez lui. Pourquoi Elena affirmait être son ami alors qu'il le sentait, il y'avait bien plus que cela entre eux. Et même s'il ne connaissait toujours pas la réponse, il savait que ça n'empêchait désormais pu la jeune femme de l'embrasser et il ne pouvait en être plus heureux. Même sans tous ses souvenirs, il savait que ce baiser était un soulagement, quelque chose qu'il attendait depuis longtemps.

Il caressa sa joue en continuant de sourire avant de la tirer vers le lit sur lequel ils s'effondrèrent ensemble, en riant. Elena n'avait jamais vu Damon rire ainsi. C'était comme si on avait déverrouillé une serrure qui maintenait une pression constante sur lui. Quant à elle, elle n'avait pas l'intention de rire au départ, bien au contraire. Elle savait que le geste du vampire n'était pas désintéressé. Mais elle n'avait pu retenir ce bref éclat de rire et pour un instant depuis longtemps, elle avait vraiment mis ces problèmes de côté.

Lorsqu'Elena s'arrêta de rire et se mit à fixer le plafond, Damon affalé à ses côtés, le silence revint.

-J'adore ton rire. Je ne l'ai pas entendu très souvent depuis que tu m'as découvert amnésique.

Elle ne répondit pas et se tourna vers lui. Il roula un peu pour être coller à elle et l'embrassa tendrement. Très vite, il devient plus entreprenant tout en restant doux. Il se plaça au dessus d'elle et l'embrassa avec encore plus de passion. Mais elle le stoppa rapidement :

-D-Damon. Je-je ne suis pas prête pour ça souffla-t-elle et à peine les mots furent sortis de sa bouche qu'il se laissa retomber à côté d'elle. Elle était persuadé qu'elle l'avait en quelques sortes vexé. C'est vrai, de tous les souvenirs qu'il avait dû récupérer il devait savoir qu'aucune fille ne résistait à Damon Salvatore. Mais elle n'était pas prête. Déjà qu'elle n'arrivait pas à accepter de l'avoir embrassé, elle ne voulait pas aller plus loin. Pas dans ces circonstances. Pas tout de suite.

-Ce n'est pas grave murmura-t-il alors qu'elle lui avait tourné le dos. Tu as raison, j'ai voulu aller trop vite. Je peux être très patient. J'attendrais. Il se rapprocha d'elle et la serra dans ses bras. Une petite voix résonnait dans sa tête comme quoi il n'aurait jamais agi d'une telle manière avec une femme. Il savait que, quand il voulait quelque chose, il l'obtenait. Beaucoup de ses souvenirs prouvaient cela et dieu sait qu'il voulait Elena plus que tout au monde. Mais avec elle, ce n'était pas pareil. Il savait au plus profond de lui qu'il ne pouvait pas agir bêtement et que la forcer ne le mènerait à rien. Il ne s'en souvenait pas, mais il était persuadé d'en avoir déjà fait l'expérience. Il caressa ses cheveux et murmura à son oreille :

-Et si on dormait un peu.

Elle hocha la tête et il soupira de contentement, avant de soudainement s'éloigner d'elle.

-Damon ? L'appela la jeune fille. Si-si tu veux tu peux rester dormir comme ça dit-elle l'air de rien alors qu'il ne la touchait plus.

Un grand sourire sournois éclaira son visage alors qu'il se remettait en place et la serrait fort contre lui. Il voulait juste se faire prier, et ça avait marché. Ils s'endormirent donc l'un contre l'autre, plus proche que jamais.